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GOLDORAK : LE RETOUR DE GOLDORAK
LE RETOUR DE GOLDORAK Episode 13
Procius est perdu dans ses pensées. Cela fait plusieurs semaines que Véga se tient tranquille, ce qui n’est pas vraiment dans leurs habitudes. Le prince effectue une patrouille de routine en compagnie d’Alcorak, alors que Faussoirak et Vénusiak survolent une autre région. En dessous de Goldorak, la végétation reprend sa couleur verte, le printemps a pointé le bout de son nez.
- « Quel temps fait-il sur Euphor, se demande le prince. Comment est la végétation ? Comme j’aimerais que cette guerre soit finie, je pourrais enfin rentrer sur mon monde ».
- Encore une patrouille de faite sans aucune trace de Véga, déclare soudainement Daisuke aux commandes d’Alcorak.
- Cela commence à devenir inquiétant, répond Procius tiré de ses pensées.
- Ils ont peut être renoncé !
- Si seulement tu pouvais dire vrai.
- Ce serait trop beau, fait Hikaru dans la radio.
- Nous n’avons rien vu non plus, ajoute Kohumé.
- Compris, confirme Procius. On se regroupe vers Perlépolis et on rentre à la base.
- Reçu !!! , font les trois jeunes pilotes.
- Procius ? , hasarde Hikaru.
- Quoi ?
- Vu que Véga est calme et que le temps est beau, on pourrait peut-être faire cette sortie au parc d’attractions.
- C’est une bonne idée, intervient Kohumé.
- Ouais ! Un peu d’amusement, ajoute Dai.
- Qui vous a invité à vous joindre a nous ? , bougonne Hikaru.
- Je vais voir avec Alcor, répond le prince.
- Le général Ch’lang c’est rendu trois fois dans le laboratoire du professeur Gyllah dans la journée d’hier, rapporte une femme aux cheveux roses.
- Rien d’autre Vesta ? , demande le commandant Minarvea.
Les deux femmes sont assises l’une en face de l’autre, il n’y a que le bureau qui les sépare.
- Non, rien de plus sur le général, répond l’espionne.
- Et sur le Stratéguerre ?
- Il n’a toujours pas quitté ses quartiers. J’ai introduit un de nos agents dans le groupe des serviteurs, mais impossible de voir le Stratéguerre. Il fait déposer tous ses plats devant sa porte.
Le commandant sort d’un tiroir l’image d’une femme aux cheveux marron clair et à la peau blanche.
- « Depuis notre dernière défaite, Végalian s’est enfermé dans ses quartiers. Il a été très marqué par cette bataille. Je me demande si cette fille a un rapport avec tout cela ? » , pense Minarvea .
La jeune femme aux cheveux roses reste silencieuse laissant son supérieur réfléchir calmement.
- As-tu
trouvez trace de cette fille ? , demande soudainement le
commandant.
- Personne ne répond à cette image dans toute la
flotte.
- Mince ! Et dans l’entourage de Végalian ?
- Je n’ai rien trouvez dans nos archives concernant ses proches qui pourraient correspondre à cette personne.
- Pour qu’il garde une image d’elle sur lui, c’est qu’elle doit lui tenir à cœur.
- Peut-être n’est-elle plus en vie, suggère l’espionne.
- J’y ai pensé aussi. Et si elle venait d’un des mondes que nous avons asservis ?
- J’ai vérifié si elle pouvait appartenir à une famille importante des planètes conquises sans aucun résultat.
- Continu tes recherches, sait-on jamais.
- À tes ordres.
Vesta se lève et quitte le bureau du commandant. Minarvea reprend l’image et l’observe.
- Mais qui es-tu donc pour troubler notre Maître ? , se demande-t-elle à haute voix.
Non loin de là au même moment, le général Ch’lang est devant son bureau, il actionne son moniteur pour contacter le Stratéguerre.
- Votre Majesté ?
Un long silence, puis la voix de Végalian se fait entendre. Il a une voix étrange dans laquelle se mêlent chagrin et colère avec un léger enrouement. Sur le moniteur il n’y a aucune image hormis le logo de la division ruine, le Stratéguerre ne se montre pas. Cela fait des jours que le général informe Végalian de ses projets sans que ce dernier ne montre son visage.
- Que veux-tu Ch’lang ? demande Végalian d’une voix éteinte.
- Je tenais à vous informer que nous avons terminé l’implantation d’une base sur Terre.
- Bien. Souhaitons qu’elle ne soit pas découverte rapidement.
- Il n’y a aucune chance, elle est à la vue de tous, répond le général.
- Que dis-tu ?
- Nous l’avons construite à la vue de tous, mais personne ne soupçonne que c’est une de nos bases. Les humains prennent cette construction pour…
- Je ne désire pas le savoir, coupe sèchement Végalian.
- Pardon Maître.
- Fais que nous soyons victorieux !
- Oui votre grandeur.
Le Stratéguerre coupe la communication.
- Il n’est plus que l’ombre de lui-même, mais je dois me méfier dans cet état il pourrait me faire disparaître pour un rien, constate Ch’lang.
Les trois jeunes pilotes sont rentrés au centre, ils ont quitté leurs appareils et remis leurs affaires civiles. Ils se trouvent dans la salle de repos. Procius quant à lui regagne le centre en utilisant une autre route. Le professeur Alcor entre dans la pièce pour se servir une tasse de café. Sa femme, Sayaka, le suit. Une fois sa tasse remplie, Alcor s’installe à la table.
- Alors comme cela vous avez envie d’une sortie dans un parc d’attractions, lance le professeur.
- Euh… Oui, bredouille Hikaru.
Sayaka s’installe à la table.
- D’autant plus qu’il y a un nouveau parc qui vient d’ouvrir, ajoute la femme.
- C'est-à-dire que…
- Comment vous savez que nous voulons sortir ? , s’étonne Kohumé.
- Vous en avez parlé à la radio, rétorque Sayaka.
Le prince d’Euphor, vêtu d’un jean et d’un sweet blanc, entre dans la salle et voit tout le monde autour de la table.
- Il y a un conseil de guerre ? , fait Procius.
- Nous parlons simplement de votre sortie au parc, répond Alcor en souriant.
- Nous pouvons y aller ? , questionne Dai.
- Véga est calme en ce moment. Je ne vois pas pourquoi je vous refuserais cette sortie.
- Chouette !!!!
- Nous pouvons tous y aller ?, questionne Hikaru.
- Bien sur, il n’y a aucun problème.
- Dans ce cas, je voudrais rester au cas où Véga attaquerait, déclare Procius.
- Ah ça ! Non ! , s’exclame Hikaru en se levant. Tu vas venir avec nous ! Non mais !!! À croire que tu ne veux pas être avec nous !
- Tu voulais dire, corrige Kohumé. « À croire que tu ne veux pas être avec moi ». N’est-ce pas Hikaru ??
La jeune femme ne répond pas. À la table, Alcor et Sayaka regardent la scène avec amusement.
- Non, intervient Alcor. Toi aussi Procius tu peux aller avec eux.
- De plus ce week-end c’est tarif réduit alors profitez en, ajoute Sayaka.
- Bi… Bien, bredouille Procius.
Au camp de la Lune Noire, les quartiers du Stratéguerre sont en pagaille. Des restes de repas traînent un peu partout, sur le sol et le mobilier en compagnie de bouteilles vides. Des vêtements jonchent le sol. Végalian coupe son moniteur, il n’arrive même pas à s’intéresser au projet de son général.
- Que m’arrive-t-il ? , lance Végalian. Plus rien ne m’intéresse !
Il serre ses poings.
- Même le goût de la vengeance m’échappe !
Le Stratéguerre se rend dans son cabinet de toilette, il se regarde dans la glace, mais ne reconnaît pas son visage, ce dernier c’est émacié et ternie ce qui est flagrant avec la barbe qui recouvre ses joues et son menton, ses cheveux en bataille.
- Je ne suis plus rien. Après la grandeur je connais les affres de la décadence !
Végalian plaque ses mains sur le miroir.
- Pourquoi mon avenir a-t-il été gâché !? Mon oncle est mort tué par ce prince d’Euphor ainsi que ma bien-aimée Végalia.
En prononçant le nom de la jeune fille, le Stratéguerre se met à pleurer.
- Je ne suis même pas capable de vous venger !!
Il frappe avec ses poings la glace qui finit par se fissurer.
- Je suis un incapable. Alors que j’ai mi des mondes et des galaxies à genoux, voilà que je suis impuissant face à un seul homme ! Le prince d’Euphor ! Celui qui a pris l’amour de ma douce Végalia ! Lui qui a vaincu le Grand Stratéguerre ! Lui encore qui protège la Terre avec ses alliés humains ! C’en est trop ! Il faut que cela cesse ! Sinon l’un de mes généraux va me renverser ! Il faut que je redevienne le tyran que j’étais, que je sois plus cruel ! Que je dépasse mon oncle !
Le Stratéguerre frappe avec ses poings le miroir qui se brise. Des morceaux de verre s’enfoncent dans ses mains.
- Oui ! La douleur ! La douleur peut être si douce si elle est bien menée ! La douleur est agréable !!! , déclare-t-il dans un rire dément.
Végalian retire les morceaux puis se lave les mains.
- Je vais te faire souffrir prince d’Euphor ! Je vais prendre le temps qu’il faudra, mais un jour tu me supplieras de t’achever. Ce jour-là, j’aurais enfin ma récompense ! Ce jour-là, ma douce Végalia me reviendra ! Elle sera de nouveau rien qu’à moi ! Je serais son unique amour et une fois la Terre sous ma coupe, elle m’épousera et je ferais édifier le plus beau des palais de ce secteur de l’espace pour elle ! Voilà ce que je vais faire !
Le Stratéguerre prend des serviettes qu’il enroule sur ses mains.
- Oui voilà ce qui me reste à faire !
Il sort de la salle de bain pour se rendre à son bureau. Il prend dans ses mains le cadre ou est représenté Végalia.
- Tu vas être fier de moi, mon amour.
Végalian discerne le reflet de son visage dans la vitre du cadre. Il passe une main sur sa barbe.
- Je n’ai plus qu’à couper tout cela.
Il repose le cadre pour regagner la salle de bain. Il voit les morceaux de verre sur le sol, il retourne à son bureau et actionne un interphone.
- Qu’on m’envoie un barbier ! Et qu’on fasse le ménage dans mes quartiers ! Et que l’on m’apporte a mangé aussi !
Le commandant Sog a quitté sa base aquatique, le général Ch’lang l’a chargé de superviser la construction la leur nouvelle base. Il se déplace dans un long couloir éclairé par des néons. Il croise l’un de ses soldats.
- Comment cela se passe ? , interroge le commandant.
- Aucun problème, les terriens ne soupçonnent pas qu’il y ait une base à cet endroit, répond le soldat.
- Parfait. Ainsi, nous sommes camouflés à la vue de tous.
Sog s’éloigne laissant le soldat puis il entre dans une pièce dont un mur est couvert d’écran. Il observe les humains qui défilent sur les moniteurs. Le commandant voit des visages heureux, des gens qui rient, qui discutent avec insouciance.
- Ils ne se doutent même pas qu’ils sont observés à ce moment même ! Quelle idée de génie à eu le général Ch’lang ! « Voilà que j’encense ce Ch’lang ! , pense Sog. Alors qu’il a usurpé le poste qui me revenait ! ».
- Commandant, intervient un soldat au garde-à-vous.
- Quoi ? , fait le commandant en se retournant.
- Je viens vous informer que la construction du Golgoth est achevée.
- Parfait, tout cela au nez et à la barbe des humains comme ils le disent si bien.
Hikaru a les mains croisées sur ses jambes, elle regarde le paysage au travers de la vitre de la cabine, en forme d’œuf, de la grande roue. Elle voit au loin de la verdure, en dessous d’elle une foule de gens qui s’amusent. Elle a le cœur qui bat à la chamade, elle sent monter une suée dans tout son être, sa gorge lui fait mal subitement. Ses lèvres tremblent, elle veut ouvrir la bouche, mais elle n’y arrive pas. Pourtant, c’est le moment idéal ! Celui qu’elle attend depuis des semaines pour ne pas dire des mois. Il est là, dans la cabine lui aussi, assis face à elle, il regarde par la vitre. Hikaru tremble comme une feuille, elle hésite, elle jette un regard de côté, un rayon de soleil se reflète dans les cheveux de l’homme, elle sait qu’elle doit lui parler, mais le courage semble lui manquer. Il faut qu’elle se décide à lui parler avant que le tour soit fini et qu’ils quittent la cabine. L’homme remarque qu’elle l’observe.
- Un problème ? , demande Procius.
- N… Non, bredouille-t-elle.
La jeune fille se tord les mains pour trouver le courage qui lui fait défaut.
- Tu es sur que tout va bien ?
- Oui… Enfin non ! Il faut que je te parle !
- À quel sujet ?
Le courage qui avait subitement rempli le cœur d’Hikaru semble avoir pris la fuite avec la réponse du prince.
- Voilà…, hésite-t-elle. C’est assez délicat pour une fille de parler de cela.
Procius ouvre de grands yeux.
- Pourtant, je ne suis pas timide habituellement…
- C’est moi qui t’impressionne ? , demande le prince en se pointant du doigt.
- Oui ! Euh non ! Ce n’est pas ce que je voulais dire….
Le visage de Procius affiche une expression d’incompréhension.
- En temps normal tu ne m’impressionnes pas, mais là ce que j’ai à dire me met mal à l’aise.
- Hikaru, je ne comprends rien à ce que tu racontes ! Sois plus claire.
- Je fais de mon mieux pourtant.
- Alors, arrête de prendre des chemins détournés et va droit au but !
- Oui ! Tu as raison, confirme-t-elle en se dressant dans la cabine. Il faut que je sois direct !
Le prince a reculé sur la banquette.
- Procius ! Je t’aime depuis que je t’ai vu la première fois ! Je veux que nous soyons ensemble !
Hikaru se jette dans les bras du prince. Sous le choc la cabine vacille.
- Moi aussi je t’aime, répond Procius.
La jeune fille lève les yeux vers ceux du prince. Leurs visages se rapprochent, le prince se courbe pour que ses lèvres se posent sur celles d’Hikaru. Ils restent ainsi échangeant un long baiser, quand leurs bouches se séparent, la jeune fille pousse un long soupir de contentement. Elle se colle contre le prince qu’elle serre fortement dans ses bras en fermant les yeux quand un son strident la dérange.
Hikaru entrouvre ses paupières, le son augmente, elle cligne des yeux pour voir son réveil qui sonne. La jeune fille est recroquevillée sur son lit, elle serre dans ses bras son oreiller.
- Zut ! Ce n’était qu’un rêve, soupire-t-elle. À moins qu’il ne soit prémonitoire !
Hikaru s’étire sur le matelas avant de se lever.
- Allez ! Il faut que je me prépare avant que les autres arrivent !
Un monospace du centre arrive au ranch, à l’intérieur se trouve Kohumé et Procius qui conduit. Dai s’installe à côté de la jeune fille. Hikaru sort du ranch et tombe nez à nez avec sa tante.
- À ce soir, fait la jeune fille.
- Pourquoi donc à ce soir ? , répond Vénusia.
Hikaru marque une pause et regarde sa tante, elle porte un pantalon neuf et un blouson et non ses affaires habituelles quand elle s’occupe du ranch.
- C’est quoi cette tenue ?
- Je viens avec vous au parc, répond Vénusia.
- Quoi !!???
- Je vais servir de chaperon.
- Un chaperon ! Ça existe encore !? Nous sommes assez grands ! Pas la peine de nous surveiller !
- Je ne viens pas pour vous surveiller.
Le visage de la jeune fille s’illumine, elle va pouvoir être seule avec le prince.
- Mais pour te surveiller, précise Vénusia.
La joie d’Hikaru est de courte durée.
- Et pourquoi moi et pas mon frère ?
- Je n’ai pas confiance en toi ! Tu pourrais tenter quelque chose !
- Quoi ? Mais c’est injuste ! Et que pourrais-je tenter, s’emporte-t-elle en défiant du regard sa tante.
- Ne fais pas l’innocente !
- Bon, ce n’est pas que la dispute me déplait, intervient Dai. Mais vous vous décidez à monter ou pas ?
Les deux femmes lancent un regard méchant vers le jeune homme qui instinctivement recule vers le fond du véhicule.
- Je sens que cela va être animé comme sortie, déclare Kohumé en soupirant.
- Si c’est dames veulent bien prendre place, dit Procius en montrant l’intérieur du véhicule.
Une fois tout le monde à bord, la voiture se met en mouvement pour remonter le chemin qui mène à la route.
Dans la voiture qui roule en direction du parc, l’ambiance est pesante, personne ne parle, Hikaru et Vénusia boudent très visiblement. Dai et Kohumé se serrent le plus loin possible sur la banquette. Procius allume la radio pour tenter de détendre l’atmosphère.
Sayaka et Alcor déjeunent dans la salle de repos du centre de recherche.
- Tu crois que leur sortie va bien se passer, demande la femme.
- Je ne vois pas pourquoi, répond Alcor en mordant à pleine dent dans une tartine.
- Je ne sais pas, j’ai une drôle d’impression.
- En plus, Vénusia les accompagne.
- Vénusia est avec eux ?
- Oui, elle voulait les surveiller.
- Je crois avoir trouvé la cause de mon impression.
- Hein ??
Le général Ch’lang se trouve dans la salle de commandement du camp de la Lune Noire.
- Sog ! La construction est-elle achevée ?
- Oui général, nous avons fini tous les travaux.
- Bien, nous allons donc pouvoir bientôt passer à l’action.
- J’attends vos instructions, général.
- Il se peut que je vienne diriger les opérations moi-même.
Le commandant Sog reste de marbre en surface, mais intérieurement il s’est glacé.
- « Ch’lang va venir ! Il va encore tirer la gloire à lui ! Je me demande comment le Stratéguerre a pu le choisir à ma place ! »
- Un problème Sog, fait le général.
- Aucun, répond le commandant. J’attends votre arrivée avec impatience.
- A très bientôt, déclare Ch’lang en coupant la communication.
Le moniteur devient sombre puis le symbole des forces de Véga apparaît. Le commandant Sog reste roide puis sort de la salle de commandement de la base, il se rend dans ses quartiers. Une fois dans sa chambre il saisit le premier objet qui lui tombe sous la main et l’envoi contre le mur.
- Maudit général !!! Si seulement il pouvait lui arriver un accident fatal lors de sa visite !
Le commandant se met à réfléchir, il entend une petite voix dans sa tête, celle de son esprit.
- « Un accident fatal peut toujours se créer, le Stratéguerre n’en saura rien. Ainsi, tu gagneras le poste de général ! , dit la petite voix ».
Sog a le visage qui s’illumine.
- Voilà, un accident peut se créer !!! AH AH AH !
Procius aperçoit les premiers panneaux indiquant le chemin du parc. Le prince se sent soulagé d’un énorme poids. L’ambiance dans la voiture est toujours aussi lourde. Personne ne dit un mot. Il espère qu’une fois arriver à destination le climat sera plus jovial.
- Regardez ! , s’exclame subitement Kohumé.
- Quoi ? , fait Dai.
- Où ? , demande Hikaru.
- La grande roue, droit devant.
Les passagers du véhicule regardent dans la direction indiquée. Ils distinguent le morceau supérieur de la roue et des formes sombres qui sont les cabines.
- Nous y sommes bientôt, déclare Vénusia.
À ces mots, l’ambiance devient brusquement joyeuse.
Végalian, le Stratéguerre marche d’un pas décidé dans les couloirs du camp de la Lune Noire. Les soldats s’écartent devant lui. Le maître de Véga entre dans la salle de commandement, tous les soldats se lèvent d’un seul mouvement pour le saluer. Voyant les militaires salués, le général Ch’lang se tourne pour découvrir le Stratéguerre devant la porte. Le général s’empresse de saluer son supérieur. Végalian s’avance vers son trône avec prestance. Une fois installé sur son siège au centre de la pièce, il impose par sa position solennelle le respect et la crainte.
- Approche Ch’lang ! , ordonne d’une voix puissante Végalian.
Le général obéit promptement. Une fois devant le trône, il s’agenouille.
- Je suis à votre service mon Maître.
- Je veux connaître les tout derniers avancements de ton projet.
- Avec joie, Votre Majesté.
Le général se relève pour s’approcher du trône. Il remarque que les yeux du Stratéguerre ont quelques choses de changées, ils ont un éclat inhabituel. Ch’lang remarque aussi que les joues de Végalian se sont légèrement creusée ce qui accentue l’aspect étrange du regard. Un regard que le général reconnaît, il a déjà rencontré ce regard sur des champs de bataille. Un regard de fou prêt a tout. Le général sent un frisson glacial courir le long de son épine dorsale.
- Raconte-moi tout, souffle le Végalian en souriant.
Ch’lang croit voir un court instant des canines pointues sortir de la bouche de son maître. De plus prés les yeux du Stratéguerre sont parcourus de petites veines colorées.
Le prince gare le véhicule dans le parking à étage du complexe de loisir. Ils descendent de la voiture pour se rendre à l’entrée du parc.
- Bonjour et bienvenue dans notre parc, annonce joyeusement la caissière machinalement.
- Nous voudrions 5 places, annonce Vénusia.
- Cela vous fera 3800 Yens * (environ 25 Euros)
- En effet, ce n’est pas cher pour cinq personnes.
Vénusia règle puis la caissière leur remet leur ticket d’entrée.
- Passez une agréable journée dans notre parc, reprend mécaniquement la femme au guichet.
À peine le tourniquet passé, Dai et Kohumé se séparent du groupe.
- On se retrouve plus tard, lance Kohumé en levant la main en signe d’au revoir.
Hikaru attrape le bras du prince pour l’entraîner dans la foule, mais elle est saisie à son tour par la main ferme de sa tante.
- Où comptes-tu aller comme cela, demande Vénusia en approchant son visage de celui de la jeune fille.
- J’avais envie de faire un tour sur les montagnes russes. Surtout celle qui fait la moitié du parc !
- Pas sans moi !
- Tu ne vas quand même pas nous accompagner sur tous les manèges que nous allons faire !? , s’emporte Hikaru lâchant le prince pour plaquer ses mains sur ses hanches.
- Oh ! Mais que si mademoiselle, répond Vénusia en prenant la même posture.
- Mais je ne suis plus un bébé quand même ! J’ai le droit à un peu d’intimité !
- Tu auras de l’intimité quand je l’aurais décidé !
Un petit attroupement se forme autour du prince et des deux femmes.
- Je n’en reviens pas de ce que j’entends, continue Hikaru. Alors pourquoi mon frère n’a pas le droit au même régime ?!
Procius s’avance vers les deux femmes et les saisit par les bras pour les entraîner à l’écart.
- Vous réglerez cela ailleurs et plus tard sauf si vous voulez servir d’attractions supplémentaires au parc, déclare le prince.
Les deux femmes regardent derrière elles pour voir l’attroupement qui se disperse. Non loin de là, Dai et Kohumé, revêtu d’un poncho fluo avec capuche, sont dans la file d’attente d’une attraction du nom de « Splash Tunnel ».
- On va bien s’amuser, fait Kohumé.
- On va surtout être trempé, répond Daisuke avec beaucoup moins d’enthousiasme.
- D'habitude, tu aimes bien les attractions avec de l’eau, s’étonne la jeune fille.
- Oui ! Mais en été ! Il ne fait pas encore assez chaud !
- Pfff !
Kohumé tourne la tête en faisant mine de bouder alors que la file avance.
- Tu ne vas quand même pas bouder pour ça ? , s’inquiète Dai en posant une main sur l’épaule de son amie.
Kohumé ne se retourne pas, mais elle rit doucement en laissant apparaître la pointe de sa langue.
- Je vois, répond avec excitation le Stratéguerre. Et quand seras-tu prés pour lancer une attaque ?
- Tout est prés. J’envisage de me rendre sur Terre pour diriger moi-même l’assaut, répond le général Ch’lang.
- Ah ? Tu es sûr de ne pas vouloir laisser le commandant Sog s’occuper de cela ?
- Oui Maître, je veux mener l’attaque en personne.
- Bien, si tel est ton choix, répond Végalian avec un sourire de carnassier.
- « Je me demande si je n’ai pas fait une erreur, se dit le général en découvrant l’expression du Stratéguerre ».
- Dans ce cas, reprend Végalian. Prends une soucoupe amirale et rends-toi sur Terre le plus rapidement possible.
- Oui Majesté.
Tapi, dans l’ombre au fond de la pièce, le commandant Minarvea a assisté à toute la scène, un bref éclair passe dans son œil droit.
-« Ch’lang, je crois que tu regrettes déjà ton choix ! , pense le commandant. Tu viens de voir un nouveau visage du Stratéguerre que tu ne connaissais pas. Celui de la cruauté et de la démence ! Le voilà redevenu tel qu’il était avant. Non ! Il est encore plus dément qu’avant ! Et cela est encore plus dangereux. Je crois que cette fois-ci il a sombré dans la folie ».
Minarvea sort de sa poche l’image de la jeune fille.
- « Je crois qu’il n’y aurait que cette fille qui pourrait redonner la raison au Stratéguerre. Mais qui est-elle et où se trouve-t-elle ? » .
Procius, Hikaru et Vénusia font la queue pour les montagnes russes. La jeune fille boude, car sa tante ne veut toujours pas les quitter. Le prince a bien tenté de les calmer, mais sans résultats, cela fait que lui aussi fait triste figure.
- Moi qui voulais rester au centre pour monter la garde, soupire-t-il. Je n’aurais pas dû me laisser embarquer dans cette histoire.
- Tu ne vas pas t’y mettre non plus, répond sur un ton colérique Hikaru.
Le général Ch’lang se rend à sa soucoupe amirale. Il ignore que l’espionne du commandant Minarvea s’est introduite dans sa garde rapprochée. La jeune femme est méconnaissable sous sa tenue de combat Végane. Le général est légèrement nerveux, quelques gouttes de sueur perlent sur ses tempes. Il se contrôle pour ne pas montrer son inquiétude à ses troupes.
Daisuke et Kohumé se sont installés dans une reproduction de tronc d’arbre couché. Ils attendent d’être lancés dans l’attraction. Le jeune homme vérifie bien que le poncho recouvre ses vêtements afin de ne pas ressortir complètement mouillés du « Splash Tunnel ». Subitement leur embarcation tressaute, elle commence à bouger sur le tapis qui mène à la piste du courant d’eau. Kohumé pousse un petit cri d’excitation.
- En avant ! , lance la jeune fille.
Dai quand à lui a le visage moins joyeux, il accroche fermement les poignés de l’embarcation qui chute brusquement sur le toboggan.
- La soucoupe amirale est parée au décollage, annonce un soldat dans la salle de contrôle.
- Autorisation de décoller, répond le Stratéguerre.
Végalian fixe de ses yeux injectés son moniteur virtuel sur lequel la soucoupe jaune et noire prend son envole d’un plot d‘accostage du camp de la Lune Noire.
Une fois la soucoupe sortit du champ de la lune, le Stratéguerre quitte son trône, il sort de la salle de commandement pour rejoindre ses quartiers.
Végalian entre dans ses quartiers, il se dirige vers son bureau où il s’installe. Sur le meuble repose un cadre holographique représentant une jeune fille aux cheveux marron clair.
- Je suis de retour, ma douce Végalia, sourit le Stratéguerre. J’espère que tu n’as pas trouvé le temps trop long ? Moi si, je ne me sens pas bien quand je suis loin de toi. Je ne pense qu’as toi. Tout ce que je fais, je ne le fais que pour toi.
Procius et Hikaru se sont installés dans un wagon de la montagne russe, Vénusia a dû prendre place dans le wagon suivant. Les barres de protection sont en position, les wagons s’élancent sur les rails du manège à sensation.
Les virages, les boucles, les loopings s’enchaînent pour le plus grand plaisir de Hikaru dont le visage resplendit. À ses côtes, le prince reste calme.
- Ben alors, tu ne ressens rien ? , s’étonne Hikaru.
- Parce que c’est sensé donner des sensations ?
- Je vois, monsieur, joue les blasés ! , crie la jeune femme à l’entrée d’une boucle.
Dans le wagon suivant, Vénusia est bien trop occupé à observer sa nièce pour ressentir les sensations de l’attraction.
- Professeur Alcor, s’écrit Gavin.
- Oui !?
- Je capte un écho radar sur le Scope, répond le jeune homme s’activant sur sa console.
- Passer l’image sur le Spacioscope, répond Alcor en s’installant sur le fauteuil.
Les deux morceaux formant l’écran géant de l’instrument se mettent en mouvement pour se rejoindre. Une fois en place l’écran s’illumine affichant un champ d’étoile. Un bref instant, Alcor aperçoit une forme jaune et noire.
- Qu’est-ce c’était que çà ? , ronchonne le professeur.
- Je n’ai plus rien sur le Scope, annonce Gavin.
- Il m’a semblé reconnaître une soucoupe, réfléchit à haute voix le professeur.
- Il faudrait peut-être avertir Procius et les autres, suggère Densha.
- Vous êtes sûr que c’était une soucoupe ? , intervient Sayaka.
- Et pourquoi ?
- Si vous n’êtes pas sûr, je ne vous laisserais pas gâcher le moment de détente de nos pilotes !
- Nous allons attendre voir si nous captons quelques choses d’autres avant de les faire rentrer, tranche Alcor.
La soucoupe amirale circule dans un gigantesque tunnel creusé dans le sol. Elle débouche dans une grande cavité servant de hangar. Le général Ch’lang descend de la soucoupe dans un tube lumineux, il est accueilli par le commandant Sog.
- Bienvenue Général. J’ai enfin le plaisir de vous rencontrer, dit-il en le saluant.
- Merci commandant. Si nous allions dans la salle de commandement.
- Comme vous le désirez, répond Sog en souriant et en indiquant le chemin avec sa main droite.
- Je vous suis.
- Bien entendu.
Le commandant tourne sur ses talons pour ouvrir la marche.
Dai retire son poncho dégoulinant d’eau, Kohumé a déjà ôté le sien, elle presse le garçon pour aller sur une autre attraction.
À quelques centaines de mètres de là, Procius et Hikaru sortent des montagnes russes, toujours suivies par Vénusia.
- Si nous allions sur la grande roue ? , suggère Hikaru.
- Allons-y, répond le prince.
- Attendez-moi ! , lance Vénusia.
Cette dernière se retrouve emporter dans l’autre sens par la foule, elle perd de vu sa nièce et le prince.
- Mais laissez-moi ! , hurle Vénusia. Il faut que je les rattrape !
Le commandant Sog pénètre en premier dans la salle de commandement de la base, il est suivi du général, ce dernier jette un regard circulaire en entrant. Les soldats en poste cessent leurs activités pour le saluer.
- Retournez à vos taches, aboie Ch’lang.
Aussitôt, les militaires se pressent de replonger dans leur travail.
- Sommes-nous prés à lancer l’opération ? , questionne Ch’lang.
- Nous attendons plus que votre ordre, répond le commandant.
- Alors que l’assaut commence !
Sog fait un signe de tête à un soldat qui part en courant.
Le prince et Hikaru sont dans la cabine de la grande roue qui monte vers son point culminant. La jeune fille est visiblement nerveuse, elle a les mains croisées sur ses jambes, elle regarde le paysage au travers de la vitre de la cabine, en forme d’œuf, de la grande roue. Elle voit au loin de la verdure, en dessous d’elle une foule de gens qui s’amusent. Elle a le cœur qui bat à la chamade, elle sent monter une suée dans tout son être, sa gorge lui fait mal subitement. Ses lèvres tremblent, elle veut ouvrir la bouche, mais elle n’y arrive pas. Pourtant, c’est le moment idéal ! Celui qu’elle attend depuis des semaines pour ne pas dire des mois. Il est là, dans la cabine lui aussi, assis face à elle, il regarde par la vitre. Hikaru tremble comme une feuille, elle hésite, elle jette un regard de côté, un rayon de soleil se reflète dans les cheveux de l’homme, elle sait qu’elle doit lui parler, mais le courage semble lui manquer. Il faut qu’elle se décide à lui parler avant que le tour soit fini et qu’ils quittent la cabine. L’homme remarque qu’elle l’observe.
- Un problème ? , demande Procius.
- N… Non, bredouille-t-elle. « Tout est comme dans mon rêve !, réalise-t-elle. »
La jeune fille se tord les mains pour trouver le courage qui lui fait défaut.
- Tu es sur que tout va bien ?
- Oui… Enfin non ! Il faut que je te parle !
- À quel sujet ?
Le courage qui avait subitement rempli le cœur d’Hikaru semble avoir pris la fuite avec la réponse du prince.
- Voilà…, hésite-t-elle. C’est assez délicat pour une fille de parler de cela.
Procius ouvre de grands yeux.
- Pourtant, je ne suis pas timide habituellement…
- C’est moi qui t’impressionne ? , demande le prince en se pointant du doigt.
- Oui ! Euh non ! Ce n’est pas ce que je voulais dire….
Le visage de Procius affiche une expression d’incompréhension.
- En temps normal tu ne m’impressionnes pas, mais là ce que j’ai à dire me met mal à l’aise.
- Hikaru, je ne comprends rien à ce que tu racontes ! Sois plus claire.
- Je fais de mon mieux pourtant.
- Alors, arrête de prendre des chemins détournés et va droit au but !
- Oui ! Tu as raison, confirme-t-elle en se dressant dans la cabine. Il faut que je sois direct !
Le prince a reculé sur la banquette.
- Procius ! Je t’aime depuis que je …
La jeune fille n’a pas le temps de finir sa phrase, car des cris de terreur et d’angoisse montent de la foule jusqu’à la hauteur de la cabine.
- Que se passe-t-il ? , se demande le prince en se précipitant vers une vitre.
- C’est pas vrai, ronchonne Hikaru. Juste au moment où j’allais…
- Véga !!! , s’exclame Procius.
- Comme ça Véga, fait la jeune femme en venant regarder par la vitre.
Quelque instant plus tôt, Daisuke et Kohumé sortent d’un labyrinthe. C’est à cet instant que les premiers cris se sont fait entendre. Les deux jeunes gens regardent la foule qui s’agite et qui prend la fuite. Des cabines en acier sortent du sol, quand leurs portes s’ouvrent, des soldats Végans, revêtus de leurs combinaisons d’assauts blanc gris, en surgissent arme au poing pour encercler la foule.
- Je crois que l’on ne devrait pas rester là, constate Dai.
- Pour une fois, tu as parfaitement raison.
Les deux jeunes gens s’éloignent de la foule encerclée, mais malheureusement pour eux, ils se retrouvent quelques instants plus tard pris dans un groupe qui se retrouve pris au piège des soldats des forces de Véga.
- Ne tentez pas de vous échapper ou nous ouvrons le feu, annonce l’un des soldats.
Dai et Kohumé cherchent du regard un point faible pour s’évader.
- Si l’un de vous tente quelque chose, nous tirons sur tous les mondes sans distinction, reprend le militaire.
Les deux jeunes gens sont donc obligés de remettre à plus tard toute tentative de fuite.
Vénusia est assise dans un petit salon de thé du parc, elle mange avec rage une glace.
- Elle ne va pas s’en tirer comme cela, elle va m’entendre quand je vais lui mettre la main dessus.
À l’extérieur, des gens se mettent à courir, des cris de frayeur se mettent à retentir. Vénusia regarde vers l’extérieur, une cuillère de glace en suspend devant sa bouche.
- Allons donc ! Qu’est-ce peu bien se passer encore ?
Elle lâche sa cuillère en voyant un soldat des forces d’assaut passer devant l’établissement. Elle se prépare à se lever quand la porte vole en éclat quand une section envahit les lieux.
- Ne bougez pas si vous voulez vivre, annonce un soldat. Vous êtes désormais les prisonniers des forces de Véga !
- Ils ont le chic pour bien tomber ceux-là, rouspète Hikaru en voyant les soldats par la vitre.
La grande roue s’immobilise. La cabine tangue, Hikaru perd son équilibre et tombe dans le bras du prince.
- Je n’imaginais pas vraiment la scène de cette façon, murmure la jeune fille.
- Qu’est-ce que tu as dit ? , demande Procius.
- Non, rien.
Hikaru se redresse pour reprendre appuie sur la cloison de la cabine. Ils regardent de nouveau vers le sol.
De petits groupes de prisonnier se forment dans tout le parc d’attractions.
- Mais d’où ils sortent tous ses soldats ? , remarque la jeune fille.
- J’aimerais bien le savoir moi aussi ! Avec toutes les patrouilles que nous avons effectuées, comment ont-ils pu passer au travers des mailles de nos filets.
- Il n’y a cas leur demander, plaisante la jeune femme.
- Hikaru reste là, bien à l’abri dans la cabine, ordonne le prince en ouvrant la porte.
- Procius !? Où vas-tu ?
- Je descends voir ce qui se passe.
Le prince saute de la cabine pour s’accrocher à un rayon de la roue sur lequel il glisse.
- Sois prudent ! , lui lance Hikaru en refermant la porte.
La jeune femme s’assoit sur la banquette et joint ses mains sur sa poitrine.
- Faite qu’il ne lui arrive rien, prie-t-elle.
Procius glisse le long du rayon de la grande roue, il arrive au niveau de l’axe de rotation de l’attraction. Il saute sur l’axe puis bondit sur un autre rayon pour descendre encore. Quand il arrive à l’extrémité du tube, il saute pour atterri sur le toit d’une cabine sur laquelle il se plaque. De son poste, il peut observer ce qui se passe au pied de la roue. Un groupe de visiteurs est encerclé par les soldats des forces d’assauts de Véga.
- Ne tentez pas de vous enfuir ou nous ouvrons le feu sans discernement, annonce un soldat. Vous avez été fait prisonnier par les forces de Véga. Vous devez nous obéir et il ne vous arrivera rien de fâcheux. Vous êtes des otages pour faire venir le prince d’Euphor.
-« Aie !! Ça se complique, pense Procius ».
- Opération accomplie avec succès, annonce un soldat dans la salle de commandement.
- Parfait, déclare le général Ch’lang. Passons à la phase deux.
- Lancez la phase deux, s’empresse d’ordonner le commandant Sog.
Subitement dans tout le pays, les postes de télévision et de radio deviennent silencieux puis une voix puissante s’élève, les écrans montrent des images des otages dans le parc.
- Prince d’Euphor ! Je suis le général Ch’lang des forces de Véga. Comme tu peux le voir, je retiens prisonniers des centaines de personnes dans ce parc d’attractions. Ils auront la vie sauve si en échange tu viens te rendre avec ton vaisseau Goldorak. Je te donne deux heures pour obtempérer. Une fois le délai dépassé si tu ne t’es pas manifesté, j’abattrais une centaine de personnes pour chaque minute de retard. Le compte à rebours commence !
Les télévisions ainsi que les radios reprennent leurs programmes, mais instantanément coupées par des flashs d’infos spéciales.
Au centre de recherche, Alcor et Sayaka ont vu la retransmission.
- Un ultimatum avec des otages, bougonne Alcor. Ils ne reculent devant rien. Et en plus, ils veulent que le prince d’Euphor se rende avec Goldorak.
- Comment allons-nous gérer cela ? , fait Sayaka.
- Surtout que Procius est déjà dans le parc !
- Comment vont-ils s’en sortir ?
Procius saute de la cabine pour se cacher non loin de la roue dans la végétation.
-« Il faut que je rentre en contact avec le centre, se dit le prince ».
Vénusia se retrouve devant l’établissement en compagnie d’autres visiteurs, elle regarde dans toutes les directions pour chercher à s’enfuir, mais cela lui est impossible.
- « Où se trouve Hikaru, Dai, Kohumé et Procius ? , se demande-t-elle. Comment allons-nous sortir de cette situation. Qu’est-ce que je peux faire ? ».
Un soldat s’avance dans le groupe, il jette un regard dans la foule. Il braque le canon de son arme sur Vénusia.
- Allez debout !
La femme se redresse.
- Tu vas servir de garantie, déclare le militaire.
- De garantie ?
- Oui ! Si l’un de vous tente quelque chose, tu seras abattue. Et tu seras la première à mourir si Goldorak ne se rend pas.
- « Décidément, ça ne s’arrange pas, soupire-t-elle intérieurement. »
Procius se déplace à une vitesse inhumaine, entre les attractions, comme une ombre. Il finit sa course dans un groupe de bosquets qui se trouvent à l’écart des forces de Véga. Il vérifie qu’il est hors de vue des ennemis. Il place son bracelet de communication devant sa bouche.
- Ici Procius, j’appel le centre. Ici Procius, répondez.
Au centre de recherche spatiale, Alcor se précipite sur le poste de communication.
- Oui, je t’entends ! Quelle est la situation ?
- Plusieurs sections d’assauts de Véga ont pris les visiteurs du parc d’attractions en otage.
- Où sont les autres ? , intervient Sayaka penché sur le dos de son époux.
- Hikaru est à l’abri dans une cabine de la grande roue. J’ignore où se situe les autres nous nous sommes séparés.
- Le général Ch’lang exige ta réédition et que tu leur livres Goldorak, reprend Alcor.
- J’ai entendu.
- Que pouvons-nous faire ?
- Vous pouvez placer les navettes en pilotage contrôlé ?
- Que comptes-tu faire ?
- Je veux les faire piloter par l’ordinateur de Goldorak.
- Tu ne comptes tout de même pas attaquer ! Et les otages !?
- Non, je veux juste que les navettes soient proches du parc. Il n’y aura que Goldorak qui se posera dans le parc.
- Je vois.
- Je programme tout de suite les ordinateurs de bord des navettes, annonce Sayaka en s’éloignant pour s’installer à un pupitre.
- Tu vas te livrer ? , demande le professeur Alcor.
- Oui. En échange de tous les otages. Une fois libres, Hikaru, Dai et Kohumé pourront agir.
- Espérons que ton plan fonctionnera.
- À voir si Ch’lang tiendra sa promesse. Ce qui est moins sûr.
- Les navettes peuvent être contrôlées par Goldorak, annonce subitement Sayaka.
- Procius, reprend Alcor. À toi de jouer et bonne chance.
- Merci.
Le prince coupe la communication avec le centre pour basculer sur la fréquence de sa machine.
- Goldorak !
- Paré ! , répond la voix synthétique de l’intelligence artificielle.
- Prends en charge le pilotage des navettes.
- Connexions avec les ordinateurs de bord en cour… Liaison établie.
- Tu laisseras les navettes aux alentours du parc.
- Reçu.
- Maintenant, viens à moi.
Les trois portes des hangars, situés au sommet de la tour du centre, s’ouvrent simultanément. Les navettes en décollent. Pendant ce temps, Goldorak utilise la route numéro 4 pour quitter le centre.
Un bruit de branche attire l’attention du prince. Il s’agenouille encore plus dans les bosquets. Au travers des branches, il voit un soldat qui avance dans sa direction.
- « Zut ! M’a-t-il entendu ?, se demande Procius. Où effectue-t-il une simple vérification ? »
Le soldat dans sa tenue d’assaut avance toujours en direction du prince. Le militaire fouille les bosquets, il écarte les branches avec le canon de son arme.
Procius regarde dans toutes les directions, mais il n’a aucun chemin pour fuir, que va-t-il faire si le soldat le découvre.
- Alors, tu vois quelque chose ? , lance un autre soldat au loin.
- Rien a signalé.
- Alors, reviens.
Le soldat s’en retourne au grand soulagement du prince. Il reste dans sa cachette encore un moment afin d’être sur que les militaires se sont éloignés. Prudemment, il sort du groupe de bosquet. Il s’éloigne en direction de la sortie du parc pour attendre son vaisseau. Il se faufile entre les attractions.
- Ne bougez plus ou je tire, lance soudain une voix.
Procius se fige sur place et se retourne lentement. Il voit un soldat pointant un fusil laser dans sa direction. Derrière le soldat se trouve un groupe d’otage dans lequel se trouvent Dai et Kohumé.
- Alors, d’où tu sors toi !? , lance le soldat menaçant. Tu t’es enfui d’un groupe ? Tu connais la peine encourue pour ce genre de tentative.
La pointe de l’arme du militaire Végan se met à briller.
Dans la foule des otages, les deux jeunes gens voient la scène qui oppose le prince à un soldat. Ils sont prés à bondir pour lui venir en aide.
Le soldat appuie sur la détente et un rayon part de l’extrémité du canon. Le prince bondit dans les airs pour éviter le rayon.
- Quoi !!?? , s’étonne le soldat.
Procius fait un bond surhumain, le militaire tente de l’atteindre une nouvelle fois. Les soldats qui surveillent le groupe d’otage se mettent à regarder le spectacle avec surprise. Dai et Kohumé en profitent pour se lever et foncer sur les soldats les plus proches.
Daisuke saute de tout son poids sur sa cible, ils roulent tous les deux sur le sol. Kohumé s’approche en douceur de la sienne et lui tape doucement sur l’épaule.
- Excusez-moi, dit-elle innocemment.
Le soldat se retourne et découvre la jeune fille.
- Quoi !? Que faites-vous ici ?
Kohumé saisit rapidement le bras gauche du soldat et le jette au sol.
- Bravo, lance Dai avec la lèvre au sang.
- Tu vois, tu aurais dû faire comme ta sœur et moi et prendre des cours de judo.
- Moi je préfère la boxe, répond-il en désignant du pouce le soldat étendu sur le sol les bras en croix.
- Hé ! Vous ! , lance un soldat les voyant hors du groupe.
- On verra cela plus tard si tu le veux bien, lance Dai.
Des soldats courent dans leur direction.
Procius donne un coup de pied sur le casque du soldat qui vacille. D’autres militaires accourent en renfort laissant pratiquement sans surveillance leur groupe d’otage.
- Comme qui dirait, ça se complique.
Plusieurs soldats ouvrent le feu sur le prince qui bondit sur le côté pour éviter d’être touché. Les soldats se rapprochent de plus en plus et leurs tirs se font plus précis.
- Ils vont finir par m’atteindre ! , lance Procius en faisant un bond gigantesque. Métamorphose !
Le prince revêt sa combinaison de vol. Il en sort un pistolaser.
- Voilà, maintenant les forces sont un peu plus égales !
- Le prince d’Euphor, lance un soldat surpris.
La nouvelle que le prince d’Euphor est dans le parc se répand rapidement.
Daisuke et Kohumé courent chacun de leurs côtés pour échapper aux soldats. Dai a récupéré un fusil laser sur le premier militaire qu’il a mis au tapis et l’utilise pour se défendre.
- Quoi !!! Vous en êtes sur !! , s’étrangle le général Ch’lang.
- Je confirme, répond un soldat sur l’écran de contrôle. Le prince d’Euphor est dans le parc.
- Vite ! Que toutes les forces disponibles se rendent sur place pour aider les soldats déjà présents.
Ch’lang se met à sourire, alors que dans son dos, le commandant Sog est soucieux.
- « Comment le prince a-t-il pu arriver ici ? , se demande Sog. Goldorak n’a pas été aperçu ni détecté. Se pourrait-il que le prince se trouvait déjà dans le parc ? Il faut que je vérifie les enregistrements. »
Le commandant fait un pas en arrière avant de tourner les talons.
- Où vas-tu Sog ? Tu ne veux pas assister à la capture du prince ? , demande le général.
- Au contraire général Ch’lang. J’ai juste une chose à vérifier.
- Fait vite alors !
- Bien entendu.
- Que l’on me montre le prince d’Euphor !
- À tes ordres, répond un soldat devant une console.
Sur le moniteur central, apparaît le prince aux prises avec les soldats de Véga.
- Actarus ! Tu seras bientôt devant le Stratéguerre pieds et poings liés.
Dai et Kohumé se sont débarrassés des soldats qui étaient à leur poursuite puis ils se sont occupés de ceux qui étaient restés pour surveiller le groupe d’otage.
- Cachez-vous ou vous pouvez ! Goldorak ne va pas tarder, il va nous sauver, déclare Kohumé.
La foule des otages se disperse, Dai distribue à certains des armes récupérées sur les soldats de Véga. Une fois que tout le monde a pris la fuite, les deux jeunes gens se rejoignent.
- Si nous allions donner un coup de main à Procius pour libérer les autres, suggère Dai.
- Pour une fois que tu as une bonne idée.
- Ho ! Ça suffit !
Kohumé part en courant vers la zone où se bat le prince suivi par Daisuke.
Procius bondit et donne un coup de pied sur le cou d’un soldat, il en profite pour prendre un appui sur le militaire, qui s’effondre, pour bondir plus loin. Avec son pistolaser, il abat deux autres Végan. Quand le prince touche le sol, il n’y a plus aucun autre soldat debout.
- Nous qui pensions te donner un coup de main ! , lance Kohumé en arrivant.
- On n’a pas été assez rapide, conclut Dai.
- Hikaru se trouve dans une cabine sur la grande roue. J’ignore où se trouve Vénusia. Goldorak arrive avec vos navettes, annonce Procius. Elles seront posées près du parc.
- Compris !
- Que pouvons-nous faire ? , demande Kohumé.
- Regagnez vos navettes puis utilisez-les pour libérer les otages, je m’occupe de Hikaru et de retrouver Vénusia.
À peine a-t-il fini sa phrase que le prince part comme une flèche.
- Direction la sortie, lance Dai en attrapant le bras de Kohumé.
Dans son bureau, le commandant Sog regarde des enregistrements provenant des cameras de surveillance du parc. Il visionne en boucle une séquence. Sur le moniteur, il voit un soldat recevant un coup de pied dans la nuque donné par le prince d’Euphor.
- Quelle poisse ! Le prince n’apparaît sur aucun autre enregistrement ! Mais d’où peut-il bien sortir !!!
- Sog !!! , hurle la voix de Ch’lang par l’interphone.
- Oui général ?
- Reviens de suite au poste de commandement !
- J’arrive.
La communication est coupée.
- Au son de sa voix, je sens que cela ne se passe pas comme il le souhaite, remarque le commandant.
La porte de la salle de commandement est à peine franchie que le commandant est assailli par le général.
- Je veux que tu prennes la tête d’une escouade d’assaut et que tu trouves le prince d’Euphor !
- À vos ordres, général.
Le commandant Sog quitte la salle.
- Goldorak en approche, annonce le soldat du radar.
- Quoi !? Le prince est déjà là, mais Goldorak arrive seulement !?
- Il survole le parc.
- Préparer Antérak 13 !!
- Tout de suite.
Le général part en courant vers la sortie de la salle de commandement.
Dans sa cabine au sommet de la grande roue, Hikaru voit approcher au loin une forme familière.
- Voilà Goldorak ! Il faut que je trouve le moyen de descendre de cette roue ! Si seulement je pouvais faire comme mon Procius.
Le commandant Sog court en tête de l’escouade au hasard en espérant tomber sur le prince. La section passe devant le groupe d’otage dans lequel se trouve Vénusia.
- « J’ai l’impression que Véga est pris de court, se dit-elle ».
Une seconde plus tard, elle voit repasser la section courant dans l’autre sens puis le bruit familier des moteurs de Goldorak passe au-dessus de sa tête.
Le général Ch’lang s’est installé aux commandes de l’Antérak.
- Lancez Antérak 13, ordonne-t-il.
- Lancement, répond une voix dans le système de communication.
Hikaru a ouvert la porte de la cabine, elle regarde en direction du sol.
- Je vais me fracasser le cou ! Mais pourquoi j’ai pensé à sauter d’ici !? Et pour atterrir sur quoi ?
Brusquement des vibrations s’emparent de la structure de la grande roue. La jeune fille s’accroche au montant de la porte, mais les vibrations augmentent, elle perd l’équilibre et chute dans le vide.
- Adieu mon prince, soupire-t-elle vaincue.
Soudainement, elle sent une main ferme lui saisir un bras et sa chute cesse brutalement.
- Alors soeurette ! Le mieux est d’avoir de l’eau en dessous pour faire le saut de l’ange.
- Dai !!!!
Le jeune homme a incliné Alcorak sur le côté pour pouvoir rattraper sa sœur par le cockpit ouvert. Il hisse sa sœur à l’intérieur puis referme la verrière.
- Je te dépose aux pieds de Vénusiak, lui annonce Dai en actionnant ses commandes.
Comme dans un rêve, le commandant Sog, tombe nez à nez avec le prince d’Euphor. Ils restent une seconde à s’observer.
- Tirez-lui dessus ! , ordonne Sog.
Les soldats ouvrent le feu pendant que le commandant sort son arme pour faire de même. Le prince ne bouge pas, mais avant qu’un tir l’atteigne, il est entouré d’un rayon jaune qui le fait disparaître dans les airs.
Le commandant lève les yeux et découvre Goldorak surplombant toute l’escouade.
- Replis !!
Les soldats voyant Goldorak ainsi que leur radio les informant de divers combats dans le parc ont été pris de panique. Ils ont quitté leur poste laissant sans surveillance les groupes d’otages. Vénusia faisait partie de l’un de ses groupes que les geôliers ont abandonnés. Elle erre dans le parc quand elle voit dans le ciel Faussoirak, elle fait de grands signes pour attirer l’attention. La navette vire et descend vers la femme. Une fois posée, le cockpit s’ouvre et Vénusia grimpe à bord.
- Vous allez bien ? , demande-t-elle.
- Oui.
- Où sont Hikaru et Dai ?
- Il vient de la déposer devant Vénusiak.
Le sol se remet à trembler.
- Ne restons pas là !
- Je suis d’accord, répond Kohumé en tirant sur ses manettes.
La montagne russe couvrant la moitié du parc s’effondre, le sol se soulève une tête en acier en sort !
- Prince d’Euphor ! Tu vas périr ! , hurle le général. Moi Ch’lang ! Je vais te vaincre.
À bord de la soucoupe de Goldorak, Procius voit la structure de la montagne russe s’effondrer sur le sol et son adversaire sortir de terre avec son robot de forme humanoïde évoquant un guerrier viking par son allure. La tête du robot semble surmontée d’un casque avec des cornes, ses pieds font penser à de grosses bottes et il porte à la ceinture un glaive.
- Voilà qui est nouveau, le général Ch’lang qui pilote lui-même un Antérak ! Véga sort le grand jeu.
L’Antérak avance vers la soucoupe, il envoie au sol au passage la grande roue.
Procius saisit la manette au dessus de sa tête.
- Transfert !
Son siège recule puis descend en direction du robot.
- Autolargue !
Le robot quitte sa soucoupe porteuse pour atterri à côté du « Splash Tunel ».
- Prince d’Euphor ! Se sera ton dernier combat ! , clame Ch’lang.
- Nous verrons si vous avez raison ! , répond Procius.
- « Étrange, remarque le général. Il a une voix étonnamment jeune pour quelqu’un de son age. »
L’Antérak saisit son glaive pour le brandir vers le ciel qui est traversé d’un éclair, l’arme devient brillante.
- Je vois, un combat à la lame, fait Procius. Excalium !
Du poing droit de Goldorak surgit une lame énergétique. Le robot viking s’élance vers son adversaire. Les deux lames entrent en contact provoquant des jets d’étincelles d’énergie.
Au camp de la lune noire, Végalian regarde impassible ce qui se déroule sur Terre, assis bien au fond de son Trône.
- Ordonnez à Sog de faire décoller les navettes, ordonne le Stratéguerre. Qu’il se débarrasse des vaisseaux de soutien de Goldorak !
- Décollage des navettes, aboie le commandant Sog.
Les quelques navettes hameçons se trouvant dans la base prennent leur envole.
- Toutes les navettes ont décollé, annonce un soldat.
- Bien.
Le commandant regarde sur les moniteurs un instant en réfléchissant.
- Ordre d’abandonner la base, replie sur la base aquatique ; finit-il par dire.
Les soldats présents dans la pièce se regardent et hésitent à partir, car ils n’en reviennent pas de l’ordre donné.
- Alors quoi !? Vous voulez périr ici ? , ajoute Sog.
Les soldats se lèvent subitement et quittent leurs postes pour s’enfuir en courant vers les vaisseaux d’évacuations.
Les deux robots font un duel de force avec leurs lames, chacun tentant de repousser celle de l’adversaire.
- Prends ça ! Goldorak !
Ch’lang actionne une commande. Des rayons de couleur verte partent des yeux de sa machine pour frapper le visage de Goldorak. À l’intérieur, Procius détourne la tête pour ne pas être aveuglé.
- J’aurais dû me douter de quelque coup bas, fait le prince.
- On arrive ! , annonce Hikaru dans le système de communication.
- Des navettes, fait Kohumé.
- Occupez-vous des navettes, je m’en sortirais seul, ordonne Procius.
Faussoirak, Alcorak et Vénusiak volent en formation, ils virent de bord pour faire face aux navettes qui arrivent.
- Plan d’attaque Oméga, fait Dai.
- Quoi ? De quoi tu parles ? , fait Kohumé.
- Tu n’as pas lu le manuel ?
- Quel manuel ?
- Le manuel de formation de vol, répond Hikaru.
- J’ai déjà eu assez de manuels à lire pour les études.
Dai frappe son casque avec sa main droite.
- Bon alors on fait comme avant ! On se débrouille pour tous les abattre, soupire Dai.
- Mégavolt !
La soucoupe porteuse de Goldorak arrive dans le dos du Viking pour lui envoyer ses quatre rayons de couleur bleutée.
À l’intérieur de l’Antérak, de la fumée sort du tableau de commande.
- Maudit Goldorak, s’énerve Ch’lang.
Le Viking recule, son dos est endommagé, on distingue des morceaux de machinerie.
- Cela ne va pas se passer comme cela ! Envoyez-moi l’aile volante !
Aucune réponse.
- Vous dormez ou quoi dans la salle de commandement !
Toujours rien.
- Les lâches ils ont fui. Je vais me débrouiller seul !
L’Antérak fait demi-tour pour rejoindre l’endroit d’où il est sorti.
- Mais qu’est-ce qu’il fait ? , s’étonne Procius.
- Et encore une ! , s’exclame Kohumé.
- Je n’en vois plus aucune, déclare Hikaru.
- Pareil pour moi, annonce Dai. On se regroupe pour aller aider Goldorak.
- Tu vois finalement on les a eus sans ta formation je ne sais plus quoi, remarque Kohumé.
- Oui, mais tu me feras le plaisir de lire le manuel de vol !
- Depuis quand tu as été promu chef d’escadrille pour me donner des ordres ?
- Elle m’énerve, soupire Dai.
L’Antérak ressort du trou avec dans les bras une sorte de cerf-volant futuriste avec des réacteurs. Le Viking lance l’objet dans le ciel puis bondit. Le cerf-volant vient s’accrocher dans son dos. Les réacteurs crachent un jet de flammes pour prendre de la vitesse.
Procius cherche du regard sa soucoupe qui est loin dans le ciel, il voit les trois navettes en approche.
- Dai ! Il faut que je m’accroche à Alcorak.
- Compris, j’arrive !
- Cabré !
Goldorak bondit dans les airs.
-Retournement !
Le robot fait un salto pour se mettre en position d’assemblage. Alcorak se positionne dans le dos du robot.
- Accrochage !
Le corset d’Alcorak se ressert sur la taille de Goldorak, les yeux du robot s’illuminent un court instant indiquant que la jonction s’est bien faite.
- Dai, rattrape l’Antérak.
- Compris.
Les propulseurs d’Alcorak augmentent de régime pour rejoindre l’adversaire.
Quand Goldorak rejoint son adversaire, ce dernier survol une forêt. Le prince remarque que la partie endommagée du dos du Viking correspond à l’endroit de fixation de l’aile.
- Dai ! Il faut viser sur la jonction de l’aile de l’Antérak.
- Compris !
- Pulvonium !
Des poings du robot sortent des rayons mauves.
- Mortanium !
De l’extrémité des ailes d’Alcorak partent des rayons jaunes venant se joindre aux tirs de Goldorak. Une petite explosion se produit, l’aile se détache du dos du Viking. L’aile part dans le ciel de façon complètement folle.
- Victorang !
Les deux lames situées au bout des ailes d’Alcorak se son projeter puis s’assemble pour ne former qu’une lame en forme de V. Cette lame vient couper en deux l’aile folle qui explose.
- Séparation ! , dit Procius.
Goldorak se détache d’Alcorak. Pendant ce temps l’Antérak a atterri sur le sol et regarde tomber sur lui son adversaire.
- Achiléochoc !
Goldorak fonce sur son adversaire jambe en avant.
- Tu es à ma merci ! , lance comme un fou le général Ch’lang.
Le Viking bouge légèrement vers l’avant puis saisie les jambes de Goldorak, au niveau des cuisses, avant de tourner sur lui-même.
- Une petite danse prince d’Euphor ! , lance Ch’lang.
Vénusiak et Faussoirak arrivent sur la zone de combat.
- Oh non ! , s’exclame avec inquiétude Hikaru.
- Rétrospace !
Un rayon rosé part du centre du bas ventre de Goldorak pour venir frapper la tête de l’Antérak qui se met à fumer.
Le Viking se met à fumé au niveau du crâne et relâche les jambes de son adversaire. Goldorak s’écrase sur ses fesses.
À l’intérieur de l’Antérak, le général Ch’lang actionne ses commandes avec rage sans que rien ne se produise.
- Ce n’est pas possible !
La température de son robot monte en flèche.
- Je n’ai plus le choix, fait tristement le général.
Ch’lang appui sur un bouton de son siège qui descend aussitôt.
Goldorak se redresse prêt à combattre quand il voit le torse de son adversaire s’ouvrir pour laisser s’échapper une petite navette de sauvetage.
- Tu me le paieras Goldorak ! Sois-tu maudit prince d’Euphor ! , lance le général Ch’lang en partant.
L’Antérak explose.
Le prince regarde s’éloigner la navette de Ch’lang.
- Nous nous reverrons peut-être, dit le prince.
La soucoupe porteuse de Goldorak apparaît.
- Cabré !
Le robot s’élance dans le ciel.
- Récupération !
La soucoupe s’approche pour recevoir le robot.
Le général Ch’lang a rejoint le camp de la Lune Noire avec sa navette. Aussitôt après avoir atterri, il se rend dans la salle de commandement pour affronter le Stratéguerre et présenter ses excuses d’avoir échoué dans sa mission.
Quand le général entre dans la pièce, il n’y a aucun bruit sauf celui des ordinateurs.
- Approche Ch’lang, ordonne Végalian d’une voix calme.
Le général s’avance et s’agenouille devant le trône du Stratéguerre.
- Maître j’ai échoué, déclare le général.
- Tu as l’honnêteté de l’admettre sans chercher d’excuse.
Le général se détend.
- « J’ai été franc avec lui et il a l’air de bonne humeur, pense Ch’lang. Je ne risque pas grand-chose. »
- Redresse-toi, tonne Végalian.
Le général se redresse et il découvre à l’arrière du trône le commandant Minarvea qui le regarde avec un étrange sourire qui lui glace le dos.
- Tu affrontes avec dignité ton échec cela me ravit, fait le Stratéguerre.
- Merci Votre Majesté, fait Ch’lang avec une révérence.
Végalian saisit discrètement l’arme dissimulée dans le bras de son trône.
- Tu es un fier guerrier, mais je ne tolère pas ce nouvel échec !
Le général redresse son visage et découvre l’arme pointée sur lui.
- Quoi !?? Mais… Stratéguerre ! Non !! Je continuerais le combat jusqu'à ce que je vienne à bout de Goldorak, supplie le général.
- Désoler Ch’lang tu m’as bien servi.
Le Stratéguerre ouvre le feu, le rayon vient frapper en pleine poitrine le général Ch’lang qui s’effondre sur le sol avec de la fumée sortante de sa bouche. Végalian remet son arme dans sa cachette.
- Qu’on me débarrasse de cela, fait-il en désignant le corps du général.
Deux soldats se précipitent pour retirer le cadavre. Pendant ce temps, le Stratéguerre se sert une coupe de vin.
- « Végalia est-tu fière de moi ? , se demande Végalian en avalant une gorgée. »
Les navettes et Goldorak volent en direction du centre.
- J’espère que notre prochaine sortie sera moins mouvementée, lance Dai.
- Et que Vénusia nous laissera libres, ajoute Hikaru.
- Tu peux toujours y compter, répond sa tante.
- Quoi !! , fait Hikaru paniquer. Tu es où ?
- Regarde sur ta gauche jeune impudente !
La jeune fille tourne la tête et voit sa tante dans le cockpit de Faussoirak pendant que Kohumé pouffe de rire.
- Encore une occasion de te taire de perdue, constate Dai.
- Une chose est sûre ! Avec vous, on n’est pas prés de s’ennuyer, conclut Procius en riant.
FIN
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