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Bonsoir ô courageux lecteur!
Voici une idée de fic qui a germé dans ma tête de dérangée à la suite d'un rêve qui m'avait marqué...
Le concept de base a certes beaucoup évolué depuis, mais l'intrigue principale reste là.
Quand de vieilles fictions jamais dévoilées rencontrent l'imaginaire onirique d'une dormeuse invétérée...
Enjoy! \o/
Chapitre 1.
'' Welcome back ''
C'était une bien fraiche matinée pour un mois d'octobre, et les rues laissaient entrevoir avec désespoir le peu de passants qui osaient affronter ce temps fort peu réjouissant. Pendant que le vent hurlait son mécontentement aux travers des allées, remplaçant les cris habituels des citadins en pleine activité par son grondement sourd, une jeune fille affrontait les basses températures en se frictionnant les mains contre ses épaules couvertes d'un épais manteau de feutre.
Personne dans les rues malgré l'heure... voila qui étonnait la demoiselle. Certes, le froid avançait de plus en plus sur le calendrier chaque année, mais les habitants étaient pourtant censés être habitués à ce genre de caprices météorologiques désormais...
Tout en trainant le poids de son sac de voyage accroché dans son dos, la jeune femme aux allures de mulet surchargé commençait à se demander si aujourd'hui n'était pas jour férié. Puis, apercevant enfin la devanture aux couleurs rouge et rouille qu'elle recherchait, elle longea les murs avec un peu plus de précipitation que jusqu'alors, et atteignit une petite porte dérobée qui lui permettrait enfin de rentrer chez elle.
- Le garage n'est même pas ouvert ? s'étonna la promeneuse, tournant la tête vers un petit thermomètre d'extérieur accroché juste au dessus de la sonnette. Moins trois ?! C'est quoi cette blague, il fonctionne au moins ce truc ?!
Tout en tapotant de ses doigts engourdis sur le petit tube de mercure, la jeune fille se rendait compte que le faible taux de fréquentation des rues semblait finalement avoir une raison. Ne tenant pas à passer plus de temps enfermé dehors, la demoiselle pressa enfin la lourde poignée de porte, et donna un léger coup d'épaule dans le battant de bois pour qu'il daigne enfin pivoter sur lui même. Elle s'engagea ainsi dans une petite pièce isolée du rez-de-chaussée, tout en posant son paquetage sur le carrelage dépareillé.
- Puisque je vous dis qu'elle n'est pas présente !
La jeune femme releva la tête avec de grand yeux. Dans la pénombre de la buanderie, elle tendit l'oreille pour écouter l'échange verbal qui se tenait dans une pièce voisine. Voilà donc pourquoi le grand rideau métallique était encore baissé sur l'entrée du garage... des invités surprise - qui ne semblaient pas porteurs que de bonnes nouvelles - s'étaient introduits chez elle.
- C'est étrange... Absente ce jour-ci précisément, répliqua non sans cynisme une voix que la nouvelle arrivante ne connaissait pas.
- Et à quand estimez vous son retour ? s'empressa une autre personne, beaucoup moins patiente.
Tout cela n'était pas bon... pas bon du tout. Ré-empoignant son sac en tâchant de faire le moins de bruit possible, la jeune fille se préparait à ressortir de la même façon qu'elle était entrée... Mais c'était sans compter sur la vieille poignée grinçante, qui se mit à couiner sans retenue à peine la main de la fugueuse posée dessus.
Retenant son souffle, la fuyarde attendait de voir si sa présence avait été trahie suite à ce manque d'attention de sa part... Plus personne ne prononçait mot dans le bâtiment, et la tension se fit tout à coup beaucoup plus pesante.
- Barre toi Milo ! entendit-elle alors hurler depuis l'autre pièce.
Reconnaissant la première voix qui avait pris la parole à son arrivée dans la buanderie, Milo ne se fit pas prier. Attrapant son sac par l'une des bretelles, elle le jeta à l'extérieure alors que la porte qu'elle venait d'ouvrir à la volée s'écrasait sur le mur adjacent en un fracas à vous faire sauter les tympans. Qu'est-ce qu'on pouvait bien lui vouloir ? Vincent était-il au courant de ce qui se passait ? Ne perdant pas de temps à attendre que les réponses lui tombent du ciel, la jeune femme attrapa fermement son sac, puis sorti en trombe de l'étroite allée par laquelle elle avait pu accéder à la porte arrière. Si sa fugue devait durer plus de temps que prévu, elle préférait avoir ses affaires avec elle.
De leur côté, ses poursuivants avaient déjà franchi la porte d'entrée principale et se mirent à ses trousses sans attendre, l'apostrophant de toutes les manières possibles pour la faire revenir sur ses pas.
- Vallemerin ! Le comté à été clair ! Ne pas se soumettre à cette réforme sera considéré comme un délit grave !
Qu'est-ce que ce fou pouvait bien être en train de lui raconter ? Une réforme du comté ! Et puis quoi encore, qu'est-ce que ces aliénés d'aristocrates avaient bien pu inventer comme aberration cette fois ! Ne ralentissant pas le pas, Milo enchainait les ruelles les unes après les autres. L'espoir de voir enfin ses poursuivants disparaître au fil des allées grandissait en elle à chaque pas... sans pour autant que ses vœux soient exhaussés. Ces hommes semblaient décidément eux aussi connaître la ville comme leur poche.
- Vallemerin ! retentit une nouvelle voix dans son dos, lui sommant de s'arrêter.
Crier ainsi son nom dans les rues n'était pas forcement une bonne publicité pour le commerce qu'elle tenait... Mais qu'importait, elle ne se laisserait pas prendre par ces démons en uniforme sombre et en long manteau de tweed. Bifurquant dans une impasse, Milo escalada le muret de briques ternes en un rien de temps, ayant balancé son sac de l'autre côté au préalable. Lorsqu'elle passa enfin la tête par dessus le parapet qui lui faisait front, elle s'aperçut avec horreur que l'un de ses poursuivants s'était déjà engagé dans l'allée qu'elle voulait rejoindre. Dans son dos, des bruits de pas indiquaient également que quelqu'un avait réussit à s'aventurer dans l'impasse qu'elle tentait de quitter...
- Et merde! fit-elle tout haut en tapant du poing sur le muret.
Jetant un dernier regard à son paquetage qu'elle n'aurait pas le temps de récupérer, la jeune fille se mit alors débout sur son perchoir, saisissant fermement une gouttière non loin d'elle. Elle s'y hissa avec force, tout en essayant de ne pas penser au métal gelé sur ses paumes nues. L'homme qui la talonnait de près depuis le début de sa course se jeta alors en l'air, arrachant un cri de surprise à la jeune fille. Ce fou furieux venait d'attraper l'un des pans du manteau de Milo pendant qu'elle était encore à sa portée, tirant la fuyarde vers le bas pour la faire tomber. Manquant de peu de chuter suite à cette manœuvre, Milo s'était ouvert toute la paume gauche en glissant le long du cylindre métallique, jurant comme jamais... car le froid rendait chaque coup et blessure plus douloureux encore qu'à l'accoutumée.
Maudissant son agresseur, la jeune fille lui envoya un bon coup de talon dans le nez, ce qui lui fit lâcher prise sans attendre. Elle ré-agrippa alors la gouttière comme elle pu, tachant de se stabiliser pour reprendre son ascension.
- Tiens, enfoiré! balança-t-elle après un nouveau coup de pied en pleine figure.
La jeune femme remarqua grâce à ses gesticulations maladroites qu'un troisième individu arrivait dans la petite allée à toute allure, intimant des ordres auxquels personne ne faisait attention. Ne perdant pas une seconde, Milo grimpa les quelques mètres qui la séparait du toit en un temps record... et voilà que la demoiselle déambulait désormais sur des tuiles verglacées dans une position fort peu gracieuse, luttant pour son équilibre.
- Oh la vache ! grimaça-t-elle, les fesses en l'air et les bras en croix. Mauvaise idée, très mauvaise idée...
Mais il était évidement trop tard pour faire marche arrière. Ses mouvements quelque peu raidis par la peur, la demoiselle commença néanmoins à entamer un ou deux pas en direction de la maison voisine. Par chance, les maisons de centre ville avaient en général leur toitures collées les unes aux autres, et Milo pouvait espérer s'échapper rapidement du guêpier dans lequel elle se trouvait.
Lorsque des bruits remontant le long de la gouttière qu'elle avait dû marquer de son sang commencèrent à se faire entendre, la jeune fille pivota sur elle même avec appréhension. Elle eu alors la désagréable surprise de constater qu'un assaillant pointait son regard vers elle, alors qu'il luttait pour se mettre convenablement debout malgré la pente. C'était assez pour la jeune fille, et elle partit comme une flèche en direction inverse, ne faisant plus attention au givre qui s'étendait sous ses pieds. On appela de nouveau son nom depuis la rue, et bien que Milo n'y prêtait plus d'intérêt, cela éveilla tout de même la curiosité de quelques citadins qui se mirent à espionner par leurs fenêtres.
Continuant à galoper en agitant ses bras en balancier, la fugueuse, qui faisait preuve d'agilité jusque là, ne prit néanmoins pas la peine d'inspecter cette nouvelle toiture sur laquelle elle s'aventurait... Et pendant qu'un vieil homme ouvrait ses volets pour se rendre compte de l'agitation qui prenait part dans son quartier, Milo se pris l'un des battants métallique en pleine poitrine. La collision lui fit lâcher un cris de surprise, et la jeune fille commença à dévaler la pente du toit tout en roulant sur elle même. Agitant ses mains en tout sens pendant que le vieillard l'incendiait pour s'être promener sur le toit d'une propriété privée, la jeune funambule pu se rattraper in extremis à une nouvelle gouttière en PVC.
Les pieds ballants dans le vide, Milo se contorsionnait comme elle pouvait pour remonter sur l'étendue de tuile. La gouttière de plastique gémissait sous son poids, et la jeune fille craignait que le gèle ne la rende encore plus fragile qu'en temps normal. Impossible pour la demoiselle de s'en sortir par une pirouette cette fois... Sa course et ses astuces pour tenter de s'en sortir l'avaient sensiblement fatigué. Bientôt ses doigts lâcheraient prise, et la jeune femme ne voyait pas du tout comment faire basculer les éléments en sa faveur.
- Vous, rentrez votre tête de fouineur, et fermez moi cette fenêtre ! entendit-elle brailler au dessus de sa tête.
Le vieil homme s'exécuta non sans cracher quelques injures, tandis que deux hommes en habit sombre arrivaient à la hauteur de Milo, s'adressant à elle depuis le trottoir.
- Mademoiselle Vallemerin ! s'exclama celui qui n'avait pas le nez salement amoché. Je ne voudrai pas que la situation dégénère... Veuillez vous laisser faire, notre collègue va vous remonter !
La mâchoire crispée, Milo ne pouvait qu'accepter cette aide que l'on lui proposait. Les hommes à ses trousses n'avaient certainement que peu envie de la secourir après s'être ainsi fait balader dans la ville, mais la laisser tomber ne ferait qu'alimenter la haine du Petit Peuple envers la Noblesse. Les trois collègues se voyaient donc obligés de l'aider, et la jeune fille n'avait d'autre choix que de se laisser attraper si elle voulait continuer à vivre... ou tout du moins vivre sans rien de casser.
- Donne moi ta main, lança l'individu au dessus d'elle avec mauvaise humeur.
- Très drôle, répliqua Milo, tout aussi enjouée. Je te donne les deux en même temps pendant que j'y suis ?
Tout deux se toisèrent un long moment, pendant que les deux hommes au dessous attendaient toujours sur le trottoir, légèrement inquiets. Finalement l'homme attrapa le poignet de sa captive en prenant appui sur une tuile qu'il espérait pas trop glissante, et aida la fugueuse à remonter sur le toit dont elle était tombée... non sans mal.
-
Les deux hommes émirent un vacarme ahurissant tout en pénétrant dans la demeure avec leur captive. Le troisième homme, celui là même qui avait été chercher Milo jusque sur les toits, était chargé de son côté de retrouver le sac que la jeune cascadeuse avait abandonné.
- A quoi pensiez-vous en vous sauvant comme ça ?! questionna le plus grand des deux individus, tout en forçant la jeune fille à s'asseoir à la table de ce qui semblait être une cuisine ouverte.
Milo se dégagea violemment de l'étreinte dans laquelle son interlocuteur lui broyait l'avant bras. Celui-ci cherchait certainement à l'intimider par un rapport de force... mais il ne semblait décidément toujours pas réaliser à qui il avait à faire.
- Milo ! fit brusquement une voix au premier étage.
Le jeune homme qui avait alors tenté de prévenir la demoiselle de la venue d'intrus dans leur foyer quelques temps auparavant descendit un escalier en colimaçon à toute allure. Les marches de métal laissaient entendre un tintamarre fort désagréable à chaque pas du garçon.
- Vincent... murmura la jeune fille presque rassurée. C'est quoi cette histoire, qu'est-ce qu'ils nous veulent ceux là ?
- Je suis désolé, commença le jeune homme en se rapprochant d'elle à grand pas. Tu ne nous a laissé aucun moyen de te joindre... on avait aucune chance de te prévenir, finit-il plus bas.
Fronçant les sourcils, la jeune femme commençait sérieusement à se poser des questions.
- Me prévenir de...
- Après décision du grand conseil du comté de la Marche, commença l'un des intrus en lui coupant la parole. Tous les jeunes gens célibataires sont appelés à se faire recenser pour mettre en pratique la nouvelle réforme votée il y a deux semaines de cela à la haute cour de Bauzances.
Après quelques secondes où l'orateur laissa accuser le coup à la jeune fille, l'homme, imperturbable, reprit la parole.
- Vous êtes bien mademoiselle Vallemerin Milo, aide-garagiste dans la commune de Chaussac-Taillefert ?
Taillefert... C'était effectivement la ville dans laquelle tout ce beau monde se trouvait. Quand à son nom, ils avaient déjà entendu Vincent le répéter plusieurs fois... Comment nier les faits ? La jeune fille ne put que lancer un regard alarmé vers son compagnon qui serrait les poings sur le dossier de sa chaise.
- Nous aimerions voir vos papiers d'identité s'il vous plait.
Le troisième homme franchit alors la porte d'entrée en faisant pénétrer avec lui une bouffée d'air plus que frai dans la pièce. Milo ne perdit pas une seconde, et se rua sur son sac en le lui arrachant presque des mains. L'inspectant sous toutes les coutures, il lui sembla finalement que l'inconnu n'avait pas eu l'idée de l'ouvrir ou de le fouiller... La jeune fille laissa alors retomber ses épaules, légèrement rassurée. Il n'aurait plus manqué que ça...
- Ils sont dans mon sac, mentit alors la jeune femme, comme pour donner une raison à sa précipitation.
Fouillant dans la poche intérieur de sa veste, elle attrapa alors un petit carnet brun qu'elle mit discrètement dans son sac de voyage tout en revenant vers la table où tous se trouvaient. De sa main valide, elle fit alors mine de farfouiller dans le sac à la recherche de ce qu'on lui demandait, et finit enfin par leur tendre les fameux papiers.
L'homme qui avait gardé jusque là un torchon de cuisine plaqué sur son nez endolori attrapa le carnet à la volée, avalant goulûment les informations qu'il avait à lui livrer.
- Née en mai 2123, ricana t-il tout en reniflant disgracieusement. Vingt ans, c'est parfait !
Il semblait tout fier de sa trouvaille, tenant enfin une vengeance pour la semelle de caoutchouc qu'il s'était mangé en pleine figure. L'homme qui avait alors rapporté le sac de Milo, semblant le plus jeune, ne put réprimer un sourire moqueur tout en dévisageant la jeune femme qui ne comprenait pas plus ce qui lui arrivait.
- Bien, veuillez vous habiller chaudement mademoiselle, et prendre tout vos papiers important sur vous... Nous vous embarquons.
- Quoi ?! s'exclama Vincent. Maintenant ? Mais la réforme ne décrétait pas ce genre de choses... Les jeunes raflés ont une semaine de délai pour se préparer, c'est ce que votre fichu conseil a stipulé !
- Le cas Vallemerin est différent, reprit le géant toujours aussi calmement. La fuite d'un individu peut mener à une précipitation des choses. Nous ne pouvons pas la laisser s'échapper une deuxième fois.
Milo avait reculé en agrippant son sac. Tout en se rapprochant de Vincent, lui aussi sur ses gardes, la jeune fille le questionna du regard, ne sachant quoi faire vu le si peu de choses qu'elle saisissait de la situation. Le jeune homme à ses côtés se passa alors une main dans les cheveux, remuant sa tignasse ébène avec fureur.
- Ils l'ont fait Milo... Ils l'ont mise en place leur foutue réforme de repeuplement.
Cette fois, Milo sembla repérer où le garçon voulait en venir, et les choses lui apparurent enfin un peu plus claires. Une montée de stress s'empara alors d'elle, et un frisson d'horreur lui parcouru le dos... désabusée.
- Ça a été décidé il y a deux semaines, peu après ton départ. Ils fouillent chaque ville du comté pour retrouver tous ceux qui ont été inscrits sur leurs listes en temps que célibataires en âge d'être marié... Toi tu as été inscrite dessus par défaut, puisque tu n'étais pas là au moment de l'appel de la mairie.
- Et ils veulent m'embarquer où ?! paniqua alors Milo qui ne pouvait plus du tout garder son sang froid.
- J'en sais rien... Mais les jeunes raflés n'étaient pas censés passer tout de suite à la casserole ! J'ai bien peur qu'il ne te fasse signer les papiers aujourd'hui même à toi...
Milo eut alors un temps d'arrêt, pendant lequel elle reconsidéra toute l'importance de l'acte que lui décrivait son camarade.
- Les papiers... du mariage ? articula-t-elle avec rage, s'en voulant finalement de ne pas s'être jeté du toit sur lequel elle s'était retrouvée coincée quelques minutes plus tôt.
Le plus jeune des trois assaillants émit alors un rire discret dans le fond de la pièce, s'étant déjà rapproché de l'entrée, prêt à sortir. Tout en ouvrant la porte, il donna une dernière indication à la jeune fille, avant de franchir le seuil une bonne fois pour toute:
- Et avec qui... ça c'est surprise pour tout le monde.
Le claquement de la porte jeta un nouveau froid dans la pièce...
Mariage. Réforme mise en place par les personnes influentes du comté pour remédier à la période de crise que subissait la région, sortant d'un exode rural important auquel on devait une perte de près de la moitié de la population des environs. La Marche, comté du centre de la France, avait trouvé cette tactique, plutôt hypocrite, pour forcer de jeunes couples à se former... et procréer au plus vite.
- Noblesse de mes deux! articula difficilement Milo tout en serrant son poing non-estropié. Ils nous comptent comme des bêtes et nous parquent par deux en espérant que leur plan débile va fonctionner...
La fureur que ressentait la future mariée pouvait facilement se lire aux tremblements qui la remuaient depuis quelques secondes. Vincent lui posa alors une main sur l'épaule pour tenter de la calmer, mais rien y faisait. Les deux intrus encore dans la pièce jugèrent qu'il était temps de précipiter un peu les choses, et demandèrent une nouvelle fois à Milo de rassembler ses papiers, avant qu'elle ne les rejoigne au rez-de-chaussée.
- La plupart des jeunes de Taillefert ont échappé à ça en formant de faux couples lors du recensement, souffla Vincent à son oreille. Il est malheureusement peu probable que tu tombes sur une tête que tu connaisses quand tu signeras... Mais souviens toi Milo, tout ça c'est que de la paperasse, on trouvera un moyen de te sortir de là.
Pas tellement convaincue, la jeune fille se mit tout de même en route pour le deuxième étage, là où se trouvait sa chambre, et s'emmitoufla dans les vêtements les plus chauds qu'elle put trouver, tout en broyant des idées noires.
Quand elle redescendit enfin, l'homme avec le torchon plaqué sur la truffe la poussa vers l'extérieur de la maison sans ménagement, rejoignant ses deux collègues qui les attendaient sans bouger malgré le froid.
Vincent avait passé la tête par l'entrebâillement de la porte et regardait avec regret sa compagne s'éloigner avec ses trois ravisseurs. Il fallait qu'il avertisse, et au plus vite, certaines connaissances qui auraient certainement plus de pouvoir que lui sur ce genre d'évènement... Et bien qu'il avait une envie folle de foncer sur les trois individus qui lui arrachaient sa fidèle amie, il ne bougea pas d'un centimètre. Ce genre d'agression pouvait coûter cher... beaucoup trop cher, comparé à une action plus réfléchie qui pourrait peut être sortir Milo de ce piège.
- Nous sommes garés devant la mairie, osa le plus sage des trois hommes à l'adresse de sa captive, presque avec pitié. Vous serez rentrée chez vous d'ici ce soir.
Et avec ça, ils se déplaçaient en voiture... Ces lèche-bottes de la Noblesse ne se refusaient décidément rien.
La dernière phrase fait peut être très bête, mais elle a une raison d'être xD... huhu (hum...).
So voilà, les aventures de Milo yihou, on est content... x3.
J'ai rééditer ce chapitre pour changer quelques trucs qui ne me plaisaient plus dans la formulation des phrases... C'était pas grand chose, c'est vrai, mais tout ça me permet de remercier, déjà, ceux qui ont lu ce petite chapitre, là juste à l'instant, ainsi que ceux qui l'ont fait bien plus tôt, et grace à qui sept autres chapitres (pour le moment...) ont vu le jour par la suite !
Thanks angain ^^ !
(Je laisse tout de même cette petite question qui me faisait bien rire et qui date maintenant xD :)
Un récit qui mériterait d'être poursuivi ? ...