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Un soir d'automne
Author:
Izabel65 PM
Une jeune femme rentre chez elle le soir après son travail. Elle entend bientôt des bruits de pas derrière elle. Son imagination s'emballe, la peur l'étreint alors. Elle presse le pas, arrive enfin devant son immeuble soulagée. Mais est-ce suffisant?
Rated: Fiction K+ - French - Suspense - Words: 1,152 - Reviews: 4 - Published: 09-11-12 - Status: Complete - id: 3057418
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Cet Os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème « Bruits » en une heure.

Bonne lecture


Un soir d'automne

Marie soupire, enfin s'est terminé. Elle va pouvoir rentrer chez elle. Des clients se sont attardés, ils fêtaient un anniversaire. Il est presque 1h30 quand elle quitte le restaurant où elle travaille comme serveuse depuis six mois déjà. Ce n'est pas terrible, mais ce mi-temps l'aide à payer ses études.

Son collègue Armand lui propose de la raccompagner sur son scooter. Elle refuse, elle n'habite pas très loin. A peine dix minutes en marchand normalement. Elle loue un petit deux pièces dans un vieil immeuble. Heureusement il est équipé d'un petit ascenseur. Elle est vraiment trop épuisée pour monter les six étages.

Ce soir, plus que les autres jours, son sentiment de malaise s'accentue. Depuis le lundi elle éprouve une étrange sensation, elle se sent épiée. Le moindre bruit suspect la fait sursauter. Elle met cela sur le compte de la fatigue et se traite mentalement d'idiote. Que peut-il lui arriver dans cette ville où la seule chose qui fait la une des journaux est le concours annuelle de la meilleure vache laitière de la région.

Elle remonte le col de son manteau et se dit qu'elle aurait peut-être dû accepter la proposition de son collègue. C'est une nuit de novembre et il fait vraiment très froid. Elle se met en route. Les rues sont vides, pas de circulation, pas de passants. Pourtant elle s'arrête au passage pour piétons, attendant docilement que le feu passe au vert. La force de l'habitude.

Elle traverse et c'est à cet instant qu'elle entend le bruit répété. D'autres pas résonnent sur les pavés de la rue piétonne qu'elle vient d'emprunter. Il n'en faut pas plus pour que son imagination s'emballe. Inconsciemment elle resserre sa prise sur l'anse de son sac qu'elle tient sur l'épaule alors que son autre main glisse dans sa poche.

Elle est quelque peu rassurée par le contact du cylindre métallique. Elle attrape fermement la bombe au poivre d'une main ferme, juste au cas où. Le bruit des pas se rapproche d'elle, elle en est sûre. Elle accélère le pas. Surtout ne pas courir, ne pas paniquer, rester calme mais attentive.

Sa respiration se fait plus forte, les battements de son cœur s'accélèrent aussi. Elle est presque arrivée chez elle. Comme si son imagination ne suffisait pas, elle a des images de meurtres et autres crimes atroces qui lui viennent à l'esprit. C'est le prix à payer lorsque l'on est une fanatique assidue des séries américaines comme, 'Dexter', 'les experts' et bien autres.

Elle est tellement concentrée sur le bruit des pas qui se calquent sur son rythme qu'elle ne fait pas attention à la poubelle légèrement avancée et elle la bouscule. Un chat qui y cherchait quelques restes en bondit effrayé. Marie pousse un tel cri de surprise, qu'elle s'étonne presque que personne n'ouvre une fenêtre pour voir ce qui se passe.

Elle en est quitte pour une bonne frousse. Elle se remet en route, mais cette fois-ci elle va beaucoup plus vite. Les pas se sont arrêtés quelques instants mais elle les entend de nouveau. Il n'y a plus de doute maintenant elle est persuadée que quelqu'un la suit.

Enfin elle voit la grosse porte verte de son entrée. Elle compose fébrilement le code pour l'ouvrir. Elle attend les pas accélérer. Quel qu'elle soit la personne court vers elle maintenant. Elle panique et se trompe de chiffre. Elle recommence tout en poussant la porte. Encore un échec, la panique s'empare d'elle, elle n'arrive pas à se rappeler du code. Ça y est, elle entend le clic de déverrouillage. Elle pousse la porte aussi vite qu'elle peut et s'engouffre dans l'entrée. La lumière s'allume automatiquement.

Une main gantée se pose brutalement sur le battant de la porte pour la retenir. Marie pousse son deuxième hurlement de la soirée. Et d'un geste vif sort sa bombe prête à vaporiser le produit sur le visage de son agresseur.

- Oh désolé de vous avoir fait peur mademoiselle Gerdeau. Je suis votre voisin de palier Sylvain Mortefeuille.

- Non c'est moi qui suis désolée ! Vous devez me prendre pour une hystérique.

Elle se sent absolument, irrémédiablement, idiote. Ce n'était que son voisin, lui aussi travail tard. D'après ce qu'on lui a dit il serait cuisinier. Elle a dû lui faire peur aussi. Le pauvre à l'air gêné maintenant.

- Dure journée que les nôtres, n'est-ce pas. Constate-t-il en ouvrant les portes de l'ascenseur.

- Oui, heureusement demain c'est mon jour de repos. Je vais pouvoir dormir un peu.

- Moi aussi, ça vous direz de venir prendre le café à la maison ?

- Avec plaisir vers 15h30.

Ils arrivent au sixième étage se souhaitent bonne nuit en entrant respectivement dans leur appartement. Marie pose son sac le guéridon de l'entrée et se dirige vers sa cuisine. Son chat dort paisiblement dans son panier. Bien, il est rentré, elle va pouvoir fermer la fenêtre de sa cuisine, qu'elle laisse toujours entre-ouverte pour que 'Pacha' puisse faire son petit tour sur les toits.

Bonne nuit le chat, maman va se coucher. Fais de beau rêve.

Elle va dans sa chambre et se déshabille, elle balance ses vêtements dans un coin et se glisse sous sa couette. Trop tard pour une douche, elle prendra un bain demain matin ! Tout ce qu'elle veut c'est dormir.

Marie ouvre les yeux brusquement tout en se redressant brutalement dans le lit. Elle a le souffle court, elle est en sueur. Elle allume la lumière et tend l'oreille, aucun bruit suspect, le grincement était dans son cauchemar. Un rêve…ce n'était qu'un rêve. Décidément elle a beaucoup trop d'imagination. Elle se lève et va boire un verre d'eau. 'Pacha' ouvre les yeux et la regarde d'un air nonchalant. Il s'étire et se rendort.

Tout en enviant son chat elle retourne dans sa chambre. Elle n'a pas franchit la porte qu'un tissu épais lui est jeté sur la tête. Son dernier hurlement ne sera jamais entendu par personne. Il restera à jamais stopper par la lame d'acier pénétrant dans sa gorge.

- Je fais ça pour ton bien. Tu as besoin de repos, je te l'offre à jamais.

Délicatement il l'a repose dans son lit. Puis, il repart par où il est entré. Les toits. Il y a tellement de jeunes femmes qui ne se reposent pas assez. Elles ont besoin de lui. Il sourit, il a tant à faire.

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