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Fiction » Supernatural » Au Bal des Damnés font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: BeuldesBois
Fiction Rated: T - French - Friendship/Mystery - Reviews: 1 - Published: 07-27-09 - Updated: 07-29-09 - id:2701815

D'accord, c'est à se demander comment j'ose poster ça... Mais je voulais essayer d'écrire un peu à la première personne, et m'entrainer par la même occasion. [Fallait pas me laisser seule un soir, sans surveillance, voilà où on en est maintenant ... !]

Je ne pense pas vraiment que ce soit concluant, tout ce que je peux dire c'est que je ne prend pas vraiment ce projet au sérieux xD. Je réutilise un vieux délire d'adolescente que je remix un peu pour marier ça avec des choses qui me plaisent un peu plus à l'heure actuelle... Mais, bon. Ça risque de ne pas voler haut xD.
Sinon, je peux dire qu'après ce petit essai, écrire à la première personne semble moins fatigant qu'à la troisième, mais... C'est peut-être aussi le contenu de cette fiction qui me donne cette impression.

Le reste suivra au gré de mes envies. J'imagine que ce seront donc plutôt des petits chapitres, histoire de me détendre de temps en temps =3.
A ceux qui auront l'audace de lire ce qui suit (oui parce qu'à ce stade là, c'est plus du courage), je vous salue !


Prologue

Elle m'énerve... Mais qu'est-ce qu'elle m'énerve Mareva aujourd'hui. L'ai-je déjà connue plus excitée qu'elle ne l'est à ce moment, je me le demande... Et pourtant, Dieu sait que ça fait un bail qu'on se supporte mutuellement.

- Mais alleeez... Tu vas pas me faire ça !

Pas lui faire ça, pas lui faire ça. Je vais me gêner tiens. Dix ans... dix ans qu'elle scande à qui veut l'entendre qu'elle est ma meilleur amie, et alors qu'elle est censée me connaître par cœur, elle m'achève pendant que je suis encore à terre avec ses arguments qui me déchirent de l'intérieur.

- On sera toutes les deux pendant les deux mois des grandes vacances, rien que nous ! C'est pas franchement génial comme plan ça ?

Halala... Deux mois, juste Mareva et moi, soudées comme deux vieux chewing-gums envers et contre tout, bien sûr que j'aimerai. Bon, deux mois ça fait peut être un peu long pour seulement la troisième colonie de vacance de ma vie, mais il faut bien se jeter à l'eau arrivé à un moment ! Même si là, tout de suite... Il y a quand même une donnée qui ne m'emballe guère.

- Et puis on sera paumées en pleine forêt dans un vrai château du moyen-âge, remis au goût du jour pour accueillir des jeunes gens avides de connaissances et de savoirs sur cette belle époque que fût celle de la chevalerie, fit elle en récitant une plaquette publicitaire qu'elle tenait entre ses mains. Tout le monde est pas obligé d'être « avide de savoirs » sur ces trucs là, mais toi je sais que ça te fait rêver cette époque !

- Maré je t'en prie, arrête ! C'est déjà assez dur comme ça, n'en rajoute pas !

C'est qu'elle allait finir par me faire plier cette folichonne aux yeux de biche...

Elle se rassit alors plus convenablement sur sa chaise, et se tourna face à sa table, faisant mine de bouder. Une boulette en papier lui passa juste au dessus du crâne, mais elle ne sembla même pas la remarquer. Allez Maré... Tu vas pas faire la tête pour ça quand même, on en aura d'autres des occasions de se retrouver ensemble.

- Tout ça parce que tu es sexiste et misogyne... Léif sérieux, je t'aime, mais va falloir te faire soigner. Une colonie de filles n'a jamais tué personne ! Enfin je crois...

Ouch, et une baffe dans tes dents Léif, une... Je suis habituée au franc-parler de ma camarade, mais ce n'est pas pour ça que je n'y suis plus sensible.

- T'y vas un peu fort quand même. Je traînerais pas avec toi si je ne pouvais vraiment supporter aucune fille, faut pas généraliser.

- Alors pourquoi tu ne viendrais pas ? me demande-t-elle finalement avec un regard par dessus son épaule.

Touchée. Léif, ma pauvre, ta dernière bouée de secours vient d'exploser. Quel argument lui donner désormais, alors que ma plus grande crainte est de me retrouver coincée avec une bande de filles en pleine période de la crise d'adolescence, moi je viens tout bonnement d'affirmer que l'idée ne me ferait ni chaud ni froid.

- Ben... Le prix, balançais-je au hasard. C'est pas vraiment donné, il me semble, et les parents sont un peu près de leur sous en ce moment.

Maré se retourne alors et me fusille du regard, ayant surement deviné que je raconte des salades... Comment mentir à quelqu'un qui connaît déjà tout de votre vie, je vous le demande ?

- Arrête un peu ton baratin... C'est quoi ? Être coincée deux mois avec moi qui te plait pas ?

- Mais déconne pas Mareva, on en crève d'envie depuis deux ans déjà.

- Bon ben alors !

Pff... Qu'elle m'énerve... Mais qu'elle m'énerve ! Et le pire, c'est que je sais qu'elle à raison, une occasion comme celle là, il ne s'en repointera pas de si tôt.

A cours d'idée pour me défendre, je laissait finalement mon imaginaire vagabonder dans un décor digne des plus beaux films de château fort, et étais très certainement sur le point de céder... Mais un professeur pénétra alors en trombe dans la salle de classe, déjà en retard d'une bonne dizaine de minutes.

- Allons messieurs, on se rassoit vite à sa place... et mademoiselle, on éteint son portable et on me le donne !

Je détournais mon regard vers le fond de la pièce, là où l'idiote de la classe s'était faite pincée avec un téléphone pendant une épreuve du brevet... Bien joué, cette andouille et garce de Jolène avait encore réussi à innover. Néanmoins, ce prof là semblait plutôt cool, et il ne fit que mettre le petit parasite sur le coin de son bureau, pendant qu'il s'afférait à retrouver une liste des participants à l'épreuve. Le hasard de l'ordre alphabétique avait voulu que Mareva et moi soyons disposées sur la même ligne, et nous nous retrouvions donc côte à côte. Pendant que le professeur chargé de nous surveiller durant cette épreuve de français passait dans les rangs pour vérifier qu'il n'y avait pas d'absent, Maré se glissa un doigt dans la bouche et fit semblant de vomir tout en désignant sa copie. Je souriais en la regardant faire... Mareva, d'ordinaire si bonne élève en classe, détestait pourtant les matières dites littéraires, alors que moi, l'élève moyen qui ne donnait pas vraiment le meilleur d'elle même pour tenter d'avoir plus, j'adorais ça.

Il fallait dire que Maré et moi étions différentes en bien des points, si ce n'était sur tous... Certes meilleures amies depuis des lustres, elle appartenait au jour comme j'aurais pu appartenir à la nuit. Même physiquement, rien ne nous rapprochait. Plus grande que moi, avec une peau café au lait qui sentait bon le soleil, et de longs cheveux ébènes, limite bouclés, qui s'écrasaient sur ses épaules ou descendaient en cascade dans son dos... Ajoutez à ça une plastique irréprochable, et vous aviez cette chère Mareva Pacreu en face de vous.

- Léif... Ducarrouge... marmonna alors le petit homme tout en précisant sur sa fiche de présence que j'étais bien là sous ses yeux. Et votre trousse mons... mademoiselle ?

Et voilà... encore un qui avait hésité sur mon sexe. Enfin bon, ce n'était pas comme si je ne le cherchais pas non plus... Mais c'est déjà assez peu agréable de ne pas se sentir féminine pour un rond, alors quand on se met à vous appeler « monsieur » avec une telle insouciance, vous avez juste envie de vous écraser la tête sur votre table.

Je sortais donc ma trousse de la manche de mon gilet trop large, là où je l'avais glissé et re-glissé pour passer le temps en attendant que mister el professor n'apparaisse enfin. Mareva se mit à glousser silencieusement, se retenant de pouffer... Toujours un moyen de se faire remarquer Léif, toujours... Mais ce n'était pas ma faute si dans mon cerveau rien ne se passait comme chez les autres ! Ce n'est pas que je ne les apprécie pas, ces « autres », mais je crois en tout cas que je n'aime pas faire comme eux. Une espèce de marginale à deux balles, hein ? Oui surement... Mais ne soyez pas si méchant avec moi, c'est pas plus mal la diversité, non ?

Une coupe de cheveux plutôt courte (faut avouer qu'elle dépasse à peine mon menton), des cheveux châtains indomptables auxquels j'ai fini par laisser faire ce qu'ils voulaient, une peau pâlichonne que l'on dirait parfois presque malade, et une petite taille flagrante qui me fait passer sous les extincteurs dans les couloirs sans même me cogner dedans. Le cul des bouteilles est à un mètre cinquante cinq du sol... moi j'en fait un cinquante deux. Frustrant, mais voilà ce que je suis en attendant. Imaginez vous le tout avec un aspect masculin assez fortement prononcé, et vous obtenez le petit garçon que je suis, dans son corps de fille à la poitrine aussi plate qu'une planche de surf.

- Bien bien, commencez à préparer votre copie mademoiselle dans ce cas...

Et le voilà qui continu son chemin, imperturbable, pendant que j'accompagnais son avancée d'une moue lasse et agacée. Allons allons très chère, après cette dernière épreuve, tu es en vacance. Quelques jours à attendre les résultats, et tu es presque sûre de pouvoir atterrir au lycée l'an prochain, motive toi un peu !

Je lance un regard somnolant à Mareva tout en me laissant m'enfoncer sous mon bureau, les fesses presque dans le vide, et le dos cassé par le dossier de ma chaise. Elle entortille une mèche de cheveux autour de son stylo sans conviction, attendant elle aussi que le temps passe. Les yeux dans le vague, elle semble réfléchir à quelque chose, et elle reporte tout à coup son attention vers moi.

- Si tu as ton brevet, on part en vacance toutes les deux ! me souffle-t-elle alors, autoritaire.

- Mais je... Tu triches.

Je ne voulais pas jouer ma vantarde en affirmant que j'allais l'avoir presque à coup sûr ce brevet, mais si elle me présentait les choses ainsi, c'est qu'elle pensait certainement que je l'aurais aussi. Son défit ne me plaisais donc pas vraiment... Pour échapper à la colonie cent pour cent féministe, il faudrait alors que je fasse exprès de planté mon intero de français, et mes études avec...

- On peut pas faire l'inverse plutôt ?

- Certainement pas ! Je te connais !

Elle tentait de garder un ton bas avec peine, s'emportant dans ses divagations, déjà assurée que je serais à ses côtés dans ce superbe château au milieu de la forêt, loin des parents, de la ville et du bruit...

- Oh et puis merde ! ralais-je dans ma barbe. C'est bon t'as gagné ! J'en parlerais aux parents ce soir... même si je pense qu'on s'y prend un peu tard !

Mareva faillit exploser de joie, rebondissant sur sa chaise en se trémoussant comme la prostituée aguichant les passants autour de son lampadaire. Franchement Maré, t'es déjà assez jolie comme ça, pas besoin de te dandiner, les mecs de la classe t'ont déjà bien assez remarqué !

- Fait péter le t-shirt Mareva ! entendis-je alors depuis l'autre côté de la salle.

Encore ce con d'Alphonse qui veut jouer son client de bar de strip-tease... Ne perdant pas de temps, je lui envoi vivement un rouleau de scotch dans la face pour défendre l'honneur de ma camarade, et le bougre se tient maintenant le nez entre les mains, ouvrant la bouche de douleur dans un cris inaudible.

A chaque fois c'est le même manège... et pourtant il faut croire qu'il ne s'en lasse jamais.

__________________________

Chapitre 1.
Promenons nous dans les Bois

Je m'appelle Léif Ducarrouge... et je suis bien faible.

- Yiha Lell ! En route pour la liberté !

Mareva est décidément toute joyeuse, une vrai folle... Elle me ferait presque peur. Un peu comme toutes les autres passagères de ce mini bus d'ailleurs, qui sont remontrées comme des diables sur ressort.

Mon brevet en poche, mes parents ne semblaient pas d'humeur à me refuser des vacances avec mon amie d'enfance... Peu importait le prix, il fallait récompenser leur aînée correctement. Ma dernière excuse pour éviter d'avoir à supporter des ados hystériques et boutonneuses s'en allait alors sans que je ne puisse rien faire, sinon peut être vexer ou blesser mes parents qui se faisaient une joie de me donner un peu plus de responsabilité (ou de m'éjecter de la maison pendant deux mois...) mais je n'en avait définitivement pas le cœur.

- Attention vous êtes prêtes les filles ?! s'écria soudain une mono dans son micro.

Prévoyant à l'avance le genre de réaction que tout cela allait provoquer, je me plaquais les mains sur les oreilles avec empressement, pendant que mes camarades s'époumonaient en levant les bras au ciel.

Des hystériques, des vraies...

- Allez Léif, fais pas la gueule !

Non non, je ne faisais pas la gueule... Mais je n'étais pas de la meilleur humeur non plus. Le bus démarrait à peine que je voulais déjà en descendre, mais coincée entre Mareva et la vitre, mes idées de fuites ne purent aboutir à rien.

- On va s'éclater comme des folles ! reprit-elle en me balançant un léger coup de coude.

Oh yeah baby, soyons fous... Cédant à l'affolement général, je me redressais un peu sur mon siège de velours délaver par le soleil, croisant les bras, mais tâchant d'être un peu plus souriante.

- Hello les filles ! Vous nous venez d'où comme ça ?!

Et crotte... tentative de retrouvailles entre moi même et ma bonne humeur avortée... notre voisine de devant vient de surgir de derrière son siège, très vite rejoint par sa camarade.

- Nous c'est Cassandre et Celena, on est sœurs ! lâcha la deuxième en gloussant.

Ha oui effectivement, je n'avais pas remarqué de prime abords, mais elles ont bien le même visage ces deux harpies... Et je peux savoir ce qu'elles ont à me fixer comme ça au passage ? Vous n'avez jamais vu une boudeuse en baggy et sweat-shirt trois fois trop large pour elle, girls ?

- Nous c'est Léif et Mareva, répondit alors mon adorable compagne avec sa voix de miel. On vient de près de Paris.

Pas parisiennes, attention... près de Paris only.

- Oh c'est cool ça, des filles de la capitale !

J'aurais dû exprimer ma pensée plus haut...

- Mareva c'est super mignon ! commença celle qui semblait la moins aimable des deux. Par contre Léif c'est... bizarre.

- C'est un prénom de garçon ! précisa activement Maré, un grand sourire aux lèvres.

Mon prénom lui avait toujours plu, sans que je ne comprenne réellement pourquoi.

Mes parents avaient eu le bon goût de me donner un nom de gars, alors que je ressemblais déjà assez peu à une fille comme ça... Enfin, certainement ne pouvaient-ils pas prévoir à l'heure de ma naissance ce que j'allais devenir plus tard, mais tout de même... on ne s'amuse pas à mélanger les prénoms comme ça ! C'est un coup à en faire complexer plus d'un. Néanmoins, je pouvais être sûr qu'aucune autre personne en France ne devait porter le même prénom de quoi, ou tout du moins pas chez celles de sexe féminin, et cela me plaisait bien.

A là base, Leif (sans accent) était le nom d'un fils de chef viking... ce qui, en somme, est assez la classe quand on porte autant d'intérêt que moi à tout genre de guerriers quels qu'ils soient. Mes parents avaient alors simplement récupéré ce prénom en le francisant un peu, pensant très certainement que personne ne se rendrait compte qu'il n'était pas mixte. Ainsi, mon nom avait une traduction... Et « Leif » « Ducarrouge » donnait alors le ô combien sublime sobriquet de « le fils » du « carrefour »...

Et je ne plaisante pas. Voyez un peu la classe de ce nom, s'il-vous-plait. Y'a de quoi être fière...

- Un prénom de mec ? s'étonna alors la jumelle semblant la plus niaise. Tes parents voulaient un fils ?

Et dire que, non, même pas... Ils l'ont d'ailleurs eu juste après, leur fils.

- Ils avaient prévu à l'avance la gueule que j'aurais plus tard, lui lançais-je en grinçant des dents.

Ce n'était non pas la pensée de mes parents se tapant un délire le jour de ma naissance (surement shootés à l'oxygène maintenant que j'y pense... tout s'explique) qui me faisait broyer un peu plus de noir, mais simplement le fait de me retrouver à parler avec cette fille qui me regardait comme une animal, la tête de travers.

Mareva réagit alors au quart de tour, comme à son habitude...

- Je t'ai dis d'arrêter avec ça ! Tu es très mignonne, mais tu ne veux rien écouter ! T'as qu'a t'habiller un peu mieux, et tu verras qu'on arrêtera de te prendre pour un gamin !

Je détestais quand elle osait affirmer ça... Mignonne. Non mais vraiment qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre. De plus « mieux » m'habiller était impossible. Non pas que mon sens de la mode était irréprochable (loin de là...) mais à défaut de ne pas avoir de poitrine, j'avais bien trop de fesse et de cuisse à mon goût (et pas qu'à mon goût d'ailleurs, c'est méchant un collégien...) et je préférais cacher tout ça le plus possible derrière des vêtements larges et informes. J'avais certes un peu maigri ces derniers temps, mais ça ne m'empêchait pas de ne pas être à l'aise dans les vêtements moulants.

- Nous sommes originaire de Bretagne pour notre part. On était très étonnées de recevoir cette plaquette pour une colonie de vacance dont personne autour de nous n'avaient entendu parlé ! Au départ, papa pensait que c'était lié à son travail, et que chaque employé en avait reçu une, mais même pas...

- Surement une sorte de tirage au sort alors, fit Mareva sans vraiment le penser.

C'était un fait qui nous avait aussi étonné, Mareva et moi, lorsqu'elle m'avait parlé de cette publicité qu'elle avait reçu un jour, sans explication. Aucun voisin n'avait pu se vanter de recevoir pareille planchette. Elle en était l'unique détentrice de toute la ville, voire de la région entière. Néanmoins, le numéro de téléphone indiqué permettait bel et bien de tomber sur l'agence qui avait mis en place cette colonie, et tout doute sur un potentiel canular avait été écarté. Depuis, Mareva avait rappelé pour soumettre ma candidature à ce voyage, et il s'avérait qu'une place pouvait effectivement m'être réservée... C'était à se demander combien de personnes avaient pu recevoir la publicité, étant donné que nous n'étions qu'une vingtaine d'adolescentes dans le véhicule. Ou peut être était-ce simplement que beaucoup avaient eu peur de tomber sur une agence fictive, et n'avaient donc pas voulu envoyer leur enfant ils ne savaient où.

J'aurais dû faire comme eux tiens.

- J'ai toujours rê-vé de visiter la Pologne, souffla alors celle que j'identifiais comme la dominée des deux jumelles. Quelques uns de nos ancêtres viennent de là-bas, je voulais absolument revenir aux sources.

Elle avait quelque chose dans sa façon de parler qui ne me plaisait pas du tout... Une espèce de suffisance et d'estime de soi bien trop grande pour être saine. Mais attendez ? Elle a parlé de Pologne ? Je me retournais vers Maréva, un peu surprise.

- C'est quoi ce plan Maré ? Pourquoi elle nous parle de la Pologne ?

- Ben parce que c'est là qu'on va, banane... Jamais t'enregistres quand on te parle ?

- Mais tu m'as parlé de la forêt de ch'sais pas quoi... Jamais de passer la frontière !

- Et c'est pour quoi qu'on t'aurait demandé d'emmener ton passeport, alors... ? Puis si t'avais fait attention, t'aurais bien vu que la forêt en question avait pas du tout un nom français.

Bon d'accord, j'ai plus qu'à me taire sur ce coup là... J'aurais pu faire un peu plus gaffe. Mais quand même ! Mes parents devaient bien être au courant eux, et ça ne leur etait pas venu à l'esprit d'en parler avec moi... ? « Chérie on t'envoie à l'autre bout de l'Europe pour les vacances, be brave ! »

Cassandre et Celena commencèrent alors à pouffer comme des dindes en se cachant la moitié du visage derrière leur dossier. Je crois que je ne m'avance pas trop vite en disant que j'ai réussi à me faire deux ennemies dès le début du voyage. Un voyage qui risquait d'être long d'ailleurs... Oh my god. Paris-Pologne en bus, et tout ça enfermée avec ces dix-huit autres filles (si l'on enlève Mareva) à qui je déclare la guerre sans même les connaître...

J'ai peur de ne pas survivre à cette première journée.

- Ta copine fait une tête d'enterrement, estima bon de préciser l'une des deux sournoises. Elle a le mal du voyage ?

Cette chipie savait tout à fait ce qui n'allait pas, mais se plaisait à un peu plus enfoncer le couteau dans la plaie.

- C'est ça, lui répondis-je en rentrant dans son jeu à contre cœur. Je vomis à peu près tout les deux kilomètres d'ailleurs.

- Et elle se penche sur le siège de devant quand elle sent que ça remonte, ajouta Mareva qui commençait à perdre sa bonne humeur face aux deux blondinettes qui nous servaient de voisines.

Leur visage s'ornèrent alors très rapidement d'un rictus de dégoût (et d'horreur pour la plus proche de moi qui craignait surement d'être réveillée par une douche surprise pendant la route), et elle se lassèrent bien vite de notre compagnie, disparaissant de notre vue en se rasseyant sur leur siège respectif. Yiha Mareva, tape là ! Elles nous emmerderont plus de si tôt ces deux là. Solidaires jusqu'à la mort mon frère ! Euh ma sœur, pardon...

Un petit rire léger s'éleva alors de l'autre côté de l'allée séparant les deux rangées de siège dans le bus, de l'autre côté de Maré. Tournant toutes les deux nos têtes, nous nous aperçûmes rapidement que deux paires d'yeux nous regardaient silencieusement... Une première jeune fille nous observait avec un regard plein de malice, et la seconde semblait se cacher derrière sa camarade, un peu plus timide dans sa façon de nous analyser.

- Oh pardon, moi c'est Paoline ! fit alors la première des deux filles, sortant de sa contemplation. Et elle derrière, c'est Lise.

Paoline tendit sa main à Mareva pour la lui serrer, faisant les présentations en bonne et due forme, tandis que Lise nous adressait un petit signe de la main discret, que je lui rendais.

- Vous c'est Léif et Mareva je crois, on vous à entendu. C'est très cool Léif, moi j'aime bien t'en fais pas !

Elle avait fini en s'adressant à moi, d'une manière qui ne semblait pas être surjouée ou fausse... Cette Paoline avait quelque chose de chaud dans le regard, paraissant franche et accueillante. Dans sa stature et sa façon de parler, on devinait qu'elle avait un caractère de battante, voir de gagnante.

Je retirais tout ce que j'avais pu dire sur les filles de ce mini bus à qui je m'apprêtais à rentrer dans le lard... Ces deux minettes là avaient l'air vraiment très chouettes.

- Merci...

Je lui répondais assez abasourdie, impressionnée par cette facilité qu'elle avait de mettre les gens à l'aise.

- Faut leur faire un peu fermer leur clapet aux mauvaises langues, vous avez bien raison.

Il ne me semblait pas que nous ayons fait tant d'efforts que ça pour nous débarrasser des deux clones, car après tout, Mareva et moi étions adepte des réglages de compte bien plus sauvages... Mais la rouquine semblait tout de même décidée à nous montrer son approbation.

- Vous avez quel âge ? reprit-elle soudain. Enfin c'est juste pour la discute quoi, histoire de faire connaissance.

- Quinze ans, enfin, moi j'en ai quinze, mais Maré aura les siens pendant les vacs...

Et oui, malgré les apparences, et ses douze centimètres de plus que moi, Mareva était la plus jeune d'au moins trois bons mois.

- Oh cool ! Moi aussi je vais les avoir pendant ces deux mois ! Et Lise me disait qu'elle avait eu quatorze ans en début d'année.

- Vous êtes cousines ou quelque chose comme ça ?

- Non... On a fait connaissance avant de monter dans le bus, alors on s'est mise à côté et... voilà, on papote.

La bonne humeur était de retour pour les pensionnaires des sièges dix-neuf et vingt, et Mareva semblait plus qu'heureuse de faire de nouvelles connaissances. Il en avait toujours été ainsi... très sociable, cette fille là avait un besoin perpétuel d'être entourée.

A nous quatre, nouvelles compagnes de calvaires pendant ces dix-sept heures de route que l'on nous annonçait, nous représentions toutes les tranches d'âge de cette colonie... Ce qui n'était pas difficile, car notre groupe était constitué d'adolescentes de quatorze à quinze ans. La petite Lise, châtain clair et horriblement timide, se fit quelques fois violence pendant le voyage pour nous parler un peu d'elle, mais il fallait avouer que c'était surtout Mareva et Paoline qui monopolisaient le temps de parole... Cependant, cela semblait nous convenir à toutes. Lise et moi même n'étions pas du genre follement bavarde avec les gens que nous ne connaissions pas encore très bien, mais c'était avec joie que nous écoutions nos deux autres camarades raconter tout et n'importe quoi lors de ce trajet qui nous faisait perdre la tête. Au son de nos éclats de rire, quelques têtes se tournèrent ci et là pour apercevoir ce qui se passait à l'arrière de ce mini bus, depuis lequel nous couvrions les bruits des chants ringards que la mono s'attachait à chanter dans son microphone pour guider le reste des filles.

__

- Oh my... Je ne peux plus bouger mes jambes...

- J'ai l'impression que j'ai la circulation coupée, m'approuva Mareva.

Le bus s'était enfin stoppé pour de bon, nous promettant que nous n'aurions plus à y remonter avant belle lurette. Pendant le trajet, nous avions dû supporter les chants et jeux tous plus inintéressants les uns que les autres que nous proposaient les deux monitrices, mais qui avaient au moins eu le mérite de nous faire passer le temps.... Pourtant j'en avais raz les fesses à l'heure actuelle, et la tête prête à exploser.

- Demain je me réveille avec la gueule de bois sans avoir bu, soufflais-je à Maré.

En réponse, elle se mit à rire doucement, pendant qu'elle tirait ses bagages de la soute, dans une pénombre que les quelques réverbères ne suffisaient pas à estomper. Il était près de minuit, et nous étions toutes crevées...

- La vache, j'ai le dos mort, murmura Paoline pour elle même, alors que Lise rapportait ses valises auprès d'elle.

Au sol, les petits gravillons crissaient sous les pas de chacun... Il suffisait alors que quelques filles s'éloignent un peu pour vous filer les pétoches, tandis que vous entendiez leurs pas mais ne voyiez plus leur silhouette.

- Lell, reste près de moi, me dit alors mon amie.

Ha ha, Maré... Tu as peur ? Enfin, je ne faisais pas forcement la fière non plus, perdue en plein bois, alors qu'il fait nuit, et que je le chauffeur ne nous aidait même pas à sortir nos affaires du bus...

- Allez come on girls, ordonna mollement Paoline. Les autres se cassent sans nous, on va finir par les perdre.

Je réalisait alors que les quelques lampadaires qui étaient plantés là se trouvaient bien seuls, et que notre destination étaient surement à quelques mètres encore de marche à pied... Tout ça semblait décidément bien organisé dis donc... encore un truc à la mords moi le citron. Tout ce que je voulais, c'était trouver un lit, vite, et m'y effondrer comme une morte, en espérant que ce ne fut pas trop éloigné.

- Dépêche toi Léif !

Je reconnu la voix de Lise qui me semblait venir de très loin... Oulah, c'était pas bon tout ça. Comment elles avaient pu partir aussi vite ?! Rajustant la bandoulière de l'un de mes sacs sur mon épaule, et m'arrangeant pour porter le second à deux mains, j'accélérais la cadence, en essayant de ne pas m'écraser comme une fiente dans les graviers.

- Lé-if ! appela cette fois Mareva.

Mais bordel où étaient-elles ? Je me dirigeais à l'aveuglette dans le noir, ne pouvant même pas repérer la lueur de l'astre nocturne pour me guider, tellement la foret devait être dense... A moins que nous ne soyons en fait en pleine nouvelle lune, ce qui me donnait encore moins de chance de pouvoir apercevoir quoi que ce soit.

- Lell merde ! T'es où ?!

- J'arrive ! criais-je sans vraiment savoir.

Mes pieds se prirent alors dans ce que je devinais être une souche d'arbre, et je m'éclatais comme une cascadeuse de bas niveau dans la terre et les fougères. Si personne du groupe ne savait où j'étais, elles durent au moins toutes m'entendre jurer.

- J'y crois pas... Vas pas me dire que je vais réussir à me paumer alors que je ne suis MEME PAS arrivée au château, autrement dit que la colo n'a pas commencé ?!

Tout à coup je réalisait que, si, j'étais bel et bien complètement perdue. Quelles monos de mes deux aussi ! Elles ne pouvaient pas attendre que toutes leurs gamines soient en rang et prêtent à partir avec elles ?! Non forcement, ça aurait été trop facile... Mais Léif aimait se compliquer la vie et se mettre des bâtons dans les roues, oh oui... Non contente de partir en colonie entourée de filles et exclusivement de filles, il faillait aussi qu'elle flâne pendant la route in the dark dans la forêt... Mais quelle grognasse je fais.

- Maré ! tentais-je une dernière fois, désespérant.

Tout cela n'était qu'un mauvais moment à passer... Les gens allaient bien venir me rechercher tout de même, hein ? Ils allaient se rendre compte qu'une glandue s'était égarée dans les bois et qu'il fallait la retrouver... ? J'hésitais un peu tout de même. Avec des monitrices qui ne prenaient même pas le temps de s'inquiéter à savoir si toutes leurs filles étaient bien avec elles, qu'est-ce que je pouvais attendre du reste du personnel dans le château. D'ailleurs... Y'avait-il au moins d'autres personnes pour nous encadrer là-bas ?

Commençant légèrement à paniquer, j'eus alors l'idée de sortir mon portable de mon sac à dos, et d'ouvrir le clapet pour me faire un peu de lumière. Je n'y voyais pas grand chose de plus, mais au moins, je pouvais deviner sur quoi je mettais les pieds. L'idée me vint alors d'appeler Mareva sur son portable, qu'elle avait surement sur elle... Mais alors que, toute joyeuse, je voyais déjà la fin de mes supplices s'approcher, je me rendais finalement compte que dans le trou paumé où nous devions toutes nous trouver, le réseau ne passait pas...

Nice. Super. I love it...

- MAREVA !

Toujours rien... Mais merde ! Qu'est-ce qu'elles foutent ?! Cette fois je commence vraiment à avoir la frousse. Du calme Lell, il n'y a rien de dangereux dans ces bois tant que tu ne commences pas à t'imaginer les pires scénarios...

CRAC.

Et voilà... Qu'est-ce que c'est que ça ? Maré, Paoline ? Une mono... ?! Étrange, le bruit ne vient pas du tout du chemin de graviers, que je viens de retrouver grâce à mon super portable qui éclaire maintenant presque aussi bien qu'une torche, vu qu'il n'y a plus d'obstacle pour couper son rayonnement... enfin une très petite torche quand même.

- Y'a quelqu'un ? me risquais-je alors.

C'est vrai quoi, arrête de flipper Léif. Les monstres, c'est dans ta tête qu'ils existent. Quant aux grizzlis, je ne pense pas que tu puisses en rencontrer ici... Alors soit forte, et cherche ce qui a bien pu marcher sur ce qui semblait être une branche.

- S'il vous plaît... Chu paumée !

Agitant mon portable devant mon visage, et tournant le dos à la route, je me met à scruter les bois dans l'espoir de voir quelqu'un (de pas trop louche) qui pourrait m'aider... Mais rien. Personne. Peut-être n'était-ce pas un homme après tout ? Un lapin... une taupe ? J'éclaire alors un peu plus bas, tentant de voir quel animal pouvait bien être dans les parages, mais je ne remarque définitivement rien avec cette trop faible lueur qui n'éclaire que dalle.

Je frissonne alors un peu. Il fait non seulement froid dans cette forêt, mais je ne me sens définitivement plus en sécurité. Je me prépare ainsi à reprendre la route, et essayer de m'en sortir par moi même, mais tandis que je me retourne et ne fait plus attention à ce que recouvre la lumière qui s'échappe de mon écran de téléphone, il me semble entrapercevoir une ombre qui fuit à vive allure, mais pourtant sans emmètre le moindre son. SA GRAND MERE LA REINE ! Mais qu'est-ce que c'était que ce truc ?! Oh putain ! OH PUTAIN ! Y'avait quelqu'un, là, juste devant moi, et il ne s'est même pas manifesté alors que je demandais de l'aide ? Il n'a pas bougé d'un poil ! OH BORDEL. Qu'est-ce qu'il me veut ?! AU SECOUR ! A tout les coups je vais avoir la malchance d'être tombée sur un allumé qui va m'attirer dans les bois pour me bouffer !

Je hurle très certainement, sans m'en rendre compte, et ne faisant plus attention à rien (ni même au sac que je viens de laisser sur le sol) je me met alors à courir comme je peux sur les gravillons, sentant comme ma fin toute proche.


Toc. C'est un peu brut... But pour une histoire pareille (de grand méchant loup comme dirait Ani... C'est ça, enfonce moi encore une peu plus xD !), c'est mieux de s'arrêter là pour le moment =D !
Pardon pour vos yeux ~



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