
Quand la société a décidé que vous êtes devenu une paria, il vous reste quoi comme espoir de survie. Lia va s'y adapter tant bien que mal du moins jusqu'à ce qu'elle fasse la rencontre d'un jeune chef de clan qui va tout bouleverser.
Rated: Fiction T - French - Adventure/Hurt/Comfort - Chapters: 44 - Words: 107,277 - Reviews: 199 - Favs: 7 - Follows: 11 - Updated: 05-13-13 - Published: 06-05-12 - id: 3029519
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Bonnie et Clyde prennent leurs marques sur le domaine de Morphée et Clyde ne peut s'empêcher de tout commenter (ou presque !). Retour de notre bien-aimé Alice dans ce chapitre.
Merci à Neliia et Melancholy in my eyes pour vos commentaires. Neliia, tu comptes trop sur mon bon coeur, ça risque de te jouer des tours !
Bonne lecture à tous
Le lendemain matin, Morphée attend ses nouvelles recrues. Il est 8h30 et toutes les chambres ont été libérées. Elle secoue la tête en voyant la mine renfrognée de Clyde qui ne semble pas enchantée par le programme de sa journée. Cela ne rassure pas Morphée qui n'est pas d'humeur joyeuse ce matin. Son épaule l'a lancée toute la nuit l'empêchant d'avoir les heures de sommeil nécessaires à sa récupération. Elle les mène dans le bâtiment pour leur faire une visite détaillée des lieux. Elle a la surprise de constater que malgré sa mauvaise volonté évidente la femme rousse écoute et enregistre tout ce que lui explique Morphée. Bonnie de son côté suit Clyde comme une ombre sans rien dire et en évitant au maximum de lever les yeux vers quoi que ce soit.
Une fois la visite terminée, Morphée les mène à nouveau dans le hall et elles s'installent autour d'une des tables qui parcellent l'entrée de la pension.
« Bien parlons organisation à présent. Il y a trois choses à faire sur la pension. Accueillir les clients, nettoyer les lieux et remettre en état les pièces qui sont encore condamnées. » Clyde hoche la tête rapidement imitée par la femme aux cheveux noirs. « Au vu de vos tempérament, je pense qu'il serait plus logique de ne pas vous faire faire l'accueil. » Clyde affiche un sourire carnassier qui confirme les dires de la jeune femme. Généralement, lors d'une journée type, le ménage est quasiment fini le matin et je me concentre sur la mise en place des lieux l'après-midi. L'accueil des mercenaires se fait à partir de 18h30 et prend fin vers 2h du matin. Comme vous êtes à présent sur le domaine, j'aimerais qu'il y ait toujours quelqu'un de présent pour accueillir les visiteurs, vous ferez donc des journées en non-stop. » Clyde tique et cela n'échappe pas à Morphée. « Je vous propose du 9h-17h avec un jour de congé par semaine mais pas le même jour. » La rouquine craque et arrête l'explication de Morphée.
« Le but d'un jour de repos, c'est de pouvoir le passer ensemble. »
« Clyde, je n'ai pas pris un seul jour depuis que je suis arrivée ici donc je considère ça comme un luxe. » Clyde s'apprête à lui répondre quand Bonnie pose sa main sur son épaule. Elle referme la bouche en prenant une mine renfrognée. Morphée attend quelques secondes mais voyant que le débat semble clos, elle reprend ses explications. « Pour ma part, je me couche à 2h et me lève à 6h et je fais une sieste de 11h à 14h. En dehors de ces heures-là, n'hésitez pas à venir me voir si vous avez des questions. »
« C'est des horaires bizarres. »
« Je m'adapte aux clients. Il y a une chose à ne pas oublier. C'est pour répondre aux besoins des clients qu'ils nous ont mis à ses postes et qu'on peut être, ici. Leurs exigences, tant qu'elles sont raisonnables, passent donc en priorité, c'est la garantie d'avoir un toit et de quoi manger chaque jour. » Ses employés acquiescent tout en attendant la suite des explications. Le matin, nous nous occuperons du ménage de l'ensemble des pièces. L'après-midi l'une de vous s'occupera du reste du ménage et l'autre de l'aménagement des pièces condamnées. J'aiderais l'une ou l'autre selon les besoins. »
« Ça consiste en quoi l'aménagement ? »
« Il faut faire avec les moyens du bord. Dans un premier temps, c'est surtout un décapage intensif, ensuite le plus difficile sera de déniché du matériel de récupération pour rendre la pièce fonctionnelle. Il n'y a pas grand-chose dans la pièce des meubles abandonnés et il faudra certainement négocier aux marchés. Avec votre arrivée, le budget en a pris un gros coup donc les moyens financiers seront très limités. » Clyde semble retrouver le sourire.
« J'aime négocier. Quand on était pilleuse, c'était toujours moi qui le faisais et je n'étais pas mauvaise. » Morphée est surprise de découvrir qu'elles étaient pilleuses. Ce n'est pas l'idée qu'elle se faisait de ce genre de personne. Après un instant de réflexion, elle songe qu'elle devrait arrêter d'avoir des idées stéréotypées sur tout et n'importe quoi puisque ça n'a plus court dans le monde d'aujourd'hui.
« On dirait que la répartition des tâches est faite. Moi, ça me convient, si ça convient également à Bonnie. » La femme au visage camouflé hoche la tête et Morphée suppose que c'est bon. Parfait. » Elle est interrompue par des bruits de pas dans le hall. La jeune femme se tourne et observe Doc qui secoue sa mallette avec un air amusé qui lui donne la chair de poule. « Je vous laisse commencer le ménage des chambres. On va se concentrer là-dessus aujourd'hui. Ce soir, je verrais un peu plus en détail les projets de réhabilitation avec toi Clyde. Je vous rejoins dès que Doc en a fini avec moi. » Les filles disparaissent rapidement dans les marches pendant que Morphée suit Doc dans sa chambre.
La jeune femme s'assoit sur son lit tout en enlevant son écharpe et son manteau. Elle porte un débardeur bandeau dessous ce qui permet à Doc d'avoir un accès facile à sa plaie tout en lui permettant de conserver son intimité. Le jeune homme relève ses lunettes avec agacements en débandant la plaie.
« Ça cicatrise mal. Sa gueule était pleine de saloperies qui infectent la blessure. J'ai fait de nouveaux anti-bios, je vais faire un échange. » Morphée se contente d'hocher distraitement la tête en réponse. Il soigne la plaie avec douceur tout en vérifiant sa température et en lui prélevant un peu de sang. « J'ai besoin de faire des analyses au cas où. » Elle sent qu'il est plus tendu que d'ordinaire ne se permettant pas de tenir des propos moqueurs comme à son habitude.
« Il y a un problème ? »
« Si tu veux mon avis, il y a beaucoup trop de blessures similaires à la tienne en ce moment. Je ne sais pas trop ce que ça laisse présager pour l'avenir mais je crains que ça ne soit rien de bon. » Morphée préfère ne pas insister, sentant par avance qu'elle ne va pas apprécier les informations qu'il va lui donner concernant le monde extérieur. Elle a conscience que pratiquer la politique de l'autruche n'est pas la solution mais elle a d'autres priorités pour le moment. Elle a d'autres sujets de préoccupation comme la rentabilité de la pension avec deux employées. Si elle échoue, elle se retrouvera rapidement dehors et elle aura tout le temps de découvrir ce qu'il s'y passe.
« Je reviens demain à la même heure. »
« Bien Doc. »
« Ne force pas dessus où je devrais faire un rapport qui atterrira sur le bureau de Ludwig. » Morphée se contente de grogner en réponse tout en se rhabillant. Elle le conduit à la demie porte d'entrée avant de rejoindre ses employées qui s'affairent à l'étage.
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Vers 17h tout le ménage est fait et Bonnie s'est réfugiée dans la chambre. Clyde et Morphée sont au comptoir pour discuter des nouveaux aménagements prévus.
« Le plus urgent, c'est la porte d'entrée. Ensuite, personnellement, je pense que c'est la cour intérieure et ça demandera plus de réaliser un ménage approfondi qu'un réel investissement et enfin la cuisine. Demain, tu pourras… »
« Morphée, tes comptes. » La jeune femme lève la tête surprise de voir Alice devant elle. Obnubilée par sa conversation avec Clyde, elle ne l'a pas entendue entrer.
« Bonjour Alice. Voici les résultats d'hier. » Elle tend un livre à la jeune femme qui le regarde avec un air dédaigneux.
« C'est pas mal. Je le prends pour rentrer les informations. J'espère qu'il n'y aura pas de données falsifiées. » Morphée ne dit rien. Elle ne l'a jamais fait et se sent donc peu touchée par la remarque déplacée de sa supérieure. Alice semble réaliser la présence de Clyde et affiche un air suspicieux.
« C'est qui ça. »
« Clyde mon employée. »
« Ton employée ? » Morphée lui montre son bras blessé en réponse.
« Oui, avec mon bras en écharpe, je n'ai pas trop le choix. Elles vont m'aider à tenir la pension. »
« Vont ? Il y en a combien ? »
« Deux. » Morphée sent son stress augmenter en réalisant que Ludwig n'a pas fait les démarches nécessaires. Elle sent que la confrontation ne va pas être une promenade de santé.
« Deux ? Non mais franchement, tu crois avoir les moyens d'avoir deux employés ? J'ai un droit de regard à l'embauche et je n'ai certainement pas validé ces personnes. » Morphée tente de trouver une parade espérant se débarrasser rapidement d'elle.
« Je suis désolée, ces points n'étaient pas abordés dans le classeur. J'ai fait au mieux.» Elle maudit intérieurement Ludwig qui aurait dû préparer le terrain.
« Et me poser directement la question, ça ne te viens même pas à l'esprit ? Je suis juste un classeur où tu ranges tes feuilles de présence pour toi ?» Pour être exacte, Morphée a plus d'estime pour le classeur mais elle a dans l'idée que ça risque de rendre furieuse Alice si elle dit le fond de ses pensées.
« Vous êtes tellement occupée ces derniers temps que je m'en serais voulu de vous déranger avec quelque chose de futile qui ne méritait pas votre attention. » Alice cherche pendant quelques instants une réponse qui pourrait contrer la jeune femme mais sans succès.
« Si tu coules, c'est ton problème, il n'y a d'exception pour personne. Pour demain je veux une fiche complète pour chacune de tes … employées. » Alice tourne les talons et sort en claquant la demie porte qui se rouvre dans un grincement. Morphée soupire avant de se tourner vers Clyde.
« Si vous pouviez me préparer ça pour demain, ça m'arrangerait. »
« Oui, je pense que ça vaut mieux. Elle a l'air de vous adorer, c'est qui ? »
« Celle qui gère les pensions et qui a refusé à Ludwig d'en ouvrir une nouvelle pour vous donner un emploi. »
« Elles ont l'air super les conditions de travail, ici. Je sens que ça va être génial. »
« Au moins, je sais où je vais dormir et si je vais manger ce soir. Ça a son charme. » Sa réflexion efface le sourire moqueur de la rouquine. Des bruits de pas attirent leurs attentions. Elles regardent Bonnie qui entre dans la pièce avec des gestes hésitants.
« Clyde ? » La jeune femme rousse descend de son tabouret pour s'approcher de la jeune femme.
« C'est rien Bonnie, on ne devrait pas avoir affaire à elle. Ça devrait rester le privilège de Morphée. » La dernière réflexion est accompagnée d'une grimace moqueuse qui arrache un sourire à la jeune femme en question. Clyde relève les cheveux de Bonnie et la jeune femme est surprise de découvrir un visage longiligne assez fin et très jeune. Elle ne semble pas avoir plus d'une vingtaine d'année. Elle a des yeux violets qui rappellent à Morphée la couleur des lilas. Il émane de Bonnie une telle fragilité qu'elle comprend sans mal pourquoi Clyde la couve du regard. La tenancière de la pension suppose qu'elles entretiennent une sorte de relation mère-fille même si elle est prête à parier qu'il n'y a aucun lien de sang entre-elle. Quand Clyde attrape le pull de Bonnie pour l'attirer contre elle et l'embrasser sur les lèvres, Morphée comprend que leurs relations est d'un tout autre ordre. Elles échangent quelques mots à voix basse avant que Bonnie ne retourne dans la chambre et que Clyde rejoigne Morphée derrière le comptoir.
« Elle n'est pas rassurée quand les gens crient. » La jeune femme répond comme-ci de rien n'était.
« Pas de problème, je pense qu'on a toutes nos petits traumatismes. » Clyde sourit en réponse. « Bien et si nous reparlions du réaménagement. Il ne reste pas beaucoup de temps avant l'arrivée des mercenaires et je ne pense pas qu'une rencontre dès le premier jour soit une excellente idée. Que ce soit pour toi ou pour eux, l'expérience risque d'être désagréable. »
« C'est pas faux. » Clyde se penche à nouveau sur les plans dessinés par sa patronne et écoute avec attention les futures tâches qu'elle aura à accomplir.
Bonne journée et à bientôt.
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