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Les parents de Riddley moururent quand il avait huit ans.
De quelle façon, ce n'est pas important pour l'histoire, mais leur fin fut accidentelle, rapide et sans douleur, et ce fut une bien maigre consolation pour leur fils.
La grande tante de Riddley, à la tête de la famille depuis la mort de son mari, déclara qu'a huit ans, il était trop jeune pour vivre seul, mais qu'à quatre-vingt et un ans, il était hors de questions qu'elle prenne soin de l'enfant. Le notaire fit donc des recherches pour trouver le reste de la famille, dispersée depuis une vingtaine d'année, après la dernière guerre sur le continent.
Il fallut plusieurs mois d'enquête, mais un matin d'hiver, Riddley fut amené devant la porte de l'oncle de sa mère, un riche bourgeois un brin excentrique.
Oliver Shelton avait, dans sa jeunesse, émigré aux Indes, d'où il avait créé un petit commerce d'import export de thé et de soierie, qui, grâce à une succession de bonne fortune et de coups de chance, prospéra rapidement. Quand Oliver Shelton revint en Angleterre, il était assez riche pour faire des prêts aux nobles de la cour, et assez malin pour entrer dans leurs bonnes grâces. A cinquante ans passé, il était encore vif et énergique et trompait son ennui par de fastueuses réceptions et une collection éclectique de curiosités du monde entier.
Il accepta de bon coeur d'accueillir l'enfant, n'ayant lui même pas d'héritier et fit aménager une chambre pour Riddley, au deuxième et dernier étage de sa résidence londonienne. La chambre était petite, mais Oliver, aussi généreux et excentrique que d'habitude, la fit meubler avec un goût aussi douteux qu'exubérant. Et malgré les soupirs agacés de la gouvernante, Miss Margaret, Riddley emménagea dans une chambre rouge, doté d'un lit en forme de pagode chinoise et d'une bibliothèque emplie de livres étranges.
La maison elle même était inhabituelle, même si sa façade était tout ce qu'il y avait de plus conventionnel. Mais une fois la porte passée, on se retrouvait face à un diable en bois grimaçant, auquel Oliver accrochait son chapeau. Toute la maison était ainsi, un capharnaüm de tableaux, de livres, de porcelaines soigneusement fixées aux murs, de tapis persans entassés les uns sur les autres pour qu'on puisse tous les voir, de bibelots disposés sur toutes les surfaces plates et qui faisaient enrager les bonnes à amasser la poussière plus vite qu'elles ne pouvaient les nettoyer. Riddley apprit rapidement à éviter les bibelots les plus fragiles, et à manier ceux assez solide pour ne pas craindre les mains maladroite d'un enfant de huit ans. Son grand-oncle lui apprit comment avancer les aiguilles des horloges afin de déclencher les petites scenettes d'automates qui les animaient, et, à la condition expresse qu'il les remette à l'heure après, Riddley gagna le droit de jouer avec autant qu'il le voulait. Il passa aussi des heures à contempler les gravures et les tableaux qui ornaient les murs, grimpant sur des chaises pour examiner de prés les plus hautes, ce qui provoqua mains émois de la gouvernante, à le trouver perché sur des échafaudages branlants de deux ou trois meubles.
L'éducation de Riddley fut aussi éclectique que la maison d'Oliver. Il était arrivé en sachant lire et écrire, bien que maladroitement, et le maître de maison prit en main le reste de son apprentissage. A peine Riddley était il levé et habillé qu'Oliver l'emmenait déjà avec lui, à travers tout Londres, à pied ou en voiture. Au siège londonien de la Shelton Company d'abord, ou Oliver préparait les achats et ventes de ses produits, pendant que ses employés gâtaient Riddley, trop heureux de pouvoir s'insinuer dans les bonnes grâces du patron. L'employé favori de Riddley était un jeune indien d'une vingtaine d'année nommé Kavi, qui travaillait comme comptable à la Shelton Company en remerciement des études que lui avait offert Oliver. Quand Riddley se faufilait dans son bureau, Kavi l'installait sur une chaise, lui préparait une tasse de thé indien, très sucré et épicé, et faisait mine de retourner travailler tout en racontant à Riddley des histoires de dieux et de démons qui auraient fait hurler Miss Margaret, ou en lui apprenant les bases de sa langue maternelle.
Après quelques heures, Oliver reprenait Riddley à Kavi, échangeait quelques plaisanteries sur la suprématie du thé anglais sur le thé indien, ou inversement, et repartait. Le repas du midi se faisait au restaurant, parfois avec des amis ou connaissances d'Oliver qui discutaient avec lui de la politique actuelle ou des derniers scandales. Riddley gardait les oreilles grandes ouvertes, afin de répondre aux questions que lui posaient Oliver après le repas. Puis, Oliver imposait une longue promenade au parc pour disperser l'énergie de l'enfant avant les activités de l'après midi. C'était parfois des courses, vêtements ou chaussures pour Riddley, qui grandissait bien trop vite, prétendait son oncle, ou bien des livres ou gravures pour la maison. Parfois, c'est au musée qu'ils passaient tout l'après midi, Oliver expliquant sans cesse l'histoire des artefacts conservés là à un Riddley subjugué. Mais le plus souvent, ils allaient dans les petites boutiques enfumées dans lesquelles Oliver trouvait ses bibelots et se livraient à une longue, parfois infructueuse, mais toujours fascinante, chasse au trésor. Ils revenaient à la maison, chargés de fanfreluches inutiles et se faisaient réprimander par Miss Margaret pour leur retard au thé de cinq heures. Une fois le thé de six heures engloutit, la gouvernante s'efforçait de donner une heure ou deux d'éducation plus traditionnelle à son pupille avant de le préparer pour la soirée.
Riddley n'accompagnait pas toujours son oncle dans les réceptions ou il était invité, mais il y allait suffisamment pour que les connaissances de son oncle le reconnaissent et se souviennent de lui. Il était souvent le seul enfant présent, et beaucoup d'adultes le traitaient un peu comme une curiosité, un petit bonhomme capable de discourir sur la politique actuelle ou sur les dernières pièces de théâtre ou concert à la mode. Il avait, un jour, passé une soirée entière assis sur un piano, à discuter avec une actrice réputée, sur la qualité de sa dernière pièce et la supériorité de l'avant dernière. Cela lui avait, par la suite, valu l'honneur de la loge principale au spectacle suivant.
Une des connaissances de son oncle, Sir Harauld, les avaient conviés à un club très sélectif de collectionneurs, et malgré le fait qu'Oliver n'appréciait pas tellement Sir Harauld, il accepta l'invitation pour le plaisir de rencontrer d'autre pair collectionneurs et passionnés d'antiquité. Riddley vint aussi, et les autres collectionneurs ne protestèrent pas à sa présence, même s'ils ne montraient pas d'intérêt envers lui. Très vite, Riddley apprit à fausser compagnie aux adultes, qui comparaient leurs dernières trouvailles en sirotant du brandy, et partit à la découverte du manoir de Sir Harauld.
Il était immense, situé un peu à l'écart de Londres, et Riddley y passa des heures à contempler les collections de Sir Harauld. Elles étaient bien mieux organisées que celle de son oncle, et beaucoup plus riche. Riddley se fit un jour une belle peur en tombant nez à nez avec une momie égyptienne sous verre et il fallut une bonne heure à Oliver pour le calmer et le rassurer.
Aussi Oliver en s'inquiéta pas quand, un soir, au moment de retourner à Londres, il récupéra un Riddley pâle et tremblant, qui vint se réfugier près de lui en silence.
Il s'inquiéta néanmoins un peu plus quand l'enfant présenta un comportement étrange par la suite. Alors qu'il avait adoré le zoo jusque là, Riddley fit tout les efforts possible pour ne plus y retourner, recourant même aux larmes, ce qu'il faisait pourtant très rarement, détestant pleurer devant quelqu'un. De même, il déclina toutes les invitations de son oncle pour retourner chez Sir Harauld, préférant sa nouvelle passion du moment: les livres.
Et en effet, Riddley commença à dévorer les livres de son oncle. Un à un, en commençant par les livres de mythes et légendes, et progressant vers les matières plus ou moins scientifiques. Il avait toujours aimé lire auparavant, mais s'était jusque là contenté des romans et nouvelles de Miss Margaret. L'effet de ses lectures ne se fit pas attendre, son niveau scolaire progressa en flèche et l'année de ses onze ans, la gouvernante annonça qu'il était prêt pour entrer en internat.
La nouvelle fit, assez étonnement, l'effet d'une catastrophe dans la maisonnée. Les bonnes pleurèrent, les serviteurs se laissèrent aller à lui offrir quelques petits cadeaux pour son départ (dont un couteau pliable que le valet suisse lui fit discrètement passer au cours d'un petit déjeuner), et Miss Margaret, dont ce départ signifiait aussi le sien, lui fit un long discours sur l'attitude qu'elle espérait le voir afficher à l'école et la fierté qu'elle avait pour lui.
Quand à Oliver, il fut probablement le plus triste du départ de son neveu et l'accompagna en personne à la gare, aidé par Kavi qui portait la malle de Riddley. Le jeune indien ayant étudié à Eastminster, l'école ou Riddley avait été inscrit, l'accompagna pour la rentrée. Il l'aida à s'installer dans le dortoir, lui fit visiter le campus et, le soir, repartit, non sans lui avoir souhaité bonne chance.
Riddley se retrouva vite seul à Eastminster.
2- EastminsterA peine une semaine plus tard, Oliver reçu sa première lettre, ou, comme Riddley et lui virent rapidement à les appeler, sa première encyclopédie postale.
L'enveloppe, de la taille et l'épaisseur d'un petit livre, contenait un compte rendu précis de la première semaine de cours. Une description des lieux, des professeurs, des camarades de maison de Riddley, ainsi qu'une demande pour un abonnement à un journal pour se tenir au courant. La lettre contenait aussi d'autre missives pour Kavi, Miss Margaret et les serviteurs, prenant des nouvelles de chacun et demandant des petits conseils poli.
Très vite, la venue de l'encyclopédie hebdomadaire devint une tradition, toute la maisonnée s'amassant dans le salon pour écouter Oliver lire la lettre et passer les petits dessins et caricatures de Riddley à la ronde.
Riddley n'était pas le meilleur élève de sa classe, même s'il n'était pas non plus un cancre, mais était de loin le plus avenant et cultivé, et il se fit rapidement de nombreuses connaissances et amis. Les premiers furent Andrew, un solide et sympathique jeune homme issu d'une famille de fermiers aisés, et Jackson, fils d'un avocat de la cour, qui malgré ses manières hautaines et dédaigneuses, n'hésitait pas à venir au secours de ses amis quand ils étaient ennuyés par d'autres garçons de leur classe. Les trois amis apprirent vite à contrebalancer les défauts et qualités de chacun, et devinrent vite une référence parmi les étudiants de leur âge.
Lorsque Riddley revint pour les vacances, la première chose que fit Oliver fut de l'amener chez le tailleur et lui faire faire des vêtements à sa taille et chaque année, le rituel se répéta, Riddley grandissant, selon son oncle, à la vitesse d'une locomotive à vapeur.
Fidèle à son tempérament, Riddley eut une scolarité très éclectique et étudia autant les matières traditionnelles, comme les mathématiques, l'histoire, l'anglais, la géographie, que des connaissances plus inhabituelles, comme les langues anciennes et modernes (Kavi fut très fier d'apprendre que le jeune homme avait choisi sa langue maternelle comme langue secondaire, avant même le français et l'allemand), le latin, le grec, la géologie, et d'autres matières qui renforcèrent vite sa réputation de rat de bibliothèque et d'intellectuel. Andrew et Jackson firent de leur mieux pour suivre la frénésie de connaissance de leur ami, et ce fut sans surprise qu'ils finirent tout les trois leur scolarité en tête de classe. Andrew retourna à la ferme familial tout en continuant à faire éditer ses poèmes, et Jackson s'orienta dans la médecine, montrant là qu'il était bien moins misanthrope qu'on le croyait.
Quand Riddley quitta l'école, il était devenu un grand jeune homme (plus grand encore qu'Andrew), aussi charmant qu'intelligent, et qui devint vite la coqueluche des soirées londonienne. Il accompagnait toujours son oncle vieillissant, mais était souvent invité dans des réceptions d'intellectuels où sa culture et son sens critique faisaient des merveilles.
Et Oliver mourut.
Il avait soixante deux ans, ce qui, pour l'époque, était un âge canonique, mais Riddley ne porta pas le deuil d'un grand oncle (deux mois en noir), mais celui d'un père, qui dura une année complète.
L'héritage ne posa aucun problème, Oliver n'avait ni enfant, ni neveu ou nièce direct, et Riddley était le seul membre survivant de sa famille. Riddley hérita donc de la résidence, de la Shelton Company, d'une petite fortune et surtout, des collections d'Oliver.
Les actionnaires furent d'abord inquiet qu'un si jeune homme prenne la tête de la Shelton company, mais quelques opérations fructueuses et une gestion rigoureuse les fit taire, et ils ne trouvèrent rien à redire quand Riddley nomma Kavi comme gestionnaire principal.
Parallèlement, il continua à enrichir la collection d'Oliver, mais de manière plus organisée que son oncle. S'il ne vendit rien des collections, il les réorganisa convenablement, faisant mettre les plus fragiles bibelots sous verre. Ses achats, plus rare que ceux de son oncle, était sensiblement de meilleures qualités et là ou Oliver s'était borné à des trouvailles amusantes et insolites, Riddley se spécialisa en art antique. Lors d'une vente aux enchères d'art égyptiens, il retrouva Sir Harauld, avec qui il fut en compétition amicale pour quelques pièces rares.
Ce fut probablement à la suite de cet événement que Riddley rejoignit à nouveau le club des collectionneurs.
Il entra dans le cercle d'intime de Sir Harauld, et le lord, comme tout le monde, fut sous le charme de Riddley, qui captivait les gentlemens de contes et légendes antiques, ou de récit de recherches archéologiques.
Au bout de quelques mois, il fut autorisé à entrer dans la pièce au sous sol du manoir. C'était une pièce plus ou moins secrète, ou peu de gens pouvaient entrer. Sir Harauld y gardait ses pièces les plus précieuses, et c'est avec fierté qu'il les montra à Riddley.
Lequel garda une expression poliment intéressée devant les momies de sirènes, la licorne montée en trophée, les peaux et os de dragon, et tout ce bestiaire fantastique, conservé dans le formol ou naturalisé pour le plaisir du Lord. Ils passèrent une seconde porte, et arrivèrent cette fois dans le zoo privé, ou on pouvait voir les même espèces, mais vivantes, bien que fort mal traité. Les sirènes n'étaient plus que de pâle créatures aux joues creuses et aux muscles flasque, leurs écailles ternies. Le seul dragon dormait, recroquevillé sur lui même, blottissant ses pattes mutilées sous lui, sa muselière de métal l'empêchant de cracher du feu. Une chimère gisait là, le souffle rauque, et plus loin, beaucoup de lutins et gobelins attendaient tristement dans leurs petites cages.
-Regardez autant que vous voudrez, déclara Sir Harauld avant de prendre congé et remonter au rez-de-chaussé pour divertir ses autres invités.
Il ignorait que ce n'était pas la première fois que Riddley mettait le pied dans le zoo privé.
Huit ans plus tôt, il avait trouvé la porte et s'y était faufilé. Il avait trouvé les sirènes et le dragon, les monstres et les lutins, a qui il avait donné un peu du pain qui restait dans sa poche.
Et puis, il avait ouvert la porte rouge, celle au fond du zoo.
Comme il l'ouvrit à nouveau huit ans plus tard.
3-Le cabinet de curiosités-Bonsoir.
La créature allongée sur le sofa rouge lui jeta un regard étonné. Riddley avança de quelques pas, observant l'usure sur le tapis, là ou le prisonnier avait tant déambulé que ses pas avaient tracés un chemin. Il y avait des traces de griffes, un peu au delà, mais anciennes. Riddley stoppa à la limite et retira son chapeau.
-Bonsoir répéta-t-il, peu surpris du mutisme de l'être devant lui.
Le sofa avait été fixé au sol cette fois, mais quand Riddley était enfant, la créature l'avait trainé après lui en lui sautant dessus. Peut être y avait il eut d'autres accidents.
-Je ne pense pas que vous vous souveniez de moi, continua Riddley sans se laisser émouvoir par les yeux de chat de l'être devant lui. Je suis venu il y a huit ans, j'étais enfant.
Mais l'autre n'avait pas vieillit d'un cheveu. Peut être que ses nattes blanches étaient un peu plus longue, un peu moins soignées, mais il n'y avait pas de rides sur son visage étrange.
-Je sais que vous pouvez parler. Vous m'aviez parlé à l'époque.
L'être montra des crocs, plus par vexation que réelle colère semblait il et changea de position, s'asseyant sur le sofa malmené par ses griffes.
-Et qu'avais-je dis? S'enquit la créature d'une voix rauque, marquée d'un étrange accent.
-Une énigme. Répondit Riddley, une énigme à laquelle je n'avais pas répondu, car j'avais peur.
Il faisait peur c'est vrai, avec sa peau bleue et son visage de lion, ses mains griffues et ses jambes de fauve, les tatouages d'ailes sombres le long de son dos.
Un sphinx, maigre mais fier, dont la seule entrave était un bracelet d'or relié par une chaine au pied du sofa. Le poignet et le pied étaient tout deux abîmés des efforts de la créature pour se libérer, mais c'était ancien. Il semblait bien qu'aucune tentative récente n'ait été faite.
-Je repose donc mon énigme. Ça n'arriveras qu'une fois alors mesure ta réponse, chaton, déclara le sphinx.
-Cette fois je suis prêt.
-Que fais-tu ici?
-Je suis venu vous voir.
Et le fauve resta perplexe, car c'était bien la réponse, car les sphinx connaissent toutes les réponses, pourvu qu'ils connaissent la question, mais ils ne la comprennent pas forcément. C'était pour ça que Sir Harauld le conservait caché, car le sphinx savait dans quel produit investir, ou qui serait la personne influente qui lui apporterait prestige et gloire, et une fois par semaine, il venait nourrir le fauve et lui poser ses questions.
-J'ai une question moi même, reprit Riddley en plongeant sa main dans sa poche, la présentant fermé au sphinx. Qu'ai-je dans la main?
Le sphinx contempla le poing fermé et releva les yeux vers ceux de Riddley.
-La clef... De ma chaîne...
Et Riddley ouvrit la main.
Cette nuit là, un grand incendie se déclencha dans le manoir de Sir Harauld Il n'y eut qu'une seule victime, Sir Harauld lui même, qu'on retrouva dans le jardin, visiblement décédé d'un arrêt cardiaque suite à la perte de son domaine.
(Personne ne dis quoi que ce soit sur les étranges traces qu'on trouva autour de lui, comme des empreintes d'enfants et d'animaux. Jackson prit bien soin de les effacer en s'affairant autour du corps, quand Riddley le fit appeler pour déterminer les causes de la mort.)
Certains paysans assurèrent avoir vu d'immenses silhouettes dans la nuit, et on trouva bien des empreintes de chevaux mais rien qui indiqua que la mort de Sir Harauld ne fut pas naturelle.
(La licorne déclina l'invitation d'Andrew à les suivre, elle était originaire d'Angleterre et retournerais sur ses propres terres à sa façon. Andrew ne la retenu pas, comme il expliqua à Riddley, il n'était pas une jeune fille vierge, ça ne marcherais pas. Quand au dragon, il disparut dès que le manoir explosa en flamme. Encore une fois, Andrew expliqua qu'il était assez grand pour se débrouiller seul et maintenant est ce que vous pourriez m'aider à transporter la chimère dans le camion?)
Riddley, vint en personne donner ses sincères condoléances à la veuve de Sir Harauld, l'assurant de son soutien.
(Il lui donna une clef à elle aussi, une petite clef en forme de coeur qui ouvrait le collier de fer caché sous son ras du cou de soie, et après ça Lady Maebd disparut à son tour, léguant le peu qui lui restait à des sociétés de protection de la nature et de l'enfance)
Pendant quelques jours, un entrepôt de la Shelton Company fut fermé au public, à cause d'une infestation de rats, le temps que Riddley annonce qu'il partait en un tour du monde, comme son oncle l'avait fait à son âge, confiant la Shelton Company à Kavi et la résidence londonienne à Miss Margaret, qu'il avait spécialement fait chercher pour cela.
Il n'y avait pas beaucoup de personnel sur le bateau de Riddley, Andrew et Jackson avaient accompagné leur ami, et aucun ne s'étonna quand, une fois loin des côtes, un sphinx bleu rejoignit Riddley sur le pont et se hissa sur un de transats posé là.
-Pourquoi fais-tu ça, chaton?
-Pourquoi pas, monsieur?
-Cesse donc de m'appeler ainsi.
-Chez nous, c'est un synonyme de respect.
-Mais c'est moi qui te suis redevable. Ce devrait-être à moi de te respecter.
-Appelez-moi Riddley... et dites-moi alors comment puis je vous appeler?
Le sphinx regarda l'horizon pensivement, tout en massant son poignet couvert de cicatrices. Il avait laissé Jackson l'ausculter à contrecoeur, mais le jeune médecin l'avait remit sur patte assez vite, sans le considérer comme un monstre, mais comme un patient. L'être fée, ou du moins, celui qui avait des gouttes de sang fée dans les veines, n'avait pas cillé en le voyant arriver dans les bras de Riddley, le soir de l'incendie, et s'était contenté de le prendre et l'emmitoufler dans une couverture. Il n'avait pas grand chose de la fée qui l'avait engendré, si ce n'est son incroyable crinière blonde et le don du langage universel qui lui permettait de parler au sphinx dans sa langue natale. Quand à Riddley, il était toujours aussi amical et patient que le premier jour, essayant de ne jamais poser de questions au sphinx que celui ci serait obligé de répondre. Les trois jeunes gens étaient peut être la plus grande énigme que le sphinx avait vu depuis des années.
-Assad. Tu peux m'appeler Assad. Ou allons nous?
-Dans le bassin méditerranéen, répondit Andrew, le copte roulant parfaitement dans sa bouche.
-La chimère souhaite retourner chez elle, continua Jackson, pourtant visiblement absorbé par sa lecture, et les sirènes ont besoin de se refaire une santé avant de pouvoir nager à nouveaux en eaux libres. Nous les rapprocherons le plus possible de chez elles.
-Et puis, il faut que nous trouvions d'où vous venez Assad, acheva Riddley.
-Bon courage... cela fais si longtemps, je ne connais même plus mon propre pays.
-Nous avons tout notre temps Assad. Tout notre temps.
Fin