
Orion est l'Ecole qui apprend aux chasseurs à tuer les Mythes, animaux venus d'un autre temps. Miphine est un étudiant qui vient de finir le premier cycle d'apprentissage et pour débuter le deuxième et dernier cycle, il doit devenir tuteur. Le destin va lui désigner une élève atypique qui ne correspond pas du tout aux critères habituels d'une future chasseresse.
Rated: Fiction K - French - Adventure - Chapters: 26 - Words: 66,706 - Reviews: 79 - Favs: 5 - Follows: 9 - Updated: 05-21-13 - Published: 10-15-12 - id: 3065734
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Je vous laisse découvrir ce nouveau projet. N'hésitez pas à me donner vos avis qu'ils soient bons ou mauvais.
Nous suivrons les péripétie de Miphine qui est un élève de l'Ecole Orion. L'histoire débute lors de la cérémonie de recrutement où sont sélectionnés les nouveaux étudiants.
Bonne lecture à tous.
« L'archipel de Galaé est peuplé d'humains, d'animaux et d'animaux chargés de la Mei. Ces derniers sont appelés les Mythes. Sans utiliser le langage des savants pour l'expliquer, la Mei c'est le nom qu'on donne à l'essence d'un être vivant qui combine leur force de vie et l'expérience qu'ils accumulent durant leur vie. Il est unique pour chaque Mythe même au sein d'une même espèce. Pendant des centenaires, malgré quelques accrochages de temps en temps, la paix a régné sur Galaé. L'harmonie a été préservée tant que les territoires de chacun étaient respectés et les règles tacites suivies.
La population humaine a grandi au point qu'avec le temps, elle a commencé à ressentir un besoin d'espace. Galaé étant un chapelet d'îles, la possession des terres est une question cruciale et délicate qui peut vite mener au conflit. Ça n'a pas fait exception à la règle et les années passant, la cohabitation est devenue de moins en moins aisée. Les Mythes ne voulaient pas céder un centimètre de leur territoire bien que leur population soit sur le déclin. Logiquement, il s'ensuivit une lutte quasi-journalière où chacun des camps apprend à haïr l'autre un peu plus chaque jour et où la mort fait partie du quotidien de chacun.
Un jour, un groupe d'humains commença à se démarquer et à se distinguer par rapport au reste de la population. Ils se faisaient appeler les membres d'Orion et étaient composés de cinq personnes qui se sont spécialisées dans la chasse aux Mythes. Il y avait Maître Actéon, le meneur, Maître Zloac, son fidèle bras droit à la force surhumaine, Maîtresse Itrès, dont la beauté n'avait d'égale que sa capacité à traquer et tuer sa proie, Maître Bhémis, dont la sagesse guidait les chasseurs perdus et Maître Sic, autant chasseur que médecin. Ce n'était pas le seul groupe spécialisé dans ce type de combat mais il se montrait particulièrement efficace dans ce domaine. Ils utilisaient le Moroï pour atteindre un tel niveau d'excellence et combattre des Mythes toujours plus agressifs. C'est une capacité rare, possédée seulement par une poignée d'humains à chaque génération. Au contact du sang et d'un Mythe, ils peuvent acquérir sa Mei, son essence. Avec l'expérience, ils peuvent ensuite insuffler cette énergie à leurs ombres et cette dernière prend alors la forme du Mythe pour combattre leurs adversaires. Nul ne sait comment ils ont appris à utiliser cette capacité dont les humains ne connaissaient l'existence que grâce aux contes qui étaient racontés aux enfants durant les longues soirées d'hiver.
Mais les choses n'ont pas été faciles pour autant pour les cinq chasseurs d'Orion. Galaé n'a pas de dirigeant global, toutes les décisions sont prises localement et c'est le plus influent ou le plus riche qui chapote l'ensemble au nom d'une ville ou d'un agglomérat de villes. Pour qu'Orion soit reconnu, il a fallu qu'ils s'imposent auprès de chacun des représentants locaux auxquels ils se présentaient. Il a fallu plusieurs années pour que le bouche à oreille se mette en place et que leur réputation les précède. En quelques années, ils sont devenus une référence en la matière et de plus en plus demandés par la population grandissante. Pour répondre à la demande et assurer leur descendance, ils ont décidés de créer une école pour former les futurs chasseurs d'Orion. Ils se sont alors donnés comme objectif de repérer les possesseurs du Moroï pour les former afin qu'ils puissent combattre les Mythes à leurs tours.
C'était il y a deux centaines d'années et pourtant l'Ecole d'Orion se tient toujours droite et fière et a toujours à cœur de former de nouvelles recrues. Tous les adolescents qui sont dans l'année de leur quinzième anniversaire ont l'immense privilège d'être testés pour savoir s'ils ont les capacités requises pour marcher dans les traces des cinq guerriers fondateurs d'Orion. »
Et, blablablah…
Miphine en a assez, il connait le discours par cœur à présent. Cela fait cinq semaines qu'il fait le tour des villages de Galaé pour recruter les étudiants. La tradition veut que cette cérémonie soit accomplie par un professeur de l'Ecole d'Orion, encadré par deux élèves qui viennent de finir leur premier cycle d'apprentissage, soit trois années d'études. Il fait donc face à la foule, perché sur une estrade en compagnie de Tokias son meilleur ami et de Maitresse Ekiis, professeur du savoir de la forêt. Cette dernière parle d'une voix forte qui contraste avec sa corpulence plutôt mince pour une guerrière.
Ses tempes grisonnantes indiquent sans embarras qu'elle a atteint la cinquantaine d'années. Ses yeux marrons sont particulièrement acérés et semblent transpercer chaque personne qui a le malheur de croiser son regard. Tokias à côté d'elle la domine de toute sa hauteur. Il a une carrure imposante qu'il sait tirer parti quand c'est nécessaire. Il plait et il en a conscience. Il a un sourire éclatant, un teint halé et des yeux d'un bleu profond qui font généralement des ravages auprès de la gente féminine. Il a un catogan qui discipline ses cheveux sombres. Il porte sur le front, maintenu en place par un fil d'or, une écaille rouge de Cuélebre, un dragon, qu'il tient de sa famille et prouve sa richesse. Miphine n'a rien à lui envier physiquement malgré sa demi-tête en moins. Il a un corps athlétique bien entrainé qui attire également des regards intéressés. Il a une peau claire, des cheveux auburn et des yeux d'un vert si sombre qu'ils paraissent noirs s'ils ne sont pas en pleine lumière. Ils portent tous les trois des habits similaires qui composent la tenue de cérémonie d'Orion : une chemise surmontée d'une veste cintrée et un pantalon près du corps qui se perd dans des bottes montantes. Le tout est d'un blanc éclatant avec des broderies et des coutures vertes foncées. Dans le dos, s'étale le blason de l'école. Un O surmonté d'une épée et d'un arc qui se croisent. La tenue est complétée par l'arme privilégiée de chacun. Un arc pour Maitresse Ekiis, une épaisse épée pour Tokias et une lame recourbée pour lui.
Devant eux, une quarantaine d'adolescents qui viennent des villages environnants se tient fébrilement. Chacun d'entre eux est tiré à quatre épingles et attend avec impatience que la maitresse de cérémonie prononce son nom. Les familles sont installées à quelques mètres derrière eux, dans une tribune en retrait et attendent avec impatience que leur fils ou leur fille passe. Enfin, Maitresse Ekiis arrive au bout de son discours interminable et la véritable cérémonie peut à son tour avoir lieu. Elle pose une fiole remplie d'un liquide brun sur une table à l'unique pied élancé qui lui arrive au niveau du ventre. Le représentant de la ville de Vijuk qui les accueille accourt vers la femme à l'air sévère avec un long parchemin à la main. Il se prend les pieds dans le tapis manquant de tomber au beau milieu de la scène ce qui arrache un sourire discret à Miphine. Il veut donner un coup de coude à son meilleur ami pour sourire en cœur mais il remarque rapidement que ce dernier n'a pas prêté attention à la scène. Tokias échange des signes plus ou moins discrets avec une fille qui lui ressemble étrangement.
Elle porte une tunique bleue foncée près du corps, assortie à un pantalon en cuir de la même couleur qui met sa silhouette à son avantage. Miphine doit avouer qu'elle a un physique attirant malgré son jeune âge. Ses cheveux longs sont ramenés sur sa tête en un chignon complexe. Elle a les mêmes cheveux sombres, la même peau halée et les mêmes yeux bleus que Tokias. Il reconnait également l'écaille de Cuélebre qui scintille sur son front. Miphine sourit en supposant qu'il vient de découvrir la sœur de son meilleur ami. Il sait qu'ils sont dans la ville natale de Tokias et ce dernier lui a dit que ses deux petites sœurs devaient passer l'examen aujourd'hui. La cadette est née en janvier et la benjamine en décembre de la même année ce qui explique qu'elles passent toutes deux l'examen. Il cherche la deuxième sœur des yeux mais il n'arrive pas à la trouver parmi la foule d'élèves qui attend. D'après Tokias, Daïne, sa plus jeune sœur sera certainement sélectionnée pour l'Ecole. C'est un véritable exploit que deux enfants d'une même famille soient choisis pour intégrer Orion et il sait qu'il attend ça avec impatience. Autant, Miphine a beaucoup entendu parler de Daïne, autant, Tokias ne s'est jamais réellement épanché sur sa sœur cadette, Sekka. D'après ce qu'il a pu comprendre, il a peu d'affinités avec elle. De toute façon, Miphine n'a jamais cherché à en savoir plus. Lui a été abandonné à la naissance et il n'a jamais réellement connu une vraie famille donc même si Tokias essayait de lui expliquer la situation, il n'est pas sûr d'être réellement capable de comprendre.
Il est ramené à la réalité par le premier élève qui arrive devant Maitresse Ekiis. Il tend une main tremblante qu'il pose sur celle tendue du professeur d'Orion. Cette dernière retire le bouchon de la fiole. Ce dernier est surmonté d'un petit pinceau. Avec application, elle trace une ligne avec le liquide marron sur le dos de la main de l'adolescent. Rien ne se passe. Après quelques secondes, Maitresse Ekiis libère la main du jeune homme.
« Abij Tarn, non reçu. » L'adolescent retourne à sa place avec un air déçu. « Asos Ghil. » Le jeune homme suivant vient à son tour pour passer le test. Miphine laisse son esprit vagabonder. En cinq semaines, ils n'ont trouvé qu'un futur étudiant et au fur et à mesure que les jours passaient, Tokias et lui ont senti la tension grandir chez leur professeur. Normalement, l'île de Mor, l'île principale de Galaé est là où il y a le plus d'étudiants recrutés. Cela ne présage rien de bon pour la future promotion. Il y a rarement plus de vingt nouveaux étudiants mais cette année le nombre d'étudiants semble être particulièrement restreint. Il faut espérer que les autres groupes de recrutement ont eu plus de chance qu'eux et qu'exceptionnellement, les étudiants viennent en majorité du reste de l'archipel. « Eplis Daïne. » Le nom familier recentre immédiatement l'attention de Miphine sur la cérémonie. Il regarde la jeune femme aux cheveux noirs s'avancer vers l'estrade.
Elle est sûre d'elle et s'approche de Maitresse Ekiis avec un air conquérant. Pendant qu'elle s'avance, Miphine constate que malgré la simplicité de sa tenue, elle met en avant toute la richesse de la famille Eplis. L'étoffe de sa tunique est faite de soie fine et possède de nombreuses broderies finement travaillées. Le pantalon est en cuir d'excellente qualité et a été visiblement taillé sur mesure. Ses chausses sont dans la même veine que le pantalon et semblent valoir plus que toutes les chaussures que Miphine a pu acheter durant toute son existence. Elle pose une main délicate dans celle de la maitresse de cérémonie qui dessine une ligne marron. Le liquide change rapidement de couleur et devient vert vif. Ekiis attend encore un instant avant d'annoncer le résultat à voix haute.
« Eplis Daïne, reconnue en tant qu'élève d'Orion. » Les spectateurs s'agitent un bref instant à cette nouvelle. Même si le résultat était attendu, ça reste quelque chose d'exceptionnel. Daïne retourne à sa place en adressant un sourire éclatant à son frère. Miphine remarque que son professeur pousse un soupir soulagé. Elle se ressaisit pour appeler l'adolescent suivant. « Eplis Sekka. » Miphine regarde avec curiosité la deuxième sœur de Tokias s'avancer à son tour. Il remarque immédiatement qu'elle est très différente de sa sœur et de son frère.
Contrairement à eux, elle a une peau claire, une silhouette bien plus fine et plus petite mais possède les mêmes yeux bleus et les mêmes cheveux sombres que le reste de la fratrie. Elle n'est clairement pas taillée pour le combat ou la chasse. Quand elle se place devant Maitresse Ekiis, il prend le temps d'observer sa tenue. Elle a fait un choix surprenant pour une fille de bonne famille. Elle a une blouse blanche assez large à manches longues qui descend au-dessus du genou. Elle est maintenue en place par un serre taille en cuir noir. Le tout est complété par des cuissardes d'un cuir semblable qui se perdent sous la blouse. La tenue est de bonne facture mais loin d'être aussi luxueuse de celle de sa sœur. Miphine devine l'écaille de dragon enfouie dans le décolleté discret de la jeune femme. Il est surpris qu'elle soit aussi couverte alors que c'est la fin juin et que l'été est déjà là. Elle pose une main aux doigts interminables dans celle d'Ekiis. Cette dernière dessine une ligne brune sur le dos de sa main et après quelques instants, elle devient verte.
Miphine et Tokias échangent un regard choqué, similaire à celui qu'affiche Maitresse Ekiis qui attend plus longtemps que nécessaire pour annoncer le résultat. C'est le brouhaha de la foule qui la ramène à la réalité.
« Eplis Sekka, reconnue en tant qu'élève d'Orion. » Un silence de plomb envahit la cérémonie pendant que la cadette Eplis reprend sa place. Miphine reconnait qu'elle ne manque pas de cran car elle garde la tête haute et ne tremble pas sous le regard inquisiteur de la foule qui la scrute. Trois enfants d'une même famille acceptés à Orion c'est du jamais vu. C'est la première fois que ça arrive dans toute l'histoire de l'Ecole des chasseurs. Maitresse Ekiis finit par reprend le cours de la cérémonie.
« Faber Colop. » Il faut quelques secondes à l'adolescent pour réaliser que c'est son tour mais son voisin lui donne un coup dans les côtes et il finit par s'avancer vers Maitresse Ekiis.
Bonne journée et à bientôt.
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