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Author: Shunrya
Fiction Rated: T - French - Adventure/Sci-Fi - Reviews: 3 - Published: 10-28-08 - Updated: 12-18-08 - id:2589251

Bonjour à tous!

Voici donc une nouvelle fic, originale bien sûr, qui j'espère vous plaira.

L'idée m'est venue lors d'une discussion avec des amis à la fac. Nous discutions des grands samurais de l'époque d'Edo, et je les ennuyais avec Yukimura Sanada. Yukimura par-ci, Yukimura par-là... jusqu'à ce que l'un d'eux me dise « mais tu nous saoules avec ton Yukimura! Si tu le rencontrais, il te décapiterait pour te faire taire! »

Suite à cette réplique, une idée m'a germé dans l'esprit, et voilà le résultat.

Bonne lecture!

Chapitre 1

Si l’on m’avait dit un jour que mon travail consisterait à remonter le temps pour résoudre des enquêtes d’ampleur historique, je crois bien que j’aurais saisi mon téléphone et appelé le psychiatre le plus proche pour emmener le petit rigolo qui m’aurait sorti une telle énormité.

Le petit rigolo en question mesurait un bon mètre quatre-vingt, devait peser dans la centaine de kilos et se tenait devant moi, un cigare vissé au coin des lèvres, me fixant de son regard paisible pour juger de ma réaction.

J’étais tellement choquée que ladite réaction mit un peu de temps à arriver. Les mots buttèrent contre mes dents, l’air semblait s’être retiré trop vite de mes poumons, et j’avais très certainement pâli, car le petit rigolo m’amena une chaise. Je m’y laissai tomber telle une loque, attendant que mon cerveau enregistre correctement l’impensable, l’irréel, l’illusion.

« C’est une plaisanterie ? » finis-je par articuler, la gorge sèche.

J’acceptai le verre d’eau avec un léger hochement de tête et le vidai d’un trait. Je me sentis revigorée, mais toujours un peu ébranlée.

« Pas du tout, Andie. »

Je cherchai à déceler sur son visage une quelconque trace de malice, mais à mon grand désespoir, mon oncle Hyppolite était bien sérieux.

Une partie de mon être – la partie linguiste – voulait absolument y croire. Qui n’a pas rêvé de discuter avec Socrate de métempsycose, ou bien de disputer une partie de go avec Tokugawa Ieyasu, ou encore d’assister à une réunion de druides celtes ?

La seconde partie de mon être, qui me hurlait présentement de me réveiller, tendait plutôt à secouer la tête et à planter les pieds dans le sol en une superbe imitation de Gandalf : non, oncle Hyppolite, vous et votre speech improbable, vous ne passerez pas !

« Et… » Je m’éclaircis la gorge. « Et vous voulez… que je.. ? »

Il tapota son cigare pour en faire tomber la cendre dans un coquillage vide prévu à cet effet. La lumière du soleil couchant, filtrée par la fenêtre, accrochait dans ses courts cheveux blonds des reflets ambrés.

« Je veux que tu viennes avec moi voir mon ami et patron Simon Watts. »

Il se détourna de la fenêtre, écrasant son mégot dans le cendrier de fortune.

« Tu es une excellente linguiste, Andie. Honnêtement, je ne connais personne qui sache parler autant de langues que toi, qui ait une oreille aussi bonne que la tienne. Tu es un véritable trésor. Mais personne, à part l’OREMH, n’a besoin de quelqu’un avec de telles compétences. »

J’encaissai les compliments en même temps que la remarque si durement vraie concernant mon avenir professionnel – inexistant, si l’on omettait l’offre de mon oncle.

« Honnêtement, je ne sais pas si c’est une bonne idée… »

« Allons, Andie. »

Dans sa voix perçaient les premières notes d’agacement. Je grimaçai.

« Cela dit, ça ne coûte rien d’aller voir votre patron et d’en apprendre un peu plus sur l’OMER… »

« L’OREMH. »

« Pardon. »

« Organisation de Résolution des Enquêtes et Mystères Historiques. »

Je notai dans un coin de mon esprit qu’il faudrait que je pense à retenir ce nom. Réprimant un soupir, je me levai de ma chaise, déposai le verre vide sur le bureau en bois de chêne, tâtant de-ci de-là mon dos courbatu.

Oncle Hyppolite me couva de son regard bienveillant durant quelques secondes, puis sourit, et frappa dans ses mains d’un air jovial.

« Bien ! Ne perdons pas de temps, dans ce cas. Allons-y. »

« Quoi ? » m’exclamai-je en jetant un coup d’œil à l’horloge. « Maintenant ? »

Il était dix-neuf heures.

« Oui, maintenant. L’A3 ne devrait pas tarder à rentrer, ils étaient en mission chez les Incas, un peu avant l’arrivée de Cortès. »

J’ouvris la bouche pour exprimer mon total désaccord et ma surprise, mais Oncle Hyppolite m’attrapa par le bras et nous sortîmes en trombe de la maison. Il me jeta littéralement sur le siège passager, claqua la portière, se dépêcha vers le siège conducteur et démarra la voiture, fonçant à toute berzingue vers la départementale.

« Vous pourriez m’expliquer, mon oncle ? » demandai-je après m’être remise de mes émotions.

« T’expliquer quoi, mon enfant ? »

« L’OREMH. Votre poste. L’A3. Cette décision parfaitement inattendue. Et le tout sans vous moquer de moi. »

Il esquissa un sourire qui creusa ses joues flasques.

« Je suis chargé du contact avec les clients. »

« Des clients ? Quels clients ? »

« Des descendants de grandes familles qui veulent savoir pourquoi le cousin de la grand-mère du père de la tante au troisième degré de l’arrière-grand-mère a été assassiné, comment, et par qui. »

Je lui lançai un regard médusé.

« Des gens paient pour ça ? »

« Evidemment. Sinon l’organisation n’existerait pas. Certains musées sont prêts à verser des sommes colossales pour qu’on résolve une énigme. »

Je contemplai la route en silence, assimilant les informations, tentant de me convaincre que tout cela n’était pas un rêve.

« L’A3, » poursuivit Oncle Hyppolite sans quitter la route des yeux, « est notre groupe d’intervention. Ils sont trois ; un scientifique, un historien, et ce qu’on pourrait appeler un ‘homme d’action’. Tous les trois sont excellents dans leur domaine, mais ont des lacunes navrantes en ce qui concerne les langues étrangères. A cause de cela, plusieurs missions ont échoué. C’est pour cette raison que j’ai pris la décision de te présenter à Simon. »

Je ne répondis pas. Que pouvais-je répondre, de toutes manières ? Les explications étaient simples, logiques. Tout était parfaitement simple et logique.

Sauf peut-être le fait que mon Oncle, qui m’avait quasiment élevée, travaillait pour une organisation secrète qui retournait dans le passé pour résoudre des enquêtes…

« N’y a-t-il pas un risque que l’histoire soit modifiée ? »

Ma question n’eut pour seul effet que d’agrandir son sourire énigmatique. Le reste du voyage se déroula dans le silence.

A suivre...

Oui, je sais, pour un premier chapitre c'est court, mais ça explique un peu le contexte. Promis le deuxième sera plus long.

Alors, ça vous a plu? Oui, non? Et si vous me le disiez dans une review?



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