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Author: Heaven-of-Dark
Fiction Rated: M - French - Friendship/Hurt/Comfort - Reviews: 85 - Published: 01-13-09 - Updated: 10-03-09 - id:2621435

Underground High

Slash/Yaoi

Rating M pour le langage mais egalement pour quelques scenes qui pourrait choquer les petits yeux d'homophobes qui passeraient par ici.

Voila, je sais o combien je suis en retard sur tout ce que j'ecris d'autres, j'ai absolument besoin de me changer un peu les esprits avec ce petit yaoi dont j'ignores encore ce qu'il pourra vraiment donner, je precise quand meme que rien n'est a l'abandon, je me suis juste fixer le but de finir mon thriller cette annee alors avec une moyenne de 15 pages Word par chapitre, ca fait pas mal de travail ... Bref de toute facon qui se soucie de lire l'entete.

Ceci est mon premier vrai Yaoi depuis mon changement de style et d'ecriture donc j'espere que vous l'apprecierez autant que je prends plaisir a l'ecrire.

Je suis d'ailleurs ouverte a toute suggestion concernant les critiques ou encouragements bref ...

Enjoy !

Heaven-Of-Dark


Chapitre 1 Une Mauvaise Journee

POV Sloan

Le vent fouette mon visage alors que je cours pour attraper mon train afin de me rendre à mon premier jour à l’université. Je n’ai même pas encore eu le temps de me familiariser avec ce nouveau pays que je dois juste me comporter comme un automate et ne pas rater cette rentrée un peu spéciale. Je ne peux pas me permettre de foirer cette année, la dernière pour obtenir ma licence, j’ai tellement travaillé pour réussir à franchir le cap de la première et de la deuxième que je ne me vois pas abandonner maintenant même si ce n’est en aucun cas une passion. « Ne fais pas tout foirer » ce sont les mots que mon frère m’a dit ce matin avant que je parte, j’ignore si cela avait un but de réconfort mais ça me met plutôt la pression. Si j’échoue ça sera la faute de mes parents qui ont organisés ce transfert Paris - Londres sans même m’avoir consulté ou demander mon avis. D’après eux, j’aurais de plus grandes opportunités si je finis mes études en Angleterre mais dans le fond, je sais parfaitement que c’était juste pour m’éloigner de la vie que je menais. C’est pour eux que j’en suis là, dans ce pays où personne ne parle la même langue que moi, où tout le monde paraît excentrique et différent sans le moindre jugement, où je me sens vraiment seul et perdu. Le métro est bondé de monde, mon frère m’avait prévenu mais j’ignorais que c’était à ce point là alors qu’il n’est même pas sept heures et demie. Je me retrouve rapidement plaqué contre la porte de sortie, limite le visage collé à la vitre. Malgré la musique qui envahit mes oreilles et me projette dans un autre univers, je remarque trois étudiants portant le même uniforme que l’on m’a fait parvenir. Deux d’entre eux semblent pris dans une conversation animée alors que le dernier fixe seulement la vitre. Il se tourne brusquement dans ma direction comme s’il avait surpris le fond de mes pensées et je m’effondre brusquement sur le quai dû à la cohue d’une foule de personnes trop pressés pour être attentif. Tout le monde me regarde avec un large sourire plaqué au visage, c’est vrai que ça doit être marrant de voir un pauvre type tomber sur le cul alors qu’il a rien demandé… Je remonte dans le train en mettant ma capuche pour me fondre dans la foule et perds de vue sciemment l’étudiant qui me cherchait du regard. Une humiliation publique … Quoi de mieux pour bien commencer la journée ?

A la station Warren Street, je m’extirpe du wagon, remet en ordre mon uniforme universitaire et sors de la station en entendant des rires derrière moi, sûrement mon public de tout à l’heure ou bien les étudiants de mon université. A l’accueil de celle-ci, on me remet toutes les informations dont j’ai besoin puis je file rapidement à mon casier pour poser mon sac et prendre le strict minimum nécessaire, autrement dit une pochette en carton et un stylo. Quelqu’un me heurte de l’épaule alors que je vais pour fermer mon casier et je me tourne pour voir un jeune homme de dos, avec une carrure sportive, les cheveux foncés accompagné d’un autre jeune homme aux cheveux roux. Je me concentre à nouveau sur le dossier que m’a remis la secrétaire afin de trouver ma première salle de classe puis n’arrivant vraiment pas à me repérer, j’interpelle une jolie brune qui passe justement près de moi et lui demande le renseignement mais au lieu de me répondre, elle me fixe avec un étrange regard.

- French ?

J’acquiesce puis elle prend ma feuille et m’indique le chemin à prendre sur le plan. Je la remercie, prend le chemin indiqué et une dizaine de minutes plus tard, je tombe en face d’une porte qui se trouve être un placard à balai, uniquement bon pour le service d’entretien. Il faut croire qu’ils ont un sens de l’humour très prononcé dans ce bahut… En fin de compte, j’arrive avec un quart d’heure de retard à mon premier cours, ce qui fait très mauvaise impression, le professeur grimace et m’ordonne de m’asseoir afin de me faire oublier pour le reste du cours. Alors que celui-ci reprend son discours en anglais bien évidemment, il faudra que je pense à remercier mes parents pour ce cadeau empoisonné, brusquement un jeune homme aux cheveux noirs de jais qui lui retombe sur le front entre dans la salle sans même prendre la peine de frapper ni de s’excuser. Il me rappelle vaguement le jeune homme qui m’a bousculé dans le couloir mais ca pourrait être n’importe quel étudiant de l’établissement… Je pose mon regard sur sa démarche féline comme s’il était un prédateur, souriant et charmant ses proies féminines assises ici et là. Le professeur ne lui fait aucun reproche comme si c’était tout à fait normal d’agir de la sorte, il n’a d’ailleurs même pas pris la peine d’arrêter son discours. Je me concentre rapidement sur le cours afin d’éviter de me faire remarquer et plonge la tête sur ma copie tout en ayant la sensation désagréable que quelqu’un me fixe. Les filles n’arrêtent pas de glousser et le cours se poursuit ponctuer par les soupirs du professeur. Il va vraiment falloir que j’envoie des remerciements à mes parents de m’avoir envoyé dans cet enfer où tout le monde parle une autre langue, heureusement que j’ai quelques bases sinon j’aurais pu dire adieu à ma licence.

- Leighton !

Le nom que le professeur vient de crier, interrompt le rire d’un jeune homme roux très tape à l’œil, je suis d’ailleurs sur de l’avoir déjà vu lui dans le couloir. Son style excentrique, ses cheveux coiffés en crête, ses yeux verts soulignés par du khôl et son écharpe aux couleurs vives, à coté de lui, je suis tout son contraire, je suis même devenu pro dans l’art d’être invisible. Même le fait que mes cheveux soient d’une longueur plus étonnante qu’ordinaire, je n’attire pas l’attention, mon teint est tout ce qu’il y a de plus banal, mon physique l’est d’autant plus et mes yeux verts n’ont pas autant d’impact que les siens. Je sors brusquement de mon imputation personnelle en remarquant les pupilles du rouquin qui me fixe pendant un certain moment puis il retourne à la contemplation de sa voisine avec qui il reprend sa conversation comme si de rien n’était. Je pose ma tête sur la paume de ma main en m’appuyant sur mon coude et laisse mon regard s’évader sur l’extérieur. Les flocons de neige s’écrasent sur le béton en laissant derrière eux leur marque blanche et j’aimerais pour quelques instants me trouver dehors pour profiter de ce spectacle. Lorsque le cours s’achève enfin, je m’aperçois que je n’en ai pas suivi la moitié, une jeune fille s’approche de moi alors que je range mes affaires puis elle me tend la main et je me focalise sur ses ongles parfaitement manucurés.

- Bienvenue, je suis Lilly, si tu as la moindre question, n’hésite pas, je suis à ta disposition …

Son ton mielleux me donne la chair de poule tellement elle me donne envie de vomir mon maigre petit-déjeuner, je relève les yeux vers elle avec désinvolture, je ne voudrais pas paraitre grossier ni violent dès le premier jour à cause d’une pimbêche qui me fait du rentre dedans alors que je préférerais me couper un bras plutôt que de devoir la toucher. Comme si j’avais besoin d’elle pour me faire à ce nouvel environnement hostile.

- Est-ce tu es sourd ou muet … Ca serait vraiment dommage qu’un garçon aussi mignon que toi puisse …

Elle m’exècre déjà, je ramasse mes affaires et la laisse débiter son flot de paroles qui n’a aucun intérêt pour moi. Je vais pour franchir la porte mais je sens une petite main chétive m’agripper fermement. Je me dégage rapidement de sa prise et fixe cette fille qui m’insupporte avec une expression qui lui fait ravaler ses paroles.

- Lilly, laisse tomber, je crois que tu n’es pas son type !

Je tourne la tête vers cette voix en haussant les sourcils, il s’avère qu’elle appartient au rouquin qui après m’avoir fixé de ses yeux malicieux, me lance un sourire éblouissant.

- Il pourrait au moins me répondre !

- S’il ne le fait pas, c’est qu’il a sûrement compris à quel point tu étais chiante !

Elle me regarde visiblement vexée.

- Jerk !(1)

Je suppose que c’est une insulte, je la regarde s’éloigner avec son sac en bandoulière avec son air boudeur plaqué au visage puis le rouquin me tend à son tour sa main.

- Je ne vais pas te mordre !

Je ne prends même pas la peine de lui répondre, je sors de la salle de classe et profite de la pause d’intercours pour aller chercher un livre dans mon casier. Mais un mec semble avoir élu domicile à cette place précise, c’est la limite que je pouvais supporter et je sens le peu de contrôle que j’avais s’effriter.

- Mec, dégage !

Il se tourne vers moi, me jauge de haut en bas puis je le pousse sans ménagement, agacé de sa nonchalance à ne pas me prendre au sérieux puis j’ouvre enfin mon casier. Je sens l’air sifflé et m’écarte vivement juste avant que son poing ne m’atteigne puis je tire violement sur la porte de mon casier pour frapper sa tête avec, ce qui le fait tomber au sol. Ses amis m’encerclent peu à peu alors qu’ils n’ont rien avoir avec cette interlude et je perds peu à peu confiance en mes chances de m’en sortir indemne. Mais brusquement le jeune homme aux cheveux de jais s’interpose entre moi et les autres avec le rouquin, les effluves de son parfum envahissant petit à petit chaque pore de ma peau, je le vois aider l’espèce de brute à se relever et partir avec lui dans le couloir en lui murmurant des paroles à l’oreille. La brute me jette un regard de haine qui ne m’effraie pas le moins du monde et s’éloigne en compagnie de ses acolytes et de ce mystérieux jeune homme. Le rouquin les suit tout comme moi du regard jusqu'à ce qu’ils disparaissent derrière le croisement d’un couloir puis se tourne vers moi avec un regard incrédule visible sur son visage.

- T’es suicidaire ou quoi ? Dès le premier jour … Franchement tu fais fort !

- Il me gênait !

- Intéressant ! Est-ce que je peux avoir ton prénom maintenant ?

- Je n’ai pas besoin de toi ni de ton petit copain !

- Ah oui ? Mais si tu voulais tant que ça te faire refaire le portrait fallait le dire plus tôt ! Je peux toujours demander à mon PETIT COPAIN de te le ramener, je suis sûr que Jimmy se fera un réel plaisir de pouvoir t’aider !

- Ne te dérange pas pour ça !

J’observe la porte de mon casier légèrement déformer et prend mon livre. Alors que je la referme, je vois de nouveau la main tendue du rouquin devant moi.

- Moi c’est Jared !

- Tu ne lâches jamais l’affaire ?

- Non pas tant que je n’aurais pas obtenu ce que je veux !

- C’est Sloan ! Maintenant casse toi, tu m’ennuie !

- Tu devrais sérieusement reconsidérer ton approche sociale avec les autres !

- C’est gentil mais mon psy ne m’a pas prescrit assez de prozac pour que je puisse me le permettre !

- Quel sens de l’humour ! Limite tu ferais sourire un mort !

Il retire sa main, comprenant enfin que je ne prendrais pas la peine d’entrer en contact avec lui puis me dirige vers la terrasse aménagée pour les fumeurs. Je sors une cigarette de mon paquet déjà bien entamé et l’allume avec mon briquet. Après deux bouffées toxiques, la pression redescend enfin, le toussotement incessant de Jared dans mes oreilles m’agace au plus haut point et je me tourne enfin vers lui afin de lui accorder mon attention.

- Si tu dois être mon petit chien, j’apprécierais que tu cesses de me cracher dans les oreilles !

- Je n’aime pas l’odeur !

- Ca, c’est de loin mon problème !

Je finis ma clope tout en posant mon regard sur la foule d’étudiants dans la cour, un étage plus bas et mes pensées s’égarent sur la silhouette familière de l’ami de Jared qui semble vraiment très sociale et populaire par-dessus le marché. La sonnerie de la reprise des cours m’arrache à ma contemplation subite et je rejoins ma salle de classe suivit de près par Jared qui ne me lâche pas d’une semelle. Je m’assois à une table et lis les instructions qui sont inscrits au tableau. Il s’agit tout simplement d’un travail de recherche de toute évidence qui se déroule sur trois heures, un jeu d’enfant pour moi, je sors quelques feuilles blanches que je noircis de notes sur mes propres connaissances du sujet puis j’allume l’ordinateur portable mise à disposition sur chaque table. Je recherche quelques notions sur lesquelles je dois donner de plus amples détails et commence à rédiger ma copie tout en écoutant l’intégralité de mon répertoire musicale. Je suis en quelques sortes un génie fainéant qui pour ne pas sortir de la normalité, préfère largement suivre un cursus comme les autres plutôt que de sauter des classes. A la base, ça me permettait surtout d’avoir du temps libre pour me consacrer à ma passion mais à présent, il va falloir que je l’utilise pour apprendre l’anglais. Quand je pose enfin mon stylo, Jared semble abasourdi, il regarde ma copie puis fixe la sienne complètement blanche. Ma nuque me brûle mais j’évite soigneusement de lancer un coup d’œil pour trouver qui me fixe, c’est peut être l’autre fille insignifiante qui a voulu gratter l’amitié avec moi tout à l’heure alors je préfère m’abstenir. Je me lève, donne ma copie au professeur et retourne gentiment m’asseoir.

Après plusieurs longues minutes d’ennui, j’attends une voix s’élevée dans la salle et enlève un écouteur pour voir si cela a un quelconque intérêt.

- Jeune homme !

Je relève doucement la tête vers le professeur qui se trouve juste en face de moi en tenant fermement ma copie comme si elle pouvait s’échapper.

- Veuillez me suivre !

Je me lève, le suis dehors dans le couloir et il secoue mon devoir devant mon visage comme si j’ignorais de quoi il s’agissait.

- Où avez-vous eu ce devoir ? Je veux un nom !

- Le mien ?

- Je ne suis vraiment pas d’humeur jeune homme alors vous feriez mieux de ne pas abuser de ma patience ou vous irez directement faire un tour chez la directrice !

- Je viens d’écrire ce devoir, demandez à Jared !

- Mais bien sûr, je vais demander à ce guignol quelque chose de cette importance ! Vous ne me laissez pas d’autres choix ! Allez chez la directrice avec votre Torchon !

Il me lance ma copie à la figure et me claque la porte au nez. Génial, absolument génial, à présent on me prend pour un tricheur dépourvu de la moindre intelligence. Mon portable vibre dans ma poche, je m’éloigne de la porte de la salle tout en le sortant et en fixant le nom de mon frère affiché sur l’écran avant de décrocher.

- Hey Bro’ alors cette matinée ?

- Es-tu sûr que les parents n’avaient pas de meilleure idée que celle là ?

Il se met à rire fortement et je prends appuie contre le mur du couloir tout en me laissant glisser jusqu’au sol.

- Ca se passe aussi mal que ça ?

- Pire encore !

Je soupire de lassitude et ferme les yeux.

- J’aurais peut être dû accepter leurs conditions ….

- Et ton rêve dans tout ça ?

- Ce n’est qu’une passion, ne t’enflamme pas !

- Si tu dois subir ce changement, c’est uniquement à cause de ça et peut être aussi en raison de tes relations !

- Quoi mes relations ?

- Sloan, ne fais pas celui qui ne comprend pas !

- Alors c’est pour ça qu’on m’a envoyé ici, on me traite comme un gamin de cinq qui a été pris en faute ! Je n’en reviens pas d’être puni pour ça !

- Tu n’as pas vraiment pas le choix pour le moment ! Essaies de trouver des gens sympas, étudie et abstiens-toi gentiment !

- Tu as un humour déplacé ! Et …

Mais je n’ai pas le temps de dire quoique ce soit d’autre vu qu’on me prend mon portable des mains et l’étudiant responsable de cela raccroche au nez de mon frère.

- C’est interdit le Mioche !

- Rends le moi !

Je me relève brusquement alors que l’étudiant jette mon portable à son ami un peu plus loin puis il me plaque contre le mur en appuyant avec son avant-bras sur ma trachée.

- Jimmy a raison de dire qu’il faut sérieusement te remettre à ta place vu comment tu regardes les gens de haut, hein le Mioche, ça ne te dirait pas de te refaire le nez ?

Il me prend le menton entre ses doigts et me fait relever la tête pour lui faire face.

- Lâche moi tu vas te faire mal !

Il se met à rire puis j’entends des pas s’approcher et concentre mon attention sur la silhouette qui vient d’apparaître à coté de l’ami de mon agresseur. Je l’entends faire claquer sa langue en signe de mécontentement et le dit ami semble blanchir à vu d’œil.

- Carter, je crois que tu ferais mieux de le lâcher …

- Et pourquoi ça ?

Mon agresseur se retourne vers son ami et croise le regard métallique du jeune homme qui vient d’arriver.

- De quel coté tu es ?

- Du mien …

Ce n’est qu’un murmure et pourtant mon corps entier réagit à ces simples mots. Mon agresseur me relâche et part rapidement avec son ami sans demander son reste, qui est donc ce mystérieux jeune homme aux cheveux noir de jais ? Il s’approche de moi jusqu'à ne plus être séparé que d’une très faible distance puis il tend son bras, sa main rencontrant sans douceur mon estomac. Je comprends alors qu’il me tend quelque chose, je l’attrape donc avant qu’il ne le laisse tomber puis me fige brusquement alors qu’il reprend son chemin pour rejoindre une classe ou je ne sais quoi. Je m’effondre, pantois au sol, alors que j’essaye vainement de faire abstraction de mon érection plus que protubérante. Après de longues minutes à penser à des images dégueulasses, je me relève, mon problème majeur ayant régressé, puis je vais dans le bureau de la directrice. Où comme de par hasard, je le recontre à nouveau, tranquillement assis sur l’un des fauteuils, ne me regardant même pas une seule fois.

- Qu’est-ce qui vous a pris aussi longtemps ? Votre professeur m’a envoyé le responsable de votre classe pour me prévenir de l’incident !

- Le responsable ?

Je le regarde brièvement mais je sens mon malaise revenir à vitesse grand V et je garde mon regard ancré dans celui de la directrice.

- J’attends vos explications Jeune Homme !

- A quel propos ?

- Votre retard premièrement puis votre fameuse copie !

- Je me suis … perdu et j’ai rédigé moi-même mon devoir !

- Vous êtes sûr qu’aucun élève d’un niveau supérieur ne vous a pas donné sa copie ?

- Pour quoi faire ? De plus, sauf votre respect Madame, je viens juste de débarquer ici, je ne connais personne alors pourquoi est-ce qu’on me donnerait gratuitement une copie ?

- Il n’a pas tout à fait tord !

Je me fige brusquement en entendant sa voix suave et rauque qui m’envoie de puissants frissons le long de ma colonne vertébrale et je me retiens ardement de penser à des images obscènes le mettant dans des positions où des gémissements érotiques pourraient sortir de sa bouche. La directrice me regarde avec attention puis me prend ma copie des mains pour la lire.

- Assis toi !

Elle ne lève même pas les yeux vers moi pour me donner son ordre et je me sens plus qu’insignifiant. Je m’assois dans l’autre fauteuil qui se trouve devant le bureau de cette femme austère et j’évite par tous les moyens de regarder l’autre personne présente dans cette pièce. Après de longues et interminables minutes, la directrice repose son attention sur moi.

- C’est réellement toi qui as écrit ce devoir ?

- Mes parents ont mal fait le leur de toute évidence ! A moins qu’ils aient mis sur mon dossier que j’étais un attarder !

- Baissez d’un ton vous voulez ! Vous n’êtes pas dans un établissement de sous catégorie ici alors cessez immédiatement de me manquer de respect en haussant le ton !

Je me retiens de soupirer et même de l’insulter car elle commence sérieusement à me taper sur les nerfs elle aussi, à me prendre pour un tricheur qui à recopier les imbécilités d’un autre sans même y avoir réfléchi.

- Je peux concevoir que cette situation vous agace, mais vos parents n’ont pas réellement signalé votre niveau ! Alors il est normal que votre professeur vous prenne pour un tricheur lorsqu’il a vu la qualité de votre copie !

Qu’il me traite comme un chien aussi c’est normal ?

Elle prend le combiné de son téléphone et compose un numéro. Après quelques secondes, j’entends vaguement la voix de son interlocuteur que je reconnais en tant que celle de ma mère. Je m’enfonce un peu plus dans le fauteuil, craignant par-dessus tout ce que ma mère est capable de dire à cette femme qui pourrait faire de mon séjour ici, un véritable enfer. Je sens mon portable, que m’a remis le brun dans le couloir un peu plus tôt, vibrer. Je fixe le nom de mon frère mais le regard de mécontentement de la directrice me dissuade d’y répondre. J’évite de suivre la conversation entre les deux femmes, tout du moins je tente de l’ignorer parce que je n’ai pas encore pardonné à ma mère de m’avoir fait ce coup là et que juste le fait d’entendre sa voix m’hérisse les poils. Après avoir raccroché en souhaitant une bonne journée à ma mère, la femme qui dirige cet établissement me regarde comme si elle allait pouvoir lire ce que je pense par l’opération du Saint Esprit ou quelque chose dans le même genre. Elle se met à rédiger une lettre qu’elle me tend en même temps que mon devoir puis me fait un signe de la main pour que je disparaisse de sa vue. Je me lève sans rien dire, passe la porte et claque celle du secrétariat. J’attrape mon téléphone et compose rapidement le numéro de portable de mon frère.

- Oui ?

- Elle se fout de ma gueule ? Elle voulait me faire passer pour un con devant toute l’école ? C’est ça sa tactique pour me faire craquer ?

- Parce que ça marche ?

- Non !!!! Mais elle pourra crever la bouche ouverte quand elle sera vieille, aigrie et malade !

- Sloan, calme-toi ! Tu veux venir chez moi après les cours ?

- Non je ne crois pas !

- Hey Petit Frère, j’y suis pour rien ! Ils ont pris leur décision sans m’en parler ! Ils m’ont appelé hier pour me dire que tu arrivais par le train !

On me pousse légèrement pour me faire avancer et je me tourne pour rencontrer le regard froid du jeune homme qui passe devant moi après cela et se dirige vers la salle de classe dans laquelle nous étions quelques temps auparavant. Je le suis parce que je sais que c’est là que je dois me rendre et que je ne suis pas sûr que le professeur soit aussi clément que la directrice sur mon retard.

- Je te rappelle plus tard !

- Ne te prends pas la tête à cause d’eux, quand tu auras une situation qui te permettra de tout lâcher, tu pourras faire ce que tu veux mais en attendant essaye de garder patience !

J’acquiesce d’un son et raccroche. Mes jambes me guident d’elles-mêmes sur le même chemin que cet inconnu puis on s’arrête devant une porte.

- Par ailleurs, les téléphones sont vraiment interdits alors tâche de ne pas l’utiliser tant que tu seras dans le bâtiment !

- Oui maman !

J’ouvre la porte sans même attendre qu’il le fasse et me dirige vers le bureau du professeur pour lui remettre la lettre et mon devoir.

- Va t’asseoir !

Il faut croire que c’est la mode dans cet établissement de traiter les gens comme des petits chiens. En parlant de ça, je rejoins Jared qui semble extrêmement excité comme si on venait de lui ramener un os à ronger. A peine ai-je posé mon cul sur la chaise qu’il se penche vers moi.

- T’en a mis du temps ! Qu’est-ce qu’elle a dit ?

- Que je ne devrais pas trainer avec des abrutis notoires parce que ça influençait mon incroyable intelligence !

Il me tape gentiment l’épaule et se reconcentre sur sa copie. Je le regarde sans vraiment comprendre pourquoi il accepte toutes mes remarques désobligeantes et méchantes sans rien dire. Normalement, les gens m’envoient me faire foutre ailleurs et je me complais dans ma solitude mais lui s’obstine à supporter… Le professeur ne me fait plus aucune remarque jusqu'à la fin du cours et je reste moi-même silencieux. Lorsque l’on est enfin libérer pour le reste de la journée, il m’est impossible de trouver Jared et je me dis que finalement, il a fait comme les autres et qu’il en vivra bien mieux. Je récupère mes bouquins que j’aurais besoin pour un devoir et pars directement à la station de métro. Quand le train arrive enfin, je m’assois à une place sans faire réellement attention malheureusement après avoir passer une station, je m’aperçois qu’il a un groupe d’étudiants de mon université qui se fait particulièrement remarquer en parlant fort et sans la moindre gêne. Même mes écouteurs n’arrivent pas à dissimuler le bruit qu’ils peuvent faire. Arriver à destination, je descends et me dirige vers les résidences d’étudiants dans lesquelles je vais devoir trouver ma chambre. Je feuillette les documents que la secrétaire de l’accueil m’a donnés en début de matinée et m’aperçois que j’ai le numéro 9522. En observant les premières portes, je comprends que je me trouve au neuvième étage, je fixe le panneau d’indications dans le couloir ainsi que le plan d’évacuation pour constater que les chambres sont immenses. Je trouve finalement ma chambre qui regroupe les numéros 21, 22, 23 et 24. Quand j’ouvre la porte grâce à ma clef, je découvre un immense salon/cuisine, parfaitement aménagé de plus avec bon goût. Deux sofas pas trop grand mais suffisament larges pour accueillir trois personnes, une télé plutôt récente si j’en juge de sa dimension et de sa légèreté de profondeur, les murs sont tapissés de photos posters de diverses grandes villes comme Tokyo, Sydney, New York, Hong Kong, Paris, Berlin et des dizaines d’autres sur lesquelles je jette un rapide coup d’œil appréciateur.

J’ignore qui les a prise mais c’est amateur, non pas parce qu’elles sont imparfaites mais parce qu’étant donné leur qualité, l’artiste aurait été bien plus connu. La peinture rouge pourpre de ce salon rend l’ambiance chaleureuse et accueillante, j’imagine difficilement combien mes parents ont dépensés pour ma punition d’extradé. La cuisine opine davantage sur une couleur pourpre noir, entièrement équipée avec un réfrigérateur américain, comme si c’était vraiment utile qu’il fasse des glaçons, les éléments de cuisine oscillent entre des tiroirs noirs et des placards blancs, je suis sûr que ça me donnera une raison de plus de me lever le matin juste pour pouvoir faire quelque chose dans cette cuisine. Il y a trois autres portes, dont deux qui s’opposent dans cette pièce, qui me permettent de découvrir encore plus d’espace. J’opte pour celles de gauche et ouvre celle vers la fenêtre. Je découvre alors la salle de bain qui en prime d’avoir une douche aux parois transparentes incrusté au mur, possède une baignoire avec des galets intégrés sur le rebord, l’ambiance de cette salle d’eau repose davantage sur la détente avec un sol en parquet de bois foncé et la couleur des murs peint en vert clair foncé. Il semble y avoir une étagère pour chaque habitant de cette suite parce que je ne peux vraiment pas la considérer comme une simple chambre.

En ressortant, j’ouvre l’autre porte et tombe sur une chambre dont deux occupants habitent en collocation, la pièce est comme divisé en deux et on peut voir distinctement le changement de personnalité entre les deux personnes. L’une semble aimer les photos et l’autre les posters de diverses personnes dont j’ignore sincèrement le nom d’artiste. Je referme rapidement la porte ne voulant pas vraiment m’attarder sur leurs personnalités qui ne m’intéresse pas et traverse le salon pour découvrir ma future chambre. Celui qui partage ma chambre n’a visiblement pas dépasser son terrain, me laissant remplir ma partie complètement vierge de mur, mon sac de voyage est déposé à coté de mon lit simple et j’ai à ma disposition un bureau spacieux, une commode et une étagère pour ranger éventuellement mes livres. Je range rapidement mes affaires pour pouvoir attaquer mes devoirs mais laisse les murs totalement blanc. Après avoir passé quelques heures sur un devoir, je sors de ma pièce et rencontre du regard la brute de mon casier. Il me regarde légèrement surpris de me trouver là, dans son salon qui est devenu le mien également et alors que je me dirige vers la porte pour sortir, il se met à rire.

- Comme on se retrouve, finalement la vie fait bien les choses !

- Charmant !

Je ne prends même pas la peine de me tourner vers lui pour m’adresser à lui et ouvre la porte mais à peine l’ai-je franchi que je me retrouve violement plaquer contre le mur du couloir. Je reçois peu après un coup de poing bien placé dans les côtes, après m’être remis du choc, je prends appuie sur mes bras et pousse pour plaquer mon aggresseur contre le couloir d’en face. Je me retourne vers lui et me prends un coup à la machoire qui manque de me faire m’évanouir vu la force qu’il y met. Je réplique assez rapidement en lui donnant un coup au thorax puis dans ses bijoux de famille, il se plie en deux sous la douleur, le point faible de l’homme, il n’y a pas que les femmes qui sache là où frapper pour se débarrasser d’un mec.

Il me fonce dedans alors que je ne m’y attendais pas vraiment, sa tête percutant mon estomac, il m’entraîne beaucoup plus loin dans le couloir et me fait percuter de plein fouet une table que je renverse en tombant au sol. Il se met au dessus de moi et me frappe violement au visage. Je réplique en frappant dans son coude qui cède dans un craquement, il se met à crier mais j’ignore si c’est de douleur ou de colère. J’en profite pour lui taper dans les côtes deux fois assez vivement, il me redonne un coup au visage et je fais de même avec mon poing gauche, c’est alors que j’entends quelqu’un crier et je pousse violement ce dingue pour prendre de la distance et éviter de me faire chopper en plein bagarre. Je jette un coup d’œil autour de moi et découvre qu’il s’agit de Jared accompagné de son ami, le mystérieux jeune homme. Décidément, ce n’est visiblement pas mon jour … La brute tente de foncer à nouveau sur moi mais Jared se met entre lui et moi, ce qui me surprend encore davantage.

- Arrête tes conneries Jimmy !

- Va te faire foutre la tafiole tu me gênes !

Il le pousse violement sur le coté et d’un seul coup de poing de ma part, il tombe inerte sur le sol, mon sang afflue dangereusement à travers mes veines et je repars sans plus tarder vers la chambre afin d’éviter de faire une connerie que je pourrais regretter. Je vais directement dans la salle de bain pour constater les dégâts et je dois bien admettre que je fais vraiment peur, ma lèvre et mon arcade saignent et je vais probablement avoir un œil au beurre noir, je me passe le visage sous l’eau en ignorant le tiraillement de mon corps qui me fait souffrir au niveau des côtes puis lorsque je relève la tête, je vois Jared derrière moi dans le reflet du miroir.

- Tu sais que tu pourrais être renvoyé pour ça !

- Lui aussi alors ça me va !

- Toi, tu es encore conscient !

- Quelle différence ça fait ?

Je m’essuis avec ma serviette de toilette, récupère rapidement mon portable sur le lavabo et sors de la chambre.

- Où est-ce que tu vas ?

- Je croyais que les chiens ça ne parlait pas !

- Je suis sérieux Sloan ! Tu ne peux pas sortir comme si tu étais dans un moulin ici, la résidence a des règles strictes !

- Et si je te dis que je vais aller me branler dehors, ça te suffit comme excuse pour que tu me lâches !

Il me regarde un peu étonné de ma remarque, je manque de peu de frapper dans le mur et sers juste mon poing un peu plus durement.

- Tu veux que je te donne une bonne raison de me laisser partir ? Si tu continues à me prendre la tête, tu pourrais te retrouver dans le même état que ce fils de pute ! Est-ce que j’ai été assez clair ?

- S’il te plaît !

J’ignore son regard et son ton suppliant et sors par la sortie de secours.


(1) Jerk = Pauvre Type


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