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Coucou à tous, merci pour votre suivi.
Pyrane -- Merci pour tes encouragements. Quant au charmeur qui va y passer à la place de son aimé... On verra bien, hein ^^ Et puis Isidre, il veut juste sauver un couple, le pauvre...
Nanashi-san -- Je ne comprends pas pourquoi tu demandes si Devon est un grand illusionniste en fait... Donc pour te répondre, j'en sais rien... Il n'est pas spécialisé, il touche un peu à tout. Sinon, contente que l'idée d'Isidre te plaise, et t'en fais pas, s'il trouve un virus, il n'en choisira pas un contagieux, il n'est pas bête XD
Fildange -- Pourquoi reprocher à Nathaniel son amour ? Il n'a rien fait de mal, si ? Sinon, merci pour tes compliments sur mes autres fics ^^
On prétend les créatures magiques immortelles. Ce n'est la vérité qu'en partie.
En effet, il est vrai que les créatures magiques peuvent vivre éternellement. Cependant, elles peuvent également mourir. Bien qu'elles soient physiquement plus résistantes que les humains, bien que les années passent sur eux sans les affecter, un coup mal placé, une mauvaise chute, et ces créatures périront comme n'importe quel humain.
Certaines créatures magiques sont déjà mortes noyées, ou en tombant du haut d'un arbre, en se battant. En revanche, nul n'a jamais péri du poison ou de la maladie.
J'ai moi-même testé plusieurs poisons, des plus légers aux plus violents, mais à part quelques spasmes, vomissements, ou longs sommeils, vous pouvez constater que je suis toujours là pour vous décrire les effets.
Comme je l'explique, les créatures magiques meurent plus difficilement que les humains. Cela ne signifie pas qu'elles ne souffrent point.
Certains trouvent cela injuste comparé aux vies plus courtes des humains. Pour ma part, je trouve que les choses sont bien ainsi. Une vie longue mais pas interminable leur permet de l'apprécier au lieu de la gâcher et de la regarder passer. De plus, cette quasi-immortalité n'est pas toujours une bonne chose, car certaines créatures magiques ont dû vivre longtemps, très longtemps, tout en étant défiguré, mutilé, en souffrant le martyre et en sachant que ce calvaire n'aurait peut-être pas de fin, sauf s'ils choisissaient sciemment la mort.
Cependant, il ne doit pas être facile de tendre les bras à la mort de son plein gré tout en sachant qu'on aurait pu vivre encore une éternité.
Souffrir ou mourir ? Dans le fond, c'est une question que tout le monde doit se poser un jour, créature magique ou non.
* * *
Devon et Heinrich marchaient côte à côte sur le petit lacet de montagne, Devon à gauche, le long de la paroi contre laquelle frottait parfois son genou déjà mal en point, Heinrich à droite, à un pas du vide. Le jeune sorcier doutait que cette idée de chaîne autour du poignet soit bonne, mais il n'avait aucune envie de contrarier son prince. Pour son genou, il prenait son mal en patience, et si Luz trébuchait et tombait dans le vide, Devon pourrait toujours rattraper Heinrich grâce à ses bras et à ses ailes, voire la jument si sa magie en avait la force.
Non, le jeune homme ne voyait aucune bonne raison de contrarier son blondinet, d'autant plus qu'il ne leur restait plus beaucoup de temps avant leur séparation.
Fidèle à son habitude, il scrutait l'air tout autour d'eux, pour ne pas tomber dans une embuscade. Toutefois, un bruit provenant du haut fut ce qui l'alerta.
-Arrêtez-vous et resserrez-vous autour de moi le plus possible, lança-t-il tout en déployant au dessus de sa tête et de celle de ses compagnons un bouclier invisible.
-Que se passe-t-il ? demanda Heinrich en levant les yeux au ciel.
Devon n'eut pas à répondre. Un énorme rocher rebondit sur le bouclier invisible, et tomba dans le vide.
-Un éboulement ? demanda Nathaniel.
-Non, c'est une attaque, répondit Hebli.
A son tour, le nain télépathe leva les yeux au ciel.
-Désolé de n'avoir pu prévenir de cette attaque, mon prince, dit-il à Heinrich. Nous sommes beaucoup, et les pensées de nos ennemis se mélangent avec celles de nos amis.
-Ce n'est rien, répondit Heinrich avec un sourire. Nous sommes tous sains et saufs, non ?
Deux autres rochers tombèrent sur le bouclier et glissèrent dans le vide.
Ursula leva la tête.
-C'est à cause d'hommes comme eux que Talen est morte. Je suis inutile, depuis notre départ. Je n'ai pas pu sauver Talen. Je n'ai pas pu aider lorsque nous avons traversé le pont. Toutefois, aujourd'hui, j'ai décidé que je serais utile !!
-Ursula, non ! hurla Durgas.
L'elfe ailée déploya ses ailes et prit son envol, franchissant le bouclier, sa main posée sur son sabre. Durgas et plusieurs autres elfes lui hurlèrent de revenir, mais leurs cris furent emportés par le fracas assourdissant d'un quatrième rocher, puis d'un cinquième, qui s'écrasaient sur le bouclier magique. Impuissant, Devon leva les yeux, suivant du regard Ursula qui s'enfonçait dans la brume, évitant agilement les rochers qui tombaient.
-Il faut la sauver, grogna Heinrich. Melho, va voir ce qui se passe là-haut.
-Oui mon prince, répondit le concerné.
Il déploya ses longues ailes mouchetées de gris, et il s'envola à la suite d'Ursula.
-Vous n'auriez pas dû, mon prince, chuchota Isidre.
-Vous osez contester mes ordres, Messire ? demanda Heinrich en se penchant afin d'être entendu uniquement d'Isidre et de Devon.
-J'aurais parlé à voix haute, mon prince, si j'avais voulu contester, rétorqua Isidre. J'ai seulement donné mon avis. Pourquoi avez-vous envoyé Melho et non Nathaniel ?
Un sourire naquit sur le visage de Heinrich.
-Melho est plus fort que Nathaniel, il sera plus apte à se battre, répondit-t-il à voix basse. Mais surtout, je ne lui fais pas confiance, alors quitte à perdre un homme, je préfère que ce soit Melho.
-Vous ne lui faites pas confiance, mon prince ?
-Hier soir, lorsque Devon et Nathaniel sont rentrés, j'ai vu Melho qui revenait de je ne sais où, or ce n'était pas son tour de garde. Je n'aime pas ça.
Isidre hocha la tête, puis sursauta lorsque deux nouveaux rochers rebondirent sur le bouclier.
-Devon, peux-tu voir ce que font Melho et Ursula ? demanda-t-il.
Le jeune sorcier tenta de déplacer sa vision, mais secoua bientôt la tête.
-Si je le fais, je n'aurai plus la concentration nécessaire pour maintenir la protection en place.
Un bruit mat se fit entendre, et les compagnons virent le corps d'un homme rebondir sur le bouclier, une main posée sur sa jambe blessée.
-Je reviens ! lança Nathaniel en prenant son envol. Je vais voir combien ils sont.
-Fais attention à toi, répondit Heinrich.
Un bruit de bond attira l'attention du prince et des deux sorciers. Ils virent Ebreg, la créature magique mi-homme mi-grenouille, faire de grands sauts de rochers en rochers, dans le but manifeste d'atteindre le lieu du combat.
-J'y vais aussi ! fit Yvan rageur.
-Tu n'iras nulle part, lui répondit Isidre. Ton but est d'assurer la défense de ton prince, or ton prince ne risque rien là où il est.
-Ne dit-on pas que la meilleure défense, c'est l'attaque ?
-Ton armure t'alourdit, Yvan, expliqua Heinrich. Tu serais incapable d'escalader la falaise pour rejoindre Ebreg, Ursula et Melho.
Avec un sourire, il ajouta :
-De plus, j'aimerais avoir le plaisir de te nommer capitaine de la garde à notre retour à Valmar. Je t'en voudrais beaucoup si tu mourais et contrecarrais mes plans.
-Loin de moi l'envie de m'attirer le courroux de mon prince, fit Yvan tout en accompagnant ses mots d'une révérence à dos de cheval.
-Ils sont six, dont trois blessés mais encore valides, et deux à terre, annonça Nathaniel en apparaissant.
Un bruit mou de corps qui rebondit sur le bouclier se fit entendre.
-Plus que cinq, se reprit l'homme ailé en se posant sur ses pieds.
Isidre poussa un long soupir.
-Devon, libère la portion de bouclier au dessus de ma tête.
-C'est trop dangereux, Monseigneur !
-C'est un ordre ! s'écria Isidre.
-Si vous mourez, j'irai vous chercher jusque chez Eris et Ioma s'il le faut ! fit Devon en grinçant des dents. Voilà, il n'y a plus de bouclier au dessus de vous.
Isidre hocha la tête, satisfait. Il joignit ses poignets de manière à positionner ses mains en coupe, et bientôt, une boule de feu apparut. Le maître sorcier ferma les yeux. Toutefois, au lieu de lancer la boule, il la dirigea par la pensée, comme s'il voyageait avec elle. Elle se perdit dans la brume. Pourtant, peu après, les compagnons virent un ennemi enflammé tomber sur le boucler et glisser dans le vide. Un quatrième ennemi tomba bientôt, la gorge tranchée par une lame fine, suivi par un rocher qui s'écrasa sur le bouclier, et en descendit en milliers de petits cailloux. Isidre répéta l'opération plusieurs fois, juste qu'à ce que tombe le dernier ennemi, suivi par un lourd rocher qui projeta le maître sorcier dans le vide.
-Isidre ! hurla Yvan.
-Monseigneur ! lança Devon.
Il invoqua ses ailes et se précipita à la suite d'Isidre, serrant au passage Heinrich dans son bras enchaîné. Il sentit à peine son prince l'enlacer et essuyer tendrement ses larmes. Tout ce qu'il voyait, c'était son père adoptif qui se rapprochait de plus en plus d'un rebord pierreux.
-Tu vas y arriver, murmura Heinrich à son oreille. Ne t'inquiète pas.
Devon préféra ne pas répondre. Même s'il rattrapait Isidre, rien ne lui garantissait que ce dernier soit toujours en vie, après avoir subi l'impact de l'énorme rocher.
Enfin, au bout de ce qui lui sembla être une éternité, mais qui ne dura vraisemblablement pas plus de quelques secondes, le jeune sorcier rattrapa Isidre de son bras libre. Tremblant, il le serra contre lui. Du sang coulait de son crâne et se perdait le long de sa joue, contrastant avec sa peau pâle.
-Monseigneur, vous m'entendez ? demanda-t-il.
-Quelle idée... de risquer la vie du prince... pour me sauver, fit Isidre d'une voix faible.
-Il n'avait pas le choix, répondit Heinrich en désignant leurs poignets liés.
-Mon prince m'a attaché à lui par une chaîne ensorcelée, expliqua Devon. Je ne peux pas la retirer à moins qu'il ne l'ait décidé.
-Ensorcelée ? demanda Isidre ahuri.
-Oui, ensorcelée, affirma Heinrich, comme pour le mettre au défi de prétendre le contraire.
Isidre interrogea son fils adoptif du regard, et afficha un petit sourire. En réalité, la chaîne était tout à fait banale, elle ne contenait aucune magie, et Devon le savait parfaitement. Il jouait le jeu de son prince, pour lui faire plaisir jusqu'au bout, mais s'il le souhaitait, il pourrait retirer la chaîne.
-Isidre ! hurla Yvan lorsque le maître sorcier tomba.
Nathaniel prit le soldat par le bras pour l'empêcher de sauter au secours de son bien-aimé.
-Arrête, Yvan, idiot ! s'écria-t-il. Devon est déjà parti aider Monseigneur Isidre, et toi, tu ne peux rien faire. Si tu venais à tomber, je doute de pouvoir te rattraper, avec ton armure.
-Mais Isidre...
Nathaniel soupira et lâcha Yvan.
-Je sais ce que tu ressens, mais à l'heure actuelle, tu ne peux rien pour lui. Devon s'en charge. Tu ne tiens tout de même pas à ce qu'il sauve un Isidre veuf, n'est-ce pas ?
Yvan secoua la tête, les lèvres tremblantes, hésitant vraisemblablement entre le rire et les larmes. Nathaniel lui fit un clin d'œil et annonça :
-Je vais aider Devon, il est chargé comme une mule. Tu ne bouge pas, compris ?
-D'accord.
L'homme ailé s'élança dans le vide et se dirigea vers le trio. Une fois arrivé à leur hauteur, il demanda à Devon :
-Besoin de bras supplémentaires ?
-Tout va bien, répondit le jeune sorcier. Je serais vraiment indigne d'être un homme si je ne parvenais pas à soutenir les deux personnes que j'aime le plus au monde.
-Devon, personne ne t'en demande autant, fit Nathaniel d'une voix douce.
-Si, moi je m'en demande autant. Sais-tu qu'il est possible de brûler toute sa magie en combattant ? Imagine que j'en arrive là, et imagine que je ne sois plus bon à rien... Je préfère être utile pendant que je le peux encore.
-Dev, même sans magie, tu resteras toujours un être exceptionnel pour moi, et tu le sais, intervint Heinrich.
-Oui, quel être exceptionnel qu'un boiteux qui peut à peine marcher...
-Ne dis pas ça ! lança Heinrich d'une voix tremblante. Tu as monté un nombre incalculable de fois les marches du château, comment peux-tu dire que tu peux à peine marcher ? Tu ne vaux pas moins qu'un autre !
Nathaniel scruta Devon de ses grands yeux bleus, et l'apprenti sorcier ne répondit qu'en secouant la tête. Que pouvait-il répondre à cela, de toute manière.
-Je vais bien, affirma-t-il simplement tout en remontant en direction d'Yvan.
-Tu ne pourras pas toujours protéger ceux que tu aimes ! lança Nathaniel d'une voix sourde. A ce moment-là, il faudra bien que tu fasses confiance à d'autres pour s'en charger.
-En effet, mais tant que je peux le faire, je ne vois aucune raison pour confier cette tâche à d'autres.
Encore quelques coups d'ailes, et il se posa près d'Yvan qui se précipita pour prendre Isidre dans ses bras. Devon posa ses doigts à proximité de la blessure de son père adoptif.
-Je peux m'en charger, râla ce dernier.
-Monseigneur, vous avez dépensé une quantité d'énergie impressionnante, laissez-moi m'en occuper.
-Mais...
-Et arrêtez de me contredire sans cesse, ajouta Devon avec un sourire.
A cela, Isidre préféra ne pas répondre. Il se laissa soigner, les yeux fermés, dans les bras d'Yvan.
Avisant Ebreg à proximité, Devon tourna la tête dès que la blessure d'Isidre fut refermée, ce dernier étant endormi. Melho était debout, un peu plus loin. Dans ses bras, reposait Ursula, couverte de sang et ses vêtements déchirés à plusieurs endroits, dont au ventre et au bras. Le sorcier était sur le point de proposer ses services, mais il remarqua bientôt que la jeune femme n'était pas blessée. Elle était morte. Il croisa le regard accusateur de Melho.
-Si tu avais géré correctement, tu n'aurais pas eu à plonger au secours d'Isidre, et tu auras eu le temps de la soigner, lança ce dernier d'un ton acerbe. Tu es peut-être puissant, mais tu es complètement incapable.
-Melho ! Je t'interdis de... commença Heinrich.
-Laisse-le, coupa Devon. Il a raison.
-Bien sûr que non ! protesta Nathaniel. Devon, ton rôle est de protéger le prince, et tu t'en tires admirablement. Il est normal que tu aides Monseigneur Isidre également, puisqu'il est ton père. Tu ne dois rien à personne d'autre !
-Ursula et Talen sont venues nous aider dans notre quête, je devais faire quelque chose pour elles...
-Non !
Nathaniel s'approcha de Devon et plongea dans ses yeux.
-Les créatures magiques ont pour seul but d'aider leur souverain ! Privés de notre magie, nous nous sommes cachés pendant quatre-cent années. Cependant, un prince nous a trouvés, il avait besoin de notre aide. Nous aurions eu honte de ne rien faire pour lui.
Un sourire naquit sur le visage doux de l'homme ailé, qui poursuivit :
-Devon, tu n'as pas à nous protéger, et tu n'as surtout pas à te sentir responsable si l'un d'entre nous tombe.
-Je...
-Et arrête de répondre à tes aînés ! fit Nathaniel pour dernier argument.
-Oui... Désolé, Nat, et merci.
-Allons-y ! lança Heinrich qui commençait à devenir jaloux d'être exclu de la conversation. Melho, à combien de temps sommes-nous de Désertia ?
-Nous y arriverons avant la fin de la journée, mon prince.
-Très bien, alors je te confie Ursula, nous l'enterrerons dès que nous y serons. En avant !
-Je prends Isidre avec moi, annonça Yvan.
-Sauf votre respect, Messire, je préférerais que vous n'en fassiez rien, répondit Keylan. Votre cheval doit déjà supporter votre poids et celui de votre armure, c'est une lourde charge.
-Je m'en occupe, fit Devon avec un sourire.
-D'une seule main ? demanda Yvan.
-Tout va bien aller, je ne le lâcherai pas.