
Allan est muet. Sa vie se résume à un monde de silence…jusqu'à la rencontre de Kenan.
Rated: Fiction T - French - Angst/Friendship - Chapters: 6 - Words: 4,329 - Reviews: 18 - Favs: 2 - Follows: 7 - Updated: 04-21-13 - Published: 03-03-13 - id: 3105624
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Note de l'auteur : Voici la fic qui me tiens le plus à cœur, un peu ANGST mais juste ce qu'il faut. C'est la fameuse et unique fic dont j'ai finit le scénario ! Venant de moi c'est un miracle. Elle est pas mal basée sur l'introspection et la mélancolie et touche au thème du handicap.
Chapitre 1
Il était né dans le silence et il mourra dans un univers ouaté.
C'était ainsi, et si on lui avait demandé ce qu'il en pensait il aurait haussé les épaules et dit qu'il ne pouvait rien y faire alors autant en prendre son partit. Seulement, en plus d'être malentendant, il était muet. La nature l'avait doté de tous les atouts imaginables, un physique agréable, des yeux gris acier, des cheveux foncés, une peau pâle mais pas cadavérique mais aussi l'intelligence et une profonde gentillesse. Seulement son infirmité lui avait fait développer une profonde tristesse ancrée au cœur, il avait peu d'amis, peu de famille et peu d'espoir. Les filles quant à elles, l'aimaient bien mais son absence de paroles et de mots doux leurs manquaient ce qui conduisait toujours au même résultat : elles le quittaient. Aussi avait il résolu, il y a de cela 2 ans en arrière de ne plus sortir avec personne. Il s'était alors encore plus renfermé.
Ce garçon n'avait pas de nom, enfin plus exactement à ses yeux, car dans son monde on ne nommait pas les choses de la même manière. Il était juste lui. Pourtant ses parents l'avaient dotés d'un joli prénom mais avaient finit par l'appeler que très rarement. Pour lui signifier de venir ils sifflaient, mais c'était un sifflement mélodieux, modulé sur plusieurs notes. C'était devenu le nom de code du jeune homme.
Et maintenant, il entrait dans sa 17e année de vie il était dans un lycée réputé dans une section scientifique. Ses bonnes notes ils les avaient obtenues car c'était son seul passe-temps avec la lecture.
C'était un être tout en finesse et en souplesse qui dégageait un charme indéniable et une aura de mystère, personne ne savait ce qu'il faisait en dehors des cours.
La rentrée venait juste de commencer et il n'avait toujours aucun ami dans sa classe. Déjà, on l'avait exclu… Alors, solitaire, il s'était installé au fond de la classe.
Un jour, cependant, un nouveau retardataire déboula en classe. Il avait des cheveux argenté, certainement une couleur, mais en tout cas très réussie. Il avait aussi les yeux violets clairs, une couleur très rare, signe d'un gène récessif. Son allure avait interpellé le jeune homme… Pendant ce temps, l'impromptu retardataire s'excusa auprès du professeur et manifesta un large sourire au reste de la classe en guise de salut. Les murmures se levèrent sur son passage, signe qu'il ne laissait pas indifférent et qu'il allait sûrement devenir très populaire dans la journée qui suivrait.
Il s'installa devant sur la rangée de gauche, la même que celle du muet. Le « muet » était devenu le surnom attitrer du jeune homme dès le 2e jour et comme il n'avait rien manifesté quand on l'avait appelé ainsi, ce surnom avait été adopté. Il n'avait rien manifesté, cela ne veut pas dire qu'il n'avait rien ressentit, au contraire. Il avait été blessé par l'attitude de ses camarades, mais cela faisait tellement d'années que cela ce répétait, qu'il ne relevait plus.
Les cours continuèrent et s'intensifièrent dans la difficulté avant que la sonnerie libératrice de l'heure du repas interrompe le cours de physique quantique.
Le muet rangea ses affaires lentement car il était très ordonné, contrairement au nouveau qui avait tout fourré pêle-mêle dans son sac. Déjà celui-ci c'était fait des amis…
Le muet descendit les marche deux à deux, posa ses affaires au casier et se rangea dans la file pour le self, toujours seul, comme à son habitude.
Petit à petit cette masse avançait et le muet arriva enfin au niveau des plateaux. Il prit à manger : un menu relativement équilibré et se posa seul à une table à l'étage. C'était un grand lycée, donc avec une grande cafétéria à un étage. Il sortit de son sac en bandoulière un livre qui traitait de l'art de la guerre de Sun Tzu. Depuis tout petit, le muet aimait la compagnie des philosophes et notamment des grands penseurs asiatiques du temps jadis.
Il mangeait de sa main gauche et tenait son livre dans sa main droite, se délectant des mots s'étalant sous ses yeux. Lentement, il tournait les pages qui émettaient un doux chuintement. Le livre n'était plus de première date, aussi tournait t-il les pages avec précaution. Il était plongeait dans un monde haut en couleur, en images, en sons et en vibrations. Il pouvait voir défiler devant ses yeux les soldats chinois et entendre le cliquetis des armes. Mais il voyait aussi les cadavres ensanglantés qui parsemaient les chemins de terre.
C'était ça qu'il aimait et ce moment là était son préféré, celui ou il n'était plus confronté à SA violence quotidienne, lire celle des autres avait un effet de catharsis sur lui.
Aussi ne prêta t-il pas attention au jeune homme qui s'avançait vers lui. La vision du nouveau s'agrandit dans son champs visuel jusqu'à venir parasiter sa lecture.
Hey ! Salut !
Le muet releva la tête en sa direction et le regarda sans un mot. Son faciès n'exprimait rien.
hum… t'es pas un bavard toi ! Il le gratifia d'un sourire aimable. Dis-moi, tu aurais du sel à me filer ?
Le muet tendit la salière vers le jeune homme.
Merci ! répondit celui-ci d'une voix basse. Son regard s'était troublé un bref instant.
Le muet replongea aussitôt son nez dans son livre et alors cette scène apparut surréaliste au nouveau. Avait t-il rêvé cette conversation ?
Il retourna s'asseoir en silence et ne dit rien à ses camarades.
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