
La femme - car la mère en morte en voyant son enfant suspendu au plafond.
Rated: Fiction T - French - Angst - Words: 807 - Published: 07-19-12 - Status: Complete - id: 3043308
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Voilà, voilà. Histoire sur la perte d'un enfant qui, étrangement, ne fini pas si mal..
Inspiré de la chanson "Le funeste collier" de Lynda Lemay. Je vous conseille cependant de lire cette fic avec la chanson "Danse mon Esmeralda" de la comédie musicale "Notre Dame de Paris." Merci à Luna pour sa correction! :3
La femme est assise sur une chaise.
Ses yeux sont vides. La vie semble avoir quitté les traits tirés de son visage fatigué.
Elle doit avoir trente, peut-être quarante ans. Ses cheveux sont emmêlés et sales. Ils tombent devant sa pâle figure.
La femme est assise sur une chaise, dans ce qui semble être une chambre d'adolescent. Des posters sont accrochés aux murs – héros de jeux vidéos, chanteurs à la mode ou acteurs quelconque.
La tête baissée, elle regarde la moquette, usée par endroit. Une moquette bleue – il adorait cette couleur.
Il aimait lire – alors elle lui avait acheté une petite bibliothèque qu'il avait rapidement remplie de livres en tous genres. Des recueils de poèmes signés Verlaine aux vieux ouvrages de science fiction, souvent trouvés dans des vides greniers.
Les volets de la chambre sont fermés, ne laissant pas le moindre rayon de soleil éclairer la pièce.
La femme, dans un moment de lucidité qui ne dure que quelques secondes, se demande comment elle peut supporter cette odeur pestilentielle de mort.
Mais le moment de lucidité se termine. Ses lèvres s'étirent en un rictus malsain.
Il ne reste que la femme, la mère est morte quand elle a trouvé le cadavre de son enfant pendu.
Son enfant – ce pauvre garçon d'à peine seize ans. Qu'est-ce qu'on a vécu, à seize ans ? Qu'est-ce qu'on a accompli, à seize ans ? Qu'est-ce qu'on a fait, à seize ans ? Est-ce qu'on a des raisons de se suicider, à seize ans ?
La femme y pense, elle y pense depuis presque deux jours. Ou trois, quatre – des semaines, peut-être. Des mois ou des années. Mais qu'importe. Parce qu'il n'est plus.
Prise d'un élan d'émotion, elle se précipite sur le corps encore suspendu au plafond. Elle enserre la taille de ce fils partit dans un autre monde. Meilleur ? Elle l'ignore. Les larmes perlent enfin sur son visage – est-ce qu'elle avait pleuré, en voyant cet enfant au teint trop pâle ? Avait-elle pleuré, en sentant sa peau froide sous ses doigts ?
Non. Elle n'avait pas pleuré – pas versé une larme.
Ses sanglots résonnent dans la pièce. La mère – car elle le sera toujours au fond – se libère, dit adieu à son enfant, d'une certaine manière.
Un sourire doux, triste – mélancolique peut-être – se dessine sur ses lèvres. Mais dans sa tête, elle se dit encore que ce n'est pas juste, et qu'un fils ne devrait pas partir avant sa chère maman. Elle lâche le corps du bébé qu'elle avait porté neuf longs mois avant de s'avancer en titubant vers la fenêtre qu'elle ouvre en grand. Il pleut dehors. Elle pleure encore – et pourtant, elle éclate d'un grand rire.
Parce que son cher petit disait souvent qu'il aimait la pluie.
Elle va finir par appeler des gens. Le pauvre fils sera enterré, et elle viendra le voir tous les jours, puis toutes les semaines.
Elle déménagera, aussi – mais ce ne sera que quelques années plus tard. Le temps passera encore et elle trouvera un homme. Une personne qui l'épaulera – un mari, mais il faudra encore attendre. Et, après avoir patienté encore quelques années, son ventre s'arrondira de nouveau, abritant un nouvel être.
Elle pleurera souvent face à ce nourrisson, elle regretta plusieurs fois de l'avoir gardé. Elle craquera plusieurs fois dans les bras de nouvelles amies.
Mais elle tiendra bon, et l'enfant grandira bien. Il quittera la maison, un jour. Il pensera souvent à ce garçon dont la photo repose à côté de la sienne, sur la table de nuit de sa mère. Elle ne lui expliquera que bien plus tard, quand elle sera vieille et ridée.
Elle quittera ce monde, alors, après avoir vu sa petite fille de quelques heures à peine. Elle quittera ce monde, le sourire aux lèvres, les larmes coulant sur ses joues. Elle songera à celui de ce premier enfant, et non plus à son cadavre suspendu au plafond. Elle serrera fort la main de l'adulte redevenu enfant qui sanglotera à ses côtés.
Ses yeux se fermeront, pour toujours cette fois-ci. Et, au loin, la femme, la mère, verra une silhouette bien familière.
Mais ce ne sera que bien des années plus tard. Pour l'instant, elle a trente ou quarante ans, et elle sort de sa maison pour pleurer et rire sous la pluie torrentielle.
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