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Cette petite histoire est en relation direct avec Magic World : La Quête. Plusieurs m'ont demandé pourquoi tel ou tel personnage réagissait d'une façon particulière ou pourquoi ils avaient ce caractère particulier. Avec les " Le passé des personnages " J'espère réussir à y répondre. Leurs histoires peut ce lire sans avoir prit le temps de lire Magic World mais bon, étant donné que chaque histoire ( jusqu'à maintenant il y a Naïla, Zya, Zen et Maya de fait ) se termine lorsqu'ils arrivent dans l'auberge ( ou la quête dans Magic World débute réellement ) il est dommage de ne pas continuer à les voir évolué vous ne trouvez pas?
Sur ce, bonne lecture.
Chapitre 1
Enfance malheureuse
Au moment même où un mage du feu naissait dans le Royaume de l’Eau, une autre femme était en couche dans le Royaume du vent. La futur mère était inquiète pour son enfant. Elle aimait par-dessus tout son mari mais pour lui, un garçon devait naître lorsqu’on était une famille de fermiers. À vrai dire, il détestait les fillettes. Elle savait qu’elle aurait des problèmes si l’enfant n’était pas un garçon. Il éprouvait une grande fierté pour l’aîné qui avait cinq ans maintenant. En aucun cas elle ne devait le décevoir. Lui qui racontait à qui voulait l’entendre qu’il aurait bientôt deux hommes de plus à la ferme pour l’aider, si l’enfant s’avérait être une fille sa colère serait terrible.
La femme était en sueur, seule dans la chambre conjugal à hurler sa douleur. Dal ne voyait pas pourquoi Nesly devait avoir de l’aide puisqu’elle avait déjà eu un enfant. Lorsque les contractions avaient débuté à l’aurore, il était parti pour le village principal avec Aröy pour, disait-il, lui faire découvrir un vrai marché. Tandis qu’elle étouffait un cri de douleur, le porte s’ouvrit sur le guérisseur du village. Le vieil homme savait en voyant partir Dal il y avait alors quelques heures que Nesly pouvait être en travail. Il n’était pas intervenu plus tôt car il avait peur que Dal ne soit pas parti pour la journée, et il connaissait son point de vue envers les guérisseurs.
- Tes contractions se sont rapprochées ? demande la vieil homme en s’approchant du lit.
- Pas encore, elles sont douloureuses mais espacées. Je sens que l’enfant prend son temps avant de montrer le bout de son nez, murmura Nesly.
- Jamais je ne dis ce genre de choses habituellement mais j’espère que, pour le bonheur de cet enfant, ce sera un garçon, dit le guérisseur en revenant avec une bassine d’eau chaude.
L’homme retourna dans ce qui semblait être la cuisine pour revenir quelques secondes plus tard avec cette fois de l’eau froide et des serviettes. D’une main, il tenait celle de Nesly et de l’autre, lui épongeait son front trempé de sueur. Ils restèrent ainsi pendant plusieurs minutes dans le silence le plus total mis à part les gémissements de douleur. Peu après le repas du midi, les contractions amplifièrent pour finalement accélérer au déclin du soleil.
Lorsque les premiers cri se firent entendre dans la chambre, Nesly vit toute suite, en voyant le visage du vieil homme, qu’elle avait donné naissance à une fille. L’homme nettoya rapidement l’enfant, s’assura que la mère n’avait besoin de rien et partit ; Dal pouvait arriver à tout moment. Même s'il se doutait qu'il devait se trouver dans la taverne vantant les mérites de son second petit homme ! Décidément, la petite qui venait de naître avait déjà un futur des plus sombres.
Trois ans plus tard...
- BONNE À RIEN!! hurla Dal à la petite en pleurs dans la cuisine de la maison.
- Dal, arrête! Elle n’y est pour rien! Ce n’est qu’une enfant! s’écria Nesly en se plaçant entre sa fille et son mari.
Aröy, quant à lui, alla aider sa petite soeur qui pleurait à chaude larme. Il ramassa rapidement les éclats du pot de lait qui avait littéralement éclaté en touchant le sol et nettoya le liquide répondu sur le sol. Il leva la petite et sortit dehors avec elle pour qu’elle puisse sécher ses larmes tandis que leur mère essayait de calmer leur père.
- Comment as-tu pu donner naissance à cette chose ? Ce n’est qu’une bonne à rien! Tu aurais dû aller la noyer dans la rivière ! ragea Dal en faisant les cents pas devant se femme.
Celle-ci qui tenait une assiette à ce moment la lança de toute ses forces sur le mur derrière Dal.
- COMMENT PEUX-TU DIRE UNE CHOSE PAREILLE ! ELLE EST NOTRE FILLE QUE TU NE LE VEUILLES OU NON ET RIEN NE POURRA Y CHANGER! MONTRE LUI UN PEU D’AMOUR! ELLE EST TERRORISÉE À CHAQUE FOIS QUE TU ENTRES DANS LA PIÈCE, s'enflamma-t-elle.
- JE VOULAIS UN GARÇON ! TU DEVAIS METTRE AU MONDE QUELQU’UN QUI POURRAIT NOUS AIDER ARÖY ET MOI DANS LES CHAMPS ! ON N’A PAS BESOIN D’UNE FILLE !
- NAILŸD EST TA FILLE ET TU DEVRAS L’ACCEPTER COMME UN MEMBRE DE LA FAMILLE ET NON COMME UNE ESCLAVE !
- C’est une bonne à rien et elle ne deviendra jamais personne ! Par sa faute, Aröy devient de plus en plus protecteur ! Il est plus occupé à la défendre qu’à m’aider dans les champs ! riposta Dal en baissant le ton.
- C’est de ta faute ! Lui donner un nom de garçon ne changera pas ce qu’elle est ! Elle est une fille et commence à l’accepter ! rétorqua la jeune femme en sortant de la maison à son tour pour aller rejoindre ses enfants dans le jardin.
- Papa m’aime pas ! pleurait Naïla en se jetant dans les bras de sa mère.
- Bien sûr, ma puce, qu’il t’aime. Il ne le montre pas mais il t’aime, répondit Nesly sans vraiment y croire.
Aröy se jura de prendre soin de sa petite sœur contre les colères de leurs père. Il était convaincu que s’il montrait à Naïla tout ce qui devait être fait dans les champs et sur la ferme, Dal serait content.
Quatre autres années passèrent sans grand changement. Dal ignorait toujours autant sa fille et Nesly ainsi qu’Aröy faisait bien attention de dire Nailÿd au lieu de Naïla lorsqu’il se trouvait dans les parages. Ses colères devenaient encore plus fréquentes avec les années et le fait qu’il ait levé la main sur la petite alors qu’elle n’avait que six ans les rendait prudents. Nesly avait décidé de garder Naïla avec elle dans la maison le plus souvent possible pour la protéger de son mari et pour empêcher les autres enfants du village de se moquer d’elle.
Déjà qu’elle était dénigrée par son père depuis sa naissance, elle ne voulait pas qu’elle le soit par les autres, surtout que Dal avait décidé qu’elle devait porter un nom masculin comme punition. Lorsqu’Aröy lui avait trouvé ce surnom, la petite en avait été ravie mais comprenait que leurs père le serait moins s‘il venait à l‘apprendre.
Naïla avait bien essayé de se faire des amis parmi les autres enfants du village mais c’était peine perdue depuis longtemps. Elle était revenue un jour en larmes en disant que les enfants l’appelaient l’erreur. Apparemment, Dal avait une fois de plus été boire à la taverne et avait rabaissé sa fille aux yeux des autres villageois qui eux en avait parlé dans leurs maisons. Ces paroles étaient venues jusqu’aux oreilles des enfants qui avaient eu un malin plaisir de les répéter à Naïla pour rire d'elle.
Les années passèrent tranquillement pour Naïla entre sa mère et son frère qui l’adorait plus que tout. Dal acceptait mal que son fils soit aussi proche de Naïla mais il savait Aröy dans un âge difficile de son adolescence et s’il ne voulait pas que celui-ci soit contre lui, il ne devait rien faire. De toute façon, tant et aussi longtemps qu’il faisait son travail dans les champs ou autour de la ferme, il ne pouvait pas le critiquer.
La petite famille Frëdrä vivait dans le calme le plus total avec Naïla qui parlait peu en présence de son père, Nesly qui avait cessé d’essayer de convaincre son mari que Naïla était une bonne personne et Aröy qui commençait à se battre avec tous ceux qui parlaient en mal de sa sœur au village.
Alors que Naïla entrait dans sa quinzième année, leur petite tranquillité bascula tragiquement. À contre-cœur, Dal avait accepté d’amener Naïla à la pêche avec lui et Aröy. Nesly lui disait que le grand air serait bénéfique pour elle puisque depuis quelque temps, elle ne sortait plus de la maison.
- Avance ! ordonna Dal en regardant Naïla toujours au sol.
Naïla essayait d’empêcher les larmes de sortir devant la douleur évidente qu’elle ressentait. Trébuchant sur une branche, elle s’était étalée de tout son long. Ses genoux avaient touché en premier les pierres et du sang s’écoulait de l’un deux. Ses mains étaient à vif. Sans sympathie pour elle, Dal n’avait pas fait un pas pour l’aider à se lever. Il soupira en voyant Aröy se porter à son secours.
- Elle ne sera jamais bonne à rien si tu l’aides toujours ! grogna Dal.
- Tu la qualifies de bonne à rien depuis sa naissance de toute façon ! Je ne vois pas pourquoi ton avis pourrait changer ! rouspéta Aröy.
Contre toute attente et pour la première fois de sa vie, Aröy reçut la main de son père sur la joue. Rapidement, celle-ci vira au rouge et on voyait bien l’empreinte.
- Ne. Me. Parle. Jamais. Plus. Sur. Ce. Ton ! ragea Dal en détachant bien ses mots.
Aröy se leva de toute sa hauteur pour faire face à son père. Sentant une autre dispute arriver, Naïla commença à marcher en direction de la rivière. Son frère prit une grande respiration et lui emboîta le pas.
Ils pêchaient depuis quelques minutes en silence lorsque finalement Naïla eut une touche. La prise semblait être énorme puisque la jeune fille bataillait ferme avec sa canne. Alors qu’Aröy vint à son aide non sans avoir jeté un regard de dégout à leur père qui les regardait sans bouger, la vie de Naïla changea à tout jamais.
Avant même de pouvoir rattraper sa sœur, Aröy vit celle-ci basculer dans le vide et tomber dans l’eau. Il cria son nom en courant le long de la berge, suivi aussitôt par Dal. Naïla réussi finalement à s’agripper à une roche et au terme d’efforts à monter dessus.
- Reste où tu es ! cria Aröy pour couvrir le bruit de l’eau. J’arrive !
- Non ! C’est trop dangereux ! répondit Dal
- Je ne vais pas laisser ma sœur mourir ! Ce n’est pas parce que tu la détestes que maman et moi pensons la même chose !
Naïla ne pouvait entendre ce qu’ils disaient mais elle avait observé assez souvent son père pour savoir que celui-ci était d’avis de la laisser sur son rocher. Elle pria pour que le guérisseur de leur village passe dans le coin. Il lui avait dit un jour qu’il venait souvent dans la forêt pour cueillir des plantes. Naïla savait pertinemment que son père ne l’aimait pas mais c’était aussi un mage de l’Eau, peut-être qu’il pourrait faire quelque chose pour la sortir de ce mauvais pas sans qu’Aröy n’ait à venir dans l’eau.
L’homme n’arriva pas et Aröy entra un peu plus dans l’eau. Ce qui ce passa ensuite resta flou dans la mémoire de Naïla.
Dal agrippa fermement son fils pour le faire revenir sur la terre ferme mais dans la bousculade, le jeune homme perdit pied et tomba à la reverse. Il heurta violemment les rochers et mourut sur le coup, la nuque brisée.
- ARÖY !! hurla Naïla et Dal en même temps.
Alertés par les cris, des villageois qui se trouvaient dans le coin accoururent vers la rive pour voir ce qui ce passait. Aröy fut sortit de l’eau et le guérisseur qui était non loin arriva sur les lieux de l’incident. Dal semblait avoir perdu l’usage de la parole, les autres habitants du village conclurent en voyant Naïla au milieu de la rivière qu’Aröy avait essayé d’aller l’aider mais avait glissé. Un des hommes monta le corps sans vie d’Aröy sur son dos et ils commencèrent à partir suivis de Dal.
Naïla frissonna en voyant le regard rempli de haine que son père lui jeta. Elle comprit qu’il lui mettait la mort de son frère sur le dos. La jeune fille savait pertinemment qu’Aröy avait trébuché à cause de leur père. Encore une fois il avait voulu la protéger de Dal et il en avait perdu la vie.
Le guérisseur sortit son orbe et utilisa ses pouvoirs pour faire monter l’eau au niveau du rocher et ainsi former une sorte de pont pour que Naïla puisse le rejoindre. Une fois en sécurité, elle éclata en sanglots.
L’année qui suivit fut la plus difficile pour Naïla. Son père ne lui parlait plus et passait le plus clair de son temps dans les champs. Lorsqu’il ne travaillait pas, il restait dans la taverne et ne revenait que tard dans la soirée alors que tout le monde dormait dans la maison. Nesly avait surmonté sa peine avec l’aide de Naïla qui, elle, n’était plus que l’ombre d’elle même.
Naïla s’en voulait d’être venue au monde. Si elle n’avait pas vécu, peut-être qu’Aröy serait toujours en vie. Non, plutôt, si elle était un homme, son père l’aurait aimée. Elle n’était pas idiote, malgré le fait que Nesly lui disait sans arrêt que Dal l’aimait, elle savait que ce n’était pas vrai.
*****
Naïla avait seize ans depuis quelques mois lorsque Dal revint du champ avec le sourire aux lèvres. Lorsqu’il entra en criant le nom de sa femme, Nesly arriva rapidement en croyant à un autre problème.
Dal semblait avoir perdu plusieurs années alors que son sourire éclairait son visage.
- Nesly, Nailÿd j’ai une grande nouvelle à vous annoncer ! sourit Dal.
- Laquelle ? demanda Nesly après avoir jeté un regard à sa fille qui était aussi stupéfaite que sa mère.
- Des hommes du Temple sont présentement dans le village pour voir si des futurs guerriers veulent les rejoindre! Je t’ai inscrit Nailÿd ! Tu pars ce soir! Prépare tes affaires, s’exclama Dal en se frottant les mains. Bon, moi c’est pas tout mais je dois retourner travailler. Aröy n’est plus la pour m’aider, je dois travailler plus fort car Nesly tu ne peux pas m’aider dans les champs! ajouta-t-il en repartant dehors aussi vite qu’il était arrivé.
Un silence lourd s’installa dans la cuisine après de départ de Dal. Naïla éclata finalement en sanglots. Son père la jetait tout bonnement dehors sans lui demander son avis. Elle devrait se rendre au Temple pour apprendre à se battre. Naïla comprenait parfaitement que le but de son père était de se débarrasser d’elle et surtout d’espérer qu’elle meure plus rapidement.
La journée se passa dans les larmes pour Naïla et sa mère. Un peu avant le coucher du soleil, Dal revint dans la maison et ordonna à Naïla de le suivre. Au milieu de ce qui était le marché pendant la journée, une dizaine de fiers guerriers se tenait à cet endroit et deux hommes armés se tenaient sur leurs chevaux. Il y avait déjà une dizaine de garçons de l’âge de Naïla. La jeune fille constata qu’ils devaient venir d’un autre village puisqu’elle ne les avait jamais vus. Alors qu’elle faisait un pas en direction du groupe, Dal lui agrippa fermement le bras pour qu’elle se tourne.
- Écoute moi bien ! Si jamais tu quittes le Temple, n’espère pas revenir à la maison ! Je ne t’ai jamais aimée et de ce fait, je n’aurai aucun problème à te renier ! gronda Dal d’une voix basse pour que seule Naïla l’entende.
Nesly la serra ensuite dans ses bras et pleura lorsqu’elle regarda son bébé se diriger vers le groupe de guerriers sous les murmures des villageois qui l’avaient reconnue.
Un des hommes prit son sac et le balança sur le charriot tiré par deux énormes chevaux. Naïla n’eut que le temps de regarder ses parents une dernière fois avant que le groupe ne se mette en branle.
Naïla n’avait maintenant plus le choix... elle deviendra guerrière ou mourra