Tadaaa ! Bonjour tout le monde !! Voici la fic gagnante de mon petit sondage ! Vous avez été plus nombreuses à voter pour la fic sur les vampires et donc la voici !
Je vous présente Frères de Sang. Oui, je sais, le titre n'est pas très original mais que voulez vous que je mette quand on sait que l'histoire est essentiellement basée sur deux frères ? ^_- En tout cas, j'espère que cette nouvelle histoire vous plaira. J'ai beaucoup de mal à la continuer en ce moment, je ne sais pas pourquoi, peut être parce que j'en suis à un chapitre décisif, je ne sais pas.. En tout cas, je ne délaisse pas 282 qui se porte bien mais qui avance doucement !
Pour ce qui est de ce premier chapitre... eh bien non, on ne voit pas de vampire... Oooooohhhhhh... *soupirs* Mais ça viendra ! Le premier qu'on voit c'est... Ben non, je vous le dirai pas ! He he he... Par contre, ne vous méprenez pas, il n'y aura pas de relation entre les deux frères...
Un grand merci à vous pour votre soutien, à Naëlle qui est toujours ma première lectrice et aux futurs lecteurs ! ^_-

Voilà, bonne lecture à tous ! Et que vive le Yaoi !











I - Mon frère


— Tues-le, petit frère. Finis en avec lui. Cesse de jouer.
— Sois patient, mon frère. Laisse moi encore quelques instants, son goût est si bon…
— Si tu n'arrêtes pas maintenant, quelqu'un pourrait arriver.
— On aura qu'à lui faire la même chose !
— Ne dis pas de bêtises et dépêche toi.
Ce goût, cette saveur unique… Indescriptible…
— Maintenant, on y va. Si tu en veux encore, on en trouvera autre part mais pas ici. On s'en va.
— Bien, mon frère.
Il lui tendit un mouchoir.
— Essuies toi, tu en a partout. Si on venait à croiser quelqu'un, qu'est ce qu'il penserait ?
— Il penserait juste, mon frère.
Il le prit par le cou comme il en avait l'habitude, comme il l'avait toujours fait.
La nuit était calme et claire. Aucun bruit ne venait troubler cette atmosphère qu'il aimait tant. Une bonne période pour la chasse.
— Et maintenant, mon frère, où va t on ?
— De l'autre côté de la ville. Il y a une fête là bas.
— Il y aura du monde…
— Oui, beaucoup de monde…


Quatorze septembre mille sept cent un. Kanaan se souvenait si clairement de ce jour. L'automne approchait, l'air changeait. C'était l'année de ses sept ans. Son frère avait alors dix huit ans et tout le monde le considérait comme un adulte. Tout le monde sauf lui. Il était toujours ce frère qu'il aimait tant, celui avec qui il partageait tout. Il était celui à qui il disait tout, le seul. Kanaan n'avait que très peu d'amis, sa famille déménageait sans cesse à cause du travail de son père. Il avait un poste de négociateur pour une grande entreprise. Il devait se déplacer sans arrêt et toute la famille se devait de le suivre. Sa mère disait toujours que malgré les inconvénients de ce travail, ils avaient une vie plus que convenable. Kanaan avait tout ce dont un petit garçon de cette époque rêvait d'avoir et n'était vraiment pas à plaindre.
Il se souvenait très bien de ce jour, de ses sept ans. Son père lui avait offert un tout nouveau clown tout articulé. Kanaan aimait ce genre de poupées. Elles lui permettaient de se sentir moins seul lorsque son frère était à l'école. Jifroë faisait des études de commerces, tout comme leur père et il avait une place toute assurée dans la même entreprise que lui. Kanaan, lui, n'avait que sept ans. Il allait à l'école tous les jours et attendait avec impatience la venue de la fin de la semaine pour le revoir, son frère adoré.
Les années passèrent et ils grandirent. L'école dans laquelle Kanaan allait était très grande. Il y avait un professeur qu'il aimait beaucoup. Il était toujours très gentil avec lui. Plus qu'avec les autres élèves. Il disait qu'il avait un « potentiel très intéressant » et qu'il devait continuer ainsi toute sa vie. C'est ce qu'il voulait faire. Se donner au plus fort de lui même dans tout ce qu'il entreprenait. Son frère travaillait maintenant. Il avait une vie sociale très enviable. Il avait une fiancée aussi. Du coup, Kanaan le voyait beaucoup moins souvent. Le jour où il leur avait présentée, il s'était mis à pleurer. Il n'avait que dix ans et il croyait le perdre à jamais. Mais avec le temps, il s'y était fait. A chaque fois que son frère venait leur rendre visite, c'était une fête incroyable. Kanaan se mettait alors sur son trente et un pour être sûr de ne pas lui déplaire.
Son frère… Le seul avec qui il ait tout partagé. Le seul homme qu'il aimait. Comme un frère. Quand ils se promenaient en ville, les gens les regardaient d'un air étrange. Son frère avait l'habitude de le prendre par le cou ou par la taille et ils se promenaient le long des rues ou dans un parc. Il lui racontait sans cesse des histoires à dormir debout et ça le faisait rire. Il disait qu'il aimait entendre son rire, alors il riait toujours plus.

Kanaan avait quinze ans le jour où son frère avait annoncé qu'il comptait se marier. Ce fut un choc terrible pour lui. Tout son monde s'écroulait. S'il se marie, il ne viendra plus me voir, avait il alors pensé. Il aura des enfants qu'il aimera plus que moi et il m'oubliera vite. Quelques jours avant le mariage, il leur rendit visite. Sans elle. Il prit Kanaan par le cou, comme à son habitude, et l'emmena dans le jardin.
— Je sais ce que tu penses. Tu crois que nous ne nous verrons plus jamais, n'est ce pas ? Tu te dis que je vais m'installer avec elle et ne plus penser à toi. Ne crois pas de telles choses, petit frère. Jamais je ne t'oublierai. Jamais. Tu es la seule personne qui me connaisse plus que je ne me connais moi même. J'ai besoin de toi.
Et il le prit dans ses bras. Les bras de son frère. Il pouvait rester indéfiniment contre lui comme ça.
— Je t'aime, petit frère.
— Je t'aime, mon frère.
Trois jours plus tard, il se mariait. Kanaan était heureux de le voir heureux. Il savait qu'il était bien avec sa femme, et il devait se faire à cette idée.

Les années passèrent et rien ne changeait. Kanaan venait de fêter ses dix sept ans et sa vie ne faisait que commencer. Il allait à l'université, sortait avec les quelques amis qu'il avait et il pensait à son frère. Beaucoup. Trop même. Deux ans après son mariage, il n'arrivait toujours pas à se faire à l'idée qu'il fusse loin de lui. Jifroë lui écrivait chaque semaine de là où il habitait avec elle et disait qu'il fallait absolument qu'il vienne lui rendre visite dans sa nouvelle maison. Mais Kanaan n'avait pas envie d'aller là bas, dans cet endroit où il vivait avec elle. La jalousie le rendait très mauvais à ce sujet. Et les lettres qu'il lui envoyait étaient pleines d'amour. Pour un frère. Pour un homme ?
Puis un jour, il arriva sans prévenir. Kanaan était alors dehors dans la cour et le vit arriver à pieds.
— Mon frère !
Kanaan lui sauta au cou et son frère le prit dans ses bras. Ses bras qu'il aimait tant. Puis l'aîné se mit à sangloter.
— C'est à cause d'elle ?
Il regarda son petit frère.
— C'est à cause de moi, répondit le cadet à sa propre question.
Kanaan avait compris. Le regard de son frère n'avait aucun secret pour lui, lui qui l'avait tant observé, scruté. Ils s'assirent dans le jardin, près du petit étang.
— Elle a trouvé une de tes lettres.
— Et alors ?
— Elle a dit que notre relation était malsaine.
— Mais on ne fait rien de mal !
— Je sais, mais elle croit le contraire.
— Alors tu es parti…
Kanaan regardait les valises de son frère. Il ne comptait apparemment pas rester longtemps.
— Je lui ai dit que j'avais besoin de temps, que je voulais être seul.
— Alors pourquoi es tu venu ici ?
— Parce que quand je suis avec toi, c'est comme si j'étais avec un autre moi même. Un moi que j'aime plus que tout au monde. Tu sais exactement ce que je ressens, et ce que je veux. Toi et moi, nous sommes pareils.
— Oui, c'est vrai. Nous sommes pareils.
Il s'était déjà passé quatre jours et Jifroë était encore là. Il était resté très vague avec ses parents quant à la raison de sa venue. Mais Kanaan savait tout. Puis un soir, son frère est venu dans sa chambre.
— Qu'est ce qu'il y a ?
— Je n'arrive pas à dormir.
Il s'assit au bout du lit et le regarda.
— Tu es seul ?
— Comment ?
— Tu n'as pas de petite amie ?
— Pourquoi me demandes tu cela ?
— Parce que tu es un beau jeune homme maintenant.
Il marcha à quatre pattes sur le lit et se pencha sur son petit frère sans dire un mot. Il le fixait, son souffle caressant son cou. Son visage s'approcha de celui de Kanaan et il murmura quelque chose à son oreille.
— J'ai fait une bêtise.
— Quel genre de bêtise ?
— En fait, j'ai fait plusieurs bêtises.
— Dis moi…
Il s'allongea près de lui et le prit dans ses bras.
— Je l'ai trompée.
— Tu l'as trompée ?!
— Oui. Plusieurs fois même.
— Et elle est au courant ?
— Je crois. Je ne sais pas.
— Tu ne lui as rien dit.
— Non. Je pensais que ce n'était pas la peine, surtout la première fois. Je me suis dit que c'était une erreur de parcours et que je reviendrais vite dans le droit chemin. Mais la tentation était trop forte. Je n'ai pu m'empêcher de recommencer. Encore et encore.
— Pourquoi me dis tu tout cela ?
— Parce que tu es la seule personne à qui je puisse te le dire. C'est comme si je parlais…
— A ta conscience.
— Oui, c'est ça. Jifroë se serra contre son frère. Une conscience que j'aime tant.
Il passa une main dans le cou de Kanaan.
— Tu es sûr que tu n'as personne dans ta vie ?
— Personne.
— Des amis ?
— Quelques uns.
— Et aucune fille ne te fait les yeux doux dans ton entourage ?
— Même s'il y en avait une, cela serait vain. Aucune ne m'intéresse.
— Alors tant mieux.
— Pourquoi ?
— Comme ça tu resteras toujours avec moi.
Il tira les draps et posa sa tête sur le ventre de Kanaan.
— Toujours avec moi.
Il agissait comme lorsque ils dormaient ensemble étant enfants, sa tête sur son ventre. Il disait que ça lui faisait un bon coussin et que grâce à lui, il faisait de beaux rêves. Il passa ses bras autour de lui et s'endormit. Son frère…
Le lendemain matin, à son réveil, Jifroë n'était plus là. Kanaan enfila une légère robe de chambre et ouvrit la porte. Il le vit alors arriver dans le couloir.
— Bonjour, petit frère !
— Bonjour, mon frère.
— Tu as bien dormi ?
— Très bien.
— Tu sais, j'ai fait un rêve merveilleux… Comme à chaque fois que je dors avec toi. Nous étions tous les deux dans un endroit magnifique.
— Tous les deux ?
— Oui. Juste toi et moi. Il le prit dans ses bras. Tu m'as manqué, petit frère. Je ne cessais de penser à toi chaque jour. Il m'arrivais même de croire te voir dans les rues. Mais ce n'était jamais toi.
— Maintenant, je suis là.
— Oui, tu es là, et je ne te lâcherai plus. J'ai décidé de m'installer en ville.
— Qu'est ce que tu racontes ?!
— Oui, je vais rester ici. Comme ça, on pourra se voir quand on le voudra.
— Et ta femme ?
— J'ai décidé de la quitter.
— Mais… Tu ne peux pas faire ça !
— Pourquoi ?
— Mais parce que… tu l'aimes !
— Je l'aime… Non. Je m'en suis rendu compte en revenant ici.
— Mais tu l'a épousée !
— Ce que je désirais le plus en elle, c'est ce que tu ne pouvais pas me donner. Il le serra plus fort contre lui. Mais maintenant, je sais que je pourrai vivre sans elle, sans ce qu'elle me donnait. Alors je reste ici.
— Et ton travail ?
— Je pourrai facilement trouver quelque chose ici. Avec la réputation que j'ai, ce n'est pas un problème.
— Je crois que tu fais une énorme erreur. Je ne pourrais pas te donner ce que tu veux de moi.
— Ce que je veux de toi ? Je veux juste que nous soyons ensemble, tout le temps. C'est tout ce que je veux.
— En es tu vraiment sûr ?
— Absolument.
Après le petit déjeuner, ils partirent tous deux se promener en ville. Kanaan était en vacances depuis presque deux semaines et profitait de ce temps libre avec son frère. Il était heureux malgré le fait que tout change dans la vie de son frère. Jifroë semblait sûr de lui mais Kanaan savait qu'il était perdu. Il le tenait par la taille, sa tête contre la sienne.
— Je suis heureux, petit frère. Pour fêter ça, je t'invite à manger au kiosque.
— D'accord !
Ils se promenèrent tout l'après midi. Jifroë lui parlait de son travail et de ce qu'il projetait de faire ici. Avec lui, comme il disait.
Le soir, en rentrant, il s'arrêta près de l'étang.
— Faisons une promesse, dit Jifroë.
— Une promesse ?
Il sortit un petit couteau de sa poche et se tailla le doigt.
— Promettons nous de ne jamais nous quitter, quoi qu'il nous arrive.
Il prit la main de Kanaan et lui tailla doucement un doigt. Un goutte de sang coula et il passa sa langue dessus.
— A toi maintenant. Notre sang ainsi mélangé, nous resterons unis pour toujours.
Kanaan lécha le doigt de son frère et ce dernier le prit dans ses bras.
— Ensemble pour toujours.
En se rapprochant de la maison, ils se rendirent compte qu'il y avait du monde avec leurs parents.
— Ils attendaient quelqu'un ce soir ?
— Pas à ma connaissance.
Il y avait deux hommes et une jeune fille. Le plus âgé des deux hommes devait avoir le même âge que leur père et l'autre était plus âgé que Kanaan. Quant à la jeune fille, elle ne devait pas avoir plus de seize ans.
— Ah, le voilà, dit leur père. Mon fils, je te présente mes associés.
Les deux hommes tendirent la main à Kanaan.
— Et voici leur fille et sœur, Emily. Tu te souviens d'elle, je t'en avais déjà parlé.
Se souvenir de cette fille ? Non, rien ne lui revenait à son sujet. Elle le salua gracieusement et s'approcha de lui.
— Votre père m'a beaucoup parlé de vous, monsieur Darn. Et en beaucoup de bien, sur de nombreux domaines.
C'est alors qu'il sentit le bras de son frère s'enrouler autour de sa taille.
— Ah, et voici notre autre fils, Jifroë. Il est en visite chez nous pour quelques temps. Mais il me semble que vous l'avez déjà rencontré.
Son frère regarda la jeune fille d'un air méprisant. Ce que Kanaan sentit chez lui était un sentiment nouveau. Etait ce de la jalousie ?
— Bien, puisque tout le monde est là, nous pouvons passer à table.
Son frère l'empêcha de suivre les autres et prit son visage entre ses mains.
— Je t'aime petit frère.
Et il l'embrassa sur la joue .
— Si nous ne les rejoignons pas, ils vont encore nous faire une scène.
— Elle te plaît ?
— De quoi parles tu ?
— De cette fille.
— Mais… je ne la connais même pas !
— Allons dîner.
Il avait une attitude étrange. Kanaan le sentait très nerveux, à table, il ne cessait de regarder cette fille assise à côté de lui. Une fois le dîner terminé, il se leva de table en s'excusant et jeta un coup d'œil discret à son petit frère avant de sortir dans le jardin. Mais alors que ce dernier s'apprêtait à se lever, la jeune fille l'empêcha de sortir de table en lui posant toutes sortes de questions. Kanaan ne cessait de penser à son frère. Il devait l'attendre dans le jardin.
Presque une heure s'était écoulée lorsqu'il put enfin quitter la table. Il se précipita dans le jardin mais Jifroë n'était pas là. Il chercha alors dans les moindres recoins mais il n'y avait personne. Alors il attendit sur les marches de la maison. Quelques temps plus tard, les trois invités sortirent sur le perron, accompagnés de ses parents.
— J'espère avoir la joie de vous revoir, monsieur Darn, dit la jeune fille en le saluant.
Son regard trahissait les vues qu'elle avait sur lui et dont il soupçonnait son père d'être le responsable. Il était tard et Kanaan était monté se coucher sous les conseils de sa mère qui l'avait trouvé fatigué. Mais il ne pouvait pas dormir. Où peut il bien être ? Lui qui ne voulait plus s'éloigner de moi… Le sommeil finit par avoir raison de lui. Il se réveilla le lendemain matin dès les premiers rayons du soleil et se précipita dans la chambre de son frère, constatant avec déception qu'elle était vide. Il courut à l'étage inférieur et demanda à sa mère s'il était rentré. Mais il n'avait pas remis les pieds dans la maison depuis la veille.
— Il a sûrement retrouvé un de ses anciens amis, mon chéri.
Peut être, mais Kanaan avait un mauvais pressentiment. « Tu sais exactement ce que je ressens ». C'est ce qu'il lui avait dit. Alors si il ressentait ce que son frère ressentait, il ne devait pas aller bien. Il s'habilla à toute vitesse et partit en ville. Il n'avait aucune idée de l'endroit où il pouvait se trouver et ne savait pas par où commencer ses recherches. Mais il fallait absolument qu'il le retrouve. La ville se réveillait doucement et il y avait encore peu de gens dans les rues ce qui rendait sa quête plus facile. Là ! Cette veste ! C'est sa veste ! Il courut dans sa direction mais se rendit compte que ce n'était pas son frère. Il s'agissait bien de sa veste mais non de lui. Un sans abri l'avait sur le dos.
— Tu cherches que'que chose, p'tit gars ?
— Cette veste… Où l'avez vous eue ?
L'homme écarquilla les yeux et commença à partir.
— Attendez ! Dîtes moi juste où vous l'avez trouvée !
— C'est un homme dans la rue là bas.
Du sang. Il y avait du sang sur le col.
— Que s'est il passé ?
— J'en sais rien. Il était là, assis dans le noir.
— Et ce sang ? D'où vient il ?
— Ben il saignait du cou mais c'est pas moi, hein, j'ai rien fait p'tit gars, j'le jure !
— Dîtes moi de quelle rue il s'agissait !
— Là bas, au bout du boulevard. Mais j'vous jure qu'c'est pas moi !
Mon frère ! Il s'était passé quelque chose cette nuit là. Arrivé dans la rue, il constata qu'il n'y avait personne. Déçu et heureux. S'il n'était pas là, cela voulait dire qu'il était encore en vie. Mais s'il n'était pas là, où pouvait il bien être ? Il continua ses recherches jusque dans le début de l'après midi mais aucun résultat. Il finit par abandonner et rentra chez lui. Ah… mon frère… Où peux tu bien être ? Du sang sur le col… Il espérait que rien de grave ne lui fusse arrivé. Ce n'était pas son genre de passer la nuit dehors sans prévenir. Sans le prévenir. Peut être lui en voulait il pour ne pas l'avoir rejoint la veille. Mais ce sang. Il saignait du cou… Peut être avait il été mêlé à une bagarre. Ca n'aurait pas été la première fois. Kanaan se souvint alors de son passage au collège et au lycée. Son frère ne pouvait pas s'empêcher de se battre, surtout avec les plus grands que lui. L'hôpital. Il était peut être là bas s'il avait été blessé. Il décida alors de s'y rendre avant de rentrer. Une infirmière l'accueillit à l'entrée.
— Je peux vous aider, monsieur ?
— Oui. Je cherche quelqu'un. La dernière fois qu'on l'a vu il se trouvait dans une rue en ville. On m'a dit qu'il avait été blessé au cou et il reste introuvable. Alors j'ai pensé que…
— Attendez un instant je vous prie.
Un instant qui lui parut des heures. L'infirmière finit par revenir avec un médecin et un autre homme.
— Bonjour, monsieur. Je suis le docteur Elyo et voici l'inspecteur Gaden. Il paraît que vous cherchez un homme ayant été blessé au cou ?
— Oui, c'est ce qu'on m'a dit.
Le médecin et l'inspecteur se jetèrent un coup d'œil.
— Quelque chose ne va pas, docteur ?
— Connaissez vous un certain monsieur Darn ?
Mon frère… C'est lui…
— Oui…
— Jifroë Darn ?
— Oui, c'est mon frère… Mais dîtes moi ce qu'il y a, il a fait quelque chose de grave ? Il a fait du mal à quelqu'un ?
— Je suis désolé, monsieur, mais… votre frère est décédé très tôt ce matin dès suite d'une blessure au cou.
Décédé… Mort… Son frère, la seule personne qu'il ait jamais aimé…
— Mais… C'est impossible, je suis sûr que c'est une erreur ! Etes vous sûr du nom de la personne ?
— Il portait ses papiers sur lui. Je suis vraiment navré.
Il ne pouvait le croire. Son frère, le seul être auprès duquel il voulait être était… mort. Ses entrailles le ressentaient, il savait au fond de lui que tout cela était bien vrai. Ses mains commençaient à trembler mais il se ressaisit vite.
— Si c'est lui, alors je veux voir le corps.
— Eh bien…, fit le docteur. Etes vous sûr de vouloir vous imposer un tel choc ?
— Je veux le voir de mes propres yeux.
— Bien, suivez moi. Nous comptions contacter votre famille au cours le matinée lorsque le corps aurait été nettoyé mais puisque vous insistez…
Les couloirs semblaient ne plus finir. Toutes ce portes qu'ils devaient passer avant d'atteindre… la morgue. Kanaan hésita un instant avant d'entrer mais il voulait avoir le cœur net. Si son frère était mort, alors…
— Par ici, monsieur. Voulez vous que nous prévenions d'autres membres de votre famille ?
— Non. Je veux le voir seul.
Il y avait plusieurs corps sous des draps blancs et une odeur de sang flottait dans la pièce. Une odeur de mort. Le médecin s'arrêta devant l'un des corps et regarda rapidement sous le drap.
— Etes vous sûr de toujours vouloir…
— Allez y.
Kanaan n'avait alors aucune idée de ce qu'il allait voir. Il savait qu'il y avait quatre vingt dix neuf pour cent de chance pour que ce soit lui mais le petit pourcentage restant le faisait encore espérer. Le médecin tira doucement le drap au niveau du visage et…
— Mon frère…
— Vous le reconnaissez donc, monsieur.
Mais il ne pouvait plus émettre aucun son, son corps tout entier était paralysé. Le visage de son frère avait une expression si sereine, si douce. Kanaan s'approcha et lui caressa la joue. Elle était froide, si froide. Son cou était couvert de sang séché ainsi que sa chemise déchirée et ses lèvres.
— Mon frère… Tu m'avais pourtant promis que nous resterions toujours ensemble. Toujours…
Il ne put s'empêcher plus longtemps de pleurer. Ses larmes coulaient sur le visage de son frère.
— Monsieur, on ne peut pas rester trop longtemps ici… Je suis désolé.
Mais il ne voulait pas le quitter.
— Ne t'inquiète pas, mon frère, je ne te laisserai pas tout seul ici, je vais rester avec toi.
— Monsieur, il faut partir.
Le policier le prit par les épaules.
— Aller, venez avec nous.
— Non ! Non… Laissez moi avec lui, il a besoin de moi, vous ne comprenez pas ?! Tout est de ma faute ! Si seulement j'étais parti le rejoindre plus tôt dans le jardin alors… Alors…
— Monsieur Darn…
Le policier le prit par le bras.
— Il faut que vous partiez maintenant.
Il finit par céder et se laissait emporter loin de lui.
— Attendez !
Il se défit du policier et courut jusqu'à son frère, le visage encore découvert.
— Un baiser d'adieu alors…
Et il l'embrassa. Non pas comme un frère, mais comme un homme.
— Je t'aime…mon frère…


Le jour de l'enterrement de son frère restait flou dans sa mémoire. Ses parents étaient effondrés et même sa femme était là. Il y avait aussi quelques amis à lui. Et Kanaan. Il ne voulait toujours pas y croire. Le corps de son frère était enfermé dans ce cercueil en face de lui. Il aurait tellement voulu qu'il le prenne dans ses bras pour le consoler. Il se tourna alors vers sa femme. Elle ne pleurait pas, son visage était pétrifié comme un masque sur lequel aucune émotion ne transparaît. L'avait elle vraiment aimé ? Kanaan et elle n'avait jamais vraiment parlé, elle semblait même l'éviter depuis le début. Puis soudain, elle tourna la tête vers lui. Son regard le glaça sur place. Elle lui en voulait, à mort sûrement. Lui devait il des excuses ? Se faire pardonner pour un crime qu'il n'avait pas commis et pour lequel elle le tenait pour unique responsable ? Il lui aurait pris l'homme qu'elle aimait mais il était son frère, le seul être qui se soit jamais vraiment occupé de lui, le seul qui ne l'ait vraiment aimé. Comme un frère ?…
Le cercueil descendit dans le trou et son père jeta une poignée de terre dessus. Adieu mon frère. Tu me manqueras. Beaucoup. Trop. Puis tout le monde se dispersa. Quelques gouttes d'eau commençaient à tomber comme si le ciel pleurait lui aussi. La femme de Jifroë s'approcha de lui.
— Il vous aimait bien trop. Bien plus que de raison. Vous devriez vous estimez heureux, il ne sera plus jamais avec moi.
Et elle partit. Elle le tenait donc vraiment pour responsable. Kanaan était encore là alors que les fossoyeurs finissaient de combler la tombe. Il allait falloir qu'il revienne ici lorsqu'il voudrait lui parler. Lui dire combien il l'aime. Comme un frère. Il pleuvait maintenant. Kanaan était trempé mais cela semblait ne pas le déranger. La foudre aurait pu tomber sur lui à ce moment. Au contraire, il n'aurait pas eu à supporter cette solitude une seconde de plus.
Les vacances touchaient à leur fin et il allait falloir qu'il retourne à l'université. Peut être. Mais il n'y retourna qu'une semaine après la rentrée. Ses parents avaient insisté pour ne pas qu'il ne se morfonde encore plus. Il passait ses journées dans le jardin, près de l'étang où son frère et lui avaient échangé leur sang. L'idée lui avait paru ridicule étant donné qu'ils étaient frères mais il pensait maintenant que c'était sûrement sa façon de lui donner un peu de lui, la seule façon dont son frère pouvait le faire. Lui donner un peu de lui. Il repensa alors à tous les moments qu'ils avaient passé ensemble. La femme de Jifroë avait peut être raison. Leur relation était peut être malsaine, même Kanaan avait du mal à la définir. Mais il avait toujours été comme ça avec lui, même lorsqu'il était un petit garçon, il s'était toujours occupé de lui. C'était même avec son grand frère qu'il avait fait ses premiers pas, à lui qu'il avait dit ses premiers mots. La relation qui les unissait était très profonde.
Kanaan n'avait plus envie de travailler. Les cours l'ennuyait de plus en plus, ses amis ne l'intéressaient plus même si ils s'occupaient bien de lui.
— Monsieur Darn ? Suivez vous le cours ? Je sais que c'est une période difficile pour vous mais si vous ne travaillez pas, c'est votre année que vous raterez. Vous viendrez me voir à la fin du cours.
Monsieur Lanst était un bon professeur. Il s'était toujours bien occupé de Kanaan, comme ce professeur qu'il avait eu au lycée. A la fin de l'heure, Kanaan resta à sa place.
— Dîtes moi, monsieur Darn. Pensez vous réussir votre année ? Je peux comprendre le fait que vous soyez abattu par la disparition de votre frère mais sachez que c'est de votre propre vie dont il est question ici.
Kanaan était accoudé sur son bureau. Il n'avait aucune envie d'entendre un sermon. Le professeur s'assit sur le bureau en face de lui et le regarda un long moment sans dire un mot. Puis il reprit.
— Je sais que c'est dur de perdre quelqu'un que l'on aime. Moi aussi, je suis comme vous. J'ai perdu mes parents alors que je n'avais que dix ans. Mon oncle et ma tante m'avaient alors recueilli, mais… ce n'était pas mes parents. J'étais totalement désemparé. J'allais d'échec en échec à l'école et ma foi… on ne me prédisait pas un bon avenir. Lanst se leva doucement. Et regardez ce que je suis devenu ! J'ai une vie qui me plaît, j'estime ne rien avoir à envier à personne.
Kanaan le regarda un instant et soupira.
— Pourquoi me dîtes vous cela ?
— Parce que j'estime que vous valez la peine qu'on s'intéresse à vous. Vous avez une force immense en vous et vous ne semblez pas en être conscient. Ce serait tellement dommage que vous ne l'exploitiez pas, Kanaan.
Il posa une main sur l'épaule du jeune homme. Kanaan ne put s'empêcher d'éclater en sanglots face à la compassion de son aîné.
— Je suis désolé, monsieur Lanst, mais c'est tellement dur !
— Je sais, Kanaan. Il faut pleurer, cela nous aide à évacuer cette peine qui nous pèse tant.
A ces mots, Kanaan s'effondra sur la table, incapable de se contenir.
— Pourquoi m'a t il quitté ? Pourquoi est il parti ? J'ai encore tellement besoin de lui !
Lanst posa alors sa main sur la tête du jeune homme, glissant ses doigts sous quelques mèches brunes. Un long frisson parcourut alors le dos de Kanaan qui releva un peu la tête, accentuant malgré lui le contact avec la main de son professeur. Pourquoi ? Je n'avais ressenti cela qu'avec mon frère… Qui est cet homme pour moi ? Kanaan essuya ses yeux et leva doucement la tête.
— Merci. Merci d'être là pour moi.
— Je serai toujours là si vous avez besoin de moi.
Le regard de Kanaan devint subitement flou et une vague de chaleur s'empara de son corps pour le prendre soudainement au cou, le faisant tomber de sa chaise. Il n'avait plus aucune force. Cela faisait plusieurs jours qu'il ne mangeait pratiquement plus et son corps ne tenait plus le choc.
— Kanaan !
Il sentit alors des bras l'entourer et la chaleur d'un corps. Oh, mon frère… est ce toi ?Je suis si heureux de t'avoir retrouvé… Ne me laisse plus, je t'en prie…

— Bonjour monsieur Darn. Comment vous sentez vous ?
— Mais…
Kanaan jeta un regard perdu sur la personne penchée sur lui. En quelques coups d'œil, il tenta de se repérer mais la pièce lui était totalement inconnue et son esprit était bien trop encombrée et incertain pour pouvoir se situer.
— Vous êtes à l'infirmerie de l'université. Vous avez eu un malaise à la suite d'un de vos cours. C'est un de vos professeur, monsieur Lanst, qui vous a emmené ici. Vous avez besoin de repos, vos amis m'ont dit que vous ne mangiez plus depuis quelques jours. Ce n'est pas sérieux, monsieur, surtout dans votre état…
— Depuis combien de temps suis je ici ?
— Vous dormiez depuis mercredi et nous sommes vendredi matin.
— Vendredi matin ?!
— Oui, vous avez dormi toute la journée de jeudi. Tout le monde s'est fait beaucoup de souci à votre sujet, vos parent sont même venus jusqu'ici pour vous voir.
— Mes… Mes parents…
Il se rendormit lentement. Des images défilaient dans sa tête et il rêva de son frère, de l'époque où ils n'étaient encore que de jeunes enfants. Jifroë le prenait dans ses bras et lui disait qu'ils resteraient ainsi toute leur vie. Toute leur vie…
— Kanaan ?
— Monsieur Lanst…
Cette voix…
— Bonjour. L'infirmière m'a prévenu de votre réveil. Vous allez mieux ?
— Je… Je ne sais pas…
— Vous m'avez fait très peur, vous savez. J'ai bien cru que vous ne vous réveillerez jamais.
— Je l'ai bien cru moi aussi. J'aurais préféré…
— Ne dîtes pas cela…
— Pourquoi ? Plus rien ne me retient ici.
— Et vos parents ? Ils sont venus me voir, ils avaient vraiment très peur pour vous. Et moi aussi.
Et moi aussi. Pourquoi lui aussi ?
— Je suis vraiment désolé de vous avoir ennuyé de la sorte, dit Kanaan, la voix toujours faible.
— Ne faites pas cette tête, Kanaan. Vous êtes tellement plus beau lorsque vous souriez.
Si beau quand je souris. Mon frère aimait me voir sourire.
— Je n'ai pas envie de sourire. Je ne sourirai plus jamais…
— Que dirait votre frère s'il vous voyait comme ça ?
— S'il me voyait comme ça, cela voudrait dire qu'il serait encore en vie. Je ne serais donc pas comme ça.
— Kanaan, ne détruisez pas votre vie.
— Ma vie s'est détruite toute seul lorsque mon frère est mort.
— Vous ne voulez pas que l'on vous aide, n'est ce pas ?
— Je n'ai pas besoin d'aide, personne ne pourrait m'aider.
Le silence tomba dans la pièce. Lanst regardait Kanaan, ses yeux remplis de compassion. Mais malgré cela, Kanaan pensait toujours que son professeur ne pouvait rien faire pour lui. Personne ne peut ressusciter les morts. Lanst se leva de sa chaise, se pencha sur le jeune homme alité et déposa un léger baiser sur son front.
— Je dois partir, j'ai un cours. N'hésitez pas à me faire demander si vous avez besoin de parler, ou de quoi que ce soit d'autre.
Il sourit à Kanaan et sortit de la pièce. Le jeune homme parut soudainement mal à l'aise et les questions se bousculaient dans sa tête. Pourquoi ce baiser ? Pourquoi tant d'attention et de gentillesse à mon égard ? Lanst impressionnait Kanaan au plus haut point. Après tout, c'était son professeur. Mais malgré la gêne qu'il ressentait, il ne pouvait s'empêcher d'apprécier cet homme, professeur ou non.











Alors ? Ca vous a plu ? Je l'espère en tout cas. Je ne sais pas où tout ça va me mener mais j'aime tellement écrire que je pourrais même écrire n'importe quoi ! mdr ( ça veut rien dire mais c'est pas grave...)Vous aurez remarqué qu'il y a toujours un de mes personnages qui a le prénom commençant par un K. C'est parce que le K est une lettre que mon pendule m'a un jour montré sur une charte et depuis, je ne peux plus m'en passer... 0_0
Voilà, je vous laisse, il est tard et je suis assez fatiguée alors... rdv au prochain chapitre !

Ja ! et merci pour vos reviews ! =^.^=