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Le pianiste
Author:
Numphea PM
Parce que les mots ne sont pas la seule façon de montrer ce que l'on ressent. Parce que des fois quelques notes de piano valent tous les discours du monde.
Rated: Fiction K - French - Words: 953 - Reviews: 2 - Published: 08-28-10 - Status: Complete - id: 2842493
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Auteur : Numphea

Titre : Le pianiste.

Rating : K parce qu'il s'agit juste d'un petit texte tout en mélodie.

Note : J'ai toujours adoré le piano et, alors que je me passais l'album First Love de Yiruma (que je vous conseille si vous aimez le piano) en boucle, j'ai eu l'idée d'écrire un petit quelque chose sur un pianiste qui parlerait avec son instrument plutôt qu'avec sa voix.

Disclamer : Le pianiste, la jeune fille et sa grand-mère sont à moi, merci de ne pas les emprunter sans mon autorisation.

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Le pianiste.

Sur le chemin qui sépare le collège de chez moi, il y a une grande maison aux murs entièrement recouvert de lierre et au toit d'ardoises devenu plus vert que noir à cause du lichen. Le jardin qui l'entoure n'est plus entretenu depuis longtemps et les herbes sont si hautes qu'ils frôlent la cime des quelques buissons tandis que les arbres ont eu toute la liberté de s'étendre comme il le voulait.

On pourrait croire que cette maison est abandonnée, mais ce n'est pas le cas. Et pourtant, personne n'a jamais vu le propriétaire de ces lieux, personne ne sait qui il est. La seule chose qu'on sait de lui c'est qu'il joue du piano.

En effet, à chaque fois que quelqu'un passe près de cette grande bâtisse, cette personne peut entendre un air de piano s'élevant de derrière une des fenêtres de l'étage. C'est chaque jour une mélodie différente, il n'a jamais joué deux fois la même.

Moi j'ai appris à les écouter ces musiques. Et je me suis aperçue qu'elles sont toujours le reflet d'une émotion. Ainsi, si la mélodie est dynamique et entraînante je sais que le pianiste est heureux alors que, à l'inverse, si l'air est lent et doux je sais que le pianiste est triste et malheureux.

Hélas, les mélodies dynamiques et entraînantes ne se font presque jamais entendre, comme s'il n'avait pas vraiment de moment heureux. Il joue trop souvent des airs mélancoliques, emplie des larmes qu'il se refuse sans doute de verser.

Ma grand-mère disait souvent que la musique que l'on jouait était le reflet de notre âme et que pour savoir comment aller un musicien il ne fallait le lui demander mais écouter simplement l'air qu'il créait.

Et je me dis que pour le pianiste c'est sûrement la même chose, que peut-être ne sait-il pas exprimer ses sentiments autrement qu'en les jouant sur son piano.

Mais ça veut dire alors que cet homme est bien triste dans sa vie et ça me fait de la peine. Parce que, moi, je préfère quand il joue ses mélodies entraînantes. Parce que j'aime sa musique et que celle-ci est bien plus belle quand il est heureux.

Peut-être pourrais-je faire quelque chose ? Après tout, comme le dit souvent mon père : « qui ne tente rien n'a rien ».

Forte de cette motivation, je m'éloigne de la maison du pianiste et me dépêche de rentrer chez moi. J'ai une idée et, si je veux la réaliser, je vais devoir me replonger dans mes vieux cours de solfège.

Le lendemain matin, sur le chemin pour aller au collège, je m'arrête une nouvelle fois devant chez le pianiste, une enveloppe serrée dans les mains.

J'y ai passé presque toute la nuit mais je crois que j'ai réussi ce que je voulais faire.

Alors, avec un petit sourire, je me baisse et pose l'enveloppe au sol avant de la faire glisser sous le portail. Puis je me redresse, appuie sur la sonnette qui n'a pas du être utilisée depuis longtemps et m'en vais en courant sans un regard derrière pour cette enveloppe blanche dans laquelle se cachent quelques feuilles de partitions écrites de ma main.

Toute la journée je suis un peu nerveuse et pas du tout concentrée sur mes cours. J'ai hâte de reprendre le chemin de ma maison et de voir s'il a « lu » ce que je lui ai écrit.

Quand, enfin, la sonnerie de fin des cours retentit, je suis la première dehors. Je me rus littéralement vers la maison du pianiste, sourde à tout ce qui m'entoure tant mon cœur bat fort dans mes oreilles.

Mais arrivée devant la grande bâtisse, il me faut me calmer pour que mon ouïe retrouve toute sa fonction.

Et c'est là que je l'entend : la plus belle mélodie que le pianiste n'ait jamais jouée, un air qui reflète la vie, une musique qui me dit que le pianiste est heureux.

Et, moi, je suis fière que, quelque part, cette musique me soit dédié, que, d'une manière ou du autre, c'est grâce à moi que cet homme est heureux aujourd'hui.

Et, plus que tout, ce qui me fait sourire, c'est que, tous les jours qui suivirent, on n'entendit presque jamais d'airs tristes, seulement des suites de notes entraînantes qui prouvaient à tous que cet homme, ce pianiste, est heureux de vivre maintenant.

Et, tout ce que j'espère, c'est de pouvoir entendre encore longtemps les mains du pianiste courir sur les touches noires et blanches de son instrument.

FIN.

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Ça aurait sans doute pu être plus long mais je trouvais ce texte très bien comme cela et, en l'allongeant, j'aurai eu l'impression que ça fasse rajouté et ce n'était absolument pas ce que je voulais.

Dîtes-moi si vous avez aimé.

A la prochaine !

Numphea.

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