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Author: ayuluna
Fiction Rated: M - French - Romance/General - Reviews: 31 - Published: 11-13-08 - Updated: 02-18-09 - id:2595914

Déploie tes ailes.

Auteur : Ayuluna

Note : Tout d’abord, je m’excuse pour les petits détails ennuyeux du début de chapitre mais ils sont importants, mine de rien, pour bien entrevoir la situation dans laquelle évolue Florient. Je vais cependant essayer de me calmer, c’est promis.

Vous trouvez encore un petit lexique à la fin du chapitre pour plus de compréhension. Les mots y figurant sont suivis d’une « * ».

Ce chapitre est écrit en grande partie vers 4h du matin sans avoir dormi, j’espère que ça ne se fait pas trop ressentir xD ! Mais l’inspiration vient plus facilement à ces moments-là, allez savoir pourquoi !

Le retour d’un personnage que vous semblez bien aimé, aussi dans ce chapitre ;-) !

Merci à Pyanfar qui corrige cette histoire.

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Chapitre 4 :

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Deux semaines de cours étaient passées et déjà Florient Grey se sentait au bout de ses capacités. Il était très loin d’être con. Il était même plus intelligent que la plupart de ses camarades. On le disait doué pour bien des choses. Il était aussi très motivé et déterminé dans ce qu’il entreprenait. Mais là … Il était sur le point de craquer.

Non, on ne pouvait pas réussir à travailler en faisant en même temps des études en prépa. Entre les devoirs, les khôlles* qu’il avait pour les cours et son boulot de barman, il n’avait quasiment plus de temps pour dormir. Son sommeil se résumait à trois ou quatre heures par nuit, et encore, c’étaient les meilleurs soirs. Il tiendrait autant qu’il pourrait, mais il ne se voilait pas trop la face.

Si encore il n’avait pas eu autant besoin d’argent pour vivre ! Et sans faire aucun excès ! Entre son loyer, le self du lycée et les achats indispensables, les dépenses montaient vite. Et puis, il y avait les frais de scolarité, 3500 euros dont heureusement il avait déjà payé les deux tiers avec son salaire d'été.

Quelquefois, le soir, en allant au bar, il prenait un truc en chemin. Mais un sandwich ou un hamburger chez McDo coûtaient quand même 4 ou 5 euros et il ne pouvait pas se permettre de ne pas manger le soir. Mine de rien, son job lui demandait beaucoup d’énergie et il avait perdu du poids depuis son départ de chez ses parents.

Il n’avait pas de balance, mais il avait resserré ses ceintures de presque de deux crans. Il était temps qu’il se prépare des sandwichs lui-même, dès qu’il aurait le temps de retourner faire des courses. Depuis qu’il avait emménagé, il n’avait pas eu une seule minute pour retourner au supermarché. Ça se faisait sentir au niveau de ses réserves d’ailleurs.

A tout cela s'ajoutaient les frais de transport, l'abonnement mensuel à la carte Imagine R* du métro et le noctylien* pour rentrer chez lui après son travail de nuit. Une lessive à la laverie automatique ne coûtait que deux euros, ce n'était rien et c'était beaucoup à la fois !

En clair, Florient avait pas mal de dépenses à couvrir sur le mois. Et ses rentrées d'argent étaient minces. En travaillant quatre heures chaque soir en moyenne par semaine, plus l’après-midi et la soirée du samedi, il se faisait environ 850 euros par mois seulement.

Il y avait aussi les pourboires. Son record était de 60 euros pour la semaine mais les clients n'étaient pas très généreux. Par les temps actuels et la crise économique mondiale qui avait commencé, ils avaient eux aussi restreint leurs dépenses et leur générosité.

Christian lui avait dit que les pourboires avaient diminué de soixante pour cent en moins d’un an. Mais aussi, Florient était assez réservé avec les clients. Il ne s'attardait pas trop à faire la conversation et ses sourires étaient agréables sans plus.

Ses autres ressources étaient limitées. La CAF* lui versait les APL*, mais ce n'était pas grand chose. Il avait à peine un peu plus de mille euros de revenu mensuel, on aurait pu croire qu’il avait de quoi vivre convenablement. Mais en fait, ça restait très serré.

Et pour terminer, il y avait ses dépenses de santé, et non des moindres !

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« - Une Despé pour moi ! »

-Voilà, répondit Florient tout en servant le client.

-Servez-moi un Martini, sans glaçons s’il vous plaît.

Il enchaînait commande sur commande depuis le début de la soirée. On était vendredi soir et le bar était bien rempli vu l’heure. A côté de lui, Christian ne chômait pas non plus. Ils n’avaient même pas eu le temps d'échanger quelques mots.

Ce soir, il travaillait de 21h à 1h du matin et là, il était impatient de finir. Il n’avait qu’une seule envie, retrouver son lit. Le lendemain, il avait prépa le matin puis il devait venir travailler de 16h à minuit. Il pourrait redormir un peu juste après le repas de midi, c’était déjà une chance.

Lorsque ça se calma enfin, Christian se rapprocha de Florient et entama la conversation.

« - Est-ce que ça va ? Tu es assez pâle ce soir?

-Juste un peu de fatigue, rien de bien méchant, ne t’en fais pas.

-Je vois. Du mal à tenir le rythme avec les études ?

-Hum…

-Peut-être devrais-tu travailler un peu moins, tu ne crois pas ? Je pourrais embaucher quelqu’un pour te suppléer.

-Je ne peux pas me le permettre , répondit le jeune homme mal à l’aise. A la limite, je pourrais me prostituer, y en a qui font ça après tout … ajouta-t-il de façon mi-ironique, mi-sérieuse.

-Arrête tes conneries ! répliqua sévèrement Christian. Je ne suis peut-être pas ton père mais si je t’entends évoquer ça encore une fois, tu te prendras un bon coup de pied au cul !

-Excusez-moi, je pourrais avoir une bière ? demanda un client assis au bar.

-Tout de suite. » répondit Christian en le servant.

Puis ils reprirent leur conversation.

« -Ecoute, Florient, faire moins d’heures ne veut pas dire forcément gagner moins … commença le gérant avec un petit sous-entendu explicite.

-Que veux-tu dire ?

-Le jeune barman que j’employais avant toi réussissait à se faire des pourboires de folie. Simplement en rendant l’ambiance un peu plus … chaude dirons-nous.

-En gros, il faut que je sois plus « excitant » ?

-C’est ça. »

Florient n’avait jamais été à l’aise pour draguer ou aguicher quelqu'un. Mais le conseil était assez tentant. Si vraiment ça marchait, il pourrait retrouver un meilleur rythme sans que son train de vie sur le plan économique n’en pâtisse. Il était prêt à tester de ce pas.

Des petits clins d’œil, une voix plus mielleuse et susurrante, des petits coups de langue sur les lèvres ... Il avait commencé par ça, rien de plus et l’effet produit fut bien au-delà de ses espérances.

« - Et bien, je crois qu’on va pouvoir revoir tes heures de travail à la baisse, rigola Christian juste avant que Florient ne finisse son temps de travail.

-Je me suis fait plus de pourboires en une heure que sur le reste de la soirée, siffla le jeune homme.

-Tu vois, je te l’avais bien dit. Je suis même sûr que tu peux faire encore mieux. Je vais mettre une annonce pour trouver un serveur supplémentaire. Dès que j’ai trouvé, on diminue tes horaires, d’accord ?

-Je … Oui, je crois que tu as raison, acquiesça malgré lui l’étudiant.

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Chaque midi de la semaine, Florient avait pris pour habitude de déjeuner avec Anastasia et Alexandre. Alors en ce beau lundi, il était attablé avec eux. Il s’entendait bien avec les deux autres étudiants, sans aller jusqu’à dire que c’étaient des amis.

« - Comment s’est passé ta khôlle d’anglais ce matin ? demanda Alexandre tout en mastiquant un bout de sa cuisse de poulet.

-Très bien, répondit Florient. Mon père est Américain, donc je suis bilingue en fait, précisa-t-il tout en jouant avec sa fourchette.

-Oui, ça aide bien ! s’exclama Anastasia avec un sourire.

-Et toi, si tu as pris Russe en seconde langue, avec un prénom comme le tien, ce n’est pas un hasard, non ? lui demanda Alex.

-En effet. J’ai la double nationalité. Ma mère est Russe et mon père Français.

-C'est chanceux. Moi, je ne suis qu’un simple Français avec un niveau scolaire banal en Anglais et en Espagnol. »

Alexandre sembla réfléchir quelques secondes et reprit.

« - En tout cas ‘Martel’ ne fait pas très Américain comme nom de famille.

-Exact. Tout comme je connais des personnes qui s’appellent ‘Smith’ et ne sont pas du tout Anglais … »

... Ou comment cacher soigneusement le fait que son véritable nom de famille était « Grey », ce qui était on ne peut plus Américain justement. Enfin son père était Américain mais lui avait la double nationalité, tout comme Anastasia.

« - Hum, tu as raison »

Cependant, la plupart du temps, le nom indiquait l'origine de la nationalité quand même. C'était le cas de Gabriel Lied qui avait eu khôlle d’anglais en même temps que lui. De par son accent, il avait lui aussi des origines Américaines à coup sûr.

Florient avait hâte d’être au samedi matin suivant pour faire le DS d’anglais. Ce serait l’occasion de vérifier si leur niveau était identique ou si l’un était meilleur que l’autre. Des petites erreurs à l’écrit arrivaient vite.

Il se doutait aussi que Gabriel allait l’avoir à l’œil au vu du regard qu’il lui avait lancé, quand il avait réalisé à son tour que Florient était bilingue. Le jeune homme avait surtout l’air d’être un élitiste qui visait partout la première place. Son apparence plus jeune avait sauté aux yeux de Florient dès la rentrée. Elle venait du fait qu’il avait un an d’avance.

Il y avait aussi cette histoire qui avait commencée à circuler, comme quoi il aurait eu 19,8 de moyenne au bac. C’était beau, très beau. Même si Florient n’aimait pas écouter les rumeurs en général, celle-là semblait assez vraie.

Physiquement, le jeune garçon était tout à fait au goût de Florient. Les cheveux d’un noir de jais assez courts, les yeux verts – d'après ce qu’il en avait vu derrière ses lunettes carrées - , une bouche en cœur ... il était plutôt attirant.

Il avait à peu près sa taille, morphologiquement il était assez mince sans être maigre. Mais dans la mesure où Gabriel Lied avait un an de moins que lui, il y avait fort à parier qu’il allait le dépasser rapidement. Un garçon de dix-sept ans était loin d’avoir fini sa croissance en théorie.

Mais si physiquement, il lui convenait très bien, psychologiquement ce n’était pas du tout le cas. Plus asocial tu meurs, comme le dit l’expression ! Gabriel Lied n’avait aucun ami dans la classe et repoussait tout le monde.

Florient n’était pas du genre à aller vers les personnes renfermées plus qu’il ne fallait. Ils ne s'étaient donc jamais adressé la parole. Et puis, il y avait ce quelque chose qui le dérangeait sans qu’il puisse mettre le doigt dessus.

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« - Vous ne trouvez pas que la prof d’éco est bizarre ? reprit Anastasia après un moment de silence consacré à la nourriture. Elle est plus blafarde que les membres de la famille Adams* et elle semble tellement faible, c’est effrayant.

-Maintenant que tu le dis … Elle est peut-être malade, répondit Alex.

-Vous dites ça d’une façon … remarqua Florient.

-Euh … Ouais, désolé. C’est juste une interrogation.

-Et puis, même si c’est égoïste, on est en prépa et si on doit changer de prof en cours d’année, ça peut être très problématique.

-On n’est qu’en première année, rappela le jeune Grey. Les concours pour les grandes écoles ne sont qu’en deuxième, le pseudo retard qu’on aurait est largement rattrapable d’ici là. »

S’il y a bien une chose que Florient devait à son père, c’était l’esprit de toujours tout analyser en détails. Bien souvent il suffisait d'être logique. Et dans la mesure du possible, ne jamais porter de jugement hâtif. Anastasia et Alexandre n’étaient pas méchants ou spécialement bêtes, ils avaient juste une réaction trop spontanée et irréfléchie.

Une fois leur repas terminé, les trois élèves se levèrent pour débarrasser leur table et sortir prendre l’air. Il faisait encore bon dehors en ce mois de septembre. Florient était presque arrivé aux tapis roulants pour les plateaux sales lorsque qu’un élève le bouscula brutalement, renversant le contenu de son plateau sur lui.

« -Mais c’est pas vrai ! rugit Florient. Tu ne peux pas faire attention ? »

Sa chemise et son pantalon étaient couverts de sauce carbonara. Encore heureux que ce n’était pas de la bolognaise, mais pour détacher tout ça…

« -Oh merde ! Je suis vraiment désolé ! »

Le garçon en face de lui était vraisemblablement encore un lycéen en classe de première ou terminale. Il avait bien cinq ou six centimètres de plus que lui, il était brun, les cheveux longs et fins attachés en catogan.

« - Tu es peut-être désolé, mais ce n’est pas toi qui va devoir rester comme ça jusqu’à ce soir ! »

Florient n’était pas d’un tempérament irritable, mais là c’était trop.

« - Ecoute, je suis interne, alors si tu veux, je peux te filer des vêtements à moi pour aujourd’hui … proposa le lycéen mal à l’aise pour tempérer la situation.

Florient le regarda, étonné, et pesa le pour et le contre. La proposition était assez inhabituelle mais c’était peut-être le mieux à faire.

« - Je ne dis pas non. Je ne tiens pas spécialement à rester comme ça.

-Hum, oui. Allons-y de suite, ça sera mieux. J’ai du détachant dans mes affaires, sinon les taches de sauce ne partiront plus après, en attendant de laver tes vêtements. »

Après quelques mots échangés avec leurs amis respectifs, les deux garçons s’éloignèrent en direction du bâtiment de l’internat réservé aux lycéens de la Seconde à la Terminale. Les étudiants post-bac des classes prépas comme Florient étaient, quant à eux, logés dans les résidences du CROUS.

« - Sois discret par contre, normalement, on n’a pas le droit de ramener des personnes extérieures à l’internat…

-OK … »

Le brun les dirigea vers le second étage puis au fond du couloir sur la gauche. C’était une chambre individuelle un peu plus grande que celle de Florient. Il y avait le strict nécessaire : un lit, un bureau, une armoire, des étagères.

« - Vas-y, assieds-toi où tu veux. »

Le garçon ouvrit l’une des portes du placard et en sortit une chemise bleu clair ainsi qu’un jean noir, le tout d’une bonne qualité et bien repassé.

« - J’espère juste que ce ne sera pas trop grand, tu es plus mince que moi à vu d’œil.

-Ça sera toujours mieux que de puer la sauce, remarqua Florient en soupirant.

-Hum…pas faux.

Le garçon se retourna pour laisser Florient se changer.

-Je m’appelle François-Xavier sinon, et toi ?

-Florient, répondit-il. Tu es en quelle classe par curiosité ?

-Term S spé maths. Tu es en CPGE toi, c’est bien ça?

-Oui, en ECS1 pour être exact.

-Ah ? Tu es dans la classe de mon frère alors ?

-Si tu le dis. C’est qui au juste ? Et c’est bon, tu peux te retourner, j’ai presque fini.

François-Xavier fit de nouveau face à Florient qui était sur le point d’enfiler la chemise. Il sembla s’attarder quelques instants sur l’épaule de l’autre où se trouvait une sorte de marque en forme de fine feuille.

« - Tache de naissance, précisa Florient, tout commençant à boutonner la chemise. »

Le lycéen en profita pour ouvrir un tiroir et en sortir un flacon de détachant.

-Si tu as le temps, autant retirer les taches de suite.

-Oui, ça va, j’ai encore vingt minutes.

-Pour te répondre, mon frère, c’est Charles Metzler. Ça te dit quelque chose ?

-C’est vraiment ton frère ? demanda Florient en haussant les sourcils de façon suggestive sur ce qu’il en pensait. Tu m’excuseras, mais j’espère pour toi que vous n’avez rien d’autre en commun que le sang.

Le brun se mit doucement à rire.

-Mon frère a tendance à être un peu trop sûr de lui et à se vanter, n’est-ce pas ?

-C’est le moins qu’on puisse dire … »

En effet, Charles Metzler faisait partie de la bande de petits rigolos qui, le jour de la rentrée, avaient vanté leur valeur et leur soi-disant supériorité. Charles Metzler, Jean-Pascal Dupin et Marco Liviadotti. Les pires de leur classe, même s’ils n’étaient pas les seuls à penser de même. Selon eux, seuls les enfants de familles riches valaient la peine de vivre.

C’était ceux-là mêmes qui dénigraient totalement les élèves qui ne venaient pas d'un « bon lycée». Pour Anastasia par exemple, c’étaient des petites piques gratuites. Florient n’ayant pas voulu dire de quel lycée il venait, cette bande d’abrutis en avait conclu qu’il venait lui-aussi d’un établissement pourri inconnu.

Le fait de loger au CROUS, ce qui se savait déjà, n’avait fait que confirmer selon eux cette thèse. Sans spécialement le chercher, les trois types l’ignoraient totalement la plupart du temps, ne lui lançant que de vagues regards de mépris de temps à autre.

« - Je n’ai pas vraiment la même vision des choses que lui. Mais c’est quelqu’un de bien quand on prend le temps de le connaître.

-J’ai du mal à te croire. Mieux vaut ne pas trop insister sur ce sujet, je pense. Voyons plutôt comment je te rends tes affaires demain. Tu finis les cours à quelle heure?

-Je sors à 17h, mais je prends des cours de Tennis en dehors du lycée donc plutôt à un autre moment.

-Tes cours de Tennis se déroulent où au juste et finissent à quelle heure ?

-Au complexe sportif Fabron. Je ne finis jamais avant 19h, ça peut attendre, tu sais, répondit François-Xavier en haussant les épaules.

-Je préfère toujours régler les choses au plus vite. On m’a toujours appris à faire comme ça, expliqua Florient.

-C’est une bonne chose en effet. Mais là, vraiment, il n’y a aucune urgence. Ecoute, on voit ça plus tard, d’accord ? Les cours vont reprendre, on ferait mieux de se dépêcher. »

Tandis que François-Xavier rejoignait le bâtiment des lycéens, Florient, lui, allait du côté des classes préparatoires aux grandes écoles. Il y retrouva Anastasia et Alexandre qui discutaient ensemble. Juste à coté d’eux se trouvaient Charles et sa bande qui discutaient à voix haute avec Frédéric.

Ce dernier semblait assez mal à l’aise. Le fait de venir de St Cyprien lui avait valu un élan de popularité fulgurant. Pas tout à fait autant que pour Marie-Anne dont le nom était bien plus important, mais tout de même. Charles, Jean-Pascal et Marco ne voulaient plus le lâcher depuis le premier jour.

Frédéric, peut-être un peu trop gentil, acceptait de rester avec eux sans rien dire. Il n’y avait que quand ces trois abrutis décidaient de s’attaquer à Florient que Frédéric avait tendance à pâlir à vue d’œil et à se mettre en retrait.

Frédéric n’avait rien révélé sur lui comme il s’en était douté depuis le début. Même une fois sorti de St Cyprien, on n’oubliait jamais à qui on avait affaire lorsqu’il s’agissait d’un de ses anciens camarades. Les bases des relations amicales, politiques ou commerciales les plus importantes commençaient à St Cyprien. Il n'y avait qu'une exception : les élèves venant de l’équivalent de l’établissement à l’étranger.

A New York se trouvait l’école Cécile de France qui intégrait classes primaires, collège et lycée. Elle était affiliée à St Cyprien. La scolarité se passait à l'américaine ou à la française au choix. Dans quelques rares cas, on pouvait même faire une sorte d’association entre les deux.

Marie-Anne et Florient avaient eu envie d’y aller, mais leur père avait refusé catégoriquement pour ils ne savaient quelle raison. Au final, St Cyprien avait été parfait et Florient n’avait jamais eu à s’en plaindre.

Charles tourna le regard vers lui et le fixa de façon assez soutenue pendant quelques instants. Le professeur qui ouvrait la porte le fit cesser. Pour le moment, il n’y avait encore entre eux rien de bien méchant. Mais si ça continuait ainsi, Florient risquait de s’énerver à un moment ou un autre.

Il avait toujours eu horreur de ces personnes qui se prennent pour plus importantes qu’elles ne sont. Marie-Anne était une petite princesse capricieuse, mais elle pouvait largement se le permettre. Metzler n’était rien par contre. A l’heure actuelle, Florient n’était peut-être pas mieux que lui, mais il savait d’où il venait.

Dans le fond, il restait l’enfant de bourgeois qu’il avait toujours été. Il ne pensait pas que le milieu dont on était issu était ce qu’il y avait de plus important, mais il en connaissait l'influence. Et même lui, déchu par son père, pensait avoir toujours un minimum de reconnaissance dans ce milieu. Il n’avait pas tort.

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Il n’était que 22h environ et le bar était bien rempli. C'était loin d’être la folie vu qu’on était en pleine semaine, mais il y avait quand même de quoi bien bouger.

« - Un whisky coca, c’est possible ?

-Tout de suite, dit Florient en attrapant une bouteille et un verre propre avant de se retourner ... Cyril ?! ajouta-t-il. Qu’est-ce que tu fais là ?

C'était le frère de Nathan, son ancien camarade de lycée, d'un an plus âgé que lui. La dernière fois que Florient l'avait vu, c'était à la fête de fin d'année, juste avant son départ un peu précipité de la maison.

-Euh … En fait je suis venu pour te voir, répondit le jeune homme avec un sourire un peu maladroit.

-Ah ? demanda bêtement Florient tout en lui tendant le verre.

-Oui. J’ai croisé Arthur il n’y a pas longtemps. Il m’a expliqué que la vidéo t’avait porté quelques petits préjudices. Je tenais à te présenter mes excuses, je pense que je te dois bien ça. dit-il tout en sortant la monnaie pour payer.

-Tu n’y es pour rien, le rassura le jeune Grey. Personne ne pouvait prévoir ça et c’est à moi d’assumer mes actes de toute façon.

-Peut-être, mais je me sens responsable quand même. Alors, si je peux faire quoi que ce soit …

-Hum … Invite-moi à déjeuner dimanche à midi, si tu tiens vraiment à faire quelque chose, répliqua Florient avec un grand sourire séducteur.

-Euh … D’accord. On fait comme ça alors, » répondit Cyril avec un petit rire.

La perspective d’être à dimanche devenait de plus en plus alléchante. Sa journée allait sûrement être plus sympa que prévue. Florient avait toujours bien aimé Cyril même s’il n’avait pas cherché plus. Il faudrait qu’il pense aussi à remercier Arthur. Sans lui, cette ancienne connaissance bien sympathique ne serait pas venu le voir.

Et à propos d’Arthur, ça faisait un moment qu’il ne l’avait pas vu non plus. Son meilleur ami lui manquait, il fallait absolument qu’il l’appelle dans les jours suivants et qu'il trouve un moment libre pour aller le voir.

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Khôlle : Pour plus de compréhension, je vous invite à aller lire l’article détaillé que l’on trouve sur Wikipédia. En voici un court extrait : Une khôlle est une interrogation orale (pouvant aussi être orthographiée «colle ») s'inscrivant dans le cursus des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Dans toutes les filières, à l'exception de certaines littéraires, il y en a en principe deux par semaine.

Imagine R : Carte d’abonnement du métro Parisien pour les jeunes et les étudiants (collège, lycée, université, etc ).

noctylien : Service de bus nocturne à Paris. Fonctionne de 00h30 à 5h30 du matin.

CAF : Caisse d’allocations familiales. Dans notre bonne vieille France, la caisse principale qui distribue des sous à ceux qui, théoriquement, en ont besoin. Par exemple, vous avez des enfants ? On vous donne des sous. Merci les lois sociales !

APL: Aide personnalisée au logement. Normalement, tous les étudiants y ont droit. Ça n’est jamais très élevé, mais ça aide bien quand même !


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