
Slash yuri. Parce que l'intolérance est parfois reine.
Rated: Fiction T - French - Drama - Words: 7,259 - Reviews: 1 - Published: 08-28-11 - Status: Complete - id: 2947385
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Disclaimer : Tous les personnages de cette fic viennent de mon imagination donc merci de ne pas les reprendre sans mon autorisation.
Petit OS yuri parce que j'en ai marre de l'intolérance.
Bonne lecture
L'amitié est un fleuve qui va et vient
Une jeune fille se tenait debout au milieu d'une plaine enneigée, le vent faisait rage autour d'elle mais elle ne semblait pas le remarquer. Elle s'appelait Lullaby, avait tout juste dix-sept ans, de longs cheveux cendrés lui battaient les reins. Ses yeux verts d'eau étaient actuellement remplis de larmes qui striaient sa peau d'une blancheur accentuée par la seule lumière se détachant dans l'obscurité nocturne provenant de la lune. Sa jupe gris chine frôlait ses jambes tandis que son haut noir lui collait au buste, le vent les contrôlaient et les parsemaient de neige. Des cernes violets alourdissaient les yeux de l'adolescente qui ressemblait à une icône de la tristesse humaine. Elle était venue ici pour s'isoler et hurler à la lune afin de laisser sortir la détresse qui l'habitait suite au déroulement catastrophique de sa soirée. En y repensant elle s'assit dans la neige et se roula en boule en laissant échapper un râle rauque et torturé.
POV Lullaby
Tout avait pourtant bien commencé. J'étais chez Cassandra, ma meilleure amie, comme tous les samedis soirs. C'était notre rituel hebdomadaire, soirée film et sucreries puis papotage jusque tard dans la nuit. Si seulement notre choix n'avait pas porté sur 2h37... Ce film est bien filmé, l'histoire est touchante et les personnages sont attachants. Mais malheureusement il est question de l'homosexualité et de comment elle est perçue chez la personne et dans son entourage à travers un des six protagonistes suivis. Cela m'a touché parce que même si je ne l'assume pas totalement et n'ose pas en parler autour de moi, je suis lesbienne. J'ai réussi à garder un visage impassible mais une fois le film finit Cassandra a lancé un débat dessus et on en est immanquablement venues à parler de ce qu'on pensait sur l'intolérance face à l'homosexualité montrée dans le film.
« Alors Lulla, t'en penses quoi toi des insultes violentes contre l'homo ? Demanda mon amie.
- Je trouve que c'est affreux et que de telles réactions ne devraient pas exister ! M'emportai-je malgré moi. Et toi ?
- Je suis contre aussi, nous sommes tous pareils et l'amour est à mon avis universel, sourit-elle. Mais tu es bien virulente, ajouta-t-elle. Tu connais quelqu'un de concerné ?
- Euh c'est-à-dire que... Balbutiai-je en me traitant mentalement d'imbécile. Je...
- Tu peux me dire qui c'est, murmura-t-elle d'un ton conspirateur. Je t'assure que je ne dirais rien à personne. »
Je ne savais pas vraiment ni quoi faire, ni quoi dire. Pouvais-je lui confier ce secret ? Ça me ferait mal de la perdre... Surtout qu'une fois elle m'a demandé si j'étais amoureuse et remettra sans doute ça sur le tapis en me demandant qui c'est. Mais je ne peux certainement pas lui souffler son propre nom. Se calmer pour commencer. Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer.
« Je suis désolée mais je ne peux pas, ça ne serait pas correcte, dis-je en espérant qu'elle n'insiste pas.
- Allez... Tu es ma meilleure amie, tu sais bien que tu peux me faire confiance non ? Pleurnicha-t-elle joyeusement.
- Oui mais... Soupirai-je devant ce regard qui était sur le point de me faire craquer.
- Si tu ne me réponds pas je penserais que c'est toi, répliqua-t-elle taquine pour que je la démente en lui disant qui c'est.
- ..., restais-je silencieuse n'étant pas capable d'inventer un mensonge pour me protéger.
- Quoi ? Hurla-t-elle. Ne me dit pas que tu parles de toi !
- Si pourtant... Je ne voulais pas te le dire par peur de ta réaction et visiblement j'avais raison bien qu'il y a trois minutes à peine tu affirmais ta tolérance sur ce sujet. Mais on est toujours moins tolérant quand ça nous concerne personnellement...
- T'aurais dû me le dire ! Quand je pense qu'on dort dans le même lit depuis quatre ans quand on fait des soirées pyjamas... Mais tu n'as pas jugé utile de me le dire pour que je t'envoie dormir dans la chambre d'amis ! Si ça se trouve tu m'as maté, lâcha-t-elle dégoûtée. Attends, ne me dis pas que tu es amoureuse de moi quand même ! »
A cette phrase les larmes qui montaient dévalèrent mon visage. Je prenais mes affaires, ouvrit la fenêtre et souffla « Je ne te le dis pas alors... » Avant de partir en courant et en essayant d'oublier son regard perdu puis glacial maintenant qu'elle avait compris que j'avais fait l'erreur de tomber amoureuse d'elle.
Fin POV
Elle avait filé jusqu'à la plaine et ne s'était pas arrêtée de pleurer depuis maintenant plus d'une heure. Lullaby se dit qu'elle n'allait pas dormir là et devait rentrer mais ses parents lui demanderaient pourquoi elle rentrait à une heure du matin de chez son amie et décida d'appeler son meilleur ami Alex qui ne dormait surement pas.
« Allo ? Fit une voix légèrement ensommeillée.
- Al c'est Lulla, je te réveil ? Demanda la jeune fille d'une voix hésitante.
- Non t'inquiète, je jouais à la console. Mais qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne devais pas être chez Cassandra ?
- On s'est disputées, je suis dehors et je n'ose pas me pointer chez moi à cette heure... Soupira-t-elle.
- Bien sûr il n'y a pas de problèmes ! Je descends dans l'entrée et t'y attends comme ça tu n'auras pas a frapper fort. »
Elle raccrocha et se rendit chez son ami le plus vite possible. Comme prévu il lui ouvrit alors qu'elle avait à peine commencé à frapper, la mena dans sa chambre et la regarda avec inquiétude.
« Tu n'as vraiment pas l'air bien ma puce, remarqua-t-il. Que s'est-il passé ?
- On a regardé un film comme d'habitude, 2h37, je t'en avais parlé non ? Commença-t-elle. Il est question de l'homosexualité à un moment et c'est là que ça a déraillé... J'ai été un peu trop vive sur mon avis face aux intolérances et elle m'a tannée pour que je lui dise qui je défendais. J'ai été obligée de lui avouer que je me défendais moi-même...
- Tu es lesbienne ? Sursauta Alex. Je t'avoue que je ne m'y attendais pas. Mais en même temps il faut de tout pour faire un monde. Et pourquoi ça a déraillé ? »
Lullaby lui rapporta la conversation et se remit à pleurer dans les bras de son ami. Il l'enlaça doucement et fit de lents cercles dans son dos pour la calmer. Elle finit par s'endormir une bonne heure plus tard et il la coucha toute habillée dans son lit. Il se leva sans bruit et alla éteindre sa télé et sa console avant de se glisser à côté d'elle toujours aussi silencieusement. Il savait que les prochains jours allaient être difficiles et se promit d'aider celle qu'il considérait comme sa petite sœur le mieux possible. Le lendemain matin la jeune fille se réveilla un peu vaseuse se demandant où elle était et en se rappelant des évènements de la veille recommença à sangloter contre Alex qui s'était réveillé quand elle s'était mise à bouger. Finalement ils se levèrent vers onze heure, elle alla dans la salle-de-bain se refaire une tête humaine et rentra chez elle plus ou moins prête à revenir dans le monde réel.
Quand Lullaby arriva chez elle, elle sentit tout de suite que quelque chose n'allait pas à la manière dont ses parents la regardaient.
« Ma chérie, commença sa Lila mère d'une voix angoissée, tu as dormi où cette nuit ? Cassandra est venue nous rapporter un sac que tu as oublié chez elle en disant que tu es partie vers minuit.
- On s'est disputée assez violement et comme je n'avais pas envie de rentrer à la maison je suis allée dormir chez Alex. Désolée de vous avoir inquiétés, murmura la jeune fille qui semblait se décomposer à vue d'œil.
- Oh ma puce que s'est-il passé ? Demanda son père en la poussant dans un fauteuil pour ne pas qu'elle tombe.
- J'ai trop honte, je ne peux pas vous en parler, sanglota-t-elle.
- Tu es notre fille, on t'aime et on est là pour t'écouter, la rassura Lila en la prenant dans ses bras.
- Non, vous allez me rejeter, comme elle. Mais ce n'est pas ma faute ! Je n'ai pas choisi ça !
- Choisi quoi ? Demandèrent-ils en commençant à comprendre. Tu peux nous le dire, on comprendra.
- De l'aimer, chuchota-t-elle sans oser les regarder. »
Ses parents ne répondirent pas, échangèrent un regard et sa mère l'emmena dans son lit avant de la bercer tandis que son père, Jack, prévenait son frère qu'ils n'iraient pas manger chez eux ce soir parce que leur fille n'allait pas bien. Il lui amena son péché mignon à savoir un chocolat chaud aux marshmallows qu'elle but entre deux sanglots sous le regard bienveillant de Lila. Lullaby passa la journée dans sa chambre et ruminait des idées noires. Ne sachant pas quoi faire ses parents invitèrent son meilleur ami à venir manger ici le soir pour qu'elle puisse parler à quelqu'un avant d'être confrontée à Cassandra le lendemain matin au lycée car pour ne pas aider les deux filles étaient dans la même classe. Alex arriva sur le coup des dix-huit heures trente et alla aussitôt dans la chambre de son amie.
« Coucou Lulla, dit-il doucement à la forme roulée en boule sur le lit.
- Alex, sursauta-t-elle.
- Tes parents m'ont invité à manger parce qu'ils sont un peu désemparés face à ton état de déprime avancée, mais ils ne t'en veulent absolument pas pour ta révélation de tout à l'heure, la rassura-t-il. Allez, dis à Tonton Alex ce qui ne va pas, ajouta-t-il en s'asseyant sur son lit et en mettant sa tête sur ses genoux.
- J'ai peur pour demain, commença-t-elle. Comment Cass va-t-elle réagir en me voyant ? M'ignorer, m'insulter ? Va-t-elle dire aux autres que je suis lesbienne ?
- Je ne peux pas te répondre, je ne suis pas dans sa tête. Mais si tu m'y autorises je vais en parler à mon frère jumeau. Vous êtes dans la même classe, il te défendra en cas de problème si je lui demande.
- Il ne dira rien lui ? Dit-elle avec espoir.
- Sur ton homosexualité ? Non ne t'inquiète pas. Notre famille est très ouverte sur cette question, comme la tienne. On a été élevé dans la tolérance et je te rappelle que notre cousin est homo. D'ailleurs je pourrais te mettre en relation avec lui si tu veux pouvoir parler de ça avec quelqu'un qui est directement concerné.
- C'est vrai ? Demanda-t-elle interloquée.
- Ça ne le dérangera pas, sourit-il. Il aime bien aider les jeunes âmes en détresse, il veut faire psychologue. Je fais quoi alors, je leur en parle ?
- S'il te plait, souffla-t-elle.
- Bien, Cyril sera ton ange gardien au lycée à partir de demain matin et j'inviterai Stephan à venir à la maison le week-end prochain. Allez, souris maintenant, je t'assure que tout ira bien. »
Lullaby fit un léger sourire figé à Alex qui l'embrassa sur la tempe et ils se rendirent dans la cuisine pour prendre le repas sous le regard mi-inquiet mi-rassuré de Lili et de Jack qui ne regrettaient pas d'avoir annulé leur sortie et d'avoir invité l'ami de leur fille.
POV Lullaby
On est déjà lundi matin et il est l'heure d'aller au lycée. Le dimanche est vraiment passé trop vite. Comment je vais faire quand je vais me retrouver face à Cassandra dans une dizaine de minutes ? Bon on se calme. On inspire et on expire. Voilà, maintenant on se redresse, on marche tranquillement en direction de la salle où a lieu le premier cours de la semaine, Philosophie en plus... Je tombe sur le frère d'Alex juste avant d'arriver au dernier tournant, visiblement il m'attendait, pas bon signe. Non, on se calme.
« Bonjour Lullaby, attaque Cyril en s'approchant. Alex m'a prévenu que tu risquais d'aller au devant de quelques difficultés.
- Salut, répondis-je. Et tu les confirmes non ? Demandai-je un peu inquiète.
- A vrai dire oui. Je m'en excuse d'avance mais je pense que je ne vais pas pouvoir te lâcher de la journée. Cassandra est là, l'œil alerte et plein de rage. Personne ne semble au courant, elle a juste dit à ses amies de se méfier de toi et de ne pas t'approcher. Mais vraisemblablement elle veut une confrontation.
- Merci de m'avoir prévenue et merci de m'aider, soufflai-je après avoir violement blanchi.
- Tu es certes plus une amie de mon frère que de moi mais je suis tellement habitué à te voir à la maison que je ne peux pas ne rien faire. Allez, je vais y aller, reprends ton souffle et rejoins moi. »
Il me sourit avant de partir. Je n'ai jamais vraiment beaucoup parlé avec lui mais je sais qu'il est d'un caractère encore plus calme et posé qu'Alex. Je me répète mon mantra de respiration et j'y vais. Je remarque tout de suite l'air de Cass, il est encore plus mauvais que ce que m'en a dit Cyril. Comme prévu elle s'avance vers moi un air mauvais aux lèvres.
« Alors petite salope indécente comment tu vas depuis que tu es partie de chez moi comme une voleuse ? Siffla-t-elle avec une joie évidente à l'idée de me provoquer.
- Salope ? Rétorquai-je courageusement. J'aurais sincèrement pensé que tu parles de toi, tu es allée où ? Ironisai-je mais mon cœur battait à mile à l'heure.
- Tu te crois où pour me parler sur ce ton après ce que tu m'as fait ? Gronda-t-elle en se rapprochant de façon à me coller contre le mur.
- Nous sommes en démocratie j'ai encore le droit de m'exprimer. Et je te signale que je n'ai rien fait d'autre que de répondre à tes questions.
- Je... »
Par chance la prof arriva au même instant et elle n'a pas eu le temps de répliquer. Je m'assoie dans un état second, il y a à peine deux jours on était encore amies mais là l'échange a été tellement violent... Je sens quelqu'un poser ses affaires avec moi et avec surprise je reconnais Cyril.
« Tu ne te mets pas à côté de Pierre ? Demandai-je étonnée.
- Je lui ai dit que dans les prochains jours il risque d'avoir formation d'un camp contre toi et que je préfère m'affirmer tout de suite comme de ton côté. Et lui fera pareil puisqu'on est ami et qu'il se fiche totalement des affaires des autres. Alors ne t'inquiète pas il est ok.
- Bah je te remercie encore une fois alors.
- J'ai suivi l'échange, il a été rude. Tu vas tenir le coup ? Répliqua-t-il avec sollicitude.
- Je pense mais de toute façon je n'ai pas le choix. Et puis au pire je pourrais griffonner ma peine vu le degré d'intelligence de nos cours de Philo. Plaisantai-je avec amertume. »
Il se contenta d'hocher la tête et je me mis à suivre les inepties de notre prof. De temps en temps je sentais Son regard sur moi et devais m'efforcer de réfréner les larmes qui montent à mes pupilles. Je notais distraitement quelques vers qui finiront brûler comme tous les autres sur ma feuille de papier.
Oh toi mon amie,
Comment notre amitié a-t-elle pu finir ainsi ?
Devrais-je m'excuser de t'aimer ?
D'avoir en deux minutes brisé notre amitié ?
Non ! Pourquoi devrais-je payer pour ce que je n'ai pas fait ?
Je ne me suis pas auto-rejetée...
Oh toi mon amie,
Reviens vers moi je t'en prie...
Quand les deux heures se sont enfin closes je me suis levée doucement comme dans un état second. Je me sentais vraiment mal, j'avais envie de vomir. Je me précipitai dans les toilettes des filles les plus proches pour en finir avec ma nausée sous l'œil inquiet de Cyril. Je sortis je ne sais trop comment et tombais sur Pierre qui me regardait sans expression particulière.
« Cyril est parti prévenir son frère, ils devraient arriver d'une minute à l'autre. Il m'a demandé d'attendre avec toi au cas où. »
J'acquiesçais en silence et je sentis plus que je ne vis Alex sauter sur moi.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ma puce ?
- Cass a été assez violente, j'ai noté quelques vers déprimants en philo. Mais je me sens tellement mal, incapable de raisonner.
- Tu vas aller à l'infirmerie d'accord ? Je t'y amène et pas de protestations.
- Je prendrais tes cours, intervint Cyril.
- Je te ferais passer les maths comme je suis le seul avec toi à avoir cette option dans notre classe, dit tranquillement Pierre. »
Je les remerciais en silence et alla à l'infirmerie soutenue par mon ami. J'avais honte d'être dans cet état et par chance nous n'avons croisé ni Cassandra ni une de ses amies. Il me déposa sur un des lits et parti rejoindre son cours pendant que l'infirmier fondait sur moi.
« Que t'arrives t-il euh...
- Lullaby monsieur, terminale L 1. A vrai dire... Et je fondais en larmes.
- Allons ne pleure pas, raconte moi tout plutôt.
- Je me suis disputée avec ma meilleure amie samedi soir et là ce matin elle a été tellement agressive dans ses propos... Ça fait terriblement mal... Et je n'ai pas pu m'empêcher d'aller vomir à la récréation.
- Etait-ce la première fois que vous vous disputiez ?
- Non mais là c'est si définitif. Et je regrette la dispute parce que si je n'avais pas été comme ça... Pleurais-je en ne pouvant m'empêcher de dire la vérité à cet homme si conciliant.
- Premier chagrin d'amour alors ? Me demanda-t-il doucement.
- Oui...
- Tes parents sont au courant ? Il continua alors que j'hochais la tête. Je vais les appeler pour qu'ils viennent te chercher parce que visiblement tu as reçu un choc psychologique. Repose-toi en attendant. »
Je fermais les yeux et sombrais dans une semi-inconscience jusqu'à ce que j'entende des voix près de moi.
« Bonjour Monsieur, merci d'être venu aussi rapidement. Votre fille est visiblement très choquée de l'altercation avec son amie au point que ça affecte son corps et lui donne des nausées. Je pense qu'il n'y que le repos et le soutient qui l'aidera.
- D'accord, mais je vous avoue que ça ne m'étonne qu'à moitié. Elle a toujours été très sensible et quand elle atteint un haut degré de mal-être elle ne dort plus et attrape toutes les maladies qui trainent.
- Ce que vous pouvez faire c'est lui acheter un traitement homéopathique contre les nausées et le stress qu'elle pourra prendre en cours.
- Bien, merci. On rentre à la maison Lulla, tu as besoin que je t'aide à marcher ? Demanda-t-il en se tournant vers moi.
- Non je pense que ça va aller, fis-je en me levant d'un pas hésitant. »
Il me prit finalement par le bras et m'emmena jusqu'à la voiture. Il me dit qu'il a appelé ma tante parce qu'elle ne travaille pas et qu'il ne peut pas s'absenter trop longtemps bien qu'il ne veuille pas me laisser seule. Arrivés à la maison, il m'accompagna jusque dans ma chambre et me dit de ne pas hésiter à appeler en cas de besoin et que de toute façon dans moins de quinze minutes je ne serais plus seule dans la maison. Je m'installais confortablement et deux minutes plus tard je dormais. Quand je me réveillais je vis qu'il était midi passé et que j'avais dormis deux bonnes heures. Je levais les yeux et remarquais ma tante qui lisait assise sur un pouf.
« Coucou toi, ça va mieux ? Dit-elle en voyant que j'avais bougé.
- Un peu mieux oui merci. Et toi Clara, ça va ?
- Moi toujours, sourit-elle. Tu as faim peut-être ?
- Oui un peu.
- Bah enroule toi dans ta couette et descend quand je t'appelle, je vais préparer une salade légère.
- Merci. »
Je m'efforçais de garder les yeux ouverts en attendant et descendis emmitouflée dans un plaid qui trainait près de mon lit. Je grignotais et alla continuer ma sieste sur le canapé devant un programme quelconque à la télé en guise de bruit de fond.
Fin POV
Lullaby ne se sentait pas prête à revenir au lycée le lendemain mais sa mère insista en lui disant que ça serait pire si elle montrait trop sa faiblesse à Cassandra. Elle alla en cours avec beaucoup d'appréhension, la main crispée sur la boite d'antistress qu'elle avait dans la poche de sa veste. Arrivée à quelques mètres du lycée elle avait vu avec soulagement Alex qui l'attendait en compagnie de Cyril et Pierre qui discutaient un peu plus loin. Ces-derniers lui passèrent les cours et ils allèrent dans la fosse au lion. La journée fut assez affreuse pour Lullaby qui devait supporter les remarques sarcastiques et de plus en plus explicites de son ancienne amie. Pour la première fois elle regrettait d'être aller en L pour suivre son amie. Elle aimait autant la filière S que la filière L avec une légère préférence pour la première et se dit qu'elle aurait dû y aller.
La semaine se suivit sur le même rythme d'insultes et d'altercations plus ou moins violentes entre les deux filles. Lullaby ne se défendait pas, elle encaissait sans rien dire et Cyril la réconfortait du mieux qu'il pouvait mais ne la connaissant pas autant qu'Alex c'était difficile. Pierre qui avait des arguments assez frappants avait mis de l'ordre du côté des garçons et seules les filles s'en prenaient à elle. Les parents de Lulla se faisaient du souci pour elle et se demandaient combien de temps elle allait tenir avant de craquer. Le week-end arriva dans un soulagement profond et ce fut l'occasion pour la jeune fille de rencontrer Stephan le cousin de son meilleur ami.
Lullaby arriva chez Alex et vit qu'ils étaient réunis dans le jardin.
« Salut ma puce, fit son ami en l'embrassant sur la joue. Comment vas-tu ?
- Loin du lycée ça va, répondit-elle. Même si je suis tout le temps anxieuse.
- Salut Lullaby, intervint Cyril qui les avait rejoints. Vous comptez planter la tente là ?
- Ça va, ça va on arrive, répliqua Alex dans un rire. Lulla, je te présente Stephan, Steph, voici Lullaby. Ajouta-t-il alors qu'ils étaient dans le jardin au milieu des autres.
- Ravi de faire ta connaissance jeune fille, Alex m'a vaguement parlé de ton problème. Je serais heureux de t'aider, dit-il avec un sourire bienveillant.
- Bonjour, souffla-t-elle timidement. Vous êtes sûr que ça ne vous dérange pas ?
- Ce qui me dérange c'est que tu me vouvoie, je n'ai que vingt-et-un an, répliqua-t-il. On va vous emprunter votre salon, dit-il aux autres. »
Stephan entraina la rousse à sa suite et ils investiguèrent deux fauteuils du salon.
« Alors, commença le futur psychologue. Dis-moi tout de la découverte de ton homosexualité à cette malheureuse histoire.
- A quinze ans, toutes les filles papillonnaient sur leurs histoires d'amours mais moi j'avais beau regarder les garçons, essayer de m'y intéresser... Rien à faire, je ne ressentais rien, je me sentais bien comme ça. Depuis déjà deux ans je dormais chez Cassandra, ma meilleure amie, le samedi soir. Et un jour, en sortant de piscine en sport, je n'ai pas pu m'empêcher d'observer les filles et pour la première fois j'ai senti une sensation bizarre m'étreindre. J'ai commencé à avoir peur mais je me suis dit que c'était une passade. Je m'efforçais de ne pas y attention et un samedi, deux ou trois mois après, Cass s'est changée dans la chambre le dimanche matin et j'ai senti mon cœur s'embraser. Depuis je ne l'ai plus jamais regardé de la même façon. J'avais honte mais je ne voulais pas renoncer à cette soirée film hebdomadaire. Tout allait bien jusqu'à samedi dernier où l'on a regardé un film questionnant entre autre sur la tolérance à l'homosexualité. J'ai répondu avec un peu trop de force sur le fait que l'intolérance ne devrait pas exister et elle m'a piégée avec ses questions donc je lui ai tout dit. Elle l'a très mal pris et je me suis enfuie par la fenêtre. Je me suis réfugiée chez Alex la nuit mais le lendemain mes parents m'attendaient parce qu'elle avait ramené mes affaires en disant que j'étais partie dans la nuit. J'ai dû répondre à leurs questions et je leur ai dit que je l'aimais. Heureusement qu'ils l'ont bien pris eux... Sinon je ne sais pas ce que j'aurais fait... Au lycée, elle est de plus en plus violente avec moi et j'ai peur qu'elle finisse par lâcher la bombe dans le couloir. Je suis sous antistress depuis lundi soir et j'ai peur de devenir dépendante même si je ne peux pas être dépendante à l'homéopathie non ? Chaque matin c'est un supplice de devoir se lever pour aller au lycée et ne pas savoir de quoi la journée sera faite...
- Je vois, souffla Stephan en regardant la jeune fille se recroqueviller sur elle-même en pleurant. Ce n'est déjà pas facile à accepter pour soi et quand les autres réagissent comme ça... Si jamais elle fait courir la rumeur de ton homosexualité au lycée et que ça devient trop dur pour toi de y aller, demande à suivre les cours par correspondance. Ça serait bête que tu rates ton bac à cause de ton amie.
- Ce qui me fait le plus mal c'est de l'avoir perdue, de ne plus pouvoir lui parler comme avant. Accepter de la voir s'éloigner de moi à cause de ça c'est tellement atroce...
- C'est compréhensible. J'avoue que je n'ai pas eu de mal comme toi. Je ne voulais pas accepter mon homosexualité et j'ai dû me rendre à l'évidence que je l'étais quand mon corps réagissait en présence d'un canon du lycée. Un jour il s'en est rendu compte, j'ai eu horriblement peur. Il est parti sans un mot et cinq minutes plus tard mon meilleur ami m'avait rejoint. L'autre lui avait tout dit y compris de veiller sur moi parce que je ne semblais pas l'accepter et que ça allait être difficile. Ils ne l'ont dit à personne et ne m'ont jamais rejeté, au contraire. Tu peux compter sur Alex pour t'aider et sur Cyril pour te défendre au lycée d'après ce que j'ai compris. Tu vas avoir beaucoup de mal à te faire au départ de ton amie mais je suis certain que tu vas dépasser ce cap et trouver une fille à aimer qui t'aidera à te reconstruire et à t'accepter entièrement.
- Tu crois ? Souffla-t-elle sans y croire.
- J'ai réussi alors je ne vois pas pourquoi une jolie jeune fille comme toi n'y arriverait pas. Reste courageuse et tu t'en sortiras, lui sourit-il.
- Merci, murmura-t-elle. Ça m'a fait du bien d'en parler avec quelqu'un de concerné.
- De rien, c'est normal. C'est pour ça que j'ai tout de suite accepté la demande de mon cousin. Allez, ajouta-t-il. Allons les retrouver. »
Le jeune homme tendit un mouchoir à Lullaby pour qu'elle essuie les larmes ayant coulées sur son visage et l'aida à s'extirper du fauteuil dans lequel elle était blottie.
Ils retournèrent dans le jardin où s'était construite une mini-fête de famille. Alex attira son amie près de lui et réussi à la faire sourire. Elle passa une fin d'après-midi détendue et rentra apaisée chez elle où ses parents l'attendaient pour l'emmener au restaurant chinois avant d'aller voir un film policier au cinéma.
L'apaisement qu'avait ressentit la jeune fille s'estompa le dimanche soir pour disparaître totalement le lundi matin avant l'heure fatidique. Elle avala machinalement des granules et se rendit d'un pas plus ou moins décidé au lycée. Elle eu peur quand elle trouva Cassandra avant de trouver les autres. La fille l'attrapa par le poignet et la tira dans le couloir jusque devant leur salle où étaient réunis tout leur classe plus Alex qui semblait avoir envie de mordre les filles qui les encerclaient lui, Cyril et Pierre.
« Alors, tu croyais pouvoir te cacher longtemps derrière eux et m'éviter ? Ricana Cassandra.
- Je ne me cache pas et je ne t'évite pas, ce n'est pas de ma faute si on ne se croise pas dans les couloirs, répondit avec aplomb Lullaby en sentant son cœur battre beaucoup trop fort.
- Parce que tu crois que je vais te croire ? Après le coup que tu m'as fait, si j'étais à ma place je me serais excusée.
- Si tu avais été à ma place, tu te serais rendue compte que je n'ai pas à m'excuser parce que je ne l'ai pas choisi ! Siffla la rousse.
- Ces trois jeunes téméraires qui te soutiennent, ils savent que tu n'es qu'une putain de lesbienne ? »
Un silence de plomb suivi les paroles de la brune tandis que Lullaby était devenue pâle comme un linge. Alex qui avait réussi à bondir auprès de son amie commença à parler.
« Petit un, nous sommes plus âgés que toi donc tu nous parles sur un autre ton. Petit deux, Lulla est ma meilleure amie donc oui je connais ses tendances. Elle me l'a dit après ce fatidique samedi soir. Petit trois, la putain ici, c'est plutôt toi. Maintenant, tu as intérêt à la laisser tranquille et si qui que ce soit lance une rumeur, je le démonte. Compris ? »
Cyril et Pierre avait rejoint Alex, l'entouraient et faisaient barrage entre leur amie et les autres. Le silence était tel qu'on aurait entendu une mouche voler. Cassandra allait répliquer mais les pas du professeur retentirent sur le ciment. Les trois gardes du corps de Lullaby s'excusèrent de cette dispute et le seul S de la bande se rendit à son cours. La jeune fille ne se faisait pas d'illusion, malgré les menaces de son ami elle savait que tout le lycée serait au courant d'ici le soir, au mieux demain matin. Elle repensa à sa conversation avec Stephan et avec son allusion aux cours par correspondance. Elle se promit d'en parler à ses parents le week-end suivant si la semaine se passait mal. Et c'est ce qu'elle fit.
POV Lullaby
Cette semaine fut dix fois pire que ce que je craignais. On dit que l'homosexualité est mieux perçue de nos jours mais pas dans mon lycée visiblement. Cyril ne me lâchait plus d'une semelle, la seule fois où il l'avait fait Pierre avait dû intervenir alors qu'une fille essayait de me frapper. J'étais sous le choc et me lever le matin était synonyme de crises d'angoisses. Voyons le bon côté des choses, un colosse faisant du rugby et assurément gay avait pris ma défense en sport sans que je m'y attende. Mais ce genre de personne était trop rare. J'avais peur qu'Alex, Cyril et Pierre n'aient de problèmes à cause de moi mais ils semblaient n'en avoir rien à faire et au contraire, heureux d'en découdre pour « montrer que je ne suis pas une salope » pour reprendre les mots de mon meilleur ami. Je parlais avec lui de l'idée de Stephan et il me répondit que c'était la meilleure chose à faire et que son frère et son ami viendraient sans doute m'aider si j'étais bloquée sur un cours.
Comme prévu, le samedi j'en parlais à mes parents avec tout de même beaucoup d'appréhension.
« Papa, Maman, pourrais-je vous demander une faveur ? Soufflai-je pendant le petit déjeuné.
- Oui mon cœur ?
- Lundi matin au lycée Cassandra a dit à toute la classe que j'étais lesbienne. Le lendemain matin tout le monde était au courant. Ce fut une semaine assez affreuse, heureusement qu'Alex, Cyril et Pierre étaient là... Alors comme ça n'ira certainement pas en s'arrangeant, y a-t-il moyen que je suive les cours par correspondance ?
- Je prendrais rendez-vous lundi avec le proviseur de ton lycée pour voir ce qui est possible. Je m'arrangerai pour que la semaine prochaine soit la dernière que tu passes au lycée. Ça ira ? Demanda mon père.
- Je pense oui. J'ai tenu une semaine déjà, mais plus de deux je ne pense pas que je pourrais...
- C'est normal, me sourit ma mère. Tu as bien fait de nous en parler. Il ne faut pas que la situation reste comme ça surtout qu'elle risque de s'envenimer. Il en va de ton futur avec ton bac et de ton intégrité morale. Y a-t-il quelque chose que tu souhaitais faire aujourd'hui ? Me demanda-t-elle en débarrassant la table.
- Pas que je sache. »
A ce moment-là on frappa à la porte, mon père se leva et je vis Alex et Stephan le suivre.
« Salut Lulla, me sourit Alex. Lila, Jack, je vous présente Stephan mon cousin.
- Bee nous en a parlé en effet.
- Je souhaitais vous rencontrer parce que j'aimerais bien emmener Lullaby dans des endroits où elle pourra rencontrer des personnes comme elle et peut-être s'accepter plus facilement, dit Stephan alors que je le regardais les yeux agrandis par la surprise.
- Si elle n'y voit aucune objection, répliqua mon père en se tournant vers moi.
- Je suis surprise parce que je ne m'y attendais pas mais ça me parait être une idée plutôt intéressante.
- C'est arrangé alors, lança ma mère. Ça tombe bien non Lulla ? Tu n'avais rien de prévu aujourd'hui.
- Alors je propose que tu te prépares, que tu manges à la maison ce midi et que vous alliez vous balader cette aprèm. »
Mes parents me firent un signe de tête et j'allais m'habiller tandis qu'Alex et Stephan s'installaient dans le salon en m'attendant. J'enfilai une longue robe noire, pris ma veste et ma sacoche et redescendis. Stephan promit de veiller à ce que rien de mal ne m'arrive et on alla chez Alex. Je vis Cyril et Pierre qui faisaient un combat de lutte improvisé dans l'herbe et mon ami me souffla que c'était un rituel quand il ne pleuvait pas.
Après manger je partis en ville avec Stephan. Il s'amusa de me voir découvrir un monde qui m'était inconnu. Pour la première fois j'allais dans des endroits où l'on n'était pas obligé de se cacher et où la tolérance était le mot d'ordre. Ce fût une très bonne journée et j'étais contente d'avoir en tête un endroit où je pourrai aller. Je dis à Stephan que mon père allait parler au principal des cours par correspondance et qu'en principe j'en avais bientôt finit de l'enfer de ce lycée. Alex lui avait dit qu'au lycée j'étais victime de brimades sur ce sujet et que je le supportais mal. C'est entre autre pour ça qu'il voulait si vite m'emmener dans des endroits gay parce qu'il pense que si je me mêle à des gens comme moi je rebondirais plus vite.
Le lundi mon père m'emmena au lycée et alla demander un rendez-vous pendant que je retrouvai Alex qui s'en voulait de ne pouvoir m'accompagner jusqu'à mon cours mais qu'il avait un devoir de maths et devait être en avance. Je lui répondis de ne pas s'en faire et il partit. Un peu inquiète je m'apprêtais à entrer dans le bâtiment quand Tom le colosse rugbyman s'avança vers moi.
« Ton garde du corps n'est pas avec toi ?
- Il a un devoir et devait se rendre plus tôt devant sa salle.
- Bah je t'accompagne alors, tu as l'air tellement stressée que l'on dirait que tu vas t'effondrer d'une minute à l'autre.
- Mon père va voir le principal pour que je prenne les cours par correspondance. J'espère qu'il dira oui parce que j'ai de plus en plus peur d'affronter les autres.
- Je comprends, j'étais comme toi et puis j'ai décidé de mettre ma force en avant pour plus qu'on m'emmerde ce qui a eu un résultat plus que satisfaisant.
- J'ai cours là, merci de m'avoir escorté jusque là.
- Pas de quoi, allez, bonne journée. »
La peur. C'est exactement ce sentiment qui m'étreignait le cœur alors que je voyais les autres et pâlit en constatant que Cyril et Pierre n'étaient pas encore arrivés. Une fille fit mine de s'avancer vers moi je se soupirais de soulagement en voyant l'ombre de Pierre se profiler dans le couloir. Il vient directement me voir et Cyril ne tarda pas à arriver. Je me dis que je n'allais jamais survivre à une semaine comme ça et commença à sentir la crise d'angoisse monter. Je m'efforçais de me calmer au moment où la prof accompagnée du proviseur et de mon père arriva. Elle fit rentrer les élèves alors que je restais dehors, Cyril me fit un sourire réconfortant et quand la porte claqua, le principal parla.
« Votre père m'a fait part de votre demande. Puis-je en savoir les raisons exactes ?
- Les rumeurs sur mon homosexualité ne sont pas que des rumeurs, murmurai-je. Et les autres élèves sont de plus en plus violents avec moi. Etant angoissée de nature j'ai peur de ne pas survivre à l'année.
- Je vois, pouvez-vous compter sur des gens pour les cours ?
- Pierre et Cyril qui sont dans ma classe et qui a eux deux suivent les mêmes cours que moi.
- Bien, pensez-vous finir la semaine ?
- Je le pensais mais j'ai bien peur que non.
- Vous suivrez donc les cours par correspondance à partir de... maintenant. Je demanderai à votre professeur principal de donner votre adresse e-mail aux autres professeurs et vous aurez leurs cours par ce biais là. Bien sûr, vous viendrez passer le bac ici au lycée. Cela vous convient-il ?
- Oui, merci beaucoup.
- Au revoir et bonne journée alors. »
Mon père me sourit en m'entrainant vers la voiture. Je suis soulagée. Je n'aurais plus à affronter les autres élèves et je pourrais remonter toute seule sans qu'on m'enfonce un peu plus chaque jour.
Fin POV
Lullaby suivit consciencieusement les cours par correspondance et quand elle avait du mal Cyril venait volontiers l'aider. Il passait parfois avec Pierre bien qu'elle n'ait pas besoin d'aide en Maths. Pour ne pas rater son année elle suivait le même emploi du temps qu'au lycée mais chez elle. Ainsi elle gardait son niveau afin d'être prête pour le bac. Elle passait la plupart de ses week-ends chez Alex, sortait parfois avec Stephan et se remit petit à petit. Elle avait dit à ses parents qu'elle verrait un psychologue mais finalement avec l'aide de ses amis et surtout le départ du lycée elle se passa des granules homéopathiques naturellement et ne fit plus de crises d'angoisses à répétition.
Elle avait quitté le lycée depuis quatre mois et on était en mai. Elle se préparait psychologiquement à revenir au lycée le mois d'après le temps de passer le bac. Elle alla en ville samedi après-midi pour s'acheter un roman car elle n'avait plus rien à lire. Alors qu'elle trainait dans les rayons de la Fnac elle tomba sur Cassandra qui se promenait main dans la main avec un garçon de Terminale ES.
« Bonjour Lullaby, dit Cassandra hésitante.
- Bonjour, répondit la rousse d'une voix glaciale.
- Tu n'es pas venue au lycée depuis quatre mois, j'avais peur que t'ait faite une bêtise et tes amis ne me répondaient pas.
- Et non je ne me suis pas suicidée. Déçue ?
- J'ai dit que je m'inquiétais, répliqua la brune vexée.
- Oh, alors tu avais peur d'avoir une morte sur la conscience. Et bah non, je suis en vie. Je vais très bien même. Je prends simplement les cours par correspondance comme ça je n'ai plus à vous voir tous les jours.
- Mais enfin, pourquoi tu réagis comme ça ? J'essaie d'être gentille et toi...
- Tu essaies d'être gentille ? Première nouvelle. Je te rappelle que c'est de ta faute si j'ai dû quitter le lycée.
- Je m'excuse ! J'ai mal réagit mais tu dois me comprendre aussi...
- J'ai compris. Ce que je n'ai pas compris c'est pourquoi tu as été aussi ignoble après. Et donc non, je ne te pardonnerai pas. Je n'ai pas à le faire.
- On était des amies pourtant !
- On était oui. Et je te rappelle que c'est toi qui a brisé cette amitié pas moi. Alors maintenant, j'aimerais pouvoir finir de faire mes achats tranquillement. Adieu. »
Lullaby se sentit mal de réagir comme ça et aurait bien voulu renouer mais elle savait qu'elle ne pouvait pas. Pas après ce que son amie lui avait fait. Et puis elle avait commencé à fréquenter des filles lesbiennes comme elle, juste en amitié pour l'instant mais ça présageait qu'elle se relevait et qu'elle était prête à en aimer une autre et peut-être même à entamer une relation.
Fin
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