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Gouttes de Pluie
Author:
RaydenRedfield PM
Juin 2013. Jason Waber a perdu son fils alors qu'il se trouvait à ses côtés. Il va alors être aidé d'un agent de police, de l'un de ses amis d'enfance et d'une journaliste plus que charmante ... Mais il se trouve que Jude, le fils de Jason a été kidnappé et est à deux doigts de se faire tuer...
Rated: Fiction T - French - Drama/Crime - Words: 2,667 - Published: 01-04-13 - id: 3089194
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Mardi 13 juin 2013, 11h27. Queen Anne Avenue.

Dans la vie, parfois, il arrive des choses auxquelles on ne s'attend pas vraiment. À l'orage qui gronde soudainement après une belle journée ensoleillée, à un adolescent qui fugue après une soirée en famille... Ou un enfant qu'on perd de vue alors qu'il s'amusait dans un manège. Jamais il n'aurait dû quitter ses yeux de lui. Jamais. C'était le genre d'actes qui vous poussait à commettre l'impardonnable, à détruire toute une vie. Jason Waber était un homme exemplaire : il n'avait pas de passé dramatique, hormis quelques déclins familiaux, mais rien qui faisait de lui un délinquant ou un rebelle. Il était né ici, à Seattle, premier enfant d'une longue lignée de descendants. Il avait toujours été passionné par l'informatique, et il avait réussi à décrocher la seconde place à l'Unvisersité de Stanford. C'était ici qu'il avait fait la connaissance de Gianna Beltoni, ravissante femme doté d'un charisme exemplaire et d'une intelligence surnaturelle. Ils avaient échangé quelques mots, puis fricoté ensemble de longues années... jusqu'à la naissance de Jude. Ils n'avaient rien prévu de tout cela : Jason avait vingt-cinq ans ans, elle en avait vingt-et-un. Leur début a été difficile, mais élever leur fils ensemble s'était avéré beaucoup plus simple qu'ils ne l'avaient pensé. Seulement, la roue tourne et Jason savait qu'elle n'était pas de leur côté : Gianna a perdu son travail, et il fut difficile pour elle d'élever son enfant. Elle a donc laissé derrière elle un fils à peine âgé de quatre ans et un petit-ami furieux. Cinq ans sont passés depuis et jamais Jason n'avait pensé à refaire sa vie. Il avait oublié Gianna, oublié l'amour qu'il avait eu un jour pour cette charmante demoiselle qui en une seconde a su lui briser le cœur après deux ans de romance. Aujourd'hui, il ne l'aimait plus, mais il savait qu'une partie de lui n'arriverait jamais à l'oublier. Après tout, il a Jude a ses côtés. Comme toujours, il pleuvait fort à Seattle, mais comme à son habitude, Jude insista pour sortir dehors, malgré la tempête qui s'annonçait. Jason n'aimait pas que son fils de neuf ans sorte de cette manière dans le froid et sous la pluie pour aller s'amuser, mais il pouvait rien, Jude y serait allé malgré tout. Vêtu de son inséparable manteau noir, Jason enroula son écharpe autour de son cou et descendit les escaliers de son immeuble que son fils avait traversé en vitesse grand V. À peine avait-il franchi le sol mouillé de la ville déserte que son fils était déjà monté à dos d'un cheval à balance. Découragé, Jason se précipita pour s'assoir en face d'un banc, en face des jeux où s'amusait son fils. Ca l'agaçait sûrement de voir son fils jouer de tel manière sous une pluie ardente, mais le voir sourire était devenu sa seule raison de vivre. Peut-être était-ce trop ? Mais c'était pourtant là le cœur d'un père qui cherche à tout sacrifier pour le bonheur de son unique fils. Jason prit une profonde inspiration et dirigea son regard vers son fils qui hurlait de joie. Le téléphone de Jason sonna au même instant, et ce dernier ne perdit pas une seule seconde pour décrocher.

— Allô ?

La voix à l'autre bout du combiné lui parut familière. À vrai dire, quand quelqu'un l'appelait, il ne prenait jamais le temps de voir de qui il s'agissait. Il s'agissait d'Elena Carter, l'une de ses amies d'enfance, qu'il avait rencontrée durant ses années de lycée. Elle était très sympathique, très amicale et aussi très charmante.

— Oh, ouais, ouais. Ah non, je veux dire... Je suis déjà occupé, là.

Elena se mit à ricaner de l'autre bout du fil. Jason croisa ses jambes et observa les plantes, à sa gauche.

— Eh ouais, qu'est-ce que tu veux, je n'y peux r... Jude ? Jude ! Où es-tu ?

Il regarda autour de lui. Pas un bruit, pas un rire, pas de balançoire qui se balance. Rien. Tout à coup, le temps s'était comme stoppé. Il avait l'impression d'être dans un autre monde. Il voyait des gens passer, des adultes, des enfants... ils riaient tous en cœur dans le jardin d'enfants, où il se trouvait. Il faisait chaud, le ciel était dégagé et les enfants sautillaient. Puis, le vide.

Mardi 13 juin 2013, 14h03. Seattle Police Department (SPD).

Une heure vingt-six. Cela faisait une heure et vingt-six minutes que Jason Waber était là, installé sur une chaise à dialoguer avec deux inspecteurs de police. Il possédait des connaissances dans les quartiers policiers mais il n'avait pas le temps de jouer ou de chercher. Il voulait surtout savoir où était passé son fils. Était-ce trop demander ? Tout était de sa faute. Absolument tout. S'il avait empêché son fils de sortir de son appartement, rien de tout cela ne serait arrivé. Il mordit sa gencive pour essayer de retenir ses larmes, de ne pas ouvrir la bouche et de pleurer devant les deux policiers en alerte. Il tremblait de partout, il se sentait lourd, comme s'il portait sur son dos tout le poids du monde. Pour une fois depuis plusieurs années, il aurait voulu que Gianna soit à ses côtés, pour le rassurer, lui dire qu'il n'avait rien à se reprocher et lui faire croire qu'il reviendra. Mais bien évidemment, elle n'allait jamais revenir, elle lui avait tourné le dos. Aussi bien à lui qu'à Jude. Il fut sorti de ses pensées par l'inspecteur Kainry. Celui-ci devait avoir largement passé la cinquantaine, plutôt enrobé, et son shirt blanc retroussé à ses manches sortait quelque peu de son pantalon. Il leva ses yeux de l'ordinateur sur lequel il tapotait depuis une trentaine de minutes, en relevant son pantalon marron clair qui menaçait de tomber.

— Nous avons donné l'alerte, monsieur Waber. Votre femme arriva sous peu, nous l'avons contactée, annonça-t'il.

Jason se redressa, stoppant l'inspecteur dans son élan.

— Excusez-moi, monsieur l'inspecteur, mais ce n'est pas ma femme, rectifia-t'il.

— Très bien. Attendez-nous dans la salle d'attente, nous verrons ce que nous pourrons faire lorsque votre... la mère de votre fils sera présente.

Jason se leva de sa chaise, peu rassuré. Il y a quelques instants, il pensait à son ex-compagne, qui ne viendrait jamais le voir si elle savait ce qui se passait. Elle allait rejeter la faute sur lui, c'était sûr. À présent, il était certain d'une chose : il portait toutes les fautes du monde sur ses épaules. Il marchait lentement jusqu'aux sièges où étaient installés un couple de vieilles personnes lisant le journal de la ville voisine. Ses tremblements ne s'étaient toujours pas arrêtés, surtout qu'il appréhendait l'arrivée de Gianna. Elle allait le gifler, lui hurler dessus, sans compter qu'elle va remettre en cause leur situation d'avant. Jason savait très bien que si Gianna était parti, ce n'était pas seulement à cause de son licenciement mais parce que Jason était beaucoup trop obsédé par son travail. Peut-être qu'au fond, elle se sentait blessée, trahie, de ne représenter que la moitié de la vie de celui qui avait un jour été celui qu'elle avait aimé. Et même s'il se souvenait de ça, Jason ne ressentait plus aucun sentiment pour la jeune femme. Peut-être que c'est la meilleure chose à faire. Il croisa ses doigts, se mit à secouer sa jambe, et attendit patiemment Gianna.

Mardi 13 juin 2013, 14h32. U.S Pentagon Police Department (USPPD).

Le détective privé Chase Mathis venait tout juste de clôturer une enquête ayant fait la une des journaux il y a quelques jours. Des terroristes avaient braqué une des plus grosses banques de Washington puis commis un attentat dans lequel 3 802 personnes ont été blessés dont cent-huits graves et soixante-six morts. Il aura fallu huit jours à l'agent de police pour découvrir que c'était l'un des anciens maires de la ville, profondément énervé par sa défaite contre Jim Krueger, nouveau maire de l'Etat. Il s'installa sur sa chaise de bureau, posa ses chaussures cirées sur son bureau pour les croiser ensuite et ingurgita son café tout en regardant les informations sur son poste de télévision.

— « Ce mercredi 02 juin, un peu moins de quatre mille personnes se sont retrouvées entre la vie et la mort à cause de l'ancien maire de l'État de Washington, Charles Kingston. Ce dernier affirme avoir été, je cite, 'outré' par la récente victoire de Jim Krueger aux élections municipales, ce qui justifierait ces actes. Ce fut grâce à l'aide du Washington Police Department et plus précisément à l'agent Mathis qui s'est dévoué pour arrêter ce criminel. », expliqua la journaliste, à la télévision, présente sur les lieux du crime.

Chase éteignit la télévision, agacé par toutes ces chaînes de télévision qui commentent ce genre d'informations. Ce genre d'évènements se passent tous les jours, alors pourquoi seulement parler du crime de l'ancien maire de Washington ? Il aimerait son travail si seulement il n'y avait pas ces foutus journalistes qui le suivaient nuit et jour ! Il posa son café et s'installa normalement sur sa chaise et respira un grand coup.

— Non... Mon travail vaut la peine d'être accompli, murmura-t'il, le sourire aux lèvres.

Depuis tout petit, il adorait prendre soin des gens qui l'entouraient. Peu importe la raison, que ce soit des proches ou de parfaits inconnus, il était prêt à tous les sacrifices pour protéger quelqu'un. C'était instinctif, il avait besoin de sauver des vies pour continuer à vivre. Combattre le crime était peut-être sa destinée, qui sait ? Une femme aux cheveux blonds attachés ouvrit la porte de son bureau, un dossier en main.

— T'as du boulot, Chase !, s'exclama-t'elle.

— Attends, je viens tout juste de résoudre cette foutue enquête, ils ne peuvent pas me laisser respirer un peu ?, souffla-t'il, désespéré.

La femme pénétra dans son bureau, posa le tas de fichiers qu'elle avait en main sous les yeux de Chase et s'assit sur son bureau, tête tournée face à son collègue.

— Le shérif Belton veut te monter de grade, Chase. C'est pourquoi il t'a mis sur ce dossier, avoua-t'elle, les bras croisés.

Chase la regarda dans les yeux. Cela ne faisait que trois ans qu'il avait intégré les rangs de la police et il veut déjà lui attribuer le rang de lieutenant ? Cela faisait un peu trop, même s'il adorait s'occuper des autres. Et oui, cela ne fait que trois ans qu'il est là, dans l'unité de police la plus connue de Washington. Il était né à Stevenage, en Angleterre, à une vingtaine de minutes de Londres. Là-bas, il était entré sans encombres à l'Université d'Oxford, car ses parents voulaient de faire de lui un écrivain. Sauf que lui, c'était la police qui l'intéressait. À vingt-six ans seulement, il était devenu l'agent le plus décoré de l'USPPD. Chase se décida à feuilleter le dossier que son ami lui avait posé sur son bureau. Stacey Carlsen était une femme accomplie, sûre d'elle, mais avec qui il fallait garder ses distances. Lorsque des missions pour arrêter des malfaiteurs doivent être mises en place, c'est toujours elle qu'on envoyait sur le terrain en premier. Elle savait comment se battre ou comment manier une arme, après tout, elle était née dans une famille de « battants » . Sa mère était sergent, son père était catcheur tandis que son frère sert dans l'armée. Ses parents sont morts il y a deux ans, dans un accident d'avion, alors qu'ils s'envolaient pour le Pérou. Elle n'avait jamais pleuré leur mort ni même montré aucun signe de faiblesse ou de défaillance. Elle restait seulement la femme forte qu'elle avait toujours été.

— Ok, bon, de quoi s'agit-il cette fois ?, demanda-t'il.

— Ah, tu es enfin décidé à m'écouter ?, interoggea-t'elle.

— Je n'ai pas envie de finir ma journée avec une dent en moins et un œil au beurre noir, figures-toi. Donc vas-y, expliques-moi.

Stacey se contenta d'ignorer la remarque que venait de faire son collègue.

— Un inspecteur de la SPD vient de nous signaler la disparition d'un enfant de neuf ans, commença-t'elle, se levant et marchant dans la salle en même temps qu'elle s'exprime. Brun, petit, mince, avec un physique tout à fait normal, il a été vu pour la dernière fois à l'aire de jeu situé en face du grand immeuble de la Queen Anne Avenue, à Seattle. Et ta mission ici est de découvrir s'il s'agit d'une simple disparition ou d'un kidnapping.

— Et les parents, ils font quoi ?!, lâcha Chase.

— Justement, le père était avec lui lorsque tout ça est survenu.

— Et sa mère ?

— Il ne l'a pas vue depuis cinq ans, j'ignore même si le gamin a encore le souvenir d'avoir une mère.

— Parfait...

Chase se leva, craquant ses doigts, suivi par Stacey. Il y avait beaucoup de choses qu'il ne digéraient pas. Et les kidnappings étaient bien la première d'entre elles.

Mardi 13 juin 2013, 15h58. Seattle Police Department (SPD).

Jason n'en pouvait plus. Chaque seconde passée était une seconde perdue pour retrouver Jude. Il voulait se lever et partir seul à la recherche de son fils, du moins, s'il en avait le pouvoir. Il n'a aucun pouvoir, aucune connaissance du monde de la justice. Alors qu'il parte ne résoudra pas grand-chose. À vrai dire, il n'était pas sûr de vouloir revoir Gianna, avec qui il a coupé tout contact il y a cinq ans. Il entendit des bruits de talons au loin. C'était Gianna. Elle courait dans les couloirs, en alerte. Elle chercha Jason des yeux, et il ne lui fallu pas beaucoup de temps pour le trouver. Celui-ci s'était levé, prêt à pleurer. Contemplant l'état de Jason, elle s'approcha de lui et plongea dans ses bras. Jason ne put pas se retenir ; il se mit à verser les larmes qu'il avait tant retenues. C'était comme si toute sa vie s'était mise à couler à flots, il crut ne jamais pouvoir s'arrêter. Gianna s'agrippa à lui autant que la force ne le lui permettait. Mais elle ne lui pardonnerait pas. Pour rien au monde elle ne le ferait. Après tout, c'était de sa faute si leur fils avait disparu. Elle se détacha de lui, les sourcils froncés.

— Qu'est-ce qui t'es passé par la tête ?! Pourquoi tu as levé tes yeux de Jude !, cria-t'elle.

Les deux vieux placés à l'arrière se regardèrent et levèrent leur journal, afin de se faire discrets. Jason sécha ses larmes.

— Pourquoi tu me dis ça ? Tu n'as jamais été foutue de te déplacer afin de le voir. Il ne sait même pas qui est sa mère, affirma-t'il, le ton froid.

— Qu'est-ce tu inscinues, Jason ?

Jason s'approcha d'elle.

— Que tu aurais dû être là pour lui.

Gianna sentit la colère monter. Elle s'apprêta à le gifler, mais se retint. Une partie de ce qu'il venait de dire était vraie. Jude ne savait pas qui était sa mère. Et il ne devait pas le savoir. Elle ne voulait pas. Car elle savait que plus jamais sa vie sera avec Jason. Elle nourrissait encore et toujours des sentiments pour lui, mais elle ne l'avait pas pardonnée de lui avoir tourné le dos. Et elle savait tout de même qu'il avait su tourner la page, contrairement à elle. Elle serra son poing et le regarda droit dans les yeux.

— T'es vraiment le dernier des crétins.

Alors qu'elle se dirigeait vers le bureau de l'inspecteur Kainry, elle fut stoppée par le shérif de la brigade en personne, accompagné d'un jeune homme plutôt charmant, vêtu d'un costume noir et de lunettes aussi sombres que ce dernier. Il se présenta à eux en les saluant de la main.

— Madame, Monsieur, voici Chase Mathis, l'homme qui se chargera de retrouver votre fils, affirma l'homme, tenant par l'épaule l'agent, quelque peu gêné.

— Je me présente, je suis Chase Mathis. Heureux de vous rencontrer.

Et, ni Chase, ni Jason ne prévoyaient de quelle manière les évènements allaient tourner.

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