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Ciel brisé
Author:
peneloo PM
Il y a les Anges originels, et puis il y a ceux qui sont choisis parmi les humains pour grossir les troupes. La jeune Alice découvre qu'elle a un rôle particulier à jouer dans tout ça le jour où un ange tombe devant sa porte... De l'aventure, de la romance avec un peu de yaoi, et même de l'historique.
Rated: Fiction T - French - Fantasy/Romance - Chapters: 11 - Words: 20,206 - Reviews: 1 - Follows: 1 - Updated: 05-09-13 - Published: 06-06-12 - id: 3029788
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Note : Voilà voilà j'ai décidé de poster cette histoire pour la confronter à l'avis de ceux qu'elle peut intéresser et surtout voir si elle peut plaire à quelqu'un. Elle est déjà bien avancée, mais pas terminée.

Je poste directement le chapitre suivant pour que vous ayez déjà une meilleure idée de l'intrigue, qui met un certain temps à se dévoiler.

Avertissement : Contiendra du yaoi plus tard. Aussi, je tiens à préciser que les anges ne sont pour moi qu'une mythologie, un élément de fantasy, et j'ai donc pris des libertés. Je ne suis pas croyante, mais je suis fascinée par l'imaginaire chrétien et par la mythologie en général.


Ciel Brisé

Prologue

Je croyais apprendre à vivre, j'apprenais à mourir.

Léonard de Vinci

Blanc. Toujours, il n'y avait rien d'autre. Couleurs, repères, lieux, temps : aucun. Et personne. Personne pour lui expliquer, personne ici comme elle.

Qu'était-elle ? Elle voyait, c'était tout. Mais il n'y avait rien à voir, seulement la lumière, partout. Pas de chemin comment était-elle arrivée là ? Elle aurait pu compter, mesurer le temps qu'elle avait passé ici, pour avoir un repère. Mais elle n'y parvenait pas comment faire ? Elle avait oublié.

Puis une présence. Rien de visible, mais une sensation. Qu'était-ce ? Elle était perdue, mais pas de peur. Une douce chaleur. Rassurante, mais pas de réponse à ses questions. Une question, un choix. Elle eut ce choix, un moment. Mais elle n'eut pas le temps de le faire. La liberté lui était retirée.

Puis la fin. Ce n'était qu'un rêve…

ooo

Blanc. Un plafond blanc.

La jeune fille papillonna des paupières. Elle se sentait lourde, très lourde. Fatiguée. « Me rendormir… » pensa-t-elle vaguement en se retournant dans son lit. Sa tête était posée sur un oreiller des plus moelleux, et son large matelas était tout ce qu'il y avait de plus confortable.

Alice rouvrit brusquement les yeux, se tournant de nouveau vers le plafond. Ce plafond dénué de toute décoration, ce grand lit, cet oreiller et cette éclatante luminosité… Elle n'était définitivement pas dans sa chambre. La jeune fille se redressa et regarda autour d'elle.

Elle se trouvait dans une grande chambre très ensoleillée aux murs et au plafond blancs comme neige. Tout y était blanc, à vrai dire, et si le lit dans lequel elle était allongée n'avait pas été un grand lit à baldaquin digne d'une princesse de conte de fées, elle aurait cru être dans un hôpital.

Elle se rendit compte à sa grande stupéfaction que le sol de la chambre était recouvert d'une sorte de brouillard fluide. Elle se pencha pour y passer la main. C'était bien de la vapeur d'eau.

La jeune fille décida de se lever pour découvrir la suite de son rêve. « Un rêve qui a l'air très réel… » pensa-t-elle avec appréhension.

En ouvrant la porte de la chambre, elle tomba nez à nez avec ce qui ressemblait à une infirmière.

- Oh ! Vous vous êtes réveillée ! Bien dormi ? s'exclama celle-ci d'un ton enjoué.

C'était une jeune femme assez jolie – quoiqu'Alice lui trouvât un air naïf – qui portait un tablier blanc au-dessus d'une robe blanche.

- Sommes-nous à l'hôpital ? demanda Alice avec suspicion.

Elle vit le sourire s'étioler légèrement sur le visage juvénile, puis la jeune femme sourit de plus belle. Mais ce nouveau sourire n'avait plus rien de spontané.

- Oui… et non. Pauvre petite, sembla-t-elle se dire à elle-même. Nous sommes au Temple… Vous souvenez-vous de votre mort ?

ooo

Alice eut beaucoup de mal à s'en remettre.

En voyant cette voiture s'approcher à toute vitesse d'elle, elle avait eu peur, très peur. Il est vrai que pendant ces quelques secondes, elle avait pensé, elle aussi, à toute vitesse. Elle avait pensé qu'elle allait mourir. Elle avait pensé que ça allait faire mal, ce choc avec ce véhicule.

Puis le noir. Puis le blanc. Elle s'était réveillée ici, dans cette salle blanche. Dans les nuages – c'était ce qu'elle avait pu constater en jetant un œil par la fenêtre, après s'être demandé si ce n'était pas simplement une plaisanterie. Il n'y avait pas de toute : ces étendues blanches et immatérielles qui ne s'arrêtaient que là où commençait le bleu du ciel ne pouvaient se trouver sur la surface de la terre.

Comment sa vie avait-elle pu s'achever aussi vite ? Et aussi bêtement ? Alice ne pensait pas, avant, qu'il y avait une vie après.

Voyant la jeune fille en état de choc, l'infirmière l'avait laissée seule. Alice l'en remercia intérieurement.

Beaucoup de questions se bousculaient à nouveau dans sa tête. Tout d'abord, pourquoi avait-elle ce sentiment étrange ? C'était comme si elle flottait. C'était donc cela, être morte ? Etre…être quoi au juste ? Un…un ange ?

« Alors comme ça, je suis morte, » pensa-t-elle à nouveau. Pourtant, elle pouvait bien sentir son cœur battre la chamade à cette pensée.

Elle avait entendu dire qu'au moment de notre mort, on voyait sa vie défiler devant ses yeux. Cela n'avait pas été son cas – la peur l'avait empêchée de penser clairement. Mais maintenant, cette idée lui fit songer à ce qu'avait été sa vie.

Seize ans. Plus précisément, seize ans, trois mois et cinq jours, calcula-t-elle. Dont sept années d'enfance étaient pratiquement oubliées.

Cela lui laissait le serre-tête bleu de Clémentine, sa meilleure amie en primaire. Son préféré, qu'elle lui avait prêté une fois et qu'elle avait eu la maladresse de perdre…

- J'te cause plus ! avait-elle entendu pour la énième fois – qui n'était certainement pas la dernière.

Ses premiers gribouillages sur ses cahiers d'écolière. Des animaux, des princesses et des maisons arc-en-ciel…

Les vacances à la neige avec ses parents, du temps où elle pouvait encore parler de vie de famille, où elle avait découvert qu'elle n'était définitivement pas faite pour le ski. L'éclat du rire de son cousin, qui avait fait de son mieux pour lui apprendre…

- Désolé ! On fait de la luge quand j'aurai fini cette piste, si tu veux.

Les cours de flûte, qui avaient suivi les cours de danse et ceux de natation, jusqu'à ce qu'elle s'arrête aux cours de dessin…

Son « premier amour », qui s'était finalement avéré être un idiot fini…

Je ne pouvais pas choisir entre vous deux, mais si tu restes avec moi, je te promets que tu seras la seule ! avait-il osé lui sortir après que sa « rivale » ait décampé.

Son voyage en France en année de cinquième, où elle avait pu visiter le Louvres, le souhait qu'elle avait stupidement fait en voyant une coccinelle se réalisant…

Sa rencontre avec Cléa, celle qui avait été la plus à même de la comprendre – bien qu'elle en soit encore assez loin – au lycée…

- Tu sais, moi aussi j'aime bien rester à l'écart… On pourra rester à l'écart ensemble si tu veux !

Et enfin, l'irruption de Jack puis de Mickel dans sa vie. Un évènement qui surpassait de loin tous les autres, et qui lui laissait espérer que peut-être la suite serait plus intéressante. Car en y réfléchissant, elle se rendit compte que sa vie n'avait eu pour ainsi dire aucun intérêt. Elle n'était ni malheureuse, ni heureuse, et elle avait toujours eu ce sentiment que peut-être quelque chose d'autre l'attendait ailleurs. Mais elle n'aurait jamais cru que cet ailleurs serait l'au-delà…

Ces quelques derniers jours lui avaient enfin donné l'impression d'exister en la rattachant à un ailleurs. Elle réalisa qu'elle avait su dès lors au plus profond d'elle-même que c'était là qu'était sa place, et c'est pour cela qu'elle avait tenté de se raccrocher le plus possible à ses nouveaux amis. Était-elle comme eux à présent ?

Ne se sentant momentanément plus la force d'ouvrir la porte de sa chambre et encore moins de la franchir pour découvrir ce qui se trouvait au-delà de ces quatre murs, elle se remémora les derniers mois, mois qui avaient été les plus palpitants de sa courte vie…

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