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Fiction » General » Sex, Drugs & Rock 'n Roll Tome 3 font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Sanmiligoku
Fiction Rated: M - French - General/Romance - Reviews: 57 - Published: 03-15-09 - Updated: 09-27-09 - id:2647507

Lorsque nous rentrons du restaurant, Brian ne s'embarrasse pas de subtilité et il me prend par le bras pour m'attirer dans la chambre dès que nous avons retiré nos chaussures.
-Tu m'as manqué, fait-il en déboutonnant ma chemise à la hâte.
Il me plaque contre le mur et s'empare de mes lèvres, pour nous éviter le vide d'une réponse que je n'allais pas donner. Je noue mes bras autour de son cou, subissant ses baisers, les rendant pour me faire pardonner de ce que mon coeur ne ressentira jamais pour lui.
-Tu te souviens de ce que je t'ai dit une fois ? demande-t-il. Tu te souviens de la manière dont je rêve de te faire l'amour ?
Il me pousse sur le lit, et aidé de la chemise qu'il m'a retirée, il m'attache les bras aux barreaux du lit.
-Pas ce soir, je réponds alors qu'il se relève pour allumer la lumière.
-Pourquoi ?
-Le voyage m'a épuisé...
En réalité, je ne rêve que des bras doux de Michael, je n'ai absolument pas envie de ce scénario où la force prédomine sur la tendresse. Cette scène m'a excité il y a un an, quand il me racontait de quelle manière il souhaitait me prendre, mais ce soir, ça ne me tente absolument pas.
-Epuisé ? demande Brian amusé. Jamais tu n'avais été trop épuisé pour baiser jusqu'à maintenant.
-Hé bien ce soir, je le suis, je réponds d'un ton agacé. Détache-moi !
Brian se poste à quatre pattes sur au dessus de moi.
-Ce n'est pas grave si tu l'es. Après tout, dans ce scénario que j'ai repassé en boucle des centaines de fois dans ma tête, avant que tu ne veuilles bien t'offrir à moi, tu n'étais jamais consentant.
Il déboutonne mon pantalon de tweed brun et le descend en même temps que mon slip.
-Brian... Arrête s'il te plaît...
Sans m'écouter, il soulève mes jambes et commence à me lécher, à infiltrer sa langue en moi. J'essaye de le repousser avec mes pieds mais manifestement, se prendre un coup de lui pose pas de problème et ne l'empêchera pas d'aller jusqu'au bout. Malgré moi, mon corps se détend sous sa bouche et sous ses doigts. Je n'ai toujours pas envie de sexe, ma réaction est simplement physique.
D'un geste brusque, il me pénètre. J'ai mal, j'ai envie de lui demander pourquoi il me fait ça, mais au fond de moi, je le sais déjà. Contrairement à ce que laissent penser les apparences, il ne se venge pas parce que je vais partir un jour. Au contraire, il me donne une bonne raison de partir, parce que pour lui, Michael n'est pas une raison suffisante.

Lorsqu'il a enfin terminé, je suis plus endolori que je ne l'ai jamais été. Ma peau est couverte d'un mélange de sueur et de semence, tous mes muscles sont douloureux, comme si un camion m'était passé dessus plusieurs fois.
Sans me regarder dans les yeux, Brian me détache les bras. Ses noeuds étaient si serrés que je ne sens plus mes mains. Toutefois, je l'enlace avant qu'il n'ait eu le temps de descendre du lit. Il ne s'est pas déshabillé, et son jean rugueux irrite mon corps trop sollicité, pourtant je ne le relâche pas. Je dépose un baiser sur son front, puis sur ses lèvres.
-Tu ne seras jamais la raison pour laquelle je pars.
-Will...
-Je ne vais pas partir tout de suite, et tant que je serai ici, tu seras mon amant. Si tu veux que notre relation prenne fin avant mon départ, il faudra le dire clairement car ça ne fait pas partie de mes intentions, même après ce qui vient de se passer. Je te connais trop bien pour me mettre en colère à cause de ça.
-Je t'ai fait mal, proteste-t-il.
-Moi aussi, je t'ai fait mal, je réponds avec un sourire triste.
-Mais je l'ai fait volontairement.
-Et moi je l'ai fait bêtement, sans même m'en rendre compte. C'est sans doute pire. Alors s'il te plaît, aide-moi à prendre une douche et dormons. Je suis vraiment mort de fatigue.

Comme je l'avais prévu, je suis rentré dans mon pays natal moins de trois ans après avoir clôturé mon année scolaire. Brian et moi nous sommes quittés bons amis, nous promettant de nous revoir, et pourquoi pas, monter notre société. Kenneth m'a largement facilité les choses en m'écrivant une superbe lettre de recommandation qui aurait fait pâlir de jalousie des hommes beaucoup plus expérimentés que moi.
Ainsi, depuis six ans, je travaille dans une société d'électronique, où j'ai commencé en tant qu'assistant achats. Aujourd'hui, je suis directeur des achats. Mon emploi du temps en est considérablement augmenté, mais mon salaire également. J'ai moins de trente ans, et je suis déjà propriétaire d'une maison, je roule en Mercedes, je voyage beaucoup, principalement en Asie, où se trouvent la majorité de nos fournisseurs.
Depuis six ans, je peux également revoir mes parents et mes amis, et ça, rien n'aurait pu le remplacer. Louis travaille dans un cabinet d'architecte, et quand il ne travaille pas, il fait des plans pour construire la maison de ses rêves, au bord du lac où nous allions camper. Quant à Michael, il a ouvert son cabinet peu de temps après mon retour, et il commence déjà à avoir une jolie clientèle.
Nous nous revoyons toujours, à deux ou à trois, pour sortir, pour camper, parfois pour baiser. Nos liens sont toujours aussi serrés, mais je crois que cette séparation nous a fait prendre conscience que nous n'avons pas besoin de nous voir tous les jours pour savoir que nous pouvons être là les uns pour les autres.

C'est ainsi que je me retrouve assis dans ce bar, un samedi soir de juillet, à attendre que je ne sais qui ou je ne sais quoi arrive. Comme je l'ai dit à Mike, j'ai mis mon cœur sur pause. Je parviens même à le toucher et à lui faire l'amour sans arrières-pensées sentimentales.
Toute comme Louis, il habite un appartement en ville, et peu après mon retour, il m'a invité à dîner chez lui. Louis aurait dû venir, mais s'est décommandé à la dernière minute. C'est ainsi que je me suis retrouvé en tête à tête avec mon premier et seul amour. Il m'a fait visiter son appartement, et j'ai remarqué un livre posé sur sa table de chevet : "La prise en charge clinique". Je me suis demandé si c'était un hasard ou un simple signe, puis j'ai fini par ne plus y penser. J'ai été un peu gauche et tendu au début du repas, mais au fur et à mesure, notre vieille complicité est revenue, nous nous sommes remis à rire aux mêmes plaisanteries, comme les amants que nous étions il y a dix ans.
L'alcool m'a embrouillé les idées, et au moment du digestif, assis sur le canapé, je ne pouvais plus détacher mes yeux des lèvres de Michael. Il était toujours aussi beau, serein. Il s'était manifestement remis au sport, car il remplissait à nouveau ses jeans.
-Tu as l'air à côté de tes pompes, m'a fait remarquer Michael au bout de quelque temps.
-J'ai un peu trop bu...
-Moi aussi, a admit Mike avec un sourire. Tu veux rester dormir ici ?
J'ai dégluti.
-Avec moi, a-t-il précisé ensuite en plongeant ses beaux yeux gris pailletés d'argent dans les miens.
-Mike, je ne sais pas si c'est très sage...
-Je ne vois pas en quoi ce n'est pas sage de dormir.
-Mike, tu es vraiment chiant. Tu n'as pas changé : toujours le premier à me faire des avances, mais une fois sur deux, tu n'assumes pas.
Michael a hésité, puis a demandé, presque timidement :
-Ca ne va pas te faire de mal ?
A ce moment-là, j'ignorais si ça me ferait du mal ou pas, mais je me fichais des conséquences. Je voulais le serrer dans mes bras à l'étouffer, l'embrasser de toute mon âme. Je le désirais tant que j'en avais mal à l'intérieur de la poitrine. Alors je l'ai pris dans mes bras et je l'ai embrassé avec force, fougue, sans tendresse. Ce baiser que je voulais brusque et furieux reflétait en réalité le tourbillon sauvage de mes émotions refoulées, même si j'espérais justement que mes sentiments ne transparaîtraient pas.
J'étais bien naïf à l'époque, et j'espère seulement que Mike l'était autant que moi.
Je lui ai fait l'amour, tentant par tous les moyens de masquer mes mains tremblantes, fermant mes yeux emplis de larmes d'émotion en étreignant cet être que j'aimais par dessus tout. Puis j'ai agi comme j'imaginais qu'on traitait un simple coup : je suis reparti peu après avoir joui. Si Michael en a été blessé, il n'en a jamais rien dit. A mon avis, il a plutôt compris que je faisais tout le contraire de ce que je voulais simplement pour cacher ces sentiments auxquels il ne répondait pas.
Le lendemain, j'ai appris par Louis qu'il n'avait jamais été invité à ce dîner, et donc qu'il n'avait jamais décommandé à la dernière minute.

Au bout d'un moment, un garçon rentre dans le bar. Il a les cheveux noirs ébouriffés, la peau blanche des gens qui sortent rarement le jour, et des yeux bleus qui auraient été magnifiques s'ils n'avaient pas été cernés et rougis par la drogue ou le manque de sommeil. Il n'est pas très grand, et sa carrure est frêle, mais son visage est grave et je ne sais pas vraiment quel âge lui donner, d'autant plus que ses vêtements ne m'aident pas : il porte un jean noir et un t-shirt de la même couleur. Je finis ma bière et je m'approche de lui, un sourire aux lèvres.
-Je t'offre un verre ?
Il me regarde, puis répond :
-Et si on allait baiser tout de suite, on gagnerait du temps ?
J'aime sa manière d'être direct. Il me plaît bien, ce petit gars. Je lui fais signe de me suivre, nous rejoignons ma Mercedes, garée le long du trottoir. Je guette sa réaction, mais s'il est impressionné, il le cache bien. En réalité, il a plutôt l'air blasé.
Durant le trajet, nous parlons un peu. J'apprends qu'il s'appelle Sven, et qu'il va rentrer au lycée en septembre. Cela me refroidit d'apprendre qu'il n'a que seize ans, mais il a l'air de s'en foutre et je comprends que si je ne suis pas celui qui va le baiser, il trouvera simplement quelqu'un d'autre.
Je prévoyais de l'emmener à l'hôtel, mais sans comprendre pourquoi, c'est devant chez moi que je m'arrête.
-C'est chez vous ?
Je regarde le jeune garçon qui sort de ma voiture. Manifestement, ils ne pose la question qu'à titre informatif, la taille de ma maison le laisse indifférent.
-Oui, c'est chez moi.
Je le précède le long de l'allée, puis nous rentrons dans la maison.
-Tu veux boire quelque chose ? je demande.
-Non, c'est bon, répond-il en retirant son t-shirt.
Décidément, il me plaît de plus en plus ! Je l'entraîne dans ma chambre sans plus de cérémonie, nous nous déshabillons tout en nous appréciant mutuellement du regard. Sans ses vêtements, son corps semble encore plus frêle, à tel point que je me demande si je ne vais pas le briser. Toutefois, sa peau pâle semble si douce, ses yeux si déterminés, son érection si impatiente...
-Tu es puceau ? je demande.
Tout en s'installant à quatre pattes sur mon lit, il me regarde par dessus son épaule et répond :
-Non.
-En tous cas, tu es un rapide. Pas de préliminaires, tu me tends directement les fesses.
-Je n'aime pas perdre de temps en choses inutiles.
Je hoche la tête. Je m'approche de lui, et tout en caressant sa poitrine dont les pointes sont déjà dressées d'anticipation, mes lèvres se posent sur sa nuque. Il prétend ne pas vouloir perdre de temps en choses inutiles, et pourtant, je sens des petits frissons naître sous mes lèvres, son souffle s'accélère. Il laisse échapper un gémissement lorsque mes doigts se referment sur un téton.
-Plus fort, soupire-t-il. Plus mal...
Mes lèvres descendent plus bas, où ma langue tente de se frayer un passage. Mes mains poursuivent leurs infimes tortures, et je crois qu'il ne s'en rend pas compte lorsqu'il râle :
-Oui, comme ça. Encore...
Qui est donc ce gosse pour être à ce point affamé de sexe et de douleur ? Décidant de remiser mes questions à plus tard, je me protège rapidement et je le pénètre. Il est étroit mais terriblement bon, il répond à chacun de mes coups de reins avec une sauvagerie insoupçonnée chez un adolescent au visage aussi grave.
Enfin, lorsque son corps se libère, je m'autorise à jouir.


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