
Tommy n'est qu'un enfant comme les autres. Pourtant, lorsqu'un être lui souffle quelque chose à l'oreille, tout peut changer…
Rated: Fiction K+ - French - Words: 1,125 - Reviews: 2 - Favs: 2 - Published: 07-09-12 - id: 3040249
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Bonjour ! Cette petite nouvelle m'est venue à l'esprit ce soir, pendant le dîner.
À l'origine, c'était une rédaction que j'ai faite en cinquième ou quatrième au cours d'anglais, sur les solutions qu'on pourrait envisager pour encourager l'entraide urbaine dans les ghettos de New York… ou une autre ville des États-Unis ? J'ai oublié, ça remonte à plus de cinq ans !
Néanmoins, ce texte ci-dessous est différent, j'ai changé pas mal de choses, supprimé certaines et mis d'autres différentes.
Je viens de finir de l'écrire, j'espère que vous apprécierez. J'apprécie toute critique, pourvu qu'elle soit constructive !
Un simple geste…
Tommy avait mal, il transpirait.
Son seau en métal pesait lourd au bout de son petit bras d'enfant de huit ans. Jamais il n'aurait cru que de la peinture liquide pourrait peser aussi lourd. Sans parler des grands pinceaux qu'il tenait dans son autre main.
Lorsqu'il marchait trop vite, le seau tanguait et le bord du couvercle crénelé lui rentrait dans les côtes, mais peu lui importait.
Ce qu'il s'apprêtait à faire importait plus que tout, il pouvait presque entendre une petite voix lui chuchoter à l'oreille que ça en valait la peine, qu'il n'aurait pas à le regretter !
Aussi, ce fut d'un pas déterminé qu'il traversa le boulevard pour tourner face à la ruelle.
Il s'arrêta lorsqu'il vit que trois adolescents de la zone plus âgés que lui se tenaient près de l'entrée. Ils discutaient entre eux, mais ils n'avaient guère l'air commode.
Tommy se souvenait qu'ils avaient embêté Sarah, l'une de ses camarades de classe. Ils lui avaient pris son portable et avaient ri en la regardant sautiller pour essayer de le reprendre. Lorsqu'elle y était parvenue, elle n'avait pas attendu qu'ils réagissent et avait fui à travers la rue. Ils l'avaient poursuivie. Tommy ne connaissait pas la suite, il l'avait perdue de vue alors qu'elle disparaissait dans la foule, toujours poursuivie. Après ça, elle n'était pas revenue à l'école pendant deux jours. Et lorsqu'elle était finalement arrivée le troisième jour, elle avait arboré un hématome sous l'œil gauche.
Tommy serra plus fort le manche de son seau et ses pinceaux, comme un chevalier s'assurant qu'il avait bien son bouclier et ses épées avant de partir affronter trois trolls.
Puis il se posta face au début du mur gauche de la ruelle. Il entendit nettement les trois garçons interrompre leur discussion et se demander à quoi il jouait.
Les ignorant, Tommy ouvrit son seau, plongea un pinceau dedans puis se mit à peindre le mur couvert de graffitis.
– Eh, mec ! À quoi tu joues ?
– T'en as pour toute la semaine, laisse tomber !
– Ouais, regarde-toi. T'as l'air minable !
Tommy déglutit, mais continua de peindre. En effet, la ruelle était longue, et les deux murs avaient besoin d'être repeints. Mais maintenant qu'il avait commencé, il ne voulait pas s'arrêter. Ce serait leur donner raison.
Il faillit pourtant craquer quand il entendit les trois garçons rire. Mais il aperçut soudain Sarah, qui passait devant l'ouverture de la ruelle avec une de ses amies.
En l'apercevant, elle regarda ce qu'il faisait puis sourit. Elle se dirigea vers Tommy puis se pencha pour prendre un des pinceaux libres et le plongea dans le pot avant de se mettre à peindre à côté de lui. Sa jeune camarade l'imita, sous le regard surpris des trois voyous.
La mère de Sarah ne tarda pas à apparaître, se demandant où était passée sa fille. En voyant les trois enfants occupés à peindre, elle sourit puis se joignit à eux.
La voisine avec laquelle elle discutait avant d'accourir ne tarda pas à venir et, en les voyant faire, poussa un soupir puis fit demi-tour.
Elle réapparut six minutes plus tard avec son mari et sa sœur, tous deux armés d'une échelle et d'un autre pot de peinture blanche.
Cinq minutes après, une bande d'étudiants passant devant la ruelle découvrirent leur petit manège. Tous se concertèrent du regard, puis se dirigèrent vers eux en commençant à déballer leurs affaires. Une chance, certains étudiaient l'art et avaient des pinceaux, de la couleur et même des bombes pour accélérer le travail et peaufiner les endroits où les enfants avaient déjà peint.
Un clochard assis à quelques mètres de l'entrée de la ruelle avait vu tous ces gens et ces enfants entrer dans la ruelle, mais ne pas en ressortir.
Poussé par la curiosité, il se leva et alla voir. En les voyant faire, il se joignit à eux. Il prit un pinceau et se mit à peindre avec les autres.
Les trois adolescents qui s'étaient moqué du petit garçon regardaient les gens continuer d'affluer, tous désireux de participer à l'embellissement de cette ruelle.
L'un des trois jeunes finit par hausser les épaules et se dirigea vers l'endroit où reposaient les derniers pinceaux libres, puis il se mit à peindre avec tous les autres.
Ses deux camarades secouèrent la tête, puis se joignirent à eux.
Près de l'entrée de la ruelle, Tommy et Sarah échangèrent un sourire heureux.
Loin au-dessus de la ruelle, de minuscules êtres avaient assisté à la scène avec un bonheur grandissant, à mesure que le nombre d'humains augmentait.
Leur corps était humain, mais doté de petites ailes dans le dos, qui battait aussi vite que celles d'une libellule. Leurs cheveux d'argent flottaient doucement autour d'eux, rayonnants comme de petites étoiles.
Ils avaient réussi ! Quelques encouragements et une pincée d'espoir mêlée à l'innocence d'un enfant avait suffi à créer un peu de lumière et de beauté dans ce petit coin de la ville.
Ils ignoraient si tous leurs frères et sœurs partout dans le monde avaient réussi le même genre d'entreprise. Certains avaient peut-être échoué, cela arrivait parfois, mais qu'importe ! Ils continuaient, encore et encore, tous parcourant le monde et insufflant des encouragements aux humains, leur prodiguant le courage de croire en leurs rêves pour créer un monde meilleur.
Il suffisait parfois d'un simple geste pour changer le monde. Car c'était bien cela qui façonnait le monde : les pensées des gens. Et eux étaient là pour les soutenir, les aider à concrétiser ces pensées.
Heureux, ils s'envolèrent vers les nuages. Bientôt, la nuit tomberait. Leur mère-lune serait heureuse d'entendre leur récit.
Et demain, ils recommenceraient.
Et cela jusqu'à ce que le monde entier soit recouvert de leur lumière.
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