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J'étais partie pour expliquer ce texte qui a été écrit pour une amie. Mais j'en étais à faire une explication de 15 pages. Alors je vais résumer : le chéri de l'amie en question a eu une attaque, alors qu'ils étaient dans une église. Elle m'a raconté ce qu'elle avait ressenti à ce moment là et j'en ai fait un presque poême. Je me suis mise à la place de "celui qui décolle" et qui rassure celle qui reste (Icare).
Icare – (You are my sunshine – Ray charles.)
N’ais pas peur.
N’ais pas peur de m’approcher.
Je ne te brûlerai pas.
Tu le sais bien que je serai toujours là, auprès de toi, et que je remplacerai celui qui a toujours failli à sa promesse.
Je ne suis pas Dieu….
Je suis simplement l’homme étendu dans son lit d’hôpital. Je m’appelle François. Celui que tu couves des yeux, celui dont tu replaces d’un geste tremblant, les tuyaux.
C’est mon sang qui s’écoule. C’est ma vie qui revient.
C’est ma promesse.
Parce que moi, je la tiendrai.
Parce que moi, je ne partirai pas.
Parce que moi, j’existe.
Qu’importe toutes les histoires du passé. Tes ailes brûlées ne me gênent pas, Icare, tu le sais bien qu’à trop s’approcher du Soleil, on se brûle les ailes. C’est très bien, ainsi tu ne t’envoleras pas loin de moi. Et moi, je te jure que je ne m’envolerai pas non plus. Je n’ai jamais eu d’ailes. Par contre, j’ai les pieds sur terre, m’accrochant de toute ma force pour ne pas partir.
Je veux rester.
Parce que tu es là. Parce que tu es mon Soleil. Et que je veux être le tien. Et je serai ce Soleil qui ne te brûlera pas…
Et que … n’importe quel autre Soleil n’a pas sa place entre nous.
J’entends mon sang qui s’écoule dans les tuyaux, j’entends ma conscience revenir, soulagée enfin de toute cette pression. Comme c’est curieux d’être tué par son propre sang, par sa propre vie, qui veut envahir et se répandre alors qu’on pensait la contenir.
Trop de vie, … trop de vie peut vous tuer.
Trop de Soleil.
Je me suis écroulé au milieu de cette foule qui me regardait. Je me suis évanoui dans l’obscurité de l’Eglise et sous le feu des torches. Et j’ai su ce que tu avais pensé, après avoir réalisé que je prenais mon envol.
Tu as pensé que tu avais fauté, que tu avais trahi, que toutes tes générations avait brûlé leurs ailes, et que pour te punir, le Soleil apportait l’ombre dans sa propre demeure et la fournaise dans ses cieux. Et qu’il voulait me brûler aussi…
Je ne peux pas parler. Mais je te le dis quand même. Tu n’as commis aucune faute, il n’y avait aucun deal à faire, puisque pour faire un marché, il faut être deux. Et tu es seule.
Icare. Je te le dis, tu es seule.
Tant que tu n’es pas avec moi, tu es seule.
Et c’est pour ça que le bruit des tuyaux qui froisse le silence de cette chambre d’hôpital me réconforte.
Mon sang s’en va, ma vie revient, ton Soleil m’envahit. Et bientôt j’ouvrirai les yeux. Et j’ouvrirai les tiens aussi. Et nous verrons le Soleil ensemble. Tu replieras tes ailes et je ne les brûlerai pas. Nous ne serons jamais seuls, jamais perdus dans l’obscurité d’une quelconque église, puisque nous sommes le Soleil
Puisque nous sommes….
…. le plus beau des Soleils.
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