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GOLDORAK : LE RETOUR DE GOLDORAK
LE RETOUR DE GOLDORAK Episode 24
Perdue dans l’immensité de l’espace, une sonde arborant le symbole de la division Ruine dérive dans la nébuleuse de Véga, elle envoie régulièrement des informations au camp de la Lune Noire.
Le Stratéguerre étudie les rapports de la sonde sur un moniteur, il fronce les sourcils.
- Il n’y a rien !
- Si seulement, je savais sur quoi la sonde devrait se concentrer, s’excuse Isahbelle.
Végalian se retourne vers la femme blonde qui se tient debout devant un empilage de pièces électronique.
- Ce n’est pas de votre faute, la rassure-t-il. Je m’emporte seul, ce n’est pas contre vous.
- Je peux savoir ce que vous recherchez dans la nébuleuse de Véga ?
- Je l’ignore moi-même à vrai dire, soupire Végalian. Quelque chose au fond de moi me pousse à vouloir savoir ce qui se passe dans ce secteur.
- D’après les rapports de la sonde, il n’y a rien de spécial, un peu de trafic.
- Du trafic ?
- Oui, des vaisseaux traversent la nébuleuse.
- « Des vaisseaux qui voyagent dans la nébuleuse, il n’y a rien d’anormal, même s’il n’y a plus aucune planète habitable dans la nébuleuse. Les transports ne vont pas faire un détour, mais pourquoi j’ai une étrange sensation au fond de moi ? »
Kohumé arrive à pied au ranch du Bouleau Blanc, elle voit Eekaan au loin devant une vieille grange. La jeune fille est surprise. Elle se dirige vers la construction alors que l’ancien agent de Véga disparaît à l’intérieur.
Quand
elle arrive devant la grange, elle ne voit à l’intérieur que le
vieux OVT reposant sur un support et une paire de pieds qui en
dépasse.
- Eekaan !?
La jeune femme sort de dessous la soucoupe.
- Oui ?
- Je te croyais partie pour la capitale !
Eekaan se lève, elle a le visage couvert de graisse et tient dans la main une clé à molette.
- La preuve que non.
- Et Susumu ?
- J’en ai discuté avec lui, nous allons nous voir que les week-ends pour commencer, comme ça je ne vais pas le distraire dans son travail.
- Il a trouvé un travail ?
- Pas encore. Il passe un entretien ce matin chez Mégatron, j’espère que cela se passera bien pour lui.
Eekaan porte son regard vers le ciel.
- Tu peux me dire ce que tu fais sous cette antiquité ? , questionne Kohumé en désignant du doigt l’OVT.
L’ancien agent de Véga la regarde avec de grands yeux.
- Je la répare ! , lâche-t-elle avec évidence.
- Et pour quoi faire ?
- Je compte bien me joindre à vous dans la lutte contre l’empire.
Kohumé se frappe le front.
- Toi quand tu as une idée en tête, soupire la jeune femme.
- Kohumé !!! Kohumé !!! , cri la voix de Dai.
La jeune femme se retourne pour voir son amoureux se précipiter vers elle.
- J’ai fini ! On peut aller faire un tour à cheval !
Eekaan retourne sous la soucoupe.
Procius, Alcor et Sayaka sont réunis dans le bureau du professeur Cochir.
- Des démons, je croyais que nous en avions fini avec eux, déclare Sayaka soucieuse, assise dans un fauteuil devant le bureau.
- Moi aussi, ajoute Alcor les bras croisés, assis dans le siège d’à côté.
- Vous pensez que ce sont les démons avec qui le docteur Hell* s’était allié ? , demande le prince adossé au mur.
(Docteur Hell est le grand ennemi d’Alcor dans Mazinger. Le docteur est secondé par le Baron Ashura, personnage avec un visage moitié homme et moitié femme.)
- Nous les avions tous éliminés, répond Alcor.
- Alors qui sont-ils ? , demande Cochir derrière son bureau.
- Nous ne savons pas grand-chose, mais il y a différente couche ou empire démoniaque d’après ce que nous avions pu découvrir à l’époque, annonce Sayaka.
- Donc, nous ignorons avec qui Véga s’est alliée, conclut Procius.
- Oui, lâche amèrement Alcor.
- Il va falloir que tu sois encore plus prudent, déclare Sayaka en regardant le prince.
- Je crois que je le suis déjà.
- Les démons n’ont rien à voir avec tes adversaires habituelles ! , s’emporte Alcor. Crois-moi ! Quand le docteur Hell a fait alliance avec ces créatures, les combats se sont faits plus violents !
- Je compris, je ne voulais pas donner l’impression de prendre cela à la légère, s’excuse Procius.
Sayaka pose une main sur l’épaule de son mari.
- Restons calmes, tempère Cochir. Nous sommes tous tendus avec cette nouvelle.
- De plus, je ne suis plus seul pour combattre, Dai et les autres sont revenus, nous sommes quatre pour affronter Véga et les démons.
- Souhaitons que cela soit suffisant.
Eekaan se trouve dans le cockpit de l’OVT.
- C’est le moment de vérité, soupire-t-elle. Voyons si les moteurs démarrent !
Elle appuie sur un bouton. Un bruit sourd métallique se fait entendre, mais rien d’autre ne se passe.
- Ça commence mal !
Elle regarde les cadrans.
- Les circuits sont alimentés, j’ai du carburant. Pourquoi ça ne démarre pas ?
Elle actionne de nouveau la commande de mise en marche sans plus de résultat. Au même moment, Banta passe devant la grange en poussant une brouette.
- Ce vieux coucou fait le même bruit que le tracteur quand il n’a pas fonctionné durant des semaines, lance-t-il.
- Et que faites-vous dans ce cas-là pour le faire démarrer ?
- Je réarme la pompe !
- Réarme la pompe ? , répète-t-elle sans comprendre.
- Ben oui ! Je remets un peu de gasoil dedans pour alimenter le moteur !
- J’ai compris ! , s’exclame-t-elle avant de sauter du cockpit pour disparaître devant la soucoupe.
- Je crois que j’aurais encore mieux fait de me taire, soupire Banta en reprenant sa route.
Un instant après, Eekaan réparait et bondit dans le poste de pilotage. Elle appuie sur la mise en route, la soucoupe se met a vibré légèrement un instant puis plus rien. Elle tente un second essai, cette fois, une fumée sombre sort des réacteurs, et envahit la grange avant que les moteurs ne ronronnent.
- J’ai réussi !!!! Maintenant les armes !!!!
Susumu Sawa transpire, il a les mains moites, ils les essuient discrètement sur son pantalon, il a du mal à respirer dans son costume, sa cravate lui serre le cou. Il est aussi sur une chaise face à un grand bureau, derrière celui-ci, se tient le responsable du recrutement de la société. La pièce est grande, mais vide, il n’y a qu’une chaise et le bureau avec le fauteuil du recruteur. Une immense baie vitrée donnant sur la ville occupe tout un pan de la pièce.
- Votre curriculum est parfait, ainsi que votre parcours scolaire, vous avez fréquenté des établissements de bonne renommée, je vous en félicite.
- Merci, bredouille Susumu. J’ai toujours fait de mon mieux pour avoir de bons résultats.
- C’est ce que nous recherchons. Nous vous avons contacté par l’intermédiaire de votre université, car notre compagnie fonde de grands espoirs sur vous.
- C’est trop d’honneur que vous me faites, répond Sawa en s’inclinant sur son siège. Mais je dois admettre que je ne connais pas votre entreprise à ma grande honte.
Le responsable sourit.
- Il n’y a rien de surprenant, déclare-t-il rassurant. Cette compagnie est jeune et en pleine croissance.
- Je comprends, mais quel est votre secteur d’activité ?
- La recherche et le développement en robotique.
- Il doit y avoir une erreur, mes compétences sont plus dans la physique.
- Il n’y a aucune erreur. Comme je viens de vous le dire, nous faisons de la recherche et du développement en robotique, cela va de la conception des circuits à l’élaboration des matériaux. Je ne devrais pas vous le dire, mais comme je suis certain que mon supérieur validera votre candidature, je vais vous mettre dans le secret. Le gouvernement nous a demandé de développer des armures et des robots de combats, c’est pour cela que vos compétences sont requises !
- Je comprends mieux maintenant.
Le responsable quitte son siège puis fait le tour de son bureau pour tendre une main vers Sawa. Susumu se lève, hésitant, puis saisit la main pour la serrer.
- Je suis certain que nous nous reverrons d’ici peu pour finaliser les termes de votre embauche.
- Merci, répond Susumu ne sachant pas quoi répondre d’autre.
Hikaru est accoudée à la rambarde de la terrasse du ranch, elle contemple le ciel le regard dans le vide.
- Alors ! Que fais-tu là à cette heure ? Tu ne devais pas sortir ? , demande sa tante Vénusia.
- Si, soupire la jeune fille.
- Je vois, il est en retard ?
- Il ne viendra pas.
- Un empêchement ?
- Il a dû repartir à Tokyo.
Vénusia s’approche de sa nièce et lui attrape un bras.
- Dans ce cas, tu vas m’aider à étendre le linge !
- Hé ! Mais attends ! Pourquoi moi !?
- Cesse de te plaindre ! Au moins, tu ne te lamenteras pas pendant ce temps.
Sawa s’engouffre dans une porte à tourniquet, il dessert sa cravate, puis retire sa veste une fois dehors en poussant un soupir, il se retourne pour contempler le sommet de l’immeuble quand une voix l’interpelle.
- Sawa ! Susumu Sawa ?
Il se retourne et découvre un visage vaguement familier.
- Euh… Oui.
- Ça alors ! Je n’aurais jamais pensé te rencontrer ici !
Susumu cherche où il a rencontré cette personne, elle aussi porte un costume, les traits du visage sont presque féminins.
- Ca alors ! Quand je vais raconter ça à Hikaru et Eekaan en rentrant !
- Nagaïa !
- Quoi ! Tu ne m’avais pas reconnu ?
- C'est-à-dire… J’étais perdu dans mes pensées. Et tu portes un costume, répond Susumu en passant une main dans ses cheveux.
- Et alors ! Toi aussi tu en portes bien un, rétorque Ukyo.
- C’est vrai, tu as raison, je suis impardonnable. Alors que fais-tu ici ?
- Je suis convoqué pour un entretien d’embauche ! Le plus étonnant c’est que je n’ai jamais postulé pour cette société !
- Exactement comme moi !
- De plus, je n’ai aucune idée de ce qu’il fabrique.
- Recherche et développement en robotique, à ce qu’ils m’ont dit.
- Oh ! Et tu avais postulé ? Ce n’est pas ton domaine ?
- Il semblerait qu’ils soient passés par Todai pour le recrutement.
- Bon ! Je verrais bien ! Je vais y aller sinon je vais être en retard.
- Bonne chance.
- Merci !
Le Stratéguerre fait les cent pas dans ses quartiers.
- « Ce Wishmaster n’a pas tenu ces engagements ! Goldorak et le prince d’Euphor sont toujours en vie !!! , pense-t-il. »
- Je le sais, c’est entièrement de ma faute, j’ai sous-estimé cet adversaire, lance une voix rauque.
Végalian se retourne et scrute la pièce vide.
- Qui est là !?
Une flamme bleutée surgit du sol, une forme humaine se matérialise dans le feu. Une femme aux cheveux rouges et à la peau blanche, avec un tatouage tribal sur tout le visage en sort alors que la flamme disparaît.
- Qui es-tu donc ?
- Je suis Wishmaster.
- Ainsi donc, ce serait toi le chef du royaume d’Hadèsia ?
- En effet.
- Je ne comprends pas ! D’habitude tu te manifestes par l’intermédiaire du commandant Sog !
- C’est vrai, mais je devais vous parler face à face, suite à cet échec cuisant et de plus le commandant Sog accompli une mission en ce moment.
- Humm, ce
n’est pas faux. Je t’écoute.
- Je suis venu ici pour
m’excuser d’avoir envoyé des créatures pas assez fortes contre
votre ennemi, mais cela ne se reproduira plus ! Je vais envoyer
des démons d’une classe supérieure contre ce Goldorak. Bientôt,
nous pourrons régner en maîtres sur nos mondes !
- Tu m’as déjà fait cette promesse !
- C’est exacte Stratéguerre, je ne peux le nier, mais a chaque combat que livre Goldorak, j’en apprends un peu plus sur lui, je finirais bien par découvrir comment le vaincre
- Sache que certains de mes subordonnés pensaient la même chose ! Regarde le résultat ! Goldorak est toujours là !
- Sans vouloir vous offenser, vos subalternes et mes démons n’ont rien de commun !
- C’est ce que nous verrons Wishmaster ! , répond Végalian légèrement menaçant.
- Goldorak est fort à la surface, mais il sera vulnérable si nous arrivons à l’entraîner dans notre monde souterrain.
- Qu’est-ce que tu insinues ?
- Que mes démons sont plus efficaces dans leur univers, répond Wishmaster énigmatiquement.
- … Je ne devrais pas vous le dire, mais comme je suis certain que mon supérieur validera votre candidature, je vais vous mettre dans le secret. Le gouvernement nous a demandé de développer des armures et des robots de combats, c’est pour cela que vos compétences sont requises !
Le responsable du recrutement quitte son siège pour faire le tour du bureau en tendant la main à Ukyo. Ce dernier se lève pour serrer la main.
- Je suis certain que nous allons nous revoir d’ici peu pour votre contrat, déclare le recruteur en raccompagnant le jeune homme à la porte.
Nagaïa s’incline pour le saluer en quittant la pièce, le responsable referme la porte, avant de pousser un long soupire.
- Enfin ! J’ai fini ! Je commençais à ne plus tenir sous ce masque !
L’homme pose ses mains sur son visage puis enfonce ses ongles dans la chaire puis écarte violemment ses mains faisant voler en lambeau le masque.
- Voilà ! Je vais beaucoup mieux ! , lance le commandant Sog.
Il retourne s’asseoir dans le fauteuil de bureau en souriant.
- Grâce à ces étudiants fraîchement sortis de l’école, nous allons pouvoir concevoir de nouvelles armes et de nouveau Golgoth pour conquérir cette planète ! Tout cela grâce à leur cerveau ! La Terre sera mise à genou sous des armes conçues par des terriens ! Quelle ironie !! Ah ! Ah ! Ah !
Le commandant tourne son siège vers le mur qui se trouve dans son dos, puis se lève, il pose une main sur la paroi qui disparaît laissant place à un ascenseur. Sog entre dans la cabine.
Procius regarde l’enregistrement du dernier combat qu’il a livré dans sa chambre.
- Comment savoir si j’affronte un Golgoth classique ou un démon ?
Sur l’écran, le Golgoth lève les deux bras au ciel en poussant une sorte de complainte, de ses yeux et de sa gueule sortent une lueur rouge sang. Il passe de la position debout à celle à quatre pattes.
Procius fronce les sourcils.
- Se pourrait-il que chaque Golgoth que Véga construit soit infecté par un démon ?
À l’image, un lion rouge, avec des pointes sur l’échine, sort d’un nuage de fumée.
- Oui ! Cela doit être cela ! Les démons se trouvent déjà dans les Golgoths au début de l’attaque. Mais sous quelle forme ?
Mizar se tient devant l’entrée de la vieille grange.
- Soit raisonnable, tu as quitté Véga ! Ce n’est plus pour te battre !
Eekaan passe sa tête hors du poste de pilotage de l’OVT.
- J’ai quitté Véga, car j’ai réalisé que je vivais dans le mensonge ! Je veux me battre contre l’empire pour tout ce qu’il a fait subir à mon peuple et aux autres. Je ne veux pas que la Terre tombe dans leurs mains.
- Il y a Goldorak et les autres pour ça !
- Je ne veux pas rester les bras croisés à attendre que cela se termine !
- Tu as déjà fait beaucoup en faisant éclore une rébellion.
- Rébellion ! Je ne sais pas ce qui se passe sur la base, peut-être que mon message n’a pas été entendu.
- Tu n’en sais rien. Procius te l’a dit, tu as le droit maintenant de vivre en paix et le droit au bonheur.
- Je sais, mais est-ce que je pourrais vivre heureuse en sachant que Véga risque de tout détruire d’un instant à l’autre ?
- Je comprends, admet Mizar. Mais pourquoi vouloir à tout pris remettre en état cette vieille navette ?
- J’ai besoin d’un vaisseau de combat.
- Ça ! Un vaisseau de combat ! , s’exclame Mizar en désignant l’OVT du doigt. Même Alcor avait renoncé à la remettre en état à l’époque !
- Ce n’est pas une raison ! Je suis certaine que je peux en faire une puissante arme de guerre !
- Si tu le dis ! Fais ce que tu veux, cède-t-il en faisant un geste de la main. Mais ne viens pas te plaindre si tu t’écrases avant de pouvoir livrer un combat, fait-il en s’éloignant.
La jeune fille disparaît à nouveau dans le poste de pilotage.
Sayaka est dans le bureau de son mari, elle regarde par la fenêtre, alors qu’il est assis dans un fauteuil.
- Dire que nous pensions être sur le point de vaincre Véga après avoir détruit leur base sous-marine. Nous savons qu’il y a une autre base sur Terre en Antarctique et maintenant une alliance avec des démons.
- Moi aussi, j’espérais que la guerre allait toucher à sa fin, soupire le professeur Alcor. Mais nous sommes bien placés pour savoir quand temps de guerre, rien n’est certain et que tout peut arrivé.
Sayaka se retourne pour plonger ses yeux dans ceux de son mari
- Je souhaite que tous arrivent à voir la fin de ce conflit, déclare-t-elle alors qu’une larme roule sur sa joue.
Alcor se lève pour prendre sa femme dans ses bras.
- Moi aussi ! , annonce-t-il soucieux en regardant par la fenêtre.
Le commandant Sog sort de l’ascenseur, il est accueilli par un soldat. Une chaîne de montage de Golgoth a été construite sous le bâtiment qui abrite la société de robotique.
- Parfait, sourit le commandant. Nous avons réussi à construire ceci en plein cœur de la capitale japonaise sans que personne ne le soupçonne.
- « Avec notre aide aussi, il ne faut pas l’oublié, fait une voix rauque dans sa tête. »
Le regard du commandant parcourt l’installation.
- Enfin, nous allons pouvoir prendre notre revanche sur Goldorak. Il ne pourra rien faire contre nous, même s’il découvre le complexe.
Un autre soldat arrive en courant, il salue son supérieur avant de prendre la parole.
- Commandant, une communication du Stratéguerre, annonce-t-il.
- J’arrive !
Le commandant jette un nouveau regard victorieux sur le complexe avant de se diriger vers une console proche fixée sur une paroi.
Végalian se trouve assis dans son bureau, il attend que le commandant réponde à son appel. En patientant, son regard se pose sur l’un des tiroirs de son bureau, son regard semble traverser la matière, car il voit l’intérieur du meuble. Il voit surtout un cadre, avec une représentation de Végalia qui sourit. Il est extirpé de ses pensées par le commandant.
- Je vous écoute Maître.
- Sog, comment se déroule ta mission ?
- Tout va bien pour le moment, Votre Majesté. J’ai rencontré tous nos futurs collaborateurs, la plupart sont enchantés, car ils pensent qu’ils vont servir les intérêts de leur pays alors qu’ils vont servir les nôtres.
- Je compte sur toi ! Il ne faut pas que ce projet échoue !
- Je vais faire de mon mieux pour vous satisfaire votre grandeur.
Eekaan attrape une serviette, pendant d’une poutre de la grange, pour s’essuyer le visage.
- Voilà une bonne chose de faite, j’ai trouvé où installer l’armement. Mais avant d’aller plus loin, il faut d’abord que je vérifie que cette navette vole correctement.
Elle pend la serviette, qui est maculée de taches diverses, avant de sortir de la grange. Elle aperçoit Banta non loin et l’interpelle.
- Banta, j’ai besoin d’aide pour sortir la navette !
Le vieux garçon de ferme la regarde puis jette un œil en direction de Mizar qui se tient devant l’étable, ce dernier à un haussement d’épaules. Banta regarde à nouveau vers Eekaan.
- D’accord, juste le temps de chercher le tracteur !
Kohumé et Daisuke reviennent au ranch après une promenade à cheval, ils distinguent du mouvement devant la vieille grange.
- Il y en a de l’activité ! , lance Dai.
- Si on allait voir cela de plus près, suggère Kohumé en lançant sa monture au galop.
- Attends-moi ! , s’exclame Dai en faisant changer de rythme à son cheval.
Le vieux garçon de ferme finit d’accrocher la remorque au tracteur.
- Je suis impatiente de voir le résultat, fait Eekaan excité.
Banta monte sur le tracteur alors que Daisuke et Kohumé arrivent sur leurs montures. Le tracteur se met en mouvement, il sort de la grange la remorque portant le vieux OVT restauré et amélioré. Sa peinture brille tout comme sa verrière. Le tracteur s’immobilise dans la pâture proche.
- Ça ira ici ? , questionne Banta.
- Parfait, s’exclame Eekaan en se précipitant vers la navette.
Le vieux garçon de ferme détache rapidement la remorque puis s’éloigne sur le tracteur. Dai et Kohumé sont descendu de leur cheval et regarde le spectacle, accoudé à la clôture.
Eekaan revêt un casque ayant plus l’apparence d’un casque de moto que de pilote. Elle regarde les instruments qui sont tous éteints. Elle appuie sur le bouton de mise sous tension, les voyants s’illuminent, elle vérifie les jauges.
- Voilà le moment de vérité, soupire-t-elle.
Elle appuie sur le bouton de mise en marche des moteurs, aussitôt un doux ronronnement se fait entendre.
- Au moins, les propulseurs de l’OVT n’ont pas explosé au sol, constate Dai.
- Tais-toi, fait Kohumé en lui donnant une claque sur la main. Tu vas lui porter malheur !
Eekaan saisit fermement les manettes de contrôles, elle les tire doucement vers elle, les moteurs prennent de la vitesse, les propulseurs se mettent à cracher de la vapeur, lentement la navette s’élève à la verticale de la remorque.
- Tiens ! Je ne me rappelle pas qu’elle décollait comme ça, remarque Banta.
- Les modifications que j’ai faites ont l’air de fonctionner, se réjouit Eekaan.
Elle ramène les manettes en position centrale avec la main droite, de l’autre elle actionne les réacteurs. L’OVT prend brusquement de la vitesse et de l’altitude.
- Mais elle a réussi, constate Mizar devant l’étable.
- Ça vole ! , s’exclame Banta en lançant son sombrero.
À bord de la navette, la jeune femme vérifie ses instruments.
- Tout est normal pour le moment, pourvu que je n’aie aucun problème.
- Maître ! , s’exclame un soldat.
Végalian parcourt du regard la salle de commandement de la Lune Noire.
- Que se passe-t-il ? , demande-t-il stoïque sur son trône.
- Une navette vient de décoller du ranch du Bouleau Blanc, annonce le soldat aux radars.
- Une navette !? Montrez-la-moi !
- Tout de suite !
L’écran virtuel apparaît devant le trône, il diffuse l’image d’une navette jaune triangulaire.
- Quel engin d’apparence archaïque, constate-t-il.
- Que devons-nous faire Majesté ?
- Hum… Elle vient de décoller du Ranch du Bouleau Blanc. Se pourrait-il que ce soit une nouvelle arme mise au point par le centre ?
Le Stratéguerre observe en détail le véhicule en réfléchissant.
- « Pourquoi créer une navette avec cette allure si ridicule ? Ou alors, sa forme est faite pour nous tromper et en réalité cela cache une arme puissante ! Il ne faut prendre aucun risque ! »
Végalian remarque que le soldat le fixe pour connaître sa décision.
- Envoyez des navettes pour la détruire !
- À vos ordres !
Une soucoupe amirale part d’un plot d’amarrage en forme de champignon, elle prend rapidement la direction de la Terre.
Alcor, songeur, regarde le ciel sur l’écran d’observation du plafond.
- Professeur, le Scope radar détecte un objet volant au dessus du ranch, annonce Densha.
- Montrez-le-moi, répond Alcor en se dirigeant vers un moniteur.
L’écran affiche une carte météorologique de la région, mais elle disparaît pour laisser la place à une soucoupe jaune.
- Quoi !! Mais c’est mon OVT 2 ! Il vole ! C’est vrai, Procius m’avait parlé qu’Eekaan voulait le remettre en état. Il semblerait qu’elle a réussi.
Ishabelle est devant une console, elle regarde les données que la sonde lui envoie depuis la nébuleuse de Véga quand subitement la transmission est interrompue.
- Allons bon ! Que se passe-t-il ?
La femme pianote sur la console pour tenter de rétablir la liaison, mais en vain.
- Je crois que le drone est perdu. Il va falloir que j’annonce la nouvelle au Stratéguerre.
Un choc et un bruit de collision, tirs de sa somnolence le pilote d’une petite navette de commerce. L’homme est âgé, il se redresse sur son siège en bougonnant.
- Et voilà ! Qu’est-ce que j’ai heurté encore ! Si je ne peux même plus me reposer sur le pilote automatique ! Je suis sûr que c’est le détecteur qui est encore en panne !
Le pilote se plaque son visage contre la vitre du poste de pilotage pour regarder dehors.
- Je ne vois aucun dégât. Pas de débris qui flotte.
L’homme regagne son siège puis actionne des interrupteurs en regardant un écran.
- Ah ! Te voilà ! Ce n’est pas bien gros ! Qu’est-ce que c’est que ce machin !
L’écran montre une forme ovale avec des antennes.
- Je vais le prendre à bord, qui sait, j’en tirerais peut-être quelque chose en le vendant sur Euphor.
L’homme actionne des commandes, une trappe s’ouvre sous son vaisseau, un rayon tracteur blanc surgit sur le côté de sa navette et dirige la sonde à l’intérieur du vaisseau.
- Allez ! Pilote automatique, direction Euphor !
Le pilote pousse des boutons puis se lève de son siège.
- Maintenant, allons voir ce que j’ai ramassé.
- Professeur ! Le réseau de satellites capte une soucoupe amirale en approche ! , annonce Densha.
- Où se dirige-t-elle ?
- Elle vient de changer de cap elle repart, mais des navettes ont été larguer.
- Des navettes !?
- Elles se dirigent vers le ranch du Bouleau Blanc.
- Pourquoi une attaque sur le ranch ?? , se demande Alcor.
Soudain, il se tourne vers le moniteur affichant la vieille navette et pousse un cri.
- C’est impossible ! C’est une blague ! Véga a détecté l’OVT et l’attaque. Vite, appelez le ranch !
Gavin se précipite sur le téléphone.
Eekaan est aux anges, ses réparations et ses améliorations fonctionnent au-delà de ses espérances pour ce premier vol. Elle remarque dans le ciel des points lumineux.
- Il y a du trafic dans le secteur, il faut que je sois prudente.
Un rayon bleu manque de peu l’avant de la soucoupe. Des navettes de Véga surgissent des nuages.
- Il ne manquait plus qu’eux ! En plus, je n’ai aucun armement !
Au sol, Mizar suit le vol avec des jumelles.
- On dirait des navettes de Véga.
- Laisse-moi voir, fait Banta en lui retirant les jumelles de mains.
La lanière pénètre dans le cou de Mizar.
- Banta ! Fait attention ! Tu m’étrangles !
Procius court dans l’un des couloirs du centre, il se précipite vers une sorte de grand vide-ordure dans lequel il saute, il glisse dans un conduit en acier, une trappe bascule devant lui, il distingue au bout du conduit un morceau de la soucoupe de Goldorak. Il surgit du plafond du hangar.
- Métamorphose !
Il atterrit dans le poste de pilotage de la soucoupe en tenu de vol alors que la plateforme commence à descendre.
- Attention ! À gauche ! , hurle Banta en gigotant avec les jumelles sur les yeux.
Dai et Kohumé se précipitent vers leurs chevaux qui paissent non loin.
- Comment je vais faire pour me sortir de là !
Eekaan plonge, remonte, vire avec l’OVT tant qu’elle le peut pour éviter les tirs des navettes ennemies.
- Je ne vais plus tenir longtemps à ce rythme là !
Elle voit une navette qui fonce droit sur elle.
- C’est la fin !
La navette est déchiquetée en deux par un Planitronk.
- Stratéguerre ! Goldorak porte secours à la navette, annonce le soldat des radars.
- Si Goldorak est sortie, c’est que cette navette doit être importante. Qu’on la détruise !
- À vos ordres !
L’escadrille de navette se sépare en deux groupes, l’un attaque Goldorak tandis que l’autre s’occupe de l’OVT.
- Magnavolt !
Quatre rayons rouges partent de la soucoupe de Goldorak, les navettes frappées par le rayon sont attirées les unes contre les autres violemment, le choc les fait exploser.
Un tir traverse, de part en part, la verrière de l’OVT. Eekaan est encerclée par les navettes Véganes.
- Allez Procius ! Débarrasse-toi de ces navettes rapidement pour aller aider Eekaan ! , crie Banta gesticulant.
Mizar s’est écarté du vieux garçon de ferme pour éviter de recevoir un coup. Dai et Kohumé échangent un regard interrogateur en se demandant s’ils doivent se rendre au centre.
- Voltogyre !
Goldorak se met à tourner sur lui-même en envoyant des Mégavolts, les soucoupes touchées se mettent à fondre.
Végalian se dresse sur son trône.
- Ordonnez aux navettes d’abandonner Goldorak et de se concentrer sur l’autre vaisseau !
Goldorak cesse sa rotation destructrice, les navettes rescapées se dirigent vers l’OVT.
- Zut ! Elles prennent Eekaan pour cible !
Procius fait changer de cap à sa machine pour porter secours à l’OVT.
Eekaan plonge vers le sol pour tenter de semer ses assaillants, des tirs frôlent sa soucoupe.
- Pulvonium !
Les navettes se trouvant dans son sillage explosent sous les rayons violets. L’OVT redresse, Goldorak se dirige vers lui, pour cela, il entre en collision avec des navettes, il se place entre l’OVT et les attaquants. Les tirs des navettes rebondissent sur le bouclier de Goldorak.
- Missiles Gama !
Les Planitonks s’ouvrent pour laisser sortir les lances missiles, des cônes filetés en sont propulsés.
- Météonium !
Des rayons jaunes sortent du même emplacement que le Pulvonium. Toutes les navettes sont détruites.
L’OVT regagne le ranch et se pose, Eekaan en descend. Mizar et les autres l’entourent.
- C’est un sacré baptême du feu ! Je crois que c’est comme cela que vous dites !
Goldorak se pose dans la pâture, Procius saute de la soucoupe et se précipite vers la jeune fille.
- Alors ! Cette vieille navette marche bien non ?
- Wé ! Mais je ne suis pas certain que tout le monde va être de ton avis, remarque Banta.
Procius arrive devant la jeune fille.
- Désolé, je voulais juste faire un vol d’essai et les navettes ont débarqué.
Le prince lui décoche une gifle.
- Idiote ! Tu tiens tant que cela à mourir, alors que Susumu t’attend à Tokyo ?
Eekaan a posé une main sur sa joue meurtrie et regarde Procius avec colère.
- Écoute, elle voulait juste voir si la navette volait, intervient Mizar.
- Ce n’est pas une raison ! Voilà le résultat ! Véga a lancé une attaque.
- Procius, elle veut défendre la Terre.
- Elle a mieux à faire, elle a quitté le joug de Véga, ce n’est pas pour faire la guerre dans un autre camp ! Qu’elle profite de la vie ! En plus, elle n’est même pas terrienne !
- Et alors ! Toi non plus tu n’es pas de cette planète et tu la défends bien ! , remarque Eekaan.
- C’est mon devoir ! C’est la mission qui m’a été confiée !
- Donc, tu es forcé de la défendre ! C’est cela ?
- Non ! Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. J’aime cette planète et je ne veux pas que Véga l’envahisse.
- Moi aussi, je veux protéger ce monde qui m’a accueilli ! Je ne vois pas pourquoi, je ne pourrais pas faire de même !
Procius pose ses mains sur les épaules de la jeune fille.
- Je ne veux pas que tu gâches ta seconde chance. Tu as quitté l’empire pour vivre une vie meilleure, ne la perds pas en te joignant à cette guerre.
- C’est mon choix. Je ne veux pas rester passive.
- Réfléchis-y au moins, suggère Mizar.
- D’accord, je vais penser à la question.
Le prince retire ses mains.
- Mais d’ici là ! Interdiction de vole ! Compris ?
- J’ai compris, répond Eekaan. De toute façon, il faut que je mette en place tout le système d’armement !
- « Elle est aussi coriace que ma mère, pense le prince. »
Procius se retourne puis part rejoindre Goldorak.
Dans la soute de sa navette de commerce, le pilote examine l’objet qu’il a percuté, il tourne autour.
- On dirait une vieille balise de communication. Non, c’est trop gros.
L’homme se frotte le menton.
- Un satellite météorologique ?
Il se penche pour regarder en dessous et découvre le mini réacteur.
- Non ! Pourquoi il y aurait un système de propulsion !
Il donne un léger coup avec la main.
- Ça ne sonne pas creux, ça doit faire son poids. Au pire, je le revends pour les matériaux au poids, ça me fera toujours une petite somme.
Susumu est dans sa chambre, il parle au téléphone avec Eekaan.
- Oui ! C’est incroyable tomber sur le copain d’Hikaru, je ne m’y attendais pas du tout !
- En effet, mais le principal, c’est que ton entretient se soit bien déroulé.
- Oui ! Maintenant, je n’ai plus qu’a attendre voir s’ils reprennent contact avec moi.
- Tu vois que j’ai eu raison de te proposer que de se voir les week-ends, comme cela tu peux te concentrer sur ton avenir.
- Oui, répond mollement Sawa. Et toi, ta journée ?
Un bip résonne dans son combiné.
- Attends ! Excuse-moi, j’ai un double appel.
- D’accord.
Susumu éloigne le combiné de son oreille pour basculer sur l’autre appel.
- Allo ?
- Mr Sawa ?
- Oui.
- Nous nous sommes vus aujourd’hui. Comme je le pensais, mon supérieur a accepté votre embauche. Venez demain pour signer et pour commencer de suite à travailler.
- Demain !?
- Oui, cela pose un problème ?
- Non ! Non, pas du tout, je suis surpris par la rapidité.
- Comme vous le savez, la guerre nous a privés de main-d'œuvre et de cerveau tel que le vôtre. Je vous attends demain ! Passez une bonne soirée.
- Euh… Oui merci beaucoup monsieur…
Un signal indique que son interlocuteur a raccroché. Il éloigne de nouveau le combiné pour revenir sur Eekaan.
- Alors, qui était-ce ? , questionne la jeune femme.
- Le recruteur, bredouille Sawa sous le coup de la surprise. Je suis pris. J’ai rendez-vous demain pour signer et commencer.
- Génial ! Tu as négocié ton salaire ?
- Mon salaire !? Je n’ai même pas eu le temps d’y penser, cela s’est passé tellement vite !
- Fait attention demain !
- Compte sur moi !
- Je dois te quitter on frappe à ma porte.
- OK. Je t’appelle demain en sortant du travail. Travail ! J’en reviens pas !
Eekaan éclate de rire.
- Bises à demain.
Eekaan raccroche puis se lève de son lit pour aller ouvrir la porte de sa chambre, elle découvre Hikaru visiblement excité.
- Un problème ?
- Non ! Ukyo a été embauché par la société de Tokyo ! , annonce-t-elle, en entrant dans la chambre.
- Oh ! Lui aussi ! , s’exclame Eekaan.
- Lui aussi ??
- Susumu aussi, par la même compagnie.
- C’est vrai, Ukyo m’a dit, qu’il l’avait croisé. Pourtant, ils n’ont pas suivi la même orientation !
Le commandant Sog, dans le bureau de recrutement de la société de robotique, raccroche un téléphone, il appuie sur un bouton sur le bureau, des rideaux métalliques recouvrent la baie vitrée alors qu’un écran sort du meuble. Un soldat de Véga apparaît.
- Commandant.
- Où en est la construction de mon nouvel Autogoth ?
- Nous sommes dans les temps.
- Bien ! Aucun problème dans la base durant mon absence ?
- Aucun, commandant.
- Que cela continue ! Je serais là d’ici un à deux jours.
- Bien compris !
Sog coupe la communication puis tourne son fauteuil.
- « Même si nous avons recruté de brillants cerveaux humains, nous devons toujours compter sur la base du pôle Sud durant un moment, le temps que ces terriens conçoivent de nouvelles armes ! »
Le commandant sourit, il imagine déjà la destruction de Goldorak, puis la célébration de sa victoire durant laquelle, il reçoit la plus haute distinction de l’empire des mains du Stratéguerre.
Procius regarde la Lune, par la fenêtre de sa chambre, sa teinte et à peine rosé.
- « Pourquoi ai-je réagi aussi violement envers Eekaan ? Je sais ce qu’elle ressent, mais je n’ai pas envie qu’elle perde la vie durant un combat alors qu’elle vient de se libérer du joug de Véga. J’ai l’impression de ne plus savoir où j’en suis, il y a plus d’un an que je suis arrivé sur la planète pour affronter Véga et rien n’est fini ! Tout se complique avec les démons qui se sont joints au Stratéguerre. »
De la lumière filtre de la vieille grange du ranch, à l’intérieur, Eekaan s’affaire sur le vieux OVT, elle est couchée dessous.
- Voilà, ici je peux placer un lance-missile.
La porte de la grange s’ouvre, Hikaru entre, elle ballait les lieux du regard.
- Eekaan !?
- Oui, répond la voix.
- Il est tard ! Viens te coucher, tu continueras demain !
- Encore cinq minutes, je termine ce que j’ai en cour et j’arrive.
Hikaru s’assoit à côté de la soucoupe.
- Tu sais… Tu n’es pas obligé de te battre avec nous contre Véga.
- Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ! , s’exclame Eekaan en sortant de dessous la navette.
- C’est juste, que je croie comprendre pourquoi Procius a réagi de la sorte.
- Tu en es toujours amoureuse ?
- Là n’est pas la question.
- Si tu le dis, répond l’ancien agent de Véga en disparaissant sous la soucoupe.
- Tu as pensé à Susumu s’il t’arrivait quelque chose ? Comment allons-nous lui annoncer ta disparition !? Déjà qu’il ignore que tu n’es pas originaire de la Terre.
- Je veux justement me battre pour la Terre et Susumu, car je veux vivre en paix avec lui sur cette planète.
- Dans ce cas, laisse-nous faire !
- Tu es mal placé pour parler !
- Comment cela !? , s’étonne Hikaru.
- Je ne pense pas que tu as raconté à Ukyo tout ce qui se passe ici et au centre.
- Non, c’est exact. Je ne peux pas lui raconter tout ce qui se passe ici, il a le droit de vivre sans soucis.
- De toute façon, que se soit Susumu ou Ukyo, nous ne sommes pas prés de les revoir.
- Quoi ?
- Ils commencent tous les deux à travailler demain, donc tu es réduite au même point que moi ! Tu ne le verras plus que les week-ends !
- C’est vrai ! Je n’avais pas encore pensé à ça !
Susumu Sawa est légèrement anxieux dans son costume, il se tient debout dans la cuisine, sa mère le détail de la tête au pied.
- Je suis si fière de toi ! Tu entres aujourd’hui dans la vie active ! , s’exclame Keiko.
- Maman, s’il te plait, n’en rajoute pas.
- Mais c’est vrai ! Mon petit garçon a bien grandi ! Que le temps est passé vite, je n’arrive pas à le réaliser ! Dire que j’ai failli manquer tout cela, déclare-t-elle en essuyant une larme.
- Il ne faut plus y penser, maintenant tu es revenu chez toi, répond Susumu en la serrant dans ses bras.
- Allez ! File, sinon tu vas arriver en retard pour ton premier jour, déclare sa mère en s’écartant.
- Oui, tu as raison.
Susumu ramasse une sacoche en cuir sur la table et se dirige vers la sortie sous le regard ému de sa mère.
Le commandant Sog a reprit les traits du recruteur, il est assis dans le fauteuil derrière le bureau, il a les yeux clos, il tente de se détendre, car sa nuit a été agitée par le cauchemar habituel, il voit toujours cette étrange tortue cuirassée qui sort du sol et se sentiment de panique qui envahie son corps.
Sawa se tient devant la porte à tourniquet de la compagnie de robotique, il lève le regard au ciel, il place une main devant ses yeux pour ne pas être ébloui par le soleil. Il prend une grande bouffée d’oxygène, un ballon publicitaire passe dans le ciel. Susumu expire lentement puis reporte son regard sur la porte tournante.
- Allez ! Ce n’est pas le moment de flancher !
Susumu passe la porte d’un pas décidé, mais dès qu’il se retrouve dans le hall, il est surpris par la foule qui s’y trouve, des hommes et des femmes qui ont à peu près son age. Il y a au total plus d’une vingtaine de personnes.
- Hé ! Sawa !
Susumu se retourne pour découvrir un visage familier.
- Nagaïa ! Tu es là aussi !
Ukyo s’avance, il porte lui aussi un costume.
- Alors, tu es là, car tu es embauché ?
- Oui. Toi aussi ?
- Et il n’y a pas que nous ! , précise-t-il en désignant du pouce la foule.
- Quoi !? Eux aussi ??
- Oui d’après ce que j’ai entendu. Ils viennent d’autres universités et ils sont fraîchement diplômés tout comme nous. De plus, il y a de tout ! Des informaticiens, des mathématiciens, des ingénieurs en mécanique, des métallurgistes !
- Pour une société de recherche et développement en robotique, il n’y a rien de bien surprenant, non ?
- Oui, mais le plus étrange, il y a aussi des biologistes !
- En effet, c’est surprenant, mais le recruteur m’a confié qu’ils travaillaient pour le gouvernement sur des armures et robots de combats.
- Il semblerait, qu’il a confié la même chose à chacun de nous ! Tu parles d’un secret !
- Comment le sais-tu ?
- J’ai eu le droit à cette confidence, et en laissant traîner mes oreilles, j’ai entendu des diplômes se connaissant en parler.
- Je me demande finalement si je vais signer dans cette entreprise, annonce Sawa pensif.
- Tout comme moi. Elle à l’air louche cette société. En plus, elle semble sortie de nulle part !
Soudain, une voix féminine s’élève dans le hall.
- Messieurs et mesdames ! Le responsable du recrutement va vous recevoir ! Si vous voulez bien vous dirigez vers les ascenseurs pour vous rendre dans son bureau !
La foule se sépare en plusieurs groupes pour se diriger vers les portes des élévateurs. Sawa et Ukyo hésitent un instant avant de se rendre à leur tour devant un ascenseur.
Procius sort du box de son cheval, il se dirige vers la sortie de l’écurie quand il tombe nez à nez avec Eekaan, ils restent un instant à se regarder avec gêne.
- Je suis navré pour hier, commence le prince. Je n’aurais pas dû te frapper.
- Ce n’est rien.
- Comprends moi, je n’ai pas envie que…
- Hikaru m’a déjà parlé hier soir, coupe-t-elle. Je crois avoir compris ta réaction, mais j’estime que j’ai autant le droit que n’importe qui de défendre la Terre.
- En effet, tu en as le droit, je n’ai aucun droit de t’empêcher de le faire.
- Je comprends que tu t’inquiètes pour moi, mais n’es-tu pas inquiet pour Daisuke et les autres quand ils partent au feu ?
Procius se retourne et regarde le ciel.
- Je suis aussi inquiet de leur devenir que du tien, mais je n’y peux rien. Ils ont toujours vécu plus ou moins dans cette ambiance de guerre.
- Quoi ?
- Ils connaissaient déjà l’existence de Goldorak. Plus ou moins consciemment, ils ont été entraînés et conditionnés dans le cas d’une nouvelle guerre par leurs parents. Je n’ai pas eu la force de m’opposer à cela quand ils se sont retrouvés joints à moi.
- Tu préférerais te battre seul ?
- Oui ! Ce n’est pas de l’égoïsme, c’est juste que je n’aie pas envie de voir l’un de vous périr sous le feu de l’ennemi, mais hélas, je ne peux pas battre l’empire de Véga à moi seul. Je ne suis pas un héros.
Le prince fait volte-face pour plonger son regard dans celui d’Eekaan.
- Je ne m’opposerais plus au faite que tu veux te battre à nos côtés.
- Merci. Mais malgré ce que tu en dis, tu es un héros, car tu as accompli des actions qui ont permis aux humains de continuer à vivre libres et ils croient en toi. J’ai pu voir qu’ils te soutiennent en pensée durant tes combats, d’ailleurs c’est en voyant la confiance qu’ils placent en toi que j’ai réalisé que j’étais prisonnière de Véga et que mon monde n’avait pas eu la chance d’avoir quelqu’un comme toi. Donc, tu es un héros.
- Je crois que Dai dirait dans cette situation : C’est un coup à prendre la grosse tête.
Eekaan éclate de rire. Banta passe sa tête dans l’écurie.
- C’est bien joyeux ici ! , constate-t-il.
- Ainsi donc, il n’y a plus contact avec le drone de la nébuleuse de Véga ? , demande Végalian.
- C’est exact, répond Isahbelle avec une voix blanche. La transmission a cessé subitement.
Le Stratéguerre se met à marcher de long en large dans la pièce remplie de matériel électronique.
- « Je joue encore de malchance ! Voilà que ma sonde ne répond plus ! Pourquoi !? Pourquoi, suis-je aussi maudit !? »
- J’ignore si cela provient d’une défaillance matérielle ou si la sonde a été heurtée par un corps dérivant, ajoute Isahbelle.
- Et un sabotage ?
- Un sabotage ? , répète avec étonnement la femme. Vous pensez que j’ai saboté mon travail ?
Végalian cesse de marcher pour regarder la femme.
- Pas du tout. Mais vous n’ignorez pas que nous sommes victimes d’un groupe de rebelle.
- Oui, le message de révolte.
- Exactement !
- Je ne crois pas que ce soit l’œuvre d’un groupe de dissident. Je pense que la sonde a été détruite ou endommagée par un astéroïde ou une météorite.
- Je l’espère, soupire le Stratéguerre.
- Pardon ?
- Rien.
Végalian se dirige vers la sortie.
- « J’ai toujours cette étrange sensation dans moi, j’ai l’impression que tout ce qui se passe est lié à la nébuleuse, mais pourquoi !? Il n’y a plus rien dans ce secteur de la galaxie ! »
Une image se forme dans sa tête, il voit une chevelure marron volant dans le vent, un sourire moqueur de femme.
- Végalia, murmure-t-il tristement.
La navette de commerce se pose dans l’astroport d’Euphor dans le secteur réservé à la vente. Il y a déjà d’autres navettes de poser le long de la piste, certains marchands ont déjà dressé leur étale. Le pilote coupe ses moteurs et regarde par le hublot.
- Il faut que fasse vite, le marché va commencer bientôt !
L’homme se précipite vers sa soute, en chemin il se cogne à la sonde. Sous le choc, le drone se met à luire un bref instant. Le marchand ne s’en rend pas compte, car il ouvre la trappe de sa soute. Une fois ouverte, il commence à rassembler du matériel pour monter son stand.
Ukyo et Susumu sont assis sur un banc devant l’immeuble de la société de robotique, ils mangent leurs repas.
- Je ne sais pas toi, mais moi je trouve qu’il règne une ambiance bizarre dans cette boite, déclare Ukyo en avalant une bouchée.
- C’est vrai. Je me sens comme oppressé.
- Tu as signé ton contrat ?
- Non pas encore. J’ai dit que je le signerais en fin de journée et toi ?
- J’ai dit qu’avant de signer, je voulais faire un essai. Ils ont un peu tiqué, mais n’ont rien dit.
- Tu as remarqué, toutes les personnes que nous croisons marchent de façon raide.
- Oui, on dirait des militaires.
- Tu crois que l’entreprise est bourrée d’espions du gouvernement ?
- Je n’en sais rien, mais je ne crois pas que je vais signer ce contrat pour le moment. Je rate un travail. Hikaru va sûrement me faire la tête à cause de ça.
- Je crois que je vais refuser aussi. Il y’a d’autres entreprises à la recherche de personnel.
- Bon, la pause déjeuner va bientôt être finie, il va falloir songer à y retourner, constate Ukyo en regardant tristement sa montre.
Ils rangent leurs repas puis se lèvent. Alors qu’ils marchent vers l’immeuble, Susumu lève la tête, il voit une navette quitter le toit de la construction juste à côté de l’enseigne.
- Hé ! Tu as vu ça !?
- Hein ? Quoi ?
- Une navette vient de décoller du toit !
Ukyo regarde vers le sommet de l’immeuble.
- Tu as dû rêver, je ne vois rien dans le ciel.
- Je t’assure que j’ai vu quelque chose !
- Allez avance ! Même si nous ne signons pas, je tiens à ce qu’il me paye ma journée complète !
Le commandant Sog pilote une petite navette, il vient de quitter le toit de la fausse société de robotique.
- Voilà, enfin j’ai terminé ! Je peux retourner à la base, j’en avais assez de porter ce masque et ces vêtements humains.
Eekaan sort de la vieille grange, elle est couverte de saleté. Une fois dehors elle s’étire, elle remarque alors une jeep s’engage dans le ranch. La voiture est conduite par Alcor, il s’arrête devant Eekaan.
- Alors, tu as réussi à faire voler mon OVT ! , lance joyeusement le professeur en descendant du véhicule.
- Euh… Oui, bredouille la jeune femme surprise.
Alcor entre dans la grange et jette un œil sur la navette.
- Je dois dire que c’est du bon travail.
- Merci.
- J’aurais peut-être dû y travailler un peu plus, mais bon si j’avais fait cela, Alcorak n’aurait peut-être jamais vu le jour. Enfin bon, c’est la vie.
Alcor
retourne vers la jeep.
- Il parait que tu as besoin d’armement,
fait-il.
- Oui, mais…
- J’ai ce qu’il te faut !
Le professeur retire une bâche, qui recouvrait l’arrière de la jeep, révélant des pièces d’armement.
- Voilà ce que j’ai pu retrouver dans le centre, ce n’est pas du neuf, mais ça devrait t’aider, précise-t-il.
Eekaan s’approche du véhicule.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Des canons de rechange pour les anciens Vénusiak et Faussoirak. Je ne garantis pas qu’ils soient en état de marche.
- Je vais faire avec !
- Je t’avais dit qu’on aurait dû prendre à gauche en sortant de l’ascenseur, lance Susumu.
- Je suis sûr de moi ! Ou alors, on s’est trompé d’étage ! , répond Ukyo.
- Et en plus, il n’y a personne dans les couloirs !
Les deux jeunes hommes errent dans l’immeuble depuis plusieurs minutes, ils ne retrouvent plus le chemin de leur bureau.
Soudain au bout du couloir une porte s’ouvre.
- Nous allons pouvoir demander notre chemin, soupir d’aise Ukyo.
De la porte sort un homme en costume poussé par un autre portant une tenue avec un capuchon vert.
- S’il vous pl….
Sawa plaque ses mains sur la bouche d’Ukyo. Au loin, les deux formes marchent sans se retourner et disparaissent à l’angle du corridor.
Susumu retire ses mains.
- Mais qu’est-ce qui t’a pris !
- Tu n’as pas vu l’homme en vert ?
- Si pourquoi ?
- Si je ne me trompe pas, c’est un soldat de Véga.
- Quoi !? Véga ? Tu es sûr ?
- J’ai déjà eu l’occasion d’en voir de prés.
- Qu’est-ce que Véga fait ici ?
- Je l’ignore.
- Attends ! Nous avons été embauchés par les forces de Véga, réalise Ukyo.
- C’est possible. Nous devons vite retrouver nos bureaux et ne pas attirer l’attention.
- Je me demande ce qu’ils ont fait à l’homme qui est sorti de cette porte, remarque Ukyo en désignant la porte du regard.
- Nous devons à tout prix éviter de quitter nos bureaux avant la fin de la journée.
- Je veux bien, mais il faudrait déjà retrouver le chemin !
- Approchez ! Approchez ! J’ai des tas de produits qui peuvent vous intéresser ! , lance le commerçant.
Le marché de l’astroport d’Euphor grouille de monde de divers monde. Perdu dans la foule, le chambellan du palais, en tenue civile, se promène. Il remarque sur une étale, une forme ovale avec une étoile à quatre branches dans un cercle. Le chambellan s’approche du commerce.
- Dites-moi mon brave, où avez-vous trouvé cela, demande-t-il en désignant l’objet.
- Ça !? Il dérivait dans la nébuleuse. Cet objet vous intéresse ?
- C’est fort possible.
- Je suis prés à vous faire un bon prix !
Susumu Sawa et Ukyo Nagaïa se sont séparés. Sawa a retrouvé son bureau, dans la pièce ses collègues sont tous penchés sur leur table de travail. Sawa les observe du coin de l’œil, il remarque que certains ont un étrange regard vide.
Ukyo lui aussi est assis à son bureau, il observe à la dérober ses collègues. Une jeune femme passe devant lui, elle a un regard vide et semble se déplacer comme un automate. Soudain, une femme en tailleur se plante devant son bureau, il lève la tête avec prudence.
- Monsieur Nagaïa, vous êtes revenu de votre pause en retard, lance la femme les bras croisés.
Ukyo se lève et s’incline.
- Je suis désolé, je me suis perdu dans l’immeuble.
- Comme c’est votre premier jour parmi nous je ne vous décompterais rien sur votre salaire, mais faites attention demain.
- Oui. Je suis vraiment désolé de cet incident !
La femme s’éloigne sans le moindre regard, Nagaïa se s’assoit et se remet à son travail et à ses observations.
Deux gigantesques panneaux de glace coulissent sur la banquise, révélant une piste d’atterrissage. La navette du commandant Sog s’engouffre dans l’ouverture. Quand le vaisseau se pose au centre de la base, un soldat s’avance rapidement avant de se mettre au garde-à-vous en attendant la sortie du commandant.
- Bienvenue commandant !
- Merci. Où en est la construction de l’Autogoth ?
Le soldat semble surpris.
- Un problème ? , questionne Sog avec un regard inquisiteur.
- C'est-à-dire… Que sa construction est terminée et qu’il a été transféré à Tokyo suivant les ordres.
- Les ordres !? Quels ordres !!???
- Les vôtres commandant, balbutie le soldat.
- Je ne me souviens pas avoir donné de telles instructions !
- Je… Je ne peux pas vous en dire plus.
- Je vais tirer cela au clair !
Le commandant s’éloigne d’un pas rapide en faisant voler sa cape.
- Alors, vous le prenez à ce prix ? , demande le marchand.
- Non, répond le chambellan.
- Je ne peux pas plus baisser le prix ! Après j’y suis de ma poche, il faut bien que je fasse un petit bénéfice, pleurniche l’homme.
- J’en suis certain, mais vous avez dit que vous l’avez trouvé dérivant dans la nébuleuse.
- Oui, c’est vrai, admet à contrecœur le marchand. Comprenez-moi, je suis là pour gagner de l’argent.
Le chambellan saisit le drone dans ses mains.
- Hé ! Si vous ne payez pas, vous ne pouvez pas le prendre ! Sinon j’appelle la garde !
- Appelez la garde ! Je vous ferais arrêter, rétorque le chambellan.
- Ah oui ! Et qui êtes vous donc pour pouvoir fait cela et sous quel motif ?
- Je suis le chambellan du palais royal ! Et le motif sera : Mise en danger de la sécurité de l’état !
- Quoi !?? Mais c’est quoi ce délire !? , s’emporte le marchand en ouvrant de grands yeux.
Attirés par le bruit, des gardes s’approchent, le plus gradé se place devant le chambellan pour le saluer.
- Un souci ? , questionne le militaire.
- Cet objet représente une menace pour la sécurité de la planète. Ce marchand s’oppose à sa confiscation.
- Quoi !? , s’exclame le commerçant.
Le gradé se tourne vers l’homme.
- C’est exact monsieur ?
- C’est un malentendu ! , proteste le marchand en agitant les mains. Je vous livre volontiers cet objet.
Le chambellan prend l’objet à bras le corps puis se tourne vers les gardes.
- Accompagnez-moi au palais ! , ordonne-t-il.
Le chambellan et les militaires s’éloignent, le marchand s’assoit en poussant un soupir de soulagement.
Eekaan est allongée sous la console de pilotage de l’OVT, tournevis à la main, elle branche des câbles. Un petit arc électrique se produit quand deux fils se touchent, la jeune fille sursaute et se cogne sur la console.
- Aie !!! , lâche-t-elle en se frottant le front.
À l’avant de la navette, deux trappes coulissantes laissent voir deux canons de chaque côté.
Une agitation dans le couloir attire l’attention du roi Actarus en pleine séance de doléance. Le roi écoute distraitement son interlocuteur pour se concentrer sur le bruit extérieur à la salle. Les portes s’ouvrent à la volée sur le chambellan, portant un objet, encadré de gardes.
- Que se passe-t-il ? , demande Actarus en se levant.
- Majesté ! C’est une catastrophe ! , affirme le chambellan avec angoisse.
- Allons, calmez-vous. Que vous arrive-t-il ?
- J’ai découvert ceci sur le marché ! , fait l’homme en levant l’objet.
- Qu’est-ce donc ?
- Je ne saurais le dire avec certitude, mais il arbore le symbole de la Division Ruine.
- Quoi !??? , s’exclame le roi en se levant d’un bond.
Actarus descend les marches du trône pour rejoindre le chambellan en passant à côté de son interlocuteur.
- Véga ! La Division Ruine ! Vous êtes sûr ? , interroge Actarus.
- Regardez vous-même, sire !
Le chambellan tourne la sonde de façon à laisser voir le symbole. Le sang du roi se glace en voyant l’étoile à quatre branches.
- Il n’y a aucun doute, constate-t-il avec amertume. Où a été trouvé cet engin ?
- D’après le marchand, il dérivait dans la nébuleuse.
- Il dérivait… Il est possible que cet objet dérive depuis des années.
- Oui, en effet concède le chambellan. Mais il ne semble pas corrodé par le vide spatial.
Le roi observe l’objet avec attention.
- Faites-le examiner par les ingénieurs. Je veux savoir quand il a été fabriqué et depuis quand il dérivait dans la nébuleuse. Ainsi que ça fonction exacte ! Il a tout l’air d’un satellite espion, mais je veux une confirmation ! Et surtout s’il est toujours en fonction !
Le chambellan blanchit en réalisant qu’il tient peut-être dans ses bras une machine qui est en train d’informer Véga de la renaissance de la planète Euphor.
- Je… Je m’en charge immédiatement votre altesse ! , annonce nerveusement l’homme.
Le chambellan quitte la pièce en courant sous le regard soucieux du roi. Actarus regagne son trône une fois le chambellan hors de vue, il se retourne vers son interlocuteur.
- Où en étions-nous ?
- Majesté, je crois que vous avez des soucis plus importants que les problèmes agraires de la région sud du continent.
Actarus sourit.
- Même si ce que je viens d’apprendre est inquiétant. Je me dois d’être à l’écoute des problèmes de mon peuple et d’y remédier de mon mieux.
L’adjoint du commandant Sog, un humanoïde à la peau verte avec des oreilles en pointes et des yeux rouges, se tient raide devant le bureau de son supérieur, de grosses gouttes perlent sur son front. Le commandant fait les cent pas de l’autre côté du meuble.
- … vous dites que c’est moi qui aie donné cet ordre ?
- Oui commandant !
- Et quand !? , demande sèchement Sog en tapant du poing sur le bureau.
- Hier.
- Hier !!! C’est impossible !
- Si vous me permettez, hasarde l’adjoint. Il y a sûrement une trace de la communication.
Le commandant se redresse et semble réfléchir.
- C’est exact, finit-il par dire.
Sog s’installe à son bureau, il pianote sur sa console. Une fois après avoir entré son code de sécurité, il accède aux archives de communication, il finit par découvrir une entrée à son nom à la date de la veille. Il appelle le fichier, une vidéo apparaît le représentant.
« - … dès que les vérifications seront terminées, vous transférerez l’Autogoth dans notre base de Tokyo dans les plus brefs délais… »
- En effet, c’est bien moi qui ai donné cet ordre, admet Sog. Je ne comprends pas.
L’adjoint se détend un peu, mais reste droit.
- Disposez ! , fait Sog d’un geste de la main.
L’homme ne se fait pas prié pour disparaître.
- Pourquoi je n’ai aucun souvenir de cette communication ? Suis-je en train de perdre la tête ?
Le commandant pose son regard sur la vidéo, il ne remarque pas l’étrange luminosité de son regard sur l’écran.
-« Ne t’arrête pas à ce détail. Il faut vaincre Goldorak coûte que coûte, murmure une voix dans l’esprit du commandant. »
Au centre de recherche, Procius étudie les derniers relevés satellites provenant de l’Antarctique. Il utilise un ordinateur de la salle d’observation pour découvrir la moindre trace qui donnerait une indication sur la position de la base de Véga.
- Il me semble que l’on t’a dit que le personnel du centre se chargeait de ce travail, remarque Sayaka en posant une main sur l’épaule du prince.
- Je sais, mais il faut que je m’occupe, je ne peux pas rester à attendre sans rien faire. Nous avons détruit la base aquatique et voilà qu’aussitôt il dispose d’une nouvelle base en Antarctique. Alors que nous pensions voir la fin de la guerre, car il ne serait plus resté qu’à détruire le Camp de la Lune Noire.
- Je comprends ce que tu ressens, c’est déroutant.
- En plus, des démons aident Véga à conquérir la Terre, soupire Procius.
Sayaka donne une claque sur le crâne du prince.
- Allez ! Haut les cœurs ! Je suis certaine que nous allons vaincre ! , lance la femme en brandissant un poing.
Procius regarde Sayaka un instant avant de sourire.
- Oui ! Nous serons vainqueurs !
La journée de travail a touché à sa fin pour Susumu et Ukyo. Chacun dans leur bureau, ils rangent lentement leurs affaires et observent du coin de l’œil leurs collègues quitter la pièce. La plupart ont le regard vide, ils agissent tels des automates en se dirigeant vers la sortie. Susumu a fini de ranger ses affaires dans sa sacoche, il essaie de traîner encore, mais il remarque qu’une caméra de sécurité est braquée sur son bureau. Sawa s’étire, tapote ses épaules avant d’attraper sa veste sur sa chaise. Il prend sa serviette et se dirige vers le couloir.
Susumu arrive devant les ascenseurs, un groupe compact d’hommes et de femmes s’agglutine devant les portes. Un signal sonore indique qu’une cabine est à l’étage, les portes s’ouvrent, un petit groupe s’engouffre à l’intérieur. Sawa fait un pas en avant quand il entend une voix qui l’interpelle.
- Susumu ! Attends-moi !
Sawa se retourne pour voir Ukyo qui avance vers lui. Les portes se referment sur le petit nombre de personnes qui ont réussi à y entrer.
- Alors que penses-tu de ta première journée ? , demande Ukyo.
- Comment dire…
Ukyo approche son visage de celui de Sawa en lui désignant du coin de l’œil qu’ils sont observés.
- Bien, tu sais, il faut le temps de se faire à tout cela, il y a peu j’étais encore à l’université ! Et toi ?
- Pareil ! J’ai pas eu le temps de sympathiser avec mes collègues malheureusement. Nous avons beaucoup de travail.
Un nouveau signal sonore, de nouveau un groupe s’engouffre dans l’ascenseur.
- Je crois que nous sommes tous dans le même cas, continu Susumu.
Une femme retient la porte de la cabine en fixant les deux hommes.
- Oh ! Allez-y ! Nous prendrons le suivant, lance Ukyo.
La femme semble hésiter un instant puis retire sa main. Dans le couloir, il ne reste plus que cinq personnes dans le couloir avec les deux hommes.
- Ça te dirait qu’on aille boire un verre ? , demande Sawa.
- Bonne idée ! J’ai envie d’une bonne bière.
Un double signal retentit dans le couloir, deux cabines s’ouvrent. Les cinq personnes entrent dans la première alors que Susumu et Ukyo s’engouffrent dans la seconde. Quand les portes se referment, ils poussent un léger soupir en constatant qu’il n’y a qu’eu dans l’ascenseur. Sawa ouvre la bouche, mais Nagaïa le fusille du regard, discrètement, il lui indique une caméra dans la cabine.
- Alors ! On va se boire ce verre où ? , lance Ukyo.
- Tu as une idée ?
- Je ne sais pas, le premier bar ou resto traditionnel fera l’affaire.
La cabine s’immobilise et les portes s’ouvrent, les deux jeunes hommes en sortent. Ils découvrent qu’ils ne sont pas au bon étage.
- Pourtant, j’ai appuyé sur le rez-de-chaussée, s’exclame Susumu.
Ils se retournent alors que les portes de la cabine se referment.
- Là ! Les escaliers, fait Ukyo en désignant une porte avec une pancarte.
Les deux jeunes hommes se dirigent vers la porte puis s’engouffrent dans la cage d’escalier, mais il n’y a que des marches pour descendre. Ils s’engagent dans l’escalier avec prudence.
- J’ai comme un mauvais pressentiment, annonce Susumu.
Les deux hommes continuent de descendre les marches, ils finissent par entendre des bruits métalliques de machine. Ils finissent par arriver devant une porte. Prudemment, ils entrouvrent la porte pour passer leurs têtes. Ils découvrent un gigantesque hangar, des grues, des navettes et un robot géant. Ils referment la porte, Sawa sort son téléphone portable.
- Mais ! Qui appelles-tu ? , demande Ukyo.
- Eekaan.
- Eekaan ? Mais pourquoi ?
- Pour la prévenir de ce qui se passe ici.
- Je ne crois pas qu’elle pourra y faire quelque chose.
- Pas elle, mais Goldorak sûrement.
- Goldorak ? Je ne vois pas le rapport.
- Tu m’as bien dit que tu as vu passer Goldorak et ses navettes au-dessus du Ranch du Bouleau Blanc.
- Oui, et alors ?
- Il y a peut-être un moyen de le prévenir à partir du ranch.
- Je ne vois pas comment le ranch serait en contact avec Goldorak.
- Je l’ignore, mais il faut avertir quelqu’un.
Susumu à son téléphone à côté de l’oreille.
Le téléphone d’Eekaan se met à retentir alors qu’elle se lave les mains dans une bassine. Elle essuie ses mains rapidement pour prendre le téléphone dans la poche ventrale de sa salopette. Elle regarde l’écran et voit inscrit « Susumu », elle appuie sur le bouton pour prendre la communication avec un large sourire.
- Alors, comment c’est passé ta première journée de travail ? , demande-t-elle joyeusement.
Rapidement son sourire disparaît.
- Quoi ! Une base de Véga !
- Il faut avertir Goldorak, déclare Sawa. Ukyo et moi, pensons qu’ils contrôlent une grande partie des personnes qui ont été engagées en même temps que nous. Nous avons réussi à y échapper aujourd’hui.
Soudain
Eekaan entend un bruit violent dans le téléphone puis une voix
lointaine.
- Que faites-vous là ?
- Ils n’ont pas d’implant, annonce une seconde.
- Capturons-les !
Un bruit de lutte, des tirs puis un craquement comme si un pied venait d’écraser le téléphone.
Eekaan se précipite vers le ranch, elle ouvre brusquement la porte pour gravir l’escalier qui conduit à sa chambre rapidement. Hikaru l’a voit passé comme une flèche.
- Hé ! Mais qu’est-ce qui te prend !?
- Je viens chercher ma combinaison de vol ! , répond Eekaan en disparaissant dans sa chambre.
- Ta combinaison ? Pourquoi ? Tu es pressé d’essayer l’OVT ? Tu devrais en parler d’abord avec Alcor pour éviter les ennuis de la dernière fois.
Eekaan ressort vêtu de sa combinaison de vol.
- Pas le temps ! Susumu et Ukyo sont en danger !
Hikaru attrape la jeune femme.
- Qu’est-ce que tu dis ? Pourquoi seraient-ils en danger ?
- La société de robotique est en réalité une base de Véga !
- Quoi !
- Je n’ai pas le temps de t’expliquer, s’énerve Eekaan.
- Attends, mais comment le savent-ils ?
- Ils l’ont découvert ! J’étais au téléphone avec Susumu quand ils se sont fait capturer, annonce la jeune femme les larmes aux yeux.
Sous la surprise Hikaru lâche Eekaan qui en profite pour partir en courant. Hikaru reste un instant sans bouger puis s’élance à son tour dans l’escalier, quand elle arrive dehors, elle voit Eekaan s’engouffrer dans la vieille grange, une seconde plus tard l’OVT s’élance dans le ciel. Hikaru se met à courir en direction du centre.
- Il faut que j’aille au secours d’Ukyo !
L’OVT survole les pâtures du ranch.
- Je dois aller plus vite ! , fait Eekaan.
La jeune fille pousse le contrôle des gaz. Les poussées des réacteurs augmentent, la vitesse de la navette augmente, brusquement l’OVT est pris de soubresaut. Les réacteurs ont des ratés.
- Zut ! J’aurais dû faire plus d’essais de vol !
Les propulseurs toussent de plus en plus.
- Non ! Ce n’est pas le moment ! Je dois atteindre Tokyo !
De rage, la jeune femme tape fortement du pied sur le plancher. Les réacteurs se coupent avant de cracher de grosse flamme bleutée. L’OVT fait un bond brusque puis prend de la vitesse progressivement.
Actarus et Phénicia marchent dans un couloir du palais, ils voient au bout, le chambellan qui les attend en faisant les cent pas devant une porte. Il se dirige vers eux en les voyant.
- Vos Majestés !
- Vous avez les résultats ? , questionne Phénicia.
- Ils m’ont demandé de vous avertir, je n’en sais pas plus votre grâce.
- Dans ce cas, entrons, conclut Actarus.
Le chambellan se retourne pour ouvrir la porte. Ils entrent dans la pièce. Un groupe d’ingénieur se trouve au centre de la pièce, ils entourent l’objet que le chambellan a trouvé sur le marché. Les ingénieurs s’inclinent puis s’alignent derrière la machine de Véga.
- Je vous écoute, annonce le roi.
Un ingénieur sort du rang pour prendre la parole.
- Nous avons examiné cet engin. Nous pouvons affirmer qu’il s’agit d’une sonde automatisée. Se drone est en panne, sûrement suite à une collision, son système de communication est hors service.
- Vous pouvez savoir les informations que le drone a transmises ? , demande la reine.
- Malheureusement non, il n’y a aucun système de sauvegarde de transmission.
- Une idée sur sa date de fabrication? , questionne Actarus.
L’ingénieur semble ennuyé.
- Que se passe-t-il ?
- Nous pensons entre trois et six mois.
- Six mois ! Cette sonde se trouvait dans la nébuleuse depuis six mois ! , s’exclame Phénicia avec angoisse.
- Non. D’après les niveaux d’énergies dans les batteries et les réserves de combustibles. Nous estimons que son séjour dans l’espace se situe entre une à deux semaines.
- Une à deux semaines…, soupire le roi. Si au moins nous pouvions savoir ce que Véga a pu recevoir comme information de ce drone.
- Nous pouvons vous dire que la panne de transmission remonte à environ deux jours, souligne le technicien. Nous avons pu lire les informations qui étaient en attente d’envois. Ce drone se dirigeait vers Euphor, mais il était encore trop loin pour déceler l’activité de notre planète.
- Vous en êtes certain ? , demande la reine.
- C’est ce que nous avons pu lire dans les circuits, mais nous sommes incapables d’affirmer qu’aucune information importante n’a été envoyée aux forces de Véga.
- Nous devons être encore plus sur nos gardes, annonce Actarus. Il va falloir renforcer les patrouilles dans la nébuleuse.
- Tu penses que Véga va nous attaquer ? , demande Phénicia.
- C’est une possibilité qu’il ne faut pas écartée.
- Et Goldorak qui n’est toujours pas de retour, se lamente la reine.
Actarus se retourne vers les ingénieurs.
- Et le nouvel armement ?
- Nous avons terminé, répond le technicien. Il ne reste plus que les vérifications d’usage.
- Un nouvel armement ? , s’étonne la reine.
Hikaru arrive à bout de souffle devant le centre de recherche, elle s’engouffre dedans. La jeune femme puise dans ses dernières forces pour courir jusqu’à son vestiaire, en chemin elle manque de renverser le professeur Alcor.
- Ah ! La jeunesse toujours à courir dans tous les sens, fait-il.
Hikaru sort sa combinaison de vol de son placard.
Alcor entre dans la salle d’observation du centre.
- Cochir ?
- Oui ?
- Y a-t-il un vol d’entraînement de prévu d’aujourd’hui ?
- Non. Pourquoi donc ?
- Je viens de voir Hikaru passer comme une flèche dans les couloirs !
- Vénusiak est sur le point de décoller, annonce Densha.
Procius quitte les images satellites du regard pour se lever de sa console. Alcor se précipite vers la radio.
Dans le poste de pilotage, Hikaru vérifie ses instruments, elle a lancé la procédure de lancement en automatique. Les propulseurs de la navette tournent à leur plein régime.
- Hikaru pourquoi décolles-tu ? , demande Alcor.
- Ne me retenez pas ! Je dois aller sauver Ukyo ! Eekaan est déjà partie ! Je vais la rejoindre !
Alcor pose une main sur le micro puis se retourne vers Densha.
- Coupez la procédure de décollage.
- Impossible, répond le jeune homme. Elle a lancé la procédure automatique.
Alcor grimace avant de reprendre le micro.
- Je ne comprends rien à ce que tu racontes !
- Vénusiak ! Go !
La navette s’envole.
Procius prend le micro des mains du professeur.
- Hikaru, explique-nous ! Nous ne comprenons rien !
- Ukyo et Susumu ont découvert que la société qui les a engagés est en réalité une base de Véga !
- Comment le sais-tu ?
- Ils ont prévenu Eekaan, elle les a entendu se faire capturer !
- Calme-toi et rentre, je vais m’en charger.
- Non Procius ! Je dois y aller ! Vénusiak ! Pleine puissance !
Hikaru agrippe la manette des gaz de la main droite et la pousse à son maximum.
- Hikaru ! Hikaru !
La jeune femme ne répond plus.
- Quelle tête de mule, lance Alcor en croisant les bras.
- Et c’est toi qui oses dire çà, intervient Sayaka.
Procius repose le micro puis fait face à Alcor.
- Je prends Goldorak.
- D’accord. Je préviens Kohumé et Dai.
- Non ! Il y a déjà Hikaru et Eekaan apparemment, ne mêlons pas plus de monde pour l’instant.
- Eekaan !? , s’étonne Sayaka. Mais comment se rend-elle là-bas ? Ne me dites pas que vous l’avez…
- Si, coupe Alcor. Elle a amélioré mon ancien OVT.
Sayaka serre les poings, une veine palpite sur son front.
- Bande d’imbéciles, hurle-t-elle. Laisser une jeune fille se battre contre un ennemi si puissant, je n’aurais jamais fait cela !
Alcor regarde son épouse sérieusement.
- Ah oui !? Et c’est toi qui oses dire çà !?
Sayaka est sur la pointe des pieds le visage déformé par la colère, elle se radoucit subitement.
- Admettons que je n’ai rien dit.
Procius regarde le couple avec étonnement.
- Euh… Dites ? Je peux décoller ? , demande-t-il. ?
Sayaka le regarde avec surprise.
- Quoi ! Tu es encore là ! , s’exclame-t-elle.
Le prince tourne les talons puis part en courant.
L’OVT piloté par Eekaan survole les faubourgs de Tokyo.
- J’ai du mal à me repérer, constate la jeune femme. Il faut que je trouve l’immeuble de Mégatron.
Des coups sont donnés à la porte du bureau de commandant Sog.
- Entrez ! , lance le commandant.
Un soldat passe la porte et le salut.
- Oui ?
- Commandant, la même navette que nous avons vue au-dessus du ranch du Bouleau Blanc est en train de survoler les alentours de notre base de Tokyo.
- Comment ça !?
Sog quitte son bureau pour courir jusqu’au poste de commandement.
- Lancer une escadrille de navette ! , ordonne-t-il en entrant dans la pièce. Détruisez-moi ce gêneur ! Qu’une escouade décolle aussi de Tokyo !
Ukyo et Susumu sont ligotés ensemble, ils sont attachés à un poteau gardé par deux soldats. Soudain, d’autres militaires appartenant à Véga passent devant eux en courant.
- Je voudrais bien savoir ce qui se passe, soupire Nagaïa.
- Je crois bien que notre message est passé, répond Sawa.
- Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
- Une intuition.
Susumu regarde au loin, il voit des navettes qui quittent le hangar pour s’engouffrer dans un tunnel.
Soudain le radar de l’OVT se met à biper. Eekaan regarde l’instrument.
- J’ai de la compagnie, constate-t-elle.
Sortant des nuages, une vingtaine de navettes se lancent à l’attaque de la vieille soucoupe. Eekaan évite les premiers tirs.
- À moi de répondre ! Triponium !
Deux trappes coulissent de part et d’autre de la navette laissant apparaître deux canons laser. Deux rayons verdâtres quittent la soucoupe et détruisent une navette Végane.
- J’aurais peut-être dû faire des essais ! Le laser a une étrange couleur !
L’OVT effectue une vrille pour éviter une navette fonçant sur lui.
- Je verrais ça plus tard, le principal est qu’il fonctionne.
Eekaan fait feu de nouveau pour atteindre deux navettes cette fois-ci. Alors qu’elle manœuvre, elle voit l’enseigne de la société sur l’immeuble.
- Voilà ! Je l’ai trouvé ! Susumu ! J’arrive !!
L’OVT se dirige vers la construction avec les navettes à ses trousses.
- Je ne me rendais pas compte que les soucoupes étaient aussi collantes quand j’étais de leurs côtés.
Alors qu’elle manœuvre pour éviter un missile, elle réalise ce qu’elle vient de dire.
- Oh non ! Je suis en train de tirer sur des personnes subissant le joug de Véga !
Une soucoupe apparaît dans son champ de vision.
- Missiles Oméga !
Un projectile part de dessous la navette faisant exploser la soucoupe.
- Je n’ai pas le choix ! C’est eux ou moi ! Et je tiens à sauver Susumu ! Donc pas de pitié !
L’OVT monte en flèche poursuivie par les soucoupes. Subitement, Eekaan coupe ses réacteurs, sa navette perd rapidement de la vitesse et retombe se faisant ainsi dépasser par ses assaillants.
- Missiles Oméga !!
Plusieurs salves de missiles sont projetées de la navette anéantissant la moitié de ses adversaires avant qu’elle ne remette en marche ses réacteurs.
Vénusiak arrive dans les alentours de la capitale japonaise. Hikaru remarque un combat aérien.
- Je crois que Eekaan a des problèmes.
Elle manœuvre pour rejoindre la zone de combat quand une escadrille apparaît dans son champ de vision.
- Il semblerait que Véga envoie des renforts !
- Allez !! Détruisez ces deux navettes !! , hurle Sog dans la salle de commandement de la base Antarctique.
- Commandant ! Nous venons de détecter Goldorak ! , annonce un soldat.
- Goldorak !!??
Sog frappe le creux de sa main gauche avec le poing de son autre main.
- Prévenez notre base de Tokyo de tenir prêt Autogoth 4 !
- À vos ordres !
- Deltalame !
Deux navettes sont coupées par la lame de Vénusiak.
Au sol, la foule fuit les zones où se déroulent les combats aériens. Des morceaux de navettes de Véga s’écrasent sur le sol ou sur des constructions occasionnant des dégâts.
- Eekaan ! Tu me reçois ?
- Oui Hikaru !
- Nous devons faire vite avant que le combat ne détruise tout le quartier !
- Je fais de mon mieux ! Mais nous devons détruire ses navettes avant de retrouver les garçons !
- Je ne te dis pas le contraire !
Les nouvelles navettes se séparent en deux groupes pour s’occuper de l’OVT et de Vénusiak. Deux navettes prennent en tenailles Eekaan, elle plonge pour les éviter, mais un tir atteint son but, de la fumée s’échappe d’un réacteur.
- Et zut !!!
La jeune femme redresse sa navette avec difficulté, elle actionne des commandes pour couper le réacteur endommagé.
- Je perds de la puissance, il ne manquait plus que cela ! Je vais être une proie facile !
Trois navettes approchent pour l’encercler.
- Susumu, je crois que je ne pourrais pas venir te sauver, soupire la jeune femme.
Les navettes se préparent à ouvrir le feu quand subitement un disque rouge découpe deux de ces prédateurs. L’OVT vire sur la gauche alors que la dernière navette s’éloigne avant d’être atteinte par un rayon mauve.
Eekaan tourne la tête pour découvrir Goldorak qui se dirige vers Vénusiak.
Hikaru se faufile entre les immeubles pour semer ses poursuivants, elle vire brusquement sur la droite pour s’engouffrer dans une rue étroite, une navette tente de la suivre, mais elle rate sa manœuvre et s’abîme dans l’angle d’une bâtisse. De nouveau, Vénusiak vire brusquement sur la gauche avec les navettes à ses trousses. Hikaru ouvre de grands yeux paniqués quand elle découvre une gigantesque forme sombre droit devant elle.
- Plonge !!! , ordonne une voix dans la radio.
Par pur réflexe, la jeune femme obéit.
- Cornofulgure !!!
Deux rayons ressemblant à des éclaires travers la rue pour détruire les navettes de têtes, les suivantes sont endommager quand elle travers les débris de l’explosion. Les soucoupes survivantes reprennent rapidement de l’altitude.
- Tu peux te vanter de m’avoir fait une de ses peurs ! , annonce Hikaru.
- Désolé, rejoignons Eekaan ! , fait Procius.
L’OVT fait du sur place au-dessus d’un parc.
- Tu as un problème ? , demande Hikaru.
- Non, je survole une sorte de bouche. Je suis sûr que c’est par ce chemin que les navettes ont décollé.
Vénusiak et Goldorak arrivent au dessus du parc.
- Malédiction ! Ils ont découvert le couloir d’accès des navettes ! , constate le commandant Sog avec rage.
Le prince regarde la bouche du tunnel.
- Elle est trop étroite pour Goldorak, annonce-t-il.
- J’y vais ! , déclare Eekaan.
L’OVT s’engouffre dans le tunnel.
- Je sais ce que tu vas dire Hikaru, donc suis la, dit Procius.
- Merci.
À son tour, Vénusiak disparaît dans le conduit. Goldorak quitte sa position pour se rendre au-dessus de l’immeuble de Mégatron.
- Je vous ordonne de lancer Autogoth 4, hurle le commandant.
Dans les sous-sols de l’immeuble de Mégatron, Ukyo et Susumu constatent que la panique gagne les soldats, d’ailleurs leurs deux gares ont pris la fuite depuis quelques instants. Les deux garçons tirent sur leurs liens pour tenter de se libérer, mais les filins en acier résistent, ils ne réussissent qu’à s’entailler les chaires.
Soudain Sawa aperçoit une forme triangulaire jaune qui surgit dans le hangar.
- Hé ! Ukyo ! Je crois que voilà nos sauveurs !
Nagaïa regarde et écarquille ses yeux.
- Mais j’ai déjà vu cet engin au ranch !
Susumu tourne la tête.
- Qu’est-ce que tu racontes !?
Pendant ce temps, Vénusiak surgit à son tour dans la base. Des soldats ouvrent le feu avec leurs fusils lasers sur les deux navettes.
- Eekaan ! Je te couvre, trouve les garçons ! , lance Hikaru.
- Compris !
L’OVT se pose alors que Vénusiak passe au-dessus en tirant sur les soldats proches. Eekaan sort de cockpit et commence à courir au hasard dans le hangar.
- Ici ! À l’aide !! , se met à hurler Susumu.
Il se retourne vers son compagnon d’infortune.
- Tu pourrais crier aussi ! , lui fait remarquer Sawa.
- À l’aide, finit par hurler Ukyo.
Eekaan ramasse le fusil d’un soldat sur le sol et s’en sert pour se débarrasser d’un groupe d’assaillant se dirigeant vers elle.
- À l’aide !! , entend-elle dans un bref instant de silence.
La jeune femme cherche du regard la source de cet appel, elle distingue deux formes au bout d’un couloir. Elle s’y dirige en gardant bien le fusil pointé droit devant elle.
Vénusiak se pose après s’être débarrassé de tous les soldats quand soudain la structure se met à trembler.
- Qu’est-ce qui se passe encore !?
Eekaan arrive au bout du couloir, de la poussière tombe du plafond, quand elle découvre les deux garçons attachés, elle jette son fusil.
- Susumu !!! Je t’ai retrouvé, pleure-t-elle.
- Eekaan !??? , s’étonne Sawa.
La jeune fille tente de retirer les liens à mains nues, mais elle constate que c’est impossible, elle se retourne pour reprendre le fusil.
- Mais pourquoi Eekaan est-elle là ? , remarque Ukyo.
L’ancien agent de Véga revient vers les garçons et se place dans leurs dos, elle vise le croisement des liens sur la poutre libérant ainsi les captifs.
Susumu se frotte les avant-bras.
- Eekaan, je voudrais savoir…
La jeune fille le coupe d’un geste de la main.
- Hikaru ! J’ai retrouvé les garçons !
- Hikaru !? , s’étonne Ukyo. Pas mon Hikaru quand même ?
- Compris ! , répond la pilote de Vénusiak. Revenez vite à l’OVT, j’ignore ce qui se passe, mais on dirait que c’est sur le point de s’effondrer !
- Allez ! Suivez-moi les gars !!! , ordonne Eekaan.
Le petit groupe se met à courir dans le couloir, alors que la poutre où étaient retenus les prisonniers se déforme.
À bord de Goldorak, Procius voit un nuage de fumée s’élève du sol et l’immeuble se fissurer.
- Les filles ! Dépêchez-vous de sortir de là !
Eekaan bondit dans le cockpit de l’OVT sous le regard surpris des garçons.
- Ukyo ! Par ici ! , crie Hikaru en agitant un bras à bord de Vénusiak.
Nagaïa marque une pause avant de courir vers la navette alors que Susumu se hisse dans l’OVT.
- Je pourrais savoir comment tu as fait pour sauter aussi haut ? Et pourquoi tu pilotes ce truc ? , questionne Sawa.
- Plus tard ! Nous devons quitter cet endroit !
La verrière se referme pendant que la navette quitte le sol.
- Hikaru ? Pourquoi tu pilotes une des navettes de soutiens de Goldorak ? , s’inquiète Ukyo.
- Parce que j’en suis la pilote ! , répond-elle simplement en actionnent ses commandes.
Nagaïa se retrouve plaqué sur le siège quand les réacteurs crachent leurs puissances.
De nouvelles fissures apparaissent sur l’immeuble, des pans tombent. Soudain, une main mécanique noire sort d’une façade en la faisant volée en éclat. L’immeuble s’effondre soulevant un nuage de poussière entourant un robot géant sombre dont les seules touches de couleurs sont ses yeux en émeraude rouge sang et une bouche verte fluorescente.
- J’ai l’impression que c’est pour moi ce nouveau jouet, lance Procius.
Vénusiak et l’OVT débouchent du conduit dans le parc dans un nuage de fumée. Une fois à une altitude respectable, elles ralentissent puis se mettent à l’horizontale.
- Je vois Goldorak, annonce Eekaan.
À l’arrière de l’OVT, Susumu est plaqué contre la verrière, il contemple le chevalier de la Terre.
- Procius ! Nous sommes sortis, annonce Hikaru.
- Procius ? , s’étonne Ukyo. Pourquoi tu parles de ce joueur de guitare ?
- Reçu, répond le prince dans la radio.
- Mais où est-il ? , insiste Nagaïa.
Hikaru soupire puis désigne du doigt Goldorak.
- Il est là bas, fait-elle.
Ukyo regarde Goldorak un instant sans comprendre, puis son menton tombe.
- Quoi !!! C’est lui !!!!
Dans l’OVT, Susumu a entendu la conversation dans la radio.
- « Voilà, je comprends mieux la sensation que j’avais quand je voyais Procius, réalise Sawa. C’est lui qui est le pilote Goldorak, c’est lui qui a sauvé ma mère ! C’est ça qui est enfoui dans ma mémoire. »
- Il faut que j’éloigne ce Golgoth d’ici, remarque Procius. Sinon tout le quartier va être détruit. Mais comment faire ?
Comme si son adversaire lisait dans ses pensées, l’Autogoth bondit et tente de saisir Goldorak. Il réussit à agripper les supports des Planitronks. Procius en profite pour l’emporter dans les airs. L’autogoth s’agite de façon à perturber sa trajectoire de vol et le faire s’écraser. Le prince remarque une grande surface en ruine, les restes d’une usine désaffectée. Vénusiak et l’OVT suivent à distance les deux robots.
Goldorak perd de l’altitude pour projeter son ennemi sur les ruines d’une construction, le Golgoth ne lâche pas prise, la soucoupe plonge puis s’écrase sur le sol. L’Autogoth lâche enfin prise pour se remettre debout, il bondit puis retombe, les pieds en premier en visant la nuque du robot géant.
- Transfère ! Autolargue !
Le robot géant quitte la soucoupe quelques fractions de seconde avant que le Golgoth ne le touche, les pieds de ce dernier passent entre les jambes de Goldorak, expulsé de la soucoupe, provoquant un trou dans le sol au point d’impact. La machine de combat d’Euphor glisse sur le sol puis s’immobilise. Procius fait rouler sur le côté son robot juste à temps pour éviter un coup de poing de l’Autogoth. Les bras de l’arme de Véga se sont allongés pour porter le coup, ils reprennent leurs dimensions normales.
L’OVT plonge dans le dos du Golgoth.
- Missiles Oméga !
Une salve de missiles s’écrase dans le dos du robot, ce dernier se retourne en projetant son bras droit tel un fouet dans le ciel. La vieille navette jaune est frappée de plein fouet, elle est projetée et tournoie comme une toupie folle. Susumu est agrippé au siège du pilote pour éviter de se retrouver brinqueballé dans le cockpit. Eekaan réussi a stabilisé sa navette après de nombreux efforts. Sawa s’est cogné la tête sur le siège.
- Que j’ai mal, pleurniche-t-il.
- Je t’avais dit d’attacher ta ceinture, souligne Eekaan.
- Météopunch !
Le poing gauche de Goldorak est projeté, sans rotation, sur la taille du Golgoth qui vacille puis se retourne vers le robot géant pendant que le poing regagne sa place. L’autogoth ouvre sa gueule, un puissant rayon orange en sort dégageant une forte chaleur provoquant un nuage de vapeur dans l’air. Goldorak fait un saut en arrière, le rayon touche le sol juste à l’endroit où il se situait un instant auparavant. Au point d’impact, le sol se transforme en magma.
- Non ! Un Héliodardeur compact ! , constate le prince.
La bouche du Golgoth semble s’étirer dans un sourire cruel. Le monstre mécanique se recroqueville sur lui-même en pliant les genoux, comme un enfant se préparant à faire un saut.
Dans son poste de pilotage, le prince d’Euphor plisse les yeux en serrant les mains sur ses manettes.
L’Autogoth bondit avec une détente foudroyante en poussant un hurlement de prédateur, Goldorak plonge tout en se retournant pour atterrir sur le dos. Procius guette le moment propice pour lancer ses armes, juste quand le monstre mécanique passera à sa hauteur.
- Clavicogyres !
Les deux lames courbes tournoient avant d’atteindre leur cible, elle s’enfonce au niveau des aisselles du robot coupant net les bras au niveau du tronc. Les deux membres tombent sur le sol, le Golgoth emporter par l’élan n’a pas eu le temps de contrer, ce qui fait qu’il ne peut se réceptionner comme prévu, il retombe sur le sol dans un roulé-boulé après avoir écroulé un bâtiment.
Goldorak se relève, les Clavicogyres regagnent leurs logements sur le corps du robot géant.
Le Golgoth tourne la tête, ses yeux semblent luire de rage.
- Deltalame !
Vénusiak s’est approché pour lancer sa lame géante. L’autogoth bloque le projectile avec sa bouche.
- Incroyable, articule Hikaru.
La bouche fluorescente se met à briller, le monstre mécanique serre sa mâchoire ce qui fait éclater le Deltalame.
Hikaru regarde hébéter les morceaux de l’arme tombée sur le sol pendant que Vénusiak s’éloigne.
Un morceau toujours coincé dans sa mâchoire, le Golgoth affiche un sourire victorieux, il crache le morceau de métal puis pousse un cri. Des bras d’apparence organique sortent du tronc.
- « Voilà ce que j’attendais, déclare une voix rauque dans la tête du commandant Sog. La créature va prendre les choses en mains ! »
Le Golgoth s’aide de ses nouveaux bras pour se relever. Procius fait reculer Goldorak pour rester sur la défensive.
Une fois debout, l’Autogoth écarte ses bras dans un signe de croix puis brusquement, il les replie pour enfoncer ses doigts dans son torse, les plaques d’aciers se déforment en couinant.
- Mais qu’est-ce qui se passe ? , demande Ukyo.
- Des complications, répond Hikaru.
Le torse du Golgoth s’agrandit avec des grincements métalliques sinistres, finalement l’acier cède et se coupe pour tomber sur le sol avec la tête du robot, libérant un torse velu avec une bouche au niveau du ventre et des yeux sur les pectoraux. Le reste d’acier qui recouvre le bas du Golgoth tombe à son tour.
- Voilà le démon que je vais devoir combattre, lâche le prince.
- Je pourrais savoir dans quoi je suis tombé ? , fait Ukyo avec hystérie. Je fais un cauchemar, c’est ça ! C’est la seule explication logique !
- Un peu de calme ! , tonne Hikaru. Tu tombes dans mon estime !
- Quoi !? Mais comment ! Cela ne te fait rien Hikaru ? Je ne comprends plus rien à ce qui se passe !
- Plus tard ! Je t’expliquerais plus tard !
Dans la salle d’observation du centre, Daisuke et Kohumé sont venus pour suivre le combat, ils ont découvert la menace par hasard alors qu’ils passaient dans le couloir. Dai donne un coup de coude à sa petite amie.
- J’ai l’impression qu’il y a de l’eau dans le gaz entre Hikaru et Ukyo, lui glisse-t-il.
- Le pauvre Ukyo, il ne devait pas imaginer une telle chose, ni s’attendre a cela.
- Je crois bien que ma sœur va revenir à son précédent béguin.
- Rien n’est sûr.
Le monstre ouvre sa bouche, le même rayon orange en sort provoquant un nuage de vapeur, Goldorak fait un pas de coté pour l’éviter.
- Mégavolts !
La soucoupe porteuse surgit et lance ses quatre rayons, ils frappent la créature au niveau des épaules, mais le monstre ne réagit pas. Sous les pieds de robot géant, le sol devient moue et se transforme en lave. Procius tente de s’en échapper, mais les pieds de Goldorak s’enfoncent dans le sol. Il voit le monstre qui court sur lui en jetant ses épaules en avant. Le choc est violent, Goldorak tombe à la renverse sur une bâtisse qui s’effondre sous son poids. La créature semble ne rien avoir, elle allonge ses bras pour attraper le robot géant au niveau des genoux, d’un geste brusque, elle le soulève comme une plume puis elle le fait passer au-dessus de sa tête avant de le projeter comme un polochon sur le sol. L’impact est terrible ! La verrière de Goldorak explose, l’interface de pilotage se rompt, Procius est projeté hors du robot.
- Procius ! , hurle Hikaru.
La jeune femme vire Vénusiak pour s’approcher.
Le prince gît sur le sol, du sang coule sur ses yeux, la visière de son casque est fendue. Procius tend un bras en direction de sa machine, il tente de se relever.
Vénusiak n’a pas le temps de s’approcher, car la créature se met à bouger.
Le monstre n’a pas vu que le prince était sur le sol. Le démon fait voler une nouvelle fois Goldorak dans le ciel pour le jeter dans la lave dans laquelle il s’enfonce lentement en commençant par la tête.
Procius à sa vision brouillé, il voit la tête de sa machine disparaître.
- Non !
Il replie son bras gauche pour parler dans son bracelet.
- Allez Goldorak ! Réagit !
- Hikaru, tache d’occuper le démon, je vais tenter de récupérer Procius ! , annonce Eekaan.
- Je vais faire de mon mieux.
L’OVT plonge en direction du prince.
- Goldorak ! Je t’en supplie bouge !!! , supplie Procius.
Le démon lâche le robot, ses bras reprennent leur taille, puis ils e met a courir puis saute en direction de la marre de lave. Il atterrit sur le torse du robot, sous le choc, une vague de lave les entoure.
Procius voit son robot et le démon disparaître dans le magma alors que l’OVT se pose à côté de lui. Eekaan et Susumu en sortent et courent dans sa direction.
Vénusiak survole l’étendue de lave.
- Non ! Goldorak ! Goldorak ! Je t’en prie remonte !! , hurle le prince dans son bracelet.
Eekaan et Susumu le relèvent, Procius titube, il ne réagit pas à ce qui l’entoure, il ne fait que fixer le lieu où Goldorak a disparu.
- Comment… Comment ! Comment vais-je faire pour défendre la Terre !?
Eekaan et Susumu sont obligés de traîner le prince vers la navette alors qu’il tend une main désespérée vers la lave.
Dans la salle de commandement du camp de la Lune Noire, le Stratéguerre sourit sur son trône.
- Enfin ! Enfin, Goldorak est vaincu ! Qu’on m’apporte du vin ! Il faut fête l’événement comme il se doit !
Végalian était tellement pris par le combat comme beaucoup, qu’il n’a pas remarqué que le pilote de Goldorak a été éjecté sous la violence du combat.
- Oui !!! Enfin ! Nous avons gagné ! , jubile le commandant Sog en levant un poing victorieux.
- « Voilà une bonne chose de faite ! Hadésia va enfin pouvoir s’étendre et prendre le pouvoir sur le monde souterrain ! Je serais le maître ! , se félicite la voix rauque dans la tête du commandant. »
Procius est sur le point de perdre connaissance quand une explosion de magma se produit, le démon en sort et retombe lourdement sur le sol sans réagir suivit par Goldorak qui atterrit sur ses pieds à côté de lui. Dans la lave, Procius voit une chose étrange, une sorte de tête de tortue portant un casque avec des cornes jaunes, mais cela ne dure à peine qu’une seconde, après cela il perd connaissance.
- Quoi ! Mais qu’est-ce que cela veut dire ! , s’exclame le Stratéguerre en lâchant sa coupe de vin.
Le commandant Sog est affalé dans son siège la tête entre les mains.
- « Impossible ! Comment cela a-t-il pu se produire !? , hurle la voix rauque. Ce pourrait-il que… »
Quand il revient à lui, Procius est allongé à côté de l’OVT, il voit un peu plus loin Vénusiak posé. Puis au second plan, Goldorak qui se tient debout alors que la soucoupe porteuse tourne au-dessus de lui.
- Procius, ça va ?
Le prince tourne la tête, il découvre Hikaru et Eekaan penchés au-dessus de lui.
- J’ai l’impression d’avoir un marteau-piqueur géant dans la tête.
Il remarque les deux garçons debout derrière les jeunes femmes.
- Je suis fière de vous, vous avez récupéré les personnes qui vous sont chères.
- Tu as mal quelque part ? , s’inquiète Eekaan.
- Je ne crois pas, répond Procius en tentant de se redresser, mais il est pris de vertige.
- Tu n’es pas en état de piloter, déclare Eekaan. Nous allons te ramener au centre.
- Je veux bien, articule-t-il.
- Et vous allez faire comment pour ça ? , demande Ukyo en désignant du doigt Goldorak.
Procius esquisse péniblement un sourire.
- Goldorak est un grand garçon, il sait rentrer à sa base tout seul.
Ukyo ouvre de grands yeux et se demande si le choc n’a pas été trop violent. Procius lève péniblement son bras gauche pour parler dans son bracelet.
- Goldorak ! Récupération !
Subitement la soucoupe s’éloigne, le robot géant se met à courir puis saute pour rejoindre la soucoupe.
- Goldorak ! Retour à la base !
Une fois le robot revenu dans la soucoupe, cette dernière change de cap pour disparaître à l’horizon. Le bras de Procius retombe lourdement sur le sol, il a perdu connaissance.
- Les garçons vous allez le porter jusqu'à Vénusiak, déclare Hikaru.
- Attends, il y a juste à le glisser dans l’OVT, proteste Eekaan.
- Ma navette est plus rapide que la tienne, rétorque Hikaru.
- Tu as raison !
Eekaan se retourne vers Susumu et Ukyo.
- Vous avez entendu Hikaru !
Vénusiak se pose devant le centre, il y a déjà le docteur avec une civière qui attend en compagnie d’Alcor. Aussitôt le médecin le précipite pour un premier examen rapide. Alcor semble avoir retrouvé sa jeunesse sous l’angoisse, car il sort Procius du poste de pilotage et le pose sur la civière avant de se tourner vers Hikaru.
- Comment te sens-tu ?
- Ça va, mais je n’ai pas tout compris.
- Tu n’es pas la seule, nous verrons cela plus tard. Pour le moment c’est l’état de santé de Procius qui m’inquiète le plus.
Au loin dans le ciel, l’OVT apparaît.
- Remets Vénusiak dans son hangar et va te changer, ordonne Alcor.
- Oui professeur.
Hikaru c’est changer, elle marche d’un pas rapide dans le couloir qui mène à l’infirmerie du centre, elle voit devant Sayaka et Alcor, leurs visages sont tendus, Dai et Kohumé adossé au mur en grande conversation avec Susumu et Ukyo.
- Vous avez des nouvelles ? , demande-t-elle en arrivant.
Sayaka répond négativement d’un mouvement de tête. Ukyo s’avance vers Hikaru, il a l’air de chercher ses mots.
- Je… Je suis désolé d’avoir réagi de cette façon dans… la navette, s’excuse-t-il. Je ne m’attendais pas à me retrouver dans une telle aventure.
La jeune femme sourit terriblement.
- Je comprends, je m’excuse aussi pour ma réaction.
Ukyo la sert dans ses bras.
- Je ne voulais pas que tu découvres ce qui se passe ici, s’excuse-t-elle.
- Ce n’est pas grave, tu sais…
La porte de l’infirmerie s’ouvre, le docteur apparaît.
- Alors !? , demande Sayaka.
- Il est fortement commotionné, des ecchymoses sans gravité sur le corps. Il lui faut beaucoup de repos, c’est tout ce que je peux dire pour l’instant. Tout dépend de comment vont se passer les prochaines vingt-quatre heures.
Alcor s’éloigne du groupe et fait quelque pas dans le couloir.
- En attendant ! Nous devons réparer Goldorak ! Véga risque de nous attaquer rapidement ! , lance-t-il sans se retourner. Mon frère et une équipe de technicien sont déjà sur la route pour venir nous aider.
- Et pour la défense ? , questionne Sayaka.
Alcor se retourne pour regarder sa femme.
- Ne t’inquiète pas pour ça, tout est prévu.
- Quoi ! Ne me dis pas que tu vas…
Le professeur lève une main.
- Non ! Bélier arrive avec Boss Robot, Tetsuya et Jun viennent avec Great Mazinger.
FIN
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