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Auteur : sofi
Genre : high fantasy et yuri (si-si, on peut concilier les deux ^^)
Propriété : à moi ^^
CHAPITRE 1
Cette histoire commence il y a longtemps.
Longtemps avant que Phraël – le Rubis-Père – et Qynn, son fidèle serviteur, quittent ce monde.
Longtemps avant qu'une assemblée constituée de cinq sages et dirigée par un mage puissant dirige Rocherblanc.
Parce que cette histoire raconte l'avènement au trône de la dernière reine que connut ce royaume : cette histoire est celle d'Esther et de ceux qui l'entouraient.
oOoOo
Loin au nord se dessinait son ancienne patrie. Victoire en devinait les falaises abruptes.
Lors de l’Impact qui suivit la séparation de l’Unique en trois Soleils il y a des siècles de cela, toute une plaine, avec ses forêts et sa rivière, s’était soudain surélevée en quelques minutes d’une centaine de mètres, jaillissant du sol comme un geyser. La rivière devint cascade et la vie reprit son cours.
Année après année, les habitants avaient creusé un tunnel pour relier le plateau au reste du monde.
Une ère s’était écoulée et il fallait dorénavant acquitter un droit de passage pour emprunter le boyau souterrain qui permettait d’entrer dans Hauterives.
Un dernier regard vers cette terre qu'elle avait fuit depuis bientôt trois ans et la jeune femme quitta le petit sentier pour s’enfoncer dans les bois sombres. Il allait bientôt faire nuit. Et tout le monde savait qu’il ne fallait pas s’aventurer dehors lorsque l’obscurité régnait. Mais elle ne s’en souciait pas. Pas pour l'instant. Elle s’accroupit. Les traces de sang ne laissaient aucun doute sur la direction qu'avait pris ce qu'elle suivait.
Quelqu'un qui avait posé le pied dans un piège de braconnier mais avait réussi à détruire les mâchoires pour se libérer.
Encore plusieurs mètres, et elle trouva ce qu'elle cherchait tapis dans un buisson, à demi conscient.
- Lève-toi. J’ai pu te trouver sans peine, et je sens leurs présences pas loin.
- Je n’arrive… plus… à tenir… debout.
Victoire se pencha pour observer ce qui avait réduit un solide piège à loup en vulgaire tas de ferraille : une petite fille dans la dizaine d’années aux cheveux blancs comme la neige, à la peau si claire que l’on devinait les veines et aux yeux étrangement rouges.
Sa cheville était cruellement blessée. La jeune femme soigna la plaie comme elle put avec le peu de temps qu’il leur restait puis installa l'enfant sur son dos, liant ses bras autour de son cou, et continua son chemin.
- Je rejoins Rocherblanc. Où habites-tu ?
- L’auberge des Trois Soleils… Demandez Marthe… Vous savez, c’est de vous dont j’ai rêvé, c’est pour ça que je suis là et que…
La petite ne continua pas sa phrase, elle s’était endormie d’épuisement.
Le second soleil venait de sombrer dans l’horizon. La jeune femme se hâta et rattrapa la route principale. Elle arriva aux portes de la capitale du royaume alors que le troisième et dernier soleil se couchait et ne put retenir un soupir de soulagement.
- Vous, vous êtes une miraculée! lui lança le garde.
La jeune femme lui sourit :
- Cela commence à devenir une habitude. Hum... auriez-vous la gentillesse de m'indiquer l'auberge des Trois Soleils ?
- La taverne d'Elric ? Tout près du port, vous pourrez pas louper l'enseigne !
Elle passa le poste de contrôle et se dirigea vers le quartier commerçant. Son contact lui avait heureusement dessiné un plan de Rocherblanc.
La ville tenait son nom du matériau dont elle était faite : une pierre blanche comme la craie mais, une fois taillée, belle comme le marbre et solide comme l'acier. Elle était divisée en quatre parties. La plus importante était le quartier ouest, celui qui longeait le fleuve.
Un flux constant de navires empruntait le Banaoda pour relier le continent du premier Soleil à celui de la Brume, et Rocherblanc était le dernier point de ravitaillement avant l'océan. Son port était célèbre pour ses commerces hétéroclites. Le quartier des habitations et des guildes côtoyait le port et ses échoppes. Au nord, enfin, se trouvaient les parties les plus anciennes de la ville, le quartier noble jouxtant celui du château royal et des casernes. L'enceinte semi-circulaire avait été reconstruite il y avait à peine trois cent ans pour englober la totalité de la cité, mais on pouvait encore deviner ça et là l'emplacement de l'ancien rempart.
Victoire trouva l’auberge près du fleuve et y entra. Le soldat ne lui avait pas menti, l'enseigne était visible de loin : au dessus de la porte tournaient trois boules de verre teintées dans lesquelles étaient placées des lanternes.
Le tenancier lui lança sans même la regarder :
- On est complet.
- Je ne veux pas de chambre. Pourrais-je parler à Marthe ?
- Et tu lui veux quoi à ma femme ?
L’aubergiste remarqua alors l'enfant endormie que portait son interlocutrice. Il quitta rapidement son comptoir pour les cuisines puis il revint s'occuper de deux tables avant de se poster devant la jeune femme. Une femme d’âge mûr venaient vers eux, l'air inquiet, en s’essuyant machinalement les mains dans son tablier,. Victoire fit doucement glisser la petite fille dans les bras du tavernier.
- Je l’ai trouvée dans la forêt.
- Esther ? Pourquoi était-elle en dehors de la ville ?
- Une vague histoire de rêve... mais appelez un guérisseur, elle est blessée.
Puis elle partit avant que le couple ne puisse dire un mot.
La jeune femme se rendit dans le quartier noble. Elle y avait rendez-vous avec son contact, le meilleur notaire du pays. Le serviteur qui lui ouvrit la conduisit directement au maître de maison : un vieil homme, Hector Saint-Just, plus sage que beaucoup et moins vaniteux que d’autres.
- Victoire ! Quelle joie de te voir enfin !
La jeune femme lui sourit :
- Avez-vous eu le temps de faire ce que je vous ai demandé ?
- Oui, oui, bien sûr. Les papiers sont prêts.
Il lui tendit quelques rouleaux de parchemin qu'elle parcourut rapidement.
- Je résume ta situation, qui n’est guère différente en fait : tes parents sont morts il y a peu… tu as presque la même date de naissance… tu viens du continent de la Brume... nous avons peu de relation diplomatique avec leurs états du sud, ça simplifie bien des choses… Enfin tout est expliqué là. Mais tu comptes vraiment abandonner ta vie ?
- Devenir l'esclave du porc qui a tué mes parents ? Vous voulez vraiment que je regrette ça ?
Quelqu'un frappa à la porte :
- Ouvrez ! La garde royale vous l’ordonne !
Hector se pencha vers la jeune femme et lui murmura :
- À peine arrivée et déjà des ennuis ?
Il eut pour toute réponse de sa part un haussement d’épaules. Le notaire fit alors signe à son valet d’ouvrir la porte et la garde entra. Un homme qui devait être le capitaine prit la parole. Le nez cassé, les cheveux courts et la peau tannée, il respirait la droiture et la justice :
- Je sais de source sûre qu'une femme étrangère est ici. J’ai pour ordre de la mener au château.
Victoire s'avança, paraissant bien plus sûre d'elle qu'elle ne l'était en réalité. Est-ce que Desvers... ? Mais cela faisait trois ans, trois longues années...
- Et que me veut-on ?
- Encadrez-la.
Les soldats l’entourèrent et, doucement mais fermement, la firent sortir pendant qu'Hector lui criait :
- Je vais voir ça avec sa majesté… ne t’inquiète pas !
Lorsque ils arrivèrent à la salle du trône – vaste salle décorée de quelques tentures historiques et au fond de laquelle se trouvaient trois sièges sur une estrade, dont un seul était occupé – le capitaine de la garde lui ordonna de s’agenouiller.
- Je ne me mets à genoux devant personne.
Le capitaine allait dégainer son épée quand le roi, un homme d’une cinquantaine d’années, solidement bâti et qui devait être un combattant aguerri, leva le bras.
- Richard, arrête cela veux-tu, elle est libre d’agir comme bon lui semble. Mais sortez à présent : j'aimerais être seul avec elle.
oOoOo
Lorsque toute la garde se fut retirée, le monarque s’approcha de Victoire et l’observa longtemps.
Les cheveux noirs coupés court, les yeux onyx, le visage marqué par la vie au grand air, elle ne devait pas dépasser les seize ans. Elle était assez grande, plutôt fine et portait une épée courte à chacun de ses flans. Ses vêtements dans les tons vert sombre étaient faits pour la protéger des ronces et du soleil. Ils étaient taillés pour ne pas la gêner dans les combats. En aucun cas ils n'avaient été conçus pour qu'elle séduise. Mais quelque chose de magnétique dans son regard, de sauvage dans son port et ses gestes la rendait envoutante.
Victoire subit l’observation sans broncher et attendit que le roi prenne la parole.
- Je m'appelle Arthur Orwell. C'est moi qui suis chargé de gérer le royaume. Quel est ton nom ?
- Victoire Barthélemy, de la marche de Pressencé.
- Et que fais-tu sur notre continent ?
- Depuis la mort de mes parents, je voyage et j’apprends.
- Est-ce toi qui a sauvé Esther ?
L'adolescente nia en souriant :
- Il n’y a aucun mérite à cela, il faisait encore jour.
- Et tu l’as soignée. Mon guérisseur est très impressionné par tes bandages et ta connaissance des plantes.
- J’ai eu de bons professeurs.
- Suis-moi.
Le roi quitta la salle par une porte orientée vers le nord et longea un long couloir dont les murs étaient couverts de portraits. Victoire remarqua que beaucoup de ces femmes peintes lui paraissaient familières. Ils arrivèrent enfin devant une porte d’un blanc immaculé. Le roi l’ouvrit et laissa la jeune femme entrer.
La salle était quasiment vide hormis un lit sur lequel dormait… la petite fille qu’elle avait trouvée dans les bois.
La jeune femme comprit alors pourquoi les dames des tableaux lui rappelaient quelque chose : elles étaient, pour beaucoup d’entre elles, albinos.
- Tu as sauvé ma fille, jeune femme. J’ai une dette immense envers toi.
Le roi s'assit au chevet de son enfant et lui prit la main.
- Après le décès de Salomé, mon épouse, c’est Marthe qui s’en est entièrement occupé jusqu'à ses huit ans. Depuis, Esther suit l’enseignement approprié pour faire d’elle la future reine. Hélas, elle fait souvent faux bond à ses professeurs qui la retrouvent à l’auberge, en train d’aider sa nourrice et Elric. Ce midi elle m’a dit qu’elle avait rêvé et qu’elle aimerait bien aller à la rivière pour vérifier sa vision. Je lui ai interdit mais…
Il fut interrompu par des bruits de course dans le couloir. Le capitaine arriva, essoufflé :
- Majesté, Majesté ! Un loup immense à la porte est ! Il se fait attaquer par les Kliqueteurs !
Victoire pâlit et se tourna vers le roi.
- Vous avez une dette envers moi, avez-vous dit ? Alors donnez-moi le contrôle des opérations !
Le roi fut étonné par la demande de l'adolescente mais hocha la tête.
- Richard, tu diras à tes soldats de suivre cette jeune femme !
- Mais Majesté…
- Et ne discute pas !
Victoire partit en courant vers la porte est. Elle donna ses ordres aux hommes qui se rassemblaient.
- Que personne ne blesse le loup ! Je veux des archers tirant des flèches enflammées sur les remparts pour donner de la lumière ! Les autres tireront sur les créatures ! Mais que personne ne touche au loup ! Et n’ouvrez pas le pont-levis ! Je serai la seule à faire une sortie… c’est clair ?
La garde entière était sidérée. Cette attitude était digne de celle des membres de la Main – l’élite des soldas, au nombre de cinq et ne se quittant presque jamais, d'où le surnom – pas d’une jeune femme sensée.
- C’est du suicide, gamine !
- Écoutez... monsieur ?
- Jones. Richard Jones.
- S'il vous plait, Jones rejoignez les archers. Si vous ouvrez le pont-levis, les bêtes en profiteront. Je veux juste de la lumière !
- Mais le loup ? Il a l’air féroce !
Victoire se contenta de hausser les épaules. Pendant que l’officier montait vers la courtine en ronchonnant, elle s’entailla le dessus d'une main et y dessina à l’aide du sang qui coulait un idéogramme complexe. Elle murmura ensuite « je veux de la lumière ! » et s'empressa de le suivre. On apporta bientôt une corde que deux soldat déroulèrent. Victoire descendit prestement les quelques mètres qui la séparait de la plaine. Lorsqu'elle posa pied à terre, elle dégaina deux épées courtes.
Avant qu'un soldat n'ai pu remonter la corde, un homme dont le visage était dissimulé sous un masque en os et une jeune femme aux longs cheveux blonds voulurent la suivre.
Jones les appela :
- Talos ! Karine ! C’est un ordre de sa majesté, on doit lui obéir.
Le soldat qui répondait au nom de Talos regarda vers un renfoncement du rempart plongé dans l’obscurité :
- Nina ? Tu as entendu le capitaine ? Viens.
Les ombres s’épaissirent et une enfant pâle en sortit. Elle prit le bras que lui tendait son protecteur en chantonnant.
Les trois membres de la Main rejoignirent le capitaine près des archers.
Une pluie de flèches enflammées illumina alors le ciel.
Un loup aussi grand qu’un petit cheval était à terre, le pelage souillé par le sang. Plusieurs Kliqueteurs l’attaquaient, et il ne pouvait pas tous les repousser.
Les Kliqueteurs : des bêtes originaires du continent de la Brume, des canidés rapides - leur taille allant de celle du labrador à celle du saint-Bernard - revêtus d’une carapace brunâtre, six pattes, une mâchoire aux dents comme des couteaux. C'est le bruit mêlé de leurs dents et du frottement de la chitine dont ils étaient couverts qui leur avait donné ce nom. Groupés en essaims nomades dirigés par une reine, ils se sédentarisaient quand ils trouvaient une région prospère. La seule chose qu’ils semblaient craindre était le soleil.
Depuis leur apparition, il y avait quatre années de cela, les érudits se demandaient comment ces créatures avaient pu traverser l'océan. Beaucoup optaient pour le marché noir... et pensaient que la « marchandise » se serait échappée.
Victoire se concentra.
Je veux plus de lumière.
Les deux lames qu’elle tenait se mirent à luire, faiblement d’abord, puis avec de plus en plus de puissance.
Elle chargea.
Les archers continuaient à tirer, les uns du feu, les autres sur les bêtes.
La lumière avait fait reculer les plus faibles des créatures, mais une dizaine était encore là, et les flèches, lorsqu’elles ne touchaient pas les yeux, rebondissaient sur leurs carapaces.
Un des Kliqueteurs attaqua Victoire et entailla sa jambe. Elle ne plia pas sous la douleur de la morsure. Sans broncher, elle visa les yeux et quand la créature se détacha, elle lui planta une épée dans l’abdomen, à la jointure de deux plaques de chitine.
Elle avança encore vers le loup, malgré la jambe lacérée qu’elle traînait. Les quelques bêtes assez téméraires pour l’attaquer malgré ses lames flambeaux connaissaient le même sort que la première.
Il n’en resta bientôt plus qu’une. La plus grosse. Elle tournait le dos à Victoire, la comptant comme quantité négligeable, et s’acharnait sur le loup moribond. Alors qu’elle allait encore une fois blesser ce dernier à la gorge, la jeune femme sentit la rage monter en elle. Elle se laissa submerger. Les épées arrêtèrent de luire soudainement, alors que la douleur dans sa jambe s’estompait. Elle sauta par-dessus la bête et fit bouclier au moment où celle-ci refermait la gueule. L'animal lui broya le bras droit de ses mâchoires, l’épée que Victoire tenait tomba à terre. Plus qu’une seule arme. Mais ce n'était pas important : de son bras valide, elle martelait la carapace de l'animal avec une violence inouïe.
- Karine ?
- Oui Talos ?
- Toi qui viens du nord....C'est une berserker ?
- Vu son style de combat, ça en a tout l'air.
L'homme replaça une mèche de cheveux derrière l'oreille de l'enfant qui les regardait d'un air interrogateur avant de répondre à sa question muette :
- C'est vrai que nous n'en avons jamais rencontré. Un berserker est un guerrier qui peut, pendant les batailles, entrer dans une frénésie qui décuple sa force et son endurance. Par contre il ne cherche plus à esquiver les coups ou à les parer : il ne pense qu'à tuer. Et il devient incapable d'utiliser la moindre magie.
- Ceux qui étaient possédés par la Fureur étaient rares chez nous. Mais quasiment tous ceux de la tribu du Pelage Sanglant étaient atteints.
- Atteints ? C'est une maladie ?
- En quelque sorte.
La fillette se mit à réfléchir :
- Tu n'en es pas un, hein Talos ? Non parce que je t'assure que t'es sacrément violent... sauf que quand t'esquives pas un coup, tu le pares...
- Je ne suis pas violent : je suis efficace.
Un homme aux cheveux rouges, qui venait d'arriver, lui tapota l'épaule :
- Il n'y a que toi qui fais la différence...
- Merci, Marc... Franchement Lucas, tu fais comment pour le supporter ?
Le jeune homme, aux yeux dont l'or brillait plus que jamais à la lueur des torches, ne fit pas attention à Talos et continua de prier, ses mains égrenant un chapelet de perles en bois clair.
Marc donna un coup de pied dans le parapet.
- Au moins, Lucas peut soutenir les archers... je déteste me sentir inutile.
- C'est vrai qu'elle n'a pas vraiment l'air d'avoir besoin de nous, la gamine...
La chitine se fendit et le Kliqueteur lâcha prise. Victoire réussit à mettre la bête sur le dos et à perforer son abdomen. Alors que peu à peu elle reprenait conscience, la douleur irradia à nouveau de sa jambe et de son bras.
- Araki, je t’avais demandé de rester avec la meute… Tu n’as que trois ans ! Tu es trop jeune pour la quitter ! Pourquoi tu ne m’as pas écouté ?!
Victoire voulut se diriger vers le loup mais tomba avant d’avoir fait trois pas.
- Mah’ Lha ! J’ai besoin de toi.
Une dizaine de feux follets entourèrent subitement la jeune femme.
- Pour une fois que tu es rapide… transporte le loup à l’intérieur de l’enceinte, veux-tu.
- Je note ta réflexion sur mon boulot… faudra qu’on s’explique, tous les deux…
- Mah’Lha… exécution !
Les feux follets disparurent et le loup inconscient commença à flotter dans l’air. Victoire mit une de ses épées dans le fourreau, ramassa celle qui était tombée et se releva. Elle tituba mais réussit à rester debout. Tournant le dos à la porte, elle recula vers celle-ci. Elle les sentait. Dès que l’obscurité était revenue, ils s’étaient rapprochées.
- Jones ! Par les Trois, donnez-moi de la lumière !
Une pluie de flèches vint alors illuminer le ciel. Les Kliqueteurs les plus proches étaient à moins de six mètres.
- Mah’Lha… dépêche toi !
- Il est lourd, ton bestiau.
- Regarde de mon coté, ça va te motiver…
Victoire sentit que le loup volait un peu plus vite et elle tenta d’accélérer elle aussi. Elle tomba, se releva, tomba de nouveau.
- Qu’est-ce que tu ferais sans moi ?
Un homme, torse nu, habillé d’un pantalon bouffant, apparut devant l'adolescente. Il brillait comme s’il n’était que lumière. A sa vue, les bêtes regagnèrent la forêt.
- Sur tous les élémentaires, pourquoi il a fallu que je tombe sur toi ?
Pour toute réponse, Mah’Lha prit Victoire dans ses bras et l’emmena en sécurité dans la ville. La porte se referma derrière eux. Cinq silhouettes s’approchèrent de la jeune femme.
Puis tout devint noir.
A suivre...