Auteur : Mimi Yuy

Email : mimimuffins@yahoo.fr

Origine : Fic originale, donc de ma création ^__^

Disclamer : Personnage à moua et rien qu'à moua ^_______^

Genre : Bonne question. Pour une fois je l'ignore totalement. Disons une plongée dans les liens filiaux !

Remarque : Je ne suis pas sûre que cette histoire vous apporte beaucoup. Pour moi, il s'agit juste d'un de mes rêves que j'ai souhaité mettre par écris. Chose faite, je m'attelle à présent à recopier les notes mises sur le papier pour vous retranscrire avec mes mots, les images et sentiments qui m'ont été données de voir et ressentir au cours de cette nuit.

Oniisan

3. Soirée d'anniversaire.

Cela faisait aujourd'hui un peu plus de deux ans qu'il l'avait retrouvé près d'une cabine téléphonique. Un adolescent à l'allure fragile qui cachait un jeune homme devenu un adulte responsable avant l'heure. Un gamin qui n'avait jamais baissé les bras malgré toutes les épreuves que la vie lui avait imposé. A présent, ils étaient l'un pour l'autre, leur dernière famille. Une proximité constante et leur intérêt commun pour une richesse qu'ils avaient du partager auraient pu être les raisons suffisantes d'une haine réciproque. Et pourtant, ils n'en étaient devenues que plus proche encore.

Aujourd'hui ils s'apprêtaient à fêter l'anniversaire de Nicolas. Autant lui n'aimait pas fêter le sien, synonyme de la mort de ses parents, autant son frère méritait que l'on n'oublie pas le jour important de ses dix huit ans. Pour l'occasion, il lui avait prévu une soirée qu'il espérait être une surprise. Attendant la vedette du jour sur son lit, il se demandait s'il pourrait encore arriver à l'heure au restaurant.

- Nicolas, pourrais-tu te presser ?

Le dit jeune homme sortit enfin de sa salle de bain plus beau que jamais. Son pantalon noir moulant lui allait comme toujours à ravir. Tandis que le pull léger, noir anthracite au col en V, était si décolleté pour lui qu'il ne recouvrait pas le moins du monde sa gorge.

- Tu m'as encore piqué mon pull.

- Je vois pas en quoi ca te dérange, puisque tu le mets plus.

- Je le pourrais, si seulement il se trouvait de temps à autre dans mon armoire.

Une jolie langue tirée en guise de conclusion et il fut décidé qu'ils partaient enfin.

- Pourquoi tiens-tu à ce point à aller au restaurant ? Je préfère quand on reste seuls à la maison.

- Aujourd'hui est un jour spécial que je n'ai pas envie de fêter avec un gâteau fait maison.

- Je ne vois pas ce que tu reproches à ca.

Ne voulant surtout pas lancer une quelconque polémique sur cette épineuse question, les deux jeunes gens ne dirent plus un mot avant de se trouver devant les portes du restaurant choisit par Christian.

- Chris.

- Hum ?

- T'es sûr que c'est ouvert ?

- Vas y, je te dis.

Bien qu'il était persuadé que l'établissement ne pouvait être que fermé aux vues de l'absence de toute lumière, le jeune homme y entra malgré tout en poussant la porte tambour. Comme il le pensait, il n'y avait personne, jusqu'à ce qu'une lumière éblouissante ne soit projetée sur lui et qu'un nombre incalculable de personne lui crie d'une même voix le commun mais de circonstance :

- JOYEUX ANNIVERSAIRE !!!!!!!!

Il ne lui en fallait guère plus pour comprendre que son frère était l'investigateur de cette surprise. Dire que lui refusait catégoriquement de fêter son anniversaire et qu'il l'obligeait lui, à vivre ça. Enfin, il avait lui-même trouvé une parade. Au lieu de lui offrir un cadeau le jour de sa naissance, il avait prit l'habitude de lui célébrer de la même manière celui de sa fête. Une compensation pour qu'il ne soit pas en reste de démonstrations d'amour.

- Merci.

Se tournant vers le responsable de cette Surprise Party, il ne put s'empêcher de lui faire les yeux ronds.

- Mais tu exagères.

- Pas le moins du monde. Je ne tiens pas à ce que tu restes aussi renfermé que moi. Tu as des amis et je souhaites que tu les vois le plus possible.

- Alors encore merci.

Un baiser sur sa joue et il partit dire bonjour à la longue liste de ses invités. Il n'avait oublié personne. Tous ses camarades de l'école hôtelière où il avait repris ses cours deux ans auparavant dans l'objectif de devenir chef cuisinier, le personnel qui travaillait à la maison et qui n'était rien d'autre que des amis pour eux deux, ses amis d'enfance qu'il avait perdu de vu après la mort tragique de sa mère et même les quelques amis qu'il s'était fait lors de ces deux années difficiles et qu'ils avaient aidé de leur mieux à remonter eux aussi la pente. L'un d'eux tenait à présent un garage et une jeune fille son propre salon de coiffure où les colorations ressemblaient enfin au ton demandé. D'ailleurs c'était toujours chez elle qu'ils se rendaient. Et finalement Nicolas conservait cette drôle de coupe, aux cheveux courts tirant un peu sur le roux.

Il le regardait à présent aller de table en table, danser en changeant sans cesse de compagne. Au creux du ventre il ressentait comme toujours cette peur sourde et brûlante, d'apprendre un jour qu'il avait enfin trouvé la personne avec qui il désirait poursuivre sa vie. Une angoisse de plus en plus présente car il ne faisait plus aucun doute qu'à son âge, Nicolas finirait très vite par tomber fou amoureux d'une jeune et jolie jeune fille. Ce ne serait très certainement pas pour la vie mais chaque futur amante l'enlèverait à lui un peu plus à chaque fois.

Ne pouvant broyer ainsi du noir plus longtemps, il sortit de nouveau de l'ombre après la découpage en règles du gâteau d'anniversaire, une composition faite de plusieurs vacherins pour la cinquantaine d'invité qu'ils étaient. Arrivait alors le moment de l'ouverture des cadeaux. Ces derniers furent de tous types. Couteau de cuisine d'un admirateur, blouson de cuir, préservatifs /menottes de la part du comique de service, quelques babiole en tout genre et puis vint enfin son tour. Ayant attendu que tous repartent à la fête et sur la piste de danse, il s'approcha enfin de son frère pour lui remettre un jeu de clefs.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Mon cadeau.

- Je m'en doutais un peu. Mais que suis-je censé ouvrir avec elles ?

- La porte de ce restaurant.

- ….

- Il est a ton nom. Tes études terminés, tu en deviens le propriétaire et chef si tu le souhaites. En attendant, il y a déjà une équipe entière mise à ton service, dont un second qui se chargera de tout en ton absence. Il sait par son contrat que tu es son patron avant son élève.

- ….

- Ce ne te plait pas ?

Dire qu'après tant de temps passé à ses cotés, il pouvait encore le surprendre de la sorte. A la vue des clefs, il s'attendait à recevoir la sempiternelle voiture ou moto pouvant aller avec le passage de son permis de conduire. Mais non, son frère avait voulu jouer la carte de l'originalité en lui offrant ce dont il avait toujours rêvé le plus au monde : un restaurant. Son restaurant.

- Les lettres ?

- Non, toi. Toi et ton travail acharné à vouloir devenir le meilleur. Toi et tes dîners des plus divins que tu m'offres chaque jour qui passe. Cela fait longtemps que je ne me fit plus aux lettres pour te connaître.

Il m'a dit tout cela en posant avec sa douceur coutumière une main sur ma joue. N'importe qui pourrait trouver notre relation parfois ambiguë mais je ne l'échangerais pour rien au monde. Je l'aime tant et ce depuis le premier jour où je me suis réveillé dans ses bras. Ne pouvant lui exprimer mieux mes remerciements les plus sincères, je me contente de le serrer fortement contre moi, mes mains liées à son cou. Je sais qu'il apprécie quand je lui offre pareille étreinte alors ce soir je n'hésite pas et la lui donne de tout mon cœur.

- C'est beaucoup trop.

- On ne contredit pas son tuteur.

- Alors merci, merci, merci……

Je ne peux expliquer la sensation qui s'impose à moi quand il agit ainsi. Je l'aime tant que c'en est douloureux de devoir me contenter qu'en de très rare occasion de le sentir ainsi tout contre mon cœur. Alors qu'il a lié ses bras autour de mon cou, je me penche pour qu'il ne soit pas obligé de rester sur la pointe des pieds et pose avec délice mon propre visage dans ses cheveux à l'odeur de miel. Comment réussirais-je un jour à lui montrer tout l'amour que je ressens pour lui.

*********

La fêtes est terminée. Il est six heures du matin et nous rentrons épuisé de cette nuit infinie. Pourtant, il reste encore quelque chose que nous devons partager ensemble, rien que lui et moi. Alors que nous entrons enfin dans cette maison qui fut la mienne avant de devenir la notre, je le prend par la main pour l'entraîner vers la cuisine. Habitué que je me comporte ainsi avec lui, il ne réagit pas, attendant ce que je souhaite lui montrer. Sur la table se trouve en effet un petit gâteau dont une observation rapide pourrait démontrer qu'il lui manque une partie de sa base.

- Désolé mais il a quelque peu collé au moule.

Que voulez-vous, moi je ne fais pas l'école hôtelière mais une université financière. A chacun son domaine. Cela n'empêche pas que je tente chaque année de lui faire le gâteau dont il m'a appris la recette lors de son premier jour passé dans cette demeure.

- Non, je le trouve plus réussi que l'année dernière.

- C'est vrai qu'il n'est pas brûlé cette fois-ci.

Il m'embrasse pour la seconde fois de la journée sur la joue pour me remercier de mes efforts et s'assoit sans plus attendre me regardant fixement. Il sait que la tradition veux que je lui allume ses bougies. Alors il les soufflera et seulement ensuite nous mangerons une part de cette chose étrange au chocolat.

*********

Ma pâtisserie avalée nous montons enfin dans nos chambres. Chacun va se changer et comme parfois, je reviens par la suite le voir pour m'assurer que tout va bien pour lui. Je m'étonne encore qu'il ne m'en veuille pas de me voir sans cesse derrière lui à toujours m'assurer qu'il n'a rien. J'ai besoin de le savoir en bonne santé, heureux et en sécurité. Lui n'a pas encore craqué face à tout cela. Pourtant je ne doute pas que ce ne soit plus qu'une question de jour pour qu'il me renvoi définitivement de sa vie. J'entre donc dans sa chambre non sans avoir oublié de frapper et le voit comme toujours debout portant encore l'un de mes pyjamas trop grands. Pourquoi s'obstine t'il à refuser de porter autre chose que mes vêtements.

- Tu n'en as pas assez de marcher dessus ?

A ma question, il observe le bas du pantalon effectivement trop longs d'une quinzaine de centimètres avant de sourire et nier de la tête.

- Tu viens me border ?

- Si tu le souhaites.

Aussitôt je le vois qui saute dans son lit. A croire que ce n'est pas 18 mais 8 ans seulement qu'il vient d'avoir. En fait, nous ne sommes pas dupe le moins du monde. Un psychiatre que nous avons été voir tout les deux, nous a longuement expliqué que nous ne faisions que vivre enfin tous ces moments intimes pouvant exister entre deux frères. Instants qu'il ne nous avait pas été possible de partager lors de notre enfance séparée. C'est ainsi qu'à 18 et 22 ans nous nous amusons encore à faire des gâteaux au chocolat pour les dévorer la nuit, que l'on partage parfois notre lit et que nous veillons, bonbons en renfort durant les nuits spéciales films d'horreurs. Cela n'a rien d'étrange d'après ce spécialiste. Alors pourquoi nous en priver quand nous préférons cela à sortir dans des boites de nuit enfumées.

Ce soir ou plutôt ce matin, je le borde et l'embrasse une dernière fois sur le front avant de le quitter quand il me retient d'une main accrochée à mon poignet.

- Que se passe t'il ?

- Reste.

Me disant cela, il soulève un coté des couvertures dans une invitation très explicite à venir partager son lit le temps de cette nuit. Ne pouvant pas résister à une telle demande à laquelle est associée un regard noisette qui me fait fondre, je me glisse à mon tour sous les draps avant qu'il ne se laisse prendre entre mes bras. Soudainement en manque d'affection, il pose alors sa tête sur mon torse, laissant ainsi à mes mains le loisir de venir se perdre dans ses boucles rousses.

- Pourquoi n'es-tu jamais avec personne ?

- Comment ça.

- Depuis que je te connais, je ne t'ai jamais vu avec une petite amie ou petit ami.

- Parce que personne n'a encore réussi à me séduire suffisamment, je suppose.

- Et cela ne te manque pas ?

- non.

J'ai honte de lui mentir aussi facilement. En réalité depuis deux ans, j'aime une personne d'un amour fou et sans limite. Comment pourrais-je alors tromper ces sentiments en partageant ma vie avec un autre. J'ai bien tenté l'expérience au cours de quelques nuits mais c'est toujours lui que je recherche, lui que je vois à travers toutes ces femmes et tous ces hommes que j'ai pu rencontrer. Je ne sais comment ma vie privée pourra un jour se développer, si elle se développe seulement un jour. Mais une chose est sûre, jamais je n'aimerais comme je l'aime lui. Dans le silence du petit matin, je le lui souffle comme chaque jour.

- Je t'aime.

- Quand perdras-tu cette habitude de me le redire sans cesse ?

- Quand je saurais que tu le crois réellement. Quand tu comprendras que cela n'a rien d'un gentil mensonge voué à te garder près de moi.

- Je croyais t'avoir prouvé que c'était déjà le cas.

Seigneur, si seulement il savait que je comprend le sens de ses paroles. Moi aussi je l'aime à un point que c'en est inhumain. Il es la seule personne qui n'ai jamais pris soin de moi, si on excepte ma mère. Et encore, malgré tout l'amour que je ressens aussi à son égard, je ne pourrais jamais oublier qu'elle ne pensait jamais qu'à cet homme. Qu'elle ne voyait que lui à travers moi. Qu'elle ne vivait que pour ses lettres qui lui étaient destinées. Non personne au monde ne m'a jamais montré autant de tendresse et de présence que lui. Si seulement il ne nous avais pas prouvé que nous étions frère. Si seulement je n'avais pas été le fils de cet homme.

- Chris.

- Hum ?

- Moi aussi je t'aime.

Sachant pertinemment que leurs sentiments réciproques ne pourraient jamais être partagés et échangés comme ces derniers auraient pu l'être en d'autres circonstance, les deux jeunes hommes se contentèrent de rester blottis l'un contre l'autre. Dans cette bulle de tendresse et d'amour ils ne perdirent pas pour autant l'essentiel. Ils voulaient vivre heureux et avaient entre leurs mains la clef de ce bonheur. Cette nuit là fut différente de toutes les autres. Nul ne sut depuis avec exactitude ce qui liait réellement ces deux frères. L'histoire dit juste qu'ils ne quittèrent jamais cette maison où tout avait débuté.

Fin.

Mimi yuy

9 mars 2003

Voilà. Aussi long que cela puisse vous sembler, il s'agit bel et bien d'un rêve fait le temps d'un dixième de seconde comme le dit les médecins. Le sujet est d'autant plus étrange que je ne suis qu'une femme. Mais bon, on ne décide pas de nos rêves, ce sont eux qui s'imposent à vous.

Envie de vous dire bonne nuit. (c'est qu'il est 2h30 pour moi alors que j'écris ces dernières lignes ^_^;;)