Auteur : Cathy (jedicathytiscali.fr)

Genre : fantasy, slash/yaoi/shonen ai, bref des hommes qui se tripotent, donc si vous n'aimez pas, ne lisez pas !

Rating : R (lemon, un peu de violence, de sang...)

Disclaimers : bas les pattes ! tout est à moi, les persos, le monde d'Aria et l'histoire bien sûr

Note : ouf ! Au mon dieu j'ai ENFIN fini ce 7e chapitre ! Beaucoup de travail, problèmes d'ordi et problèmes d'inspiration, ça n'a pas aidé pour avancer. Maintenant je vais réfléchir au plus vite au chapitre 8 et essayer d'aller plus vite quand même ;;;
J'aimerais citer 2 secondes le très beau clip Vidrar vel til loftarasa du groupe Sigur Ros, qui m'a pas mal motivée.

Sinon j'aimerais remercier tous mes lecteurs de leur reviews. Vous avez le droit de me disputer pour la lenteur avec laquelle j'ai écrit ce chapitre et de me botter pour que j'écrive le suivant, je le mérite amplement ! Je vous remercie tous !

Alma de sangre

Chapitre 8

Feyl resta un long moment interdit en observant la, ou plutôt le nouveau venu.

Fin, élancé, de taille moyenne, rien ne laissait soupçonner sa véritable nature. Sa pomme d'adam semblait être abilement cachée par le petit col de sa robe ; sa taille était amplifiée par la jupe ressérée au niveau du bassin et légèrement bouffante ; ses doigts étaient fins ; ses cheveux, blonds foncés, qui de plus près étaient visiblement assez courts, étaient cachées par une de ces grandes capelines à la mode chez les grandes dames de la ville. Tout le déguisement était fait pour que même dans les détails, le jeune homme ressemblât à une jeune femme.

Feyl avait déjà entendu parler de ces gens là. Il avait certes déjà vu des travestis qui arpentaient les bas-fonds d'Ysh. Mais ceux-là n'avaient pour simples caractéristiques que de se maquiller grossièrement et de mettre une robe criarde. On disait que les travestis de haut-rang, ceux qui cotoyaient les nobles et la grande bourgeoisie étaient des femmes à part entière, si on exceptait leur pénis bien caché sous les froufrous des jupons. Et Feyl en voyait enfin un ici, dans ce lieu insolite qu'était l'île pirate.

Feyl fut alors interrompu dans son étonnement quand le dit travesti se jeta littéralement sur lui :
Et bonjour toi que je ne connais pas ! dit-il avec un immense sourire. Je suis Riel.

Feyl se renfrogna aussitôt. Il n'allait pas laisser un tel personnage de fois l'impressionner tout de même !

Je suis juste de passage, bougonna-t-il.

Le travesti le regarda avec de grands yeux marrons :
Juste-de-passage ? C'est un nom bizarre ça... quoiqu'il y avait une tribu dans le Nord d'Aria qui donne des noms comme ça à leurs enfants... Nuage dansant... Rocher solitaire... Tu viens de là-bas ? Quoique tu ne leur ressembles pas. Mon père en a déjà reçu pour ses affaires. Ils sont vraiment très intelligents. Ils m'ont montré que...

Feyl n'en revenait pas.

Il se serait bien mis en colère en pensant que le jeune travesti se moquait joyeusement de lui. Mais il n'y avait pas une once de moquerie dans son attitude... Il disait tout cela, tout à fait sérieusement... De toute façon, il n'aurait pu en placer une. Feyl n'en revenait pas qu'une personne puisse parler autant d'un seul coup. En cinq minutes, il avait au moins appris une dizaine de choses sur ce moulin à paroles, de la folle histoire du sauvetage de son chat qui était coincé dans un arbre aux plantes qu'il aimait aller cueillir dans les bois.

Feyl détourna alors les yeux vers les trois autres qui, apparemment, emblaient réellement amusés de la prestation du travesti.

Lost s'avança alors un peu et le prit par les épaules :
C'est bon Riel... Notre jeune ami est fatigué je crois...

Riel leva les yeux vers le pirate et lui sourit gentiment avant de reporter son attention sur Feyl :
Excuse-moi... je parle beaucoup...
J'ai remarqué, répondit froidement Feyl.

Il jeta un coup d'oeil à Lost. Ainsi c'était ça : le pirate faisait venir ses mignons de la ville. Ce qu'il avait pensé de prime abord à son sujet était donc bien vrai. Il était tombé chez une horde de pirates pervers qui avaient décidé de le garder à leur merci... comme si il allait se laissait faire...

Il faudra l'éduquer celui-là, Lost, s'était exclamé la jeune femme. Tu as toujours le don de ramasser les pires mauvaises graines que tu trouves... D'ailleurs, je te prendrai un supplément pour avoir ramener celui-là, continua-t-elle en pointant Riel. J'en ai encore mal à la tête de toutes ces histoires...

Feyl n'avait cessé de regarder la femme pirate depuis qu'elle avait parlé.

Vous vous êtes regardé vous ? murmura-t-il méchamment en la fixant.

La femme le regarda de haut.

Ecoute petit. les merdeux dans ton genre, je les matte à coups de bottes dans les couilles, alors tiens toi à carreaux.
C'est bon Ann... Il est un peu nerveux, laisse-le, intervint Lost en s'allumant un cigarillo.
Feyl regarda Lost puis la femme pirate :
Et les salopes de ton espèce finissent toute par faire le tapin sur le trottoir... à moins que tu ne le fasses déjà sur ton navire...

Feyl n'eut pas le temps d'en dire plus qu'une hache s'abattit sur lui.

Il ferma les yeux...

Et les rouvrit quand il ne sentit rien : la hache s'était arrêtée à à peine une centimètre de son cou.

Tu ferais mieux de la fermer pour de bon, gamin. Tu as de la chance d'être avec Lost, sinon tu serais déjà de la bouffe à requin, répondit-elle froidement des éclairs dans les yeux. Lost, on se voit demain, et attache-le qu'il apprenne les bonnes manières...

Elle tourna aussitôt les talons pour s'éloigner.

Feyl la fixa d'un air mauvais.

Non mais, pour qui se prenait-elle ?! Cette putain des bas-fonds qui se donnaient de grands airs et qui pensaient lui faire peur ! Plus personne ne le traiterait jamais ainsi ! Et surtout pas une bonne femme qui pensait que sa hache lui conférait assez de pouvoir pour traiter tout le monde comme un ramassis d'ordures ! Elle ne méritait pas cette hache ! Elle ne méritait pas ce qu'elle tenait comme un trésor !

Petit à petit, la hache commença à goutter d'un liquide claire et limpide, suintant le long de la lame.

Plus jamais elle ne l'aurait.

Le liquide se fit plus abondant au fur et à mesure que les formes de l'arme s'estompait. La femme regarda alors ce qui se passait d'un air incrédule.

Elle ne la méritait pas.

La hache finit par disparaître en une immense flaque d'eau claire au pied d'Ann la pirate sans que personne n'ait eu le temps de bouger.

Et se fut le trou noir.

Feyl... Reste-là... Tu ne crains rien là... Je reviens te chercher... Attends-moi là...

Attends-moi...

Adrian...

L'odeur du sang...

Adrian... J'ai froid... Adrian...

Feyl ouvrit difficilement les yeux :
Adrian...
Non moi c'est Riel, lui sourirent des yeux caramel.
Ri-el...?

Feyl tourna un peu la tête.
La mer... Il pouvait la sentir... Toute proche... L'odeur salée... La musique des vagues... Les discussions des poissons... Les chants des anémones... La mer lui parlait...

Feyl sourit doucement.

Tu vas mieux ? Lost a eu peur... C'est dingue ce que tu as fait...

Feyl se réveilla un peu mieux.
Lost... Riel... Il écarquilla les yeux : l'île pirate ! Il était encore prisonnier !

Il se redressa brusquement :
Qu'est-ce qu'il s'est passé ?!
Hey du calme ! Tu devrais te reposer... Tiens bois-ça, fit-il en lui tendant un verre d'une chose jaunâtre qui avait une vague odeur de fruit.

Feyl ignora le verre et regarda autour de lui.

La pièce était assez sobre. Une chambre... dans une maison faite de bois... près de la mer... tout près, si on en jugeait par l'odeur d'embruns qui emplissait la pièce et qui semblait avoir pénétré tous les pores de la maison. Il y avait un grand lit, une petite commode et une petite étagère pleine de livres et de cartes, deux lampes à pétrole et une immense porte-fenêtre qui donnait vers l'extérieur... vers l'immensité bleue de l'océan.

Feyl regarda un long moment dehors :
Où sommes-nous ?
Chez Lost voyons ! Depuis le temps que je voulais venir ! Cela fait 3 ans qu'il me parle de l'île du sang ! Mais il ne voulait pas que je vienne avant d'être majeur... mais puisque j'ai eu 21 ans, il y a deux mois, je pouvais venir alors me voici ! fit le jeune homme tout excité.

Feyl le regarda un moment. Le jeune homme lui rappelait quelqu'un... Riel...
Le travesti ! s'exclama-t-il.

Riel se tourna vers lui un peu étonné et rit :
Oui... c'est vrai que tu m'as vu avec la superbe robe... Mais Lost a préféré que je me change... C'est vrai que c'est quand même plus agréable comme ça... surtout qu'il fait plus chaud ici qu'à Ysh...

Feyl le regarda. C'est sûr que cela faisait un changement. Riel n'était plus habillé que d'un pantacourt et d'une chemise trop large pour lui qui retombait sur ses cuisses.

C'est une chemise de Lost... Il a dit qu'il irait m'en chercher une à ma taille plus tard... Mais là, il est parti se décrasser un peu...
Où est-il ?! Je veux partir !!
Oui... il m'a dit que tu dirais ça aussi... mais il va revenir... Il a dit de l'attendre pour parler...
Je n'ai rien à lui dire ! Je retourne au port ! fit Feyl en se levant brusquement.

Il sentit alors le monde tourner autour de lui et se relaissa retomber sur lourdement sur le lit.

Tu devrais vraiment boire ça... c'est bon et plein de sucre, ça te remettrait d'aplomb. fit Riel d'un air légèrement inquiet.

Il en but alors un peu.

Regarde tu vois, ce n'est pas empoisonné...
Il fait encore des caprices ?

Feyl et Riel se tournèrent vers la voix.

Crys les regardait en souriant, les mains sur les hanches.

Feyl était surpris. Il était habillé un peu comme Riel, une chemise à sa taille, mais laissé flottante au grès du vent. Cela faisait une différence, il semblait toujours tiré à quatre épingles sur le navire. Cela lui donnait un air quand même un peu plus sympathique comme ça... De toute façon, Crys semblait cent fois plus sympathique que Lost.

Non... C'est juste qu'il ne veut pas boire le jus de babaya... répondit Riel en souriant. Je lui ai dit que ça lui ferait du bien...
Ne t'inquiète pas, c'est une tête de mule, sourit Crys. Tu es sûr que tu n'en veux pas ? reprit-il en se tournant vers Feyl.

Feyl le regarda, grommela quelque chose et finit par prendre le verre pour le boire d'un trait, sous le regard un peu amusé des deux autres. Il reposa le verre et regarda Crys :
Quand est-ce que je pourrai repartir ?
ça je ne sais pas... Tu ne repartiras pas avec Ann, c'est sûr... Peut-être que Creed accostera bientôt... Mais je ne sais pas s'il t'accepterait sur son navire...
Pourquoi pas avec la folle ? Je peux la payer !

Crys le regarda un peu surpris :
Après ce qu'il s'est passé, elle te balancerait aux requins à peine parti d'ici...
OUI !! sautilla Riel. C'était trop fort !!! Tu es magicien ? sorcier ? shaman ? C'est quoi ton titre ?

Feyl eut un mouvement de recul :
Je n'ai rien fait...
Tu as quand même liquéfié sa hache... Enfin, ce n'est pas si grave...
JE N'AI RIEN FAIT ! Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais c'est sûrement pas moi !

Crys soupira :
Tu as voulu te venger pour ce qu'elle a dit et voilà ce qu'il s'est passé... Tu penses vraiment que tu n'as aucun rapport dans tout cela ?
Tu parles aux sirènes, tu entends le cri des tortues, tu défonces les portes sans les toucher, tes yeux, le pendentif... Tu crois vraiment que tout ça n'est que le fruit du hasard ? Pourquoi refuses-tu de voir la vérité ?!

Feyl regarda Lost qui venait d'entrer.
Il commençait à être lassé de devoir se justifier devant des inconnus qui ne savaient rien. Des inconnus qui pensaient lui faire croire ce que bon leur semblait...

Il se leva et se planté devant Lost.
La vérité ? De quelle vérité vous parlez ?
Il arracha d'un coup brusque le pendentif autour du cou de Lost et le monta au niveau de son regard.
Cette vérité là est bleu... pur... Ce n'est qu'un mensonge, une chimère que vous n'atteindrez jamais. Vous êtes bercés dans vos illusions et vous en mourrez, mais je ne pas l'intention de me laisser embarquer dans vos délires.
Il laissa tomber le pendentif, attrapa le poignard à la ceinture du pirate et trancha lentement le creux de sa main, laissant le sang jaillir doucement et couler sur son bras. Il la mit bien face à Lost :
Voilà la couleur et l'odeur de ma vérité... Tout le reste n'existe pas...

Il regarda Lost dans les yeux durant de longues minutes qui s'écoulèrent dans un silence de plomb. Puis il rabaissa lentement sa main en serrant le poing, laissant quelques gouttes de sang s'écraser lourdement sur le sol et se détourna de Lost. Et sans un mot, il se dirigea vers la plage.

Crys et Riel le regardèrent partir surpris par sa réaction alors que Lost restait figé.

Il se tourna alors pour sortir :
Crys... va voir si Creed est là... dit-il d'une voix neutre.
Comme vous voudrez, se contenta-t-il de répondre.

Lost acquiesça sans un mot et sortit, alors que Riel regardait Crys d'un air interrogateur avant de le rejoindre, sans vraiment comprendre ce qu'il venait de se passer.

Crys soupira et se tourna vers la plage. Il voyait la silhouette de Feyl, accroupi au bord de l'eau. Le quartier-maître s'approcha doucement de lui et regarda un moment le large. La mer semblait tellement calme à cet instant précis.

Il va y avoir de la tempête...

Crys baissa les yeux vers le murmure qu'il venait d'entendre et sourit légèrement. Les facultés du jeune assassin étaient difficilement imaginables.
Tu sais... dit-il en restant debout à côté de lui. Ma réalité est assez semblable à la tienne... Mais... tu n'aimerais pas qu'elle change ? Que la chimère que tu vois dans le pendentif prenne place dans la réalité ?

Feyl ne dit rien pendant un moment, regardant l'océan qui frémissait de petites vagues.
Ce ne sera jamais la réalité, finit-il par dire. Je veux rentrer...

Crys soupira. Mais il n'abandonnerait pas. Il avait placé tous ses espoirs dans ce jeune homme...

Je vais voir si Creed est là et s'il veut bien te ramener à Ysh, si tu veux venir aussi...

Feyl le regarda surpris.
Vous me laissez vraiment repartir ??
Bien sûr... Quoique tu aies pu en penser, tu n'as jamais été notre prisonnier...
Je... je viens, répondit alors Feyl un peu confus avant de se lever pour suivre Crys.

Ils marchèrent dans un silence pensif le long de la côte avant de reoindre une sorte de petite route tracée dans la forêt tropicale.

Pourquoi restez-vous avec lui ? murmura finalement Feyl. Vous m'avez l'air de valoir un peu plus...

Crys le regarda un peu surpris et sourit doucement.

Tu sais, il peut paraître un peu froid et bourru, mais beaucoup lui doive beaucoup... y compris moi... On a vécu beaucoup de choses ensemble... On est un peu frère maintenant... Quand il a décidé de partir créer sa flotte, je l'ai suivi, et voilà...
Alors vous avez tout quitté pour lui ? C'est stupide...

Crys rit un peu :
Je n'avais rien qui me retenait, au contraire...

Feyl ne répondit rien. Il trouvait ça toujours stupide d'avoir suivi un tel homme.

Il arrivèrent au port qui grouillait toujours de cette petite foule d'habitants qui vacaient à leurs occupations. Le port semblait être le centre de leur univers. Tout semblait s'y vendre ou s'y troquer, toutes les rumeurs semblaient y courir, les nouvelles d'Ysh alimentant diverses conversations. Des bateaux de pêcheurs partaient, d'autres revenaient, des femmes les bras chargées de paniers de fruits étranges surveillaient leurs enfants du coin de l'oeil tout en essayant d'obtenir quelques poissons frais au meilleur prix alors que d'autres hommes semblaient partir cultiver des terres plus éloignées. Le port était certes moins animé que celui d'Ysh, mais il était plus calme, plus apaisant, plus gai...

Tout à son observation, Feyl n'avait pas remarqué que Crys parlait avec un homme. Quand il tenta de le rejoindre, il se figea, deux pas derrière eux.

Lui...

D'accord... On te ramène l'argent demain et on compte sur toi pour qu'il soit bien traité...
Bien sûr, sourit l'homme. Je n'ai pas la réputation de maltraiter les passagers qui paient...
J'en suis persuadé, fit Crys un peu froidement.

Il se tourna vers Feyl :
Voilà Feyl... Je te présente le capitaine Creed... C'est sur son navire que tu vas rentrer à Ysh...

Feyl observa le capitaine.

Les mêmes longs cheveux blonds...
La même moustache effilée...
Le même sourire en coin...
Le même regard bleu glacial...
Le même air supérieur...
Seul l'habit avait changé, mais il n'oulierait jamais ce visage...

Creed l regarda :
Et bien... il n'est pas très bavard au moins... Nous serons tranquille... Très bien... Je t'attendrai dans deux jours au lever du soleil pour que l'on puisse partir... Mes amitiés à Lost, fit-il en s'éloignant, leur faisant un léger signe de la main.

Crys soupira :
Il n'est pas très sympathique, mais si tu restes calme, tout se passera bien...

Feyl continua à le regarder avant de se tourner vers Crys :
Je veux bien faire ce que vous voulez, Lost et vous...

Crys le regarda en écarquillant les yeux :
Tu veux nous aider ???
A une seule condition, continua Feyl.

Crys le regarda d'un air incrédule. Pourquoi ce revirement soudain ?

Vous allez m'aider à tuer Creed...

(à suivre)