
Dans les contes, quand le chevalier blanc s'avance contre le démon cracheur de feu, il est toujours vainqueur.
Rated: Fiction K+ - French - Poetry/Drama - Words: 304 - Published: 08-05-12 - Status: Complete - id: 3047857
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La mort d'un nuage
Près du lac bleu verre je m'étais installée,
Assise sur un banc de bois peint, argenté
Sous la rosée de l'aube et le gel de la nuit.
Je regardais les feuilles chuter sur la sente,
Gaie mais pensive, lorsque retentit un sourd bruit.
Alors, dans un plissement de l'eau transparente,
Se montra à ma vue l'oiseau majestueux.
Grande brume blanche aux nuages froissés,
Les ailes déployées comme pour s'envoler,
Il courba la tête, me dévoilant ses yeux.
Jadis sans doute brillants, pleins de vie, de défi
Et de force, d'une brillante couleur cuivre,
Ils semblaient à présent ne plus vouloir vivre.
Ses prunelles étaient pâles, humides, ternies,
Comme éclipsées par le voile de l'Innommable.
Et je vis, stupéfaite, choir sur le sable
De la berge une perle, tombée de son œil.
Il nagea jusqu'à moi, et fit voler les feuilles
En créant de ses ailes un vaste courant d'air
Il les étendit, puis, étirant son long cou,
Ouvrit son bec orange et lança un son clair.
C'est alors que je vis le funeste bijou
De rubis vermillon qui ornait sa poitrine.
Un oiseau disgracieux, armé d'un bec d'acier
Sans vergogne ni pitié l'avait attaqué,
Sa lame meurtrière lui brisant l'échine.
Le cruel volatile, assassin de surcroît
Avait de ce seigneur percé le cœur battant.
Le nuage avait fui, et se montrait à moi,
Des larmes dans les yeux, pensant à ses enfants
Qui jamais leur père ne verront revenir.
Alors il clôt ses yeux, doucement se coucha,
Et lentement exhala son dernier soupir.
Du cygne ou du chasseur l'Homme cruel gagna.
Et je me mis à pleurer, pendant le matin,
Pendant la journée claire et la veillée carmin,
Pendant la nuit bleutée et l'aube rayonnante,
Alors que les feuillages tombaient sur la sente.
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