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Marron Confiance
Author:
Alexanee PM
Quand on perd quatre ans pour aider son frère.
Rated: Fiction K+ - French - Humor - Words: 1,677 - Reviews: 6 - Favs: 1 - Published: 08-05-12 - id: 3047874
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Cet OS a été rédigé dans le cadre de la vingt-huitième nuit du FoF, pour le thème «Victoire» à traitez en une heure (cet OS a été écrit tard, soyez indulgentes je vous en prie !).

Si vous désirez plus d'informations sur les nuits ou si vous voulez nous rejoindre, envoyez moi un PM !

Enjoy !

Ce report me casse les pieds. En plus je sais très bien que ma prof d'anglais va me le rendre dans cinquante ans ...je ne vois même pas pourquoi je m'emmerde à bosser.

Ah oui.

Je passe le bac à la fin de l'année.

Ça m'était sorti de l'esprit ...

Je me concentre une fois pour toutes, quand je suis interrompue par la sonette.

Heu, il est neuf heures du soir. Je n'attend personne. Je suis en survèt avec le vieux t-shirt Harvard de ma soeur. (Pour le cas où vous vous demanderiez, elle a passé un an à Harvard, avant de tout plaquer pour revenir en France et me voler mes potes.)

Je vais ouvrir.

- Antoine ? Mais qu'est-ce que tu fous ici ?

- Léa, me fait-il d'une voix plaintive. Je crois que je viens de fuguer.

Attendez que je me concentre ...

- Tu, quoi ?

Il me lance un regard qui veut clairement dire "t'es conne ou t'es sourde ?".

- Je peux entrer ? demande-t-il.

Heu ouaip.

- Je t'en prie, dis-je en le laissant passer avec un sourire contrit.

Mais enfin ! Je pourrais être en train de me taper un inconnu, de me danser sur Tryo à poil ou de prendre un bain !

Au lieu de ça, je porte un survèt et un vieux sweatshirt gris. Mais j'ai une excuse : c'est dimanche soir.

Et le dimanche soir, c'est toujours LE moment lose de la semaine. On sort pas, on bosse pas, et personne répond aux textos. En général je finis mon week-end affalée sur mon canapé, avec une merde à la télé et une bonne clope.

Antoine se laisse tomber sur mon canapé et jette son sac à ses pieds. Te gène pas, chéri.

Ah, je me souviens de mes quinze ans. J'avais l'impression d'être une ouf parce que je chopais des mecs bourrés en soirées.

Mais vous direz ce que vous voudrez, c'est le bon temps quand même.

Je vais à la cuisine préparer une tisane lorsque j'entends le ting de la bouilloire. L'odeur de verveine me détend instantanément et j'apporte sur un platau mon paquet de Malboro, deux tasses rases de tisane à la verveine-menthe, et des speculos.

C'est Aude qui rammène des speculos de Belgique à chaque fois qu'elle va passer ses vacances là-bas. Et à chaque fois, je la bénie.

- Tisane ? je demande avec un hochement du menton.

- Merci.

- Speculos ?

- Merci.

- Clope ?

Il me regarde avec un sourire amusé.

- Merci, Léa.

Comment, je suis une soeur irrésponsable et malsaine ? Ce n'est pas moi qui lui ai appris !

Je sautille jusqu'à mes enceintes Zadig (non, pas Zadig et Voltaire, Zadig tout-cout, à ce que je sache Z&V ne font pas encore d'enceintes) que mes parents m'ont offert pour mes dix huit ans et appuie sur play.

Je ne me souviens même plus du CD qu'il y a dedans.

Alors que Assassin's Tango, tiré du film Mr and Mrs Smith retentit dans mon salon, je retourne m'asseoir en tailleur sur le canapé.

Je m'allume une clope, bouffe trois speculos et avale une gorgée de tisane.

- Alors ...raconte.

xx

xxxx

Pour faire l'histoire courte, Antoine s'est fighté avec maman, papa ne l'a pas défendu.

J'essaye de me replonger dans l'atmosphère de mes quinze ans ou la moindre dispute est vécue comme une crise existentielle.

Hm, nan je peux pas.

- Je peux dormir chez toi ?

Heu.

Bon sang, je sens que je vais le regretter ...

- Prends la chambre du fond. Je vais te chercher une serviette de toilette.

Ouuuh je suis trop sympa, comme soeur.

Je n'ai jamais été très proche de mon petit frère. Toute mon enfance, je l'ai passé avec ma grande soeur, qui a seulement quatorze mois de plus, à jouer à la barbie et à la maitresse. Pendant que bébé Antoine (qui avait 4 ans de moins la majeure partie de l'année) jouait au Action men ou aux cartes Pokémon.

Je ne sais même pas pourquoi il est venu me voir moi plutôt que Nina.

Je reporte mon attention sur lui alors qu'il enregistre ce que je viens de lui dire.

Et il me saute dans les bras.

- Merci Léa ! Tu me sauves la vie !

Je déteste les calins avec une clope à moins de 20cm, j'ai toujours peur qu'elle finisse par faire un rond sur ma peau, comme sur l'épaule de Nina.

- Gaaah, fais gaffe à ta clope. Allez, fini ta tisane. Tu as diné ?

- Ouais, je me suis acheté un truc chez Macdo tout à l'heure.

Alors que je vais chercher sa serviette de toilette dans le graaaand placard du couloir, un truc me traverse l'esprit.

- Tu préviens quand papa et maman ? Je ne veux pas voir la police arriver ici.

- Demain ? propose-t-il.

- Ok.

Je vais prendre ma douche, et réfléchis. Quand j'étais gamine, mes parents me saoulaient (ma mère) mais pas plus que ça. Pas assez pour que je fugue, s'entend. Et vu qu'Antoine est le chouchou de la famille, ça m'etonnerais qu'il fugue juste après une simple engueulade avec maman.

Lorsque je sors de la baignoire, peignoir serré et serviette de toilette sur le crâne, je m'adresse à mon frère, assis sur mon canapé avec son Blackberry.

Il a l'air très, très en colère.

- Dis, y a pas un autre problème ?

Son regard rencontre le mien et ses traits s'affaissent. Là, il a juste l'air très, très malheureux.

- Roooh, Antoine ...

Je me précipite vers lui pour le consoler.

Inutile de preciser que je déteste consoler les gens. Je déteste pleurer, et je déteste voir les gens pleurer.

Mais c'est mon frère.

Et je resors à chaque fois avec le coeur gros et l'envie de me baffer.

Antoine ne pleure pas, mais ses yeux deviennent humides et sa voix se brise un peu.

- J'ai vraiment une vide de merde, commence-t-il a déblaterer, Constance et moi on s'est disputés, Basile et Paul me parlent plus, maman vient de me priver de sortie et de tel pendant deux mois parce que je me suis pris un averto de comportement, comme si ça suffisait pas, tiens, et puis j'ai depensé tout mon fric pour un cadeau, la tu sais, ces conneries de Saint Valentin.

J'ai l'impression de regarder une série pourrie et mal doublée sur M6.

- Bon. Pour maman, tu t'en fous, passe lui ton tel deux jours, puis récupere-le dans ses chemisiers, c'est là qu'elle cachait le mien.

Il se tourne vers moi avec un sourire.

- Va prendre ta douche et couche-toi, quant au reste, on vera demain, d'accord ?

Héhéhé. Je sens une idée diaboliquement diabolique me traverser l'esprit.

Il hoche la tête avec un air bizarre, et entre dans ma salle de bain.

Demain je rentre à 10h30, et je vais en profiter pour faire une bonne action.

Ou non. Mais, le resultat est le même.

Je m'endors vite, après avoir filé à mon petit frère des draps et un t-shirt trop large qu'un plan cul avait laissé.

Le lendemain, Antoine me réveille avec Sale pute d'Orelsan à fond, et je me rappelle que hais les ados.

- Léaaaaa ! Tu m'ammènes à l'école ?

Il est 7h11 et j'ai déjà mal au crâne.

- Ok, mais laisse moi un peu de temps.

xxxx

xx

- Bon, je dis quand on est a 50m de son lycée. Tiens moi la main maintenant.

Il m'attrape les doigts avec des points d'interrogation dans les yeux et on recommence à discuter de choses annodines.

- Fais moi signe quand tu la vois, je glisse entre deux phrases.

Il m'adresse un hochement de menton. Il commence à comprendre.

Ce matin, après une douche rapide, (encore, je sais, mais j'adore prendre des douches) je me suis souvenue de comment s'habillait Capucine Bourguoin, la grosse fraish de seconde de mon lycée, avant d'adopter un look similaire (Uggs, legging noir, t-shirt indien et long pull en cachemire).

Comme je suis petite, je passe facilemement, même très facilement, pour une seconde.

Vous voyez ou je veux en venir ?

- Par contre, je rajoute avec un doigt en l'air, je ne t'embrasse pas.

Il rit, avant de designer une fille brune du menton.

- C'est elle.

En effet, elle est toute mimi. D'ici, elle a des yeux clairs et des boucles brunes mi-longues, un slim olive et un tshirt en soie anis, assortie de botines à talons hauts.

Et elle a bon goût en matiere vestimentaire.

Bravo mon frère, je pense avec un sourire.

Elle discute avec un mec en veste de cuir, qui a l'air de se prendre pour un gros beau gosse.

- C'est qui le mec ? je demande.

- Marc Andréas.

- Qu'est ce que c'est que ce prénom, je marmonne.

Je jette un coup d'oeil furtil à miss Constance, qui equarquille les yeux quand elle me voit avec Antoine.

- Bon, mon frère. Rend toi inaccessible, appelle maman ce soir et dit lui ta façon de penser, et tout rentrera dans l'ordre, dis-je en prenant un ton maternel mais en agissant comme si j'étais raide-dingue de lui.

- Merci Léa, répond-il en me faisant un calin.

Je vois Constance ouvrir la bouche de stupeur.

HA. Victoire.

Je lui fait un bisou sur la joue.

- Et si elle te demande, dis lui que je suis ta meilleure amie.

Il me fait coucou de la main alors qu'il se dirige vers la porte de l'etablissement.

Mmmh, moi je vais aller me recoucher avec un bonheur !

Cela dit, avant de dormir, j'en profite pour vous re-re-re-signaler que je suis une soeur absolument gé-niale.

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