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Aux Yeux Gris
ou
La Chasseresse Assassine
Je suis le Vent qui court et vole dans les rues,
Et ce
sont tes Yeux qui, las, me poursuivent.
Brillants d’absence,
mornes d’une étincelle vive,
Miroirs translucides de ton âme
faible et perdue.
Dans le lit rouge de tes veines
boursouflées
Coule ce délicieux poison,
Magma épais, suave
et létal ;
L’espace d’un instant tu as cru goûter
La
saveur amère de la trahison.
Quels yeux, mon amour !
Quels
brasiers haineux !
Illuminés par la colère qui ronge le
monde,
Obscurcis par les promesses déçues,
Les trahisons sans
nom des cœurs corrompus.
J’aime les voir s’éclaircir,
Et
l’anthracite devient diamant ;
Blancs comme l’ire,
Noirs
comme le sang.
Et mes mots querelleurs
Sont l’acier de mon
désir
Dont la douce fureur
Excite ton plaisir.
Qu’ils
enflamment leur propre flambeau
Car mon amour, dans le noir,
Ce
sont les fous comme moi
Qui tiennent les rênes du pouvoir.
Je
suis le vent qui brûle tes pupilles
Agacées et terribles.
Demeure ta propre fragrance :
La douce agonie de nos
silences,
L’odeur des roses et des épices rances,
L’haleine
de la mort, belle et vile.