
"Un souffle, de la fumée qui s'échappe de ses lèvres et des yeux qui se ferment. Un étirement des lèvres…" L'ennui est une chose qui peut nous faire voyager dans d'autres contrées.
Rated: Fiction K - French - Hurt/Comfort - Words: 1,334 - Published: 01-14-13 - Status: Complete - id: 3092138
|
|
A+ A- |
Anciennement Usagi-chan, une des auteurs du profil de Murasakimaru récemment converti en Kim M. Usa.
C'est tellement étrange de se retrouver sur un profil en solo. Mais bon on s'y fait.
Cette chose -?- est juste un petit OS qui me trottait dans la tête. Mais au final, il ne me plait pas tant que ça. Il doit rester des -tonnes de fautes d'orthographes... Et étant donné que je suis une quiche en correction -Ouh, la vilaine- je laisse ce texte comme cela. Donc, si ça intéresse quelqu'un, je suis à la recherche d'une correctrice -?-.
Tant pis, on le postera quand même.
Bref, bonne lecture.
I live in town
La neige tombait lentement sur la ville, la couvrant d'un tendre manteau blanc. La lueur de la lune donnait une dimension irréelle à cet endroit. Cela en était presque féerique Mais les traces de neiges séchées laissées par les voitures se transformaient petit à petit en boue, rompant la beauté des lieux. Si seulement les hommes pouvaient respecter ce que la nature leur offrait… Des mégots de cigarettes avaient été abandonnés sur les trottoirs, des ordures traînaient ici et là, brisant tout espoir.
Elle remonta sa capuche, essayant vainement d'étouffer les bruits de la circulation. Quelques mèches de cheveux rouges retombaient sur ses yeux la dérangeant peu. Elle marchait rapidement, ses bottes touchant à peine le sol. Elle emmitoufla ses mains dans ses poches, le froid la faisant trembler. Elle était comme invisible dans ses rues bondées par de nombreuses familles. Elle faisait partit du décor, et elle adorait ça. Elle pouvait ainsi regarder les gens tranquillement, comme une ombre. C'était si amusant de voir ces enfants courir dans tous les sens, grisés par la neige qui les entouraient. Certains parents essayaient en vain de les retenir, gênés du spectacle que livraient leurs enfants. Alors que d'autre les encourageaient à renfort de grand cri et de gesticulation multiple. Noël montait facilement à la tête…
Elle sourit légèrement tout en relevant la tête, des flocons de neiges tombant sur ses joues rondes. Le ciel était d'un noir d'encre, un épais nuage cachant la lune. Il était impossible de dire s'il était pourvu d'étoiles, les enseignes lumineuses des magasins masquant leur présence. Qu'est ce qu'elle pouvait détester la ville… Elle ne supportait plus la vue des ces grands bâtiments de bétons délabrés, ces rues salies par la bêtise humaine, ces arbres posés de façon aléatoire. La nature n'avait pas sa place ici… Et elle aussi ne se sentait pas à sa place, entourée par tant de création humaine.
Et c'était tellement bruyant… Les cris de joies des enfants, les hurlements de colères des parents, les sanglots bruyants de petits bien trop gâtés, les pleurs de douleurs. Elle posa ses paumes sur ses oreilles, tentant inutilement d'anéantir les bruits. Elle ne voulait qu'entendre le son de son cœur mais des bruits parasitaient son entreprise : le timbre des voitures, des klaxons, des pas précipités ou non… Elle ne pouvait plus rien distinguer. C'était tellement déstabilisant. Tout se mélangeait, son cœur battait bien trop vite. Elle se mit sur la pointe des pieds, les yeux fermés. Elle souffla doucement, l'angoisse partant petit à petit.
Du silence… Elle voulait du silence… Un coup brusque l'a sortie de ses pensées, ses pieds en équilibre précaire se dérobaient. Elle tomba douloureusement sur les fesses, la neige passant la barrière de son jean. Elle grimaça, et chercha des yeux la personne qui l'avait fait tomber. Mais, il y avait bien trop de monde, bien trop de personne possible. D'un bond calculé, elle se releva et remit sa capuche en place, la chute l'ayant remit sur ses épaules. Elle passa une main lasse sur son cou et reprit sa marche, n'ayant plus la moindre envie de rester ici. Elle sortie son téléphone, ses écouteurs et se laissa bercer par la musique qui emplissait ses oreilles.
Quelques temps plus tard, elle poussa le petit portillon qui se trouvait devant son immeuble. La rue était de plus en plus délabrée, ne la rendant que plus sinistre. Le trottoir était défoncé de long en large, des marques indescriptibles maculant les dalles. La route était veinée de trou plus ou moins profond. Des déchets en tout genre terminaient leur courte vie dans le caniveau. Un homme était allongé sur un carton rapiécé, une veste malodorante lui servant de couverture. Il n'était pas rare de voir ce genre de spectacle dans cette partie de la ville. Personne n'osait s'approcher des ces quartiers, bien trop terrifié par la population qui y habitait. Cela était tellement risible…
Elle tourna ses clefs dans la serrure et donna un coup de pied suffisamment fort pour ouvrir ce bout de bois crasseux. Elle s'essuya rapidement les pieds sur le tapis miteux, regardant par la même occasion le cafard qui se cachait sous le meuble. Et dire qu'elle lui avait demandé de résoudre ce problème de nuisible. Elle souffla, résignée. Pourquoi espérait-elle encore quelque chose de lui ? Cela faisait tellement longtemps qu'elle le connaissait, qu'elle le comprenait… Alors pourquoi encore croire en lui ? Elle enleva son écharpe et l'attacha sur le seul clou qui tenait encore. Le parquet craquait sous ses pas. Cette ruine tombait en miette… Mais c'était quand même un luxe pour une personne de sa condition. Elle entendait encore des hurlements… Elle soupira. C'était devenu tellement habituel. A tel point que cela ne lui faisait ni chaud ni froid.
C'était si désolant… Une poupée sans sentiments qui se laissait transporter… Voilà ce qu'elle était devenue.
Elle monta les escaliers et passa devant son père sans qu'il ne la remarque. Elle n'avait plus sa place ici… N'est ce pas ?
Elle n'avait plus rien à apprendre de cette vie… Enfin… Peut être.
Elle entra dans sa chambre et la ferma à clef. Elle regarda les quelques photos de sa mère, un vague sourire triste sur les lèvres. Cette femme… Cet être emplit d'amour était morte il y a quelques mois d'une bronchite mal soignée. Son père avait préféré offrir des cadeaux hors de prix à sa maitresse au lieu d'aider sa femme. Il les avait ruinés pour une simple histoire de fesse. Il l'avait tué pour un simple orgasme.
Elle enleva une photo d'un vieux cadre verni et la plia, la mettant dans sa poche. Elle alluma son changea la musique de son portable tout en montant le son. Elle enleva les plis inexistants de son pull et respira un bon coup.
Elle ouvrit la fenêtre, transportée par les notes du piano et s'asseyait sur le rebord.
Elle se sentait de trop… Elle n'avait plus sa place parmi tout ce monde.
Elle entendait encore son père frapper sa nouvelle copine à coup de bouteille.
Elle avait tout essayé pour ne plus ressentir ce mal aise. Drogue, alcool, sexe, soumission… Tout y était passé. Mais rien à faire, elle avait l'impression de n'être qu'un pantin trop utilisé.
Elle baissa sa tête. Il n'y avait plus personne à cette heure là, une chance.
Et maintenant que sa mère était partie… Elle n'avait plus rien à faire ici… Non ?
Elle augmenta le son et se laissa glisser.
Peut être que comme ça elle n'entendra plus son père hurler ou frapper. Peut être qu'elle se sentira enfin à sa place. Peut être que quelque chose de meilleur l'attend là où elle va.
« Et l'ennui qui enlace mon corps disparaîtra enfin… »
Un souffle, de la fumée qui s'échappe de ses lèvres et des yeux qui se ferment.
Un étirement des lèvres…
Elle ne sentit pas le choc, son cœur s'étant arrêté en plein vol. La seule chose qu'on nota sur son cadavre, ce fut son sourire heureux.
|
||||||