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Amélie
Author:
Dulanoire PM
Ses longs cheveux bruns lui tombent sur le visage, cachant ses traits purs comme ceux d'un élégant faucon. L'une de ses mains, aussi fine que celle d'une dentellière soutient son menton, blanche apparition sur la soie foncée de sa chevelure. Penchée sur une feuille de papier encore vierge, son autre main appuyée sur ses genoux et serrant un mince stylo noir, elle pense...
Rated: Fiction K - French - Words: 738 - Reviews: 7 - Favs: 1 - Published: 12-24-12 - id: 3085723
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Note de l'auteur : Voici un cadeau de Noël un peu en avance pour une amie qui compte vraiment à mes yeux et qui je l'espère se reconnaitra.

Bon Noël ma belle, je souhaite de tout coeur que ça te plaise.

Bonne lecture à tous, et joyeux Noël!


Ses longs cheveux bruns lui tombent sur le visage, cachant ses traits purs comme ceux d'un élégant faucon. L'une de ses mains, aussi fine que celle d'une dentellière soutient son menton, blanche apparition sur la soie foncée de sa chevelure. Penchée sur une feuille de papier encore vierge, son autre main appuyée sur ses genoux et serrant un mince stylo noir, elle pense. La pénombre de la chambre lui donne un charme désuet, accentué par son regard rêveur. Soudain, sans qu'on ne puisse savoir pourquoi, elle se lève. Elle ne doit même pas savoir pourquoi elle non plus... Elle se dirige vers sa porte qu'elle laisse entrouverte derrière elle. La maison est déserte et plongée dans une semi obscurité bleutée qui fait luire sa peau opalescente de façon presque surnaturelle. Elle monte l'escalier. Marche par marche. Doucement, comme un rituel. Elle ne fait pas le moindre bruit, chat léger parcourant son domaine. Puis, quelques minutes d'éternité plus tard elle se retrouve devant le miroir...

Elle est entrée dans la salle de bain et a refermé la porte qui a laissé échapper un soupir. Depuis, éblouie par la lumière blanche et sans pitié des néons, elle fixe son propre reflet. Elle voit ses pupilles se rétracter, son corps se crisper. Elle ne se voit pas vraiment à vrai dire. Elle ne voit pas son corps délicat, sa poitrine certes menue mais ronde et haut placée, sa taille de guêpe. Elle ne distingue pas sa beauté, semblable à celle de ces jeunes Victoriennes qui se vantaient de leur pâleur aristocratique et de leur minceur. Elle voit juste son visage acéré, un visage de femme plutôt que de jeune fille. Elle voit juste une absence de rondeur au niveau des joues et des lèvres, absence compensée par la douceur habituelle de son regard qui, quand il se pose sur son propre reflet, devient amer.

Elle sent ses cicatrices comme si elle s'était lacéré la peau la veille. Même cachées par son jean lapis-lazuli, elles semblent la narguer. « Regarde nous... Nous te rappellerons toujours tes faiblesses... Nous sommes là. A jamais. Pour te punir... » Pourtant, elles sont vieilles et dépassées. Mais elle ne peut s'empêcher de regretter. Elle sait pourquoi elle s'est ainsi blessée. Mais elle aurait aimé mieux réfléchir pour qu'elles ne restent pas toujours, stigmates de ses crises. Cependant c'est terminé à présent. Une promesse la lie et lui interdis de se blesser à nouveau. Alors elle secoue la tête et s'approche du miroir. Là, posé sur le lavabo, un petit tube noir semble lui sourire. Elle le saisit et l'ouvre, sortant la brosse rendue pâteuse par le mascara de jais. Ensuite, doucement, elle se l'applique sur les cils, d'un geste plus assuré que les premières fois. Son regard est agrandi, rendu plus juvénile et plus adulte paradoxalement. Elle sourit avant de refermer le tube et de retourner dans sa chambre.

Marche après marche. Doucement. Surtout ne pas faire de bruit. Jamais ne faire de bruit. Ne pas gêner, ne pas déranger. Ne pas se faire remarquer. Quand on se fait remarquer, on attire forcément sur soi les critiques. Et elle en a assez souffert...

Elle se glisse dans sa chambre, retrouvant la pénombre familière. Son lit, son bureau, son refuge. Elle noue ses cheveux pour qu'ils ne lui tombent pas devant les yeux. Elle retourne devant la feuille de papier et saisit à nouveau le fin stylo noir. Puis, presque par hasard, elle se met à tracer les courbes élégantes de ses lettres, formant des mots, des phrases, des paragraphes... En haut de sa feuille, quelques mots indiquent ceux qu'elle doit placer dans son récit Défi d'écriture... Presque une routine à présent. Ou plutot une habitude rassurante et agréable. Qui sait ? Peut être un peu des deux...

Elle va écrire jusqu'à apaiser son cœur, jusqu'au moment où elle se sentira mieux. Et, elle ira se blottir sous sa couette, retrouvant le monde de ses songes oniriques, tandis qu'à des lieux de là, son amie pense à elle.

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