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Trésors encrés
Ce soir je crois que je pourrais t’écrire un monde. Les cheveux en pagaille qui s’évadent, plumes légères, encadrant un visage de petite fille. Je suis trop faible pour vous il me semble, c’est ce que me souffle une petite voix cachée qui prend la relève dès que je suis en danger et me fait marcher en automatique. Une vitesse adrénaline zappe toute crédibilité dans mes espérés, parfois j’ai l’impression que vous ne me connaissez pas. Est-ce que mon sang coule d’encre de Chine ? Hésitation d’un temps, maintenant on retient sa respiration. Plongeons en apnée :
Il y a des gens que j’aime ! Simplement, comme ça, tous les jours, en le leur disant ou sans le leur dire, ils me font moineau, petite voix, petit bec, petites blagues, yeux qui rient et qui chantent. Ils me font écrire des mots insensés, ma main est folle et c’est là qu’elle devient vraie. Elle me connaît mieux que moi.
J’ai deux yeux, mais moi je sais lesquels et toi pas. J’arrive à aimer sans y penser, naturel, tout naturel d’être toute dévouée à chaque –temps mort- inspiration.
Expiration. Je me vide une deuxième fois d’une chose qui est née de nulle part, envie de dire, parler, n’importe quoi, envie de confier un trésor qui ne l’est qu’à mes yeux et l’espace de cinq secondes, après il ne résiste pas à la Méduse, il s’est transformé en pierre. J’ai mis un masque sur le loup et il ne s’en est pas aperçu, il croyait bien faire, je lui ai fait faux bond, ça lui a fait un drôle d’effet. Le but du jeu est de ne pas tricher, passons par tout : après, il y a la glace au chocolat. Trop froid ! Pas cet hiver. Tu ne diras pas que c’est de l’art, je refuse, ce n’est pas percutent, ça ne résonne pas contre les murs, ça coule, roucoule, un vrai bavard, mon bâtard littéraire vantard comme je ne le suis pas. Novembre a des ailes, les siennes sont blanches, creuses, douces...Et peu importe, j’ai fait un croche-pied à la vérité.
Cho-co-lat.
Ca ne rime à rien mais je veux bien recommencer ce jeu-là. Ecrire une lettre à réciter à personne, tout le monde dans sa tête et le sens envolé. Princesse. Princesse, c’était toi qui m’as dicté cet écart-là. Je n’ai pas envie qu’il t’arrive du mal, ma petite, ma douce. La première fois j’ai cru que tu allais te briser, ne pas voler trop loin, être là, déposer un bisou sur la joue pour réconforter, je ne te connais pas vraiment mais je suis juste à côté. Je suis cruelle je sais, de ma part, de ma bouche qui se tort quand on veut me dire Fragilité. Se battre pour qu’on nous donne de ça ?
Ne pas reconnaître nos efforts, les yeux s’en font un plaisir. Ils croient connaître ceux qu’ils n’ont jamais vus. Tiens, tu veux une étiquette ? Me rabaisser, sale chien, c’est te donner plus d’importance ?
Et qu’est-ce que ça fait, les pensées, les nuages noirs gris bleus chapiteaux écœurants au-dessus de nos têtes ? Ca compte pour du vide ? Toujours la rancune qui guide l’indélébile finalement, je n’arrive pas à, au fond, les estimer, eux. C’est ce qui fait ta valeur, c’est ce qui fait que tu seras là quand j’aurai quelque chose à raconter. Qui que tu sois, si tu es là, si tu te dis parce que tu lis que ça ne t’intéresse pas, alors c’est que tu comptes pour moi.