
Des chapitres indépendants reprenant chacun un sujet plus ou moins phares de nos adolescents. "Arrêtes", "Qui suis-je?", "Ennuie..." et d'autres à venir. En espérant vous apportez une lécture éloignée du troisième thème et peut-être avec vos avis en résultat, pour permettre de m'améliorer et vous offrir de meilleurs écrits.
Rated: Fiction K - French - Spiritual - Chapters: 3 - Words: 1,509 - Reviews: 2 - Favs: 1 - Published: 02-19-13 - Status: Complete - id: 3102375
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A+ A- |
Premier chapitre de "Discussions existentielles", bonne lecture =)
- Arrêtes.
- Quoi?
- De te voiler la face.
- Mais de quoi tu parles?
- De toi. De lui. D'elle.
- Je ne vois pas pourquoi tu parles de ça.
- Tu ne vois pas? Mais est ce que tu en as conscience au moins?
- Arrêtes, s'il-te-plai, arrêtes.
- Non.
- Pourquoi?
- Parce que tu dois avancer.
- Et si je ne veux pas?
- Où tu vas comme ça?
- Nulle part.
- Et c'est bien pour toi?
- Et si je me foutais que ce soit bien?
- Juste, arrêtes.
- De tout façon, je ne vois pas de quoi tu parles.
- Je parle de ta façon de regarder ton portable, de retenir ton souffle à chaque message. De t'arrêter devant son nom dans tes contacts, de cacher le fait que tu n'as pas pu supprimer vos anciennes conversations. D'interdire qu'on aille dans tes images car les siennes y sont encore. Cette façon que tu as de cacher ton fond d'écran car c'est une photo de vous deux, ou encore cette façon de te tendre à chaque fois que tu entends sa voix. Ce reflexe que tu caches : celui de ton sourire lorsqu'il passe. Cette douleur dans tes yeux lorsqu'il passe avec elle et ce soupir quand il l'embrasse. Cette jalousie quand ils parlent.
- Tais-toi.
- Non. Il faut que tu réalises. Tu ne peux pas continuer à te comparer à elle, elle n'est ni pire ni meilleure qu toi, juse différente. Elle n'est pas plus belle, ni plus intélligente. Juste pas toi.
- Je le sais ça.
- Alors arrêtes de la détailler. Arrêtes de copier ces faits et gestes. Arrêtes de te forcer à sourire parce qu'elle sourit. Arrêtes de nous mentir.
- Tu ne comprends pas.
- Si. Tu as peur qu'en montrant ta douleur on en rie. Tu as peur que sans tes sourires on s'en aille. Tu as peur qu'en étant toi on fasse comme lui. Mais on est pas comme lui, on est pas lui.
- Je sais.
- Il faut que tu comprennes qu'il est parti. Et aucun de tes sourires, aucun rire forcé ne le fera revenir. Tout ce que tu peux vouloir c'est quelqu'un d'autre.
- Mais lui, c'était le bon.
- Non. Ce n'était pas le bon, il ne t'aurait jamais laissé dans ce cas. Il ne serait pas au bras d'une autre. Il ne rigolerait pas avec une autre. Il n'embrasserait pas une autre. Il ne t'aurait pas oublié.
- Ce que tu dis est affreux.
- Il faut que tu avances.
- Pourquoi je ne pourrais pas rester comme ça?
- Parce que tu te fais du mal. Tu te voiles la face et ne vois les gens qui sont autour de toi. Tu penses que tu es nulle alors que tu regorges de qualité. Tu voudrais avoir d'autres yeux, un autre visage, alors que les tiens sont parfais. Tu pleures le soir en souriant le matin. Tu cris la nuit et te tait le jour. Tu souffres. Ce n'est pas en le cachant, ce n'est pas en espérant laisser passer cette douleur qu'elle partira. Aucune activité ne te fera oublier ta solitude. Aucune d'entre elles ne le fera revenir. Tu te fais du mal, c'est tout. Il faut que tu penses à toi. Pour vivre. Pour toi. Pas pour lui.
- Mais pourquoi tu me dis ça toi?
- Parce qu'il est temps que tu arrêtes.
- Mais pourquoi maintenant, pourquoi toi?
- Tu n'es pas encore en état de l'entendre.
Et alors qu'il se levait pour prendre son bus, le vent emporta ses derniers mots :
- Parce ce que moi, je t'aime.
Des avis?
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