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La brûlure
Author:
Eirlys Nightingale PM
La famille Joshon,normale sous tous les abords selon Alyse,la fille aînée.Heureuse.Jusqu'à ce que des évènement, perpétrés par la haine et la peur,la bêtise de leur voisinage,viennent tout chambouler.Et son cousin qui revient d'Irak...entier? Yaoi
Rated: Fiction K+ - French - Family/Drama - Chapters: 23 - Words: 51,210 - Reviews: 12 - Favs: 2 - Follows: 2 - Updated: 05-16-13 - Published: 02-27-12 - id: 3000758
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Résumé de l'histoire : La famille Joshon était tout ce qu'il a de plus normale. Du moins aux yeux d'Alyse Joshon, la fille aînée de la famille. Qu'y avait-il de mal à vivre avec sn cousin (parti en Irak), son frère, son père, et le conjoint de ce dernier, enseignant dans son lycée ? Pour elle, rien, mais ce n'était pas le cas de tout le monde dans la petite ville de Folk City…

Mot : Bonjour tout le monde ! Voici le premier chapitre de « la brulure », histoire que j'ai écrit l'été dernier et finit en janvier. Le rated est en partie du au langage utilisé de temps en temps, ainsi qu'aux quelques scènes M/M (mais pas slash) que contient l'histoire, au cas où quelques personnes se sentiraient offusquées. Chaque chapitre sera centré sur un personnage (ou deux), selon son point de vue. Ne vous arrêtez pas au ton du premier chapitre qui peut sembler léger et « jeune », l'histoire gagne en profondeur au fur et à mesure (ou du moin je l'espère ^^).

C'est ma toute première histoire longue complète, donc j'espère que vous la trouverez à votre goût

Bonne lecture !

Partie 1

-Alyse & Dylan-

N'était pas encore huit heure, mais le soleil avait déjà fait son apparition, baignant la chambre d'une douce couleur ambrée. Ses rayons, quoique timides, éclairaient un mur ou deux, quelques meubles et babioles. Une commode rouge croulant sous le poids d'une pile de livres de fantasy et de films de cow-boys, un mug customisé Disney, l'aquarium rond et ses deux poissons posé sur une table maintes fois repeinte qui avait connue des jours meilleurs, le mur habillant le haut du coin bureau où un véritable déluge de cartes, posters dessins et post-It semblaient faire leur loi. Le lit, grand et couvert d'orange où Alyse Joshon, les yeux se fermant sous l'emprise du sommeil, tapait précautionneusement sur son ordinateur portable.

Il était presque huit heures. Et pourtant, Alyse trouvait que communiquer avec les fans de son groupe préféré pendant toute la nuit était parfaitement normal pour une jeune fille de dix huit ans, soit son âge. Il fallait juste qu'elle fasse attention à ne pas écrire trop vite et de manière trop bruyante si elle ne voulait pas réveiller Dylan, ou s'attirer la colère de son père qui occupait la chambre de l'autre côté du couloir et de la cage d'escaliers. Un dernier coup d'œil au post qu'elle venait d'écrire, puis, prenant note de l'heure qu'il était, elle éteignit sont ordinateur. Avec un peu de chance, et si elle se mettait au lit à l'instant même, peut être pourrait-elle bénéficier d'une petite heure de sommeil avant de descendre à la cuisine prendre son petit déjeuner, parler de l'immonde bal de la rentrée avec la famille, des petits tracas de tous. Comme dans une famille normale en somme, pensa-t-elle, allongée sous l'énorme couette orange. Excepté le fait que sa famille était tout sauf normale. Du moins aux yeux de quelques uns de leurs voisins. Alyse, quand à elle, ne voyait pas du tout ce qu'on leur reprochait le clan Joshon était une famille « comme une autre ». Avec les mêmes problèmes, les mêmes joies, les mêmes blagues propre à elle, ou encore avec les mêmes petites habitudes du tout à chacun.

Elle ferma les yeux, et se laissa glisser dans les bras de Morphée qui semblaient l'appeler.

-Hey Alyse !

La jeune fille ouvrit péniblement les yeux. Dans l'encadrement de la porte se tenait un jeune homme, dont la fine ossature laissait deviner un caractère timide. Alyse rabattit la couette sur son visage.

-Dégage Clay ! J'essaie de dormir, maugréa-t-elle.

-Tu avais qu'à y penser plus tôt au lieu de rester debout toute la nuit espèce de geek, répondit son frère en se glissant sous les couvertures à son tour.

Il se ménagea un petit espace sur le côté du matelas, à grand renfort de gestes et de soupirs, essayant de décaler un petit peu sa sœur. Ayant enfin trouvé une position qui semblait lui convenir, il se tourna du côté d'Alyse et la poussa du coude.

-Aller, ne te cache pas, de toute manière tu vas bien devoir descendre dans la cuisine et leur raconter comment ça s'est passé.

Alyse se redressa soudain dan le lit, telle une furie, complètement réveillée maintenant.

-Tu ne leur as rien dit hier soir j'espère ? demanda-t-elle en un souffle.

-Si tu parles du fait que tu as planté cet affreux gars sur la piste de danse, non alors, je n'ai rien dit, ne t'inquiète pas. Ca sera beaucoup plus drôle si c'est toi qui leur raconte, rajouta-t-il en éclatant de rire.

Ce qui finit de persuader sa sœur de se glisser un peu plus sous la couverture et d'y rester toute l'éternité s'il le fallait. En même temps, pensa-t-elle, ce qui s'était passé e soir là n'était pas de sa faut. Pas entièrement. Si elle avait dit oui pour accompagner Mateo, un de ses seuls amis à Folk City, c'est parce qu'il (ainsi que Clay, Dylan, son père et ses deux seules amies) avaient insisté, arguant que rester seule pour un bal lycéen (même le plus insignifiant d'entre eux), surtout quand on était nouvelle en ville, était désolant. Après, elle n'avait pas prévu que Mateo veuille l'embrasser, alors qu'il ne connaissait rien de sa vie, ses problèmes, les films de cow-boy. Ca, c'était de sa faute à lui, ajouta mentalement Alyse en hochant la tête sous les épaisseurs de la couverture. Elle l'avait donc gentiment abandonné sur la piste de danse (même pas sur mais dans le couloir qui y menait), avant de rentrer jusque chez elle, coupant à travers les bois séparant le lycée de leur maison.

Elle sentit son frère se lever…et enlever brusquement la couette sous laquelle elle avait cherché refuge.

-CLAYTON ! hurla-t-elle.

Puis, se souvenant de l'heure qu'il était, ils s'arrêtèrent tout deux, retenant leur souffle, guettant le moindre bruit. Voyant que rien n'arrivait, ils continuèrent de parler, mais à mi-voix cette fois-ci.

-Tu es rentrée tôt hier soir, tu as loupé le meilleur, continua Clay en observant par la fenêtre.

-Que s'est-il passé ?

-Tu sais ce typa là, grand et baraqué ? Celui qui trimballe tout le temps un appareil photo et qui semble avoir le nez cassé ?

-Michael ? Dans la casse de Dylan ?

-Oui, lui ! Il a l'air complètement idiot…

-Il l'est, approuva Alyse sombrement. Son père fait parti du conseil de la ville, et il est parent d'élève « en chef » ?

-Oui, enfin bref, il s'est fait prendre avec de l'alcool et a du être évacué de la salle. C'est Diaz qui l'a fait.

-Alors là, j'aurais aimé voir ça ! fit Alyse. Michael, quel pauvre type, pensa-t-elle en regardant son frère. Ce dernier n'ignorait pas qu'elle ne pouvait supporter ce jeune homme machiste, acculturé et homophobe ? De père en fils, qui plus est. Elle se leva pour rejoindre son frère à la fenêtre. Une silhouette remontait la rue. Grande, bien bâtie, une main fine tenait une cigarette presque finie. Leur père, Kyle, qui venait de se trouver un travail la semaine passée au près de l'ébéniste le plus célèbre de leur petite ville.

-Papa est sorti ce matin ? demanda Alyse en fronçant les sourcils.

-Oui, tôt, il devait promener le chien d'un de ses collègues malades qui n'habite pas très loin.

-Il n'y a pas eu de disputes, rassure moi ?

-De dispute ? Non, je ne pense pas, ma chambre est juste à côté de la leur, je crois que je les aurais entendu s'il s'était passé quoique ce soit.

-C'est bizarre quand même…

Alyse fut coupée dans sa phrase par des bruits de pas légers descendants l'escalier et se dirigeant vers la cuisine.

-Enfin, continua Clay, tu connais papa, il a un peu de mal à s'habituer aux nouveaux endroits. Laisse-lui une petite semaine. Juste une chance.

-Si tu le dis, se laissa convaincre la jeune fille. Viens, on descend, comme ça tout le monde sera à table pour l'accueillir !

Ils se dirigèrent en suivant la direction tracée par l'odeur convaincante des pancakes, quand la porte d'entrée s'ouvrit. Alyse stoppa son frère d'une main, en lui faisant signe de se taire. Des voix venant de la cuisine leur parvenaient atténuées :

-Bonjour chéri.

-Bonjour, répondit celle, reconnaissable entre toutes, et richement modulée de leur père.

Des bruits de vêtements frottés les uns contre les autres leur parvinrent dans la cage d'escalier, puis ceux d'un baiser. Clayton se rapprocha doucement de sa sœur, veillant à ne pas faire de bruit, et lui murmura à l'oreille :

-Je t'avais bien dit qu'ils ne s'étaient pas disputés !

-Chut !

Elle resta aux aguets, espérant entendre d'autres petites démonstrations d'amour entre les deux personnes présentes dans la cuisine. Juste pour se rassurer. Juste pour être sûre. L'aménagement à Folk City avait été dur pour Kyle. Il n'était pas fait pour le changement. Elle stoppa ses pensées en entendant la voix de Kyle demander :

-Les enfants sont levés ?

-Oui je pense, répondit celle de Dylan tendrement, j'ai cru entendre ta fille crier après son frère.

Le rire de Kyle retentit alors, réchauffant le cœur d'Alyse, et celui de l'homme qui enlaçait son père et qui partageait leurs vies depuis maintenant douze ans, Dylan. L'homme qui, à la mort d'Ann, la mère des enfants Joshon, avait réussi à refaire aimer leur père, à le sortir de cette spirale destructrice dans laquelle il avait été jusqu'a leur rencontre. Dylan était entré dans leurs vies un après-midi pluvieux, et n'en était plus ressorti depuis. Alyse se souvenait parfaitement de la première fois qu'elle avait dit que Dylan était aussi son père. Elle avait six ans et venait de se casser le bras. Mais c'était là une histoire qu'il valait mieux garder pour une autre fois.

Elle fit signe à Clay de remonter sans bruits les escaliers, pour qu'ils puissent les descendre bruyamment après, signalant ainsi leur présence. Pendant ce temps, elle put percevoir les sons étouffés d'un baiser plus langoureux que le précédent. Ils déboulèrent dans la cuisine au moment où Dylan et Kyle se séparèrent. Kyle n'avait jamais été porté sur les démonstrations, et ce depuis toujours. Chose que Dylan avait appris à respecter, ainsi que Clay et Alyse. Il n'en était pas pour autant un père, un ami ou un amant insensible. Mais les personnes trop promptes aux démonstrations publiques de leur amour ou de leur amitié l'énervaient au plus haut point. C'était une question d'intimité, de vie privée qu'il ne voulait pas violer. Sa vie privée. Mais il avait toujours su montrer à ceux qui comptaient vraiment pour lui ce qu'il ressentait pour eux. Au moins, ses proches avaient-ils la certitude de son amour, et n'avaient pas l'impression de vivre une farce perpétuelle. Même si sa fille aurait préféré qu'il se montre quelque fois moins bourru, plus ouvert aux autres, et qu'il montre ou partage ses peines.

Alyse et Clay les saluèrent, et s'assirent tout les deux à la table coincée au niveau de l'alcôve. Kyle et Dylan les rejoignirent alors que ce dernier servait les pancakes qu'il avait fraîchement préparés.

-Pourquoi hurliez-vous ce matin vous deux ? demanda Kyle dès qu'ils furent tous servis.

-On parlait du bal d'hier soir, répondit précipitamment Clayton avant que sa sœur ne puisse éluder la question. Cette dernière se permit d'ailleurs de lui lancer un long et sombre regard menaçant. Il lui tira la langue.

-Heureusement que je n'étais pas obligé d'y aller, continua Dylan, qui était professeur de littérature dans le lycée de la ville, il parait que ça a été une catastrophe. Un élève a été viré de la fête par Margaret Diaz. Comment il s'appelle ? Michael c'est ça non ? L'espèce d'affreux ?

-Oui c'est lui, répondit Alyse. Je le déteste.

-Qu'est-ce qu'il a fait pour mériter cet honneur ? Questionna son père. Il t'a planté sur la piste de danse ?

-En parlant de ça…commença Clay

-CLAYTON ! hurla sa sœur.

-…C'est Alyse qui a planté quelqu'un sur la piste, pas Michael, continua-t-il imperturbable.

-Quoi ?

- Raconte-nous ça ! Alyse, briseuse de cœur ! S'enthousiasma Dylan.

Devant le regard des deux hommes abasourdis et excités par sa réponse future, celui triomphant de son frère, et l'immobilité du chien qui les observait, elle se força alors à répondre, sachant d'avance qu'ils ne la défendraient pas :

-Je ne l'ai pas abandonné sur la piste de danse. Je suis juste…disons partie précipitamment quand il m'a demandé si je voulais danser avec lui et si il pouvait m'embrasser. Chose qu'il a essayé de faire.

-Et tu l'as repoussé ? proposa Dylan, les yeux illuminés.

-Heureusement qu'elle l'a fait, s'indigna Kyle, protecteur, en passant la main dans la chevelure rousse de Dylan. Ma fille s'éloigne de toutes tentations jusqu'à la fin de ses études.

-Mais Mateo est quelqu'un de gentil et qui a de nombreux atouts. Moi je l'aime bien.

-Tu l'aime bien seulement parce qu'il a une énorme collection de guitare avec lesquelles tu aimerais faire joujou Clay.

-Tu peux dire ce que tu veux Alyse, mais c'est toi qui a abandonné ton seul potentiel futur copain hier soir.

-Clayton, on t'a rien demandé, fit soudain son père calmement. Ce qui était, en soi, aussi menaçant que s'il avait hurlé contre son fils. Ce dernier ouvrit la bouche, sur le point de rajouter une pique, mais hésita et ne dit rien finalement. Car, même s'il ne parlait pas beaucoup, Kyle était un homme dont la justice et l'autorité étaient les vertus principales. En plus de ne pas déballer sa vie privée à n'importe qui. Alyse se souvenait l'avoir toujours vu trancher entre ses deux enfants de nombreuses fois, mais toujours d'une manière juste.

Ils continuèrent de manger, sans plus parler du bal, ou d'un sujet qui approchait de près ou de loin la jeune fille, ses sentiments, et sa vie sentimentale inexistante, pensaient-ils tous, depuis le traumatisme qu'elle avait subit avec son premier (et seul) petit-ami, deux ans plus tôt. Expérience déplaisante, dont elle était sortie avec des crises d'angoisse qui ne la quittaient plus et se manifestaient de temps en temps. Elle n'avait, depuis, côtoyé aucun homme, et s'en portait bien. Même si elle avait un gros faible pour Lucas, canadien qu'elle avait rencontré à cinq reprises et avec qui elle parlait tous les soirs via mail, et partageait sa passion pour les livres de fantasy. Ils s'étaient parlé pour la première fois sur un forum et s'échangeaient depuis des livres par courrier postal. Mise à part le fait qu'il habitait le Saskatchewan, Lucas était également en couple depuis plus d'une année avec une fille « géniale » (chose d'autant plus détestable aux yeux d'Alyse, car elle ne pouvait rien lui reprocher) qu'il allait suivre en France pour leurs études communes.

Quoiqu'il en soit, et bien qu'elle soit d'une franchise parfois dangereuse, Alyse n'avait jamais avoué ses débuts de sentiments à Lucas, de peur de perdre leur précieuse amitié. Elle se contentait donc de changer de sujet quand il parlait de sa petite amie. Elle se dit soudain que ça faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas vu et que peut être il pourrait venir…Elle demanda à son père :

-Papa, je pensais demander à Lucas de venir bientôt, cela fait six mois depuis la dernière fois que je l'ai vu. Il peut venir ici ? On pourrait lui louer le canapé ? Un coin du jardin peut être ?

-Peut être, je vais y réfléchir, éluda son père.

Alyse se tourna vers Dylan, en quête d'un soutien. Ce dernier acquiesça légèrement, et elle lui répondit par un petit sourire, qu'elle cacha vite à Kyle. Dylan enchaîna directement en se tournant vers l'homme à ses côtés :

-Au fait Kyle, j'ai une collègue qui fait un repas dans quelques semaines, elle m'a invité avec quelques autres professeurs ça te dise qu'on y aille ?

-Oui, bien sûr, ça me ferait plaisir de t'y accompagner.

Kyle esquissa un bref sourire pour confirmer ses dires, auquel répondit Dylan par une brève caresse sur le genou, alors que Clayton et Alyse se levèrent pour débarrasser la table. Dylan profita du dos tourné des « enfants » pour lui déposer un baiser juste derrière l'oreille, leur zone érogène à tout deux. Kyle s'esquiva doucement, alors que Clay et sa sœur se retournait pour prendre les tasses vides.

Le téléphone sonna soudain.

Tous se retournèrent pour voir qui allait répondre. Un coup de fil aussi tôt dans la journée, un samedi qui plus est, était souvent présage de weekends gâchés par une tante imprévue, une journée de travail à rattraper, un publicitaire énervé. Après un bref accord tacite, Dylan, Alyse et Clay se tournèrent vers Kyle comme un seul homme.

-Ok, ok, j'y vais, maugréa-t-il tout en se dirigeant vers l'appareil fixé sur le mur. Il prit garde à ne pas prendre en compte les regards de triomphe des trois autres, et décrocha enfin.

-Dylan, fit Alyse, tu pourras essayer de convaincre Papa s'il te plait ? J'aimerais beaucoup revoir Lucas.

-Je vais essayer mais je ne te garantis rien, ton père m'a dit qu'il aura beaucoup de travail bientôt, ils ont une grosse commande qui va arriver.

Il jeta un coup d'œil à l'homme au téléphone. Il s'était immobilisé contre le mur, attentif à ce qu'on lui disait. L'expression sur son visage était étrange, songea Dylan. S'il ne l'avait pas connu aussi bien, il aurait juste censé que la conversation était ennuyante. Mais il su d'instinct que ce n'était pas cela. Non, à cet instant précis, Kyle avait l'air de quelqu'un de préoccupé, et…presque apeuré. Il sentit son cœur manquer un battement. Si Kyle avait cet air là, que s'était-il donc passé ? Au moment om il eut cette pensée, leurs regards se rencontrèrent, et Dylan perçut véritablement cette peur, comme s'il pouvait la toucher, liée à de la peine. Oh mon Dieu, songea-t-il brusquement, voyant l'autre baisser précipitamment la tête, pour cacher son regard à la personne qui était juste derrière lui. Il se retourna pour voir qui, tout en essayant lui aussi de cacher ce qu'il ressentait. Alyse et Clay se chamaillaient bruyamment, comme tous frères et sœurs n'ayant que deux ans d'écart. Lequel des deux ?

Clayton disait :

-Allez Alyse, il faudra bien que tu lui reparles un jour de toute manière. Tu ne pourras pas éviter Mateo continuellement. Vous êtes dans le même quartier, le même lycée, la même classe. Vous avez les mêmes amis !

-Eh bien je resterais avec toi ! Rappel toi, on est dans le même quartier, le même lycée, et on a le même niveau d'études. Je pourrais rester avec tes mais à toi !

Ce n'est pas juste ça ! Je n'ai pas choisi d'être du même niveau que toi ! Je n'ai pas souhaité sauter une classe, c'est les autres qui en avaient marre que je connaisse tout.

Dylan saisit l'occasion pour rentrer dans la conversation.

-Elle n'a pas non plus choisi de redoubler sa dernière année de lycée, Clay. Ce n'est pas de sa faute si elle était malade.

-Merci Dylan, approuva l'intéressée en lançant un regard complice et malicieux à son supporter.

Elle savait pertinemment qu'elle pouvait toujours compter sur Dylan pour la soutenir, même face à son frère, ou à son père. Leur complicité n'avait jamais connue de failles. Dylan essaya tant bien que mal de lui rendre son sourire. Il espérait avoir réussi.

Kyle raccrocha enfin l'appareil. Son visage était tout à fait calme de nouveau. Il dit :

-Bon, on annule tout ce qu'on avait prévu de faire aujourd'hui, on a un invité surprise qui arrive dans quelques heures.

Alyse, qui avait la main dans les cheveux de Clay s'arrêta, attendant la suite. Se pourrait-il… ?

-Jonas est de retour, confirma son père, avec un semblant de sourire figé sur son visage. Il arrive dans trois heures à l'aéroport, je pars tout de suite et je n'aurais qu'une heure à attendre. Je vais me préparer.

Toute à sa joie, Alyse ne vit pas Kyle laisser ses clefs sur la table et quitter la pièce, la tête baissée. Jonas. Jon. Son cousin était enfin de retour à la maison, après trois ans occupés à servir dans l'armée. Trois longues années où il n'était revenu que deux fois par ans, parfois une seule, et pendant lesquelles les courriers, e-mail et vidéos restaient sans réponse de sa part. Et aujourd'hui, alors qu'elle s'y attendait le moins, il allait être là ! Alyse éclata de rire dans les bras de Clay qui l'avait enlacé, lui aussi heureux. Toutes les petites filles avaient un jour ou l'autre transformé un membre de leur famille en prince charmant ou en héro. Quelqu'un qui viendrait les sauver des dragons et les protègerait toujours des méchantes sorcières. Pour Alyse, cette personne là était Jonas. Sauf qu'il la sauvait des zombies et qu'ils combattaient ensemble les morts-vivants, dans leur cas. Elle se souvenait l'avoir vraiment vénéré quand elle avait huit ans, jusqu'à ses treize ans environ. Maintenant encore, le mélange d'émotions qu'elle ressentait pour lui était complexe : fierté (extrême), adoration (presque totale), amour (complet), et peur depuis quelques temps, alors qu'il était parti servir en Irak.

A chaque fois qu'il était revenu, elle avait été la première personne à l'accueillir à la maison, se jetant dans ses bras, comme si elle avait toujours douze ans. Si quelqu'un avait pris une photo depuis toutes les fois où il était parti, elles auraient été identiques : le sac militaire abandonné sur le sol, près des pneus de la voiture, le chien qui gambadait joyeusement autour, l'air surexcité, Kyle encore dans la voiture, une cigarette à la main, Jonas, les genoux pliés et les bras enserrant Alyse, leur visage à tout deux illuminé d'un rire ou d'un sourire. La seule chose qui aurait pu changer sur ces photos auraient été le style vestimentaire d'Alyse, ceux qu'elle avait eu cours des différentes années où il avait servi, donc depuis qu'elle avait douze ans. Sportive, garçon manqué, gothique, hippie, fashion, un brin intello et rat de bibliothèque, quelconque. Et à chaque fois il avait été là.

Pour Clayton, sa relation avec Jonas avait illuminé sa vie, et bien que moins fusionnelle que celle entre sa sœur et son cousin, Jonas avait toujours joué pour lui le rôle du grand frère protecteur qu'il ne possédait pas.

Il suivi sa sœur jusque dans la chambre d'ami, celle habituellement réservée à Jonas, où ils allaient préparer son retour.

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