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GOLDORAK : LE RETOUR DE GOLDORAK
LE RETOUR DE GOLDORAK Episode 22
C’est le début du premier cours du matin à Todai, les étudiants attendent l’arrivée de leur professeur quand une cloche retentit dans les haut-parleurs suivis d’une voix féminine.
- Merci d’être attentif. Voici un message de notre directeur.
Les étudiants échangent des regards surpris.
Un raclement de gorge, puis un homme se met à parler.
- Chers Universitaires, l’année dernière, beaucoup d’entre vous se préparaient à passer leurs examens finaux, mais la déclaration de guerre de Véga nous a contraints à fermer notre établissement comme d’autre à travers le pays. Ainsi, beaucoup d’entre vous n’ont jamais pu obtenir leurs diplômes, ce qui les oblige à refaire leur dernière année en ce moment. Comme vous le savez tous, ce conflit a déjà fait beaucoup de victimes civiles partout dans le monde, mais plus particulièrement dans notre pays, ce dernier est le plus visé par notre ennemi. Qui d’entre nous n’a pas perdu un proche. Toutes ces victimes n’ont pas seulement un impact sentimental, mais aussi économique. En effet, le manque de personnel se fait ressentir à tous les niveaux. C’est pour cela que de grands groupes financiers ont fait pression sur notre gouvernement pour qu’une session extraordinaire soit mise en place pour que les étudiants de dernières années puissent passer leurs examens finaux sans refaire une année complète. Nous savons que certains d’entre vous ont déjà été approchés par des sociétés ou des organismes. Cette session se déroulera avant la fin de la semaine. Je vous souhaite à tous bonne chance dans la réussite de cette épreuve. Merci de votre attention.
Un claquement dans les haut-parleurs signale la fin du message. Certains élèves parlent entre eux avec excitation. D’autres assimilent ce qu’ils viennent d’entendre.
- Hé ! Ça veut dire qu’une fois les exams passés, nous allons pouvoir retourner au centre ! , s’exclame Daisuke.
- Ne t’emballe pas trop vite, lui lance Kohumé en jouant avec son stylo.
- Si cela est vrai, nous pourrons retourner aider Goldorak, dit Hikaru en baissant la voix.
- Et mettre la pâté à Véga ! , s’exclame Dai
- Chutttt !!!!! , lui font Hikaru et Kohumé.
Mais aucun élève ne semble avoir entendu l’éclat de Dai.
Dans l’un des hangars du Camp de la Lune Noire, des centaines de soldats sont alignés en rang. Dans le fond de la pièce, une estrade est dressée devant laquelle repose une caisse arborant l’emblème de la division Ruine. Le commandant Sog monte sur l’estrade, il vient se tenir debout sur la gauche de la caisse. Le Stratéguerre apparaît à son tour sur la plateforme, il se place de l’autre côté de l’objet.
- Soldats des forces de Véga, commence Végalian, sa voix résonne dans toute la pièce et dans toute la base. Nous sommes ici réunis pour rendre hommage à un grand serviteur de l’empire qui nous a quittés dans un tragique accident. Comme vous le savez sûrement déjà, le commandant Minarvea est décédée dans ses quartiers après avoir fait une mauvaise chute dans son cabinet de toilette. C’est une bien triste de façon de mourir pour cette personne si dévouer à l’empire. C’est pour cette raison que j’ai décidé de lui offrir les hommages impériaux pour la remercier du dévouement dont elle a fait preuve tout au long de ces années passées à mon service. Je ne ferais pas étalage de toutes les victoires que le commandant a accomplies pour l’empire. Je regrette juste de l’avoir mis en repos forcé peu de temps avant ce stupide accident, mais avant de lui rendre les honneurs, j’aimerais passé la parole au commandant Sog.
Le Stratéguerre fait deux pas en arrière pendant que Sog vient prendre sa place.
- Soldats ! Sachez en premiers lieux, que je regrette de prendre se commandement à plein temps de cette façon, alors qu’il ne devait être que provisoire, quoi qu’il en soit, je tâcherais de me montrer aussi efficace que le regretté commandant Minarvea. Je ferai tout pour être digne de se poste pour sa mémoire et pour l’empire, tous ensembles, nous arriverons a atteindre notre objectif qui est la conquête de la Terre. Avec votre aide, nous…..
Une explosion retentit dans la base, aussitôt la garde rapprochée entour le Stratéguerre et l’évacue du hangar.
Le commandant Sog se précipite vers la salle de commandement.
La base aquatique est en alerte, le sol tremble, à quelques centaines de mètres de sa position, des volcans sortent des fonds marins pour cracher de la lave. À la surface un épais voile de fumée noirâtre recouvre la mer.
Assis devant l’un des ordinateurs du centre de recherche spatiale, Procius étudie des images satellites, dans la salle d’observation. Alcor et Sayaka s’approchent de lui.
- Encore en train d’examiner les photos du Camp de la Lune Noire ! , s’exclame Sayaka avec un ton de reproche.
Alcor passe la tête par-dessus l’épaule du prince.
- Non ! Ce sont des images satellitaires de la Terre.
- La Terre ! , s’étonne Sayaka.
- Nous savons ou se trouve la base de Véga maintenant, mais avant de l’attaquer j’aimerais savoir où se situe leur base aquatique, déclare Procius.
- C’est vrai, je l’avais oublié celle-là, fait Alcor.
- Et tu penses la découvrir avec des images satellites ? , demande Sayaka.
- C’est une possibilité. Je me suis dit que les passages à répétition des navettes et des Golgoths avaient dû laisser des traces et modifier certaines zones géographiques.
- Mais la Terre est si vaste, comment vas-tu donc la découvrir ?
- En cherchant dans la bonne zone pour débuter.
- Quoi !? , s’exclament Sayaka et Alcor.
- Nous avons déjà vu qu’il y avait eu une activité suspecte dans la zone des Bermudes.
- Oui, je me rappelle, fait Alcor. Nous avons repéré des navettes.
- Sans oublier cet avion qui a disparu en survolant la zone, ajoute Sayaka.
- Avion dans lequel se trouvait la mère de Sawa, conclut le prince.
- Je vois, tout semble a prouver que la base serait dans ce secteur, constate Alcor en se frottant le menton.
Dans la grange du ranch du Bouleau Blanc, des mains s’affairent sur les pis d’une chèvre pour en faire sortir le lait.
- En te voyant, on croirait que tu fais cela depuis toujours, lance Vénusia.
- Merci pour le compliment, répond Eekaan en se redressant.
La jeune femme s’essuie le front avec la manche de sa chemise. L’ancien agent de Véga a changé d’apparence, elle ressemble plus à une fermière qu’un a soldat avec sa chemise à gros carreau surmonté d’une salopette et un fichu pour retenir ses cheveux.
Eekaan donne une tape à la chèvre pour qu’elle parte alors que Vénusia ramasse un sceau de lait.
- Allez courage ! Plus que cinq chèvres à traire !
- Oui, répond la jeune femme en souriant.
Eekaan remonte ses manches avant de saisir le tabouret et le sceau pour se diriger vers la chèvre suivante.
Le commandant Sog se tient devant le bureau du Stratéguerre.
- … les dégâts sont minimes, l’explosion a seulement détruit un stock d’armures d’assaut…
- La cause de cette explosion ? , interroge Végalian sèchement.
Sog se racle la gorge.
- Une bombe Maître. Nous avons aussi retrouvé une revendication sur les lieux.
- Une revendication ?? , tonne le Stratéguerre.
- Il était inscrit sur l’un des murs proches : « Pour la libération des peuples soumis par Véga ».
- Ainsi donc ! Ce maudit message de rébellion a été prix aux sérieux par certains soldats !
- Il semblerait, répond le commandant en baissant les yeux.
Végalian se lève sans un mot pour faire le tour de son bureau, il passe à côté du commandant en silence avant de sortir de la pièce.
- « Mon commandement ne débute pas comme je l’espérais, pense Sog. »
Les éruptions volcaniques sous-marines se calment pour finir par mourir. La vapeur d’eau se dissipe au-dessus de l’océan. À l’intérieur de la base, les soldats commencent à réparer les dégâts qui ne sont que minimes.
- Ca alors ! , s’étonne un soldat devant sa console.
- Quoi ? , demande son supérieur.
- Les instruments indiquent que nous sommes entourés de Mythrillium !
- Comment ça !?
- Les éruptions ont fait remonter le minerai à la surface.
- Le commandant Sog va être ravi de cette nouvelle.
Le Stratéguerre pénètre dans une pièce remplie de matériel informatique, il se dirige d’un pas rapide vers le centre de la pièce.
- Professeur Isahbelle !
La femme passe la tête au-dessus d’un écran puis se lève rapidement.
- Stratéguerre, c’est un honneur, fait-elle en le saluant.
- Vous avez progressé au sujet des messages de la console ?
- J’ai réussi à découvrir le code du virus qui a propagé le message de propagande, je termine en ce moment même un programme pour supprimer ce code malicieux de nos réseaux.
- Parfait. Et pour le second message ?
- Je pense avoir réussi à retrouver les coordonnées du lieu d’émission, mais ce n’est qu’approximatif.
- D’où venait ce message ?
- Il a été émis à environ vingt-cinq années lumière d’ici, dans la nébuleuse de Véga.
- La nébuleuse de Véga, réfléchit Végalian. Il me semble qu’il n’y plus aucune planète habitable à cette distance depuis l’explosion de Stykadés.
- Comme je vous l’ai dit, pour le moment ce n’est que de l’approximatif, je travaille toujours dessus pour tenter de récupérer le plus d’information possible.
- Continuez ! Continuez, répond distraitement Végalian perdu dans ses pensées alors qu’il se dirige vers la sortie.
À peine le Stratéguerre est-il dans le couloir, que ses gardes l’entourent.
- « Pourquoi une navette se serait-elle rendue dans la nébuleuse de Véga ? Pourquoi Minarvea a-t-elle ordonné une telle chose à l’un de ses subordonnés ? Il n’y a plus rien de la planète mère de l’empire. Le grand Stratéguerre a fait raser toutes celles qui se trouvaient à proximité et celles qui refusaient de se soumettre. Même Euphor a été rendu invivable par nos armes. Euphor…Euphor… Il faut toujours que cette maudite planète refasse surface !! Et son prince !!! Ce Actarus cause de tous mes malheurs ! »
Le Stratéguerre aperçoit le commandant Sog qui marche dans la direction opposée.
- Commandant !? Où allez-vous donc ?
- Je retourne à la base sous-marine pour la construction de l’Autogoth 3, Maître.
- C’est vrai, j’avais oublié. Pensez-vous avoir assez de minerais pour la construction de Golgoth 22 ?
- Plus qu’il m’en faut si j’en crois le message que je viens de recevoir.
- Quel message ?
- Il semblerait que des éruptions sous-marines ont fait remonter du minerai en quantité, sourit Sog.
- C’est une bonne chose pour l’empire !
- En effet Votre Majesté.
- Je ne vais pas vous retardez plus longtemps commandant.
- Merci Maître, répond le commandant en s’inclinant.
- « Je vois que Wishmaster a rempli son contrat en nous fournissant de ce minerai en grande quantité. »
Hikaru regarde par la fenêtre du salon de l’appartement, la télévision est allumée, mais elle n’y prête pas attention. La jeune femme contemple la lune, cette dernière à une teinte très légèrement rosée.
- Est-ce que c’est le signe que Véga manigance quelque chose ou juste une coloration naturelle de la saison, soupire-t-elle.
Soudain une annonce dans le journal télévisé attire son attention, la jeune femme tourne la tête.
- … aujourd’hui un nuage de vapeur a recouvert une grande partie des Bermudes, cela serait dû à une ou plusieurs éruptions volcaniques sous-marines, annonce le journaliste. Le plus étonnant c’est qu’aucune secousse n’a été enregistrée par les sismographes des alentours. Les spécialistes sont perplexes sur les raisons d’une telle activité…
- Les Bermudes ! Serait-ce… ???
- Serait-ce Véga ?
Procius, une serviette sur la tête, s’est levé de son siège quand il a vu les actualités, il regardait les informations dans sa chambre après être sorti de la douche.
- C’est le secteur où la base aquatique de Véga doit se trouver. Y’aurait-il eu un accident ? Et ce, que les scientifiques prennent pour des éruptions ne serait que des explosions dans la base ? Il faut que j’en aie le cœur net !
Le prince éteint le téléviseur puis jette la serviette avant de partir en courant de sa chambre revêtue d’un simple jogging.
Eekaan a du mal à trouver le sommeil, elle se lève de son lit puis elle se dirige vers la fenêtre. La jeune fille regarde le ciel étoile quand elle voit passé la forme sombre de Goldorak.
- Le voilà encore parti défendre la Terre, soupire-t-elle.
Le commandant Sog est à bord de sa navette personnelle, il se dirige vers la base sous-marine quand il remarque quelque chose sur son radar.
- Goldorak ! Goldorak se trouve sur ma trajectoire, constate le commandant. Comment vais-je pouvoir l’éviter.
Le radar de Procius émet un signal lumineux, le prince regarde son moniteur, mais le point se volatilise aussi vite qu’il était apparu.
- Un écho fantôme ? , se demande-t-il.
Un nuage étrange et brillant entoure la navette de Sog, à l’intérieur, le commandant a les yeux qui brillent d’une étrange luminosité. Quand ses yeux redeviennent normaux, la navette se retrouve dans l’océan devant l’une des entrées de la base sous-marine. Il reste un moment à regarder autour de lui.
- Mais…
Un flash lumineux traverse son regard avant qu’il actionne ses commandes pour commencer sa manœuvre d’approche.
Daisuke, sa sœur et Kohumé marchent sur le campus de Todai, ils se dirigent vers l’un des amphithéâtres pour suivre leurs cours. Sur le campus la majeure partie des conversations tournent autour des examens exceptionnels qui vont avoir lieu d’ici peu.
- … une fois l’examen en poche, je pourrais entrer dans la société Himachi, ils m’ont proposé une place dans leur service commercial, déclare un étudiant.
- Tu en as de la chance, fait tristement un autre. Moi, j’intégrerais la même société que mon père, le pire c’est qu’il sera mon supérieur.
- Moi, j’irais travailler chez Toei ! , s’exclame une jeune femme. Je serais responsable de….
- Tout le monde ne parle que des examens, constate Hikaru.
- On dirait que cela ne te fait pas plaisir de terminer tes études, s’étonne son frère.
- Si, mais cela me semble étrange.
- Dis-toi qu’une fois les examens passés, tu pourras retrouver ton Procius adoré, taquine Kohumé.
Dai reste silencieux, mais son visage se ferme légèrement.
Subitement Hikaru cesse de marcher pour se retourner.
- Qu’est-ce qui t’arrive ?? , demande son frère.
- J’ai encore cette sensation, annonce-t-elle en regardant la foule des étudiants. Celle d’être observé.
- Tu as peut-être un admirateur secret, plaisante Kohumé.
Hikaru continu de fouiller la foule du regard.
- Ne sois pas idiote ! Qui tomberait amoureux de ma sœur en la connaissant bien !? , lâche Daisuke en plaisantant.
Comme réponse, il reçoit le sac de Hikaru sur le crâne.
- Sache que je suis quelqu’un d’excise et sensible, lance-t-elle en s’éloignant vexé avec son sac dans le dos.
- Et on appelle cela le sexe faible, lâche Dai en se massant la tête.
Non loin de là, un étudiant a suivi toute la scène du regard en serrant le poing. Le jeune homme avale sa salive avant de faire un pas.
- « Je ne suis qu’un idiot ! , se dit le garçon. Je dois lui avouer ma flamme avant qu’elle ne reparte chez elle ! Elle risque d’y retrouver cet homme qui est venu ici ! Je ne peux pas la laisser tomber amoureuse de lui ! Surtout que je l’aime depuis plus longtemps que lui !!! »
Le prince regarde ses moniteurs.
- C’est étrange, plus aucune trace de fumée sur l’océan. Aucun écho sismique de capter. Je ne comprends pas ! Cela c’est produit il n’y a que quelque heure, il devrait y avoir des résidus des éruptions, mais il n’y a rien ! Cela confirmerait mon idée d’explosions dans la base sous-marine ?
Goldorak vol au raz des vagues projetant des gerbes d’eau de chaque coté de son sillage.
- Pour l’instant je n’ai vu aucun débris à la surface de l’eau indiquant la présence d’une base dans le secteur. Je dois continuer mes recherches.
Le professeur Alcor s’étire en entrant dans la salle d’observation du centre.
- Tiens ! Procius n’est pas là à étudier ses images ! , s’étonne-t-il.
- Goldorak a décollé en début de nuit, annonce Densha.
- Quoi !? Il y a eu une attaque !?
- Non.
- Alors où est-il parti ?
Le commandant Sog descend de sa soucoupe, il est accueilli par un soldat.
- Bienvenue commandant.
- Où en est l’extraction du minerai ?
- Le raffinage est en cours, nous avons assez de matière pour concevoir plusieurs machines de combats.
Un sourire en coin traverse le visage du commandant.
- « Ces éruptions sous-marines sont un bien pour nous, que demander de plus ! , se dit Sog. »
Le commandant se dirige vers la sortie du hangar d’un pas rapide, le soldat se hâte pour l’escorter.
- Je ne crois pas que Sayaka va apprécier, déclare Jun.
- Je ne vois pas pourquoi, répond Bélier en souriant. Nous avons fait de notre mieux pour reconstruire son Venus-A.
- Certes, concède Tetsuya. Mais je ne pense pas qu’elle s’attendait à un tel résultat.
- Nous avons fait avec le matériel disponible, reprend Bélier.
- Tout l’alliage spécial qu’il restait a été utilisé pour les pièces de rechange de Goldorak, annonce Shiro.
- Je ne veux pas vous contrariez chef, hasarde Cocker. Mais je suis du même avis que les autres, Sayaka ne va sûrement pas aimer.
- Je ne vois pas pourquoi vous dites cela, répond Bélier en levant la tête vers le sommet du hangar du centre de recherche photonique. Nous avons travaillé sans relâche pour lui faire ceci !
Tout le monde lève la tête pour regarder le robot fraîchement terminer. Jun grimace avant d’ajouter.
- Ce sera sans moi.
La tête de Venus-A reflète l’éclairage du hangar, le visage du robot est comme neuf, il repose sur un coup gris avec deux bandes roses sur le côté.
- Ne faites pas cette tête ! , lance Bélier. Je vais aller chercher Sayaka au centre de recherche spatial.
Cocker fait quelques pas sur le côté discrètement, mais Bélier le saisit par le col.
- Où comptes-tu aller comme ça ?
- C'est-à-dire chef… Vous pouvez y allez avec quelqu’un d’autre, suggère le pauvre Cocker d’une voix tremblotante.
- Ah oui ? Et qui ? , demande Bélier avec un grand geste de bras circulaire.
Cocker jette un regard dans le hangar, il découvre qu’il ne reste plus que lui et Bélier.
- Pourquoi moi !? , soupir-t-il avec une grosse larme au coin des yeux.
Procius reçoit un faible signal sur son radar.
- Il y a quelque chose là-dessous.
Goldorak ralentit pour venir effleurer les vagues.
- Je reçois un écho, mais il est trop faible, il faut que je plonge, je n’ai pas le choix.
Le prince consulte ses cadrans.
- J’ai assez de réserve d’énergie pour plonger.
Goldorak reprend de l’altitude avant de virer pour revenir sur sa position.
- Immergation !
La soucoupe plonge dans l’océan, des lumières se mettent en fonction à l’avant. Procius observe son sonar pour voir dans quelle direction il doit orienter ses recherches.
Le commandant Sog étudie les plans de son prochain Autogoth dans son bureau de la base aquatique quand il est interrompu par l’image d’un soldat sur son écran.
- Qu’y a-t-il ? , questionne-t-il avec une légère irritation.
- Goldorak fouille le secteur.
- Je le sais déjà, répond Sog avec un geste de dédain avec la main.
- Il vient de plonger.
- Goldorak est sous l’eau sans sa navette sous-marine ?
- Oui !
Le commandant se met à réfléchir.
- « Voyons voir, que je me rappelle bien. Si mes souvenirs sont bons, Goldorak perd cinquante pour cent d’efficacité dans l’eau et sa consommation est doublée. Il peut descendre au maximum à quatre cents mètres. Quel dommage que mon robot ne soit pas construit, cela aurait fait une superbe occasion de le vaincre !!! »
- Commandant ??? , intervient le soldat sur le moniteur.
- Nous n’avons rien à craindre ! Notre base est à plus de cinq cents mètres dans une fosse. Goldorak ne peut descendre aussi profond.
- Bien commandant.
Le soldat disparaît du moniteur, Sog replonge dans ses plans.
Au ranch du Bouleau Blanc, Eekaan met du cœur à l’ouvrage pour changer le fourrage des cheveux. Elle pousse une brouette remplie de foin.
- Vous avez l’air d’aimer ça, constate Banta.
- Je veux me rendre utile !
- Ménagez-vous quand même sinon vous ne tiendrez pas jusqu’à ce soir.
- Merci de vous inquiéter pour moi, monsieur Banta, répond la jeune femme avec un large sourire.
Le vieux garçon de ferme rougit. Soudain une cloche résonne à l’extérieur puis la voix de Vénusia.
- À table !!!!
Eekaan pose la brouette puis se dirige vers les portes de l’écurie. Banta reste un moment sans bouger avant de sortir à son tour. Il manque de renverser Mizar.
- Banta ! Tu n’es pas encore dans la maison à table !? , s’étonne l’homme. Tu es souffrant ?
- Non ! Tout va bien ! À croire que je ne suis qu’une panse sur patte !
- Allez ! Ne te fâche pas, plaisante Mizar en lui faisant une claque dans le dos.
Daisuke, Hikaru et Kohumé sont assis à une table, il mange leur Bento avec entrain quand un signal résonne dans tous les haut-parleurs de l’université.
- Chers étudiants, fait une voix masculine. C’est votre directeur, je vous fais une annonce de la part du ministère. Ce dernier vient d’informer toutes les universités du pays que les examens se dérouleront jeudi prochain. Je compte sur vous !
Un court silence suit l’annonce avant que le brouhaha ne reprenne.
- Jeudi ! , s’exclame Dai. Mais c’est après demain !
- Nous allons pouvoir rentrer au centre ! , s’exclame Hikaru.
- Ne vous emballez pas, il faut passer avant les examens, remarque Kohumé.
- Aucun problème, fait Dai en levant un pouce victorieux.
- Tiens ! , s’étonne la jeune femme.
Les deux autres regardent dans la même direction qu’elle pour savoir ce qui provoque cette réaction. Ils découvrent un étudiant en sueur qui se tient debout près de leur table.
- Salut ! Qu’est-ce que tu veux ? , questionne Hikaru.
- B’jour Hikaru Makiba, bafouille le jeune homme.
- Je sens que ce n’est pas gagné, constate Dai en croisant ses mains derrière sa nuque.
- Salut, répond-elle avec de grands yeux. On se connaît ?
- Oui !!! Je suis dans la même classe que vous, répond nerveusement le garçon.
- Que pouvons-nous faire pour toi ?
- À vrai dire, nous avons toujours été dans la même classe, continue l’étudiant. Et cela, depuis la maternelle.
Dai et Kohumé dévisage le garçon.
- Je suis navrée, s’excuse Hikaru. Mais je ne vois pas qui tu es.
Le jeune homme semble désemparé d’un coup.
- Tu sais avec tout ce qui c’est passé, nous avons tous un peu le cerveau retourné, s’empresse-t-elle d’ajouter.
L’étudiant se tient droit comme au garde-à-vous puis s’incline.
- Je suis Ukyo Nagaia.
- Ukyo Nagaia, répète Hikaru en te tapotant le menton de l’index.
Elle jette un regard à son frère et son amie qui semblent eux aussi perdu dans leur mémoire.
- Ah !!!! , s’exclame soudainement Dai manquant de tomber de sa chaise.
- Quoi ? , demande sa sœur.
- C’est toi Ukyo Nagaia ! , s’exclame-t-il en pointant du doigt le garçon.
- Tu es sur que tout va bien ? , demande Kohumé.
- Mais c’est impossible !!! , continu Dai.
- Si c’est bien moi, répond l’étudiant toujours au garde à vous.
Hikaru et Kohumé regardent les deux garçons à tour de rôle sans rien comprendre.
- Mais tu vas nous expliquer ! , s’emporte Hikaru.
Dai regarde les deux jeunes femmes.
- Quoi ? Vous ne vous souvenez pas !?
- Franchement, toi aussi il y a quelque instant tu ne te souvenais pas de lui, répond Kohumé en haussant les épaules.
- Pas lui !! Mais elle !!!
Les deux filles regardent le jeune homme qui devient rouge écrevisse.
- Elle ??? , murmurent-elles d’une seule voix.
Elles regardent Daisuke avec un regard inquisiteur.
- Rappelez-vous ! Au jardin d’enfants, à la maternelle ! Ukyo ! Habillez en rose avec des couettes.
L’étudiant est plus que rouge, un nuage de vapeur s’échappe de son cou.
- Qu’est-ce que tu racontes ? , fait Kohumé avec agacement.
Une image floue revient vaguement à l’esprit de Hikaru. Celle d’une enfant portant un chapeau rose assorti a sa blouse avec des couettes.
- Ça me dit quelque chose, finit-elle par dire. Mais c’est vrai que dans mon souvenir c’était une fille.
Tous les regards se portent sur l’étudiant.
- Disons que ma mère était un peu étrange et que mon prénom peut-être masculin comme féminin.
- Oui ! , fait Kohumé en frappant ses mains. Ce me dit quelque chose, elle vivait seule avec sa mère, elles habitaient à la sortie du village !
- C’est bien cela, confirme Ukyo.
- Mais alors, tu es une fille ou un garçon ?
Les professeurs Alcor et Cochir sont accompagnés d’une équipe de techniciens. Ils descendent un escalier.
- Mais enfin Alcor ! Vous allez me dire ce que l’on vient faire ici ? , demande Cochir.
- Un instant.
L’escalier se termine, il débouche dans une pièce plus que sombre.
- On n’y voit rien, constate Cochir.
Alcor tâtonne le mur.
- Je suis sur que l’interrupteur est par ici.
L’équipe de technicien se regarde.
- Ah ! Le voilà !
Alcor actionne l’interrupteur et la lumière surgie révélant un gigantesque entrepôt.
- Mais… C’est…, bredouille Cochir.
Un murmure parcourt les techniciens.
- Messieurs, nous devons remettre cette machine en état ! , lance Alcor en désignant une masse blanche gigantesque.
- Vous êtes sur Alcor ? , demande Cochir.
- Parfaitement, nous pourrions en avoir besoin. Si Véga connaît la limite de Goldorak sous l’eau il est fort probable qu’ils ont installé leur base hors de sa porter.
- Mais je pensais qu’il avait été démonté !
- Le professeur Procyon a choisi de l’entreposer ici au cas ou, déclare Alcor en se frottant le nez avec fierté. Remercions-le pour cet acte de prévoyance.
Cochir se retourne vers l’équipe de technicien.
- Messieurs ! Vous avez compris ! Nous devons remettre en état de marche rapidement Aquarak !
Aussitôt les hommes précipitent vers la machine. Alcor jette un regard à l’appareil évoquant une gigantesque moto blanche sans roue, recouverte d’une bulle, adaptée à la taille de Goldorak. Un aileron et un propulseur se trouvent à l’arrière alors que deux flotteurs rouges se trouvent de chaque côté.
Le Stratéguerre est assis sur son trône dans la salle de commandement, deux de ses gardes se tiennent de chaque côté. Végalian se tient droit les yeux clos.
- « D’où pouvait bien provenir ce message ? Il n’y a plus aucune planète habitable dans cette partie de l’univers. Pourquoi Minarvea aurait envoyé une navette dans ce secteur ? Je n’en vois pas l’intérêt ! Il me manque des informations ! Je n’aurais pas dû la tuer tout de suite, elle m’aurait été plus utile en cellules pour lui extirper des données ! »
L’image d’une femme aux cheveux marron clair passe devant ses yeux.
- « Végalia ! Pourquoi viens-tu me hanter dans un moment pareil ? Tu as fait ton choix ! Tu as choisi de mourir pour le prince d’Euphor ! Euphor… Euphor… Cette planète qui se situé dans le secteur d’où est partie se message. Toujours Euphor sur mon chemin !!! Se pourrait-il !!!??? »
Végalian ouvre les yeux et se lève d’un bon de son siège, ses gardes portent leurs mains à leurs armes, prêts à toute éventualité. D’un geste de la main, le Stratéguerre leur fait signe qu’il n’y a aucun danger. Végalian descend de l’estrade pour se diriger vers la sortie suivie par ses gardes.
- Je suis un garçon, répond Ukyo. J’ai toujours été un garçon.
- Alors pourquoi à la maternelle étais-tu vêtu comme une fille ? , questionne Hikaru.
- Comme je vous l’ai dit, commence Ukyo d’une voix gênée. Ma mère était un peu spéciale, elle n’avait plus toute sa tête depuis le décès de mon père. Elle désirait une fille, donc elle m’habillait en fille. Cela a duré jusqu'à la fin du premier cycle. Du moins à ce que l’on m’a raconté, je ne me rappelle plus de tout.
- Et qu’est devenue ta mère ? , demande Kohumé.
- Elle est en hôpital psychiatrique.
- Je me rappelle que Hikaru et toi jouiez souvent ensemble, se remémore Kohumé.
- Tout cela est bien beau, intervient Dai. Mais cela ne nous dit pas ce que tu nous veux ?
- J’ai tout le temps été dans la même classe que vous, sauf une année après le premier cycle.
- C’est possible. Mais je me souviens plus de toi c’est étrange !
- C’est normal, soupire l’étudiant. Vous vous souvenez de moi en fille, quand je suis revenu en garçon vous ne m’avez pas reconnu, je suis donc resté dans mon coin, là est mon erreur.
- OK ! Mais pourquoi venir nous trouver aujourd’hui ?
- Nous allons passer les examens jeudi et après nous allons être séparés et avant cela je voulais parler à Hikaru.
- À ma sœur !!??
- De quoi veux-tu me parler ? , s’étonne Hikaru.
Ukyo prend une grande respiration puis lâche un grand soupir avant de s’agenouiller aux pieds de la jeune fille.
- Hikaru Makiba !
Dai et Kohumé ouvrent de grands yeux pendant que Hikaru est prise de panique et se recroqueville.
- Je suis venu te trouver, continue Ukyo. Pour te faire part de mes sentiments. En effet je t’aime ! Oui !! Je t’aime depuis toujours !!
Dans la pièce un silence s’est formé, tout le monde regarde dans la direction de la table occupée par Dai, sa sœur et Kohumé.
- Je suis tombé fol amoureux de toi quand nous étions enfants ! Je suis toujours resté dans l’ombre, car je n’avais pas le courage de te l’avouer ni même de te parler, mais aujourd’hui cela a changé. Car nous risquons bientôt d’être séparés et je ne supporterais pas de te laisser t’éloigner sans t’avoir fait part de mes sentiments une nouvelle fois. Je n’ai pas envie que tu succombes à cet inconnu qui est venu te voir il y a peu.
Hikaru ne sait plus où se mettre, elle voit tous les regards braqués sur elle.
- Maintenant que tu connais mes sentiments, je te supplie d’y réfléchir avant de choisir lequel d’entre nous tu aimeras.
Ukyo se relève alors que des sifflements et des applaudissements envahissent la pièce. Daisuke et Kohumé ont leur bouche grande ouverte sous la surprise. Hikaru quant à elle, aimerait être une mouche pour s’enfuir.
- Quelle déclaration !!! , lance une fille.
- C’est mieux que dans un manga !! , ajoute une autre d’une voix excitée.
- Hikaru Makiba, réfléchit bien à ce que je viens de dire et écoute ton cœur pour me donner une réponse. Tu me donneras ton choix à la fin des examens, conclut Ukyo.
- Si elle ne veut pas de toi, moi je suis prête à tomber amoureuse !! , lance une inconnue dans la foule.
Ukyo s’incline devant l’élue de son cœur puis se retourne pour quitter la pièce.
- Me voilà dans de beaux draps, soupire Hikaru en se tapant le front.
- Qu’est-ce que tu vas faire ? , interroge Kohumé.
- Si seulement, je le savais ! , répond-elle en écartant les mains.
- Je résume, coupe Dai. D’un coté nous avons l’amour impossible avec Procius, prince d’une autre planète qui partira une fois la guerre finie, et de l’autre Ukyo Nagaia qui t’aime depuis l’enfance et qui vie sur la même planète.
Daisuke se crispe quand il voit les deux regards sombres que lui lancent sa sœur et Kohumé.
Les projecteurs de la soucoupe de Goldorak fouillent les fonds marins. Procius consulte son sonar.
- Je m’approche de quelque chose.
Il oriente les faisceaux de lumière vers l’avant. Un reflet surgit.
- J’ai trouvé quelque chose !
Avec prudence il se dirige vers le reflet, lentement une image se dessine sur un moniteur.
- Ce n’est pas assez volumineux pour être une base, constate le prince.
Soudain devant lui se dresse un amas métallique arborant le logo d’une compagnie aérienne japonaise.
- Une épave d’avion ! Est-ce l’avion sur lequel se trouvait Keiko Sawa ?
Goldorak fait le tour de l’épave en braquant ses projecteurs vers l’intérieur de l’habitacle.
- Aucun corps. Cela serait donc bien l’œuvre de Véga.
La soucoupe passe au-dessus du fuselage de l’appareil.
- Je dois continuer à fouiller le secteur. La base ne doit pas être très loin.
Procius regarde ses réserves d’énergie.
- Je peux rester encore une heure au maximum en immersion.
Bélier pousse Sayaka devant lui.
- Je suis sur que tu vas être surprise, fait l’homme avec un large sourire.
Cocker marche la tête baisser à côté de lui.
- Je suis sur que tout cela va mal se finir, soupir-t-il.
Ils arrivent dans un hangar sombre.
- Bon alors, s’énerve Sayaka. Pourquoi m’as-tu fait venir ici de force ! J’ai d’autres choses à faire !
- Voyons Sayaka, fait Bélier avec un grand sourire. Je me suis mi en quatre avec Cocker pour te reconstruire Venus-A.
- Chef ! S’il vous plait, ne m’ajoutez pas à tout ceci, supplie Cocker.
Le visage de Sayaka change, il devient radieux, elle croise ses mains sur sa poitrine.
- Tu as reconstruit, ma Venus-A ? , demande-t-elle les yeux brillants.
Bélier se retourne vers Cocker.
- Allume !
- Oui chef !
Cocker part en courant sautant sur l’occasion pour s’éloigner. Un instant après la lumière surgie dévoilant le visage de Venus-A rutilant.
Sayaka lève les yeux vers le poste de pilotage de son robot avec convoitise puis son visage change, sa bouche s’affaisse, ses yeux et ses joues se remplissent de tics. À côté d’elle, Bélier est aux anges. Doucement Sayaka se retourne, d’une main elle le saisie par le col et de l’autre elle désigne le robot.
- Mais qu’est-ce que c’est que çà !!!??? , hurle-t-elle en plein visage sur Bélier.
- Ben quoi ? Ton nouveau Venus-A, répond-il avec surprise. C’est pourtant clair !
Sayaka semble prête à mordre.
- Si c’est une plaisanterie ! Elle est des plus mauvais GOUTS !!
- Je ne comprends pas pourquoi ?
- Tu ne comprends pas POURQUOI !!!! Regarde donc !
Elle attrape à deux mains la tête de Bélier pour la tourner en direction du robot.
- Tu trouves que cela ressemble à Venus-A ? Tu sais que Vénus est la déesse de la beauté !? Tu peux me dire ou ce trouve la beauté là-dedans !?
Si c’est bien la tête de Venus-A qui se trouve sur le robot, le reste du corps semble fait de bric-à-brac et n’a pas une apparence humaine. On dirait le corps de Boss Robot surmonté de la tête de Venus-A.
- Je ne vois pas ou est le problème, répond Bélier.
- Achète-toi des lunettes !!!
Sayaka effectue une clef de bras sur le cou de Bélier tout en le frappant au visage avec son autre main.
Cachés à côté de l’entrée du hangar, Jun, Tetsuya, Shiro et Cocker regardent la scène.
- Je l’avais bien dit qu’elle n’allait pas apprécier, souligne Jun.
- Je suis bien content de ne pas être là-bas, ajoute Cocker.
Goldorak est toujours en plonger. Le sonar a détecté quelque chose.
- On dirait qu’il y a quelque chose dans cette fosse.
Procius consulte ses instruments.
- Je suis déjà a moins trois cent cinquante mètres. Je vais descendre encore un peu.
- Attention, intervient l’ordinateur de bords. Niveau énergétique faible.
- Zut ! Si je descends, je ne pourrais plus retourner au centre.
C’est à contrecœur que le prince fait remonter Goldorak vers la surface.
- Il faut que je revienne avec Vénusiak.
Le Stratéguerre s’arrête devant une porte, il fait signe à ses gardes de l’attendre dehors. Il entre dans une pièce remplie de matériel informatique. Dans le fond, une tignasse blonde dépasse légèrement d’un moniteur.
- Professeur Ishabelle !
La femme se lève pour venir saluer l’empereur de Véga.
- Votre grandeur.
- Avez-vous progressé sur le message envoyé de la nébuleuse de Véga ?
- Je travaille actuellement dessus Majesté.
- Je veux savoir ce que contient ce message !
- J’ai bien compris Maitr…
Une explosion surgit à la console sur laquelle travaillait le professeur.
- Que se passe-t-il ? , tonne le Végalian.
Ishabelle se précipite, un nuage de fumée flotte au-dessus du moniteur. Le visage du professeur se décompose.
- Alors !
- Ce sont les mémoires de la console qui ont explosé, bredouille le professeur.
- Cela est grave ?
- Il s’agissait des mémoires de la console que vous m’avez demandé d’analyser.
- Quoi !? Ceux de la pièce secrète ?
- Exactement, murmure Ishabelle.
- Comment cela est-il arrivé ?
- Je venais de connecter les mémoires à cette console pour les explorer, il a dû se produire une surchauffe… Cela est de ma faute.
- Non !!! C’est la mienne, je vous ai distrait dans votre travail, si je n’étais pas venu tout ceci ne serait pas arrivé.
- C’est possible Majesté, mais…
- Pas de mais !!!
Végalian tourne les talons et sort.
-« Je suis maudit ! Maintenant, tout espoir de savoir ce que contenait ce message est parti en fumée par ma faute ! J’ai tué Minarvea, je viens de détruire mes seules chances de savoir pourquoi elle avait envoyé une navette dans la nébuleuse de Véga. Quel malheur va-t-il encore m’arriver ?? »
Alors qu’il marche entouré de ses gardes, le Stratéguerre voit passé devant ses yeux le visage de Végalia qui le regarde en se moquant de lui.
Le commandant Sog s’est assoupi sur ses plans. Il rêve, mais il est agité, il est entouré de mur de flamme, devant lui une stèle en pierre se dresse. Il approche de la pierre, il distingue un dessin primitif peint dessus. La peinture représente une sorte de tortue géante avec une carapace cuirassée, elle porte sur la tête une sorte de casque avec deux cornes de part et d’autre. Le commandant tend la main vers la pierre, mais il ressent une immense chaleur douloureuse.
Sog se réveil en sueur, des plans tombent de son bureau.
- Quels rêve et sensation étranges.
Le commandant regarde la pagaille autour de lui.
- Il faut que je me remette au travail. Je dois terminer ce Golgoth le plus rapidement possible.
Procius s’effondre sur son lit.
- Un petit somme et je retourne voir ce qui se cache là dessous.
Des coups sont donnés à sa porte.
- Entrez !
La porte s’ouvre laissant apparaître Alcor.
- Alors, la pêche a été bonne ?
- Je n’ai pas encore découvert la base sous-marine de Véga, mais j’ai peut-être une indication.
- Tu en es certain ?
- Pour cela, je dois y retourner accompagné de Vénusiak.
- Je vais téléphoner à Vénusia pour savoir si elle veut bien t’accompagner.
- Vénusia ??
- Cela pose un problème ?
- Non, mais pourquoi elle ?
- Sayaka est partie au centre photonique avec Bélier, et elle n’est toujours pas rentrée, annonce Alcor en se croisant les bras soucieux.
- Bélier est là ? , s’étonne Procius.
- Et moi j’ai du travail ici, continue le professeur. À moins de faire revenir nos étudiants, je ne…
- Si Vénusia accepte, ce n’est pas un problème.
- Bien !! Je file téléphoner à Vénusia. Je pense qu’elle sera là demain matin à la première heure ! Mange un morceau et dors bien !
- Dors bien ?
- Je te signale qu’il fait déjà nuit dehors ! Tu as encore oublié les fuseaux horaires !
Alcor quitte la chambre du prince. Procius s’allonge sur le dos dans son lit, il jette un regard à la lune par les rideaux entrouverts.
- La lune est rousse ce soir. Est-ce un mauvais présage ?
Dans la capitale japonaise, Hikaru ne dort pas, elle regarde fixement le plafond de sa chambre, elle repense à la déclaration d’amour de Ukyo.
- Mais pourquoi a-t-elle…t-il fait cela ? Après autant d’années ?
La jeune fille fouille dans sa mémoire, elle se souvient de la maternelle et des jeux avec Ukyo. D’un serment d’amour dans un tas de sable.
- Non ! C’est impossible ! Je dois mélanger mes souvenirs avec une histoire que j’ai lue ! , dit-elle en secouant la tête.
Soudain elle s’immobilise. Elle se souvient d’une aventure lui étant arrivée au lycée. Elle se concentre pour bien se rappeler les détails. Elle se revoit lycéenne avec une natte et une frange sur le front. Elle se revoit dans sa tenue de Sailor Fuku* (tenue traditionnelle des collégiennes et lycéennes), elle se rappelle avoir trouvé une lettre dans son casier à chaussure.
Hikaru ferme les yeux pour mieux se concentrer, elle se revoit ouvrir la lettre alors que Kohumé changeait de chaussure. L’écriture était tremblotante et certain mot pratiquement illisible, on lui donnait rendez-vous derrière le gymnase à la fin des cours.
- Qu’est-ce que tu lis Hikaru ? , demande Kohumé.
- Je crois que je viens de recevoir une lettre d’amour.
- C’est vrai !? Toi une lettre d’amour ! Tout arrive, plaisante Kohumé.
La jeune fille porte la même tenue Sailor Fuku que Hikaru sauf qu’elle porte des socks qui retombent sur ses souliers. Ces cheveux sont coupés à hauteur des épaules, elle s’est teinte des mèches de différente couleur, ce qui tranche avec sa couleur rousse. Des taches de rousseur constellent ses joues.
- Ne te moque pas de moi ! Je ne sais pas quoi faire !
Hikaru serre la lettre dans ses mains en la froissant.
- Tu vas y aller !
- Hé ! Mais ne décide pas pour moi !
Kohumé tourne autour de son amie.
- Allez ! De toute façon, tu risques quoi ?
- Mais que dira Dai ?
- Tu veux dire à ton frère que tu vas à un rencard !? Mauvaise idée ! , assure-t-elle en agitant un index.
- Oui, mais s’il arrive à le savoir ?
- Pfff ! T’inquiètes, en se moment il est tout le temps plonger dans ses livres de mathématiques ! Je suis sûr que c’est pour la prof, mademoiselle Takahashi, qu’il dévore des livres de math, déclare Kohumé avec un trémolo dans la voix. Lui qui d’habitude ne pense qu’à lire des mangas et jouer au jeu vidéo ! Quel crétin !!
- Dis Kohumé ? Tu ne serais pas…
- Allez ! C’est a qu’elle heure ton rendez-vous et a quel endroit ? , demande-t-elle en faisant semblent de remonter ses manches.
- Après les cours, derrière le gymnase.
- Pfff ! Le nul ! On voit ça dans tous les mangas, il aurait pu trouver quelque chose de plus original, fait-elle en passant une main dans ses cheveux.
- Ah bon ?
- Allez ! Nous allons mettre un plan au point !
- Un plan !? Tu crois que c’est nécessaire Kohumé ?
Kohumé pousse Hikaru à deux mains devant les casiers à chaussure.
Hikaru se tient adossé au mur du gymnase, elle serre à deux mains son cartable en le tenant devant elle. Elle est nerveuse, Kohumé n’a pas pu venir, car elle de corvée de nettoyage pour avoir utilisé son téléphone en classe. Soudain, elle entend des pas sur le gravier, elle tourne la tête pour voir s’approcher un garçon en Gakuran* (Costume noir traditionnel). Sans savoir pourquoi, elle baisse les yeux pour fixer la pointe de ses chaussures.
Hikaru a
le cœur qui bat subitement.
- « Je dois rester calme,
je dois savoir qui est ce garçon. Je ne vais pas me jeter dans les
bras de n’importe qui, je suis sûr qu’un jour mon prince
viendra. »
Les pas du garçon se font plus lent puis disparaisse.
- Hikaru Makiba, la voix du garçon semble frêle presque féminine, mais on devienne facilement qu’elle est en train de muer.
Hikaru lève les yeux timidement.
- Oui, murmure-t-elle.
Les traits du visage du garçon sont fins, presque féminins eux aussi.
- Merci d’être venue à mon rendez-vous. J’avais peur que tu refuses.
Elle ouvre la bouche pour répondre, mais ne laisse échapper qu’un faible soupir.
- Je suis Ukyo Nagaia, je suppose que tu ne te rappelles pas de moi, mais nous sommes dans la même classe depuis la maternelle.
Elle regarde le garçon plus attentivement, elle constate en effet qu’il est dans sa classe, mais qu’il reste toujours à l’écart des autres, elle ne connaissait même pas son nom.
- Je t’ai demandé de venir, car je dois t’avouer que je t’aime.
Hikaru ouvre la bouche, mais le garçon place une main devant.
- Laisse-moi finir s’il te plait. Je sais que cela peut te paraître étrange, mais c’est la vérité. Aujourd’hui j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains pour t’avouer mes sentiments. Je n’ai aucunement l’intention d’invoquer le serment que nous avons fait les pieds dans le sable.
- « Un serment ? Mais de quoi parle-t-il ? , se demande Hikaru. »
- J’aime ta façon de rire, ton regard si délicat, tes cheveux détachés volant dans le vent. J’aime le son de ta voix, et que dire de ta beauté, tout en toi m’envoûte…
Hikaru repousse la main du garçon sur sa bouche.
- Tout ce que tu me dis est très agréable à entendre pour une fille, coupe-t-elle. Tu es sûrement quelqu’un de très gentil, mais je n’ai pas envie de sortir avec toi.
Le visage du garçon blanchit un instant faisant disparaître son sourire.
- Je suis navrée, mais je n’ai pas envie d’un amour éphémère de lycée, ajoute-t-elle.
Un faible sourire se dessine sur le visage du garçon.
- Je comprends, fait-il en retirant sa main alors qu’une larme roule sur ses joues.
Hikaru est désemparé face à la tristesse du garçon.
- Une autre fois, tu pourras retenter ta chance, dit-elle rapidement.
Le garçon se remet à marcher lentement.
- Si tu retentes ta chance dans quelques années, il se peut que j’accepte tes sentiments.
Elle revoit le garçon s’éloigner les mains dans les poches de son pantalon.
Hikaru se rappelle vaguement avoir tout raconté à Kohumé le soir.
- Idiote ! , fait Kohumé. Tu aurais dû sortir avec lui au moins une fois !
- Ne me traite pas d’idiote ! D’après ce que j’ai entendu dire, tu as refusé toutes les avances des garçons ! Tu es mal placé pour me donner des conseils !
- C’est juste que, j’attende le bon !
- Hé bien moi aussi !
- Tu crois peut-être qu’un prince va descendre des étoiles pour toi ! Ne deviens pas comme ta tante !
- Laisse ma tante en dehors de ça !
Hikaru ouvre les yeux.
- Mon Dieu ! C’est donc lui ! Mais qu’est-ce que je vais faire !?
La jeune fille tourne dans son lit à la recherche du sommeil.
- Il faut que je dorme ! Ne dit-on pas : la nuit porte conseil ?
Bélier est complètement voûté sous la fatigue, de grand cerne sous les yeux.
- Alors, tu as fini ? , demande Sayaka allongé sur une caisse.
- Oui, répond mollement l’homme.
- Tu es sûr ? Car je vérifie !
- J’en suis certain.
La femme se redresse pour contempler le hangar. La première chose qu’elle regarde c’est la tête brillante de mille feux de son robot, elle constate avec satisfaction que le corps hideux a disparu.
- Tu vois quand tu veux !
- Moi qui pensais te faire plaisir, pleurniche Bélier.
Le pauvre homme a passé toute la nuit pour séparer la tête de Vénus-A du corps du robot qu’il avait confectionné, puis une fois fait, il a dû nettoyer et polir la tête de Vénus-A avant de finir par démonter pièce par pièce le robot.
À côté de la porte, Cocker affiche un large sourire.
- C’est bien fait pour lui, on l’avait pourtant prévenu.
C’est le petit matin, Procius entre dans la salle de repos du centre, il est surpris de trouver Vénusia dans une combinaison de vol.
- Bonjour, déjà prêt !?
- Je me suis levé plus tôt pour accomplir mon travail au ranch.
- Je vois. J’avale un jus de fruit et j’arrive.
Hikaru à la mine pâle devant son petit déjeuner. Assis face à elle Kohumé la regarde avec inquiétude pendant que Daisuke engloutit son petit déjeuner à grande bouchée.
- Ça ne va pas ?
- J’ai mal dormi, répond Hikaru.
- Tu n’as pas passé la nuit à réfléchir sur la déclaration de Ukyo ?
- Pas toute la nuit, mais une grande partie.
- Che ne vois pas pourquoiche tu te tracaches, lance Dai entre deux bouchées.
- Déjà que je me faisais un peu de soucis pour les exams, voilà en plus cette stupide déclaration, soupir Hikaru.
- Ne te tracasse pas pour les exams, la rassure Kohumé.
- Ouiche ! Elle a raisonche ! Puis pour ta declarationche, le choiche est chimple ! Prochuis retourne sur Euphor, Ukyo est sur Terre !
- Imbéciles !!! , hurle Kohumé en lui affligeant un coup de poing sur le crâne. Et tu fais quoi des sentiments ? Parfois je me demande ce que tu as dans la tête !
- J’échais d’être réalichte ! , répond le jeune homme une tartine dans pendant de sa bouche.
- Quoi qu’il en soit, je dois faire un choix rapidement.
- Soeurette, réfléchie bien. Tout ce que je désire c’est que tu sois heureuse et que tu ne souffres pas.
Les deux filles regardent Daisuke avec surprise.
- Je sais que l’amour n’est pas une chose facile, mais laisse une chance même infime à Ukyo, il se peut que malgré tout ce que tu penses ce soit lui l’homme de ta vie.
- Ben ça ! C’est exactement ce que j’allais dire, s’étonne Kohumé.
- Je sais, mais… il y a le Procius.
- Dis-toi que si Véga n’avait jamais attaqué notre planète, tu n’aurais jamais rencontré le prince et que ta vie serait sûrement très différente ! , remarque Dai.
- C’est vrai.
Kohumé regarde son petit ami au fond des yeux.
- Dis donc toi ! Tu ne serais pas au courant de quelque chose ? , demande-t-elle suspicieuse.
Daisuke affiche un sourire crispé.
- Moi ? Mais que vas-tu donc t’imaginer ! , rétorque-t-il en agitant les mains.
Vénusia regarde les commandes de l’appareil.
- Tu es prête ? , demande Alcor dans la radio.
La femme saisie fermement les commandes.
- Vénusiak ! Paré !
- OK ! Je te préviens, ces Spacers sont plus puissantes que nos anciennes, tu risques de ressentir un choc au décollage.
- Compris !
Les voyants passent au vert au dessus de la porte du hangar.
- Vénusiak ! Go !
Les pinces qui retiennent la navette se relâchent. Vénusia se sent plaqué un instant contre son siège.
- Alors ? , demande Alcor.
- J’ai connu pire sur des montages russes.
- Si tu le dis, sourit le professeur.
- J’ai l’impression de faire un dernier baroud d’honneur.
- Je sais, j’ai ressenti la même chose.
Soudain Goldorak arrive par l’arrière à la hauteur de la navette.
- Tu es prête Vénusia ? , demande Procius.
- Je te suis !
- Nous allons voler à Mach 2 OK ?
- Compris !
Le commandant Sog se tiens début derrière une baie vitrée d’un des hangars de la base aquatique, il regarde la fabrication de la charpente de son nouvel Autogoth, mais il a du mal à rester concentré. Il a passé une nuit agitée par un rêve étrange, il se trouve dans un univers en flamme dans lequel il se sent bien, il découvre toujours la même stèle peinte avec cette étrange tortue recouverte d’une cuirasse et d’un casque a corne, a chaque fois qu’il s’approche de cette peinture, il ressent une crainte puis une forte douleur, c’est toujours a ce moment précis qu’il se réveil en sueur.
- Commandant ? Commandant ? , fait un soldat au garde-à-vous.
- Oui ? , répond le commandant sans tourner la tête.
- Veuillez me pardonner, mais il y a une chose étrange dans vos plans.
Sog se retourne vers le soldat prés à exploser.
- Et quoi donc ?
Le soldat a un mouvement de recul avant de répondre.
- Il y a un grand espace vide dans le torse de la machine. Nous voulons être sûrs qu’il ne manque pas des détails.
- Montrez-moi cela !
Le soldat déroule un plan puis indique la zone avec un doigt.
- Voici la zone en question.
Sog se rapproche du plan pour mieux l’étudier.
- En effet, il y a une grande zone libre.
- « Ne t’occupe pas de cette zone, cela est normal, fait une voix rauque dans sa tête. »
- Ne vous occupez pas de cela, c’est parfaitement normal, déclare Sog d’un ton sec.
- Bien, commandant !
Le soldat roule le plan avant de disposer.
Hikaru a est perdu dans ses pensées, elle ne suit pas le cours, elle pense aux examens qui vont avoir lieu demain, mais surtout que répondre à Ukyo. Elle se demande pourquoi elle réagit comme cela, jusqu'à présent il n’y avait que Procius qui comptait pour elle. Alors pourquoi ne cesse-t-elle de penser à Ukyo depuis hier soir ? La jeune fille jette un regard au garçon qui se trouve au fond de la pièce.
- Mademoiselle Makiba ! Etes-vous avec nous ? , demande la voix du professeur.
Goldorak et Vénusiak arrivent dans la zone où Procius a repéré quelque chose.
- Tu es prête pour le jumelage ? , demande le prince.
- Oui !
Le robot géant quitte sa soucoupe porteuse, après un retournement il est en position pour être accroché par la navette.
- Assemblage !
Vénusiak s’approche rapidement du robot, puis les yeux de ce dernier s’illuminent.
- Paré à plonger, annonce Vénusia.
- En avant.
Goldorak plonge avec la navette dans l’océan.
Un soldat entre en courant dans le bureau du commandant Sog.
- Qui ose me déranger ainsi !!! , tonne Sog en foudroyant le militaire du retard.
- Goldorak ! Goldorak approche de la base.
- Nous n’avons rien craindre ! Je vous l’ai déjà dit !
- Il est accompagné par sa navette, précise le soldat.
- Sa navette ! Cela devient intéressant, répond Sog avec éclat sinistre dans le regard.
- Je ne reçois rien sur mon sonar, déclare Vénusia.
- Je reçois un signal très faible. Gardons le même cap.
- Compris.
Vénusiak s’enfonce encore plus dans l’océan.
Sog se tient la tête, ses yeux ont une étrange luminosité, il ouvre un tiroir de son bureau, il en sort un objet puis se lève pour quitter la pièce.
Le professeur Cochir entre dans la salle d’observation du centre, il a les traits fatigués. Il se dirige vers Alcor.
- Nous avons fini la remise en état d’Aquarak.
- Déjà !? , s’étonne Alcor.
- Que croyez-vous ! Nous avons travaillé d'arrache-pied !
- Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je suis étonné que vous n’ayez rencontré aucune grosse difficulté.
- Nous avons eu beaucoup de chance, nous avons plus fait du nettoyage que de la remise en état, car tous ses systèmes étaient fonctionnels. Nous avons juste remplacé l’ordinateur de bord pour qu’il fonctionne avec celui de l’intelligence de Goldorak.
Le commandant ouvre une trappe de maintenance de l’Autogoth fraîchement terminé. Il sort de dessous sa cape une sorte d’œuf hérissé de pique, il glisse la chose à l’intérieur avant de refermer la trappe. Un sourire aussi lumineux que ses yeux se dessine sur son visage.
- Je reçois aussi un signal, annonce Vénusia.
- Nous devons encore nous descendre.
- Je veux bien, mais nous sommes déjà à moins trois cent quatre-vingts mètres.
Procius regarde ses instruments.
- Je sais, mais nous devons savoir si c’est bien la base de Véga qui se trouve ici.
- Comme tu veux.
Vénusiak se dirige en direction du gouffre.
Le commandant Sog entre dans la salle de commandement de la base.
- Que l’on prépare le lancement d’Autogoth 3 ! , ordonne-t-il en prenant place sur son siège.
- Commandant, une communication en provenance du camp de la Lune Noir.
- Sur écran !
Le visage du Stratéguerre apparaît.
- Majesté ! , salut le commandant en se levant.
- Goldorak approche de la base ! Que comptes-tu faire ?
- N’ayez crainte Maître ! Je m’occupe de lui, répond Sog en fixant le moniteur.
Végalian remarque une luminosité dans les yeux de son subordonné.
- Bien, je compte sur toi !
- Merci Maître.
Le Stratéguerre coupe la communication.
- « Je vois que Wishmaster est toujours présent. Avec lui et Sog, nous allons enfin vaincre Goldorak ! , se dit Végalian. »
- Descends encore plus Vénusia !
- Nous avons déjà dépassé ta limite de plongée !
- Je sais ! Mais regarde, je distingue vaguement une construction !
Vénusia tend le cou pour regarder vers le bas de la fosse. Elle suit du regard l’un des rayons qui partent des yeux de Goldorak.
- Mais… qu'est-ce que c’est que ce machin ?
- Quoi ? , demande Procius.
- Je vois une masse sombre qui se dirige vers nous.
Le prince regarde rapidement ses instruments.
- Oh ! Non ! Vénusia ! Vite ! Éloigne-nous !
Sans chercher à comprendre, la femme saisit ses commandes pour faire bouger sa navette.
La masse se rapproche, elle ressemble à un œuf géant vert avec des taches jaunes. Les propulseurs de Vénusiak tournent à pleine puissance pour s’éloigner rapidement de la fosse, mais cela n’est pas suffisant. Vénusia voit passé avec horreur l’œuf géant devant sa navette.
Sayaka entre dans la salle d’observation du centre visiblement contrarié.
- Tiens te voilà ! Où étais-tu ? Un souci ? , demande Alcor.
- Ça va ! , aboie-t-elle. C’est simplement cet abruti de Bélier qui avait monté la tête de ma précieuse Vénus-A sur un truc immonde de sa création !
Alcor se retient de rire.
- Tu t’attendais à quoi ? Il ne reste plus d’alliage spécial pour réparer les robots.
- Quoi ???
- Oui, tout l’alliage qui restait a été utilisé pour les pièces de rechange de Goldorak.
- C’est impossible ! , s’écrie-t-elle en s’arrachant les cheveux. Ca veux dire que ma Vénus-A va rester comme cela ou alors ressemblé au un Boss Robot féminin !!!! C’est injuste !!!
- Nous n’y pouvons rien tant que la menace Véga pèse sur nous.
Sayaka attrape son mari par le col avec des yeux injectés de sang.
- Oh que si !!! Tu vas dire à ton frère de fondre du nouvel alliage suivant la formule de ton grand-père !!!!!
- Je voudrais bien, répond Alcor en écartant les bras. Mais où va-t-on trouver du minerai ?
- Je suis maudite !!! , lance-t-elle en s’effondrant sur le sol.
Au ranch du Bouleau Blanc, Eekaan trait les chèvres en compagnie de Banta.
- C’est étrange, je n’ai pas vu Vénusia aujourd’hui, remarque la jeune femme.
- C’est normal, elle est partie avec Goldorak pour chercher après la base de Véga.
- J’espère qu’ils vont la trouver et qu’ils ne leur arriveront rien.
- Allons donc ! Goldorak est le champion de la Terre, il ne peut rien leur arriver, affirme Banta en brandissant un poing victorieux.
Une sonnerie retentit dans l’étable coupant l’élan du vieux garçon de ferme, Eekaan sort de la poche avant de sa salopette un téléphone cellulaire.
- Qu’est-ce qui s’passe ? , questionne Banta.
- Oh ! Rien de grave, c’est juste pour me souvenir que je dois appeler mon Susumu chéri, répond la jeune femme avec un sourire brillant et des cœurs dans les yeux.
L’œuf géant coupe la route à Vénusiak et Goldorak.
- Deltalame !
La lame part de l’aileron de Vénusiak, elle rebondit sur la coquille de l’œuf.
- Malédiction ! Je vais augmenter notre vitesse de remonter !
- C’est inutile Vénusia ! Nous sommes trop lourds ! , annonce Procius.
Le prince consulte sa jauge de profondeur, elle indique trois cent cinquante mètres.
- Je crois que nous allons devoir livrer bataille ici, déclare-t-il.
Au même instant la coquille se sépare en deux parties. Un robot humanoïde apparaît, les morceaux de coquille lui servent de bouclier sur chaque bras. Les yeux du monstre mécanique ont une couleur rouge sang. Il ouvre sa bouche, à l’intérieur on distingue une luminosité bleutée ainsi que des crocs, un tourbillon d’eau en sort qu’il projette sur Goldorak et sa navette.
Les deux machines sont happées dans le tumulte, elles tournoient dans le remous. Vénusia pousse un cri. Procius cramponne ses manettes pour tenter de se redresser dans ce maelstrom d’eau.
Le Golgoth dirige sa tornade vers le fond proche.
- Il veut nous plaquer contre le sol, réalise Procius.
- Je commence à avoir la tête qui tourne, annonce Vénusia.
Un choc brutal se fait ressentir, ils viennent de heurter le fond. Le prince regarde ses instruments.
- Trois cent quatre-vingts mètres. Je ne crois pas que nous allons rester ici longtemps.
- Allez Autogoth 3 ! Ensevelie Goldorak sous de tonne de roche ! , ordonne Sog.
Le tourbillon sortant de la bouche de la machine de combat de Véga redouble d’intensité pour maintenir plaqués Goldorak et Vénusiak. Les deux morceaux de coquille se mettent en rotation pour produire de nouveau remous. Grâce à ces nouveaux tourbillons, l’Autogoth les utilise pour déplacer des roches qu’il injecte dans le remous principal. Les premières roches viennent s’écraser violement sur les jambes de Goldorak. Sous les impacts, la jonction entre le robot et Vénusiak cède. De nouvelles pierres arrivent, un choc un peu plus fort que les autres provoque la séparation des deux engins. Vénusia et sa navette se retrouvent projetés sur le fond et rebondissent, ce qui éjecte Vénusiak du tourbillon.
Vénusia actionne ses manettes pour redresser son engin.
- Procius ! Je viens à ton aide !
- Non ! , proteste le prince. Profite pour d’échapper.
- Mais je ne vais pas te laisser.
De nouvelles roches s’écrasent sur Goldorak, il ne reste plus de visibles que sa tête et son bras gauche.
- Retourne au centre ! Informe-les de ce qui se passe !
- Tu es certain ?
- Oui ! Fait vite avant que le Golgoth ne s’occupe de toi !
Une pierre s’écrase sur la tête du robot, elle se fend en deux sous le choc. Vénusiak s’éloigne de la zone combat pendant sur son pilote regarde en arrière le tourbillon dans lequel est pris au piège le robot.
Quand Vénusiak surgit de l’océan, il met le cap à pleine vitesse sur le centre.
Bélier est assis sur l’un des pieds de son robot, il est triste, de grosses larmes coulent sur ses joues.
- Voyons chef ! Ce n’est pas la peine de se mettre dans un état pareil, fait Cocker avec une main amicale posée sur l’épaule.
- Elle a voulu que je démonte tout ce que nous avons fait !
- Nous vous avions pourtant prévenu chef !
- Pourtant, je ne vois pas ce qu’elle pouvait bien reprocher à ce corps !?
Cocker réfléchit.
- Si je me rappelle bien, les trois professeurs s’étaient basés sur le corps de Sayaka à l’époque pour concevoir Vénus-A. Imaginez le choc qu’elle a dû avoir en voyant le corps que vous avez créé.
Bélier lève un œil mauvais.
- Tu insinues que ce que j’avais créé était disgracieux !?
- C’est pas cela !!! , s’empresse de répondre Cocker. C’est juste qu’il ne ressemblait pas du tout à l’apparence qu’avait Sayaka adolescente !
- Je vois ! , fait Bélier en se levant.
- Aie ! Je n’aime pas cela, soupire Cocker.
- Je vais faire un nouveau corps pour le robot de Sayaka !
- Je m’en doutais, pleurniche Cocker.
- Il sera aussi parfait que le corps de Sayaka quand nous étions au lycée ! , affirme Bélier en levant les bras au ciel. Il sera aussi fidèle que possible à la beauté de son instigatrice, je jure de faire le maximum pour qu’elle soit fière de posséder un tel corps pour son robot et…
- Vous avez bientôt fini, intervient Shiro. On verra plus tard pour Vénus-A. Nous avons du travail plus urgent à faire, alors dégager moi le hangar rapidement.
- Ici Vénusia, j’appel le centre, vous me recevez ?
- ici le centre, répond Alcor. Vous avez trouvé la base ?
- Goldorak est aux prises avec un Golgoth sous l’eau.
- Quoi ?
- J’ai été séparé de lui, Procius m’a ordonné de revenir au centre pour vous avertir. Voilà qui est fait. Je retourne l’aider.
- Un instant !
- Pourquoi ?
- À quelle profondeur est-il ?
- Pratiquement à sa limite de plonger.
- Véga va sûrement tenter de l’attirer plus profondément.
- C’est pour cela que je dois y aller tout de suite !
- Non, rentre au centre.
- Pourquoi !?
- Nous avons ce qu’il faut pour aider Goldorak.
- Qu’est-ce que tu racontes ?
Goldorak est bloqué sous une masse de rocher. L’Autogoth continu de l’entourer d’un tourbillon.
Procius coupe un a un ses systèmes pour ne garder que le minimum vital.
- Il faut que je fasse des économies. Je ne sais pas dans combien de temps je pourrais me sortir de là.
Il consulte ses réserves d’énergies.
- Il me reste de quoi tenir encore entre cinq et six heures avec les systèmes actuels. Comment vais-je me sortir de là ?
Le commandant Sog contemple le spectacle avec joie.
- Ah ! Ah ! Ah ! Enfin, Goldorak est à ma merci ! Il ne reste plus qu’à être patient. D’ici quelques heures tu auras épuisé toutes tes réserves et tu mourras !
Au Camp de la Lune Noire, le Stratéguerre claque des doigts. Aussitôt un soldat arrive avec un verre de vin. Végalian saisit le récipient, dans sa main droite, et le lève en hauteur pour porter un toast.
- À la mort du prince d’Euphor !
Il avale le contenu d’un trait, un peu de liquide s’échappe à la commissure de ses lèvres.
- Bientôt enfin la Terre sera sous le contrôle de Véga !
Vénusia arrive dans la salle d’observation du centre, elle se dirige directement vers Alcor.
- Voilà, je suis là ! Que veux-tu que je fasse maintenant ?
- Une fois le ravitaillement de Vénusiak terminé, tu repars pour aider Goldorak.
- J’aurais pu rester sur place pour faire cela.
- Oui, mais tu n’aurais pas pu lui rapporter Aquarak ! , lui rétorque Alcor avec un clin d’œil.
- … ah oui ! , s’exclame Susumu Sawa. Et tu penses rentrer bientôt ? Tu me manques énormément !
Sawa est au téléphone, son visage est radieux, il marche devant un groupe d’étudiant.
- Je vois que ça roule pour lui et Eekaan, remarque Daisuke.
- Pourquoi, tu es jaloux ? , demande Kohumé.
- Je ne vois pas pourquoi ? Je t’ai et cela me suffit !
Kohumé ouvre de grands yeux, Dai panique, il pense avoir dit quelque chose de mal.
- Tu m’étonnes de plus en plus ! Tu viens de me dire une chose charmante ! Presque romantique.
- Tu vois, tout n’est pas aussi désespéré que cela, répond Dai en se grattant les cheveux.
- Oui, je n’aurais jamais pensé cela de toi !
- Vous allez arrêter vous deux ! , faut sèchement Hikaru. Je vous rappelle que vous étiez déjà amoureux du temps du jardin d’enfants !
Kohumé et Dai regardent la jeune femme qui parait être désemparée.
- Pour moi c’est vrai, répond Daisuke. Mais j’ignore si c’était le cas pour Kohumé.
- Le jardin d’enfants, fait pensivement la jeune femme.
- Un truc m’est revenu en mémoire cette nuit, déclare Kohumé. C’est justement au sujet du jardin d’enfants ou de la maternelle. Il me semble Hikaru, que tu avais fait un serment d’amour ou de mariage avec quelqu’un, mais je ne sais plus qui, cela remonte a si loin !
- C’était avec Ukyo Nagaia, fait Hikaru.
- Tu es certaine !? , font d’une même voix Dai et Kohumé.
- Je m’en suis souvenu aussi cette nuit.
- Attendez, fait Daisuke pensif. Ça me rappelle un truc, une histoire de prince…
- Oui !!! Attends, il n’était pas venu à la maternelle avec une cape pour demander la main d’Hikaru.
- Je ne sais plus très bien, mais ça doit être quelque chose dans le style.
- L’album de photo, s’écrit Hikaru.
- Quoi ??
- Il me semble qu’il y a des photos de moi avec quelqu’un avec une cape, elle a été prise à la maternelle ou au jardin d’enfants.
- Où est cet album ? , demande Kohumé.
- Au ranch !
- Si c’est bien Ukyo sur ces photos, fait Dai. Cela veut dire que ses sentiments sont bien réels et qu’ils durent depuis longtemps. Tu ne peux pas prendre cela à la légère.
- Pour une fois je suis d’accord avec ton frère, acquiesce Kohumé en croisant ses bras.
Hikaru détourne le regard.
- Bon, si nous rentrions ! , suggère Dai. Demain nous avons des exams à passer !
- Commandant ! La navette sous-marine de Goldorak revient, annonce le soldat aux radars.
- Elle est seule ?
- Oui commandant.
- Elle ne pourra rien faire.
- Elle transporte quelque chose.
- Montrez-moi cela !
L’image de Goldorak prisonnier des roches et du tourbillon est remplacée par celle de Vénusia et de sa charge.
- Qu’elle est cette étrange machine que transporte cette navette.
Aquarak est suspendu sous le fuselage de Vénusiak. Quand la navette arrive dans la zone de combat, elle largue son chargement avant de plonger dans l’océan.
- Procius ! Tu me reçois ?
- Vénusia ?? Mais que…
- Je vais tenter de couper le tourbillon. J’ai aussi rapporté de l’aide.
- De l’aide ?
- Tu comprendras.
Vénusiak arrive dans le dos du Golgoth.
- Missiles Oméga !
Une salve de projectiles part des flotteurs de la navette. Le Golgoth coupe son tourbillon pour tourner la tête vers son agresseur.
- L’imbécile !!!, s’emporte Sog.
- Procius a toi ! , lance Vénusia.
Le prince remet en fonction tous ses systèmes rapidement.
- Allez Goldorak, dégageons-nous de ces roches !
Le robot géant bouge avec difficulté sous le poids, son poigné droit se libère.
Vénusiak effectue des figures acrobatiques pour éviter les tirs de rayons qui sortent des yeux de l’Autogoth.
- Deltalame !
Le Golgoth place ses boucliers en avant, la lame rebondit dessus.
Procius a mis en fonction à plein régime les propulseurs situés dans les pieds de son robot, mais rien n’y fait, il ne bouge pas. Soudain un bloc bouge au niveau du poste de pilotage libérant la vision. Le prince remarque que le robot a une main de libre.
- Tariéropunch !
Le poing droit se détache, il part devant puis fait un demi-tour, les ailettes sont passées vers l’avant, mais reste largement écarté. Le poing entre en contact avec les roches qui explosent sur sa trajectoire.
- Rétrolaser !
Goldorak est projeté vers le haut par son rayon, garce à cette manœuvre il se libère complètement. La tête du robot pivote pour faire une évaluation de la situation. Procius voit Vénusiak aux prises avec le Golgoth.
- Voyons, ou se trouve l’aide qu’elle m’a dite ?
Le prince aperçoit au loin une forme blanche.
- Non ! Ce n’est pas possible !
- J’aurais besoin d’aide ! , lance Vénusia.
Procius tourne la tête de son robot, il découvre Vénusiak qui s’éloigne en direction de la fosse, contraint par l’Autogoth.
Goldorak se dirige vers la forme blanche.
Vénusiak se retrouve bloqué contre une paroi, en face de la navette, le Golgoth se sert de ses deux boucliers pour créer deux tourbillons cisaillant.
- Je vais être broyé si je me fais touche, constate Vénusia.
Les remous se rapprochent dangereusement, Vénusia cherche par où elle pourrait faufiler sa navette.
- Retropompage !
L’Autogoth se retrouve projeté contre la paroi par un puissant jet d’eau sortant de l’avant d’Aquarak. Vénusiak s’échappe en plongeant.
Le Golgoth se retourne en poussant un cri qui se propage dans l’eau.
Goldorak descend d’Aquarak. L’Autogoth se décolle de la roche puis se retourne.
- Astérohache !
La double hache sort du corps du robot géant. La machine de Véga ouvre la gueule pour générer un nouveau tourbillon, mais Goldorak lance sa hache en plein dedans lui arrachant la mâchoire.
Vénusiak s’approche par le côté du monstre.
- Deltalame !
Procius retire son arme de la tête de son adversaire, la lame de Vénusiak se glisse derrière l’un de bouclier pour l’arracher du bras qu’il le porte.
Le commandant Sog est étrangement calme, personne dans le poste de commandement de la base sous-marine ne remarque que ses yeux émettent une lueur sinistre.
- Tarriérovrille !
Aquarak surgit avec une énorme vrille tournoyant à l’avant. Le Golgoth réagit rapidement, il place son bouclier restant devant lui, des étincelles surgissent quand la pointe de la tarière entre en contacte avec la coque. Le bras de l’Autogoth tremble sous les vibrations, brusquement le bouclier se fendille avant de rompre, la vrille continue sa route et s’enfonce dans le corps de la créature artificielle pour le traverser de par en par.
La Stratéguerre bouge légèrement dans son trône.
- « Mais que se passe-t-il ? Qu’attend Wishmaster pour intervenir ? , s’interroge Végalian. »
Aquarak recule laissant voir un trou béant dans le torse de l’ennemi.
- Oui ! Nous l’avons eu ! , s’écrit Vénusia.
Goldorak brandit sa double hache, Procius l’abat d’un coup sec sur l’Autogoth qui se retrouve coupé en deux en diagonal. Un arc électrique parcourt la zone à vif avant que la machine implose.
- Oui ! C’est fini !!!
- Je trouve cela trop facile, Véga avait envoyé de meilleures machines avant, lâche froidement le prince.
- Qu’est-ce que tu racontes ? Tu l’as bien détruit !
- Justement, c’est bien trop simple !
Brusquement, les morceaux du Golgoth sont projetés dans toutes les directions.
- Hé !!! , s’écrie la femme.
- J’en étais sur !
Procius regarde les restes de l’Autogoth, il est entouré de plancton et de poussière en suspension dans l’eau. Soudain un tentacule organique surgit du nuage de poussière.
Goldorak fait un bond en arrière de justesse pour éviter le créature étrange surgit à son tour du nuage. Un corps humanoïde, une tête démoniaque et des tentacules tout autour du cou.
- Beurk ! C’est quoi cette chose ? , demande Vénusia.
- Aucune idée ! Mais si c’est une nouvelle création de Véga, nous avons du souci à nous faire !
La créature lève les bras en direction de la surface, ses mains deviennent lumineuses, quand elles se rejoignent au dessus de la tête un rayon en part en direction du robot géant.
Procius place le bras de Goldorak devant lui pour se protéger juste avant que le rayon ne le frappe.
- Missiles Oméga !
Les missiles partent de Vénusiak, ils sont interceptés par les tentacules du monstre où ils explosent.
- « Voilà donc ce que préparait Wishmaster, se dit Végalian en souriant. »
- Fulguropoings !
Les deux poings quittent Goldorak, le monstre lance ses tentacules dessus. Les poings se retrouvent pris au piège de ces appendices.
- Deltalame !
Vénusiak surgit et tente de couper les tentacules avec sa lame, mais la créature est rapide, elle replie ses membres vivement avant de bondir sur Goldorak. Il se retrouve désemparé sans ses poings, il bascule sur le fond avec le monstre dessus. Les tentacules libres s’enroulent autour de sa tête lui bouchant la vue. Procius ne voit que des ventouses en gros plan.
Le monstre place ses mains au niveau des jointures des épaules de Goldorak pour les faire céder.
- Rétrolaser !
Le rayon multicolore en forme de V part du torse du robot géant. Le monstre se soulève, mais il reste accroché à Goldorak par ses tentacules.
Vénusiak surgit.
- Deltalame !
La lame arrive cette fois-ci à trancher deux appendices, sous la douleur le monstre lâche prise et libère aussi les deux poings qui regagnent le robot géant aussitôt.
Procius remarque qu’Aquarak est proche.
- Paralyso-chaînes !
Des chaînes viennent s’enrouler autour de la créature qui se débat. Les maillons s’enfoncent dans la chair du monstre alors que Goldorak se redresse. Les chaînes menacent de se rompre sous la puissance musculaire de la créature.
Procius fait lever le bras droit de sa machine.
- Calvicogyre !
La lame gauche en forme de croissant quitte l’épaule. Goldorak l’attrape pour la lancer comme un boomerang.
- Delatlame !
Vénusiak arrive sur la gauche du monstre avant de lancer son arme. La Clavicogyre dépasse la créature avant de revenir en direction de la nuque de la créature. Le Delatlame coupe les jambes de l’ennemi au niveau des genoux, alors qu’au même moment la Clavicogyre lui tranche le cou. Un liquide visqueux s’échappe du corps et se répand dans l’eau avant de s’enflammer sans aucune raison ainsi que le corps.
- Qu’est-ce que c’était que cette chose ? , demande Vénusia.
- Aucune idée. C’est la première fois que je vois des flammes dans de l’eau !
- Moi aussi.
- Vénusia, retourne à la surface, je m’occupe de la base avec Aquarak.
- Compris.
Goldorak se propulse vers l’engin aquatique évoquant vaguement une moto.
- Impossible, comment a-t-il pu vaincre mon Autogoth ! C’est impossible, s’emporte le commandant Sog avec une drôle de voix, mélange de la sienne et de la voix rauque de Wishmaster.
- Commandant Goldorak approche de la base ! , annonce un soldat paniqué.
- C’est impossible nous sommes a prés de deux milles mètres de profondeur, cela dépasse sa capacité de plonger !
- Voyez par vous-même !
Sur l’écran principal surgit Goldorak juché sur Aquarak.
- Missile Epsilon ! Tarriérovrille !
Des missiles partent des tubes situés de chaque côté à l’avant d’Aquarak, au centre la vrille gigantesque apparaît.
Des navettes hameçons s’enfuient des hangars de la base aquatique alors que Goldorak approche.
- Bande de lâches ! , hurle Sog. Revenez vous battre ! Détruisez Goldorak !!
Une navette explose en tentant de s’enfuir, un bouclier de protection apparaît tout autour de la base.
Les missiles lancés par Aquarak explosent en touchant la protection. Procius augmente la vitesse de son véhicule.
- Bouclier a puissance maximum ! , ordonne le commandant Sog.
La Tarriérovrille entre en contact avec le bouclier de la base, Goldorak tremble sous le choc, il semble rester un instant immobile avant que la pointe ne pénètre le champ de force qui s’effondre brusquement. Aquarak fait un bond en avant, il percute une tour, il continu sa course en direction du plus grand édifice qui abrite le centre de commande.
- « Voici encore le malheur que j’appréhendais, se dit le Stratéguerre en regardant la chute de la base terrestre. »
Dans la salle de commandement de la base sous-marine, les soldats prennent leur jambe à leur cou.
- Non, c’est impossible ! , hurle Sog debout en plein milieu.
Une brèche apparaît au plafond de la salle, elle grandit rapidement puis une pointe en émerge, l’eau s’infiltre à grands flots aussitôt. Le sol est recouvert d’eau quand surgit Goldorak juché sur Aquarak. Le commandant Sog ouvre de grands yeux de frayeur. Goldorak ressort à l’opposé pendant que la pièce s’effondre. Un peu partout dans le camp sous-marin les structures implosent l’une après l’autre, un épais nuage de poussière obscurcit l’eau.
Au camp de la Lune Noire, Végalian est resté de marbre devant le spectacle.
- Encore un cuisant échec, lâche-t-il.
Goldorak fait surface sur Aquarak.
- Alors ? , questionne Vénusia.
- La base sous-marine de Véga n’existe plus !
Le prince fait exécuter à sa machine le V de la victoire avec la main droite.
- Je récupère ma soucoupe et nous rentrons au centre, ajoute-t-il.
Le commandant Sog ouvre les yeux, il découvre qu’il se trouve dans une navette de sauvetage qui flotte à la surface de la mer. La dernière chose qu’il se rappelle est ce démon de Goldorak surgissant au travers du mur de la salle de commandement.
- Je suis en vie ! Mais comment ai-je atterri dans cette navette ?
Il regarde une nouvelle fois autour de lui, il avance avec prudence une main vers le tableau de bord, il le touche, il constate que tout ceci est bien réel. Il se redresse dans le siège de pilotage pour prendre les manettes. La navette décolle en direction de la Lune.
- Ovostable !
Les bras du robot se plaquent contre la soucoupe pendant que le siège de pilotage regagne le cockpit de la soucoupe porteuse.
Pendant ce temps, Vénusiak récupère Aquarak.
- Vénusia.
- Oui ?
- Pour un dernier baroud d’honneur, je crois que c’est le meilleur que tu pouvais espérer, lance joyeusement Procius.
- En effet ! Mais une chose est sure !
- Laquelle ?
- Ce n’est plus de mon age toutes ces péripéties !
C’est la fin du jeudi après-midi, les étudiants sortent lentement de leur dernier examen. Dai et Kohumé discutent joyeusement, alors que Hikaru traîne les pieds et regarde le sol.
- J’ai répondu à toutes les questions, lance le jeune homme.
- J’ai hâte d’être à samedi pour connaître les résultats.
- Oui ! Ils doivent faire vite pour corriger toutes ces feuilles ! Ça se voit que des sociétés ont fait pression sur le gouvernement pour que tout se fasse aussi rapidement.
- Bonsoir Hikaru Makiba, lance une voix masculine.
Daisuke et Kohumé cessent leur conversation, Hikaru s’immobilise, elle lève lentement la tête.
- Bonsoir Ukyo, tu es venue chercher ta réponse ? demande timidement Hikaru.
- Oui. Tu peux me la donner ?
La jeune fille détourne la tête en fermant les yeux.
- C’est impossible, annonce-t-elle doucement.
- Je comprends, affirme tristement le jeune homme. Tu es amoureuse de l’autre garçon, cet étranger.
- Non ! Ce n’est pas cela, affirme-t-elle en plongeant son regard dans celui du garçon.
- Alors pourquoi ne peux-tu pas répondre à mes sentiments ?
- Pour te répondre, il aurait fallu que l’on se connaisse plus.
- Je vois, j’ai tout gâché en te déclarant ma flamme, fait tristement Ukyo en glissant ses mains dans les poches de son pantalon.
- Avant de te donner une réponse, je vais devoir apprendre à te connaître mieux.
- Quoi ??
Kohumé et Dai sourient discrètement.
- Oui, cela va être difficile, car je vais retourner au Ranch bientôt une fois que nous aurons les résultats.
- Je vois… Dans ce cas, vu que les examens sont terminés, pourquoi ne pas sortir ensemble ce soir et demain ?
- Ce soir et demain ?
- Pour nous, il n’y a plus cours demain !
- C’est exact.
- Elle accepte, intervient Kohumé en se plaçant entre les deux.
- Hein ! Mais pourquoi tu réponds pour moi !!! , s’écrie Hikaru.
Daisuke attrape sa sœur par les épaules.
- Parce que si on ne te donne pas un coup de pouce, vous allez passer toute la nuit sur le campus sans bouger ! , déclare-t-il.
- Comment !!!
Kohumé virevolte pour venir déposer un baiser sur la joue de Dai.
- Et comme cela nous aurons l’appartement rien que pour nous deux et nous pourra vivre sans gêne notre amour, déclare-t-elle mutine.
- Hein ! Quoi !! , crie Hikaru en rougissant. Qu’avez-vous l’intention de faire tous les deux !?
- La même chose que toi !
Kohumé pousse son ami dans les bras d’Ukyo. Le jeune homme rougit.
Procius et Vénusia entrent dans la salle d’observation du centre, ils ont à peine posé un pied à l’intérieur que des pétards et des serpentins claquent.
- Hourra !!!! Bravo Procius et Vénusia vous avez anéanti la base terrienne de Véga ! , cris Alcor.
Des coupes de champagne circulent dans la pièce en fête. Sayaka tend une coupe à Vénusia. Alcor en tend une au prince, ce dernier la prend.
- Trinquons à la victoire ! , lance le professeur.
Procius lève sa coupe avec les autres, mais il ne la vide pas. Il la repose discrètement sur une table. Il se dirige vers la baie vitrée, il regarde l’horizon soucieux.
- « Il est vrai que nous venons de gagner une bataille décisive, mais la guerre n’est pas encore finie ! Tout peut encore arriver, pense-t-il. »
Une main brusque se pose sur l’épaule de prince.
- On dirait ton oncle, lui aussi faisait une de ses têtes quand on faisait la fête !
- Bonjour Bélier, je pensais à ce que devait ressentir le Stratéguerre.
- Laisse-le là où il est ! Détends-toi un peu !
Végalian est seul dans ses quartiers, sur le moniteur une image de la Terre, il place ses mains devant l’écran comme pour la presser.
- Un jour tu seras réellement entre mes mains petite planète bleue !
FIN
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