Auteur : Mimi Yuy

Email : mimimuffins@yahoo.fr

Origine : Fic originale ! ^_^

Disclamer : Ben pour une fois tous les personnages sont à moua ^___^.

Genre : Heu….une petite nouvelle sur le thème de la rumeur. Un peu pas très joyeuse dirons nous ^_^

RUMEURS

Voilà bientôt deux semaines que je suis enfermé dans cette sordide cellule et malgré mes efforts je ne parviens toujours pas à comprendre pourquoi ces gens sont si assoiffés de sang. Dans mon pays, personne n'aurait jamais osé calomnier sur son voisin tandis qu'en ce lieu personne ne semble connaître le sens des mots vérités et justice. Je me demande si je pourrais un jour revoir ma famille, mes chances sont maigres je m'en rends compte aujourd'hui. C'est pourquoi j'écris sur ce vieux journal boueux mon histoire. Je n'ai réussi à trouver pour seule encre que le sang d'un vieux corbeau venu crever à mes pieds et à qui j'ai pu extirper une plume dure comme de la pierre.

Mon histoire est hélas des plus courtes.

Partis vers la grande ville dans l'espoir de trouver un travail j'en vins à faire étape dans ce village de campagne. Je sais que ces dernières années n'ont pas été faciles après la révolution mais de ma vie je n'avais jamais vu d'endroit si triste et désolé. Les rues et maisons n'étaient que crasse et boue et plus étrange encore personne ne s'y pressait.

Malgré une pluie battante, il est rare de trouver une ville ou un village sans passant, car même si tous ses habitants se camouflent dans leurs bâtisses, il est encore plus étrange de ne pas voir de chiens ou chats longer les murs à la recherche d'un maigre festin. Mais ici on n'aurait pas même aperçu un seul rat.

Prolongeant ma marche je me rendis compte que la totalité des villageois s'étaient réunis pour une bien triste réalité : l'exécution d'un de leur concitoyen. M'approchant, je compris que malgré l'humidité ambiante le châtiment choisi avait été le bûcher. Et alors que des hommes s'affairaient à préparer ce dernier, le condamné arriva. Je ne le distinguais pas au début mais au fur et à mesure qu'il avançait, je ne pus réprimer un haut de cœur. La personne qui allait être tuée par la mort qui est sans nul doute la plus atroce était une magnifique jeune femme.

Jamais de ma vie je n'avais vu pareille beauté. Elle était aussi maigre qu'un corps puisse supporter et malgré tout, on pouvait lire de merveilleux traits façonnant à la perfection l'ensemble de son visage. Sa longue chevelure d'un brun soyeux semblait ne jamais s'arrêter, et tandis qu'elle marchait pieds nus vers sa mort aussi digne que puisse l'être un individu à ce moment précis, la foule prise d'un véritable délire collectif se mit à lui jeter toutes sortes de projectiles, lui crachant au visage.

Subjugué par son corps, fasciné par sa beauté, j'aurais donné ma vie alors pour la sauver, mais je ne pouvais rien faire si ce n'est l'aimer et l'aider de mon mieux pour ses dernières minutes de vie dans ce monde cruel.

Attachée au bûché, un homme lui annonça qu'elle serait brûlée pour sorcellerie et pacte avec le diable. Il finit par lui demander si elle souhaitait avoir la pitié de ses pères pour le salut de son âme. Elle se contenta de répondre : " Dieu connaît ses brebis, il sera les différencier des loups qui peuple son troupeau. ".

Il finirent par faire prendre le feu et bien que brûlant vive, cette femme au courage exceptionnel n'émit pas même un murmure.

Je me rends bien compte que je ne savais rien d'elle mais tout, jusqu'au plus profond de moi-même me poussait à croire qu'elle ne pouvait être coupable de ce pour quoi on la jugeait. Bouleversé par la scène, écœuré par l'odeur et la stupidité de ces gens, je ne pus réprimer quelques larmes de compassion pour cet être que j'aurais tant aimé connaître. C'est alors qu'une femme près de moi se mit à crier, hurlant à tout vent qu'elle venait de voir le diable prendre possession de mon corps. Alors que je tentais de la raisonner, d'autre prirent le relais affirmant qu'elle avait raison que certains même me connaissaient assez pour savoir que je parcourais les chemins en quête d'un maître en sorcellerie.

Désorienté, je me rendis compte alors trop tard que les deux hommes vêtus d'un semblant d'uniforme et venus me porter secours en dispersant la foule, n'étaient autre que les bourreaux. C'est donc ainsi qu'ils m'emmenèrent dans une cellule pendant que des hommes se pressaient à installer un tribunal de fortune au pied même du bûcher ou gisait encore le corps carbonisé de ce qui avait été un jour une femme. N'ayant pas même le droit à la parole pour me défendre, puisque trop possédé pour tenir des propos censés, une série d'hommes et de femmes se pressèrent afin de pouvoir venir prêter serment et me calomnier des pires horreurs. C'est ainsi qu'en moins de deux heures, on me condamna à la mort par guillotine pour infidélité à notre Seigneur "Dieu tout puissant".

Je n'ai alors et jusqu'à présent jamais pu m'exprimer sur ce dont on m'accuse. Jamais je n'ai vu de justice aussi diabolique et bien qu'espérant la venu d'un prêtre à qui je puisse me confesser et m'expliquer, je sais à présent que je me suis fait prendre dans un filet sans faille auquel personne n'aurait su se sortir.

Voilà que je les entends, ils viennent me chercher, d'ici moins de cinq minutes je serai guillotiné. Mon seul souhait à présent est de trouver une âme compatissante, une seule âme qui sous l'apparence d'un homme ou d'une femme puisse me sourire afin de m'aider à passer les portes de la mort. Je n'ai rien à me reprocher, je sais que ma vie dans ce monde fut courte mais juste et bien rempli, nul doute que l'au-delà me sera doux et paisi…

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Prisonnier de ma cellule, cela fait trois jours que je lis et relis ce que j'y ai trouvé à mon arrivé. Il s'agit d'un vieux journal de campagne sur lequel est décrit en encre rouge les derniers jours d'un condamné. Ce condamné, curieusement je l'ai connu. Oh ! Pas longtemps mais la demi minute durant laquelle il m'a fixé, a suffit pour que je me prenne à avoir pitié de lui, sans même connaître la nature de son crime. A présent, je me dis que le regard d'un homme vaut bien une flèche tirée en plein cœur car à peine finissait-il de mourir que quelque chose d'inexplicable se jeta sur moi, tel un fauve assoiffé de sang. Cela n'avait rien de physique ni même de spirituel, non il ne s'agissait que d'un infime brouhaha de murmure, quelque chose d'inquiétant et d'attirant, une machine sans âme ni structure, régie par aucune règle.

Elle était là, marchant, courant surgissant du néant car dans cette ville où les Hommes passent au gré des destins, la Rumeur est là, jamais loin, toujours prête à prendre naissance et à se laisser porter par ces hommes et femmes vivant à son service. Cette ville je ne la quitterais jamais, à présent je le sais, alors que Dieu me vienne en aide.

Fin