
C'est très court, venez lire ! Les commentaires sont les bienvenus !
Rated: Fiction K - French - Romance/Angst - Words: 1,694 - Published: 03-06-13 - Status: Complete - id: 3106506
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Mon premier texte en français pour ce site. Je ne sais pas si ça aura beaucoup de succès ou non, mais la suite en dépend. Si vous lisez et que ça vous plait, vous pouvez laisser un commentaire auquel je répondrai si vous êtes logués.
Merci et bonne lecture.
« Dis-le. »
Tu ne me regardes pas. J'insiste.
« Dis-le. »
Mais tes yeux examinent soigneusement le sol. Je me rapproche.
« J'ai besoin de l'entendre. »
Et tu relèves la tête. Soudainement, j'ai peur. Je ne m'attendais pas à lire tant de détermination dans ton regard. J'ai envie de revenir en arrière et d'oublier tout ce qui vient de se passer. Mais tu ne m'en laisses pas le temps.
« C'est fini. Toi et moi, c'est terminé. »
Ta voix n'a pas tremblé. Tu n'as pas cillé. Et je ne sais pas quoi répondre. Tout à coup, c'est moi qui ressens le besoin de baisser les yeux. Je pensais que tu refuserais de le dire. Je croyais que tu n'oserais pas sceller la fin de notre histoire. J'avais tort.
« Tu devrais y aller. »
J'ai le vertige et je sens les larmes monter très rapidement. Je me détourne. Il n'est pas question que tu me voies pleurer. Sans un mot, je prends mon manteau et quitte l'appartement. Dehors, il pleut. Pour une fois j'en suis heureuse. Je n'ai nulle part où aller dans l'immédiat. Je ne veux voir personne. Je m'adosse au mur de l'immeuble. Et je pleure. C'est aussi brutal que notre rupture. Je pleure sans pouvoir m'arrêter, et je me sens glisser au sol. Qu'ai-je fais ?
Les jours passent et se ressemblent tous. Je ne suis pas allée chercher mes affaires. J'ai envoyé une amie le faire pour moi. Il m'est impossible de remettre les pieds dans cet endroit où l'on a vécu tant de moments merveilleux. Je suis retournée dans mon ancienne colocation en attendant de trouver un logement à moi seule.
Je n'ai pas entendu parler de toi depuis. Je ne veux pas savoir. Je ne veux plus rien savoir. Je veux oublier.
J'ai trop bu. Je m'en rends compte dès que je me lève de mon tabouret. La pièce tourne, et mes jambes me portent à peine. C'est une bonne chose que je sois venue à pieds. Je sens les regards des inconnus qui me jaugent alors que je quitte le bar en titubant.
Comment ai-je pu laisser filer la plus belle chose qui me soit jamais arrivée ? Pourquoi n'ai-je pas réagi ?
J'ai envie de t'appeler. Je veux entendre ta voix, savoir comment tu vas. Et puis je réalise qu'il est tard, que tu dors peut-être déjà ou, pire, que tu es avec quelqu'un. Quelqu'un d'autre que moi.
Et je pleure à nouveau.
Cette nuit-là, je fais un cauchemar tellement intense qu'il me réveille. Je ne m'en souviens pas, une fois que j'ouvre les yeux. Mais je devine à quel point il était affreux. J'ouvre la fenêtre, et la fraîcheur de la nuit emplit la pièce. Je respire à fond. Il est temps que je reprenne ma vie en main. Trop de semaines ont passé et je me dois de réagir. Je t'ai perdu, toi. C'est déjà bien trop.
Il fait soleil, quand je te croise pour la première fois depuis notre séparation. Mon cœur se serre lorsque je t'aperçois. J'aimerais faire comme si tu n'étais pas là et rebrousser chemin, mais c'est trop tard. Tu m'as vue. Tu me fais signe, et je m'approche. On est là, face à face, silencieux. Tu es encore plus beau que dans mes souvenirs. Je tente un sourire afin de briser la glace. Tu me demandes comment je vais et je me force à mentir. Mais tu es pressé. Trop vite, on se sépare. Tu me tournes le dos et je te sens m'échapper une nouvelle fois. La douleur est toujours aussi forte et je n'arrive plus à la supporter. Il faut que je fasse quelque chose. N'importe quoi. Il faut que tu saches.
Je prends encore une longue semaine à me décider et à débattre avec moi-même : y a-t-il encore quelque chose à sauver ou est-ce déjà trop tard ? De toute part, on me dit de ne pas renoncer. J'entends dire que tu es malheureux depuis que je suis partie et ça me brise un peu plus. Je n'ai jamais voulu te faire de mal. C'était inévitable, pourtant. Je l'ai vu venir et je n'ai pas su réagir. C'est comme ça, quand je suis heureuse. Je trouve toujours un moyen de tout saboter. Pourquoi notre relation échapperait-elle à la règle ?
Peut-être parce qu'il y a toujours une exception.
J'ai répété mon discours des dizaines et des dizaines de fois. Les mots ne sont pas mon fort c'est bien pour cette raison qu'on se retrouve dans cette situation toi et moi. Mais l'idée de te perdre à jamais est bien plus effrayante que celle d'ouvrir mon cœur.
Deux ans. Deux ans d'une histoire incroyable qui prennent fin à cause de ma stupidité. C'est le déclic tant attendu. J'espère que tu sauras me pardonner. Parce que tu es tout ce que j'ai.
Ça fait bizarre, de devoir frapper à la porte de son propre appartement. J'ai vu ta voiture garée en bas de l'immeuble alors je sais que tu es là. J'entends tes pas se rapprocher et je prends une grande inspiration. Je n'ai plus qu'une seule carte à jouer et c'est le moment de l'abattre.
La porte s'ouvre et je croise ton regard. J'y lis de la surprise, évidemment, mais aussi quelque chose d'indiscernable. Je préfère ne pas savoir. Tu m'invites à rentrer et refermes la porte derrière moi. Et tu attends que je parle.
Pendant de longues minutes, je révèle des choses que j'avais tues jusqu'à présent. Je te raconte des souvenirs d'enfance, des évènements qui m'ont marqué et qui ont forgé ma personnalité. Pour comprendre ce qui est allé de travers, je ne dois rien cacher. Je t'explique pourquoi je suis si gardée, si réservée. Pourquoi j'ai tant de mal à parler de ce que je ressens.
Tu ne m'interromps pas une seule fois, même si je remarque que tes mains se sont crispées sur tes genoux. Tu ne savais rien de mon passé seulement ce que je voulais bien te dire. Maintenant, tu comprends. Et tu es en colère. Peut-être triste, aussi, que je n'aie pas su te parler plus tôt.
Enfin, j'arrive au bout de mon monologue. S'ensuit une longue minute de silence durant laquelle tu me regardes droit dans les yeux. Je ne flanche pas. Pour une fois, je ne cherche pas à comprendre le message que tu tentes de faire passer à travers un regard. Je n'ai pas envie de penser, je n'ai pas envie d'essayer de lire en toi. Je suis vidée. Je sens que tu n'es pas prêt à répondre. Les rôles sont inversés, car c'est à toi que les mots manquent désormais.
Je ne sais pas combien de temps nous restons assis, face à face, en silence. C'est le klaxon d'une voiture, quelque part au dehors, qui me ramène à la réalité et me sort de ma torpeur. Je me lève et me dirige vers la porte. J'ai dit ce que j'avais à dire. Je t'ai demandé pardon. La balle est dans ton camp.
Je n'ai même pas encore rejoint ma voiture lorsque je t'entends crier mon nom. Je me retourne, et tu es là, tout essoufflé d'avoir couru pour me rattraper. Tes joues sont rougies par l'effort et par le froid, et tes yeux brillent. Jamais je ne t'ai trouvé aussi beau. Tu mets quelques secondes avant de parler.
« Est-ce que c'est vrai, tout ce que tu viens de me dire ?
- Oui, je réponds. »
Je n'ai aucune raison de te mentir, j'ajoute mentalement.
« Pourquoi j'ai jamais rien su de tout ça ?
- Parce que je n'avais pas envie de ressasser de mauvais souvenirs.
- Mais t'aurais dû m'en parler.
- Je sais. Je savais pas comment.
- Ces jours sans toi… »
Ton regard se perd dans le vague et je te connais assez pour savoir que tu vas te mettre à parler.
« Je ne veux plus de secrets entre toi et moi. Je ne veux plus avoir de mauvaises surprises.
- D'accord, je m'empresse d'acquiescer.
- C'est pas tout. Je… Tu peux pas imaginer comme j'ai souffert à cause de tout ça.
- Je crois que si, j'imagine très bien. Je te promets de faire des efforts. »
Enfin, tu me souris. Je sais que notre histoire a pris un gros coup et qu'elle en est fragilisée, mais je ne peux m'empêcher de penser que désormais tout ira bien. Tu me prends la main et me serre contre toi. Tu m'as manqué à un point inimaginable. Je sens des larmes rouler sur mes joues et je me blottis un peu plus dans tes bras.
Puis je le dis une première fois. Et une deuxième. Je veux me rattraper pour tout le temps où je n'ai pas su te dire ce que je ressentais à ton égard. Tu resserres ton étreinte à chaque mot que je prononce. Comme si tu avais peur que ce ne soit qu'un rêve, et que j'allais t'échapper.
Je ne sais combien de temps nous restons là, en pleine rue, enlacés, seuls au monde. Je crois que je n'ai jamais été aussi heureuse. Jamais.
J'espère que ça vous a plu !
BloodInTheFields
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