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Tu saignes de l’or
Tu saignes de l’or,
Mais est-ce vraiment du sang sur ton corps ?
Va-t-en, infâme fantôme qui ose visiter mes cauchemars,
Va-t-en, ombre douloureuse. Je sais ce que tu représentes.
Je sais quel symbole tu portes entre tes drapés de fumée noire.
Tu t’es prétendu mon ami, tu as forcé la boîte fermée de mon cœur pour y semer la folie.
Tu as enveloppé ta cruauté de promesses charmantes,
Et Aujourd’hui, je veux t’exorciser, te chasser loin d’ici.
Oh, comme je me souviens de la rougeur intolérable de tes lèvres sataniques,
Comme ton parfum d’épices et de fruits gâtés m’est familier !
Sur le nacré de ta peau blanche, je dessinais mon désir inassouvi et platonique,
Contre la froideur de ta peau, je glissais mes chairs offertes et inaltérées.
Quitte à me contredire, je te veux à nouveau à mes côtés,
Et sentir ton souffle immortel sur ma peau fanée ;
Et dans la pureté virginale de mes songes enfantins,
Tes yeux noirs suivront les courbes de mes hanches, l’arrondi de mes seins,
Toujours avides, jamais sereins.
Et puis, tu repartiras, de l’autre côté du voile de la nuit.
Comme on oublie un mauvais rêve tu m’oublieras ;
Je ne laisserai en toi qu’un souvenir confus et sali,
D’amertume, de désir ingrat.
Tu saignes de l’or,
Mais n’est-ce pas seulement moi qui m’endors…?
Mais n’est-ce pas seulement une rouge aurore…?