
Un reine infertile, un sorcier, un prince maudit qui recherche son bonheur accompagné d'une servante introvertie. Pour le reste, laissez-vous bercer la magie de ce conte
Rated: Fiction T - French - Romance/Hurt/Comfort - Words: 2,302 - Reviews: 1 - Favs: 2 - Published: 05-30-11 - Status: Complete - id: 2919117
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Le Prince et la Quête du bonheur
Il était une fois, dans un royaume, un roi et une reine si beaux qu'ils étaient enviés de tous les monarques voisins. Malheureusement, si le ciel avait su être clément envers leur apparence, il n'en était pas de même de leur fécondité. Après des années de mariage, la reine ne parvenait pas à tomber enceinte, et ne pouvait pas donner un héritier à son époux le roi. Désespérée, elle alla à la rencontre d'un sorcier qui lui donna une potion de fertilité, lui promettant un enfant en bonne santé, mais ayant un défaut qui pourrait lui nuire :
« Il n'en viendra qu'à ton enfant de corriger ce défaut » avait précisé le sorcier.
Son désir de materner était tel que la reine accepta la potion sans hésiter. Elle se souciait peu du petit défaut que pourrait avoir son enfant. Elle et son époux feraient tout pour qu'il ait la meilleure éducation. Des imperfections, tout le monde en avait, et sa progéniture ne ferait pas exception des lois du monde.
La reine tomba rapidement enceinte et accoucha d'un petit garçon. Un seul regard et les souverains comprirent ce qu'était ce "défaut" dont les avait mis en garde le sorcier. Le prince ne ressemblait en nul point à ses parents, il était affreusement laid. Une ignominie telle qu'ils n'osèrent le présenter au peuple. Ils ne purent cependant garder leur secret longtemps. Cette famille si appréciée par le charme qu'elle dégageait était devenue la risée des royaumes alentours.
Les années passèrent, au fur et à mesure que le prince grandissait, sa laideur empirait. Alors qu'il lui suffisait de claquer des doigts pour avoir tout ce qu'il souhaitait, il ressentait toujours comme un vide. Toutes ces petites choses de la vie l'avaient rendu capricieux et exigeant, mais personne ne se plaignait de son comportement, car tout le monde savait qu'il était en quelque sorte victime d'une malédiction. Car oui, c'était une malédiction. La reine n'avait pas eu cet enfant naturellement, elle avait dû avoir recours à la magie noire, et voilà le résultat. La reine fut méprisée par son époux, et même par son propre fils. Pourtant, le ciel savait à quel point elle était heureuse d'avoir mis cet enfant au monde, à quel point elle l'aimait. Mais le prince n'entendit pas son amour, et rejetait sans cesse la main douce qu'elle lui tendait pour l'apaiser. Finalement, la reine se résigna à accepter sa faute. Un matin, elle alla s'enfermer dans une tour du château pour s'y pendre, suppliant le ciel de lui pardonner son péché et sa lâcheté.
Alors que le prince fêtait ses vingt printemps, un autre problème se posa : il n'arrivait pas à se trouver un épouse. Aucune princesse ne voulait de lui, aucun roi ne voulait donner sa magnifique fille à cet homme laid. Il en était de même pour les autres filles de noble. Les seules femmes qui accepteraient de l'épouser étaient des servantes qui espéraient se hisser au plus haut de la monarchie. En aucun cas le prince exigeant se verrait perdre la face ainsi. Aussi, il décida de partir à la recherche d'un sort qui lui donnerait la beauté et le bonheur suprême qui s'en suivrait.
Il partit un matin, accompagné d'une bonne qui le servirait le jour, et lui offrirait son corps la nuit. Il choisit justement celle qui l'avait toujours intrigué, celle qui n'avait jamais voulu s'offrir à lui, le prince. Celle qui avait hurlé et fuit alors qu'il ne faisait que du charme. C'était pour laver cet affront qu'il l'avait choisi elle :
« Où allons-nous, Mon Prince ? » demanda-elle.
Sa voix était presque inaudible. Du haut de son cheval, le prince la regarda. Elle était plutôt jolie avec ses longs cheveux d'or et ses yeux couleur du ciel. Mais son regard triste qui fixait le sol devait en faire fuir plus d'un :
« - C'est moi qui pose les question. Toi tu suis, et tu obéis.
- Bien Prince
- Quel est ton nom ?
- Anna, Mon Prince.
- Anna, nous allons vers l'ouest, et notre quête consiste à trouver un sorcier. Celui-là même qui est responsable de tous mes malheurs. Même si je persiste à penser que la première coupable est ma propre mère, pour avoir bu le poison de ce démon.
- La reine était une personne très sainte, qui vous a aimé pour ce que vous êtes mon Prince.
- Ne me parle pas de cette infamie, cette femme qui n'a pas été fichue d'enfanter seule, et qui une fois l'acte terminé, s'est volatilisée au pays des cieux, tellement elle avait honte de son oeuvre.
- Prince, vous savez, ma mère est morte en me donnant la vie, et la reine elle-même fut ma nourrice. Elle était très bonne et très douce à votre égard.
- Ca suffit, tu es une bonne et tu n'as pas à me faire la morale. Tu as la chance d'être belle, je n'ai pas envie d'abîmer ce joli minois. Profite de cet atout qui t'est donné par la nature.
- Prince, la beauté n'engendre pas le bonheur.
- Elle le sera pour le mien. Si nous avons tous une quête de bonheur, la mienne sera d'obtenir une beauté parfaite. Je pourrai ainsi choisir la princesse qui me plait le plus et vivre heureux au palais. En route Anna, nous avons quelques jours de route devant nous. »
Le voyage se passa sans encombre. Le prince craignait que la jeune Anna ne lui fasse la morale tout le long, mais elle ne prononça plus un mot. Bien que très serviable et efficace, elle semblait distante, ne parlait que si le prince lui posait une question. Quant aux nuits, elle allait se coucher le plus loin possible de lui, montrant ainsi qu'elle refusait de donner son corps.
Le Prince ravala sa fierté une fois, deux fois, à la troisième nuit, il n'en put plus et s'allongea de force sur la couche d'Anna. Cette dernière hurla et se débattit. Le prince mit une main sur sa bouche pour la faire taire, lui montrant qu'il ne s'agissait que de lui, et commença à dénouer son corsage. Anna ne bougea plus, mais pleura silencieusement. Au final, le Prince abandonna, il ne voulait pas non plus la prendre de force. Il retourna se coucher, pensif. Pourquoi réagissait-elle ainsi ? Etait-ce sa laideur qui la dégoûtait ?
Au cours de la dernière journée de voyage, le Prince se décida de tirer les choses au clair, il en avait assez de perdre la face à cause de cette fille. Il n'aurait jamais du l'emmener :
« - Anna, quel âge as-tu ?
- Vingt ans mon Prince.
- Rare sont les bonnes qui, à vingt ans, sont toujours vierges et sans enfant.
- Prince, je n'ai jamais dit que j'étais vierge et sans enfant."
Le Prince arrêta sa monture. Du haut de son cheval, il observa la jeune femme qui gardait toujours les yeux au sol. Sa démarche montrait toujours une extrême tristesse, une tristesse bien plus grande que la sienne, alors qu'elle était si belle :
« - Anna, Tu aurais un enfant ?
- Cela est censé rester secret Prince, car c'est très mal vu. Mais je ne peux vous désobéir. Oui Prince, j'ai un fils qui devrait avoir six ans maintenant.
- Six ans, mais tu l'as eu jeune !
- A quatorze ans, Prince.
- Je n'ai jamais vu de petit garçon gambader au château.
- Prince, j'ai fait adopter cet enfant à la naissance.
- Pourquoi cela ?
- Je n'en voulais pas Prince. Il était le fruit d'une douleur qui reste encore encrée dans mon corps. J'étais jeune et pas assez mûre pour l'élever, je me suis sentie incapable de l'aimer. Je n'ai pas eu le modèle d'une mère, puisque la mienne est décédée à ma naissance. Et puis, c'était être considéré comme une traînée que de se balader avec un enfant dans les bras, alors qu'on n'a pas quitté l'adolescence.
- Tes paroles sont si nostalgiques, regrettes-tu ? Regrettes-tu d'avoir donné ton propre enfant ?
- Oui Prince, je le regrette aujourd'hui. Ce poids m'alourdit et m'empêche d'avancer. Comment pourrais-je un jour aimer un homme, alors que je n'ai pas été capable d'aimer un fils ?
- Anna, en quoi consisterait ta quête du bonheur ?
- Je n'y ai jamais pensé Prince. J'ai déjà renoncé à tout."
Touchée par son histoire, le prince s'arrêta et descendit de sa monture. La grotte du sorcier était en vue, mais l'envie n'y était plus. Lui, il avait toujours tout eu, sauf la beauté. Elle, elle n'avait eu que la beauté, une beauté qui l'a détruite, une beauté qui ne lui a pas donnée du bonheur : Ni richesse, ni soutien, ni amour. Lui, il avait la richesse de son statut, il avait le soutien de sa famille, et de son peuple aussi. Habitants qui, même s'ils aimaient rire de son apparence, voyaient quand même en lui le futur roi. Quant à l'amour... Il avait eu la main douce et tendre de sa mère qui tentait de le réconforter, de lui dire que peu importe son apparence, elle l'aimerait toujours. Un amour qu'il niait, qu'il avait rejeté de tout son être. L'image de sa mère apparut dans son esprit :
« - Je t'aime mon garçon.
- Mensonge.
- Prince, qu'avez-vous ?
- Ton problème n'est pas ton apparence.
-Tais-toi, tu ne sais rien.
- Il n'en vient qu'à toi de corriger ton défaut.
- Mais quel défaut ?
- Prince, reprenez-vous.
- Je regrette, mais je ne marierai pas avec un homme aussi laid.
- Maudite femme, vous savez qui je suis !
- La beauté n'engendre pas le bonheur.
- Maudite boniche, que peux-tu savoir de mon malheur ?
- J'ai mis un enfant au monde et je l'ai donné. Cet enfant était le fruit de ma douleur, je ne pouvais pas l'aimer. Pourtant je regrette mon geste.
- Tout ça c'est de ta faute Anna, tu m'as troublé. »
Alors que le prince était perdu dans ses souvenirs, dans son esprit, il sentit deux bras lui enlacer la tête. Deux bras chaleureux, il les connaissait bien :
« Mère ? »
Revenant à la réalité, il constata qu'il ne s'agissait pas des bras de sa mère, mais de ceux d'Anna :
« - Anna ?
- Prince, calmez-vous je vous en prie. Cet endroit est dangereux, il vous perturbe. Nous devrions rentrer Prince. Je vous aiderai à trouver votre bonheur, je vous le promets.
- Pourquoi ferais-tu ça Anna ?
- Parce que je suis votre servante.
- C'est faux, c'est autre chose.
- Parce que j'ai énormément de respect pour vous. Toutes les autres servantes vous voient comme un Prince laid, rustre et capricieux. Mais pourtant, vous avez entendu mes souhaits, vous ne m'avez pas forcée, et vous avez écouté mon histoire sans rire et sans m'humilier. Vous avez un bon fond Prince, comme votre mère qui était si bonne. Quand vous ouvrez votre coeur Prince, vous êtes beau. »
Le Prince se dégagea de l'étreinte et s'appuya contre sa monture. Après d'interminables minutes de réflexion, il revint vers Anna qui le fixait de ses beaux yeux bleus. Ni d'une, ni deux, il la prit sous le bras et la fit grimper sur sa monture :
« - Prince ?
- Tu dois être fatiguée, reste là-dessus pour le chemin du retour.
- Nous rentrons ?
- Je crois que j'ai trouvé mon bonheur. Je peux donc dire que j'ai résolu ma quête. Et ça je le dois à toi, Anna. Personne ne m'avait jamais dit que j'étais beau. Je crois bien que c'est tout ce que je voulais entendre, tout ce qu'il me manquait. Merci. Maintenant, j'ai une dette envers toi.
- Ne vous sentez pas redevable, Prince.
- Oh que si, je crois que la clé de mon bonheur, c'est toi Anna. Aussi j'espère passer le restant de mes jours à tes cotés. Tu es bien la seule à voir le "beau" en moi. Alors que moi, je ne voyais que cette maudite apparence. Arrêter mon jugement à ce que voient mes yeux, voilà mon défaut. Mais c'est différent maintenant.
- Prince, qu'allez-vous faire de moi ?
- Que souhaites-tu Anna ? Rester ma fidèle pour toujours ? Ma nouvelle quête est celle de ton bonheur, je pourrai aussi t'épouser si tu le souhaites.
- Prince, vous n'y pensez pas, nous ne sommes pas du même rang.
- Les vieux registres du royaume ne stipulent pas que deux personnes de rangs différents n'ont pas le droit de se marier.
- Cela fera des biens des ébats auprès du peuple, Prince.
- Et bien, ça leur changera des ébats sur mon apparence. Je me fiche bien de ces dires maintenant. Tout ce que je veux, c'est être avec toi Anna. Et je ferai ce qu'il faut pour te donner le bonheur. Et ça commence par cette belle galanterie avec le cheval, j'espère que tu es bien installée.
- Très bien Prince, mais je suis gênée.
- Ne le sois pas. Alors, que dois-je faire pour mener à bien la quête de ton bonheur ?
- La route est longue Prince. Peut-être aurai-je trouvé la réponse à notre retour au Palais. »
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Note de l'auteur : J'ai écrit ce conte il y a plus d'un an, il y a sans des erreurs dans l'écriture, mais j'aimais bien le fond de l'histoire
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