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La Ponte
Auteur : Fania.
Genre : Fantasy, et début d’Amitié.
Copyright : Tout est à MOI, donc merci de demander la permission avant de réutiliser ou de redistribuer^^
Note : Cette histoire se passe dans les Terres de Brumes, plusieurs siècles avant la naissance de Myranael, Yamaël et les autres.
Pour les précisions géographiques, un lien est disponible sur mon profil vers une carte des Terres de Brumes.
Pour ce qui est des question chronologiques, j’espère parvenir à bricoler une frise ou quelque chose du genre aussi rapidement que possible. En attendant, n’hésitez pas à me poser toutes les questions que vous voudrez, et j’y répondrais aussi vite que possible^^
La Ponte"S'il n'y a qu'un seule elfe dans toute les terres de Brumes qui n'a aucune chance d'être Chevalier un jour, c'est bien toi! Alors cesses de rêvasser et retourne au travail, cette ferme ne va pas se gérer toute seule!"
Nombre de jeune elfe, à ces mots, se seraient précipitées dans leur chambre pour y pleurer tout leur saoul… Mais Zaou, parfaitement consciente de l'inutilité de ce geste, se contenta d'obéir à son père adoptif.
Ce n'était pas un mauvais homme: il ne l'avait jamais frappée, et elle ne manquait de rien sur le plan matériel… Mais elle se sentait plus employée que fille, dans cette maison. Sa mère ne lui avait jamais rien offert qui ne soit pas utile à son travail, et, bien que tout deux soient des gens tout à fait corrects et respectables, Zaou ne les aimait pas.
Ce jour la, elle nourrit les grisous comme elle en avait l'habitude, et affûta les faux qui devaient servir à récolter les algues le lendemain. Le soir venu, tandis que les adultes buvaient une dernière gorgée dans la salle à manger, elle se glissa dans la chambre de son père et y subtilisa la lettre de l’Ordre, reçue deux jours plus tôt. Après quoi, elle glissa à la hâte quelques affaire dans un sac et, nageant aussi vite qu’elle le pouvait, elle quitta la ferme ou elle avait grandit, en direction d’Aquiline, la capitale du Royaume Sous-Marin.
Six mois plus tard, ayant passé toutes les épreuves de sélection et gagné le droit de tenter sa chance pour devenir Chevalier Dragon, la jeune elfe Aquatique se tenait au bord d’un vaste cercle de sable noir et bouillant ou s’étalait environ quatre à cinq centaines d’œuf, de couleur, de tailles et même de formes variées.
Les familles des six cents candidates et candidats étaient rassemblées dans des gradins de bois, apparemment installés spécialement pour l’occasion. Les Elfes Aquatiques se massaient à gauche, près de la fraîcheur apportée par une petite cascade. A l’opposé, les elfes Noirs s’étaient plutôt rapprochés de la chaleur produite par les œufs et les Dragons et, au milieu, se tenaient les membres des autres races, dont le mélange reflétait parfaitement celui de leurs enfants Aspirant à l’Alliance.
En regardant autour d’elle, Zaou reconnu deux ou trois Elfes qui avaient passé les épreuves de sélection en même temps qu’elle. Elle avait également remarqué un groupe d’une trentaine de fées, sur sa gauche, et même quelques Lüssyoles. Il semblait qu’aucun Nain n’avait été choisit, cette année là.
Dans l’ensemble, si l’on prenait en compte le souvenir des guerres ayant déchirés les différentes Races d’Elfes, qui était encore très présent dans les mémoires, les jeunes gens semblaient plutôt peu enclins à s’entretuer, à défaut de faire preuve d’une franche cordialité. Toutefois, à sa propre surprise, Zaou aperçut une elfe sylvestre qui lui lançait un clin d’œil accompagné d’un sourire malicieux.
« Bonjour. » Fit-elle avec bonne humeur.
« Bonjour. » Lui répondit Zaou.
« C’est une vision vraiment unique, pas vrai ? »
Zaou acquiesça. Même lors de ses trois voyages à Port Meirion, pourtant l’une des zones les plus cosmopolites des Terres de Brume –avec Port Salé et Mabea- Zaou n’avait jamais vu pareille diversité de races et d’apparences… et ce sans même mentionner le fait que toutes les classes sociales étaient représentées. On voyait quelques Elfes ou fées richement parées côtoyer des jeunes gens en haillons sans s’en indigner -ou du moins, sans montrer qu’il s’en indignaient.
« Je m’appelle Zoanie. » fit l’Elfe.
« Et mon nom est Zaou. Enchantée. »
Zoanie effectua une légère révérence. Ses cheveux châtain clair étaient tirés en queue de centaure, bien qu’une mèche tombât sur l’œil gauche de la sylve. Elle était plus grande que Zaou d’une bonne tête, sa peau brune semblable à de l’écorce, et ses yeux couleur de tourbe. Elle portait une sorte de tunique de jonc verts, très solide, que Zaou avait déjà remarqué sur plusieurs autres Aspirants dont la race variait.
« C’est ta première Ponte ? » interrogea Zoanie.
L’Elfe aquatique ne retint pas une exclamation de surprise presque espérante.
« On peu avoir plusieurs Dragons ? »
« Bien sûr que non ! » S’amusa Zoanie. « L’Alliance est quelque chose d’unique ! Mais si les Aspirants ne forment pas d’Alliance lors de leur première Ponte, ils peuvent rester ici pour travailler au service de l’Ordre, et attendre la prochaine Ponte. »
« Quand aura-t-elle lieu ? »
« Dans soixante ans. »
« Et à combien de Pontes as-tu assisté ? » Interrogea Zaou.
« Deux. Cette année c’est ma dernière chance de trouver un partenaire… »
Elle fit le geste de croiser les poignets au niveau de sa poitrine, pour se porter chance, et Zaou lui adressa un sourire encourageant.
« En ce qui me concerne, c’est la première fois. » Dit-elle doucement. « Mais je resterais ici, même si je ne forme jamais d’alliance. Je n’ai pas envie de rentrer chez moi. »
Zoanie ne lui posa pas de question sur cette décision mais lui adressa un large sourire.
« C’est aussi ce que j’avais résolu de faire… Au moins sommes nous sûre de nous revoir. »
« Mais dis-moi, » reprit Zaou, « Quel âge as-tu ? »
« Cent quatre-vingt ans. Il paraît que je suis née le jour d’une Ponte, mais je n’y crois pas vraiment. »
« C’est peut-être vrai, et dans ce cas… »
Mais Zaou ne put achever sa phrase : un cri retentit brusquement parmi les dragons et se répercuta sur les montagnes entourant l’aire de Ponte. Très vite, un grondement se joignit au cri, bas comme un son de cor de guerre. D’autres voix d’autres tonalités se superposèrent aux deux premiers. Après une minute ou deux, les grondements étaient devenus si intenses que Zaou crut que sa poitrine allait éclater sous l’effet de l’émotion.
Puis, brusquement, le silence.
Chacun s’immobilisa, retenant son souffle, les yeux fixés sur les œufs aux couleurs chatoyantes. Après un temps, alors qu’on commençait à croire qu’il s’agissait d’une fausse alerte, on entendit un craquement sec, suivit d’autre plus petits. Sur la gauche du cercle, un œuf opalescent, presque sphérique, s’agitait spasmodiquement.
Enfin, dans un dernier craquement, une tête ronde et brune, surmontée d’une crête osseuse émergea de la coquilles. Alors, comme sur un signal, les autres œufs se mirent à grincer à leur tour, et les Aspirants se préparèrent à courir vers leurs partenaires respectifs…
La ponte commençait.