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Titre : L'Occident
Auteur : Tamnar
Genre : Romance
Rating : K+ Attention Shonen-ai alors ceux que ça rebute allez vous en, je ne peux rien pour vous
NdT : j’avais tout d’abord écrit cette histoire pour le concours proposer par Mimi Yuy et les éditions Muffins, mais j’ai été incapable de la terminer à temps. Et pour cause, j’ai 6 mois de retard. Mais ce genre d’histoire est totalement inhabituel pour moi et j’ai bloqué à de nombreuse reprises (environ toutes les lignes en fait, j’ai honte) Mais maintenant qu’elle est terminée, autant ne pas la laisser croupir dans mon ordi et peut-être en faire profiter d’autres même si ce n’est pas un chef-d’œuvre et même loin de là !
Place à la lecture.
L'Occident
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« Axel Dirgo
20 ans
Étudiant en droit.
A déjà travaillé dans un bar restaurant en tant que plongeur et serveur. »
Axel ne savait plus quoi faire. Il avait essayé par tous les moyens possibles, mais il ne savait pas quoi mettre d'autre sur son CV. Il ne savait vraiment pas. Alors que Dieu seul savait à quel point cela lui aurait été utile. À 20 ans, étudiant à son actif, il avait cruellement besoin d'un emploi pour pouvoir payer les factures à la fin du mois. Et tout simplement pour vivre aussi. Car depuis que ses ingrats de parents l'avaient foutus à la porte sous prétexte qu'il leur « faisait honte », il était obligé de subvenir à ses besoins de lui-même. Et avec la rentrée pas moins d'une semaine plus tard, cela devenait de plus en plus urgent.
Mais voilà, Axel avait un énorme problème. Un insurmontable et énorme problème. Enfin, insurmontable à ses yeux. Il complexait sur son physique. Nous vous imaginez rien d'horrible. Il n'était pas handicapé, blessé, défiguré ni même obèse. Non. Il était juste trop efféminé à ses yeux. Et aux yeux des autres apparemment aussi car des garçons l'avaient souvent abordé dans la rue, le prenant pour une fille. En même temps, ce n'est pas avec son mètre 60 et ses 50 kilos tout mouillé que l'on pouvait dire le contraire. Et ajoutez à cela des cheveux ébène d'une dizaine de centimètres de long et coiffés de telle façon que l'on croyait qu'il sortait à peine du lit, et des yeux tout aussi noir qui envoûtaient les malheureux qui s'y perdaient. De plus il avait la figure d'un ange avec une pointe de naïveté dans son expression qui n'arrangeait rien.
Il était donc devant l'ANPE avec son CV, très peu remplit, en main et allait pour y entrer quand une poigne puissante lui attrapa le bras, l'obligeant à s'arrêter puis se retourner. Il fit alors face à un homme somme toute assez banal, mais faisant tout de même plus de deux têtes de plus que lui.
« Tu cherches du travail ? »
Axel tenta de mettre en œuvre sa technique habituelle, à savoir, ignorer celui qui lui adressait la parole et s'en éloigner le plus vite possible. Mais cela ne fonctionna pas, à son plus grand malheur. L'homme le retint de plus belle et lui reposa sa question.
« Tu cherches bien du travail si tu es ici, non? »
Axel daigna se retourner vers lui et le regarder dans les yeux, ce qui l'obligeait à lever la tête.
« Oui et alors? Ce n'est pas à vous que je voudrais en demander et je doute que vous ayez quelque chose qui pourrait m'intéresser, répondit-il avec virulence, ce qui étrangement, fit sourire son vis à vis.
- Tu as du caractère, c'est important. Surtout quand on est dans ton cas. »
Parce que en plus, ce type se permettait de l'insulter, et ouvertement alors qu'ils ne se connaissaient pas.
« Lâchez-moi ! Je n'ai aucun intérêt à accepter votre offre.
- Pourquoi ? Tu ne sais même pas ce que je veux te proposer.
- Je vous l'ai déjà dit, venant de vous, je n'accepterai rien. »
L'étrange homme se mit à rire sans pour autant lâcher le bras d'Axel qui devenait douloureux.
« Vraiment ? Pas même un simple travail de serveur dans un bar privé qui vient d'ouvrir ? En plus je ne peux pas laisser passer une telle chance. Tu corresponds tout à fait aux critères du boss. Discret mais ayant du répondant quand il le faut.
« Autant dire petit efféminé avec un mauvais caractère tant qu'il y est. », pensa Axel sans oser le formuler à voix haute.
« Je te propose un essai. Juste un soir et tu pourras dire non au patron », poursuivit t-il.
Axel souffla un bon coup, abandonnant la partie à la plus grande joie de son vis à vis. Ce dernier lui tendit une carte de visite avec le nom du bar privé et son adresse.
« Au fait, je m'appel Marc Dupuis. »
Et ledit Marc le relâcha puis repartit aussi vite qu'il était arrivé, laissant un Axel dubitatif devant le bâtiment de l'ANPE qui, apparemment, ne lui servait plus à rien.
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Le soir même, un samedi, il se retrouva devant « L'Occident », à l'adresse indiquée par la petite carte. Il était arrivé 30 minutes avant l'ouverture pour pouvoir parler tranquillement au patron. Mais devant la porte, un géant, par rapport à lui en tous cas, l'empêcha de rentrer.
« Le bar n'est pas encore ouvert et les mineurs sont interdits.
- De un, je suis majeur, j'ai 20 ans, s'énerva Axel en sortant sa carte d'identité de son portefeuille et en la mettant sous le nez du videur pour le lui prouver, ayant l'habitude qu'on ne le croit pas sur ce point. Et deuxièmement, je suis venu pour un entretient d'embauche de la part d'un certain Marc Dupuis. »
Le videur le jaugea du regard pendant quelques secondes qui parurent une éternité à Axel qui détestait cela, comme tant d'autres choses. Mais il ne dit rien, se contentant de rester neutre.
« Rentre, je vais t'amener au patron », finit-il par lui dire.
Axel, soulagé, entra par la porte en fer que le videur lui tenait ouverte puis suivit ce dernier à l'intérieur. Après quelques mètres, ils débouchèrent sur une vaste salle à l'éclairage tamisé ou les tables en bois entourées de banquettes et de fauteuils rembourrés en velours rouge formaient de petits îlots, mis à part une petite piste de danse au centre, devant une estrade brillamment éclairée ou attendait un piano à queue. Le videur le dirigea vers le fond de la salle, plongé dans la pénombre sauf une table encadrée par quelques plantes comme certaines autres dans la pièce. Là se tenait un homme ayant la trentaine tout au plus, penché sur des dossiers qu'il complétait, signait et autres.
« Patron. Y'a quelqu'un pour vous.
- J'ai déjà dis que je ne voulais pas être dérangé avant l'ouverture, répondit le dit patron avec une voix grave qui fit frissonner Axel de part sa profondeur.
- C'est monsieur Marc Dupuis qui lui a dit de venir pour un entretient d'embauche », poursuivit tout de même le videur.
Intéressé, le patron releva la tête et observa brièvement Axel sans se départir de son visage froid avant de s'adresser à son employé.
« Laisse-nous. »
Le videur retourna à son poste tandis que son boss se levait, indiquant à Axel d'un vif signe de main de le suivre. Celui ci obéit donc et ils se retrouvèrent dans un bureau de taille moyenne froid et impersonnel. L'homme s'assit derrière un vaste bureau en bois sombre, dans un fauteuil en cuir luxueux.
« Asseyez-vous. »
Axel obéit une fois de plus, intimidé par cet homme au charisme certain et effrayant par sa froideur.
« Alors comme ça Marc vous a dit de venir ici?
- O-oui. Il m'a abordé dans la rue en me disant qu'il y avait une place de serveur. Et soi-disant que je suis exactement ce qu'il cherchait.
- Et pourquoi avez-vous besoin de ce travail?
- Je suis étudiant et je dois bien trouver de quoi subvenir à mes besoins. »
Le patron le jaugea une fois de plus. Mais alors qu'avec le videur, cette attitude l'énervait, là cela l'intimidait plus qu'autre chose.
« Vos parents ne peuvent pas vous aider?
- Non. Je vis seul.
- Bien. »
Sur ce dernier mot, l'homme sortit un contrat de travail d'un des tiroirs du bureau et le tendit à Axel. Ce dernier le prit et le lut rapidement. Satisfait, il le remplit et le signa. Il travaillerait donc du mardi au dimanche comprit, de 19 heure à 2 heure du matin.
« Excusez-moi Mr Berniger. Quand est-ce que vous voulez que je commence ?
- Ce soir si tu peux. Marc est au bar. Soit tu l'assistes, soit tu sers en salle.
- Bien. »
Axel se leva sous le regard scrutateur de son nouveau patron qui le déstabilisait.
« Je dois savoir autre chose Monsieur.
- Non. Vas-y. »
Il sortit donc du bureau, et dans la salle principale, vit immédiatement Marc derrière le bar aussi se dirigea t-il vers lui.
« Je vois que tu es venu, finalement », plaisanta ce dernier.
Axel grogna en réponse, ce qui fit bien rire le barman.
« Trêve de bavardages, tu peux poser tes affaires dans notre vestiaire », lui dit-il en désignant une porte dérobée dans son dos.
Axel s'y rendit rapidement et déposa son sac avant de rejoindre son nouveau... collègue.
« Maintenant, pas le temps de s'amuser, attaqua aussitôt Marc. Est-ce que tu as déjà travaillé... ?
- J'ai été serveur dans un café, le coupa le jeune étudiant.
- C'est déjà ça. Cela va nous simplifier la tâche. Ce soir ce sera simple. Tu fais ce que je te dis et c’est tout. Le temps de te familiariser avec les lieux. Demain ce sera plus dur »
Axel hocha simplement la tête pour acquiescer puis rejoignit Marc derrière le comptoir. L'homme entreprit alors de lui montrer les bases de ce qu'il devrait savoir. Le nom des cocktails, comment les faire, les bases de la politesse exigée dans un bar privé vis à vis des clients, et tant d'autres qui exaspéraient le jeune serveur, lui faisant rouler des yeux devant tant de chichis.
À peine un quart d'heure plus tard, Tom, le videur, aussi surnommé Tomy le nounours par Marc, ouvrit les portes du bar, permettant aux premiers clients d'entrer. Marc fit aussitôt comprendre à Axel qu'il était temps pour lui d'entrer en scène, sous le regard vigilent de son patron. Aussi le jeune étudiant se dirigea vers un groupe de trois hommes d'affaires vêtus avec classe.
« Bonsoir Messieurs. Désirez-vous quelque chose à boire ? »
Les trois hommes le regardèrent longuement, tout comme l'avait fait son patron quelques minutes plus tôt. Mais, habitué à ce genre d'attitude, Axel ne réagit aucunement, ce qui parut plaire à ses premiers clients. Ces derniers commandèrent rapidement et Axel retourna au bar pour chercher ce qu'ils désiraient. Il eut cependant le temps d'entendre un commentaire dans son dos.
« Il est bien mieux que le dernier celui-là. Heureusement qu'il s'en est vite débarrassé ! »
Troublé, le jeune homme rejoignit Marc et revint le plus vite possible avec sa commande.
Ainsi débuta sa soirée, sous l’œil vigilant de Yan Berniger, son patron. Et il en fut ainsi jusqu'à ce qu'il finisse sont service sur le coup des 2 heures. Durant toute la soirée il avait servit des hommes plus riches qu'il ne pourrait imaginer l'être un jour, et surtout, plus qu'il ne pensait jamais en rencontrer un jour. Pour lui, ce genre de personnes ne se rencontrait que dans les films et les romans. Mais le plus dérangeant fut sûrement de se dire que Marc et Mr Berniger semblaient étrangement dans leur élément et surtout que son patron avait une sorte de présence qui contraignait à l'obéissance la plus parfaite tous ces hommes qui n'avaient pourtant rien à prouver quant à leur propre présence on ne peut plus imposante.
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Axel réfléchit à ce qu'il avait vu et entendu toute la journée du lendemain. Mais il avait beau se triturer les méninges, il ne parvenait pas à mettre le doigt sur ce qui le gênait réellement. Aussi laissa t-il tomber en se disant que les affaires des clients n'étaient pas les siennes tant qu'il n'était pas mêlé à des magouilles foireuses et qu'il était payé honnêtement.
Quand il arriva à « L'Occident », il se dirigea aussitôt vers le vestiaire puis rejoignit Marc derrière le bar. Ce dernier n'étant pas encore ouvert, Marc se permettait d'être un peu plus décontracté vis à vis de lui, aussi l'accueilla t-il avec une grande claque dans le dos qui le projeta contre le bar, lui coupant le souffle.
- Calme-toi Marc. Tu ne voudrais pas nous faire perdre un serveur de plus, non ?
- Non non Boss, répliqua aussitôt le barman. Et puis lui il est bien mieux que le dernier.
- Ouais. Ben à se rythme là je sens que je vais vite partir avant de risquer l'accident du travail, grommela Axel avant de saluer son patron qui le regarda longuement, le gênant bien plus qu'habituellement avec une toute autre personne.
Heureusement pour lui, il ne perçut pas le regard que se lancèrent les deux hommes alors que lui leur tournait le dos en voyant le premier client arriver.
- Ça y est, tu entres dans la cour des grands ce soir, lui souffla Marc tandis que Yan Berniger allait à sa place habituelle, dans la pénombre du fond de la salle.
- Mmh, fit Axel, pas si rassuré que ça.
Après que l'homme ce soit installé, Axel le rejoignit et le salua avant de prendre sa commande, utilisant tous les conseils donnés par Marc la veille.
- Bonsoir Monsieur. Vous désirez prendre quelque chose ?
- Un kir, répondit-il sans le regarder, comme s'il n'en valait pas la peine.
Axel revint rapidement avec la boisson demandée et la posa devant lui.
- Tu es nouveau ?
- Oui Monsieur. Je travail ici depuis hier seulement.
- Va donner ce message à ton patron.
- Oui Monsieur.
Axel alla donc remettre le papier contenant le message à Yan Berniger qui l'observait de loin une fois de plus. Il le lut rapidement et lui dit de retourner au bar tandis que Marc le rejoignait sur un signe discret. Il les vit alors rejoindre le petit salon avec le client. Durant la demi-heure qui suivie, Axel s'occupa du bar et des rares commandes tandis que Marc faisait des allers-retours entre le bar et le petit salon. Axel voulut bien entendu lui proposer son aide mais il refusa sous prétexte qu'il était nouveau et ne savait pas encore tout faire, il devait donc se ménager au début pour avoir la meilleure expérience possible pour servir les clients le mieux possible. Il vit alors son patron sortir du salon, suivit du mystérieux client. Ils se serrèrent la main, le second ayant un large sourire satisfait tandis que Yan gardait son habituel air froid et distant. Le tout comme s'il venait de conclure un contrat particulièrement intéressant, surtout du point de vue du client. Se sentant observé, Yan tourna la tête dans la direction du jeune étudiant et le fixa tandis que celui-ci retournait à son travail en vitesse.
Quand Marc revint au bar, après une énième commande, Axel se dirigea aussitôt vers lui et le prit à part quelques secondes, le temps de lui poser une question.
- Marc, qu'est-ce qu'il se passe ? C'est quoi vos cachotteries ?
Le pauvre barman agressé par le jeune homme frustré se mit à rire, ne pouvant plus se contrôler.
- Tu le sauras peut-être un jour. Si tu restes suffisamment longtemps avec nous, bien sur.
Sur ces mots plus que troublant pour Axel, il repartit à son travail, l'ignorant tout le long du reste de la soirée. Mais il y en avait un autre qui ne l'ignorait pas du tout, le suivant du regard tout en surveillant le bar comme à son habitude. Et cette attitude troublait toujours autant Axel. Il ne parvenait pas à s'y faire, le trouvant insistant. Mais il ne savait pas pourquoi il réagissait ainsi alors qu'il ne s'occupait absolument pas de se genre de chose habituellement. Une quelconque autre personne, il l'aurait déjà envoyée balader avec force injures et claques dignes d'une fille, mais avec sa carrure, il se voyait mal faire autrement de toutes manières. Aussi faisait-il avec les moyens du bord. Mais pour en revenir à sa réflexion du moment, il ne savait pas comment réagir vis à vis de lui, car il était tout de même son patron, et même autrement, il avait un quelque chose qui forçait au respect.
Il poursuivit son service tout en se posant maintes questions sur se qu’il pensait de son patron, puis sur ce qu’il ressentait pour lui. Mais il ne comprenait toujours pas, ne trouvant pas de conclusion à ses questions, ne trouvant aucune autre réponse que son incompréhension totale de la situation.
Et quand il réussit à s’endormir sur le coup des 5 heures, une fois retourné chez lui, il n’avait toujours pas trouvé.
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Le lendemain, étant un lundi et donc ne travaillant pas, il en profita pour se coucher plus tôt mais aussi pour réfléchir. Et cette fois, il en vint à la conclusion qu’il était de plus en plus asocial, ne comprenant même pas son entourage proche. Non, il n’était vraiment pas doué pour les relations sociales.
Pour son troisième jour de travail, il décida d’arriver en avance pour pouvoir poser des questions à Marc vu qu’il était fuyant pendant le service, là il n’aurait aucune excuse pour se défiler.
- Eh bien, je te trouve bien en avance ce soir, s’exclama Marc en le voyant arriver.
Axel ne répondit que par un vague grognement, toujours dans ses pensées tandis qu’il se dirigeait vers leur vestiaire. Et quand il en revint, il se planta devant le barman avec un regard déterminé.
- Il faut que je te parle.
- Mmh, moui, mais encore, s’amusa Marc, ne trouvant pas l’attitude du jeune étudiant très crédible. Ou en tout cas, n’allant pas du tout avec son physique.
- J’ai besoin de réponses.
- Ok.
Marc soupira, sachant d’avance sur quoi porteraient les questions.
- Vas-y, je t’écoute.
- Pourquoi est-ce que le patron me fixe en permanence ?
- Comme je te l’ai déjà dit, tu es tout à fait son genre. Tu lui plais quoi.
- Mais je ne vois pas pourquoi est-ce qu’il doit me regarder comme ça juste parce qu’il trouve que j’ai le bon physique pour le travail qu’il m’a donné. Non, ça ne colle pas, dit-il avec tout le sérieux du monde.
Et contre toutes attentes, surtout vu le sérieux du plus jeune, Marc éclata de rire, ne pouvant plus s’arrêter avant une bonne dizaine de minutes.
- Ta naïveté est désespérante sur certains points, s’amusa le barman. Observe le bien, peut-être que tu trouveras ce que tu cherches. Et au pire, tu peux toujours aller le lui demander en face.
Et il repartit à son travail, préparant le bar tout en continuant à rire, mais moins qu’avant tout de même.
Axel passa donc toute sa soirée de travail à observer son patron le plus discrètement possible. Bien qu'il ne le soit pas assez pour le dit patron qui l'avait aussitôt remarqué mais ne faisait rien contre l'indiscrétion de son employé. Au contraire, lui-même se permettait d'être beaucoup moins discret dans son observation minutieuse.
Au final, il n’était pas plus avancé que la veille ou même que au début de son service.
- Qu’est-ce que ça pouvait être compliqué les relations sociales ! marmonna t-il, faisant sourire Marc une fois de plus alors qu’il retournait travailler.
Sans se rendre compte de tout ce qu’il pouvait provoquer comme sentiments chez les autres, s’étant lui-même toujours considéré comme quantité négligeable au même titre que les autres personnes qu’il avait pu rencontrer dans sa vie jusqu’à ce jour, il continua à prendre les commandes et à servir avec le même sourire feint auquel il habituait les clients qui semblaient bien l’apprécier. Mais tout en se faisant ces réflexions, il se dit alors que s’il devait bien sortir quelqu’un du lot « négligeable », il s’agissait bien de Yan. Tient, depuis quand l’appelait-il ainsi ? Ah la la, encore un truc compliqué auquel il ne comprendrait rien et qui lui donnerait une migraine affreuse. Décidément, il n’aimait vraiment pas les relations sociales.
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Le quatrième soir, il arriva avec une nouvelle résolution : il ne réfléchirait plus à tous ces problèmes relationnels qui lui minaient le moral. Après tout, sa survie passait bien avant ses difficultés relationnelles ! C’est donc fier de lui qu’il se changea et rejoint Marc derrière le bar. Ce dernier lui lança un regard interrogatif devant son air plus déterminé que jamais mais ne lui demanda rien de vive voix. Se concentrant uniquement sur son travail, il ne remarqua guère son patron qui était encore plus insistant que les autres soirs dans sa surveillance. Par contre, il constata rapidement que la salle était beaucoup plus agitée qu’habituellement. Plusieurs des hommes présents étaient ivres et criaient plus qu’ils ne parlaient entre eux. Et quand une fois de plus il amena de l’alcool à l’une des tables incriminées, il craqua. Il pouvait supporter beaucoup pour son travail, ou au moins le croyait-il, mais il n’en pouvait plus. C’était la troisième fois que l’homme se le permettait et lui n’en pouvait plus de se retenir de lui coller son poing dans la figure. Ou peut-être était-ce les deux gorilles à ses côtés ?
- Monsieur, je vous prierais d’enlever votre main de là, dit-il d’une voix polaire et basse qui, il faut le dire, n’était pas des plus crédible vu son physique guère impressionnant.
L’homme explosa de rire et pressa encore plus sa main sur les fesses du jeune étudiant qui frissonna. Mais l’incriminé ne prit pas ce frisson de la même façon.
- Et pourquoi, tu aimes ça, hein ? Avoue le que tu aimes !
- Monsieur, nous ne sommes pas dans ce genre d’établissement. Si c’est ce que vous êtes venu chercher ici ce soir, je vous prierai de partir.
Axel tentait tant bien que mal de s’empêcher de donner un coup de poing dans la figure de l’homme, surtout après de telles paroles. Mais il se contint du mieux qu’il pu, préférant éviter de faire un esclandre. Et surtout pour éviter de perdre son travail au bout de quelques jours à peine. Aussi garda t-il son ton froid mais poli.
L’homme se remit à rire bruyamment, accompagné cette fois ci par les deux gorilles qui l’encadraient. Puis il s’arrêta soudainement et crocheta la taille du serveur avec son bras pour l’obliger à s’asseoir sur ses genoux. Axel se retrouva donc assit en travers des cuisses de l’homme, près, trop à son goût, du visage rougeaud d’où s’échappait une forte haleine aux relents d’alcool. Lentement, il vit ce même visage s’approcher du sien avec dégoût et horreur, et ce sans qu’il ne puisse faire quelque chose contre. Mais même s’il savait que c’était inutile, il se mit à se débattre du mieux qu’il pu, agitant ses bras et ses jambes dans tous les sens dans l’espoir de faire lâcher prise à son tourmenteur.
- Mais lâchez moi je vous dis. Vous n’avez pas le droit…
- Le droit ? Mais bien sur que si voyons. Tu n’es rien face à moi.
- Et ça ne vous donne pas le droit de faire ce que vous voulez non plus. Je suis peut-être un simple étudiant de pacotille pour vous, je n’en suis pas moins un être humain, cria Axel sans toute fois alerter ne fusse qu’une seule personne, ses cris étant couvert par le bruit ambiant dans la salle.
- Mr Delatorgnole, je vous prierai de laisser notre serveur tranquille. Comme il vient de vous le dire, vous n’êtes pas dans le bon établissement pour ce genre de choses.
La voix glaciale et bien connue, sonnant comme une libération probable aux oreilles d’Axel, fit cesser toutes activités illicites au dit « Mr Delatorgnole ». C'est-à-dire qu’il cessa aussitôt de le peloter, au plus grand bonheur d’Axel. Mais il ne l’avait pas pour autant libéré de son emprise.
- L’ancien serveur était plus affectueux, fit Delatorgnole en collant encore plus Axel contre lui.
Et ce au plus grand malheur dudit Axel qui avait maintenant son visage encore plus près de celui de l’homme, respirant par la même occasion son haleine qui le dégoûta tant elle sentait l’alcool et la cigarette. Puis l’homme lui agrippa le menton et tourna son visage vers lui, dans le but de l’embrasser. Mais Axel avait beau se débattre toujours autant, il n’arrivait pas à se défaire de la poigne qui le retenait, et voyait ainsi les lèvres honnies se rapprocher de plus en plus des siennes. Mais juste avant qu’il ne l’embrasse, Axel sentit quelqu’un l’attraper par le bras et le tirer en arrière loin de son agresseur. Il se retrouva alors entre des bras puissants qui le maintinrent contre la poitrine de son sauveur.
- Je n’aime pas me répéter Mr Delatorgnole, l’avertit Yan Berniger. Et l’ancien serveur, comme vous dites, a été limogé pour ce genre d’attitude qui ne correspondait pas au genre de la maison. Maintenant je vous prierais de bien vouloir quitter les lieux.
Axel se sentit repoussé hors de l’étreinte rassurante et vit son patron demander à Tom de raccompagner les fauteurs de troubles hors du bar. Et ce n’est qu'à ce moment là qu'il se rendit compte que tous les observaient dans la salle, plus aucun bruit ne se faisant entendre.
- Suis-moi, ordonna le patron, tirant Axel de ses réflexions.
- Ah, …, o-oui Monsieur.
Axel le suivit donc jusqu’à son bureau ou il lui dit de s’installer tandis que lui-même prenait place derrière son bureau.
- Bien, j’espère que l’incident de ce soir ne t’a pas donné envie de partir. Il faut que tu saches, si tu ne t’en es pas rendu compte par toi-même jusqu’à maintenant, qu’il n’y a pas que des enfants de cœurs qui viennent ici. Alors n’hésite surtout pas à te faire respecter tant que tu restes poli avec les clients. Et si cela dégénère, fait appel à Marc, Tom ou moi-même si besoin est. Tu as compris ?
- Hum, euh oui, je crois Monsieur, répondit Axel, troublé par les mises en garde de son employeur.
D’ailleurs, il ne comprenait pas pourquoi il lui disait tout cela de vive voix alors qu’il aurait très bien pu le demander à Marc. Ainsi, il n’aurait pas perdu du temps avec lui !
- Tu peux y aller alors. Si tu n’as aucune question à me poser.
- N-non, merci Monsieur.
Et Axel retourna dans la salle pour terminer son service. Après tout, il n’était que 23 heures et vu le monde qu’il y avait, le travail ne manquait pas ce soir là !
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Pour son cinquième soir, Axel n’aurait pas pu plus mal commencer. Il était arrivé en retard à cause d’une grève des bus, n’était pas totalement réveillé, et alignait bourdes sur bourdes. La tête complètement dans les nuages, il s’était fait réprimandé par Marc à cause de sa tenue, la chemise mal boutonnée et dépassant du pantalon, le nœud papillon de travers et les chaussures pas lacées. Le plus âgé s’empressa de tout réarranger discrètement sans oublier de passer un savon à Axel. Puis se dernier avait tendance à se tendre dès qu’il frôlait quelqu’un en salle, et de se fait, n’était pas assez attentif à ses commandes et se trompait de table ou de client. Il fut donc reléguer derrière le bar où il pu enfin se consacrer pleinement à ses soucis du moment. De un, il repensait en permanence à la scène de la veille, d’où ses réactions en salle. Il avait encore en tête l’horreur de la situation, les relents d’alcool venant de son « agresseur », le moment où il l’avait presque embrassé, sa proximité. Mais aussi les bras puissant de Yan … et m…. , il l’avait encore appelé par son prénom sans y penser. Enfin passons, il y avait aussi la chaleur de ses bras, le bien être qu’il avait immédiatement ressentit, mais aussi son envie de ne jamais les quitter. Toutes autant de sensations, de sentiments qu’il n’aurait jamais du ressentir, au moins en bon asocial qu’il était. Mais l’était-il réellement ? De cela, il en doutait de plus en plus.
Il doutait de plus en plus de lui-même, de ses actions, des ses réactions, et même de sa vie en général. Qu’allait il faire dans sa vie dorénavant ? Allait il finir comme ces vieilles filles imbuvable ? Allait il enchaîner les petits boulots minables ? Pas que celui-ci le soit, mais il voulait un vrai travail, une situation stable. Une vraie vie quoi ! Le problème, c’est qu’il ne savait même plus pourquoi il voulait faire des études, il ne savait plus quel métier il voulait faire. Pour passer le temps peut-être ! Depuis qu’il avait rencontré Marc, toute sa vie partait en sucette !
Et encore, si ce n’était que Marc qui chamboulait sa vie ! Non, sont plus gros problème était incontestablement Yan, … euh, Yan Berniger, son patron. Voilà, ça faisait mieux comme ça ! Il faudrait vraiment qu’il règle ce problème là rapidement, manquerait plus qu’il l’appelle ainsi devant des client, et s’en était finit de lui.
Oui mais voilà, il y avait le fait que son patron était toujours dans ses pensées. Et nouveauté du jour, il avait même rêvé de lui cette après-midi quand il avait fait une courte sieste avant d’aller au travail. Et dans ce rêve, il continuait la scène de la veille avec ce « Mr Delatorgnole » qui se croyait tout permit. Et quand Yan … (sans commentaire), l’avait prit dans ses bras, le décor avait subitement changé pour ressembler étrangement au bureau de son patron. Il ne s’était réveillé, en sursaut et couvert de sueur, que quand, dans son rêve, son patron avait commencé à l’embrasser, lui mordiller une oreille pour finalement lui faire un magnifique suçon dans le cou en lui disant « maintenant, tout le monde saura que tu es à moi ». sur ces mots, Axel avait sauté au bas de son lit et s’était précipité dans sa salle de bainpour vérifier qu’aucune marque n’était présente dans son cou. Que tout ceci n’était qu’un stupide et magnifi… et stupide rêve irréalisable. Euh non, pas irréalisable, enfin si car il ne le voulait pas. Comment pourrait il vouloir une quelconque relation amoureuse avec son patron ? Pour lui, une relation entre hommes était impossible. Toute relation quelle quel soit avait pour visée la reproduction et la pérennisation de l’espèce humaine. Donc, c’était impossible entre deux hommes.
Il aurait dit quelque chose dans ce genre là il y a quelques semaines, mais maintenant, ce genre de pensées trop terre à terre lui minait le morale au possible, et il ne comprenait pas pourquoi ! Après tout, il n’avait jamais été attiré par une fille de toute sa vie, mais ce n’était pas pour autant qu’il était homosexuel vu qu’il n’avait jamais été attiré par les hommes non plus. Décidément, il ne comprenait plus rien à rien ces derniers temps. Alors pourquoi pensait-il en permanence à …
- Eh ! Axel !
Le dit Axel sursauta violement quand Marc le sortit de ses pensées un peu trop brusquement à son goût.
- Euh oui Marc, qu’est-ce qu’il y a ?
Quant au dit Marc, il secoua négligemment la tête comme pour lui dire « t’es vraiment un cas toi ».
- Moi rien, mais le boss te dit de rentrer chez toi. Il ne reste que deux heures de services et il n’y a pas grand monde ce soir. En plus t’as pas l’air frais.
- Ah, c’est rien …
- Tu as pensé à hier toute la journée hein ?
Devant le visage plus que gêné de Axel, Marc su qu’il avait tapé en plein dans le mille bien que le concerné n’ait rien dit.
- Tu devrais te laisser vivre au lieu de vouloir tout comprendre et contrôler !
Cette remarque surprit tellement Axel qu’elle attira son attention sur son aîné.
- Je ne te dis pas de te laisser aller au point de toujours compter sur les autres, ce ne serait pas bon non plus. Mais essaye de faire un peu plus attention aux autres, et surtout, laisse les entrer dans ta vie. Vie ta vie au jour le jour. Y’a rien de mieux, je te l’assure. Et puis, fais confiance au boss. Je sais que tu ne le connais pas aussi bien que moi ou même que Tomy, mais je peux t’assurer que tu n’y regretteras rien à partir du moment ou tu ne le trahiras pas !
Et cette fois ci, ce ne fut pas de la surprise qui étreignit le cœur de Axel, mais de la jalousie quand Marc lui dit clairement qu’il ne connaissait pas Yan aussi bien que lui. Euh non, son patron, pas Yan.
Axel secoua la tête comme pour e chasser certaine pensées sous le regard surprit et interrogatif de Yan. Oui il savait qu’il ne connaissait pas Ya … son patron autrement qu’en temps que supérieur, et ce malgré ce qu’il ressentait, euh … pensait de lui, mais de se le faire jeter ainsi au visage était trop douloureux pour lui, d’où son sentiment négatif, sa jalousie qui étreignait encore son cœur. Non, il ne devait plus penser à tout ça.
- Hum, merci de tes conseils, j’y penserais.
Comme s’il n’avait pas assez de choses en tête en ce moment.
- Bon, ben je vais y aller, tu remercieras le patron pour moi.
Et sur ce, Axel prit ses affaires et sortit avant que Marc ne réagisse.
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Le lendemain, il n’était pas en meilleure forme, ayant très peu dormi encore une fois. En effet, il n’avait pas réussit à se rendormir après s’être réveillé brusquement, couvert de sueur, suite à un autre rêve qu’il jugea de lui-même plutôt louche. Mais il resta tout de même dans son lit pour essayer de réfléchir. Il y consacra trois bonnes heures, mais il n’avait pas plus avancé dans ses réflexions à la fin qu’au début des trois heures. Il se résolut donc à se lever puis passa sa journée de manière habituelle. Et ce même si il sentait que ce soir il se passerait quelque chose d’inhabituel au bar.
A 18 heures 30, il se rendit au bar pour préparer la salle avec Marc, et le sentiment de malaise qui l’avait étreint toute la journée ne cessait toujours pas. Il se faisait même de plus en plus présent au fil des minutes. Finalement, le bar ouvrit sur le coup des 19 heures, comme d’habitude. Les deux premières heures furent elles aussi habituelles. Il n’y avait pas beaucoup de clients, seuls les hommes sortant du travail et se rejoignant entre collègues et amis avant de rentrer chez eux. Les autres clients arriveraient plus tard dans la soirée. Donc, Axel se permit de relâcher la pression, se disant qu’il devenait sûrement parano. Mais à peine quelques minutes plus tard, des éclats de voix leurs parvinrent de l’entrée du bar.
Voyant que cela ne voulait pas se calmer, Marc rejoignit Axel derrière le comptoir.
- Va voire ce qu’il se passe. Je m’occupe du bar et de la salle.
Axel hocha la tête avant de rejoindre Tom. Et là, il vit le videur, Tom, qui empêchait trois hommes de rentrer. Tous trois étaient habillés en vêtements de ville, mais ils avaient l’air plus usés et moins coûteux que les habits des autres clients. De pus, au bout d’une semaine de travail, Axel pouvait dire qu’il connaissait dorénavant la tête des habitués du bar privé. Et ceux là n’en faisaient pas partit.
- Avez-vous un problème Messieurs ? demanda Axel, autant à Tom qu’aux trois hommes.
- Il y a que nous devons parler à votre patron et que le videur ne veut pas nous laisser entrer, attaqua le plus jeune des trois inconnus.
- Vous n’avez pas d’invitation et le boss ne m’a pas prévenus, rétorqua aussitôt Tom avec violence.
Axel posa sa main discrètement sur son bras pour lui demander de se calmer tout en lui faisant comprendre qu’il prenait les choses en mains.
- Pourquoi voulez-vous voir le patron ?
- Nous sommes de la police et nous devons lui parler en privé d’une affaire urgente.
- Bien. Je vais le prévenir, attendez quelques instants s’il vous plait.
Axel retourna donc en salle et se dirigea aussitôt au fond, là où il retrouva son employeur en train de travailler.
- Monsieur, trois policiers sont à l’entrée et veulent vous parler.
- Bien, va les chercher.
Axel repartit donc à la porte d’entrée pour amener les policiers dans la salle tandis que Marc et le patron faisaient sortir les clients et fermaient le bar. Quelques minutes plus tard, ils furent tous dans la salle principale, assit de part et d’autre d’une grande table, les policiers d’un côté, les autres en face.
- Peut-on savoir se qui vous amène ici ? attaqua aussitôt Yan.
- Nous enquêtons actuellement sur un meurtre, lui répondit le plus âgé des trois. Le meurtre d’un de vos serveurs.
- Oh, vous devez certainement parler de Jean Rigaud ? fit Marc, surprenant les policiers et Axel.
- Oui.
- Donc vous affirmez le connaître ? le questionna un policier.
Tom, Marc et Yan soupirèrent fortement dans un bel ensemble, ne rassurant pas les trois enquêteurs.
- Bien sur que oui nous le connaissons, répondit Yan. Il a été serveur ici même pendant une dizaine de jours. Mais je l’ai rapidement licencié. C’est Axel qui le remplace depuis quelques jours.
- Mais pourquoi l’avoir limogé pour le remplacer par un mineur de surcroît ? les agressa le plus jeune des trois.
Là, Axel vit noir. Le remarquant, son employeur et ses collègues ne dirent rien, attendant que la bombe n’explose. Ce qui ne tarda pas à arriver, et avec un peu de violence qui fit sursauter les étrangers au bar.
- Je ne suis pas mineur, hurla Axel avec force. Il faut que je le placarde dans toute la ville pour qu’on me croit ou quoi ? Et si l’autre imbécile n’est plus ici c’est parce qu’il était indécent avec les clients. Il prenait le bar pour une maison de passe et c’est moi qui me coltine les saoulards maintenant. Alors merde à la fin mais est-ce que vous ne pourriez pas arrêter de tourner autour du pot et dire clairement pourquoi vous êtes là !
Marc se pencha sur le côté et murmura à l’oreille de son patron : « Je pense que ça l’a un peu plus secoué que l’on ne pensait ». Le patron se contenta d’hocher la tête pour acquiescer tandis qu’il posait une main sur le bras du serveur énervé pour le calmer. Axel, sentant la douce pression sur son bras se rassit correctement à sa place et se composa un visage fermé, vide de toute expression.
- Je suppose que vous avez eu votre réponse, dit Yan, si nous pouvions avoir la notre ce serait bien aussi.
- Que voulez-vous savoir ? les questionna le plus jeune des trois, ne voulant pas se faire rabaisser par de telles personnes.
- Et si nous commencions par le pourquoi vous nous accusez alors qu’il pourrait y avoir d’autres suspects dans cette affaire.
Les trois agents de police se concertèrent du regard avant que le plus âgé et le plus posé des trois ne se penche légèrement en avant, comme s’il voulait leur faire une confidence. Mais à la vue de son sourire, ils n’en tireraient sûrement rien de bon.
- Peut-être parce que vous êtes les seuls mafieux dans les préposés suspects.
- Et qui sont ces « préposés suspects » ? leur demanda Yan avec une voix mielleuse et caressante à souhait qui cachait habilement les sarcasmes et surtout les menaces sous-entendues.
- Vous bien sur, lui répondit l’inspecteur sur le même ton. Ainsi que votre ombre, ce cher Marc Dupuis.
Tandis que Axel, auparavant furieux, écoutait attentivement la conversation, il sentait son monde, tout ce qui l’entourait actuellement et qu’il avait eu tant de mal à avoir et à comprendre, s’effondrer. Si Marc et Yan étaient des mafieux, cela voulait dire que Tom aussi. Et le bar étant un bar privé, les clients étaient eux-mêmes des mafieux. Ainsi il comprenait mieux la scène du deuxième soir qui avait tant aguichée sa curiosité.
- Vous ne niez pas ?
- A quoi est-ce que cela pourrait servir ?
- Donc vous l’avez bien assassiné ?
- Non, mais je ne nie pas car vous avez décidez d’emblée que nous étions coupable, fit Yan d’une voix calme.
- Mais il faut tout de même vous dire que nous ne sommes pour rien dans la mort de Jean. D’ailleurs, il est mort quand celui là ?
- Il y a 4 jours, entre 22h et 23h30, les renseigna l’inspecteur en charge de l’enquête.
Alex se mit aussitôt à réfléchir à ce qui avait bien pu se passer il y a 4 jours. Il avait beau se triturer les méninges, il ne voyait pas. Il travaillait au bar ce soir là, et il y avait bien vu Marc et Ya… et son patron. Puis tout à coup, la scène lui revint en tête. Et les autres le remarquèrent aussitôt.
- Vous souvenez-vous de quelque chose, Mr Dirgo ? lui demanda aussitôt l’un des policiers.
- O-oui. Mr Berniger et Marc étaient ici il y 4 jours. C’est le soir ou …
Yan et Marc comprirent aussitôt de quoi il voulait parler, surtout vu la tête qu’il avait.
- Il y a quatre jours, un client m’a … euh, il voulait …, il a été un peu trop affectueux avec moi et …
- Ce que Axel essaye de vous expliquer c’est qu’un de nos clients, qui avait trop bu ce soir là, a tenté d’abuser de lui. Et ce à cause de l’attitude que Jean avait envers certains clients. J’ai dû mettre fin à ce problème et faire sortir cet homme de mon établissement de force. Nous étions donc, Marc, Tom et moi-même ici ce soir là, expliqua Yan aux trois policiers qui n’en semblèrent pas ravis du tout.
- Donc nous avons un alibi et vous n’avez plus rien à faire là, ajouta Marc.
Les policiers grommelèrent, voir râlèrent à haute et inintelligible voix pour le plus jeune d’entre eux, puis remirent une convocation au poste de police à Yan et Marc. Alors seulement ils consentirent à les laisser.
Le bar tomba dans un silence lourd jusqu’à ce que Alex ne le trouble.
- Mais … quand ils ont dit que vous faisiez partit de la mafia … c’était vrai ?
Yan lui sourit alors ironiquement, et s’il n’avait pas eu d’yeux que pour lui, Alex aurait alors vu le même sourire sur le visage de Marc.
- A ton avis ?
- Ouais, je me disais aussi que vous ne deviez pas être normaux.
Le sourire ironique devint alors interrogatif et suspicieux.
- En même temps, qui irait aborder quelqu’un dans la rue sans aucune raison pour lui proposer d’être serveur dans un bar privé juste parce que cette personne à le physique de l’emploi. Et surtout quand la dite personne ressemble de près et de long à un gosse. Et puis toutes vos cachotteries, les clients et tout ça, c’est pas courant. En fait, je n’ai rien remarqué jusque là que parce que je suis un asocial stupide et borné.
Axel reprit son souffle à la fin de sa tirade et regarda ses deux interlocuteurs qui lui souriaient maintenant avec gentillesse, ce qui était totalement inhabituel pour Yan. Axel se mit alors à rougir sans pouvoir se contrôler et sans qu’il ne sache pourquoi. Ou plutôt, sans qu’il ne veuille comprendre pourquoi.
- Boss, vous avez une touche, s’amusa Marc, accentuant le rougissement d’Axel.
- M-m-mais, de quoi tu parles, bégaya l’étudiant.
- Je crois aussi, répondit Yan sans tenir compte du concerné.
Yan attrapa alors les épaules du jeune, le rapprochant de lui, et tous trois se dirigèrent vers le bar pour boire un verre, et peut-être célébrer de début d’une relation, sait-on jamais.
« Mais où est-ce que je suis tombé », pensa alors Alex, se calant un peu mieux contre son "petit ami".
THE END