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Fiction » Romance » Les casseroles au placard font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Kineko
Fiction Rated: T - French - Romance/Supernatural - Reviews: 1 - Published: 08-07-08 - Updated: 08-07-08 - id:2555963

Les casseroles au placard.

Un pas à gauche, un pas à droite.

Un pas à gauche, un pas à droite.

Un pas à gauche, un pas à droite.

-Hé, tu es sûre que ça va?

-Je vais très très bien.

-Tu tangues.

-Je danse.

-Tu tangues.

Il lui a fallu trois heures pour enfin daigner me tutoyer malgré tout ce qui s'est passé entre nous. Gentleman jusqu'au bout des doigts. C'est un peu ça qui m'a attiré chez lui à l'origine.

Il s'appelle Andreï.

Andreï avec un superbe accent russe, des manières de prince et une culture générale d'encyclopédie universelle. Après le néanderthalien que j'avais mis à la porte, ça changeait.

Parfaitement bien habillé, check, chevelure soignée, check, sourire amical et non pas concupiscent, check. Superbe petit cul, ho que oui check!

Je ne sais plus trop qui me l'a présenté. Ou alors il s'est présenté tout seul.

Ah oui, je venais de foutre mon ex dehors et il a toqué à la porte pour me ramener ma cafetière, un chausson et deux tabourets jetés avec l'ex. Il m'a écoutée tempêter sur le cro magnon, m'a aidée à ranger l'appart et à sortir les valises de l'autre tache et nous avons fini la soirée sur mon canapé.

Je lui ai raconté ma vie.

Il n'a rien dit de la sienne.

Et puis nous sommes allés en boite. Une tenue par ses amis. Ambiance sympa, même si un peu bizarre. Limite goth, mais pas trop, classy, mais pas clinquant, avec de la bonne musique. J'ai bu comme un trou, et je ne le referais plus de ma vie, juré.

Non, même si je dis ça à chaque fois, la boisson, c'est finit pour moi.

-Kristina, c'est là. On y est.

Oops, je viens de dépasser ma propre porte. Je reviens sur mes pas à reculons et manque d'assommer Andreï d'un coup de boule. Heureusement qu'il a de bons réflexes.

-Mais qu'est-ce que tu me trouves? Je suis une gourde, maladroite, stupide, mal embouchée, grossière...

-Vivement que tu retombes de ton petit nuage, Kristina.

-Christine... Ou Chris... tina... comme tu veux,je capitule devant son regard amusé.

Nous rentrons dans mon appartement. Je m'effondre aussitôt sur le canapé et il s'assied près de moi,caressant mes cheveux d'une main. L'euphorie commence à s'effacer et je le regarde. Il est beau. Foutrement beau. J'ai envie de le renverser sur le canapé et de le violer... si c'est seulement possible pour une femme. Enfin, même si je doute qu'il proteste (pas avec ce qui s'est passé cette nuit), j'ai des choses plus urgentes à faire.

Le tri dans ma vie.

-Et maintenant?

-Maintenant?

-Qu'est-ce qui va se passer?

-Rien que tu ne veuilles pas Kristina. Ça reste ta vie. A toi d'y accomplir les changements que tu désires.

-Pourquoi MOI? Tu aurais pu choisir des tonnes de personnes beaucoup mieux que moi pour partager ta vie! Je suis pas gracieuse, pas intelligente et...

-Tu as le sens de l'humour Kristina. Et crois moi, dans mon milieu, c'est quelque chose qui se fait rare.

-Ho? Donc je te fais rire, je suis ton bouffon?

-Certainement pas. Cesse de te diminuer. Tu es jolie Kristina, tu as la répartie facile et bien pensée, tu es cultivée et vive d'esprit. Et j'avoue que tes petites histoires me plaisent assez.

Si c'était encore possible, j'aurais le sang qui me monterait aux joues. J'ai toujours eu ce genre de réactions quand quelqu'un de mon entourage m'avouait avoir lu mes histoires de monstres.

-Tu as LU mes nouvelles?

-Pendant que tu dormais. Je les ai trouvées charmantes.

-Charmantes?

Il hoche la tête.

-C'est des histoires de loup-garous, de fées dévoreuses d'hommes, de dieux antiques... charmantes?

-Ce n'était pas l'effet recherché?

-... Je vais ranger.

Et je le plante sur le canapé.

Bon, ma nouvelle vie avec Andreï commence, et comme avec le cromagnon, je vais devoir jeter des choses de mon ancienne vie.

Je fais toujours ça, je garde rien, sauf les choses très très importantes. Alors je jette. Le grand miroir de l'entrée d'abord.

La bouffe ensuite. Façon, tout est périmé ou à deux doigts de l'être et j'ai pas de bestiole à qui refiler le tout. Wow, on a été absent si longtemps? J'aurais dit deux jours, mais apparemment vu la couche de poussière, ce serait plutôt deux semaines...

Le vieux crucifix de maman... ha non... ça, c'est important. Ça date de mon arrière-grand-mère, j'y tiens, je voudrais pas avoir à le jeter.

-Andreï?

Je lui montre le vieux bijou exposé dans un cadre.

-Ca... je peux le garder?

Il se lève et observe longuement la croix avant de hocher la tête.

-Ca n'a aucune importance pour nous... sinon sentimentale.

-Je croyais... ho tant pis.

Je continue mon petit tour, jetant les affaires dans un sac plastique au fur et à mesure.

Et puis j'arrive aux casseroles.

Objectivement... je n'en ai pas besoin. Absolument pas. Andreï m'a bien fait comprendre qu'il s'occuperait désormais de me nourrir. Plus jamais besoin de faire la cuisine. Jamais. Le rêve.

Ou pas. J'y réfléchirais plus tard.

Elles sont vraiment moches ces casseroles. Maman me les avait offertes quand j'ai emménagé dans ma première chambre d'étudiante. Elles sont blanches, émaillées, avec des petites fleurs bleues dessus. Bon, elles ont bien servi hein, mais elles sont vraiment moches. Ça serait pas une perte de les jeter...vraiment pas.

-Tu sais que tu n'en auras pas plus besoin, hein? Me demande Andreï, debout à côté de moi.

Il se déplace toujours en silence, un de ces jours, je vais lui mettre une gifle sans faire gaffe parce qu'il m'aura surprise.

-Je sais pas... si jamais quelqu'un vient chez moi, ça paraîtra bizarre que j'ai plus de casseroles, non?

-Qui penses-tu pourrait venir chez toi?

-Chais pas! N'importe qui... Ma mère?

-Tu peux me dire ce que ta mère viendrais faire ici? Je la croyais morte.

-Ha, c'est vrai. Mais elle pourrait revenir... en zombie quoi...

Il sourit à nouveau. Il s'ennuyait à ce point pour que mon humour à la con le fasse rire?

-T'as trop bu... ou pas assez, ajoute-t-il avec un sourire gourmand cette fois.

La dernière fois qu'il a souri comme ça... ce qui a suivi devrait être interdit à la TV aux moins de dix-huit ans. Reste concentrée Christine. Nettoyage par le vide, d'abord. Batifolage, après.

-Hey, j'essaye de m'habituer à l'idée, ok?

-Si ta mère revenait en zombie, je doute qu'elle s'inquiète du fait que tu n'ai plus de casseroles.

-Je peux toujours en garder au moins une! Je pourrais en avoir besoin.

-Pourquoi?

-Si le toit à une fuite!

-Des siècles d'expérience m'ont appris qu'une casserole ne sert à rien en cas de fuite, déclara sagement Andreï. Ça rouille et c'est trop petit. Vaut mieux un seau.

-Ho. Je pensais pas que tu t'y connaîtrais en fuite... Ça semble...

-Trivial?

-Ben ouais...

-Kristina, ou as-tu vu que j'étais immunisé contre les petits tracas de la vie comme les fuites d'eau, les éviers bouchés, les pannes d'électricité...

-Les bouquins n'en parlent jamais, j'objecte en agitant une petite casserole...

Elle m'a fait des centaines de petits déjeuner... c'est sentimental les petits déjeuner. Et puis, elle prendrait pas tant de place que ça. Je pourrais même l'utiliser comme presse-papier, ça renforcerait ma réputation d'excentrique.

-Compare-moi encore une seule fois à cette littérature de gare que tu oses appeler des livres, et je les brûle.

-Touche à Anne Rice mon gars et je t'empale avec une cuillère en bois.

Il rit cette fois et je brandis la cuillère sous son nez, le forçant à reculer dans le salon.

-Fais gaffe, j'ai l'intégrale de Buffy contre les vampires dans un coin.

-Ho, je suis terrorisé.

-Va te faire foutre.

-Les dames d'abord.

Même pendant les disputes, il reste le plus gentleman de tout les hommes que j'ai jamais rencontré. Ce qui n'est pas difficile, certes, mais bon...

Le plus gentleman et sexy et...

-Bon, tu les jettes ces casseroles, oui?

-Non, je les garde.

Je les remets au placard, puis attrape Andreï par le col.

-Et toi je te garde aussi.

-Flatté.

Je le plaque contre le mur le plus proche, mains sur les épaules. Il n'a pas le temps de réagir que j'ai commencé à le déshabiller, défaisant sa cravate et son col de chemise, histoire de pas les abîmer dans le feu de l'action.

-J'ai soif.

Il ne cesse pas de sourire, et penche la tête sur le côté, dévoilant sa gorge.

-Sers-toi.

Et je plante mes crocs dans sa gorge.

Andreï est l'homme le plus beau, le plus distingué, le plus gentleman que j'ai jamais connu.

C'est aussi mon sire.

Mon père vampire.

Et il a intérêt à avoir été sincère quand il m'a promis une vie d'éternité avec lui.

Ou je le fous dehors à coup de casseroles.

Fin



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