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Author: Shunrya
Fiction Rated: T - French - Adventure/Sci-Fi - Reviews: 3 - Published: 10-28-08 - Updated: 12-18-08 - id:2589251

Bonjour!

Voici donc le second chapitre, un peu plus long comme promis.

Merci à Beul pour sa review!

Bonne lecture!

Chapitre 2

Quand Simon Watts m’accueillit dans son bureau, je sus immédiatement qu’il correspondait à un type d’homme très précis : la main de fer dans un gant de velours. Petit et trapu, un sourire dévoilant des dents d’un blanc immaculé, des yeux gris alertes et calculateurs. Un homme chaleureux, certes, mais aussi très impressionnant.

« Je vois que vous avez réussi à la convaincre, Hyppolite. » fit-il à l’adresse de mon Oncle alors que nous étions assis autour d’une table dans une petite pièce, une tasse de café dans les mains, un cigare pour ces messieurs et une cigarette pour moi. Je les écoutai discuter sans vraiment prêter attention à leurs paroles, observant autour de moi les murs de crépis couleur crème, les meubles de chêne blanc, les rideaux clairs qui ornaient les fenêtres. Il faisait nuit depuis une bonne demi-heure.

L’atmosphère qui se dégageait de la pièce était claire, brillante, agréable. Le bâtiment, siège de l’OREMH, ressemblait à tous les autres bâtiments de la ville ; un grand building, des fenêtres illuminées, des ascenseurs, des bureaux, des escaliers, des secrétaires.

Un building normal, si l’on omettait les salles souterraines dont m’avait parlé Oncle Hyppolite, où se jouaient les véritables opérations. Le reste n’était qu’une façade.

« Très bien. Commençons. »

Je sursautai et regardai Simon Watts se lever, imité par Oncle Hyppolite, puis, avec un peu de retard, je me levai pour leur emboîter le pas.

« L’A3 est composé de trois hommes. Trois frères. Alyx, Alan et Alec Bergamote. »

Je compris un peu tard que c’était à moi qu’il s’adressait. Il me poussa dans un ascenseur, qui entama une longue descente.

« Alyx est notre homme d’action. Taciturne, certes, froid, totalement, mais c’est un excellent garde du corps. Il connaît un nombre incalculable d’armes de diverses civilisation et mieux encore : il sait les utiliser. »

L’ascenseur arriva à destination avec une sonnerie de supermarché, et Watts nous précéda dans un long couloir sombre jalonné de portes.

« Alan est notre historien archéologue. Les vieux parchemins et les vieilles pierres n’ont pas de secret pour lui, et il connaît toutes les dates associées à tous les noms les plus insignifiants de nombreuses civilisations. C’est un homme très… cérébral. Extrêmement rêveur. »

Il s’arrêta devant une porte, extirpa d’une poche intérieure une carte magnétique qu’il passa dans un petit appareil. La diode passa du rouge au vert et nous pénétrâmes dans une sorte de laboratoire.

« Alec, le petit dernier, est notre scientifique. Mathématicien, physicien, chimiste, herboriste, et tout un tas de jolis noms en -iste ou en -cien. Très exubérant. Il vous semblera certainement… déplacé, frivole. Mais il est l’un des meilleurs scientifiques du moment. Plusieurs laboratoires veulent nous le prendre, mais il ne veut pas quitter son poste. Ca lui plaît trop. »

Dans la pièce où nous nous trouvions, plusieurs techniciens s’affairaient sur des machines et des ordinateurs, sans nous prêter attention. Une grande baie vitrée permettait de voir, de l’autre côté du verre, un appareil qui ressemblait à une boule à paillettes pouvant contenir une bonne dizaine de personnes.

« Où sont-ils, Cendrynn ? »

Watts venait de parler à ce qui ressemblait à la technicienne en chef, qui pianotait à une vitesse vertigineuse sur deux claviers à la fois, tout en gardant les yeux fixés sur l’écran.

« Alec vient d’actionner le Sorcier, la faille temporelle est ouverte, nous avons la fréquence. »

« Gary ? »

A l’autre bout de la sale, un type âgé d’une cinquantaine d’années bidouillait plusieurs interrupteurs à la fois, le regard rivé sur une ligne de fréquence.

« Je les ai. Arrivée dans six… cinq… quatre… »

De l’autre côté de la vitre, la boule à paillette sembla s’allumer, et je vis toutes les personnes présentes dans la pièce s’activer, enclencher des interrupteurs, vérifier des voyants, s’aboyer des séries de chiffres sans queue ni tête.

Debout entre Oncle Hyppolite et Simon Watts, je me retrouvai au premier rang du spectacle le plus étrange qu’il fut possible d’imaginer.

Des diodes rouges s’illuminèrent un peu partout autour de la machine, un son électrique retentit pendant quelques secondes, puis tout s’arrêta.

Une porte s’ouvrit dans la boule à paillette, livrant le passage à trois hommes.

Ou plus exactement, à un homme blessé supporté par les deux autres.

Simon Watts fut extrêmement rapide ; son bras jaillit vers un interrupteur, et je décelai dans sa voix calme un courant sous-jacent d’inquiétude.

« Centre médical, ici poste de contrôle. Nous avons un blessé. Demande d’intervention immédiate en salle de départ. »

Une voix assourdie lui répondit, et la communication cessa.

« Ouverture des portes. » annonça la technicienne.

De l’autre côté de la vitre, les deux brancardiers du moment déposèrent leur compagnon sur le sol et se débarrassèrent de leurs sacs.

« C’est Alan qui est blessé. » dit l’un des techniciens.

J’étais trop loin pour distinguer nettement les traits des membres de l’A3. Une porte s’ouvrit dans la salle, livrant le passage à un médecin suivi de deux infirmiers.

« Très bien. Direction l’infirmerie. » fit Simon Watts d’un air jovial totalement déplacé.

Sans attendre de réponse, il nous guida dans un couloir adjacent, enfila une série d’escaliers qui semblaient mener aux Enfers, puis nous arrivâmes devant une porte blanche sur laquelle était inscrit ‘INFIRMERIE’.

« Nous y voilà. »

Simon Watts poussa la porte sans frapper, et nous pénétrâmes dans ce qui ressemblait à un hôpital miniature.

Oncle Hyppolite me donna un léger coup de coude et me désigna deux hommes, l’un assis, l’autre debout, que je reconnus comme étant les deux autres membres de l’A3.

L’homme qui était assis jaillit de sa chaise à notre arrivée.

« Patron ! »

« Alec, Alyx, » salua Simon Watts, « bienvenue au bercail. »

« Comment va-t-il ? » demanda mon Oncle.

L’homme qui venait de se lever soupira lourdement, blasé.

« Et bien il n’a pas couru assez vite. Il a voulu discuter avec eux pour éviter qu’ils ne nous cuisinent avec du paprika, mais ils n’ont rien voulu entendre, et ils nous ont coursés avec des flèches et des hallebardes… »

« Des lances. » rectifia l’homme adossé au mur.

« Ouais. Enfin bref, il a été touché. »

Son regard dévia subrepticement vers une vitre opaque, derrière laquelle on devinait aisément une agitation digne d’un essaim d’abeilles.

« Mais ? » interrogea Watts.

Le plus bavard donna un coup de pied dans la chaise.

« Mais les pointes des flèches sont trempées dans du poison, et avec la faille temporelle franchie, l’action du poison a été accélérée. Ce sera un miracle s’il s’en sort. »

Une porte s’ouvrit, livrant le passage au médecin.

« Non pas un miracle, Alec, mais une chance énorme. La flèche n’a touché que du tissu musculaire et n’a pas eu le temps de s’infiltrer dans le sang correctement. Votre frère est hors de danger. »

Le dénommé Alec fixa le médecin avec des yeux ronds, puis le bouscula sans ménagement, fonçant vers la salle où se trouvait son frère.

Avec plus de contrôle, l’autre homme se décolla de son mur, posa une main sur l’épaule du docteur, et disparut lui aussi dans la salle.

« Bon travail, Ricardo. »

Watts lui serra la main, puis me désigna d’un large geste du bras.

« Je vous présente Andie Cassiopée, la nièce d’Hyppolite, et notre future linguiste. Elle va bientôt intégrer l’A3. »

Un sourire charmeur fendit son visage à la peau mate, ses yeux noirs étincelèrent, et il me tendit une main que je serrai avec réserve.

« Enchanté, Miss. Ricardo Marcelli. »

« Enchantée. »

Il me lâcha, et je rangeai soigneusement ma main dans la poche de mon jean.

Ce type aimait les hommes.

« Alan devrait être opérationnel d’ici deux ou trois jours. Il a surtout besoin de repos. »

« Très bien. On va juste lui présenter Andie, et on le laissera tranquille. »

Ricardo hocha la tête et nous précéda dans la petite salle.

« Tâche de te reposer. » disait Alec au blessé, qui avait un visage pâle comme la mort.

« Et prends les médicaments que te prescrit Ricardo. » ajouta l’autre homme, qui devait être – par élimination – Alyx.

Ils se turent en voyant s’avancer le patron. Watts posa sa main sur l’épaule du blessé.

« Alors, Alan, comment va cette blessure ? »

« Elle ira mieux dans quelques jours, monsieur. »

Son teint blafard n'avait rien de particulièrement encourageant, et ses yeux se fermaient tout seul. J'entr'aperçus la porte s'ouvrir et se refermer ; les frères d'Alan étaient sortis.

« Je vous présente Andromeda Cassiopée, » fit Watts en me poussant vers le bord du lit, « la nièce d'Hyppolite. Elle intégrera l'A3 en tant que linguiste traductrice. »

Je ne savais pas trop si je devais lui serrer la main ou dire quelque chose. Alan me fit juste un léger signe de tête puis ferma les yeux, trop embrumé pour engager une quelconque conversation.

« Bien. Laissons-le se reposer. »

Nous nous retrouvâmes dans le couloir, où nous attendaient Alyx et Alec, le premier adossé au mur, le second, assis sur une chaise.

Dans une parfaite imitation de quelques minutes plus tôt, ils se redressèrent en voyant leur patron, qui ne perdit pas un seconde.

« Voici Andromeda Cassiopée, dont je vous avais déjà parlé. Elle intégrera l'A3 en tant que linguiste traductrice. »

Avant même que j'ai pu tendre la main pour serrer la leur, Alec eut un sourire amusé.

« Andromeda? Qu'est-ce que ça fait, d'avoir un nom aussi mythique ? »

Je le fixai droit dans les yeux.

« Probablement le même effet que de porter le nom d'un thé. »

Il ne devait pas s'attendre à ce que je réponde, car son sourire perdit de son éclat. Pour le coup, je ne lui serrai pas la main.

Oncle Hyppolite cacha son rire dans une toux douteuse, et Simon Watts s'éclaircit la gorge.

« J'attends votre rapport sur mon bureau dans deux jours. » fit-il en se tournant vers Alyx, qui hocha la tête.

Je ne lui avais pas serré la main non plus.

« Vous pouvez rentrer chez vous. Alan est sous bonne garde. »

Les deux frangins hochèrent la tête et s'en allèrent vers l'ascenseur. Avec la très nette impression que mes relations avec mes futurs coéquipiers étaient salement compromises, je me tournai vers mon Oncle.

« Je vais aller prévenir nos clients que la mission est accomplie. Attends moi en bas, devant la porte principale. »

Il me fit un sourire, posa une main compatissante sur mon épaule, puis s'en alla, accompagné de son patron et ami, Monsieur Watts, qui me désigna l'ascenseur du doigt.

« Remontez au rez-de-chaussée, deuxième couloir à droite. »

Leurs pas s'éloignèrent sur le sol couvert de linoléum, puis ils disparurent à l'angle d'un mur.

Une porte s'ouvrit, et le médecin de l'OREMH, Ricardo Marcelli, m'interpella.

« Et bien, vous voilà seule? »

Son léger accent rital rendait ses phrases étonnement chantantes. Je m'autorisai un sourire.

« Oui, mon Oncle et monsieur Watts m'ont lâchement abandonnée. »

Il eut un rire chaud aux intonations du sud et m'entraîna à la machine à café.

« Un chocolat ? » proposa-t-il en sortant de la poche de sa blouse quelques pièces de monnaie.

« Café, plutôt. »

Tout en me choisissant un café sucré – je n'avais pas osé lui dire que j'avais horreur de ça – il me tint un discours moralisateur.

« A cette heure-ci, le café est déconseillé. Vous risquez de mal dormir, et c'est mauvais pour le coeur. Vous devriez essayer le thé. Quand il est bien infusé, il y a moins d'excitants. »

Il me tendit le gobelet brûlant avec un sourire, et se prit un café noir.

« Docteur, votre discours aurait pu être crédible. »

Il hocha la tête en trempant ses lèvres dans le liquide fumant.

« Je dois rester au chevet d'Alan cette nuit, son corps n'a pas encore évacué tout le poison. »

Je retint une grimace en avalant une gorgé de café sucré. J'avais bien envie d'une clope.

Comme s'il avait lu dans mes pensées, Ricardo sortit un paquet de Gauloises de sa poche, levant un sourcil interrogateur.

« Vous fumez, Miss Cassiopée? »

J'extirpai mon paquet de Camel de ma poche.

« En effet, Monsieur Marcelli. »

Tout en bavardant de tout et surtout de rien, nous prîmes l'ascenseur, montâmes au rez-de-chaussée, prîmes le deuxième couloir à droite, et poussâmes les grandes portes en verre. Il faisait nuit, un vent frais balayait le parking à moitié vide, faisant osciller la flamme de nos briquets.

Au bout de cinq minutes de conversation, j'étais devenue Andie, et il était devenu Ricardo.

« Votre oncle est quelqu'un de bien, » me disait-il, « nos clients ne s'en plaignent jamais. »

« C'est un diplomate accompli. » acquiesçai-je en rallumant une cigarette.

Je vis la porte s'ouvrir pour laisser passer un groupe de secrétaires, qui saluèrent Ricardo avec de grands sourires et me firent de légers signes de tête.

Deux hautes silhouettes sombres suivirent, et s'arrêtèrent devant nous.

« Tu peux nous laisser, Ricardo? »

Je ne reconnus pas la voix, mais je vis avec une certaine appréhension mon nouvel ami écraser son mégot dans le cendrier.

« A bientôt, Andie. » me dit-il avec un sourire encourageant.

Je faillis lui crier de ne pas me laisser seule avec ces inconnus, mais la porte se referma dans un bruit vibrant. Je me retrouvai seule, face à deux ombres gigantesques et menaçantes.

« Que me voulez-vous? » demandai-je en me rendant compte que je n'avais aucune échappatoire.

J'étais dos au mur.

L'un d'eux fouilla dans son blouson et une flamme jaillit d'un zippo, éclairant faiblement les visages de mes inconnus.

« On vous a fait peur? » me demanda Alec d'un air perplexe.

Ma tension se relâcha d'un coup, et je crus que j'allais lui hurler dessus.

« Vous n'avez rien de rassurant, habillés en noir comme ça. »

« Désolé, vraiment. »

Son sourire, éclairé par la lumière vacillante du zippo, était sincère. Il me tendit une main en me fixant dans les yeux.

« Je crois qu'on est partis du mauvais pied, tout à l'heure. Je suis désolé de vous avoir froissée. Je suis Alec Bergamote. »

J'esquissai un sourire à mon tour et lui serrai la main.

« Andie Cassiopée. »

Son visage s'éclaira d'une joie toute candide. Alec ressemblait à un grand adolescent ; des cheveux noirs coiffés en piques, une chaîne à gros maillons autour du cou, deux grosses chevalières à la main gauche.

« Je suis rassuré, j'avais peur que vous le preniez mal tout à l'heure... c'est vrai qu'avec Alan à l'infirmerie, on est un peu sous tension, pas vrai, Alyx? »

Alyx était un peu plus grand qu'Alec. Il avait les mêmes cheveux noirs et courts – mais pas coiffés en piques – les mêmes yeux noisette. Semblables de visage, Alyx arborait une expression neutre et froide.

Il doit pas rigoler tous les jours, me dis-je en lui rendant son regard.

Au bout de quelques secondes durant lesquelles nous nous dévisageâmes, il finit par tendre sa main droite.

« Alyx Bergamote. »

« Enchantée. »

« Ce n'est pas réciproque. »

Je lâchai sa main, stupéfaite.

Alec lança un regard réprobateur à son frère.

« Alyx... »

« Simon Watts estime que nous avons besoin d'un interprète, et je me plierai à sa décision, parce qu'il est le patron. Mais sachez qu'avoir un chaton irresponsable entre les pattes, on s'en passerait bien. »

Alec semblait ennuyé, comme s'il avait attendu ce discours sans avoir réussi à l'empêcher. De mon côté, je fixai Alyx droit dans les yeux, tirant nerveusement sur ma cigarette.

« Gardez bien à l'esprit que vous n'êtes absolument pas utile à l'A3, mais puisque la décision vient d'en haut, nous n'avons pas d'autre choix que de vous emmener en mission. Cependant, vous veillerez à ne pas vous faire remarquer ; veiller sur mes frères ne me dérange pas, mais je n'ai pas besoin d'avoir un boulet. »

« Alyx ! »

La protestation d'Alec fut balayée par le vent. J'expirai doucement, recrachant la fumée de ma cigarette, que j'écrasai avec force dans le cendrier.

« Vous êtes bien hypocrite, Monsieur Bergamote, » fis-je d'une voix basse, « pour avoir le cran de me serrer la main avant de me dire des choses aussi insultantes. »

Alec me lança un regard d'avertissement que j'ignorai ; certes, je n'étais pas un modèle de courage et de combativité, mais j'avais ma fierté quand même.

« Je n'ai, de plus, aucun ordre à recevoir de vous. Je me comporterai de la manière qu'il me plaira, que ça vous plaise ou non. »

Nous nous confrontâmes un instant du regard, puis il tourna les talons et marcha vers une Lamborghini noire.

Alec poussa un soupir lourd.

« Ne faites pas attention, il ne le pense pas... »

Il me fit un petit sourire d'excuse, puis tourna les talons. Alors qu'ils passaient devant moi en faisant rugir le moteur, je me rendis compte que je tremblais.

J'allumai une troisième clope que je fumai en un temps record.

L'impression que j'avais eue plus tôt revint au triple galop ; j'avais, cette fois, la preuve que mes relations avec mes futurs coéquipiers étaient salement compromises.

Je tremblais encore un peu quand mon Oncle Hyppolite me rejoignit. Je n'eus pas la force de lui raconter ce qu'il venait de se passer ; aussi décidai-je de ne parler que de Ricardo, tout en gardant une expression indéchiffrable.

« Bonne nuit, mon enfant, » me dit-il en me déposant au pied de mon immeuble, « je passerais te prendre demain en début d'après-midi. »

Je le remerciai, puis claquai la portière, observant les feux arrières se perdre dans le trafic de l'avenue. Avec un soupir, je me tournai vers la porte, entrai le code, ouvris la boîte aux lettres vide, signe que Ludwig était rentré.

L'ascenseur m'amena au quatrième étage. Avec une lassitude extrême, je fis jouer la clé dans la serrure, ouvris la porte, allumai la lumière, constatant que mon petit ami était déjà couché.

Une demi-heure plus tard, je me glissai sous les draps à ses côtés ; aussitôt, il vint passer ses bras autour de moi, soupirant contre mon cou un vague « bonsoir » avant de se rendormir aussi sec.

J'attendis de longues, très longues minutes, écoutant sa respiration, les yeux fermés. Morphée m'avait fuie.

Quand le sommeil m'emporta enfin, le réveil de Ludwig venait de sonner.

A suivre...

Alors? Qu'en pensez-vous? Et si vous me le disiez dans une review?



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