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Fiction » Fantasy » L'Elémentaliste font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Ney
Fiction Rated: K - French - Fantasy/Tragedy - Reviews: 2 - Published: 08-01-08 - Updated: 09-20-08 - id:2553417

Disclaimer : Absolument tout est à moi, de l’univers crée jusqu'à la petite herbe qui se trouve dans l’histoire parce que j’en ai décidé ainsi, même si l’herbe en question est simplement suggéré. Merci de respecter ceci.

Udapte : Tout dépendra de vous, si vous vous continuez de lire cette fic ou non. J’espère que oui lol.

Musique écoutée : Manau : Confession.

Remerciements : Kya, ma bêta-readeur et Bounie qui m’a vraiment encouragé pour publier ma fic.

Kagami666 : Merci de ta critique, j’ai prit note et j’essaye de faire attention aux tournures de phrases, virgules et autres… Je te confirme, « l’héroïne » n’a pas de nom. J’espère que cette suite te plait tout autant que le premier chapitre et encore merci. N’hésite pas à me dire ce qui te plait ou déplait !

Bonne lecture !


L’homme au teint mat la regarda tête penchée sur le côté, dubitatif et légèrement perplexe. Il se tenait campé devant la porte d’entrée, ne sachant quoi faire ou quoi dire quant aux actes de sa protectrice. Il l’avait toujours trouvé un peu trop intrépide à son goût. Oui, c’était ça. D’ailleurs, il avait signalé à son maître qu’il aurait bien aimé voyager seul. Pas forcément pour plus de sûreté ou même de tranquillité, mais tout simplement parce qu’il était sûr de ne pas avoir de mauvaise surprise en étant accompagné par quelqu’un d’aussi étrange et inquiétante que sa compagne.

« Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a, mes méthodes ne te plaisent pas ? » demanda Elenia d’un ton sec, face à la réaction peu enthousiaste dont il faisait preuve depuis sa soudaine apparition derrière la porte.

« Non, bien sûr que non, répondit-il songeur. Je me demandais juste quoi faire, maintenant que tu as achevé mon rendez-vous ».

Elenia légèrement déconcertée fixa tour à tour la victime, son protégé puis de nouveau le cadavre avant de répondre indifférente au problème qu’elle avait crée.

« Considère que ton rendez-vous est annulé alors ».

Puis elle le laissa planté là, devant l’entrée, alors qu’elle partait fouiller chaque pièce de la maison.

Elle avait la lumière dans les yeux et la noirceur dans le cœur, se dit-il en lui emboîtant le pas. Il enjamba le corps avec un semblant de pitié et se dit qu’à l’avenir, il lui demanderait de ne tuer ses informateurs qu’après avoir eu ses renseignements et non avant. Heureusement pour lui, celui-ci ne lui était que d’une importance sommaire.

OoO

La jeune fille courait comme jamais de sa vie elle n’avait courut et, les branches des arbres lui fouettant le visage, elle ne prêta pas attention aux signes qu’ils lui envoyaient. Elle trébucha deux fois et se releva, refusant d’accepter ce que la nature tenait à lui faire comprendre en lui barrant route, ni même le pressentiment qui l’étouffait.

Elle ne pouvait simplement pas envisager de voir venir le Balafré avant elle. Elle ne doutait pas des capacités d’Adélaïde, non. Elle savait bien qu’elle pouvait le mettre en déroute mais pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de se dire que tout pouvait changer. Que la roue tournait, invariablement et inlassablement, envoyant les uns plus bas que terre et d’autres vers la gloire et la réussite.

Soudain, elle arrêta net sa course et regarda de loin le désastre qui s’offrait à elle, les yeux écarquillés. Elle respirait par la bouche et se moquait de ne pas passer inaperçue. En fait, en cet instant, elle se moquait bien du Balafré et de ses techniques pour la retrouver. Non, là, tout ce qu’elle pouvait faire, c’était de pleurer sur son sort.

Que n’avait-elle pas fait en invoquant un simple esprit de l’air pour tester ses capacités de concentration ? Elle venait de provoquer un désastre, le pire de toutes les bêtises qu’elle avait commise jusqu’ici.

Elle s’approcha, le pas lourd vers ce qu’il restait de sa cabane, pleurant à chaudes larmes.

« Grand-mère ? appela-t-elle en vain. Grand-mère ! »

Elle marcha à quatre pattes et chercha le corps de ce qui lui restait de famille. Elle renifla et ne comprit la raison de sa vue brumeuse que lorsque deux grosses larmes coulèrent le long de ses joues. Elle les essuya et jeta un regard aux alentours. Elle posa une main devant l’autre, avançant tel un animal blessé quand soudain, elle la retira prestement. Elle l’avait posé sur quelque chose de visqueux et sombre. Elle leva sa main devant son visage comme si elle venait de se découvrir un nouveau membre et tira la langue pour la déposer dessus.

Cela avait la couleur du sang mais le goût de l'amour.
Sa grand-mère avait vaillamment combattu pour protéger sa vie et celle de leur lignée et elle… elle n’avait pas été la pour la soutenir.
Elle ramena ses genoux vers elle et se replia en position fœtale, se balançant d’avant en arrière tout en l’appelant. Peut-être que si elle se montrait patiente et sage, reviendrait-elle pour la sermonner et lui répéter, encore une fois, combien il était vitale pour elles d’être prudente.

OoO

Quinze longues et funestes minutes s’étaient écoulées depuis son arrivée quand enfin, elle décida de sortir de la léthargie dans laquelle elle était plongée. Elle fit quelque pas maladroits parmi les détritus et vit ce qui restait des vêtements de son aînée.
Les larmes lui piquèrent les yeux alors qu’elle ressentait toujours le poids de ses actes. Elle était seule et par sa faute, la seule personne qui ne l’avait jamais autant aimée et cajolée venait de mourir en voulant la protéger. Elle se prit le visage entre les deux mains et sanglota amèrement. Elle aurait aimé que le Balafré vienne achever ce qu’il avait commencé il y a des années de cela. Elle aurait aimé pouvoir s’allonger là, sur le sol, et ne plus avoir à se lever avec ce fardeau qui l’étouffait et la prenait à la gorge. C’était comme si une main invisible lui enserrait la poitrine et ne la laissait respirer que le strict minimum. Sa tête vacilla, le monde sembla tournoyer, le ciel sous ses pieds et la terre au-dessus d’elle comme si tout s’inversait alors qu’elle restait là, à genoux, à regarder le ciel et la terre changer de place, aussi rigide qu’une statue figée dans sa position. Soudain, sans qu’elle ne puisse réagir et se contrôler, ses yeux se dilatèrent, devinrent vitreux puis entièrement blanc et elle s’enflamma. Comme si, subitement, en lui ôtant l’oxygène, la température de son corps était monté de façon exponentielle et brûlait tout ce qu’elle touchait. En fait, c’était exactement ça. Tout autour d’elle prenait feu. L’herbe, les feuilles, le bois, tout prenaient feu de manière incontrôlable et la jeune fille, horrifiée, baissa ses yeux blancs et ne distingua rien d’autre qu’une brume qui lui était familière.
Un rire nerveux comparable à un cri déchirant éclata dans la forêt alors qu’elle réalisait ce qu’il se passait. C’était stupide. Dans sa détresse et sa peine, elle avait laissé libre court à ses sentiments et avait déclenché une partie de ses pouvoirs.
Elle crut presque entendre la voix de sa grand-mère lui dire de toujours veiller à contrôler ses sentiments, sauf lorsque le Balafré était là. Et encore, même en cet instant, elle devait garder ses aptitudes à réfléchir pour pouvoir agir selon ses actes à lui.
Ses épaules se secouèrent alors qu’elle riait encore, de manière tout à fait irrationnelle. Elle constata que le feu qu’elle avait invoqué sans le vouloir s’était joint aux flammes qui ravageaient encore les restes de la cabane. Le Balafré avait prit soin de tout détruire jusqu’au bout. Il ne faisait jamais rien à moitié. C’était contraire aux principes qu’il avait.
Elle respira profondément et tenta de reprendre le contrôle de l’esprit qu’elle avait invoqué. Un feu follet. Une sorte de diablotin mineur qui apparaissait sous cette forme enflammée. Elle sentait le sang bouillonner en elle et les battements de son cœur résonner dans ses oreilles tel un tambour lors des anciennes cérémonies tribales. Elle lui ordonna de baisser l’intensité du feu jusqu'à disparaître complètement et tout cessa. Comme ça. Brutalement. Ses pupilles devenues blanches disparurent peu à peu, ne laissant pas deviner qu’elle avait perdu tout contrôle d’elle-même et son regard reprit la couleur qui lui était sienne.
Quand elle ouvrit les yeux, tout était en ruine et seule de la fumée s’échappaient des gravats, laissant une forte odeur de brûlé.
Elle retomba mollement sur ses mains, à quatre pattes, lessivée et resta contempler les ruines de ce qui avait été son ancienne vie, affalée sur le dos.
Et parce qu’il y avait des gens dans le ciel, elle commença à fredonner faiblement, une vieille comptine que lui chantait sa grand-mère, lorsqu’elle était attristée et que la solitude se faisait trop sentir. Elle espérait que de là où elle était, Adélaide lui pardonnerait ses fautes et l’accompagnerait dans sa berceuse. La jeune fille ferma les yeux, continuant de psalmodier d’une voix chevrotante et ne tenta pas d’essuyer les larmes qui lui coulaient sur les joues ou de se moucher le nez.
C’est dans cette posture là qu’elle fut surprise, une heure plus tard.

OoO

« Tu pourrais au moins faire l'effort d'essayer de comprendre ce que je pourrais ressentir » renifla la jeune fille en tournant ostensiblement le dos à son ami.

Celui-ci, leva la tête et sortit la langue, dardant quelque chose que ne pouvait sentir la jeune fille. D’ailleurs, celle-ci s’en moquait, occupait à se maudire.

« Tu devrais m’écouter quand je te dis que tu ne gagnes rien en restant ici.

- Je ne bougerais pas d’ici. Pas tant que les vers ne m’auront pas dévorés jusqu’aux os parce qu’il est tout simplement impossible pour moi de… de continuer sans elle. Je ne peux et veux pas.

- Et si je te dis que les vers ne viendront pas te dévorer, d’abord parce que tu es une Ancienne mais aussi parce que tu risques de finir empalée par une épée, ça changera ta décision ? Enfin, je dis empalée mais tu peux aussi te faire transpercer de part et d’autre. C’est au choix ».

La jeune fille répondit avec fougue.

« Justement, le Balafré, je l’attends. Je me moque de me tuer du moment que lui meurt avec moi.

- C’est une noble quête, vraiment, répliqua l’être terrestre, bien décidé à la faire bouger. Mais je ne partage pas tes envies suicidaires. D’ailleurs, si tu veux mon humble avis, il est parti avec le corps de ta grand-mère, j’en suis profondément navré ».

L’adolescente tourna lentement la tête vers l’animal en même temps qu’elle assimilait ces informations.

« Tu veux dire qu’il l’a emmené avec elle ?

- C’est ce que j’en conclu, par l’absence de son corps. A moins que son cadavre ne soit en train de se balader dans la forêt, mais j’en doute.

- Arrête d’insulter ma grand-mère, gronda-t-elle sourdement. Je déteste quand tu es comme ça : cynique. Ça ne te va pas et ça ne convient pas à la situation.

- Désolé mais alors que tu pleures pour deux, moi j’essaye de réaliser le dernier vœux de ta famille. Celui de te voir en vie. Alors maintenant, fais-moi le plaisir de te lever et de venir avec moi. Tes larmes ont trop coulé. Ou alors gardes en pour plus tard, il y aura toujours une bonne raison de pleurer.

- Tu es bien sombre pour un dragon…

- Je suis le seul dragon que tu connaisses alors tu ne peux pas juger…

- Tu as dit qu’il l’avait emmené avec elle, pourquoi ? répliqua la jeune fille en allant d’un sujet de conversation à un autre.

- Je ne sais pas, sûrement pour la garder comme trophée ? Est-ce que ça suffit à te motiver pour te lever ? ».

La jeune fille resserra son étreinte autour de son corps, apeurée.

« Je… Je ne suis pas encore prête. De toute façon, je ne sais même pas où chercher ma grand-mère pour la dernière cérémonie ».

Le dragon ne lui répondit pas tout de suite, sentant de nouveau l’air de sa langue. Sa queue battait vivement le sol, signe de son impatience.

« Loin d’ici en tout cas, tu n’es pas en sécurité et moi non plus.

- Je n’ai jamais été en sécurité. En fait, je ne connais pas ce mot, déclara-t-elle d’une voix atone.

- Bon, je te repose la question une dernière fois. Souhaites-tu me suivre de ton plein gré ou de force ?

- Je n’ai pas envie de partir. Je suis fatiguée. Je… Je veux me reposer sans avoir à me soucier de mes ennemis et regarder derrière moi à chaque pas que je fais ».

Le varan secoua la tête.

« Ce n’était pas la bonne réponse, je suis vraiment désolé pour ça ».

Sans même lui laisser le temps de comprendre ce qui lui arrivait, il abattit violement sa queue sur la nuque de la jeune fille et sans perdre un instant, il la plaça sur son dos puis s’en alla, sa queue ondulant sur le sol à chacun de ses mouvements rapides et fluides.

OoO

Lorsque la jeune fille se réveilla, elle avait l’impression qu’on lui avait enfoncé un maillet à l’intérieur du crâne et qu’il lui était impossible de le retirer. Elle se releva donc en se prenant la tête des deux mains et en grognant, ne cherchant pas à savoir où elle se trouvait, ni comment et encore moins le pourquoi du comment parce que la réponse à la dernière question lui rappellerait ce que son inconscience et sa lâcheté avaient provoqué face aux dangers.
Un bruit feutré attira malgré tout son attention et elle dût ouvrir les paupières pour constater qu’elle n’était plus chez elle, près des débris de sa cabane, et qu’ensuite, une paire de yeux brillait dans la nuit, parce qu’en effet, le soleil s’était couché. Seule la lune éclairait faiblement le lieu où elle se trouvait. Une immense forêt aux arbres si serrés les uns des autres que branches et racines s’entrelaçaient dans une danse qui n’était connu que par eux-mêmes et ceux qui comprenaient leur langage –chose que la jeune fille avait apprit dans sa jeunesse, non sans difficulté. Peut-être était-ce là un endroit de Vox Lumina qu’elle ne connaissait pas ? Elle grimaça sous la douleur et étudia les alentours, toujours sous le regard observateur de la paire de yeux aussi bleu que l’était le ciel, un soir d’orage.

« Alors ? La Belle au bois dormant sort enfin de son long sommeil ? Comment te sens-tu ? », fit la voix, qui appartenait indéniablement aux mêmes regards inquisiteurs qui la scrutaient avec une profonde intensité.

La jeune fille s’humecta les lèvres rendues sèches puis répondit d’une voix rauque et incertaine.

« Je crois que je vais bien. Juste une horrible migraine mais ça ira. Où sommes-nous ?

- Loin de chez toi mais encore tout proche du danger qui te guette.

- C'est-à-dire ? Tu ne peux pas être plus clair au lieu de parler par énigme ?

- Vox Lumina, c’est là ou nous nous trouvons actuellement, répondit-il avec une nuance d’agacement dans sa voix. Dans un endroit plus reculé que tu ne connais pas. Je pensais continuer mais tu as commencé à te réveiller alors je t’ai déposé ici. Tu pourrais me remercier quand même, j’ai fait le plus gros du travail en te transportant ».

La jeune fille le fusilla du regard.

« Je ne voulais pas partir. Tu ne m’as même pas laissé le temps de récupérer mes affaires !

- Tout a brûlé, tu as oublié ?

- J’aurais pu au moins vérifié !

- Ça n’aurait servit à rien. De toute façon, je t’avais prévenu », rappela le dragon.

La jeune fille ne voulut rien entendre et croisa les bras, furieuse.

« Aurais-tu au moins une herbe ou n’importe quoi d’autre pour m’enlever cette douleur ?

- Désolé mais tu vas devoir attendre que ça passe. Au moins, tu es sûre de te sentir vivante comme ça » termina-t-il.

La jeune fille se leva totalement, une main caressant distraitement sa nuque, comme pour atténuer son mal être. Elle fit quelque pas vers ce qu’elle pensait être le nord puis se ravisa. Il faisait trop sombre pour tenter une petite excursion. Elle s’assit contre les racines d’un arbre et soupira fortement. Elle avait l’impression de porter un poids mort au fond d’elle-même. Comme si, en même temps que se déroulait le combat entre sa grand-mère et le Balafré, une partie d’elle-même l’avait quittée pour rejoindre ses ancêtres. Elle se mordit les lèves pour ne pas pleurer de nouveau mais malgré toute sa motivation, elle ne put s’empêcher de voir trouble et de renifler bruyamment. Elle se replia alors que le dragon l’observait toujours depuis le rocher où il avait élu domicile. Dire qu’elle se haïssait était un euphémisme. Non. Elle se dégoûtait. Elle n’était pas digne d’être l’unique héritière de toute une culture exterminée au fil du temps.
Elle n’arrivait même pas à contrôler les esprits de la forêt alors comment allait-elle réussir à survivre et affronter les dangers qui l’attendait sans son mentor ? L’unique soutient qu’elle avait et qui veillait sur elle avec une dévotion infinie n’était plus là pour la guider et c’était de sa faute. Ôh comme elle regrettait l’époque bénie où sa grand-mère la réprimandait pour ses sorties imprévues ou son manque de contrôle sur les éléments de la nature ! Elle aurait préféré sa sacrifier elle plutôt que de devoir vivre en solitaire en fuyant tout contact avec les autres personnes. D’ailleurs, qui la voudrait ? Elle effrayait les gens et leur inspirait de la colère ! Une colère d’ailleurs qu’elle ne comprenait pas. Son peuple n’avait commit aucun crime pour avoir été massacré avec un tel acharnement et pourtant, elle se retrouvait seule, abandonnée de tous. Elle se demanda alors quand son heure viendrait-elle. Quand pourrait-elle rejoindre sa famille et n’avoir rien à craindre ?
La jeune fille en était là dans ses lamentations quand soudain, le silence qui régnait dans la forêt depuis un bon quart d’heure fut interrompu par un gargouillement fort peu discret.

« Je suppose que ça veut dire que je dois faire à manger ? »

La jeune releva vivement la tête et s’essuya les yeux pour constater que le dragon l’avait momentanément quitté pour lui trouver une grappe de fruits rouges. Un mince sourire éclaira son visage et elle tendit la main pour attraper le présent qu’il lui était offert. Le dragon vint se poser près d’elle, témoin silencieux et ami fidèle d’une jeune fille perdue et abattue. Sa queue se posa près de ses pieds, les effleurant. Il resta silencieux, la laissant digérer sa peine comme elle pouvait. Des mots n’auraient pas suffit à apaiser sa souffrance. Ce fut donc elle qui brisa l’instant de calme qui régnait, bien longtemps après s’être repue du peu qu’elle avait pu manger.

« T’as la peau rugueuse, c’est bizarre »

Il cilla en clignant des yeux, comme sorti d’un sommeil éveillé.

« Par moment, je doute sincèrement de tes capacités intellectuelles. Depuis le temps que l’on se connaît, j’avais espéré que tu retiendrais le nom de mon espèce et ces caractéristiques mais il semblerait que cette tache aurait été au-dessus de tes capacités, c’est bien regrettable ».

Elle le dévisagea comme si elle le voyait pour la première fois.

« Evidemment que je sais très bien que tu es un dragon. Seulement, je remarque que tu n’as pas la peau douce » dit-elle comme si elle annonçait là une vérité presque affligeante par son manque d’intérêt.

Le varan pencha la tête sur le côté, lui donnant un air qu’elle ne lui connaissait pas.

« Je pense qu’il est préférable pour nous deux de clore cette discussion, parce que je peux t’affirmer que tu n’as pas récupérer de ma frappe. J’ai dû frapper trop fort, oui, ça doit être ça.

- Mais j’ai rien dit qui puisse... » commença-t-elle mais déjà, Varanus ne l’écoutait plus retournant dans ses pensées.

Pour la seconde fois de la soirée, elle souffla et se contenta de regarder dans le vide.


Comme prévu, voici les thèmes proposé et le nom des auteurs de ce thème. Tout commentaire est accepté !

Meanne77 : "Il/Elle avait la lumière dans les yeux, la noirceur dans le cœur." et "Ça a la couleur du sang mais le goût de l'amour."

Hittosama : "… parce qu’il y avait des gens dans le ciel."

Calliopel : "Tu pourrais au moins faire l'effort d'essayer de comprendre ce que je pourrais ressentir."

Mushoos : "Le silence qui régnait dans la forêt depuis un bon quart d’heure fut interrompu par un gargouillement fort peu discret.
« Je suppose que ça veut dire que je dois faire à manger ? »"



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