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Bonnie and Clyde
Author:
Cheshire K PM
Je ne crois pas que l'amour soit une prière à un dieu d'affection et de fidélité. L'amour, le vrai, c'est celui qui fait mal, qui t'empêche de respirer, qui s'insinue en toi par tous les pores de ta peau. L'amour, c'est du masochisme. Après avoir vécu dans un monde aussi violent, ces principes se sont gravés au fond de mes os comme des fantômes hanteraient une bâtisse branlante.
Rated: Fiction K+ - French - Angst/Romance - Chapters: 12 - Words: 26,795 - Reviews: 41 - Favs: 4 - Follows: 3 - Updated: 03-23-13 - Published: 08-24-12 - id: 3053058
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Oyez oyez ! Oui, je commence une fiction sans finir celle déjà en cours. Comme si c'était la première fois... Disons que j'ai l'inspiration pour cette fiction, donc je vais faire attendre Psycho pour l'instant.

Concernant Bonnie and Clyde: Je préviens d'avance que cette fiction sera "découpée" en trois partie: la première, courte, sur le père de mon personnage principale et sur la petite enfance de ce dernier, la seconde sur sa pré-adolescence, la dernière sur l'adolescence. Ne soyez donc pas choqués que la fiction change de narrateur et de temps entre les parties.
Je préviens aussi d'avance que les chapitres risquent d'être assez courts, surtout ceux de la première partie. Celle-ci comptera maximum 4 chapitres.

Concernant les musiques: Vous remarquerez que chaque chapitre sera introduit par les paroles d'une chanson. Souvent, c'est cette chanson que j'ai écouté en boucle en écrivant le chapitre - parfois, ce seront juste des paroles qui retranscriraient bien l'esprit de ma fiction.

Quoi qu'il en soit, je vous conseille d'écouter la chanson que j'ai mis en titre du chapitre, ou d'écouter la chanson conseillée que je préciserai.

Comme d'habitude, je suis ouvert à toutes les critiques. Ne soyez pas découragés par les premiers chapitres qui ne tourneront pas directement autour de mon personnage principale mais qui, il me semble, étaient nécessaires. Trois chapitres sont déjà écrits.

Genre: angst, drame, dérision, adolescence, romance, sexe, sexualité et transexualité. Vous êtes prévenus. Si votre âme est déjà corrompue, vous pouvez continuer. Sinon... Venez quand même, j'ai des cookies.

Bonne lecture !

Bonnie and Clyde

BB Brunes - Nico teen love

« Nos deux éperviers, en plein vol d'été, se sont fait plumer, quel cauchemar
Et moi je voyais, des larmes couler, sur tes joues éclairées par les phares
Piégés, accroche toi poupée, passe moi le briquet et jamais plus ils ne pourront nous retrouver.

Je fume, je finis par croire, que comme cette cigarette noire, je te nuis ma beauté
Mais poumons cleans ou poumons noirs,
Qu'est-ce qu'on s'en fout puisque demain, c'est la fin de l'été.

Car nicotine ou corbillard peu m'importe demain on sera des voleurs envolés
Alors faisons des ronds et des Ronsard, de fumée blonde de fumée noire, et souris ma Bonnie,
Car jamais plus ils ne pourront nous retrouver. »

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Les étés brûlants et secs étaient une tradition dans cette ville. Chaque année lors de cette période, les oiseaux chantaient, les grillons grillaient et les vieux crevaient. Le tourisme était pauvre en cette saison: chacun se tenait à l'écart des longues routes dansant dans les oasis humides illusionnées par le soleil. La ville de Fourqueux ressemblait à un désert aride pour ces quelques mois de sècheresse.

Si cette ville attirait les curiosités, c'était bien au moins pour son nom: Fourqueux. Aucun habitant ne pouvait se vanter de n'avoir jamais entendre au moins une plaisanterie osée, grasse ou même dégueulasse sur ce seul mot: des "à Fourqueux on se fourre la queue" et autres "je vais fourrer ma queue là bas" étaient la monnaie courante à laquelle répondaient les gens par un grincement de dents poli.

Si quelqu'un détestait bien cette ville, c'était Raphaël. Il y avait vécu depuis sa plus petite enfance, celle où il croyait que la petite souris et le Père Noël existaient. Il avait fréquenté l'école primaire locale et avait commencé dès le collège à faire des trajets de près d'une demi-heure en bus pour pouvoir aller en cours, le privant d'un sommeil qui lui aurait peut-être évité d'avoir si envie de cracher à la gueule de ses camarades. Il n'avait jamais été bon élève, et n'avait jamais eu de véritables amis, sauf si on comptait les deux vicelards qui lui servaient de bouche-trou. Au moins étaient-ce les seuls qui avaient supporté son agressivité, comme Raphaël avait été le seul à supporter leur comportement d'obsédés sexuels.

Mais cette année avait été différente pour Raphaël. Sans s'attarder sur l'ouverture du tunnel sous la Manche ou sur la mort polémique du messie du grunge Kurt Cobain, Raphaël avait obtenu son bac en cette année 1994. Il avait fait ses voeux pour plusieurs universités pour qu'au moins une puisse l'accepter, et il allait enfin pouvoir quitter l'ambiance merdique qui régnait depuis l'infini sur Fourqueux.

Il attendait la réponse à ses demandes d'inscriptions pour pouvoir se pencher plus sérieusement sur un logement qui lui permettrait de fuir enfin cet endroit, et ne faisait que traîner chez ses parents en attendant. Il n'avait personne avec qui partager la réussite inattendue de ses examens, et encore moins quelqu'un avec qui il pourrait s'offrir un voyage. Alors il faisait comme tous les jeunes coincés à Fourqueux: il dormait le jour pour pouvoir sortir la nuit comme un vampire moderne en quête d'alcool fort plutôt que de sang.

Ce soir là, il enfila un jean délavé déjà démodé pour l'époque et un t-shirt blanc qu'il prit soin de rentrer sous la ceinture. En passant devant le miroir pour arranger un minimum ses cheveux gras, il se dit qu'il était quand même plutôt beau gosse. Comme un petit enfant bien élevé, il dit au revoir à sa mère et attrapa les clés de la voiture pour se rendre dans le centre ville qui sentait la profondeur de l'été.

Il se gara dans le parking désert d'une supérette et marcha à travers quelques rues pour rejoindre un bar dont l'enseigne lumineuse hurlait « La distillerie».

Lorsqu'il y entra, Raphaël renifla une puanteur de vieille bière chaude et d'humidité. Le sol crasseux et collant prenait une teinte rouge inquiétante à cause des néons, et un antique juke-box qui servait de décoration crachotait d'un air fatigué ses dernières années de vie ternies par la poussière. Raphaël traversa la salle en lançant un regard à une table entourée de jeunes à l'allure gothique, un verre de coca plutôt que de vodka entre les mains, puis il rejoignit le comptoir.

« Une bière pression. »

Le barman le servit sans bonjour ni au revoir, et Raphaël but à petites gorgées en regardant un clip d'Oasis qui défilait sur une vieille télé avec le son en décalé.

Il ne savait pas à quel verre il en était, ni quelle chanson résonnait dans la salle, quand il la vit entrer. Elle avait des cheveux blonds coiffés d'un bandana et des yeux clairs, qui lui donnaient un air irrésistible d'Axl Rose. Raphaël n'était pas particulièrement fan des Guns'n'Roses, et jamais il n'avouerait que leur chanteur était carrément bandant, mais malgré lui, c'est ce qui l'attira chez Emilie Musset.

Emilie Musset n'était pas une fille différente des autres. Elle aimait le rock, elle aimait la weed, et elle aimait ne pas s'attirer d'ennui. Jamais elle n'aurait traîné avec un garçon comme Raphaël Bekowsky si elle l'avait vraiment connu. Elle n'habitait pas à Fourqueux, et elle était simplement venue y passer quelques jours chez une amie d'enfance, en profitant pour fêter ses brillants résultats du bac.

Elle n'avait absolument pas remarqué Raphaël, accoudé au bar, et était partie s'installer avec son amie derrière le groupe de gothiques. Heureusement pour Raphaël, c'était elle qui était allée chercher les verres, et c'est à ce moment-là qu'il a pu engager la conversation.

Emilie l'invita à sa table et finit par le prendre pour un lourdaud pas si méchant. Après quelques verres offerts, il était même devenu charmant, et sans qu'elle s'en aperçoive, son ami l'avait laissé seule avec lui pour le reste de la soirée. Il avait pris pour excuse de la ramener pour qu'elle vienne jusque dans sa voiture, avant de lui glisser une main entre les cuisses et la langue entre les lèvres.

Elle avait été réticente au début. Emilie n'était pas une fille qui s'offrait comme ça, pour un coup d'un soir, au milieu d'un vieux parking glauque et entre des mains encore dégueulasses de la moiteur du boui-boui qu'elle appelait bar. Puis l'alcool, la fatigue et les vacances aidant, elle s'était laissée aller et ils avaient baisé entre deux sièges autos, éclairés par des réverbères clignotant.

Raphaël l'avait finalement ramenée à destination. Il lui avait donné son numéro de fixe sans penser une seconde qu'elle le rappellerait, et il était rentré chez lui, se masturbant une dernière fois avant de s'endormir avec l'image d'Axl Rose sous les paupières.

Un peu plus d'un mois plus tard, le téléphone sonna. Lorsque Raphaël décrocha, il ne se souvenait même plus de ce plan cul éphémère, ni de sa voix, ni de ses lèvres pareilles à celles d'Axl Rose où il aurait bien voulu se noyer. Pourtant, elle lui annonça quelque chose qui allait d'après lui détruire et réduire à néant tout le reste de sa vie.

Emilie était enceinte.

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