
Lettre à une personne chère, lettre écrite pour apaiser mon chagrin
Rated: Fiction K+ - French - Drama/Family - Words: 714 - Reviews: 1 - Published: 10-21-11 - Status: Complete - id: 2963017
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Ma chère fille,
Cela fait maintenant trois mois que tu es partie, que tu as laissé un vide dans ce domicile que nous partagions toutes les deux. Ce lieu où tu as fait tant de bêtises, t'attirant ma colère, où tu as reçu tant de douces cajoleries de ma part mais aussi des visiteurs qui venaient me voir, bien que ta timidité faisait que peu avait l'occasion d'apercevoir tes beaux yeux bleus. Tous te trouvaient si belle et si élégante, et pour moi tu étais la plus merveilleuse de toute.
Ai-je été trop dure avec toi ? Ai-je été trop stricte dans mes punitions ? Ai-je été imprudente de laisser cette fenêtre ouverte lors que nous vivons au troisième étage de l'immeuble ? Je savais que tu aimais regarder dehors. De tes beaux iris couleur de l'eau, tu arpentais les piétons dans la rue, tu épiais les activités de nos voisins d'en face, mais aussi tu parlais avec ces félins sauvages postés sur le toit d'à côté. Ils t'attiraient, je le savais, toi aussi tu as toujours été d'une nature féline. Est-ce eux que tu as voulus essayer d'attraper quand tu as sauté, t'envolant loin de moi et de notre foyer ? Ne t'avais-je pas appris que nous n'avions pas d'aile ? Ne t'avais-je pas dit qu'il ne fallait pas t'approcher trop près du vide ? Voulais-tu me défier ? Voulais-tu me détrôner de mon autorité, moi qui étais la maîtresse de cette maison ? Je suis ta mère, tu me devais le respect et l'obéissance, bien que cela te faisait souvent défaut. J'ai eu bien du mal à t'inculquer ma discipline. Chaque fois que j'haussais la voix, tu avais cette manière de me regarder avec tes perçants yeux bleus, comme si tu t'en moquais, comme si tu ne comprenais pas un mot de ce je disais.
J'ai détourné mon attention, j'étais encore en train de surfer sur internet. Je savais que tu n'aimais pas que j'y reste trop longtemps. L'ordinateur captivait tellement mon attention que je t'en oubliais. Et tu étais là près de moi, à me réclamer à manger. Tu venais sur mes genoux, je te repoussais, te priais de bien vouloir aller te coucher. Tu voulais juste que je te câline un peu, que je fasse davantage attention à toi. M'en veux-tu ? Est-ce pour cela que tu es partie ? Ou bien n'acceptais-tu tout simplement pas cet appartement clos, toi qui depuis des mois aimais gambader à la campagne ? As-tu voulu retrouver cette sensation de liberté quand tu as sauté du balcon ?
Ma fille, toi que j'aimais tant, je reconnais que j'ai des tords, et maintenant que je le réalise, je ne puis plus dormir tranquille tant les remords m'envahissent. Tu étais là, j'ai détourné les yeux, tu as disparu. J'aurais dû mieux te surveiller, penser davantage à la sécurité. Ce n'est pas de ta faute, tu étais si jeune, tu n'avais que trois ans, c'était à moi de te protéger. Maintenant il est trop tard, même si mon cœur se gonfle parfois d'espoir. J'ai l'impression de te voir à l'angle d'une rue, mais bien vite je me rends compte qu'il ne s'agit pas de toi. Je ne puis plus que prier pour que tu me reviennes, je ne puis qu'écrire ces lettres et les lancer par-dessus le balcon, espérant qu'elles t'atteignent, même si je sais parfaitement que tu ne sais pas lire. Juste de douces illusions de ma part pour apaiser mon chagrin. Je ne puis même pas faire ton deuil, puisque je n'ai pas la certitude que tu ne sois plus de ce monde.
Ne m'en veux pas, mais peut-être qu'un jour, une autre prendra ta place dans mon cœur et dans cet appartement. Mais sache que je ne t'oublierai jamais, que je conserverai éternellement les photos que j'ai de toi et que je parlerai encore de toi.
Tu es et tu resteras à jamais mon premier petit chat.
Ta maman
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