
Le chat n'est qu'une excuse, cela peut rester comme c'est, à moins que vous ne vouliez en savoir plus...
Rated: Fiction K+ - French - Drama/Angst - Words: 723 - Reviews: 1 - Published: 12-03-12 - id: 3079770
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Encore ce chat, il était toujours là, les yeux rond et fixes, pire qu'un chat empaillé posé derrière la fenêtre. Il n'était pas vraiment effrayant. Il était blanc, ce qui le rendait presque invisible lorsque le temps se faisait plus nuageux, plus hivernal. Et pourtant il était là, à un moment très précis de sa journée, mais il ne s'en inquiétait pas, il n'était pas pudique.
C'est vrai que lorsqu'il s'adonnait à ces moments, qui avec les années lui semblaient si banals mais dont il dépendait fortement, les autres se sentaient gênés devant la présence du chat, alors il tirait les rideaux. Il trouvait ça absurde, après tout, il était encore là.
Il ne pouvait pas dire que ça première expérience fut la meilleure de toute, aucune passion, aucun amour n'avait pris possession de lui, et il le savait très bien, il l'avait fait en connaissance de cause. Toute sa vie n'avait été qu'un enchevêtrement malheureux dont il n'était pas responsable, parents violents, toujours absents, quartier déplorable où le peu d'amis qu'il se faisait le trahissaient à la première occasion. Il était pourtant doué, artiste, sensible, dans son monde. Asperger peut-être… Alors il se concentrait sur ses études. Arrivé à ses 19 ans, il savait qu'il avait un problème. Il n'avait eu que peu de petites-amis, quelques baisers, des caresses, et il s'était lassé, se penchant sur l'autre sexe, il sentait son cœur battre plus vite. Mais justement il se rendit compte qu'il était encore plus bizarre qu'il ne l'aurait cru, il se sentait fou, étranger à lui-même. Car lorsqu'un de ses « amants » se montrait trop vite entreprenant, il se refusait à eux, par manque d'expérience, par peur d'un refus de l'amour après l'acte. Il en avait marre de voir des couples heureux, ceux qui ont commencé normalement, par le sentiment. Il avait cru pendant des années qu'il aurait lui aussi le droit à une rencontre normal.
Et ce jour-là, à l'aube de ses 19 ans, il s'était dit que c'était trop, que cette rencontre ne viendrait jamais, il ne voulait pas être embarrassé par son manque de tact, sa froideur. Son désir d'amour était trop grand, alors il l'avait refoulé. Il ne pourrait plus se regarder en face si jamais après s'être donné à un homme tout de suite, celui-ci ne l'avait pas rappelé ou quitter 2 semaines après.
Ravagé par ce dégout d'être si tordu, il avait décidé d'aller jusqu'au bout dans cette voie. Il alla dans un coin connu à l'angle de Preston Hill et Ormesby Way, une charmante allée de petites maisons closes, il s'était renseigné avant, il savait qu'il y avait « maison close » et « proxénète », il ne voulait surtout pas d'emmerdes et The Sleeping Beauty semblait lui convenir, la patronne gérait son affaire en faisant attention à ses protégés, ils n'étaient pas esclaves, ils profitaient tant qu'ils étaient encore jeunes voilà tout.
La première fois qu'il y était entré, la patronne s'était précipitée sur lui, la bonne cinquantaine, elle se montrait ravie car elle pensait avoir trouvé un nouvel employé, la plupart de ses « œuvres d'art » comme elle les appelait parfois sont du même âge, dans la vingtaine. –« Oh mais tu sais, mes chéries sont bien au-delà de tes moyens »- C'est ce qu'elle pensait, au début, cependant il sortit une carte de crédit, le regard dur, il avait largement de quoi payer alors pourquoi le faisait-elle chier… Sceptique la patronne lui présenta quand même son stock, comme on présente des bijoux en joaillerie. Après un moment où la patronne commençait à songer à le foutre dehors, il porta son choix d'un air nonchalant sur un gars d'un vingtaine d'années, les cheveux mi- longs et totalement hirsutes, les traits fins, ce sont ses yeux d'un vert grisé qui l'avaient attiré en premier, il était un peu plus grand que lui mais cela ne l'effrayait pas, cependant il détestait les hommes trop costauds, peu importe leur beauté, il avait bien trop peur de leur carrure. –« Tu veux l'emmener chez toi ? »- Bien sûr qu'il voulait l'emmener chez lui, c'était évident, il n'était pas un de ces hommes d'affaires frustrés qui voulaient se faire prendre ou baiser des plus jeunes en toute discrétion. –« ça te coutera plus cher alors »- il s'en fichait, il n'était pas un client.
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