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Once
Author:
Edhil Morgul PM
OS Yaoi librement inspiré de la légende de Lucifer. Romance entre ce dernier et Gabriel. Les péripéties de leur histoire se passent au Paradis.
Rated: Fiction M - French - Spiritual/Angst - Words: 12,516 - Reviews: 3 - Favs: 2 - Follows: 1 - Published: 11-04-10 - Status: Complete - id: 2861682
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Disclaimer : Cette histoire m'est directement inspirée de la photo de l'album Once de Nightwish. Les principaux personnages n'appartiennent qu'à eux même et l'histoire m'est en partie inspirée de la légende de Lucifer. Après pour la romance entre les deux et leur histoire, ça appartient à mon imagination.

Résumé : [OS Yaoi] librement inspiré de la légende de Lucifer. Romance entre ce dernier et Gabriel. Les péripéties de leur histoire se passent au Paradis.

Genre : Romance / Drama / Angst

Avertissement : Scène explicite entre deux hommes donc homophobe passez votre chemin. De plus l'histoire entre Lucifer et l'Archange Gabriel peut vous choquer si vous êtes croyant, donc si vous n'aimez pas, la petite croix rouge en haut à droite.

Note : Les lignes montrent un changement d'époque et/ou de point de vue. Elles sont là pour structurer le texte en faisant les découpes entre les différents passages. La plus part du temps c'est alterné Gabriel/Lucifer mais il y a parfois un narrateur omniscient ou le point de vue d'autres anges.

J'espère que ça ne vous gênera pas à la compréhension de l'histoire.

Merci à Litany Riddle (auteur sur fanfiction . net) qui a betater la conjugaison de ce texte. J'espère que je n'ai pas laissé trop de fautes d'orthographes.

Bonne lecture !


Once

Une étrange statue se tient au milieu d'une vallée au gazon verdoyant. Un ange de pierre est prostré sur une tombe de granit ornée de l'inscription « once » signifiant « autrefois ». Les bruits qui courent disent que cette statue est un tombeau qui a toujours été là si l'on en croit les descriptions anciennes des villages alentours. Plusieurs vieilles légendes content une histoire dramatique où se mêle Archanges, Paradis, Enfer et bien d'autres mots tout aussi étranges et mystérieux. Mais les points communs de ces histoires sont deux noms qui reviennent toujours : Gabriel et Lucifer.

Je vais vous raconter leur histoire comme elle s'est réellement passée.


Je suis content, je viens d'être nommé archange. Archange Gabriel. Ça sonne plutôt bien je trouve. Je virevolte heureux de la tournure des évènements, j'ai enfin eu ce grade ! J'aime travailler pour Dieu et je suis satisfait d'être enfin arrivé à un niveau plus haut. Je me demande si...

« Aie ! Fais-je un peu sonné.

- Voyons Gaby, regarde un peu où tu marches. On a beau être sur des nuages, on est de vraies personnes ! Me dit une voix un peu moqueuse tandis que quelqu'un m'aide à me relever.

- Oh ! Pardon Lucifer, j'étais pris dans mes pensées, je m'excuse, en croisant le regard de l'ange que je viens de reconnaître.

- J'ai remarqué, se moque-t-il. Tu es bien rêveur.

- Je viens de passer Archange ! Avec Raphaël et Michaël. Mais toi, ne devrais-tu pas l'être ? Je demande, surpris.

- Je rentre tout juste de mission, mais maintenant j'ai rendez-vous avec un des intermédiaires qui nous mènent à Dieu. D'ailleurs je dois me presser. » Me lance-t-il avant de se rendre en vitesse d'où je viens.

J'espère que lui aussi va réussir, comme ça on continuera à faire des missions ensemble. Je l'aime beaucoup, je le connais depuis très longtemps et j'aimerais que notre amitié dure encore un moment.


Quel maladroit ce Gabriel. J'en rigole encore. C'est bien son genre de ne pas regarder où il va et tout surpris de s'apercevoir qu'il est rentré dans quelqu'un. Devenir Archange... Je n'en ai aucune envie. D'accord cela me permettra de rester proche de lui mais je tiens à ma pseudo liberté. Je n'aime pas être la marionnette de Dieu, je ne l'ai pas choisi. Mon plus grand rêve est de pouvoir voguer libre, là où je veux, quand je veux. Mais c'est malheureusement impossible.

« Lucifer ! Gronde une voix.

- Oui Maître, je réponds en m'agenouillant.

- Vous êtes en retard, y a-t-il eu des complications ? Me demande-t-il légèrement agacé. J'ai du travail, ajoute-t-il.

- Je m'excuse mais Archange Gabriel m'est littéralement tombé dessus. Fais-je respectueusement me rappelant au dernier moment d'appeler Gaby par son titre.

- Je vois. Tu dois donc te douter de ta venue ici. Je te nomme Archange Lucifer.

- Merci, dis-je d'une voix faussement honorée, cachant le dégoût qui m'envahit. J'en ressens un grand honneur.

- Va maintenant. Tu vas bientôt avoir une nouvelle mission. » Réplique-t-il avant de me congédier d'un courant d'air.

Et bien voilà. Maintenant je n'ai plus qu'à être un gentil Archange jusqu'à devenir Séraphin et le rester pour l'éternité. Génial. C'est l'espoir de tous les anges, mais pas le mien. La seule chose que j'apprécie dans mon statut d'ange c'est mes ailes d'un blanc immaculé et aux plumes d'une extrême douceur. Bon, trêve de rêverie, allons rejoindre les trois autres.


Je n'arrive toujours pas à croire que je suis Archange ! J'en suis au moins à ma centième mission mais je ne réalise pas encore vraiment. Je suis si heureux... Michaël et Raphaël sont comme moi mais j'ai l'impression que Lucifer est de plus en plus distant. Nous ne parlons plus autant qu'autrefois et cela m'attriste. J'aimerais en parler avec lui mais j'ai le pressentiment que ça ne mènera à rien.

J'arrive enfin à la salle « commune » aux Archanges et je le vois tout seul, allongé sur un canapé. Il semble pensif. Je vais aller lui parler.

« Bonjour Lucy. Dis-je doucement pour ne pas trop le surprendre.

- Bonjour. Tu es rentré de mission, ça y est ? Me demande-t-il d'une voix qui me semble indifférente.
-Oui. Je m'arrête deux minutes et reprends : Qu'est-ce qu'il t'arrive? Tu as l'air soucieux ces derniers temps.

- Ce n'est rien, ne t'en fais pas. Dis-toi que c'est juste une passade un peu mélancolique, élucide-t-il avant de se lever. Bon ce n'est pas tout ça mais je dois aller accomplir ma prochaine mission. » Grince-t-il d'un ton assez ironique.

Il est définitivement bizarre. Cette ironie que je ne lui connais pas... Et son attitude maussade inexplicable. En plus comme il ne veut rien dire ça ne m'aide pas.

« Gabriel ? Fait une voix qui me sort brusquement de mes pensées.

- Oh, bonjour Raphaël. Je réponds en me tournant vers le nouvel arrivant.

- Je viens d'avoir un entretient avec un Séraphin. Lucifer vient d'aller dans ce qui risque d'être sa dernière mission en tant qu'Archange.

- Comment ça ? Je m'exclame.

- Dieu semble avoir depuis quelques temps des doutes sur sa loyauté. S'il ne se montre pas exemplaire, il va redevenir un simple ange qu'il va falloir surveiller. Mais toi tu parles beaucoup avec lui, tu n'as rien remarqué de spécial ? Me demande-t-il avec un air conspirateur qui ne m'inspire aucune confiance.

- Non mais on n'a pas vraiment le temps de se parler en ce moment. On se croise rapidement entre deux missions c'est tout.

- Oh dommage... Bon je dois y aller. »

Il semble très déçu. Mais il ne l'a jamais apprécié. Lucy était le préféré de Dieu et ça n'a plu à personne. J'étais content pour lui, et là le voilà dans leur collimateur... Je ne veux pas qu'il soit rétrogradé ! Je tiens à lui. Je serais abattu s'il n'était plus à mes côtés... Je suis sûr qu'il a encore foi en notre Maître ! Il doit juste être dans une légère passe de déprime ! Je veux y croire. Je veux qu'il reste avec moi ! Je...


Je me sens observé de toute part. Connaissant les doutes qui courent sur moi, je me suis dépêché pour cette mission. J'aurais pu laisser faire le cours des choses et redescendre mais je reste juste pour Gabriel. Je retourne dans la pièce où j'étais tout à l'heure et je reste stupéfait.

Je murmure « Gabriel... En m'approchant de l'ange en pleure.

- Lucy... Tu es rentré... Souffle-t-il. J'avais raison de croire en ta dévotion...

- Pourquoi es-tu triste ? Je m'inquiète.

- Raphaël m'a dit que tu risquais d'être remis au rang d'ange constamment sous surveillance. Et je ne veux pas que tu me quittes ! Sanglote-t-il.

- Je suis là, n'aie crainte. » Je chantonne en l'amenant dans sa chambre et en veillant sur lui.

S'il savait... Ma dévotion n'est plus tournée vers Dieu mais vers lui. Ses pleurs me font vraiment mal au cœur. Je n'ai qu'une envie c'est de rester là à le protéger, à... l'aimer ? Non, je ne dois pas penser à ça. Je ne suis même pas censé connaître ce mot, mais j'observe les humains se regarder droit dans les yeux, amoureusement et j'aimerais faire pareil. Seulement je suis un ange. Et je dois être pur, je n'ai pas le choix. Et cette absence d'options me dévore. La vision de Gaby en train de dormir est très apaisante et me donne envie de me reposer moi aussi, mais je dois veiller sur lui et sur son sommeil. Et c'est sur cette pensée que je me remets à le regarder avec l'envie de le protéger.


J'ouvre les yeux lentement, je suis dans le vague. Le plafond est bleu, je suis sur un matelas douillet... Mais qu'est-ce que je fais dans ma chambre ? Je me rappelle avoir pleuré quand on m'a dit que le grade de Lucifer était en danger mais après... Oh, il dort sur le bord du lit. Il a dû me voir quand il est rentré de mission, cela veut dire qu'il l'a faite vite. Je suis content, on va rester ensemble. Je ne peux m'empêcher d'éclater d'un rire joyeux.

« Tu es enfin réveillé, sourit-il. Tu sais que les anges ne dorment pas normalement ?

- Je devais être épuisé. Mais... Je commence, en balbutiant. C'est toi qui m'as ramené ici ?

- Tu étais en train de pleurer, on a parlé deux minutes et après je t'ai mis dans ton lit pour que tu te reposes et j'ai attendu ton réveil. Sauf que je me suis endormi comme tu as pu le constater, répond-il en baillant.

- Merci en tout cas, d'être resté là cette nuit. Dis-je avec reconnaissance.

- Pas de quoi, et puis c'est normal pour des amis non ? Réplique-t-il joyeusement bien que je crois voir une lueur de tristesse assombrir son regard.

- Oui, et justement, j'ai remarqué que tu es pensif, tu peux m'en parler si tu veux ! Je lance d'un ton que j'espère persuasif.

- Tout va bien, ne t'inquiète pas, me dit-il d'un ton tellement convaincant que je sais que j'ai rêvé à l'instant quand j'ai vu ses yeux.

- Tu devrais commencer à te rendre présentable, je pense qu'on va bientôt t'appeler. » Me fait-il en partant.

Je suis ses conseils et me rends dans la salle principale où je croise Raphaël qui me dit que Lucifer est hors de danger, en insistant cependant sur le « pour l'instant ». Michaël semble l'apprécier un minimum mais je suis le seul à vraiment bien l'aimer.


Cette nuit passée à regarder Gabriel dormir m'a chamboulé. Je ne suis pas aussi insensible que je l'espérais. J'ai dû m'endormir au cours d'une de mes rêveries qui ont été très nombreuses. Il est encore plus beau que d'habitude quand il dort, avec ses cheveux noirs, longs qui lui descendent à mi-dos, effleurant son visage endormi. Ses longs cils, assez féminins, cachant ses yeux d'un vert d'eau profond dans lesquels je manque de me plonger à chacune de nos conversations... Je me fais l'effet d'une humaine amoureuse, c'est déplorable. Moi, si fier. J'avais l'occasion de me dérober avec cette mission, me faire rétrograder et en profiter pour tout quitter mais non ! Je suis resté pour lui. Et d'un côté ça me désole. Je fais vraiment pitié. A force d'observer avec envie les humains, je finis par devenir aussi idiot qu'eux. Mais en même temps je ne peux pas m'empêcher de me dire que ça doit être merveilleux d'être avec quelqu'un qu'on aime, de vivre avec, de l'embrasser, de faire tous ce que les humains font la nuit dans l'intimité de leur chambre. Oui je leur en ai soufflé l'idée, mais personne ne sait que c'est moi, et comme je n'y ai jamais goûté, on ne peut m'accuser de rien. Et pourtant mes cours instants de sommeil sont peuplés de Gabriel et de sa beauté angélique à couper le souffle. Les autres anges aussi sont beaux mais sa beauté les dépasse largement. Vous allez me dire que c'est normal, que je suis subjectif parce que je l'aime, mais même avant je lui trouvais plus de grâce qu'aux autres. Peut-être à cause de l'humilité qu'il est le seul à avoir. Nos confrères étant obnubilés par le fait de faire mieux que les autres pour pouvoir peut-être réussir à devenir un jour Séraphin. Moi j'aurais juste voulu être né humain. Je n'aurais certes pas connu Gaby mais j'aurais pu aimer, j'aurais pu rencontrer quelqu'un d'autre à aimer. D'ailleurs les humains sont récemment remontés dans mon estime. Il y en a qui sont devenus homosexuels, ils sont brimés mais je suis sûr qu'ils sauront se battre pour leur cause. La tolérance. Ils semblent oublier que Dieu prône ce message, même si ici, au Paradis, ce principe semble de plus en plus battre de l'aile, un comble chez les anges. Ah... Que j'aime ironiser sur eux. Plus le temps passe et plus je deviens méchant, je suis même attristé qu'il n'y ait pas d'antithèse au Paradis. Je suis sûr qu'Enfer serait un nom idéal. Et puis ça créerait le mal, les guerres, les morts violentes et pas douces comme il y a en ce moment, des cruautés humaines plus prononcées... Tout cela me plairait bien, oui je n'ai pas le droit d'avoir de pareilles pensées mais je n'en ai pas grand-chose à faire, j'avoue. Et puis on a beau imaginer pleins de pouvoirs à Dieu, il ne les a pas tous. Il ne lit pas dans les pensées. Et heureusement, qu'on ait un peu d'intimité que diable ! Oh « diable » ce serait le dirigeant des Enfers, tiens. Bon, trêve de pensées obscures. Allons travailler un peu, ils ne vont pas me lâcher, je dois être exemplaire pour relâcher leurs doutes et être à nouveau tranquille. Mes capacités de manipulation vont bien aider...


Lucifer fait du très bon travail ces derniers temps, je n'entends plus de rumeurs sur lui et Raphaël ne m'a plus reparlé de cet incident. C'est bon signe, ça veut dire qu'il est remonté dans la confiance de Dieu et que son statut n'est plus remis en cause. Cela doit lui faire plaisir. Quoique je ne puisse m'empêcher de douter, et s'il n'était pas heureux d'être ce qu'il est ? Je ne veux pas l'envisager et en même temps... Cela changerait-il quelque chose ? Non. Il est mon ami et le restera même s'il n'est pas aussi loyal envers Dieu que nous. Il fait bien son travail et c'est ce qu'on lui demande que je sache. Donc pour moi il n'y a pas de problèmes, pas de raisons de s'en faire. Je me sens un peu coupable de ces pensées, d'inconsciemment l'enchaîner à ça même si ça ne lui plait pas. Mais je ne veux pas qu'il parte, je veux rester avec lui. Il est ce qui m'est le plus cher ici. Je crois en cette amitié qui nous lie depuis si longtemps et que j'espère éternelle. Je ne peux envisager mon avenir sans lui. Je me plais à imaginer que nous sommes comme ces humains que j'observe lors des missions et qui se disent meilleurs amis. Parfois je les envie, cependant je me reprends vite. Nous sommes bien mieux lotis qu'eux : nous avons l'immortalité, ne pouvant mourir que si on meurt d'une main extérieur, nous ne devenons pas âgés, restant jeunes et ne nous fanons pas, bien que ce ne soit là pas le plus important. J'entends ce sifflement significatif retentir dans ma tête, je suis convoqué dans la salle des missions. Je m'aperçois avec bonheur que Lucy est là. On va donc partir ensemble, cela signifie mission plus longue et plus dangereuse mais au moins on n'est pas dans la solitude la plus totale. Nous devons surveiller une famille à risque. Le père est mort et depuis le fils à des tendances suicidaires, la mère se laisser aller dans l'alcool et la fille est en pleine déchéance. Ces cas sont très rares mais ils arrivent. C'est la première fois que je suis envoyé dans une telle requête. On doit les aider sans qu'ils ne s'en doutent, genre faire rencontrer à la mère un homme attentionné pour qui elle aura un coup de foudre, etc... Lucifer a un léger sourire charmeur, je me demande à quoi il pense. En tout cas, il est tellement beau... Encore plus quand il est comme ça, dans cette attitude un peu hautaine qui lui va si bien, même si j'ai parfois peur de le perdre quand je le vois comme ça, me disant qu'il nous échappe pour aller se perdre dans je ne sais quels méandres de son esprit.


Malgré la présence de Dieu, les gens souffrent quand même, bien qu'il n'y ait pas de côté « sombre » si je puis m'exprimer ainsi. J'aime voir la douleur sur le visage des gens, la détresse dans leurs gestes et dans leurs paroles. Et pourtant je les aide à aller mieux, je n'ai pas le choix, c'est mon rôle. J'ai essayé au mieux de cacher la satisfaction sur mon visage à l'annonce de la mission mais je crois que Gabriel commence à comprendre que je ne suis pas aussi blanc et pur que les autres anges. Je me suis, bien malgré moi, enchaîné à lui. Mais je n'attends rien, je vais laisser faire le temps. Et que je me fasse bannir ou que je reste là, peu importe. Je ferais avec dans les deux cas. Assumons nos actes, nos choix et nos pensées. Tels sont ma fierté et mon orgueil.


La mission s'est bien passée, la famille est à nouveau heureuse. Dès notre retour au Paradis, Lucifer s'est enfermé dans sa chambre et n'en est pas sorti. J'aimerais bien connaître la nature de ses pensées, de ses idées. Il a passé du temps à réfléchir pendant le travail. Et je me suis rendu compte que les gens qui le considèrent comme le plus beau des anges ont raison. Bien sûr, tous les anges sont beaux. Mais il a des cheveux d'un blond profond qu'il noue en un catogan qui s'échoue au creux de ses reins ainsi que des yeux bleus perçants rappelant la couleur de l'océan. Ses traits sont fins, gracieux, féminins et adoucissent son regard qui est si dur parfois. Il est capable de figer de peur une personne d'un simple regard et de l'envoûter la seconde d'après. Il paraît dangereux quand on réfléchi bien, mais je ne peux m'y résoudre. Comment un ange aussi beau pourrait être cruel ? De plus il a une apparence si douce... Des fois j'ai envie de passer ma main dans ses cheveux pour tester leur douceur, de caresser son visage, sa peau diaphane... Non, je dois me reprendre ! On ne fait pas ça entre amis que je sache. Et puis je ne ressens que de l'amitié pour lui, non ? Je suis un ange honnête et fidèle en Dieu qui ne trahira jamais la promesse de rester pur. Une fois, une ange a été reléguée en simple suivante parce qu'elle était tombée amoureuse d'un humain qu'elle passait son temps à regarder. Les anges n'aiment pas, donc même si j'éprouve de tendres sentiments pour mon ami, ce n'est pas de l'amour. C'est juste une passade qui me fait croire que je l'aime mais qui n'est en fait que l'amitié qui décide de devenir passionnelle avant de redevenir comme avant. Ce n'est rien qu'une mauvaise passe qui ne durera pas.


Des rumeurs coururent au Paradis comme quoi une révolte était en marche. Les quatre Archanges et les trois Séraphins durent y rester pour veiller à ce que rien ne se passe et découvrir comment des anges pouvaient avoir de telles idées. Pourtant, les jours se suivirent les uns après les autres sans qu'ils ne sachent rien de plus. Les anges n'en parlaient pas ou alors étaient d'une discrétion à toute épreuve et il ne semblait pas y avoir de chef. Et pourtant comment de tels bruits étaient-ils apparus ? Dans l'ombre, des anges rebelles espéraient qu'en faisant apparaître une rumeur, un chef allait se déclarer et qu'ils pourraient être libre. Leur rêve : faire couler Dieu. Mais ils savaient qu'ils allaient devoir se soumettre à quelqu'un qui serait sans doute plus cruel mais qui ne serait pas aussi débordant de bons sentiments et d'estime envers ces enflures que sont les Hommes. Tandis que les serviteurs les plus hauts placés de Dieu fouillaient partout, les preuves qu'ils auraient pu trouver disparaissaient au fur et à mesure, laissant croire aux Rebelles qu'ils avaient un allié parmi ces sept anges. Certains tempéraient les autres, ne pas espérer pour rien, pourquoi l'un des gradés s'occuperait d'eux ? Mais l'espoir demeurait au fond des cœurs. La paranoïa s'installa peu à peu. Devait-on faire confiance à son voisin ? Finalement, les recherches s'arrêtèrent car les rumeurs firent de même. Le calme et la tranquillité revinrent en ces lieux alors que dans l'ombre une silhouette se laissait aller à sourire cruellement, car n'était-ce justement pas le calme avant la tempête ? Calme qui veillait sur la confiance nouvellement retrouvée.


Que ces anges sont imbéciles ! Clamer haut et fort qu'on veut se retourner contre Dieu... Ils n'ont vraiment rien dans la tête ! Il faut amener ça en silence et exploser d'un coup pour les prendre par surprise. Surtout ne pas amener ça doucement et leur permettre de contre-attaquer. Heureusement que j'étais là pour effacer les preuves qu'ils laissaient traîner, je me demande bien pourquoi ils ont fait une telle chose. Peut-être veulent-ils se trouver un chef ? Je saurais les trouver au moment venu ; déjà ils se sont calmés, c'est une bonne chose. Faire la révolte... Bien sûr je le voudrais et je l'aurais déjà fait s'il n'y avait pas, dans ces lieux, mon amour. Alors les Rebelles vont attendre qu'on me découvre. Ce qui risque d'arriver par leur faute. Il n'est pas impossible que j'aie laissé par erreur une marque me dénonçant en les couvrant. Tout ça parce qu'ils ne savent pas se débrouiller seuls. Je vais devoir me méfier et rester sur mes gardes.


Ce mouvement m'a inquiété. Un instant j'ai cru que Lucy n'était pas étranger à l'affaire et je n'ai pas été le seul si j'en crois les regards de Raphaël et Michaël ou l'indifférence apparente des Séraphins. Mais je me suis donné une claque mentale. Comment puis-je oser douter ? Il est ma vie, je n'ai pas le droit de remettre en cause sa loyauté sous prétexte qu'une révolte a failli avoir lieu. « Ma vie »... Et j'en suis maintenant persuadé. Quand j'ai pensé qu'il pourrait être coupable de quelque chose j'ai ressenti une peur et un coup au cœur à l'idée de le perdre, que je n'allais pas survivre, mon cœur semblait sur le point de s'arrêter. Pourquoi suis-je tombé amoureux de lui ? Déjà c'est un homme et en plus on n'a pas le droit d'être amoureux d'un humain et encore moins d'un de ses semblables. De toute façon, mes sentiments ne seront jamais partagés alors autant les oublier tout de suite. Pourtant... Je ne peux m'empêcher d'espérer quand je repense à la nuit où il avait veillé sur moi, il me regardait d'un regard si doux, si mélancolique. Et s'il m'aimait ? Ne pas y penser, on ne pourrait même pas vivre cet amour, même si il était partagé. L'oubli ferme et définitif reste la meilleure solution.

« Où suis-je ? Je demande, un peu sonné.

- Sur le sol, répond la voix amusée de Lucifer. Tu m'es encore rentré dedans.

- Oh, euh, désolé... Je balbutie sans oser le regarder.

- Je ne vais pas te manger tu sais ? » Me dit-il en me tendant la main que je saisis avant de partir en courant et en rougissant.

Mais qu'est-ce qu'il m'arrive ? Il va tout de suite comprendre que quelque chose ne va pas.


La réaction de Gaby est pour le moins étonnante. Rougir et s'enfuir comme ça juste parce qu'il m'est tombé dessus... Il avait l'air totalement perdu. Je me demande à quoi il pensait... Peut-être s'est il rendu compte de mes sentiments ? Non je ne pense pas, il m'aurait déjà évité avant de revenir le connaissant. Ou alors peut-être qu'il vient de se rendre compte qu'il m'aimait ? Houla faut que t'arrêtes de rêver tout éveillé mon vieux ! Reprends-toi, Gabriel est un ange tout ce qu'il y a de plus pur. Donc par définition, il ne peut pas partager tes sentiments. Retournons travailler plutôt que d'avoir de pareilles pensées.


Je rentre d'une mission harassante en compagnie de Michaël. Je n'ai qu'une envie c'est de me reposer longtemps, très longtemps et de rester allonger sans bouger pendant des heures. Les humains sont épuisants parfois, en plus mon binôme n'a pas été très bavard durant ces journées communes. C'est la première fois que je pars avec lui, et bah j'espère que ça ne se refera pas de sitôt. On a dû parler combien de temps en un mois, deux heures ? Même avec Raphaël on parle plus longtemps que ça.

« Gabriel, tu peux te reposer si tu veux, me dit Michaël qui vient d'arriver.

- C'est ce que je vais aller faire, je réponds. Mais tiens tu parles ! J'ironise.

- Je n'aime pas parler quand je dois me concentrer, réplique-t-il.

- Ça j'ai remarqué, je grogne amèrement.

- Si tu voulais parler tu pouvais : je sais répondre tu sais. Juste il ne faut pas attendre que je fasse moi-même la conversation. Je ne suis pas cet enquiquinant de Raphaël qui cause tout le temps, grince-t-il. Au moins avec Lucifer le courant passe bien, on est aussi avide de paroles l'un que l'autre. Bon je te laisse. » Ajoute-t-il avant de partir dans un grand mouvement de toge.

Sa remarque à propos de Lucy m'a surpris, on parle tous les deux même quand on est en mission. C'est vrai qu'en réfléchissant je me rends compte que c'est plus moi qui menais les échanges de paroles mais ça n'a jamais semblé le déranger. Lucifer... Je l'évite depuis que je me suis rendu compte que je l'aime et lui parler me manque. Mais si par malheur je laissais échapper mes sentiments et qu'il y répondait, on aurait tous les deux des problèmes si jamais quelqu'un venait à l'apprendre. Bon, allons dormir, j'en ai besoin, je suis épuisé physiquement et, je suis obligé de le reconnaître, moralement à cause de cette histoire qui me ronge de l'intérieur.


Le Paradis est très tranquille ces derniers temps, les messages des Rebelles ont été totalement oubliés et c'est très bien. J'avais apparemment tort de m'en faire, personne ne m'a parlé de quoique ce soit même si certains doutaient au début. Gaby aussi me regardait bizarrement et je préférais ça à la situation actuelle. Il est certes parti un mois en mission avec Michaël mais même quand il est là je ne le vois pratiquement plus et sinon il a toujours quelque chose à faire. Il m'évite, j'en suis sûr. Mais il paraît si mélancolique... Il a l'air en perpétuel combat intérieur et je me demande bien pourquoi. Je suis si inquiet pour lui... Bien que je n'aille pas le voir. J'attends qu'il revienne de lui-même, je ne veux pas le brusquer.

« Bonjour Lucifer, m'interpelle une voix que je reconnais être celle de Michaël justement.

- Bonjour, comment vas-tu ? Je réponds poliment.

- Un peu fatigué j'avoue. Gabriel est parti se reposer dans sa chambre, il m'en veut parce que je ne parle pas en mission, soupira-t-il.

- Quand on part ensemble c'est lui qui parle et je réponds, je souris.

- Vous ne traînez plus ensemble ces derniers temps non ? Me questionne-t-il.

- En effet, et ne me demande pas pourquoi, je n'en sais rien... je murmure.

- Pourquoi tu ne lui poses pas la question ? Répond-il étonné.

- Parce que je ne veux pas le brusquer, s'il m'évite c'est sans doute pour réfléchir sur je ne sais quel sujet et j'attendrai qu'il veuille bien m'en parler quand il se sentira près. Je n'aime pas forcer les gens.

- Comme tu n'aimes pas qu'ils te forcent. En tout cas c'est honorable comme réaction. Bon je te laisse.

- Bonne nuit. » Je me moque.

Je retourne pensivement dans ma chambre pour réfléchir à tout ça mais j'ai l'étrange impression d'avoir été observé pendant ma discussion avec l'Archange. Peu de gens le savent mais on s'entend plutôt bien tous les deux.


N'arrivant pas à dormir je me suis baladé dans les couloirs et comme par hasard je suis tombé sur Lucifer. Mais je suis surpris de l'avoir vu parler avec Michaël. Je ne savais pas qu'ils s'appréciaient réciproquement. Sa réponse sur pourquoi il ne me demande pas ce qu'il se passe m'a ému. Je le savais discret et gentil mais je suis quand même surpris. Je comprends de mieux en mieux pourquoi je suis tombé amoureux de lui et pas d'un autre. Me voilà dans ma chambre, cette fois-ci je me couche en souriant, heureux bien malgré moi et je ne peux m'empêcher de tomber dans un sommeil hanté par un certain ange blond.


J'ai remarqué que Gabriel nous observait quand je discutais avec Lucifer. On se parle peu tous les deux mais ça nous convient très bien. J'aime nos discussions et puis on va toujours droit au but. J'espère que sa réponse à la question que je lui ai posé, justement parce que je nous savais écoutés, a convaincu l'Archange d'aller lui parler et de lui confier ses peines. J'ai l'impression que quelque chose de très fort les lie tous les deux. Quand l'un ne va pas bien, l'autre ne l'est pas non plus, quand l'un est heureux, l'autre l'est aussi. Je ne sais pas exactement ce qu'ils ressentent l'un pour l'autre mais je sais que quoique ce soit, je le garderai pour moi. Lucifer est un ami pour moi, et j'apprécie Gabriel aussi même si l'on ne se parle pratiquement pas.


J'ai pris ma décision, je vais dire mes sentiments à Lucy. Enfin... Je vais lui écrire une lettre plutôt que je déposerai directement dans sa chambre pour être sûr qu'elle ne soit pas lue par quelqu'un d'autre que lui. Après une dizaine de brouillons je suis enfin satisfait et la dépose chez lui.


Enfin rentré de mission. Elles me pèsent de plus en plus celles-là. Tiens, une lettre à mon nom sur mon bureau, je reconnais l'écriture de Gabriel à travers le Lucifer écrit sur le dos de l'enveloppe. Je l'ouvre et commence la lecture avec un peu d'appréhension.

Cher Lucifer,

Tu dois être surpris à la vue de cette lettre. En effet, pourquoi t'écrire alors que je pourrais te parler en face n'importe quand ? Simplement parce que je n'ose pas, et je sais que je ne devrais pas te confier ce que je m'apprête à noter et pourtant je ne peux m'en empêcher. La dernière fois je t'ai entendu parler avec Michaël et ta réponse à une de ses questions m'a encouragé à te confier les sentiments que je ressens pour toi.

Je t'imagine froncer les sourcils après que tu aies lu cette phrase te demandant où je veux en venir. Tu te rappelles quand on a vainement cherché des preuves contre les anges rebelles ? J'en ai honte mais j'ai douté de toi, le fait que tu sois coupable de quelque chose m'a, l'espace d'un instant, effleuré l'esprit. Et j'ai eu un tel coup au cœur à cette pensée que j'ai compris que l'amitié que je te porte cachait en fait autre chose de plus profond. Te connaissant tu dois avoir compris, j'espère que tu n'es pas trop dégoûté et que tu ne m'en veux pas. Car oui, moi Gabriel suis coupable de t'aimer. Je sais bien que les anges ne doivent pas aimer, et encore moins aimer l'un de leurs semblables qui en plus est un homme mais je ne peux malheureusement pas m'en empêcher.

J'en suis sincèrement désolé et j'espère que tu me pardonneras cette faute et qu'on saura rester ami. Et surtout, ne te sens pas obligé de me faire part d'une réponse ou de tes réactions. J'accepterai que tu ne veuilles pas revenir sur ça.

Bien à toi,

Gabriel.

Je n'ose croire à ce que je viens de lire, c'est tellement inimaginable, tellement soudain, tellement... Je suis si heureux... Et j'espère qu'il acceptera le fait que je ressente la même chose pour lui. Préférant parler aux gens face à face je vais aller le voir dans sa chambre souhaitant qu'il accepte de me recevoir. Je vais quand même me reposer et me calmer un peu avant d'y aller. Mais mon cœur est rempli de joie.


Si mes souvenirs sont bons, Lucifer est normalement rentré de mission. Il a dû lire ma lettre. Malgré tout j'aimerais qu'il vienne me voir, qu'il me dise qu'il m'aime en retour mais il ne faut pas rêver. Déjà, je suis soulagé de lui avoir avoué mes troubles.

TOC TOC TOC.

« Entrez ! Je crie en sursautant.

- Bonsoir Gaby, dit doucement l'objet de mes pensées.

- Lu-Lucifer... Je balbutie.

- Je viens répondre à ta lettre de vive voix. Commence-t-il. Sache que j'éprouve la même chose que toi. Je m'en suis réellement rendu compte suite à la nuit que j'ai passé à tes côtés après avoir assuré mon grade grâce à une mission rapidement effectuée. J'ai eu dû mal à l'accepter oui, mais tous les efforts que j'ai fait, je les ai faits pour toi, voulant rester à tes côtés le plus longtemps possible. Murmure-t-il.

- Oh ! Je souffle.

- Je t'aime Gabriel, sourit-il.

- Moi aussi, oh Lucifer si tu savais comme je t'aime ! Je m'exclame en me blottissant dans ses bras. J'ajoute : Je suis heureux. »

Il ne me répond pas mais me serre plus fort contre lui. Je glisse ma tête dans son cou et me régale du contact de ses cheveux dans mon dos, de la douceur de sa peau, de sa chaleur, de son odeur. De lui tout simplement. Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés enlacés mais ça a duré longtemps en tout cas.

« Je suis désolé, je suis à nouveau appelé en mission, grogne-t-il.

- Ce n'est rien, Je souris. On a du temps devant nous.

- Oui, murmure-t-il avec, semblerait-il, un léger doute dans la voix. A plus tard, dit-il en me volant un baiser. »

Sitôt qu'il est parti, je pose un doigt sur mes lèvres, mon premier baiser. Il a les lèves si douces... J'ai l'impression de nager en plein rêve. Au fond je sais que nous faisons une chose interdite, mais je ne peux m'empêcher d'éprouver beaucoup de joie à l'idée d'être en couple avec Lucifer.


J'ai tout sauf envie d'aller en mission, avec Raphaël en plus... J'étais bien mieux contre Gaby, je n'ai d'ailleurs pas pu m'empêcher de l'embrasser en partant. Cet interdit a un goût d'exquise sucrerie. Je suis pressé d'être de retour au Paradis et même si on ne se voit que peu entre chacune de nos missions, j'espère que ça durera longtemps.


J'aime aller en mission avec Lucifer, j'ai toujours l'espoir de découvrir quelque chose sur lui. Il ne m'a jamais inspiré confiance, j'ai toujours été l'un des seuls à me méfier. J'étais content quand Dieu a commencé à douter mais malheureusement cela n'a pas duré. Pourtant je suis sûr qu'il a un rôle de près ou de loin dans l'affaire des Rebelles. Il n'en fait peut-être pas encore parti mais les preuves n'ont pas pu disparaître toutes seules ! Car je suis sûr qu'il y en a eu à un moment ou un autre. Personne n'est parfait, ils ont dû faire des erreurs et lui a dû les couvrir. Malheureusement, il n'est pas bavard donc je ne peux pas essayer de le piéger en brodant des phrases. Michaël parle de temps en temps avec lui mais ne m'écoute pas quand j'essaie de causer avec lui en mission, quant à Gabriel il lui fait une confiance aveugle. Ils semblaient distants l'un avec l'autre mais si j'en crois le sourire, qui s'était fait si rare dernièrement, de Lucifer, ils doivent être à nouveau amis. A moins que cette relation ambiguë ne cache autre chose. Je vais fouiner un peu partout, j'arriverai à le faire tomber, cette saleté d'ange blond ! Je ne suis pas jaloux de lui non, juste je ne l'aime pas et je fais confiance à mon intuition me disant qu'il joue sur plusieurs tableaux à la fois.

Comme prévu je n'ai rien appris de nouveau, sauf qu'il semblait avoir encore plus hâte que d'habitude d'en finir. Affaire à suivre donc...


Lucy vient de rentrer au Paradis, il ne devrait pas partir en mission pour quelques jours et moi je pars dans deux jours. Je ne vais pas le lâcher jusqu'à là !

Je l'interpelle alors qu'il sort de la salle principale :

« Salut !

- Comment vas-tu ? Me demande-t-il.

- Très bien maintenant que tu es là, je rougis alors qu'on se dirige tout naturellement vers sa chambre.

- Je suis également très content de te voir, sourit-il. Tu m'as manqué pendant la mission, en plus Raphaël n'arrête pas de m'observer, espérant découvrir quelque chose sur moi et ça m'énerve.

- Tu sais pourquoi il ne t'aime pas ? Dis-je soucieux.

- Non mais il ne fait rien de mal, ajoute-t-il, et pour lui-même pour l'instant.

- Je suis content, je ne voudrais pas qu'il te fasse du mal ! » Je m'exclame.

Il se met à rire et me coupe d'un baiser. Je m'abandonne contre lui et noue mes bras dans son cou pour approfondir l'étreinte. Je me sens si bien avec lui, j'ai l'impression d'être enfin à ma place, je me sens complet. Il coupe le baiser alors que nous sommes à bout de souffle et je caresse sa joue du bout des doigts pendant qu'il s'amuse à faire tourner mes mèches de cheveux le long de sa main. Je voudrais que cet instant dure pour l'éternité bien que je sache qu'il n'en sera rien. Je plonge mon regard dans le sien avec l'impression de me noyer dans ce lac bleu si accueillant. Lucy se moquerait de mes pensées à l'eau de rose mais je l'aime, tout simplement.


Ma mission s'est relativement bien passée même si Raphaël m'a passablement énervé. J'ai croisé Gabriel et nous discutons jusqu'à ce qu'on arrive dans ma chambre. Je coupe sa phrase d'un baiser et je souris en le sentant s'abandonner contre moi et l'approfondir. Je laisse mes doigts jouer dans ses cheveux pendant que je le sens me caresser la joue. Cet instant est d'une douceur incomparable qui me remplie de joie et de tendresse. Il me prend l'envie de rester comme ça avec lui pendant des heures. Je sais qu'on a deux jours tranquilles qui s'annoncent devant nous et j'en suis content. Je nage dans ses yeux verts d'eau, je ne peux les quitter du regard. Je suis mièvre je le sais mais là je n'en ai que faire. Je l'aime profondément, et c'est la seule chose qui m'importe à cet instant précis.


Lucifer et Gabriel formaient un couple depuis plusieurs mois déjà. Le brun rayonnait tandis que Raphaël se méfiait et fouinait de plus en plus dans les affaires du blond qui s'en rendait compte mais ne disait rien pour ne pas inquiéter son ami. L'ambiance redevint vite glaciale au Paradis à cause d'un attentat soudain des Rebelles. Ils ne semblaient pas avoir assez de patience et désiraient faire bouger les choses le plus rapidement possible ce qui rendait Lucifer acariâtre.


Ces saletés d'anges rebelles m'énervent, j'étais tranquille et là je sens que c'est la fin. Je vais envoyer une lettre au leader en espérant qu'il m'écoute.


J'ai enfin ma preuve contre Lucifer ! J'ai bien fait de surveiller le courrier des suspects. Comme ça je peux coincer et le chef et ce fichu ange blond. Je reconnaîtrais son écriture entre mille et il a fait l'erreur d'envoyer une missive à l'un des Rebelles.

Ange rebelle,

Je ne sais pas comment tu t'appelles mais je sais que tu es le leader des Rebelles.

Je t'écris cette lettre pour te demander d'arrêter les attentats, de laisser revenir le calme en ces lieux. Je veille dans l'ombre, j'avais déjà effacé vos erreurs la première fois.

Il faut attendre le bon moment avant d'attaquer, et il n'est pas encore arrivé.

Je te recontacterai.

Amicalement.

J'ai fait deux copies de cette lettre, une pour Michaël et une pour Lucifer. Je vais donner l'originale à Dieu en main propre, je ne doute pas qu'il acceptera de me recevoir.


Je viens de recevoir un message de Raphaël qui a apparemment fait bande à part dans l'enquête contre les Rebelles. Je dois absolument voir...

« Lucifer !

- Oui ? Me demande-t-il l'air impassible mais figé.

- Je dois te parler en priver. Désolé de te l'enlever Gabriel mais c'est urgent, je m'excuse.

- A tout à l'heure Lucy, lance ce dernier en partant.

- Tu veux me parler du mot de Raphaël non ? J'ai reçu une copie de la lettre et un mot comme quoi il te l'envoyait et allait voir Dieu... Siffle Lucifer en nous enfermant dans sa chambre.

- J'ai toujours su que tu n'étais pas net mais je n'apprécie pas du tout ses manières. Surtout que là tu ne les encourageais pas, au contraire, dis-je pour essayer de l'apaiser.

- Je ne veux pas partir ! Je ne veux pas quitter Gabriel... Je l'aime... Murmure-t-il avant de fondre en larmes.

- Et c'est partagé, je devine en le serrant dans mes bras. Je vais veiller sur lui après ton départ, je te le promets. Car Dieu ne te tuera pas, j'en suis sûr, j'ajoute.

- Merci, souffle-t-il. Bon, affrontons son destin ! Grince-t-il en entendant l'appel demandant à tous les anges de se rendre dans la salle principale.


La fin est arrivée, c'était trop beau pour durer. Raphaël est tout joyeux devant Dieu, Michaël est allé rejoindre Gabriel pour l'empêcher de me rejoindre tandis que j'espère que personne ne sache la véritable nature de notre relation à Gaby et moi. Je sursaute en L'entendant parler.

« Archange Raphaël m'a apporté une information capitale dans l'affaire des Rebelles. Premièrement, les noms de tous les membres, deuxièmement, le nom de leur protecteur. Lucifer. Je suis fâché qu'un Archange s'abaisse à de telles pratiques. C'est pour ça que j'ai décidé de les bannir et de les nommer anges renégats. Personne n'a d'objection ? Bien. »

J'ai vu Gabriel regarder Michaël avec un air perdu à l'annonce de mon nom. J'espère qu'il me pardonnera tandis que je sens avec douleur mes ailes sortir et se teindre en noir. Mon sort est mieux que les autres qui sont transformés en petits démons, le leader, Satan, est plus grand et plus laid. Je leur ordonne de me suivre et m'envole jusqu'au fond de la terre pour créer ce qui effrayera anges et humains : les Enfers. Pardonne-moi mon amour.


Je quitte enfin ce Paradis pourri ! Certes mon apparence est horrible, mais au moins je suis libre. Lucifer a enfin finit de créer notre grotte infernale. Tout est rouge, souffrance, laideur. Il a répartit les démons et les diablotins comme il les appelle mais visiblement je vais avoir un rôle à part.

« Satan, m'appelle-t-il.

- Oui Chef ? Je demande en m'agenouillant.

- Je te nomme le maître de ces lieux, le Diable. »

Je sursaute :

« Et vous ?

- Je serais Lucifer le prince des Enfers, celui qui vit dans l'ombre. » Murmure-t-il avant de partir dans les entrailles de notre nouvelle demeure.

Je décide de lui faire honneur et me mit à régner dans la peur, dans la douleur et dans l'horreur pour que Dieu regrette, qu'il se sente coupable de ce qu'il a indirectement créé. Je n'ai pas revu Lucifer, il doit vouloir rester seul et seuls trois diablotins sont en contact avec lui et nous distribuent parfois ses directives. Mais nous sommes libres, il ne nous entrave pas. Je suis content, j'en ai même oublié mon ancienne beauté angélique.


Lucifer, un ange renégat... Je voudrais que ce soit un cauchemar et me réveiller à ses côtés mais non... Il est réellement un monstre. Je ne pensais pas ça de lui, je suis totalement déchiré. Je l'aime mais plus que jamais je n'en ai pas le droit. J'essaie de me convaincre qu'il a mérité son sort parce qu'il a été méchant envers Dieu mais une petite voix au fond de mon cœur me dit que je ne sais pas tout, qu'il y a des parties d'ombres et que peut-être... Non ! Ne pas espérer. J'en viens à douter, m'aimait-il vraiment ou n'était-ce qu'un plan pour réussir ? Je ne sais pas, je ne sais plus... Raphaël jubile tandis que je suis de plus en plus pâle et que mes cernes s'allongent et deviennent plus foncées de jour en jour. Il me semble voir le regard inquiet de Michaël se poser de temps en temps sur moi mais je dois rêver. Pourquoi ferait-il ça ?


Ce que je redoutais est arrivé, Gabriel se laisse totalement dépérir. Il n'est plus qu'un robot qui fait ses missions machinalement, il ne se repose plus, il se laisse totalement porter par la souffrance que lui imposent ces évènements. Je vais essayer d'en discuter avec lui et surtout de l'éloigner de la joie de Raphaël qui doit le blesser au plus profond de lui-même.

« Gabriel ? J'appelle doucement en frappant à la porte ouverte de sa chambre.

- Entre, je l'entends murmurer.

- Comment vas-tu ? Je demande en fermant la porte. J'ajoute : Et je ne veux pas le « oui » que tu sors à tout le monde, je veux la vérité.

- Lucifer me manque, mais ce n'est pas bien... Souffle-t-il.

- Ecoute, je commence. Il t'aime profondément, avant de se faire bannir il m'a fait jurer de veiller sur toi. Il n'était pas avec les Rebelles, la lettre que Raphaël a reçu demandait au Leader de ne rien faire, de se calmer. Il avait juste effacé leurs erreurs et n'aurait rien fait de plus. Quand j'en ai parlé avec lui, juste avant l'appel, il pleurait à l'idée de te perdre. Alors ne le transforme pas en un monstre qu'il n'est pas, ne doute pas de lui.

- C'est... c'est vrai ? Balbutie-t-il.

- Oui, je te l'assure. N'écoute pas Raphaël qui clame à qui veut l'entendre sa monstruosité, n'écoute pas non plus les bruits de couloirs. Écoute ton cœur. Je vais te laisser réfléchir à tout ça, dis-je en me levant.

- Michaël ? J'entends en partant. Merci. »

J'espère que ce que je lui ai dit arrangera les choses. Qu'il se remette à vivre.


J'avais donc tout faux si j'en crois Michaël. Mais je dois le croire car pourquoi me parlerait-il sinon ? Lui qui est si peu bavard. Et Lucifer était ami avec lui alors je ne vois pas pourquoi il me mentirait. Je suis soulagé, notre histoire d'amour était vraie. S'en est que plus douloureux car je j'en aurais plus jamais le droit, je ne pourrais plus le serrer contre moi, l'embrasser... Mais comment vivre sans lui ? Il est si important pour moi. Je ne peux pas imaginer l'avenir sans sa présence, pourtant je vais devoir faire avec. Les nouvelles qu'on a sont inquiétantes, l'Enfer prend une place de plus en plus importante dans le cœur des humains, ils deviennent cruels, des guerres atroces se forment. Mais pourtant le nom de Lucifer ne revient jamais, on parle du Diable, Satan, mais c'est tout. Alors que devient-il ? Quel rôle a-t-il dans tout ça ? J'aimerais le revoir mais... Non ! Il ne faut pas. Déjà parce que l'espoir tue et ensuite parce que ça va contre mon statut d'Archange et que j'aime ce grade, enfin... je crois.


L'avantage d'être resté un ange est que j'ai toujours forme humaine et que je peux me balader tranquillement sur terre. Je sais que je peux faire confiance à Satan pour diriger d'une main de maître notre nouveau territoire. Je me sens seul là-bas, loin de Gabriel... Je ne parle qu'avec trois petits diablotins qui étaient des jeunes anges sympathiques. Je suis assis à la table d'un café et constate avec amusement les regards des hommes et des femmes qui glissent sur moi. J'y suis habitué mais au début ça m'énervait assez vite. Je m'apprête à me lever quand je vois un homme passer de dos, il est brun et sa beauté me saute déjà aux yeux. Gaby... Il doit être en mission chez les humains.


Je suis actuellement sur terre et en passant devant une brasserie j'ai entendu mon surnom être prononcé par une voix que je reconnaîtrais entre mille. Lucifer. Je me retourne et le regarde mais il semble plongé dans la contemplation du ciel, je suppose qu'il a murmuré ce mot sans s'en rendre compte. Il est si beau... J'ai envie d'aller le voir, de lui parler mais c'est interdit je le sais. J'allais partir quand il plonge son regard dans le mien, il a sûrement senti que je l'observais. Je ne sais pas quoi faire, je n'arrive pas à me décider et cette situation m'est insupportable.

« Gabriel... Murmure-t-il comme s'il avait peur de me brusquer.

- Lucifer, je réponds sur le même ton. Comment vont les Enfers ? Je demande d'une voix brisée.

- Très bien si j'en crois les comptes-rendus de mes trois petits diablotins, répond-il ironique.

- Comment ça ?

- Je ne m'en occupe pas, le diable c'est Satan. Je lui ai donné ce poste et moi pendant ce temps-là j'attends que l'éternité passe, soupire-t-il.

- Mais pourquoi ? N'es-tu pas heureux d'être enfin débarrassé des contraintes du Paradis ? Je grogne.

- Certes tout cela m'insupportait. Mais je restais pour toi et tu le sais très bien. Donc non je ne suis pas heureux Gabriel. Quoique tu penses peut-être que je t'ai menti tout le temps. Tu dois avoir à faire non ? Réplique-t-il d'un ton glacial.

- Je-je suis dé-solé... Balbutie-je, sonné par sa réponse. Michaël m'a dit tout ça mais je n'y croyais pas trop... Je ne savais pas trop quoi penser.

- Ça va, je ne voulais pas te parler comme ça, s'excuse-t-il adouci.

- Tu m'as terriblement manqué... Je ne veux plus te quitter Lucy ! Je m'exclame au bord des larmes.

- Chut mon amour, souffle-t-il en m'enlaçant devant le regard indifférent des gens. Tu es attaché à Dieu et n'a pas le droit de me fréquenter si tu tiens à la vie.

- Je t'ai déjà perdu, je ne veux pas que ça recommence ! Voyons-nous en cachette ! Dis-je sans croire moi-même à ce que je dis.

- Gaby... Murmure-t-il. Tu es sûr de ce que tu veux ?

- Oui !

- Alors... C'est d'accord... Soupire-t-il. Mais si tu as le moindre doute, arrête tout ! Je ne veux pas que tu risques ta vie pour moi.

- Entendu. »

Je ne sais pas comment mais je suis dans une chambre avec Lucifer. Il me dit qu'on est dans l'appartement qu'il s'est acheté pour avoir un pied-à-terre chez les humains. C'est là qu'on se verra à présent. Je ne sais pas où tout ça va nous mener, je sais juste que je suis à nouveau heureux et à ma place, là, dans ses bras.


Gabriel est parti dans la nuit faire sa mission. Je suis heureux de l'avoir vu mais j'avoue que j'ai beaucoup d'appréhension pour la suite... J'ai peur pour lui, qu'on découvre notre liaison et qu'il meurt par ma faute juste parce que je n'ai pas eu le courage de lui dire non pour le protéger. J'ai égoïstement envie de le garder pour moi, qu'il m'appartienne tout entier... On a décidé qu'on se retrouverait à mon appartement pendant les missions où il est seul ou avec Michaël. Il n'aura qu'à rentrer chez moi grâce à la clé que je lui ai donné et je le sentirais. Je suis à la fois heureux et malheureux... Je n'arrive pas à me réjouir de notre situation... Oui avant aussi nous étions ensembles en cachette mais là c'est beaucoup plus dangereux avec ma nouvelle situation... Je ne sais plus quoi éprouver et tout cela m'énerve. Je ne suis pas habitué.


Ma mission est finie et je peux enfin me reposer dans ma chambre pour réfléchir aux derniers évènements. J'ai retrouvé mon amour et je lui ai carrément demandé d'avoir une liaison cachée avec moi... Je ne sais pas trop qu'elle mouche m'a piqué quand je lui ai sorti ça. Je ne regrette absolument pas mais j'ai peur pour moi, pour ma place et surtout de mourir... C'est démodé de mourir par amour mais c'est ce qui risque de m'arriver... Je suis heureux mais je ne dois pas le montrer, sinon les autres risquent d'imaginer des choses. Raphaël surtout. Il sait que je ne me remets pas vite des coups durs donc ça risque de lui mettre la puce à l'oreille. Je vais devoir faire très attention...


Gabriel a l'air heureux quand je suis en mission avec lui chez les humains. J'ai de bonnes raisons de croire qu'il a rencontré Lucifer en mission. Je suis heureux pour eux mais il devrait rester plus sur ses gardes. Raphaël m'a à l'œil. Il pense que Gabriel ne cherchera pas à retrouver Lucifer mais que moi si à cause de mon caractère plutôt secret qui ne lui plait pas trop. Je vais lui glisser un petit mot.

Gabriel,

Je pense que tu as repris contact avec Lucifer puisque tu es heureux quand on est en mission chez les humains. Prends garde à garder ton air déprimé. Je pense que Raphaël me tient à l'œil alors fais attention.

Michaël.


Pendant que Gabriel se tenait sur ses gardes après avoir lu la missive de Michaël et voyait Lucifer en cachette le plus possible, Raphaël menait son enquête un peu partout. Il était sûr d'avoir vu Gabriel sortir d'un immeuble avec un grand sourire aux lèvres. Il décida donc de le suivre dans l'ombre et de découvrir son secret. Alors que Gabriel était seul en mission chez les humains, il alla chez Lucifer sans prendre conscience du fait qu'il était suivit. Il monta chez son ami sans savoir que c'était la dernière fois qu'il le tiendrait dans ses bras.

Lucifer et Gabriel parlèrent de tout et de rien pendant un petit moment puis l'ange noir prit les choses en main. Il attira doucement son ami contre lui et commença à l'embrasser tendrement. Il descendit ses lèvres le long de sa mâchoire avant de lui poser de doux baisers papillons partout dans le cou tandis que son ami se serrait le plus possible contre lui. Il lui enleva sa chemise et couvrit de caresses la peau au fur et à mesure qu'il la découvrait. Gabriel était figé, se laissant faire en gémissant doucement, ayant toujours peur d'être plus entreprenant. A force de l'effeuiller, il fut entièrement nu et frissonna au contact de l'air contre lui avant de se faire pousser avec douceur sur le lit par Lucifer qui se déshabilla rapidement. Il reprit ses caresses qui se firent plus langoureuses jusqu'à atteindre l'intimité de l'ange. Il le prépara attentivement faisait attention à la moindre de ses douleurs et expressions de son visage. Finalement il le pénétra doucement et fit de lent vas et viens sous les gémissements de son partenaire qui le fit accélérer pour enfin se libérer. Le Rebelle se retira et prit tendrement son ami dans ses bras.


Je n'en reviens pas ! J'ai suivi Gabriel pensant découvrir quelque chose contre lui, mais je ne pensais pas le découvrir entrain de... avec Lucifer ! Déjà le fait qu'ils se voient en cachette est grave, mais le fait qu'ils s'aiment ! Je suis sûr que leur liaison date d'avant la décadence du Renégat. Mais cela ne se fait pas ! Pas entre anges ! Il faut absolument que j'aille dire à notre Dieu que Gabriel a plongé dans le péché. Il aura une jolie surprise en rentrant de mission...

Sur ma route je croise Michaël.

« Bonjour Michaël.

- Bonsoir.

- Tu viens avec moi ? Je dois prévenir Dieu d'une affaire importante.

- Et c'est ? Demande-t-il avec lassitude.

- J'ai suivi Gabriel et je viens de le surprendre entrain de s'adonner aux plaisirs charnels avec Lucifer. Je réponds d'un ton sadique.

- Oh ! Fit-il surpris. Les anges tombent dans la déchéance ces temps-ci. Lâche-t-il ironique. Je dois aller poster une lettre avant, désolé. »

Je déteste ses manières de partir comme ça d'un coup ! Bon ce n'est pas tout ça, mais j'ai une entité à prévenir moi...


Je me réveille lentement, le corps de mon amour contre moi. Un mot est sur l'oreiller, je le lis avant de pousser un cri d'effroi et de fondre en larmes, moi si froid d'habitude, ce qui réveille Gaby qui prend la lettre avant de la lâcher comme si elle l'avait brûlé.

Lucifer, Gabriel,

J'espère que cette lettre vous parviendra à temps. Raphaël vous a surpris en train de vous « adonner aux plaisirs charnels » comme il dit et va en faire part à Dieu. Ma missive ne changera rien mais au moins elle vous permet d'être au courant avant.

Je suis sincèrement désolé.

Michaël

Je serre mon cœur contre moi de toutes mes forces pour lui montrer mon soutient.

« Je veux rester avec toi ! Tu peux me couvrir ! Pleure-t-il. Non... Ils me retrouveront et ça serait pire. Y compris pour toi. Alors... Je vais y aller... Affronter mon destin. Juste... Ajoute-t-il en chuchotant. Fais-moi l'amour une dernière fois... S'il te plait. »

Le cœur noué, j'acquiesce en silence avant de le faire monter au septième ciel une dernière fois. J'oublie mon plaisir pour me concentrer uniquement sur lui. Nous jouissons ensembles en pleurant.

Il part sans un mot, juste en sanglots, et impuissant je le regarde partir vers son procès, un fort sentiment de culpabilité s'empare de moi alors que je m'effondre en larmes.


Je me sens de plus en plus mal au fur et à mesure que j'avance vers la salle principale qui sera, j'en suis sûr, mon échafaud. Comme prévu, j'ai à peine mis un pied au Paradis qu'on m'ordonne part pensée de me rendre là-bas. Enfin j'y arrive et comme dans un rêve j'entends Dieu dire les chefs d'accusation qu'il a contre moi, que je serais normalement condamné à mort mais qu'il considère que je suis un bon élément donc que Lucifer m'a forcément corrompu. Je suis juste coupable d'avoir succombé à la tentation donc je garderai la vie sauve mais serai relégué au simple ange et surveillé 24h/24. Et je n'aurai bien sûr plus de missions. Esclave des anges, enclavé au Paradis. Oh comme j'aimais cet endroit... Mais je ne peux en vouloir à Lucifer ! Il ne m'a pas forcé à l'aimer que je sache. Je refuse de le savoir coupable.


Je ne peux assister qu'impuissant à la décadence de Gabriel... Depuis l'annonce de sa liaison avec Lucifer seuls les Séraphins, et encore, ceux qui ne le connaissaient pas amicalement, peuvent lui parler. Et ils n'hésitent pas une seule seconde à l'insulter, le brimer, le blâmer et ce à toute heure du jour et de la nuit. Je vois bien que Raphaël est déçu de ne pas avoir le droit de l'approcher et de le rabaisser encore un peu plus. Tous les anges le regardent avec dédain et mépris. Exception faite peut-être d'un nouveau venu au Paradis qui ne semble pas vraiment heureux d'y être. Il me rappelle un peu Lucifer pour ça. Gab' rase les murs du mieux qu'il peut et essaie de ne pas les écouter mais la tristesse et la fatigue se voient sur son visage. Il n'a pas dû se reposer depuis sa dénonciation. S'il pouvait avoir une mort de cause naturelle il mourrait d'épuisement... Ça me gêne de le voir comme ça, je me fais l'impression d'un voyeur.


Finalement, Dieu envoya une missive aux Enfers pour sommer Lucifer de se rendre au Paradis sans lui dire pourquoi mais l'ange noir s'en doutait. Sitôt qu'il fut arrivé, on lui mit les fers et il fut ainsi placé au milieu de la salle. Gabriel était prostré aux côtés de Dieu.

« Lucifer, ex-Archange, créateur des Enfers. Savez-vous pourquoi vous êtes là ? Commença un séraphin d'une voix d'outre-tombe.

- Non mais je suis sûr que vous allez me le dire, ironisa-t-il.

- Vous n'êtes pas en mesure de faire de l'humour. Vous êtes arrêté au cas où vous n'auriez pas compris, répliqua son geôlier.

- Merci mais j'avais remarqué, grinça le Renégat. Donc éclairez-moi puisque je suis si ignorant.

- Vous êtes accusé de corruption sur l'ex-Archange Gabriel. Nous pensons que vous l'avez harcelé pour qu'il succombe. Ce qui fait qu'il est retourné au statut de petit ange surveillé. Par votre faute ! Intervint Dieu en accentuant le dernier mot. Qu'avez-vous à dire pour votre défense ?

- Rien. Grinça-t-il en faisant ça pour protéger son amour. Si vous croyez que je suis fautif, c'est que je le suis. Murmura-t-il sur un ton se voulant adoratif.

- C'est faux ! Hurla Gabriel en se levant. S'il doit y avoir coupable, il y en aura deux. Et de toute façon, il n'a fait que répondre à mes sentiments. Il ne m'en avait jamais parlé avant que je lui écrive une lettre pensant qu'elle serait sans réponse. Donc je suis le fautif.

- Nous allons donc dire que les torts sont partagés, souffla Lucifer d'un ton las. Moi qui voulais te protéger, il faut toujours que tu défendes la veuve et l'orphelin, ajouta-t-il sur un ton faussement moqueur.

- Je ne serais pas en paix si tu es condamné à plus par ma faute. Clama Gabriel. Je t'aime, chuchota-t-il pour que son ami soit le seul à l'entendre.

- Si c'est comme ça, commença Dieu. Vous avez l'air de vraiment vous aimer, grogna-t-il d'un ton dégoûté. C'est indigne d'anges. Gabriel, je vous déclare coupable et votre mort va se faire ici même sous le regard de votre compagnon. Sa punition sera la culpabilité d'être la cause de votre mort qui va se dérouler sous ses yeux. »

Sur ces paroles, Gabriel fut exécuté par les Séraphins qui le brûlèrent à vif. A cette vue les yeux de Lucifer devinrent de la couleur des flammes et il hurlait de colère alors qu'il récupérait les cendres de celui qu'il chérissait tant. Les anges ayant prévu cet accès de rage l'avait détaché en espérant ne pas périr. Il partit en leur promettant de revenir et de les tuer, jusqu'au dernier.


A peine revenu dans les limbes de ma demeure, je ne peux m'empêcher d'hurler ma rage envers le monde, envers Dieu, envers eux qui m'ont enlevé la personne que j'aimais le plus au monde. Le seul que j'aimais. Ils vont tous le regretter. En attendant d'en faire autre chose, je mets les restes de Gaby dans une petite boîte en ébène que je scelle soigneusement. J'appelle mes diablotins et leur ordonne de ne pas y toucher sous peine de trouver la mort angélique comparé à ce qu'ils risquent.

Je laisse quelques semaines passer pour essayer de me calmer mais c'est vain. La colère embrase chaque parcelle de mon être et je ne vis que pour le mot vengeance. C'est décidé. Je vais au Paradis.


Je suis censé être Omniscient et pourtant, je ne vois pas ce qu'il va se passer. Je sens une grande catastrophe venir, mais je suis incapable de la prévenir. Tout cela me tracasse depuis plusieurs jours. En fait, depuis la mort de Gabriel en y réfléchissant bien. Cela aurait-il un rapport avec Lucifer ? J'en ai peur...

J'entre dans la salle principale sous l'appel d'un conseillé et je ne peux qu'ouvrir les yeux d'effrois devant la scène qui se déroule sous mes yeux. Lucifer est là, au milieu, ses ailes dépliées tel un mage qui s'apprête à tout détruire. A nos pieds, des centaines de cadavres d'anges, les Séraphins sont tous mort et des Archanges il ne reste que Raphaël et Michaël. Il me regarde avec haine et prend Raphaël par le cou. Devant nous il le dépèce, lentement, se délectant de son agonie il le fait souffrir le plus longtemps possible avant qu'il ne tombe mort et sans rien de reconnaissable. Il s'arrête et dit à Michaël d'aller dans le monde des humains, qu'il veut lui laisser la vie sauve. Alors mon dernier Archange s'exécute. Il commence à se concentrer, un ange disparaît et alors une vague de haine déferle sur nous. Une fois partie, je m'aperçois que je suis le seul survivant, à mes pieds, plus rien. Les cadavres forment une sorte de mare sur le sol.

« Te voilà sans serviteurs. N'est-ce pas drôle ? Ricane l'ange Renégat.

- Pourquoi as-tu fais ça ? Je demande sagement en passant comme lui au tutoiement.

- Mais par vengeance Maître, dit-il ironique. Car contrairement à ce que tu penses, j'aimais vraiment Gabriel. Et je ne supporte pas sa mort donc vous deviez tous en payer les conséquences.

- Mais alors, pourquoi deux épargnés ?

- Michaël parce qu'il savait la vérité et qu'il ne m'a jamais rien dit, et l'ange pour une affaire personnelle, mais rien de mal ne lui sera fait. Bon, je dois partir, j'ai à faire. Pleure et meurs de tous ces meurtres perpétrés par ta faute. »

Et il disparaît, me laissant là, seul au milieu de ce qui fut mes sujets.


Me revoilà dans mon palais, Satan s'est occupé d'habiller le nouveau venu tout en noir comme je lui ai demandé. Maintenant qu'ils sont tous mort je ne ressens plus de colère, juste une grande tristesse. Je vais partir, mais avant...

« Tu dois te demander ce que tu fais là non ?

- Oui j'avoue. Je ne suis pas encore mort donc je me pose des questions, dit l'ange.

- Tu as de l'humour, j'aime bien. Tu es là parce que Michaël m'a dit que tu n'étais pas heureux d'être au Paradis, est-ce vrai ? Je lui demande.

- Oui j'avoue. Je n'aime pas ça, trop de blanc ça ébloui.

- Satan que tu vois ici, est le vrai dirigeant des Enfers. Je ne fais que le conseiller dans l'ombre et m'occuper du fond de nos affaires. Je te propose de prendre ma place et de devenir le nouveau Prince Lucifer.

- Vous voulez que je prenne votre non ? Sursaute-t-il ébahit. Mais pourquoi ?

- J'étais comme toi, pas heureux en tant qu'ange d'abord puis en tant qu'Archange. Je ne restais au Paradis que par amour pour Gabriel qui est mort. Ici je n'étais pas heureux et je le suis encore moins. Alors je vais m'évanouir comme de la fumée, plus personne n'entendra parler de moi. Mais malgré tout, je veux que Dieu continue de penser que le Prince Lucifer règne sur les Enfers. Il me fallait donc un successeur. En l'occurrence, toi. Si tu acceptes bien sûr, je ne vais pas te forcer.

- J'accepte volontiers, et je ferais comme on me dit de faire jusqu'à pouvoir être autonome, clame-t-il en s'agenouillant.

- Bien. »

Je teinte ses ailes en noir et quitte définitivement les Enfers après avoir salué mes anciens sujets. J'atterris dans une jolie vallée, je ne sais où. Le gazon est d'un beau vert brillant et je décide qu'il le sera jusqu'à la fin des temps. Je trouve un endroit plat et commence mon ouvrage : je bâtis à la mains une tombe en granit gris. Cela me prend des jours et des jours mais je tiens à le faire moi-même. Un ange prostré sur un tombeau en l'honneur de Gabriel. Je mets ses cendres dans la tombe de pierre et m'inclus dans la statue de l'ange. Ainsi je veillerai sur lui pour l'éternité.


Je me rappelle de la chute du Paradis comme si c'était hier. Depuis j'ai appris que Dieu a repris des anges à sa solde mais il n'a jamais cherché à me retrouver. Je voyage dans le monde des humains en me demandant ce qu'est devenu Lucifer. Je ne suis pas dupe, il n'est plus le Prince des Enfers. Les bulletins concernant les activités de celui-ci sont durs, cruels. Et je comprends que c'est le petit ange qui ne blâmait pas Gabriel. J'espère tout de même revoir l'ange noir.

Alors que je suis en voyage dans je ne sais plus quel pays, je tombe sur une statue qui me laisse tout chose. Et je comprends tout de suite qu'elle contient l'âme de Lucifer alors je suppose que le tombeau renferme les cendres de Gabriel. Ils resteront éternellement ensemble. J'en suis heureux.


Ainsi, même des siècles et des siècles après sa création, la tombe est toujours intacte, comme si elle avait été construite hier. Les voyageurs aiment s'inventer de belles histoires qui seront toujours bien loin de la vérité et la vraie histoire s'est éteinte à la mort de Michaël qui en avait assez d'errer.

Malgré tout, il faut continuer à inventer, pour les faire vivre, eux, couple tragique victime de la religion et de la dévotion de l'Archange Raphaël.

Comment ai-je su la vérité ? Parce que je suis La Voix, tout simplement. Je voulais conter l'histoire de cette tombe une dernière fois avant de céder ma place à une autre qui n'en saura rien.

Fin

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