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Lilith
Je me suis réveillée sur une pluie de pétales, nouveau-né baptisé à la douceur mordante de la trahison. Le fruit a été amer à avaler, l’acide me pourrissait la gorge dans un grincement d’agonie. Les étoiles étaient tout ce qui comptait. Là-bas au Nord, il y avait peut-être quelque chose qui aurait pu m’émerveiller, une lueur d’absinthe à laquelle je n’avais pas encore goutté.
Langue de bois.
J’ai fait ma route au hasard des pavés violets, je ne sentais pas l’amour enfant disparaître dans un petit rire édenté, la fin reste en suspend, tenant à un fil au bout d’une corde bien nouée, un jour déclinant une fidèle écharpe et dans un cri échappé, les yeux exorbités figés pour la dernière douce mascarade.
Le givre a déposé sa fine couche de mort-dent sur une aile de papillon blessé, surpris au piège du sablier qui l’avait enfermé. Il n’y a pas de sortie pour toi non plus. Tu ne trouveras pas, ma lumière, le répit qui aux hommes n’est accordé. Un à un, ils coulent.
J’ai peut-être dissimulé un rêve durant les longs jours des sourires acérés, un pas dans la neige, un trésor encré. L’épée souffre tu sais, elle n’a pas gouté à lui depuis des années, elle veut rire en le retrouvant une dernière fois, alors ses ténèbres se teinteront d’un rouge froid, qui sur les lèvres d’une femme forgera l’envie d’une révolte trop longtemps refusée. Tu m’as dit que j’étais pieds et poings liés, tu m’as fait ramper et tu n’en as pas ri, tu n’en as pas ri parce que tu connaissais mon nom, gravé à la vie à la mort entre ma bouche et ta gorge, Damoclès plane au-dessus de ta tête.
Je suis...
Faite d’ailes de fées froissées, un fruit pourri, cadeau empoisonné, je suis...
Toujours dans ton ombre, mes pas sur tes pieds, te pressent de continuer et mon souffle chaud qui te mord presque si tu ne doutes pas assez. Je suis...
Un frisson qui te parcourt soudain le corps de bas en haut te hérisse les poils, mais, mais non tu rêves, ce n’est qu’un vent du Nord qui cette fois est venu papillonner sur ta peau nacrée.
Tu sais, n’est-ce pas ?
Je me glisse comme un soupir et je te fais fantasmer des cris de douleur dans tes nuits agitées.
Capuchon rouge sur un corps de petite fille vorace, je tiens Damoclès au-dessus de ta tête encore le temps d’une courte mélopée. Et quand la bouche se ferme sur un petit rire sangloté, tu connais mon nom.
Je suis
La Vengeance que tu as fait naitre.