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GOLDORAK : LE RETOUR DE GOLDORAK
LE RETOUR DE GOLDORAK Episode 29
Le commandant Sog est de mauvaise humeur, il vérifie le chargement d’un conteneur à sustentation. Des bras mécaniques déposent du matériel dans le conteneur pendant que le commandant examine une liste sur un support électronique.
- Pourquoi faut-il que je sois réduit à être au service de Kerod, bougonne-t-il. Moi qui ai par deux fois au moins, failli venir à bout de Goldorak et du prince d’Euphor ! Me voilà à contrôler les matériaux pour ce maudit professeur et sa bombe solaire !
Le conteneur est plein, ce dernier se met en mouvement, il est aussitôt remplacé par un autre.
Le roi Actarus et la reine Phénicia sont dans le petit bureau de crise du palais. Actarus consulte les derniers rapports en provenance du bombardier Xanta. Phénicia lui lance des regards remplis d’inquiétude.
- Alors ? , demande la reine.
- Aucune trace du vaisseau impérial depuis son départ. L’autre semble explorer la nébuleuse au hasard.
- Qu’est-ce que tout cela veut dire ?
- J’aimerais bien le savoir, répond le roi le visage contrarié.
Dans la nébuleuse de Véga, le bombardier d’Euphor suit depuis plusieurs jours le vaisseau d’exploration de Véga. L’équipage commence à afficher des marques de fatigues, leurs aspects commencent à faire négliger, car ils dorment peu à tour de rôle et n’ont pas le temps de prendre soin de leur apparence.
- Surtout, gardez bien la distance limite des radars ! Je ne veux pas que ce vaisseau de Véga détecte notre présence, répète le capitaine du bombardier Xanta.
- Je le sais capitaine, répond le navigateur en sueur.
Le capitaine passe un doigt sur son bandeau recouvrant son œil mort puis il s’installe dans son siège sur la passerelle.
Le prince d’Euphor se trouve dans le hangar de Goldorak, il examine son robot pour vérifier que ce dernier n’a subi aucun dégât lors de leur dernier combat. Procius est aux commandes d’une nacelle, il inspecter l’articulation gauche de l’épaule de sa machine quand Dai entre dans la pièce.
- Tu ne peux pas laisser faire les techniciens, lance le jeune homme.
- Ils ont déjà assez de travail avec les navettes et sans vouloir minimiser leur connaissance, je connais mieux Goldorak que les techniciens.
- Que répondre à cela, constate Daisuke en écartant les mains pour signifier qu’il abandonne.
Procius manœuvre la nacelle pour revenir au niveau du sol.
- Alors, votre bilan mon prince ? , plaisante Dai.
- Prêt pour le prochain affrontement.
- Je trouve étrange que Véga n’ait rien tenté depuis deux semaines, souligne le jeune homme.
- Tu n’es pas le seul a trouvé se silence inquiétant, répond le prince le visage fermer.
Le Stratéguerre se trouve dans ses quartiers, assis à son bureau, il est perdu dans ses réflexions.
- « Procius ? Procius ? Pourquoi le commandant Sog a-t-il dit ce nom quand son Gologoth a été vaincu ? »
Végalian se remémore la scène dans la salle de commandement du Camp de la Lune Noire.
« - Noooooonnnnnnnnn !!!! , s’écrie Sog en tombant à genoux. J’y étais presque ! C’est impossible ! Ce Procius a de la chance ! »
- Se pourrait-il que le pilote de Goldorak se nomme Procius ? Dans ce cas, comment Sog a-t-il obtenu cette information !? Et que sait-il encore que j’ignore ?
Le Stratéguerre quitte son siège pour arpenter de long en large la pièce.
- Comment vais-je pouvoir découvrir les informations en possession de Sog ?
Végalian cesse de marcher.
- Je vais convoquer mes espions pour connaître les faits et gestes du commandant durant mon absence ! Si je ne découvre rien, je brancherais Sog sur une machine pour sonder son esprit ! Oui ! Voilà ce que je dois faire !!! , s’exclame Végalian avec un rire dément. Voilà ce que je vais faire vu que Sog ne m’a pas fait part de ses découvertes depuis mon retour.
Eekaan sort de l’habitation du ranch, chaudement vêtu.
- Grrr, lâche-t-elle quand une bourrasque de vent s’élève en soulevant un peu de neige fraî température a brusquement chuté dans la nuit, une épaisse couche de neige recouvre le sol. La jeune femme voit avancer Banta et Mizar transportant à bras le corps un sapin.
- Qu’est-ce que vous faites ?
- Nous transportons le sapin ! , s’exclame Banta comme une évidence.
- Je le vois bien, mais pourquoi ?
- Ben…
- C’est bientôt Noël, précise Mizar.
- Noël ??
- C’est vrai ! Cela va être le premier Noël que tu passes avec nous, s’exclame le vieux garçon de ferme.
Toujours au Ranch du Bouleau Blanc, Hikaru regarde par la fenêtre songeuse.
- Qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui offrir cette année ? Quoi offrir à un prince ?
La jeune femme souffle sur la vitre et dessine un cœur dans la buée avant qu’elle ne disparaisse. Soudain, elle écarquille ses yeux en s’écartant de la fenêtre. Elle se met à se donner des coups sur la tête avec ses poings.
- Mais qu’est-ce qui me prend ! Je suis avec Ukyo !!!!
Procius et Dai marchent dans l’un des couloirs du centre quand des bras s’enroulent autour du cou de Daisuke.
- Coucou !!!! , lance la voix de Kohumé. Comment va mon chéri !?
- Mon chéri !!!??? , s’étouffe Dai.
Un sourire traverse le visage du prince.
- Alors, que vas-tu m’offrir pour Noël ? , questionne la jeune femme.
- Ce ne sera plus une surprise si je te le dis ! , rétorque Dai.
- Je vous laisse les amoureux, lance Procius.
- Aurais-je le doit à un cadeau princier ? , demande la jeune fille.
- La réponse à Noël, fait le prince en s’éloignant.
- On se retrouve tout à l’heure pour le plan d’attaque…, commence Dai.
- Alors qu’est-ce que tu vas m’offrir, insiste Kohumé en sautant au cou du jeune homme.
Sur Euphor, la chambre, de la fille du chambellan, Aliéna ne ressemble plus à une pièce occupée par une jeune fille, mais plus à un atelier d’un chercheur fou. Divers composants électroniques traînent sur le sol. Dans le miroir de la coiffeuse, le reflet affiche un sourire plus que satisfait. La jeune fille est complètement décoiffée, sa robe est maculée de taches diverses et déchirées par endroits, elle travaille sur la chaise de la coiffeuse sur laquelle la jeune fille a fixé des câbles ainsi que des circuits.
- Oui ! Oui ! , lâche-t-elle par instant sur un ton proche de la démence. Bientôt, bientôt, je pourrais…
Elle laisse sa phrase en suspend.
Le Stratéguerre est assis derrière son bureau quand on frappe à sa porte.
- Entrez !
La porte s’ouvre, une jeune femme à la peau blanche avec une longue chevelure blonde entre dans la pièce. La porte automatique se referme derrière la femme.
- Vous m’avez demandé Maître ?
- Oui ! Je veux savoir tout des agissements du commandant Sog durant mon absence !
La femme fait un pas en avant, mais son aspect se met à changer, sa chevelure disparaît, ses traits se font anodins pour finir par révéler un Eptamorphe tout blanc. L’espion polymorphe s’agenouille avant de répondre.
- À la date 56789.8, le commandant Sog arrive au Camp de la Lune Noir, il se rend aussitôt dans la salle de commandement. 56789.9, le commandant convoque le professeur Kerod pour la fabrication d’un Golgoth…
Dans la nébuleuse de Véga, un des vaisseaux envoyés par le Stratéguerre découvre une étrange planète non recensée sur les cartes stellaires. La planète ressemble à une gigantesque météorite constellée de cratère. Le capitaine du vaisseau, un humanoïde au visage porcin examine l’astre sur le moniteur principal de la passerelle.
- Capitaine, dois-je avertir la base ? , demande un soldat.
- Non ! Ne commettons pas d’erreur, déclare le capitaine en se grattant le groin.
- Que faisons-nous ? , questionne le navigateur.
- Approchons-nous encore un peu de cet astre.
- Vous croyez que c’est raisonnable ?
- Il faut vérifier que c’est bien une planète et pas un météore dérivant lentement !
Le vaisseau se remet en mouvement lentement.
-« Je ne dois pas faire la même erreur que mon collègue, le Stratéguerre ne sera sûrement pas aussi clément cette fois-ci si il se déplace encore une fois pour rien ! , se dit le capitaine. »
L’Eptamorphe blanc est toujours à genoux, Végalian se lève de son siège pour marche de long en large devant son bureau les mains croisées dans le dos.
- Ainsi donc, Sog a envoyé deux espions dans le centre de recherche avec plus de chance cette fois si. Il a donc appris le nom du pilote de Goldorak, le prince d’Euphor Procius. Qu’est donc devenu Actarus ??? Quel est le lien de parenté entre les deux ???
Loin d’imaginer ce qui se passe dans son dos, le commandant Sog entre dans le laboratoire du professeur Kerod, ce dernier fixe une plaque en acier sur une sphère.
- Professeur, votre travail avance comme vous le souhaitez ? , demande mielleusement le commandant. Vous avez tout le matériel dont vous avez besoin ?
Kerod continue son travail comme si de rien n’était.
- Merci de votre sollicitude commandant. Tout se passe on ne peut mieux. Le dispositif sera prêt dans peu de temps.
- Vous m’en voyez ravi.
- Je n’en doute pas, répond le professeur en levant la tête avec un sourire narquois.
- Dans ce cas, je vais vous laisser travaillé en paix afin de ne pas vous déconcentrer.
- Je vous en remercie.
Kerod reprend son travail alors que le commandant Sog se dirige vers la porte automatique. Une fois dans le couloir, le commandant serre les poings à s’en faire craquer les jointures.
- Je me demande ce qui me retient de l’étrangler de mes propres mains !!! Quelle arrogance ! Même si grâce à cette bombe nous conquérons la Terre, j’arriverais un jour prochain à poser mes mains sur le cou de ce maudit professeur. J’apprécierais la sensation de mes mains se serrant sur se cou, l’entendre craquer, voir ses yeux se révulser, d’ouvrir la bouche à la recherche d’air. Le voir se débattre avant de succomber.
Dans le ciel, un point rose se déplace en zigzaguant légèrement. Son pilote sifflote joyeusement un air de Noël, l’intérieur de la cabine est rempli de paquet-cadeau.
- Ho ! Ho ! Ho ! Le père Bélier arrive en avance pour distribuer ses cadeaux, lance-t-il dans la cabine de pilotage emmitouflé dans un anorak
- Je préférerais passer Noël avec mes petits-enfants, soupir Cocker grelottant dans ses vêtements d’hiver.
- J’ai hâte de goûter aux petits plats de Vénusia ! Je me demande ce qu’elle va nous préparer pour le repas de Noël cette année, continu Bélier.
- Je vais mourir de froid, pleurniche Cocker en soufflant sur ses mains. Chef ! Faudrait penser à réparer le chauffage !
- Allez, le froid conserve !
- Peut-être ! Mais je n’ai aucune envie de finir congelé et ressembler à un plat surgelé dans un rayon de magasin.
- Courage ! Je vois le centre de recherche spatial ! Je veux voir la tête de se vieux Alcor ! Il ne m’attend pas aussitôt !
Boss Robot commence sa descente en direction du centre.
Le professeur Alcor entre dans la salle de repos du centre, il découvre son épouse debout à côté de la cafetière.
- Ah ! Tu es là, fait le professeur.
- Oui, répond simplement Sayaka.
- Tu n’as pas oublié la réunion ? , demande Alcor en se dirigeant vers la cafetière.
- Je serais là.
Alcor tend sa main en direction de la machine à café, mais son geste reste en suspend, car sa femme lui tend une tasse remplit du liquide sombre fumant.
- Merci, dit le professeur en prenant le godet.
- Je te retrouve tout à l’heure, annonce Sayaka en lui déposant un baiser sur la joue.
La femme sort sous le regard perplexe du professeur.
- « Je ne comprends plus rien, il y a deux semaines elle semblait me bouder et maintenant elle agit comme si de rien n’était. »
- Capitaine ! , s’exclame l’officier radar du bombardier Xanta.
- Que se passe-t-il ? , demande le commandant en essuyant la sueur couvrant ses joues mal rasées.
- Le vaisseau vient de changer de cap brutalement !
- Nous a-t-il de repérer ?
- Je ne pense pas. Il ne se dirige pas dans notre direction.
- Que devons-nous faire ? , demande le navigateur.
- Adapter notre cap.
- Le vaisseau de Véga augmente sa vitesse, annonce l’officier radar.
- Ne le perdons pas ! , annonce le capitaine.
Les propulseurs du Xanta se mettent à briller.
Aliéna ressemble à une folle échapper d’un asile avec ses cheveux en bataille, sa robe sale et déchiqueter par endroits, son visage maculer de sueur. Les mains sur ses hanches, elle contemple avec ravissement la chaise se trouvant devant la coiffeuse, le siège est couvert de câbles qui courent sur le sol, des lumières clignotent par endroits sur les circuits électroniques.
- Voilà ! Tout est fini !
- Tu as bien travaillé, félicites le reflet dans le miroir.
- Je n’ai plus qu’à m’installer sur le siège pour…
- NON !!
- Non !? , s’étonne la jeune femme en regardant surprise le reflet.
- Tu dois faire une vérification avant de t’en servir, mais aussi faire un peu de rangement. Regarde-moi ce désordre !
Aliéna regarde la pièce, elle ressemble plus a un capharnaüm qu’a une chambre de jeune fille.
- Qu’importe une fois sur la chaise… , proteste la jeune fille.
- Crois-moi ! Tu devrais m’écouter, insiste le reflet. Et puis un brin de toilette ne te ferait pas de mal non plus.
Aliéna se regarde dans le miroir puis jette un œil à ses vêtements en haillon.
- Tu as raison, un peu de rangement et une bonne douche ne feront pas de mal. Cela ne changera rien au plan.
- Exactement, confirme le reflet en souriant. De plus, il y a quelques modifications à faire.
- Des modifications !? Pourtant, j’ai bien suivi vos indications.
- Je le sais, mais n’oublie pas que le temps est en mouvement perpétuel.
- Cela veut dire que le plan…
- Sera accompli en son temps, coupe le reflet.
Un petit groupe composé de Daisuke, Hikaru, Kohumé, Procius, Sayaka ainsi que les professeurs Alcor et Cochir qui se tiennent en demi-cercle devant l’écran principal de la salle d’observation.
- Merci à tous d’être ici, commence Alcor. Nous allons vous expliquez le plan d’attaque que nous avons mi au point.
- Nous avons planifié un double plan d’attaque avec l’aide de Procius, ajoute Cochir.
- Un double plan d’attaque !? , s’étonne Dai. Ce n’est pas pour attaquer la base de Véga qui se trouve en Antarctique ?
- Tu as oublié que Procius voulait faire une attaque simultanée de la base et du Camp de la Lune Noire, remarque Hikaru.
- Je me demande des fois ce qu’il a dans la tête, souligne Kohumé.
- Bon ! Quand vous aurez fini de vous payer ma tête, on pourra écouter ce plan, répond Dai en croisant les bras sur son torse.
- Salut la compagnie !!!! , lance soudain la voix puissante de Bélier.
- Boss, je crois que l’on dérange légèrement, remarque Cocker.
Tous les regards se tournent vers les nouveaux venus.
- Mais non ! Nous sommes toujours les bienvenus ici ! , repend Bélier joyeusement. Ho ! Ho ! Ho ! Le père Noël Bélier est arrivé !
- Bonjour Bélier et Cocker, fait Alcor.
- Qu’est-ce que je disais ! , s’exclame Bélier en se tournant vers Cocker.
Alcor s’avance vers son ami.
- Je dois dire Bélier, que Cocker a raison, tu tombes mal.
- Ah ! Bon !?
- Nous sommes en pleine réunion pour un plan d’attaque…
- J’en suis ! , coupe Bélier. Boss Robot s’est toujours montré utile !!!
Alcor est visiblement embêtée, il cherche quoi répondre sans froisser son ami.
- Il doit bien y avoir une petite chose à faire pour Boss Robot, intervient Sayaka.
- Ça doit être faisable, ajoute Cochir.
- Bien, admet Alcor. Dans ce cas, joignez-vous à nous.
Le professeur reprend sa place devant l’écran principal qui se met à afficher des images des objectifs et des schémas d’attaques.
- Où en étais-je ? Ah oui ! , fait-il ? Nous allons donc planifier une attaque simultanée de la base Antarctique et du Camp de la Lune Noire.
- Vénusiak, Faussoirak, vous allez attaquer la base Antarctique, annonce Cochir.
- Quoi ??? Juste nous deux ! , s’exclament les deux jeunes femmes en cœur.
- Rassurez-vous, ajoute Alcor. Vous serez accompagné par Great Mazinger.
Les deux jeunes femmes se regardent avec surprise pendant qu’Alcor se tourne vers son épouse.
- Je te laisse prendre contact avec Jun et Tetsuya, dit-il avec prudence.
- Aucun problème, répond-elle. Justement, Tetsuya à contacter il y’a deux jours le centre photonique pour savoir si on avait besoin de lui.
- Parfait.
- Dites ! , intervient Dai. Et que va faire Goldorak ? , demande-t-il le visage inquiet.
Procius fait un pas en avant puis se tourne pour faire face aux autres.
- Pendant ce temps là, j’attaquerais le Camp de la Lune Noire.
- Toi tout seul !! , s’exclame les trois jeunes gens.
Le prince baisse la tête.
- Oui, fait-il laconiquement.
- Mais c’est de la folie !! , s’exclame Dai. Tu devrais attendre Vénusiak et Faussoirak ! Si au moins mon Alcorak était en état, je viendrais avec toi !!
- Nous avons cherché une autre solution, intervient Cochir, mais c’est la seule possibilité.
- Même si ta navette était en état cela ne changerait rien au plan, hélas, ajoute Alcor.
- Vos navettes ne peuvent pas évoluer dans le vide spatial, annonce Procius. C’est pour cela que je dois accomplir cette tâche tout seul.
- C’est du suicide !!! , lance soudain la voix d’Eekaan.
La jeune femme se tient devant la porte automatique avec dans les mains un plat contenant un gâteau. L’ancien agent de Véga s’avance et pose le plat sur une console proche avant de rejoindre le groupe.
- Le Camp est défendu par des canons et des missiles antiaériens. Même si tu arrives à les éviter, tu ne pourras pas faire face à toutes les escadrilles de navettes qui sont stationnées, déclare Eekaan.
- Nous devons trouver un autre plan ! , lance Hikaru.
- Oui ! Attaquons la base Antarctique puis la base lunaire, ajoute Kohumé.
- C’est impossible, répond Alcor tristement.
- Il faut que l’attaque soit simultanée, ainsi le Stratéguerre n’aura pas le temps de mettre au point une contre-attaque, explique le prince.
- Hé ! Ne m’oubliez pas, lance Bélier.
- Moi aussi je me joins à vous, ajoute Eekaan.
- Vous assurerez la défense du centre dans ce cas, annonce Alcor.
- Quoi !!! En dernière ligne !
- Quand le Stratéguerre réalisera ce qui se passe, il enverra par n’importe qu’elle moyen un raid sur le centre, explique Procius. Avec de la chance, il n’aura pas le temps de réaliser, mais si nos assauts ne sont pas assez rapides vous serez le dernier rempart pour défendre le centre.
- Et moi, je fais quoi dans tout cela ? , demande Dai.
- Tu resteras au centre, répond Alcor. Tu seras en charge des moyens de défense du centre.
- Je vois, je n’ai pas de navette, donc je suis cloué au sol…
- Malgré ce que tu crois, tu as un rôle important, fait Procius en posant une main amicale sur l’épaule du jeune homme.
- En plus, tu ne crains rien, ajoute Bélier. Boss Robot sera là pour t’épauler !!
- C’est rassurant, répond Dai avec un léger sourire.
- Et quand est prévue l’attaque ? , demande Sayaka.
- Dans deux jours, annonce le professeur Cochir.
Sayaka quitte le groupe pour se diriger vers la porte.
- Je vais au centre photonique pour prévenir Tetsuya, annonce-t-elle.
- Vous savez tout, déclare Alcor. En attendant le jour J, faite ce que vous avez à faire. Reposez-vous le plus possible pour être en forme. (Et que la chance soit avec vous, se retient de dire le professeur).
Eekaan s’éloigne à son tour, elle sort, d’une poche de son blouson molletonné, son téléphone cellulaire, elle appuie sur une touche avant de coller l’appareil à une oreille.
- Allo ? Susumu ? Je ne te dérange pas ? , demande-t-elle en passant la porte automatique.
- Je t’en pris, supplie Hikaru en s’agrippant à Procius. Changez votre plan d’attaque.
- C’est la seule solution possible, répond le prince.
- Je ne peux pas le croire ! Il doit y en avoir une autre. Repousser la date le temps de trouver une autre idée. Je ne sais pas… Si on sortait Cosmorak du musée dans lequel il se trouve ! Comme ça on pourrait…
Daisuke pose ses mains sur les épaules de sa sœur.
- Je sais ce que tu ressens, mais nous ne pouvons rien faire d’autre, murmure-t-il.
Bélier se sent de trop dans la pièce d’un coup.
- Cocker ! Viens m’aider à décharger tous les cadeaux, lance-t-il d’un ton faussement joyeux.
- Oui, Chef !
Le bombardier Xanta continue sa surveillance du vaisseau Végan.
- Rapport ! , ordonne le capitaine en s’essuyant nerveusement la bouche.
- Cap et vitesse inchangée, annonce l’opérateur radar.
- Veillez bien à garder la distance.
- Oui capitaine, répond le pilote.
- Je capte un autre vaisseau, annonce l’opérateur.
- « Serait-ce un piège dans lequel je suis tombé ? , se demande le capitaine. »
- Les deux vaisseaux se regroupent, le nouveau vaisseau prend le même cap.
- Mais que se passe-t-il !? Qu’est-ce qui se prépare !?
- Que dois-je faire ? , questionne le pilote.
- Nous continuons à les suivre. Avertissez le palais.
Le vaisseau d’exploration de Véga est en orbite autour de l’énorme météorite.
- D’après nos relevés, il s’agit bien d’une planète morte, annonce un soldat.
- Attendons l’arrivée des autres vaisseaux et qu’ils analysent eux aussi cette planète avant d’en avertir le Camp de la lune noire, déclare le capitaine au visage porcin.
- Pourquoi le Stratéguerre nous fait-il parcourir la nébuleuse à la recherche d’une telle planète ?
- Je l’ignore, mais il y a sûrement une bonne raison, du moins je le souhaite.
Le commandant Sog vérifie sa tenue avant de frapper à la porte du bureau du Stratéguerre. Le commandant se prépare à frapper quand la voix de Végalian sort de l’interphone situé juste à côté.
- Entre Sog !
La porte automatique s’ouvre alors que le commandant a encore la main en l’air. Après avoir avalé sa salive, Sog fait un pas en avant, la porte se referme aussitôt derrière lui. Il avance vers le bureau derrière lequel est assis Végalian.
- Vous m’avez convoqué Majesté ?
- Oui commandant. Quelles sont les nouvelles ?
- Les nouvelles ?
- Oui. Qu’as-tu à m’apprendre ?
- Vous voulez parler du travail du professeur Kerod ?
- Entre autres, répond le Stratéguerre en fronçant légèrement les sourcils.
- Le professeur Kerod m’a affirmé qu’il aurait terminé d’ici très peu de temps.
- Rien d’autre ?
- Je ne vois rien d’autre votre grandeur.
Le commandant réfléchit un instant avant de répondre.
- Je ne vois rien d’autre majesté.
- Dans ce cas dispose.
Sog salut le Stratéguerre avant de sortir du bureau à reculons.
- « Sog ! J’avais confiance en toi, me voilà dessus ! Tu me caches des informations depuis mon retour. Je ne peux pas te le pardonner, se dit Végalian en le regardant sortir. Je vais devoir m’occuper de toi. »
Le commandant est dans le couloir, il tourne la tête pour fixer la porte du Stratéguerre.
- Pourquoi le Stratéguerre m’a-t-il fait venir pour si peu ? Qu’est-ce que cela cache ?
Boss Robot est assit en tailleur devant une grange du Ranch du Bouleau Blanc. La nuit commence à tomber dans le froid de l’hiver. De la lumière filtre de la vieille grange, à l’intérieur Eekaan fait subir à l’OVT une révision complète avant la bataille qui approche.
Pendant ce temps, Bélier et Cocker se réchauffent à côté de la cheminée du salon du ranch, les paquets apportés par Bélier sont disposés de chaque côté de l’âtre. Banta entre dans la pièce et lance un regard noir à Bélier.
- Hé ! Que dirais-tu de faire notre bras de fer immédiatement !? , lance le vieux garçon de ferme.
Bélier se retourne et lui lance le même regard.
- C’est une idée ! Mais il n’y pas assez de témoin pour que je t’aplatisse comme une crêpe !
- Ah ! Oui ! , répond Banta en remontant ses manches. Même si il n’y a pas de témoin, ça ne me dérange pas de t’écraser ! Comme çà le problème de la dernière part sera réglé avant le repas de Noël.
- Tu me parais bien présomptueux !
- Ah ! Oui !?
Cocker profite de cet échange entre les deux hommes qu’il tente de s’éclipser doucement.
- Hé ! Cocker ! Où vas-tu ? , lance soudain Bélier.
Le pauvre Cocker se met à trembloter.
- C'est-à-dire… Je voulais juste aller téléphoner à mes petits enfants…
- Tu le feras plus tard, coupe Bélier. Tu vas arbitrer le combat !
Cocker tente de faire un pas en avant en direction de la sortie, mais la poigne puissante de Bélier le tire en arrière.
Hikaru se trouve dans sa chambre, elle entend légèrement les éclats de voix de Bélier et Banta. Elle est allongée sur son lit et regarde les étoiles par la fenêtre. Son regard se fixe sur la Lune. Son esprit dérive, elle s’imagine le combat entre Goldorak, solitaire, contre toutes les forces de Véga. Le défenseur de la Terre détruit plusieurs navettes avant de se retrouver pris au piège encerclé de toute part par des vaisseaux. Tirant parti du fait que Goldorak n’a aucune échappatoire, les forces de Véga en profitent pour croiser leurs puissances de feu sur leur adversaire. Goldorak explose dans une gigantesque gerbe de flamme et de fumée.
Hikaru sursaute sur son lit, elle se redresse pour saisir son téléphone portable sur la table de nuit, elle compose un numéro puis colle l’appareil à son oreille.
- Allo ? Ukyo ? Comment vas-tu ?
- Hikaru ? Ça va ? Tu as une voix étrange ce soir, constate Nagaïa de l’autre côté du combiné.
Le roi Actarus ne quitte plus le bureau, il reste pour avoir immédiatement les informations que lui envoie le bombardier Xanta. Le chambellan a les traits tirés, quand il entre dans la pièce, porteur d’un nouveau message. Actarus prend la missive en regardant l’homme.
- Vous devriez rentrer chez vous, suggère le roi. Cela fait plusieurs jours que vous n’avez pas quitté le palais.
- Je ne peux pas quitter le palais dans une telle situation de crise.
- Vous devriez rentrer, même si ce n’est que quelque heure, ajoute Phénicia.
La reine affiche elle aussi un visage fatigué, des cernes sont visibles sous ses yeux et son teint est pâle.
- Sans vouloir vous manquer de respect, ma reine, vous n’êtes pas très fringante non plus.
- Je suis trop inquiète pour me reposer.
- C’est pareil pour moi.
- Peut-être, mais vous devriez rentrer au moins pour voir votre fille.
Les yeux du chambellan semblent fixer le vide durant un instant.
- Chambellan, rentrez chez vous pour vous reposer un peu, prendre une douche et embrasser votre fille, fait Actarus.
- Majesté, je…
- C’est un ordre royal, coupe le roi. De plus, ma sœur va elle aussi retourner dans ses quartiers pour se reposer.
- Pardon ! , s’étonne Phénicia en regardant Actarus.
- Mais oui, fait le roi avec un sourire forcé.
- Et toi !?
- J’irais me reposer dans quelques heures quand tu viendras me remplacer, une fois que tu seras en forme.
- Mais…
Actarus lève une main.
- Pas de protestation, ou je te fais raccompagner par la garde.
- Tu n’oserais quand même pas ! , s’exclame Phénicia en se levant.
- Es-tu certaine de vouloir vérifier ?
La reine devient boudeuse.
- D’accord ! J’irais me reposer quand le chambellan retournera chez lui, déclare-t-elle en pointant l’homme du doigt.
Le chambellan recul sous la surprise.
- Quoi !? Euh…Dans ce cas, Vos Majestés, permettez-moi de me retirer, dit l’homme.
- Vous pouvez vous retirer, fait le roi.
Le chambellan fait une révérence puis sort du bureau de crise.
- Alors que dit ce nouveau rapport ? , demande Phénicia.
- Il y a maintenant cinq vaisseaux de Véga qui se sont regroupés, nous ignorons toujours leur destination.
- Décidément, Véga est bien trop présente dans la nébuleuse, soupire la reine en s’asseyant.
- Tu ne devais pas regagner tes quartiers après le départ du chambellan, remarque Actarus.
Phénicia lance un regard surpris à son frère.
- Quoi !? Ne me dis pas que tu étais sérieux !!??
- Tu veux vérifier ?
Pendant ce temps, le prince d’Euphor est dans sa chambre au centre, il regarde la Lune à travers la fenêtre.
- Je sais que cette mission est du suicide, je n’ai qu’une très faible chance de vaincre les troupes du Camp de la Lune Noire.
Procius ouvre la fenêtre, le vent froid s’engouffre dans la pièce.
- Je n’ai pas le choix, je dois accomplir cette mission ! Il faut que j’arrive à détruire la base lunaire ! Coûte que coûte au péril de ma vie !
Le prince fixe la Lune, il voit une chose étrange. Les cratères qui recouvrent la surface de l’astre se mettent en mouvement pour former une tête de mort. Procius cligne des yeux deux fois puis regarde de nouveau l’astre, ce dernier est tout a fait normal.
- Je crois que je ferais mieux de me coucher, la fatigue me joue des tours, déclare-t-il en fermant sa fenêtre.
Le professeur Alcor est installé confortablement dans son lit, un livre sur les genoux. Il jette un regard au réveil digital posé sur la table de nuit, ce dernier affiche vingt-trois heures.
- Elle n’est toujours pas rentrée, que fait-elle ?
Il termine à peine sa phrase que la porte de la chambre s’ouvre sur Sayaka qui est visiblement épuisé.
- Je suis vannée, déclare-t-elle en referment la porte. Je prends juste une douche et au lit.
Mécaniquement, elle se dirige vers la salle de bain sous le regard de son mari.
- Qu’as-tu donc fait pour te mettre dans un tel état ? , questionne Alcor.
Sayaka à laisser entrouverte la porte du cabinet de toilette, le bruit de l’eau s’écoulant de la douche se fait entendre.
- J’ai passé toute la journée sur le dos de ton frère, répond-elle.
- Le pauvre. Qu’a-t-il donc fait encore ?
- Rien. J’ai juste insisté sur la vérification des stocks d’armement et aussi sur la révision du Great. Nous avons vérifié une à une chaque munition.
- J’aurais bien voulu te voir contrôler les missiles, glisse timidement Alcor.
Sayaka ne semble pas réagir à la plaisanterie, le professeur s’attendait à un éclat de sa femme.
- Ah ! Oui ! Le Great sera au centre photonique demain.
L’eau cesse de couler dans la salle de bain.
- J’espère que votre plan d’attaque se déroulera sans problème et que vous avez pensé a tout.
- Moi aussi.
- Qui a eu l’idée d’envoyer Goldorak seul attaquer la Lune ?
- C’est Procius lui-même qui a eu cette idée. Nous avons tenté de l’en dissuader avec Cochir, mais comme il nous l’a fait remarqué, il n’y a que Goldorak qui peu évoluer dans l’espace.
Sayaka sort du cabinet de toilette vêtu d’un pyjama d’homme jaune avec des rayures bleues.
- Je crois que tu as mis un de mes pyjamas, remarque Alcor.
- Tu ne vas pas en mourir, répond la femme en se glissant dans le lit.
Elle se retourne vers son mari et l’embrasse sur la joue.
- Bonne nuit.
Sayaka s’allonge puis éteint la lumière de son côté du lit. Alcor la regarde un moment.
- « C’est la première fois depuis deux semaines qu’elle m’embrasse. Que se passe-t-il encore ? Que c’est-il passé pour qu’elle soit aussi distante avec moi tout ce temps ? , s’interroge le professeur. »
Finalement, Alcor ferme son bouquin puis il le pose sur la table de chevet. Il retire ses lunettes puis éteint à son tour la lumière.
Le professeur Kerod a passé toute la nuit dans son laboratoire pour finir sa bombe solaire. Il contemple une sphère argentée d’environ un mètre de diamètre.
- J’ai enfin terminé, soupire le professeur. Je n’ai plus qu’à prévenir le Stratéguerre. La Terre sera bientôt dans le girond de Véga.
Le bombardier Xanta se trouve dans un secteur peu fréquenté de la nébuleuse de Véga.
- Je relève une quinzaine de vaisseaux, ainsi qu’une planète non recensée dans le secteur.
- Je voudrais bien connaître leurs intentions, déclare le capitaine.
- Et si nous envoyons, une sonde ? , suggère l’opérateur radar.
- C’est risqué, s’ils découvrent la sonde nous sommes faits !
Le capitaine des forces de Véga au visage porcin se gratte le groin pensif.
- Tous les autres capitaines sont du même avis, cette planète correspond bien à la description possible faite par le Stratéguerre.
Il fixe la planète du regard sur l’écran principal.
- Et c’est moi qui dois avertir le Camp de la Lune Noire.
Le chambellan sort de sa chambre, ses traits sont encore fatigués malgré la nuit de sommeil qu’il vient de passer. Alièna est dans la cuisine, elle dépose sur la table un plateau pour le petit déjeuner.
- Mon pauvre papa, tu as l’air encore bien épuisé, constate la jeune femme.
Le chambellan s’installe à la table.
- Pourtant, je t’assure que j’ai passé une bonne nuit.
- Tu devrais encore rester ici, je vais prévenir le palais que tu es souffrant…
- Non ! , s’écrie le chambellan.
Sa fille le regarde de façon apeurée.
- Excuse-moi ma chérie. Je n’aurais pas dû crier sur toi.
- Tu vas bien ? , s’inquiète la jeune femme.
- Oui, c’est juste que j’ai un travail long et important à finir et que je ne peux pas me permettre de me faire porter absent.
- Si tu le dis, mais vu ton état, je me demande si tu es bien utile au roi et à la reine.
- « Je ne peux quand même pas lui dire la vraie raison au risque de lui faire peur. Et il suffit qu’elle fasse un impair en discutant avec ses amis pour que la panique gagne le royaume, pense le chambellan. »
De son côté, Alièna a son esprit préoccupé par un tout autre sujet, elle a hâte de s’installer sur le dispositif qu’elle a construit avec l’aide du reflet.
Le professeur Kerod est repassé par ses appartements avant de se rendre dans la salle de commandement, afin de se raser et de prendre une douche.
Le Stratéguerre est assis sur son trône entouré de sa garde rapprochée. Il écoute, mollement, le commandant Sog lui faire le rapport des activités de la nuit. Végalian aperçoit le professeur avancer vers lui, alors il lève la main pour couper la parole au commandant.
- Tu continueras plus tard. Kerod approche !
Le commandant s’écarte pour laisser passé le professeur. Kerod ne remarque pas le regard sombre que lui lance Sog. Le professeur arrive devant le trône et salut le Stratéguerre.
- Tu souhaitais me parler ? , questionne Végalian.
- Je voulais juste vous informer que j’ai achevé la construction de la bombe solaire.
Le Stratéguerre a un regain d’intérêt.
- Est-elle prête à être lancée ?
- Le lancement est à votre discrétion Maître.
- Voilà une bonne nouvelle enfin ! Je vais pouvoir enfin éradiquer ses maudits terriens ainsi que le prince d’Euphor. Faites les préparatifs pour le lancement de cette bombe.
- Votre grandeur, intervient Sog. Cette solution n’est-elle pas trop radicale ?
- C’est possible ! Mais je ne vois aucune autre solution ! J’en ai assez d’attendre d’autant plus que nos réserves arrivent à leur fin.
Un soldat arrive en courant, il donne un papier à un garde personnel du Stratéguerre. Ce dernier l’examine puis s’approche du trône pour le remettre à Végalian. Le Stratéguerre prend la feuille dans ses mains, un message apparaît. Végalian lit à deux fois le message avant de le laisser échapper de ses mains en se levant. La feuille est réduite en poussière avant de toucher le sol.
- Trouvez-moi un navire ayant encore assez d’énergie pour un aller-retour dans la nébuleuse de Véga ! , ordonne-t-il.
- Que faisons-nous pour les préparatifs de lancement de la bombe ? , demande le commandant Sog.
- Plus tard ! À mon retour ! Si cela est encore nécessaire, répond Végalian en descendant de son trône.
Sa garde personnelle se précipite pour l’encadrer alors qu’il se dirige vers la sortie avec précipitation.
- « D’après ce message, tout semble correspondre cette fois. Orania ! Orania ! Ils ont trouvé Orania ! Avec l’arsenal que cette planète renferme, je vais enfin pouvoir écraser militairement la Terre et non pas grâce à la technologie ! »
Le professeur Kerod sang le regard pesant du commandant dans son dos, sans lui adresser un regard, le professeur quitte à son tour la salle de commandement.
Le commandant Sog regarde la porte se refermer derrière le professeur avec jubilation.
- « Parfait, quelle chance ! J’ignore ce que va faire le Stratéguerre, mais c’est une aubaine pour moi ! Je vais pouvoir me venger de ce professeur et aussi me débarrasser de ce Procius avec son Goldorak !!! À moi la gloire !!! »
Le professeur Alcor se réveil, il ouvre les yeux, il regarde dans le lit et constate que Sayaka est déjà levé.
- Elle continue donc…
La porte de la chambre s’ouvre, le professeur tourne la tête. Sa femme apparaît avec un plateau chargé du petit déjeuner. Sans un mot, elle avance vers le lit où elle dépose le plateau sur les draps avant qu’elle ne rejoigne son époux.
- J’avais envie de prendre le petit déjeuner au lit ce matin, déclare-t-elle en souriant.
Sayaka prend une tasse fumante sur le plateau puis tend la seconde à Alcor.
- « Qu’est-ce qui lui prend ? Pourquoi est-elle aussi gentille d’un coup ? »
Le professeur prend la tasse puis plonge son regard dans le liquide comme pour tenter de voir le fond de la tasse au travers.
- « Dois-je avoir peur ? A-t-elle mis du poison dans ma tasse ou la nourriture ? »
- Alors !? Tu ne manges pas ? , s’étonne Sayaka.
Alcor saisit une tartine et la porte à sa bouche.
- « Advienne que pourras, se dit-il en croquant dedans. »
Le Stratéguerre s’installe dans le siège du capitaine d’un petit destroyer. Le navire décolle du Camp de la Lune Noire. Le bâtiment est rondouillard et peint en blanc et noir, de loin il évoque un panda allonger sur le ventre les pattes écarter.
- « S’il s’agit bien d’Orania, un nouveau problème se pose ! Comment y pénétrer pour accéder à l’arsenal qu’elle renferme !? Il faut que je me remémore cela à condition que tout ceci ne soit pas une pure création de mon esprit ! »
Le commandant Sog suit du regard, sur un moniteur, le vaisseau transportant le Stratéguerre, quitte l’un des hangars de la base. Le vaisseau monte rapidement jusqu’à devenir un petit point lumineux perdu dans les étoiles. Un léger flash lumineux indique que le destroyer vient de partir en déplacement instantané. Un sourire mauvais traverse le visage du commandant quand il se dirige vers la sortie de la salle de commandement.
- « C’est le moment de régler nos comptes mon cher professeur Kerod !! »
Banta se réveil, il est affalé dans le canapé du salon du ranch.
- Aie, aie, aie ! J’ai un mal de crâne, gémit-il.
Un ronflement attire son attention. Il découvre Bélier dormant entre ses jambes, les bras pendants du canapé.
- Je crois que je n’aurais pas dû vider la dernière bouteille de Saké avec cet énergumène, murmure Banta en tentant de se lever sans bruit.
Le professeur Kerod range son laboratoire, la sphère a disparu, il se retourne en entendant le bruit de la porte automatique. Il découvre le commandant qui se dirige droit vers lui.
- Commandant ! , s’exclame-t-il avec surprise. Que puis-je pour vous ? , demande-t-il d’une voix mal assurée.
Sog s’avance avec un visage neutre. Kerod fait deux pas en arrière, mais il se retrouve bloqué par une étagère.
- Ce que vous pouvez faire pour moi, fait calmement le commandant. Voyons voir… Disparaître !!!
En un éclair, les mains de Sog se retrouvent autour du cou du professeur. Les doigts du commandant s’enfoncent dans la chair molle de Kerod, ce dernier a les pieds qui décollent du sol, il se met à les agiter frénétiquement. Les mains du professeur tentent de rompre l’étreinte du commandant. Le visage du professeur se met à enfler légèrement, ses yeux se révulsent. Soudain le cou de Kerod émet un craquement étrange, au même instant ses mains retombent et ses pieds cessent de bouger. Un sourire de triomphe s’affiche sur le visage du commandant quand il retire ses mains de la chaire du professeur qui s’effondre comme une poupée de chiffon sur le sol.
- Voilà une chose de faite ! Maintenant au tour de Goldorak !!
Un pâle rayon de soleil filtre entre les rideaux de la chambre du prince. Le rayon solaire vient titiller les paupières de Procius qui se retrouve tiré de son sommeil. Le prince s’étire sous ses draps avant de les repousser. Il pose les pieds sur le sol glacé, son corps est parcouru d’un léger frisson. Procius se dépêche de chausser sa paire de pantoufles, malgré cela, il ressent encore la fraîcheur de ce matin hivernal. Étant vêtu simplement d’un caleçon et d’un maillot de corps, le prince s’empresse de saisir sa robe de chambre qui l’attend, chiffonnée, coincée entre la couverture et le pied de lit. Avec un grand mouvement majestueux, il enfile le vêtement telle une cape avant de faire un nœud à la ceinture. Procius avance vers la fenêtre et tire d’un geste rapide les rideaux, la pâleur d’hiver du soleil envahie la pièce et oblige quand même le prince a plissé les paupières. Une fois sa vision adaptée, il contemple le ciel, au loin quelques petits nuages dérivent tranquillement au gré du vent, son regard descend vers la forêt aux arbres dénudés et squelettiques. L’apparence de squelette est encore plus renforcée par la neige tombée dans la nuit recouvrant leurs branches.
- Allez ! Finis de rêvasser ! J’ai du travail qui m’attend !
Procius fait un quart de tour sur ses pieds quand quelque chose attire son regard, il se penche sur la vitre, il découvre sur le rebord de la fenêtre une forme sombre qui s’avère être un petit oiseau couché sur le côté. Le prince ouvre la fenêtre pour prendre l’animal dans ses mains. La pauvre bête est gelée sans vie.
- Pauvre animal, soupire le prince. J’espère que ce n’est pas un mauvais présage ! , fait-il en regardant le ciel.
Le Stratéguerre est toujours installé dans le siège central de la passerelle du destroyer, ses yeux sont clos, son esprit est complètement détaché de tout ce qui l’entoure. Végalian fait une plonger au plus profond de son esprit pour tenter de percer le secret d’Orania. Il fouille sa mémoire à la recherche du souvenir ou son oncle, le Grand Stratéguerre, lui a confié l’existence de cette planète avec son arsenal et certainement le moyen d’y accéder.
-« Il faut que se souvenir me revienne avant d’arriver à destination ! C’est impératif !!! Je ne peux plus attendre pour conquérir la Terre ! »
Pendant que Végalian fouille ses souvenirs, le destroyer voyage tranquillement en déplacement instantané.
Le commandant Sog travers au pas de course un des hangars du Camp de la Lune Noire, il s’engouffre, par un sas, dans un vaisseau sombre. Quelques instants plus tard, un vaisseau en forme d’araignée s’envole du camp piloté par le commandant en personne.
- Goldorak ! Le moment est venu pour nous deux de nous affronter face à face !! , lance Sog les yeux injecter de sang.
Le commandant éclate d’un rire dément dans le poste de pilotage du vaisseau.
- Je vais raser ce centre de recherche ! Goldorak se trouvera privé de ses alliés !! Je pourrais le vaincre facilement ! Le prince d’Euphor mort, Véga pourra envahir la Terre sans aucune résistance ! Le Stratéguerre pourra y régner et je serais enfin récompensé de mes efforts ! Je serais peut-être nommé gouverneur d’une région ou peut-être j’occuperais un poste des plus important dans l’empire !!!
Sog met le cap sur le centre de recherche en poussant les moteurs à leur pleine puissance.
Le Stratéguerre est toujours profondément concentré sur ses souvenirs.
- Maître ?? , fait une voix dans le lointain.
Végalian ne prête aucune attention à la voix, il est tout à son souvenir. Il se revoit en compagnie de son oncle le Grand Stratéguerre, ils se trouvent en plein milieu de l’espace, en réalité toutes les surfaces de la pièce, où ils se trouvent, projettent une carte stellaire en trois dimensions.
- Je vais te montrer comment accéder à l’arsenal d’Orania, confie subitement le Grand Stratéguerre.
La planète Orania envahie soudain la pièce, le Grand Stratéguerre désigne du doigt un petit cratère à la surface de la planète.
- Regarde bien ! C’est ici que repose tout l’avenir de Véga en cas de nécessiter !!
- Votre grandeur !? , insiste la voix dans le lointain.
Le cratère empli le change de vision de Végalian.
- C’est ici que tu devras te rendre en cas de besoin, annonce son oncle. Garde bien ce lieu dans ta mémoire, mon cher neveu, car le jour où je ne serais plus, tu auras entre tes mains l’avenir de l’empire de Véga !
- Je suis conscient de l’honneur et des responsabilités qui m’incombent, répond le jeune Végalian.
Le grand Stratéguerre lui adresse un sourire rempli de fierté.
- Je n’en attendais pas moins de toi ! Voilà ce que tu devras faire pour accéder à notre arsenal !
- Votre Majesté !? , insiste une nouvelle fois la voix.
Végalian ouvre les yeux brusquement, faisant sursauter le soldat se trouvant face à lui.
- Qu’y a-t-il ?
Le soldat se racle la gorge.
- Maître, nous allons arriver à destination dans quelque seconde.
Le Stratéguerre se lève, ses gardes personnels se préparent à l’entourer.
- Capitaine ! Faites-moi préparer une navette ! Je dois me rendre seul sur cette planète !
Le soldat jette un regard aux gardes, qui sont tout aussi surpris.
- Oui… votre grandeur. Je m’en occupe immédiatement.
Densha observe le radar spatial en buvant une tasse de café. Il avale une gorgée quand il ouvre de grands yeux. Il manque de s’étouffer, il lâche sa tasse qui s’écarte sur le sol.
- Alerte !!!! Un vaisseau se dirige droit sur le centre !!!
Aussitôt l’alarme retentit dans tout le centre.
Procius se précipite vers le premier interphone qu’il trouve dans le couloir.
- Que se passe-t-il ?
- Un vaisseau se dirige droit vers nous ! , répond Alcor visiblement essoufflé au son de sa voix.
- Compris ! Je fais une sortie !
Aussitôt sa phrase terminée, le prince se met à courir dans le couloir.
Le vaisseau en forme d’araignée descend rapidement, il déchire les nuages. Dans le siège du pilote, le commandant Sog commence à distinguer la structure du centre de recherche spatial Procyon.
- Nous y voilà enfin ! Voici l’affrontement final ! Goldorak, tu peux faire ta prière !!! Ah ! Ah ! Ah !
Procius plonge les pieds en avant dans la trappe pratiquer dans le mur, il glisse dans un conduit en métal, il atterrit sur le siège de l’Asporat. Aussitôt, il actionne les manettes, les petits réacteurs de la machine crachent des flammes. L’engin se propulse dans le conduit, les cheveux du prince bougent avec la vitesse. Une lumière apparaît au bout du conduit, Procius plisse légèrement les yeux.
L’Asporat surgit par une ouverture dans le plafond du hangar de Goldorak, le prince saute de l’appareil.
- Métamorphose !
Alors que Procius revêt sa combinaison de vol, l’engin disparaît par une autre ouverture se trouvant à l’opposé. Le prince effectue une rotation dans sa chute pour retomber sur ses pieds dans le cockpit de la soucoupe porteuse. À peine est-il installé sur le siège de pilotage que la verrière se referme pendant que l’interface de pilotage vient recouvrir ses membres.
- Utilise la route numéro quatre, suggère Alcor.
- Le vaisseau ennemi est sur nous ! , annonce la voix de Densha. Le Cérebro-ordinateur a actionné la carapace de protection.
- Pas le temps ! , déclare Procius. Je sors par le barrage !
- Après tout, soupire le professeur. Au point où on en est !
Le sas s’ouvre, une cascade d’eau s’écoule devant l’ouverture.
- Goldorak ! GO !
La soucoupe s’élance. La tête du robot géant émerge rapidement de la cascade artificielle tel un démon sortant des eaux.
Sog voit surgir Goldorak des entrailles du barrage.
- Oui !!! J’aurais dû me douter que tu devais avoir un point d’envol à proximité du centre ! Mais cela ne changera rien !
Goldorak monte rapidement en direction de son adversaire. Procius remarque la forme particulière du vaisseau.
- On dirait un vaisseau pilonneur, constate-t-il.
Les pattes du vaisseau araignée bougent pour viser le centre.
- Voyons voir si le centre va résisté à ma pluie de bombe !!! , s’exclame le commandant.
De l’extrémité des membres de la créature, se mettent à tomber des projectiles ovales.
- Disparaissez tous !!!!
Procius voit des points noirs tombés de l’araignée. Les points grossissent rapidement.
- Des bombes ! Il bombarde le centre !
Le prince tourne la tête en direction du centre, il distingue la carapace rouge et blanche qui recouvre la structure principale. Son regard revient sur les projectiles.
- Megavolt ! Pulvonium !
Quatre rayons bleutés quittent la soucoupe, d’autres violets partent des poings du robot. Le prince fait un tir de barrage pour détruire les bombes. Il vise les projectiles, mais malgré son habileté, plusieurs bombes passent le tir de barrage.
- Ah ! Ah ! Ah ! C’est inutile ! Mes bombes arriveront à leur but ! , s’écrie Sog dément.
Les murs et les sols du centre de recherche spatial vibrent sous les impacts des bombes. À l’intérieur le personnel fixe le plafond avec inquiétude sous l’éclairage d’alerte. Soudain, deux impacts plus violents que les autres plongent dans le noir le centre durant cinq secondes avant que l’éclairage de secours ne se déclenche.
- Deux bombes ont atteint la carapace, annonce Densha. Pour le moment sa structure résiste, ajoute-t-il.
- Oui, mais pour combien de temps, murmure le professeur Alcor.
- Qu’est-ce que c’est tout ce raffut, lance Banta en sortant de l’étable.
Un sifflement lui fait lever le regard. Soudain, son visage est terrorisé, le vieux garçon de ferme semble pétrifié sur place.
- On dirait le bruit d’un bombardement, déclare Eekaan en sortant à son tour en portant deux pots de lait.
Elle remarque l’expression de Banta. La jeune femme lève à son tour les yeux vers le ciel, elle lâche les deux pots de lait pour se mettre à courir en direction de la vieille grange.
C’est le bruit métallique des pots de lait tombant sur le sol qui sort Banta de sa torpeur, il baisse le regard pour apercevoir Eekaan courant vers la grange. Le vieux garçon de ferme se lance à sa poursuite, et là une chose surprenante se produit, l’adrénaline ou la terreur et surmenant les deux font que le vieux garçon de ferme rattrape la jeune fille et la plaque au sol.
- Tu ne dois pas y aller, déclare Banta.
- Mais lâche-moi !!! Je dois décoller ! , proteste la jeune femme.
- C’est inutile ! Tu dois rester en vie pour la bataille finale !
À une centaine de mètres de là, dans la pâture proche, une bombe égarée finit sa course en explosant sur le sol gelé recouvert de neige en laissant un cratère à la terre brûlée.
- C’est inutile ! Je ne peux pas toutes les détruire, constate le prince avec amertume. Il faut que je trouve autre chose !!
Goldorak poursuit son ascension en direction de l’araignée.
- Oui !!! Je t‘ai enfin à ma merci prince d’Euphor ! Que vas-tu donc faire Procius !? , s’exclame Sog en pleine crise d’hystérie derrière ses commandes.
- Voyons voir si je peux utilisé la même technique une deuxième fois sur ce pilonneur ! Astérohache !
La double hache apparaît dans les mains du robot, Procius la lance en direction du flot de bombes qui chutent quand la hache arrive au centre des armes, il actionne une commande.
- Thunder Cut !!
Le Cornofulgure vient frapper l’Astérohache provoquant l’explosion des bombes dans leur chute, un épais nuage de feu et de fumée remplit le ciel.
- Je ne le vois plus ! , s’exclame Sog avec une légère panique dans la voix.
Le vaisseau araignée s’approche du nuage opaque quand surgissant de ce tourbillon infernal, la tête de Goldorak surgit.
- Ah ! Ah ! Il se prend pour un démon maintenant ! , crache le commandant.
- Spider Spin !
Des dents acérées sortent des Planitronks qui se mettent en rotation sur leurs supports. Goldorak fait le tour du vaisseau adverse en le frôlant.
- Tu ne peux rien contre moi ! , s’exclame le commandant. Malgré tout tes efforts, je continue à larguer mes bombes sur ton précieux centre !
Procius approche encore plus sa soucoupe du vaisseau de Véga, les pointes des Planitronks entre en contacte avec les pattes de l’araignée. Goldorak découpe, les uns après les autres, les membres de la créature.
- Ah ! Ah ! Ah ! C’est inutile prince Procius ! Je peux continuer à lancer mes projectiles de destruction ! Avec moins de précision certes !
Le nuage de fumée se dissipe. Le prince distingue quelques bombes en chutent libre en direction du centre.
- Il faut que je l’achève rapidement !
Goldorak effectue un retournement pour faire face de nouveau à son adversaire. Procius remarque deux bombes sur le point d’être expulsé à l’avant du vaisseau.
- Cornofulgure !
Le prince vise avec son rayon l’avant du vaisseau plus précisément l’une des bombes. Cette dernière explose provoquant une explosion en chaîne au sain de l’araignée.
Goldorak plonge pour tenter de rattraper les bombes restantes avant qu’elles ne touchent le sol.
- Missile Gamma !
Les Planitronks s’ouvrent pour laisser apparaître les canons projetant les missiles. Une volée de projectile, en forme de cône fileté, remplit le ciel, en contre bas des bombes explosent en plein ciel. Une fois la menace annihilée, Procius reporte son attention sur les restes du vaisseau araignée. Celui-ci est toujours en vole, mais il laisse dans son sillage une traînée de fumée.
- Il est temps d’en finir ! , annonce le prince.
Goldorak effectue une vrille montante pour revenir vers l’ennemi.
- Hélicopunch !
Les deux poings du robot sont projetés avec leur pointe à angle droit tournant comme des hélices. Les deux projectiles entrent par une ouverture béante apparue après avoir coupé les pattes de l’araignée, ils ressortent à l’opposé après avoir déchiqueté la coque puis regagnent leur place.
- Megavolt !
Les quatre rayons bleutés partent de la soucoupe porteuse, ils s’engouffrent dans la coque déchirée. L’araignée explose, des morceaux de carlingue sont projetés dans le ciel.
Au camp de la Lune Noir, un soldat actionne frappe à la porte du laboratoire du professeur Kerod.
- Professeur ! Vous êtes là ?
Aucune réponse. Le militaire frappe une nouvelle fois plus fort sur la porte. Toujours aucune réponse. Il décide donc d’actionner la sonnette de l’interphone situé à côté de la porte.
- Professeur ?
Il attend un moment, mais comme il n’a toujours aucune réponse, il force l’ouverture de la porte. Le soldat a le regard attiré par une étagère à demi renversée sur un mur. Le militaire s’avance, il fait le tour du bureau, il voit un pied dépassant de derrière le meuble. Le militaire fait un pas avec prudence, il voit allonger sur le sol le professeur.
- Professeur ?
Son regard se pose sur le visage légèrement gonflé de Kerod et sur sa gorge écrasée.
- On a tué le professeur Kerod !!!
L’araignée est en feu, ce qui reste du vaisseau a une trajectoire étrange. Procius suit la carcasse du regard quand une nouvelle explosion survient disloquant les restes du navire, mais quand les flammes et la fumée se dissipent, apparaît une forme sombre et allongée.
- Qu’est-ce que c’est encore que ce mauvais tour !?
La forme se redresse dans le ciel, Goldorak reste à bonne distance. Procius jette un regard perçant à la forme afin de deviner le mystère qu’elle dissimule. Il n’a pas le temps de faire des suppositions que la forme grandit brusquement. Elle a déployé deux gigantesques ailes de chauve-souris.
- J’ai plus d’un tour dans mon sac, jubile Sog fièrement dans son poste de pilotage. Que penses-tu de ma nouvelle création ?
- Un Antérak chauve-souris ! , constate le prince.
En un battement de paupière, l’Antérak se retrouve accroché à la soucoupe porteuse.
Toujours en observation dans la nébuleuse, le bombardier Xanta suit sur ses radars les mouvements des vaisseaux de Véga autour de cette planète inconnue.
- Capitaine ! Un nouveau vaisseau de taille moyenne vient d’apparaître ! , annonce l’officier radar.
- Un nouveau bâtiment !?
- Je pencherais pour un destroyer.
- Mais qu’est-ce qui se passe ici !!??
- Capitaine ! , intervient soudain le second en se plaçant devant son supérieur. Nous devons savoir à tout prix ce qui se passe !
- C’est une évidence ! Mais nous sommes coincés ici, nous ne devons pas nous faire détecter, soupire le capitaine.
- J’ai peut-être une solution.
- Laquelle ?
- Nous avons dans notre soute le prototype d’une navette furtive !
- C’est exact ! Mais comme vous l’avez dit, ce n’est qu’un prototype !
- Certes, mais nous devons l’envoyer pour espionner les vaisseaux de Véga, ainsi nous saurons ce qui se passe ici !
- C’est risqué et qui allez vous envoyer ? , demande le capitaine.
- Je suis volontaire pour cette mission !! , répond le second en se redressant.
Le capitaine s’enfonce dans son fauteuil, il ferme les yeux puis croisent les mains devant son visage.
- Très bien vous avez mon accord, soupir-t-il.
L’officier en second se précipite en direction de la soute, un instant plus tard, une navette grise, avec trois ailes positionnées de façon évoquant un triangle, sort de la soute du bombardier. Elle prend immédiatement la direction de la planète inconnue.
Au même instant, en orbite autour d’Orania, une chaloupe spatiale quitte les flancs du destroyer. La chaloupe est pilotée par Végalian, il est seul à son bord conformément à ses ordres. La navette s’éloigne en vitesse de croisière de la flotte en direction de la planète.
- Maintenant, je dois trouver le cratère d’accès parmi tous les autres, constate le Stratéguerre qui n’avait pas pensé à cet aspect.
Il ferme les yeux pour replonger dans ses souvenirs à la recherche d’un indice qui pourrait faciliter sa tâche. Il revoit le Grand Stratéguerre lui désigner du doigt le cratère en question, quand il ouvre les yeux, il voit le visage familier et fantomatique de Végalia devant un des cratères du monde.
- Te voilà ma douce !
Végalian dirige sa navette en plein sur le cratère de l’apparition. Sa chaloupe approche dangereusement de la surface, mais il ne réduit aucunement sa vitesse. Le nez de la navette franchit les bords de la cavité sans avoir décéléré.
- J’ai toute confiance en toi mon amour, déclare tranquillement le Stratéguerre en voyant la surface torturée approchée.
La chaloupe semble s’enfoncer dans le sol comme dans l’eau ou un fantôme passant au travers d’un mur.
Végalian se retrouve dans le noir quasi complet, la seule lumière provient de ses instruments de navigation. Un rayon orange surgit de nulle part et passe sur l’ensemble de son corps puis disparaît. Une lumière remplace l’obscurité, la chaloupe se trouve au centre d’un cylindre horizontal, devant elle, une grande porte à double battant se met à coulisser lentement. Le Stratéguerre profite de ce moment d’attente pour fouiller une nouvelle fois sa mémoire.
-« Tu seras scanner par un rayon, lui dit la voix de son oncle. Grâce à une particularité de notre chaîne ADN, tu seras reconnu par le chromosome que tout membre de la famille impériale possède en plus. Une fois les portes franchies, tu déboucheras dans un sas de transit… »
Les portes ont fini de bouger, Végalian fait avancer sa navette.
L’officier en second se fraye discrètement un passage entre les vaisseaux de Véga avec la navette furtive. Il est livré à lui-même, car il ne peut pas utiliser les communications pour éviter de se faire découvrir. Finalement, il décide de se mettre à l’abri sous la coque d’un navire de transport faisant face à la planète.
Végalian se trouve dans le sas d’accès de la navette, quand la porte s’ouvre, une passerelle énergétique se matérialise. Le Stratéguerre met un pied dessus puis se met à se déplacer rapidement à sa surface. Il atteint une pièce entièrement en marbre ressemblant à s'y méprendre à la pièce dans laquelle son oncle lui a révélé ce secret. Végalian s’avance vers le mur se trouvant face à l’entrée, un pan de la cloison pivote pour découvrir un ordinateur datant du règne du Grand Stratéguerre.
- Ce n’était pas le fruit de mon imagination, constate avec soulagement Végalian. Tout cela est bien réel ! Je n’ai plus qu’à ouvrir les accès !
Le Stratéguerre actionne une commande sur le vieil ordinateur, le mur se trouvant à sa droite semble disparaître, à la place surgissent des vaisseaux sagement alignés. Végalian s’avance vers les vaisseaux, il constate qu’il y’a beaucoup moins de vaisseaux que dans son souvenir.
- Il est temps de faire venir de la main-d'œuvre !
L’officier en second du Xanta remarque une agitation au sein des vaisseaux de Véga.
- Il se passe quelque chose, constate-t-il.
À peine a-t-il refermé la bouche qu’une dizaine de navettes décollent du vaisseau de transport qui l’abrite. Plusieurs navettes passent à côté du vaisseau furtif sans le remarquer.
- Ouf !!
Le second constate que des autres vaisseaux, d’autres navettes partent aussi en direction de la planète.
- Qu’est-ce qu’ils vont faire dans ce lieu ?
Les griffes de la chauve-souris entourent les bras de support des Planitronks, elle bas des ailes violement pour entraîner Goldorak vers le sol. Procius met tout en œuvre pour contrer ses mouvements, mais il ne peut rien, la chauve souris mécanique finie par prendre de la vitesse rapidement.
- Je dois a tout pris me dégager ! Spirogyre !
La soucoupe se met à tourner sur elle-même, les ailes de la chauve-souris se replient sur son corps, la vitesse de rotation augment.
- Allez ! Tu vas lâcher prise !!! , implore le prince.
Après quelques tours supplémentaires et une vitesse accrue, la griffe de la créature lâche prise, Goldorak cesse sa rotation puis s’éloigne rapidement de l’Antérak.
- Sois maudit Procius ! , crache Sog ! Cela ne fait rien, nous allons jouer encore un peu dans ce cas !!!
La chauve-souris déploie ses ailes et cesse instantanément de tournoyer. De sa bouche sortent des cercles concentriques blancs. Les premiers cercles frappent Goldorak dans le dos, mais rien ne se produit.
- Qu’est-ce que cela signifie ? , se demande Procius.
Il tourne la tête en arrière pour regarder son adversaire quand subitement il ressent un choc dans ses commandes, puis un second plus violent, puis un autre et encore un autre.
- Oh non ! Des ultrasons à déflagration !
À chaque secousse, la violence augmente et la soucoupe se met à tanguer dangereusement.
- Il faut que je sorte de son champ d’action !
L’Antérak est dans la traînée de Goldorak qui a de plus en plus de mal à conserver son altitude.
Le Stratéguerre regarde par au travers du pan de mur disparut la flotte quand un soldat se présente, ce dernier exécute le salut Végan avant de se mettre au garde-à-vous.
- Je veux un inventaire complet de tout ce qui se trouve ici ! Nombre de vaisseaux, armement, munition, énergie ! , ordonne-t-il sans quitter les vaisseaux des yeux.
- À tes ordres ! , répond le soldat avant de partir au pas de course.
- Grâce à tout cela, je vais pouvoir te réduire en poussière prince d’Euphor, ainsi que ton Goldorak !
Goldorak continu toujours de perdre de l’altitude, la chauve souris mécanique le suit toujours à la trace. Une nouvelle onde d’ultrason fait vibrer violemment la soucoupe, des alarmes clignotent de partout.
- À ce rythme-là, Goldorak va être disloqué avant de s’écraser. Je dois trouver un moyen de contrer ces sons néfastes !!!
Procius écarquille ses yeux.
- Pourquoi pas… Cela pourrait fonctionner…
- Alors, prince d’Euphor !!! Tu ne sais que faire pour m’échapper ! , jubile le commandant Sog. Je te tiens à ma merci !
Le visage du commandant est illuminé par un sourire triomphant.
- Je vais te donner le coup de grâce !
Procius sert ses mains sur les commandes.
- Goldorak ! Mégamach !!!
Les réacteurs de la soucoupe se mettent à luire.
Le commandant constate la brillance des propulseurs de son adversaire.
- Quoi !? Mais que fait-il ?
Goldorak se met à prendre de la vitesse, le commandant Sog tente de le suivre avec son Antérak, ses attaques à ultrason se font moins précises. Des traînés blanches apparaissent de chaque coté de la soucoupe au niveau des Planitronks ainsi qu’au somment de l’aileron.
- Allez plus vite ! , s’exclame Sog en poussant sa manette des gaz.
De nouvelles traces blanches surgissent au niveau des cornes de Goldorak et soudain il est entouré brièvement d’un nuage accompagné d’une détonation. La soucoupe vient de franchir le mur du son. Procius tire sur ses commandes, Goldorak monte en flèche pendant que son adversaire se retourne pour tenter de le poursuivre. Le prince effectue un marteau avant d’effectuer un piqué sur son adversaire.
- L’imbécile ! , sourie le commandant.
Sog envoie une nouvelle attaque à ultrason, mais les rayons concentriques semblent ne plus avoir d’effet.
- C’est inutile ! Je me déplace plus vite que le son ! Mégavolt !
Procius dirige ses rayons sur la bouche de la chauve-souris.
Végalian n’a pas bougé, il contemple toujours les bâtiments retenus prisonnier dans les entrailles de la planète pour quelques heures encore. Un soldat s’avance timidement avec une tablette informatique dans les mains.
- Je vous écoute, fais subitement le Stratéguerre perdu dans sa contemplation.
- Ce… dépôt, hasarde le soldat. Ce dépôt contient cinq cents vaisseaux, allant du patrouilleur au gros vaisseau de transport. Il n’y a que cent vaisseaux en état de voler, les armements des vaisseaux sont défaillants ou incomplets sur certains bâtiments. Les niveaux d’énergie encore disponible dans les vaisseaux sont variables. Il a été recenser pour le moment un stock de bombes au Lasernium d’environ…
Végalian n’écoute plus le rapport du militaire.
- « Cinq cents vaisseaux !!!! C’est impossible !!! Il y avait plusieurs milliers de vaisseaux !!! Que sont devenus ces navires !!?? Mon oncle les auraient-ils utilisés dans une conquête ? Mais laquelle ? Tous ces vaisseaux n’ont pas pu être engloutis par la conquête de la Terre ? Tant de questions sans réponse !! , pense-t-il. »
- Maître ?
Végalian sort de ses pensées, il se tourne vers le soldat, il lui arrache la tablette des mains pour la parcourir rapidement.
- Vider les réserves énergétiques des vaisseaux inutilisables et répartissez le tout entre les cent bâtiments en état, le surplus sera distribué aux vaisseaux en orbite pour le voyage de retour. Procédez de même pour tout l’armement. Et pour les navettes d’attaques !
- À vos ordres ! , répond le soldat en le saluant.
- Je veux que nous soyons prés au départ dans deux heures !
- Je crains que ce soit…, commence le soldat.
- Deux heures !!!
Le soldat part en courant.
- Moi qui croyais trouver un arsenal important, me voici avec quelques antiquités tout juste capables de voler ! Mon oncle, qu’avez-vous donc fait du reste de l’armada de réserve !?
La mâchoire de la chauve-souris fond puis elle se détache du reste de la tête. Goldorak se met à voler sur le côté droit pour éviter de heurter l’Antérak.
- Comment !!!! Comment a-t-il réussi à contrer mon attaque !!??? , hurle le commandant ses deux mains de chaque coté de son crâne.
Un nouveau bang sonore retentit quand Goldorak redescend en dessous de la vitesse du son. La chauve-souris pivote puis plonge sur son adversaire.
- Tu ne m’échapperas pas !! , hurle Sog les yeux exorbités.
L’Antérak darde les griffes de ses pattes et de ses ailes sur Goldorak, il chute à une vitesse vertigineuse.
Procius vérifie l’intégrité de Goldorak quand son radar lui montre la chauve-souris fonçant droit sur lui, il n’a pas le temps d’esquisser une manœuvre que la soucoupe se retrouve enserrée par l’Antérak.
- Quel imbécile ! , se lance le Prince.
Il tente de se dégager de l’étreinte en faisant tanguer sa soucoupe sans résultat.
- Tu vas mourir Procius d’Euphor !!! , déclare le commandant de façon démente.
Les deux machines de guerre se rapprochent dangereusement du sol.
- Procius tient bon !!! , supplie la voix d’Alcor dans le système de communications. Les filles vont bientôt venir à ton aide !
- Non !! Il ne faut pas !!!
- Quoi !!! , s’égosille le professeur.
- Il faut qu’elles restent au sol pour accomplir notre plan d’attaque, répond Procius.
- Mais…
- Je me débrouille seul !! , crache abruptement le prince sur un ton ne laissant pas place à la contradiction.
- Comme tu veux, soupire Alcor.
Le sol c’est encore rapproché, voyant qu’il ne peut pas se débarrasser de cette façon de son adversaire, Procius saisit la poignée qui se trouve au dessus de sa tête.
- Transfère !
Son siège recule légèrement avant de s’enfoncer dans les entrailles de la soucoupe pour rejoindre le robot géant. À mi-chemin, son siège fait une double tour avant de rejoindre le poste de pilotage du robot.
- Autolargue !!!
Le Stratéguerre s’arrache à la contemplation des vaisseaux restant dans Orania, il se prépare à rejoindre la chaloupe avec laquelle il est venu quand un soldat s’avance avec hésitation.
- Quoi ?
Le militaire se redresse.
- D’après les techniciens, il faudra plus de deux heures pour accomplir vos ordres, mais il est possible de faire sortir les vaisseaux au fur et à mesure qu’ils sont rechargés en énergie et armement.
Végalian fronce les sourcils contrariés.
- Bien ! Faite donc ainsi !
Le Stratéguerre reprend sa marche en direction de la chaloupe.
Le robot géant est éjecté de sa soucoupe porteuse, il effectue un roulé-boulé sur le sol alors que la soucoupe heurte violemment le sol. Le choc fait lâcher prise à l’Antérak. La soucoupe décolle pendant que Goldorak se met sur ses pieds. La chauve-souris en fait de même, les deux adversaires s’observent un instant.
- Ne crois pas que tu vas gagner ! , lance le commandant hors de lui. J’ai encore quelques tours dans mon sac, comme disent les humains.
La navette furtive du bombardier Xanta est toujours dissimulée dans la flotte quand l’homme à son bord voit une chaloupe regagner le destroyer.
- Je payerais cher pour savoir ce qui se trame sur cette planète, déclare l’officier en second du bombardier.
La chauve-souris déploie ses ailes, sur son ventre apparaît un cercle orange. Goldorak se prépare à un assaut, mais l’Antérak reste immobile, ses ailes se mettent à luire doucement.
- J’ai un mauvais pressentiment, fait Procius.
- Goldorak ! Tu vas goûter à mon Héliodardeur modifié, éructe Sog.
Le rond orange se met à briller sur le ventre de la chauve-souris.
- C’est bien ce que je craignais, constate le prince. Fulguropoings !!!
Les ailes de l’Antérak se mettent à briller fortement.
- Plus que quelques secondes et tu seras réduit en centre prince d’Euphor !!!
Les deux poings de Goldorak se lèvent pour viser les ailes de son adversaire, les deux projectiles partent en tournoyant.
Le commandant Sog a le doigt sur le bouton de tir quand il voit les deux poings se diriger vers son Antérak.
- NOOOOONNNNN !!!!!
Il appuie sur la commande de mise à feu au moment ou les hélices des poings déchiquettent les ailes de la chauve-souris. Malgré cela un rayon sort tout de même du cercle orange, mais il se volatilise après avoir parcouru une vingtaine de mètres.
L’Antérak replie ses ailes.
- IMPOSSIBLE !!! , hurle le commandant les yeux exorbités.
Un filet de sang coule de chaque œil, car des vaisseaux sanguins ont éclaté.
À bord de la navette furtive, l’officier en second du bombardier Xanta voit surgir d’un énorme cratère de la planète quatre vaisseaux. Ces navires viennent rejoindre la flotte.
- Je rêve, des vaisseaux sortent des entrailles de cet astre !!!
La chauve-souris bondit sur Goldorak, les deux robots roulent sur le sol.
- Cervofulgure !
Un rayon part des petites cornes situées au milieu du front du robot géant, il frappe l’Antérak au niveau des yeux.
- Ce n’est pas cela qui va m’arrêter ! , calme Sog alors que son poste de pilotage et parcouru d’arc énergétique.
L’aile droite se replie d’une étrange façon, elle finit par former une sorte de bras prolongé d’un crochet. L’Antérak abat le crochet sur le visage de Goldorak.
- Qu’en dis-tu prince !!!?? , lance Sog avec un rire dément.
- Mégavolt !!
La soucoupe porteuse arrive dans le dos de l’Antérak, elle s’immobilise avant de lancer ses rayons en plein dans l’échine de la chauve-souris.
- Cette maudite soucoupe ne va pas m’empêcher de triompher !! , annonce le commandant.
Il fait redresse son Antérak puis le fait pivoter pour lancer un rayon vert sortant des yeux de sa machine pour détruire la soucoupe.
Goldorak profite de ce mouvement pour rouler sur le côté gauche en entraînant dans cette action l’Antérak déstabilisé.
La chauve-souris se retrouve dos au sol, Procius actionne ses commandes pour sauter sur son adversaire, mais le commandant Sog riposte rapidement en repliant les pattes de l’Antérak pour repousser son ennemi. Goldorak se retrouve projeté vers l’arrière quand les griffes des pattes contrent son action.
La chauve-souris se redresse, des lames sortent sur les bords de ses ailes qu’elle se met à agiter devant elle.
- Astérohache !!
Les deux parties de la double hache quittent les épaules de Goldorak avant de s’assembler, le robot la saisit à deux mains.
L’Antérak fait un saut dans sa direction en agitant ses ailes pour trancher son adversaire.
D’un mouvement de haut en bas, Goldorak tranche l’aile droite de la créature qui vacille, le commandant redresse sa machine avant qu’elle ne soit déstabilisée. Goldorak réitère la même action pour couper la seconde aile.
Les yeux de la chauve-souris commencent à émettre une lueur verte. Goldorak pivote sur sa jambe gauche en tenant au bout de son bras doit la double hache. Quand il finit sa rotation, il tranche avec l’Astérohache la tête de l’Antérak qui tombe sur le sol.
Quand la tête de la chauve-souris touche le sol, le commandant Sog en est projeté, il roule sur le sol face contre terre, avec peine, il se met sur le dos, un filet de sang coule de sa bouche, une manette de commande lui travers le torse. Il a du mal a respiré, sa vision est trouble, mais il cligne des yeux plusieurs fois et fini par voir au-dessus de lui Goldorak.
- Prin..ce d’Euphor… ce n’est pas fini, articule-t-il. Le combat continnnnnuuuuu, lance-t-il dans son dernier soupir.
Le reste de l’Antérak tombe à la renverse puis explose, Goldorak lève la tête en direction de sa soucoupe porteuse qui tourne au dessus de lui.
- Récupération !
Le robot géant se met à courir puis bondir dans le ciel pendant que sa soucoupe arrive dans son dos.
Une nouvelle vague de vaisseau sort du cratère de la planète sous le regard de l’officier en second du Xanta.
- Si je ne me suis pas trompé, j’en suis à quatre-vingt-dix bâtiments.
Un vaisseau de ravitaillement passe à côté du vaisseau sous lequel est dissimulée la navette furtive.
- Depuis tout à l’heure, ce vaisseau ravitaille tous les autres, constate-t-il. Dans quel but ? Non ! Pour quel objectif !?
De nouveau, une dizaine de vaisseaux sort du cratère, mais cette fois, des navires s’éloignent de la flotte avant leur arrivée. L’officier suit la manœuvre avec intérêt, il remarque dans ce groupe de vaisseau, le destroyer.
Les vaisseaux provenant de la planète prennent position au sein de la flotte alors que l’homme voit s’éloigner les autres bâtiments, il sort de dessous son siège une paire de jumelles numérique, il zoome sur le groupe au moment ou les navires passent en déplacement instantané. Il repose ses jumelles avec agitation.
- Il faut que j’avertisse le bombardier.
L’officier ouvre la radio machinalement d’une main, dans l’autre, il tient le microphone.
- … direction la Terre, annonce une voix dans la radio.
L’officier est tétanisé un instant, il regarde le micro dans ses mains et constate qu’il a failli commettre une erreur.
- La Terre, répète-t-il.
Un grondement attire son attention, le bâtiment se trouvant au dessus de sa tête vient de rallumer ses propulseurs. Il lâche le micro pour saisir ses commandes.
- Je n’ai pas intérêt à rester dans le coin !!!
Sur Euphor Alièna sort du cabinet de toilette enroulé dans une grande serviette, de l’eau dégouline de ses cheveux. Elle s’installe devant la coiffeuse pour les sécher.
- Le temps est venu, annonce le reflet.
- Sérieusement ? , demande la jeune femme avec joie.
- Tu sais ce qu’il te reste à faire ?
Alièna ne répond pas, elle se lève la serviette tombe sur le sol. La jeune femme marche vers une armoire, elle l’ouvre et en sort une étrange tenue ou plutôt un ensemble.
- Cela appartenait à ma mère, elle le portait dans une pièce, précise-t-elle en posant le tout sur son lit.
Sur la couverture repose, un tricorne, une perruque blanche bouclée, une cape bleutée avec des motifs dorés tissés et un col de fourrure. Un manteau dans le même ton avec des bords blancs et une dentelle pour mettre autour du cou et des gants. Un pantalon arrivant au niveau du genou, des bas blancs et des chaussures vernies avec de larges boucles en or.
- Il te manque quelque chose, remarque le reflet dans le miroir.
- Je sais, répond Alièna en s’accroupissant.
Elle passe sa main droite sous son lit pour en sortir un objet argenté.
- J’ai fait ceci !
Lance-t-elle en direction du miroir, une fois redressée, en exhibant un masque dont une moitié sourit alors que l’autre pleure. Le reflet affiche un large sourire de satisfaction.
- Excellent !! , déclare le reflet.
Alièna enfile les bas lentement.
- Tout est prêt ! , ajoute le reflet.
Le destroyer surgit au dessus du Camp de la Lune Noire dans un jet de lumière, bientôt une dizaine de vaisseaux apparaît à ses côtés. Une fois tous les bâtiments arrivés, le destroyer entame sa descente vers la Lune.
Goldorak arrive aux abords du centre, Procius effectue un survol du centre pour constater les dégâts, il voit les équipes de maintenance qui sont déjà au travail pour nettoyer et commencer la remise en état. Il voit aussi Boss Robot transportant du matériel.
La navette furtive regagne la soute du bombardier Xanta.
Aliéna a fini de se vêtir, elle se lève du lit avec dans sa main droite le masque. Elle fait quelque pas pour se regarder dans le miroir de son armoire.
- Il est temps ! , fait-elle en positionnant le masque sur son visage.
Elle se regarde un instant en penchant la tête sur le côté.
- C’est parfait ! , s’exclame-t-elle avec une voix masculine.
La jeune femme se retourne, elle fixe le siège recouvert de câble. Après une courte pause, elle s’y dirige en prenant bien garde de ne pas se prendre les pieds dans les câbles qui courent sur le sol.
Dans le miroir, le reflet suit la progression avec un grand sourire. Aliéna s’installe confortablement sur le siège. Un petit interrupteur se trouve sous l’index de sa main droite.
L’officier en second arrive en courant sur la passerelle.
- Des vaisseaux… la Terre ! Avertir le palais ! , articule-t-il difficilement en reprenant son souffle.
- Vite ! Entrez en contact avec le palais ! , ordonne le capitaine.
La tension grandit sur la passerelle du bombardier.
- Nous sommes trop loin, annonce l’opérateur radio. Il y a des perturbations spatiales !
- Malédiction ! , crache le capitaine.
L’homme se tourne vers le navigateur.
- Cap sur Euphor à pleine vitesse !
Le pilote s’active sur son siège.
- Faites le maximum pour entrer en contact rapidement avec le palais, lance le capitaine à l’intention de l’opérateur radio.
Le bombardier pivote, une fois dans la direction d’Euphor ses propulseurs se mettent à cracher une forte lueur.
L’index d’Aliéna actionne l’interrupteur, la lumière dans la pièce vacille une fraction de seconde, son corps semble se dédoubler puis tripler, quadrupler et plus encore. Le reste de la pièce semble prise dans un tourbillon de couleur pendant une dizaine de secondes avant que tout ne revienne normal, les différents corps de la jeune femme réintègrent le corps d’origine.
- Voilà ! C’est fait ! , s’exclame joyeusement le reflet.
Le roi Actarus et la reine Phénicia sont dans une petite salle à manger du palais en train de se restaurer avec un repas frugal quand la porte s’ouvre brusquement sur le chambellan complètement blafard tenant dans une main un morceau de papier.
Actarus lâche sa fourchette en même temps que sa sœur.
- Que se passe-t-il ?
Le chambellan s’approche du roi en lui tendant le papier. Actarus le saisit puis le parcourt rapidement.
- Quelqu’un pourrait me dire ce qu’il se passe ! , intervient la reine. Ou vais-je devoir me ronger les sangs jusqu’à ce que vous vous décidiez !
- Je suis navré votre grâce, s’excuse le chambellan. C’est le dernier rapport en provenance du bombardier Xanta.
Le roi se lève brusquement et se met à courir en direction de la porte.
- Hé ! Actarus !! , fait Phénicia.
Ce dernier continu sa course, sa sœur se lève à son tour pour le poursuivre, mais il est déjà dans le couloir.
- « Véga a ressemblé une flotte sur cette planète inconnue et maintenant ils vont attaquer la Terre. Goldorak ne pourra jamais les vaincre à lui seul ! , pense le roi en courant. »
Phénicia est plusieurs mètres derrière son frère, mais elle n’a aucunement l’intention de se laisser distancée. Le roi et la reine s’enfoncent dans les sous-sols de la bâtisse.
- Mais où va-t-il !? Je ne suis jamais venu dans ses secteurs du palais.
Actarus ralenti avant de pousser une porte, il débouche dans une petite pièce ne contenant qu’une table avec un ordinateur et un écran sur le mur. Le roi appuie sur une touche de l’ordinateur pour le mettre en fonction.
Phénicia arrive dans la pièce le souffle cour.
- Tu peux m’expliqué ce qui se passe !? , fait-elle avec une légère trace de colère dans la voix.
Le roi lu tend le papier, elle le prend dans ses mains et le lit, une fois qu’elle l’a fini, le papier lui échappe des mains.
Actarus à la main suspendue dans le vide à quelque centimètre au dessus du clavier.
- Mais qu’est-ce que tu es venu faire ici ? , interroge Phénicia.
- Non ! Je n’arrive pas à croire que je vais devoir l’envoyer, murmure le roi. J’espérais au fond de moi qu’elle ne serve jamais.
- Tu vas me dire de quoi tu parles !!!
Finalement la main du roi tombe sur le clavier, aussitôt un bruit mécanique envahit la pièce. Actarus reste penché au-dessus de l’ordinateur.
- C’est quoi tout ce boucan !!! , s’exclame Phénicia.
Dans l’un des jardins du palais, un plan d’eau semble se vider rapidement, une fois toute l’eau disparut, deux portes en acier coulissent complètement. Un jet de lumière en surgit accompagné d’une détonation et d’un nuage de fumée. Une chose surgit de la fumée, la seule chose visible brièvement est du blanc avec une trace rouge.
- Actarus ! Je veux des explications !! , ordonne Phénicia. Qu’est-ce que tu viens de lancer !?
Une boule incandescente quitte l’atmosphère d’Euphor.
- Arrivera-t-elle à temps ? , se demande le roi.
Procius arrive dans la salle d’observation du centre, Alcor est en grande conversation avec Dai, sa sœur et Kohumé.
- Que se passe-t-il ? , questionne le prince.
- Cela fait plusieurs minutes que l’on capte des échos surgissant en orbite sur la face cachée de la Lune, annonce le professeur.
- Voilà, intervient le professeur Cochir. Un œil de Lynx est repositionné pour nous montrer ce qui se passe.
Tous les regards se tournent vers l’écran principal de la salle. L’image qui apparaît est floue, rien n’est distinguable.
- J’effectue un réglage de la focale, annonce Densha.
L’image se modifie, un cri étouffé de terreur échappe de la bouche des filles. Des flashs lumineux font vaciller l’affichage un instant. L’écran montre une flotte de vaisseau.
- J’en suis à cent dix échos, déclare Densha.
- Mais d’où viennent ces vaisseaux !? , lance Dai.
- Et surtout à quoi vont-ils servirent ? , ajoute Kohumé.
- Véga prépare son assaut final, répond froidement Procius.
- Quoi !! , s’exclame Hikaru. Mais qu’allons-nous faire ?
- Lancer notre plan d’attaque.
- Tu es fou ! , s’exclame Alcor. Il est planifié pour…
- Nous ne pouvons pas attendre ! , coupe le prince. Il faut lancer notre attaque avant que Véga ait le temps d’organiser la sienne avec tous ces vaisseaux en renfort ! Il faut profiter de l’effet de surprise !
Un silence pesant envahit la pièce.
- Il a malheureusement raison, admet le Cochir.
- Je suis prête ! , lance Kohumé.
- Moi aussi ! , ajoute Hikaru.
- J’avertis immédiatement Jun et Testuya, annonce Sayaka en saisissant un téléphone.
Procius sort de la pièce en courant suivie par les deux jeunes femmes.
Le Stratéguerre est assis sur son trône, devant lui, son écran virtuel est divisé en deux, sur l’un il observe la flotte en orbite et sur l’autre la Terre.
- Terrien dans quelques heures vous aurez rejoint l’empire de Véga, cette fois-ci Goldorak ne pourra pas vous sauvez !
- Paré au décollage, annonce Alcor.
- Goldorak Go !
- Vénusiak Go !
- Faussoirak Go !
Les deux navettes s’élancent de leur hangar au sommet de la tour du centre alors que Goldorak prend son envolée du barrage. Faussoirak et Vénusiak mettent le cap sur l’Antarctique pendant que Goldorak progresse en direction de la Lune.
- Et dire que demain c’est Noël, murmure Hikaru.
FIN
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